Libye

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Messagede ivo » 09 Juin 2012, 18:07

Les élections en Libye vont être reportées
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Une assemblée constituante devait être désignée par les urnes, avant le 19 juin. Les élections seront reportées en juillet, voire au-delà. Officiellement pour des raisons logistiques. Une annonce officielle est prévue demain.

Ce report permettra notamment aux personnes dont la candidature a été rejetée de faire appel.
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Messagede ivo » 10 Juin 2012, 20:36

Les élections en Libye se tiendront le 7 juillet
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En Libye, le premier scrutin national en plus de quarante ans aura lieu le 7 juillet. Selon la déclaration constitutionnelle adoptée par le Conseil national de transition (CNT), au pouvoir depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, les élections devaient avoir lieu avant le 19 juin. Mais le scrutin a été repoussé au 7 juillet, à cause de raisons "techniques et logistiques", a indiqué Nouri al-Abbar le président de la Commission électorale.

Les Libyens vont devoir élire les 200 membres d'une assemblée constituante, qui nommera ensuite un comité d'experts chargés de rédiger un projet de Constitution soumis à référendum.
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Re: Libye

Messagede DjurDjura » 28 Aoû 2012, 15:18

Libye : le ministre de l’Intérieur claque la porte après la destruction de mausolées

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dimanche 26 août 2012, par La Rédaction



Le ministre libyen de l’Intérieur a démissionné pour protester contre les critiques du Congrès général national (CGN), la plus haute autorité politique du pays, qui a accusé ses forces de laxisme après la recrudescence de violences.

La démolition de mausolées musulmans soufis ces deux derniers jours par des islamistes extrémistes, a accentué la pression sur le nouveau pouvoir qui a jeté la responsabilité sur le ministre de l’Intérieur, Fawzi Abdelali.

"Il a présenté sa démission au chef du gouvernement pour protester contre les critiques des membres du Congrès et pour défendre les révolutionnaires", les ex-rebelles qui forment le principal des services de sécurité, a déclaré à l’AFP un de ses proches collaborateurs.

Dimanche lors d’une session extraordinaire, les membres du CGN, issu des premières élections libres du 7 juillet en Libye, ont pointé du doigt les membres de la Haute Commission de sécurité (HCS) accusés de laxisme, voire d’implication notamment dans la destruction des mausolées.

La veille, plusieurs membres du CGN avaient demandé le limogeage du ministre de l’Intérieur, les services de sécurité étant sous le feux des critiques depuis le double attentat à la voiture piégée qui avait fait deux morts il y a une semaine à Tripoli.

La HCS, qui relève du ministère de l’Intérieur, est formée par les ex-rebelles ayant fait tomber le régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Ils avaient pris en charge la sécurité dans le pays après la chute du régime kadhafiste, avant d’intégrer les forces du ministère de l’Intérieur.

Des informations contradictoires ont circulé dimanche sur un retrait des forces du HCS, chargées principalement de la protection des installations du pays et des bâtiments officiels, après un ordre reçu par M. Abdelali dans la foulée de sa démission.

Le porte-parole du CGN, Omar Hamidan, a dit qu’une "enquête a été ouverte pour déterminer qui a donné cet ordre de retrait". Il a toutefois ajouté que le chef de la HCS avait assuré au Congrès que ses forces "n’y obéiront pas et qu’elles obtempèrent aux directives du CGN, l’autorité légitime".

A Tripoli, des dizaines de personnes ont répondu à un appel lancé sur les réseaux sociaux pour dénoncer la destruction par des islamistes radicaux de mausolées de saints musulmans.

Des islamistes radicaux avaient démoli à coup de pelleteuse le mausolée d’Al-Chaab al-Dahmani à Tripoli et profané le tombeau de ce sage, lieu de pèlerinage pour certains musulmans, notamment les soufis. Des intégristes avaient fait exploser un autre mausolée soufi à Zliten, à 160 km à l’est de Tripoli, théâtre d’affrontements meurtriers.

Le président du CGN, Mohamed al-Megaryef, a dénoncé la destruction du patrimoine culturel et musulman libyen, promettant de poursuivre les responsables.

Durant la réunion extraordinaire en présence des membres du cabinet, le Premier ministre Abdelrahim al-Kib a défendu le travail de son gouvernement, affirmant que "les organes de sécurité ont accompli leur rôle de manière efficace, dans la mesure où ils ont réussi à déjouer plusieurs complots et arrêté rapidement les responsables d’actes de sabotage".

M. Kib a appelé le Congrès à "adopter rapidement des lois incriminant le port d’armes et l’atteinte aux symboles historiques et religieux".

Le ministre de la Défense, Oussama Jouili, a indiqué de son côté que la principale difficulté à laquelle il fait face, était "l’occupation de sites militaires stratégiques par des groupes de révolutionnaires qui refusent d’intégrer le ministère de la Défense".

Jeudi, le ministère de l’Intérieur avait annoncé la saisie d’une centaine de véhicules blindés et 26 lance-missiles dans une caserne à 60 km au sud-est de Tripoli, affirmant que le groupe qui contrôlait le site était une milice de partisans de l’ancien régime qui se faisait passer pour des révolutionnaires.

"Tout le monde demande où est l’armée ? L’armée est une grande institution qui ne se construit pas en un jour ou en un mois, mais en plusieurs années", a déclaré M. Jouili devant le Congrès.

(26 août 2012 - Avec les agences de presse)

http://www.assawra.info/spip.php?article715
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Messagede ivo » 12 Sep 2012, 11:42

L'ambassadeur américain en Libye et trois membres de l'ambassade tués dans l'attaque de Benghazi
http://www.franceinfo.fr/monde/l-ambass ... 2012-09-12
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Messagede ivo » 12 Sep 2012, 18:03

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Benghazi : l'ambassadeur américain en Libye et trois diplomates tués
http://www.franceinfo.fr/monde/benghazi ... 2012-09-12
voir les commentaires ....

Barack Obama promet que justice sera faite après l'attaque de Benghazi
http://www.franceinfo.fr/monde/barack-o ... 2012-09-12
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Messagede ivo » 22 Sep 2012, 08:32

Libye : les salafistes expulsés de Benghazi par des manifestants
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Des centaines d'habitants de Benghazi se sont rebellés ce vendredi contre les milices armées qui font la loi dans la ville. Et ils ont réussi à déloger le principal groupe extrémiste de son quartier général, une caserne située dans le centre de la ville.

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L'incendie cette nuit du quartier général des salafistes de Benghazi © Reuters Asmaa Waguih

Tout a commencé avec la manifestation de dizaines de milliers de Libyens dans les rues de Benghazi contre les milices armées, dix jours après l'attaque du consulat américain.

Puis les manifestants qui avaient déjà délogé une milice installée dans un bâtiment de la sécurité libyenne dans le centre de la ville, se sont dirigés vers la caserne d'Ansar al-Charia provoquant la fuite de ses membres. Cette milice a aussi évacué l'hôpital al-Jala qu'elle contrôlait. Puis ces manifestants se sont dirigés vers le quartier général de la brigade de Raf Allah al-Sahati, un groupe islamiste mais qui serait sous l'autorité du ministère de la Défense. Là des combats à l'arme légère et aux roquettes ont opposé les deux camps durant deux heures, avant que la brigade ne décide elle aussi de quitter les lieux.

"Oui, les Américains, ils vont frapper"

Etienne Monin, grand reporter à France Info, s'était rendu dans cette caserne d'Ansar al-Charia. Dans son reportage diffusé lundi 17 septembre, ces salafistes avaient démenti toute implication dans l'attaque meurtrière du consulat américain. Et ils avaient affirmé qu'ils s'attendaient à une attaque des Etats-Unis: "Oui, les Américains, ils vont frapper".

Les salafistes expulsés de Benghazi par des manifestants, précisions d'Yves Izard
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Messagede ivo » 23 Sep 2012, 08:37

La Libye ordonne la dissolution des milices illégales
http://www.lemonde.fr/libye/article/201 ... picks=true
Au lendemain de la sanglante rébellion des habitants de Benghazi (est du pays) contre des miliciens islamistes, les autorités libyennes ont annoncé dans la nuit de samedi à dimanche avoir décidé de dissoudre toutes les milices et groupes armés ne relevant pas de l'autorité de l'Etat. L'armée a également fixé un ultimatum de 48 heures aux milices et groupes armés pour évacuer les bâtiments publics et les propriétés des membres de l'ancien régime dans la capitale et ses environs.
Les autorités ont décidé également la mise en place d'un "centre opérationnel" à Benghazi, regroupant l'armée, les forces du ministère de l'intérieur et les brigades d'ex-rebelles qui dépendent du ministère de la défense, a déclaré le président du Congrès général national libyen (CGN, Parlement), Mohamed al-Megaryef, qui lisait un communiqué à Benghazi.

Elles ont chargé par ailleurs le chef d'état-major, Youssef al-Mangouch, d'asseoir son autorité sur les brigades qui font partie de l'armée, en plaçant des officiers de l'armée régulière au commandement de ces formations d'ex-rebelles qui avaient combattu le régime de Mouammar Kadhafi. Le nouveau pouvoir n'est pas parvenu à désarmer ces groupes d'ex-rebelles bien que plusieurs d'entre eux aient intégré les ministères de la défense et de l'intérieur.

ASSAUT

Vendredi, des dizaines de milliers de Libyens avaient manifesté pacifiquement contre la présence de milices armées dans la ville, où l'ambassadeur américain en Libye et trois autres Américains avaient été tués, le 11 septembre lors des premières protestations contre le film anti-musulman L'innocence des musulmans.

Des centaines de manifestants avaient ensuite délogé le groupe salafiste d'Ansar al-Charia de la caserne qu'il occupait dans le centre-ville. Pointé du doigt par la population et plusieurs médias, le groupe avait démenti toute implication dans l'attaque du consulat.

Par la suite, des centaines d'entre eux ont pris d'assaut des quartiers généraux et des bases de ces milices, délogeant certaines d'entre elles, au terme de violences ayant fait 11 morts et des dizaines de blessés. Six membres des forces de sécurité figurent parmi les tués. "Vu la nature des blessures, c'est clair que les six personnes ont été exécutées", a indiqué un médecin sous couvert d'anonymat.

Les autorités ont décidé de nommer un juge pour enquêter sur ces violences, a indiqué M. Megaryef. Il a précisé que les décisions annoncées ont été prises à l'issue de plusieurs réunions avec le futur chef du gouvernement, Moustapha Abou Chagour, le chef des services de renseignement, Salem al-Hassi, et le chef d'état-major, Youssef al-Mangouch, ainsi que des membres du conseil local de Benghazi et du CGN.

L'armée a précisé qu'elle ferait "usage de la force" si l'ordre d'évacuer les bâtiments officiels occupés illégalement n'était pas suivi d'effet. Après la chute du régime de Mouammar Kadhafi, des centaines d'ex-rebelles ont occupé des installations stratégiques militaires et civiles de l'Etat, ainsi que des propriétés des partisans et dirigeants de l'ancien régime.

Après les violences de Benghazi, deux milices islamistes à Derna, à l'est de Benghazi, ont annoncé leur dissolution et décidé d'évacuer les installations publiques qu'elles occupaient à la demande de la population locale, a indiqué l'agence officielle Jana, en précisant qu'il s'agit de la branche locale d'Ansar al-Charia et de la Brigade des martyrs d'Abou Slim.

Lire Benghazi vit sous la coupe des groupes armés
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Re: Libye

Messagede ivo » 01 Oct 2012, 08:08

la blague du jour


Mouammar Kadhafi tué par les services secrets français ?
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Selon des informations du journal italien Corriere della Sera, c'est un homme des services secrets étrangers et non un membre des brigades révolutionnaires libyennes qui aurait tué le colonel Mouammar Kadhafi. Le journal emploie le conditionnel et évoque la piste française.

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Le 10 décembre 2007, Mouammar Kadhafi est accueilli à l'Elysée par Nicolas Sarkozy © Reuters Jacky Naegelen

Les circonstances exactes de la mort du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi le 20 octobre 2011 font l'objet de nouvelles spéculations. Officiellement, des rebelles des brigades révolutionnaires libyennes ont arrêté puis abattu le Raïs d'une balle dans la tête.

Mais le quotidien italien Corriere della Sera évoque un autre scénario et donne du crédit à une théorie : les services secrets français seraient responsables de la mort de l'ancien dirigeant libyen.

Un officiel libyen relance la théorie du complot

Les spéculations du journal italien partent d'une interview, jeudi dernier de Mahmoud Jibril, ancien Premier ministre du gouvernement de transition et président du Conseil exécutif du Conseil national de transition libyen (CNT). Cet officiel affirme à la chaîne égyptienne Dream TV que "que beaucoup de parties avaient intérêt à ce que Kadhafi se taise à jamais, car il avait plusieurs secrets et avait noué d'étroites relations avec de nombreux régimes occidentaux et arabes."

http://www.youtube.com/watch?v=cXL-Rrl2 ... r_embedded
L'interview de Mahmoud Jibril à la chaîne égyptienne Dream TV. © some oane

Et un agent diplomatique d'ajouter, sous couvert d'anonymat dans le Corriere, que si effectivement, il y a eu la main d'un homme des services secrets dans la mort de Mouammar Kadhafi, ce serait "presque certainement le Français", ajoutant : "Sarkozy avait toutes les raisons d'essayer de faire taire le colonel et le plus rapidement possible".

Une implication française ?

La responsabilité des services secrets français, évoqué par les diplomates libyens est plausible. Nicolas Sarkozy avait renforcé le soutien à l'OTAN qui soutenait la révolution libyenne. Le 15 avril 2011, six mois avant la mort du dirigeant libyen, Nicolas Sarkozy affirmait dans une tribune commune avec David Cameron et Barack Obama : "Kadhafi doit partir, définitivement".

Enfin, en 2011, Kadhafi avait ouvertement menacé de révéler des informations sur ses relations avec le président français.

En avril 2012, le site Mediapart révélait un document attribué à Moussa Koussa, ex-ministre des Affaires étrangères de la Libye. Il évoque un financement, par le régime de Mouammar Kadhafi, de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, à hauteur de "50 millions d'euros". Une thèse également soutenue par un ancien haut dignitaire libyen.

Des affirmations jugées à l'époque "grotesques" par le candidat qui a porté plainte contre le site internet.


du côté de la presse en ligne, il y aussi de nouvelles révélations sur la mort de Kadhafi...
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Qui a tué l'ancien dictateur libyen ? C'était il y a près d'un an, le 20 octobre 2011. Officiellement, des rebelles l'ont tué après l'avoir repéré dans une canalisation en béton où il s'était réfugié avec des gardes du corps. Le journal italien, le Corriere della Serra, repris sur le site du Parisien et sur slate.fr, donne une autre version qui s'appuie sur des sources diplomatiques à Tripoli.

Il en ressort que le coup de feu mortel qui a touché Kadhafi à la tête a été tiré par un agent secret français infiltré parmi les rebelles. Les mêmes sources diplomatiques estiment que la France avait toutes les raisons de faire taire le colonel le plus vite possible, certains de ses proches menaçant de livrer des informations sur les relations entre Nicolas Sarkozy et Kadhafi, notamment le versement d'une importante somme d'argent pour financer la campagne présidentielle de 2007.

Le quotidien britannique le Telegraph ajoute un épisode supplémentaire : il parle de "l'extraordinaire trahison" d'un des hommes forts du Moyen-Orient par un autre. Selon le Telegraph qui cite un haut responsable libyen, c'est le président syrien Bachar Al-Assad, pour tenter de sauver son propre régime, qui aurait fourni aux services secrets français le numéro de portable de Kadhafi.

Une information décisive pour la suite : c'est grâce à ce numéro que l'Otan a rapidement pu repérer l'ex-dicateur libyen en fuite. Il ne restait plus qu'à lui tendre un piège mortel. Piège français selon le Corriere della Serra.
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Re: Libye

Messagede ivo » 22 Oct 2012, 08:38

Libye: combats à Bani Walid, confusion sur des arrestations de membres de l'ancien régime
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20 ... egime.html
TRIPOLI (AFP) - La confusion régnait en Libye samedi après des déclarations officielles contradictoires sur des arrestations de membres de l'ancien régime, au moment où des combats font des dizaines de morts et de blessés dans l'ouest du pays, un an jour pour jour après la mort de Mouammar Kadhafi.

A l'occasion de ce 1er anniversaire, les autorités ont estimé que le pays n'avait pas été "totalement libéré" du régime Kadhafi, citant notamment Bani Walid, où de nouveaux combats entre des combattants restés fidèles au dirigeant déchu et des anciens rebelles ont fait au moins 26 morts et plus de 200 blessés.

Plus tard, le bureau du Premier ministre a annoncé dans un bref communiqué l'arrestation de Moussa Ibrahim, ex-porte-parole du régime kadhafiste, "par des forces appartenant au gouvernement de transition à un barrage de Tarhouna", ville entre Bani Walid et Tripoli.

L'information a été par la suite relayée par les médias officiels.

Mais en début de soirée, les autorités semblaient se rétracter. Le porte-parole du gouvernement, Nasser al-Manaa, a ainsi déclaré sur la télévision privée Libya al-Ahrar, que le gouvernement n'avait" rien donné d'officiel jusqu'ici sur l'arrestation de n'importe quel membre de l'ancien régime".

Moussa Ibrahim a lui même démenti l'information dans la soirée, dans un enregistrement sonore dont l'authenticité n'a pu être vérifiée, dans lequel il a aussi rendu hommage à Mouammar Kadhafi, à l'occasion du 1er anniversaire de sa mort après sa capture par les rebelles le 20 octobre 2011 à l'issue d'un conflit armé de huit mois.

"Au sujet des informations sur mon arrestation aujourd'hui, (...) il s'agit d'une tentative pour détourner l'attention sur les crimes commis par les rebelles de l'Otan contre nos gens à Bani Walid", a déclaré M. Ibrahim dans cet enregistrement publié sur internet.

Des rumeurs et des annonces officielles contradictoires ont circulé aussi sur l'arrestation d'autres responsables de l'ancien régime, dont Khamis, le dernier fils de Mouammar Kadhafi, donné pour mort par les siens depuis octobre 2011.

Cette confusion intervient quelques heures après que le président de l'assemblée nationale, Mohamed al-Megaryef, a reconnu que "la libération du pays n'a pas été complètement réalisée dans certaines régions".

26 morts et plus de 200 blessés à Bani Walid

Dans un discours, M. Megaryef a dressé un bilan sombre de la période post-Kadhafi, faisant état notamment de "retard" et de "négligence" dans la formation d'une armée et d'une police et dans le contrôle des armes.

Selon lui, cette situation a permis à "des vestiges de l'ancien régime de s'infiltrer dans les organes de l'Etat et de comploter avec ceux (de l'étranger) contre la révolution et sa direction légitime".

Quelques heures après le discours de M. Megaryef, de nouveaux combats à Bani Walid ont fait au moins 26 morts et plus de 200 blessés, selon un décompte de l'AFP basé sur les bilan des deux hôpitaux de Bani Walid et de la ville voisine et rivale de Misrata.

Durant la semaine, une quinzaine de personnes avaient déjà péri dans des bombardements des ex-rebelles sur Bani Walid.

Pour justifier l'opération militaire lancée contre la ville, M. Megaryef a indiqué que celle-ci était "devenue un abri pour un grand nombre de hors-la-loi hostiles à la révolution et même à des mercenaires".

"Ce n'est pas une guerre d'extermination ou de nettoyage ethnique comme certains le prétendent à tort mais une campagne pour le retour à la légitimité et pour rétablir la sécurité et la stabilité", a-t-il dit.

"Les autorités ont donné le feu vert aux milices pour exterminer les gens dans la ville", a accusé Salem al-Ouaer, chef militaire du plus important groupe armé de Bani Walid, appelant l'ONU et l'Occident à protéger les civils, dénonçant une "situation humanitaire très mauvaise".

Le porte-parole du chef d'état-major Ali Chikhi a fait état d'une avancée de ses forces vers le centre de la ville, ajoutant que "l'armée a assuré des couloirs humanitaires pour permettre aux civils de quitter la ville".

L'ONU a exprimé de son côté des inquiétudes au sujet des affrontements à Bani Walid.

"Dans l'intérêt de la réconciliation nationale et la stabilité à long terme du pays, une médiation est nécessaire d'urgence", a déclaré l'envoyé de l'ONU pour la Libye, Tarek Mitri, dans un communiqué, appelant à la protection des civils.

La menace d'un assaut pesait depuis plusieurs semaines sur Bani Walid après la mort d'un ex-rebelle enlevé et torturé à Misrata, qui a exacerbé les tensions entre Misrata et Bani Walid, cités voisines et rivales historiques ayant choisi des camps opposés lors du conflit.
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Re: Libye

Messagede ivo » 19 Fév 2013, 09:48

La Libye s’enlise dans la violence des milices
La Libye s’enlise. Deux ans après la révolution, le pays est aujourd’hui coupé en cinq zones (Misrata, Barqa, Djebel Nefusa et Zouwara, Zentan, la Zone du Sud avec les Toubous).
Les milices constituées par des éléments tribaux disposent chacune de leur propre armée dans les quatre premières zones. A cela il faut ajouter de nombreux conflits tribaux. Ainsi que des populations en déshérence.
Que veulent ces milices ? Si dès la fin de la révolte, les « Thowars » ont revendiqué la paternité de la révolution, aujourd’hui, elles entendent assurer leur mainmise sur les villes, les quartiers et les édifices publics conquis par la force des armes.

>>>
http://www.rue89.com/2013/02/17/la-liby ... ces-239705
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Re: Libye

Messagede Pïérô » 23 Oct 2014, 01:35

Libye, une société au bord de la rupture

Comment comprendre ce qui se passe en Libye ? La multiplicité des intérêts et des influences internes et externes crée une confusion qui met le pays à feu et à sang. La fin de la dictature offrait la possibilité de construire une société libre et égalitaire. Le soulèvement de la population en février 2011 aurait pu constituer une situation révolutionnaire qui au contraire s’est transformée en menace de retour d’une dictature militaire ou islamiste.

La situation politique en Libye est kafkaïenne. Du plus bref soulèvement populaire de l’histoire -10 jours, jour pour jour, du17 au 27 février 2011- est issu un Conseil National de Transition auto-proclamé. Il sera appuyé par les forces occidentales de coalition dont la France en tête. Dès le 17 mars, le conseil de sécurité des Nations Unies se prononce pour l’instauration d’une zone d’exclusion dans le ciel libyen (résolution 1973). Il autorise également « toutes les mesures nécessaires » ce qui signifie, en langage diplomatique, des actions militaires. Le 19 mars c’est la France qui commence le bal des bombardements de la Libye, à peine un mois après la première manifestation de rue ; l’Otan ne traîne pas et dans les 10 jours suivants prend le relais des forces françaises, américaines et britanniques (27 mars 2011). Après la mort de Kadhafi le 20 octobre, c’est la fin des opérations le 31 octobre 2011, laissant la population sidérée dans un chaos social indescriptible. Aujourd’hui la tentative démocratique imposée par la force des bombardiers de l’Otan vire au canular si ce n’est au cauchemar. La première structure élue le 7 juillet 2012, le Conseil National Général, siège à Tripoli avec son gouvernement, la deuxième structure élue le 25 juin 2014, la chambres des députés « le parlement », siège avec un deuxième gouvernement près de Benghazi, dans un bateau grec au large de Tobrouk. Du coup tout est en double, ce que signifie le début d’une division du pays. Quant aux structures armées multiples sous forme de milices utilisées au gré d’intérêts divers, elles devront faire face à une armée libyenne en cours de formation par un général à la retraite qui veut tenter de recommencer une carrière ratée de dictateur.

Le premier scrutin libre dans l’histoire de la Libye, après plus de quarante ans de régime totalitaire, a élu en juillet 2012 le Congrès général national (CGN, Parlement) qui représente la plus haute autorité politique et législative et remplace le CNT (conseil national de transition) auto désigné le 27 février 2011. Toutefois, ce CGN a été accusé d’avoir contribué au développement de la corruption, à la dilapidation des richesses du pays, d’avoir favorisé la prolifération de groupes armés en tout genre et de n’avoir pas réussi à construire quoi que ce soit, pas même une école, une route ou une ligne de bus. Ce CGN était un facteur d’instabilité, mais il a aussi contribué à la résurgence d’un sentiment d’appartenance régionale, voire communautaire ou tribale selon la terminologie des journalistes français ; tout cela du fait des luttes d’influence entre libéraux, islamistes et opportunistes de tout poil, appuyés par des milices armées et les ambassades de divers Etats, à l’intérieur d’un pays qui peine à trouver son chemin.


Les instances politiques et les islamistes

Le CGN est contrôlé par le Parti de la Justice et de la Construction, qui n’est pourtant pas majoritaire mais a le soutien d’autres personnalités et groupes proches, et constitue une droite islamiste, capitaliste, réactionnaire et obscurantiste. Le premier ministre de ce parlement, Ali Zeidan, capitaliste libéral pro-occidental, n’a jamais, ni lui ni ses ministres, exercé de véritable pouvoir. Après plusieurs tentatives, les islamistes ont réussi le 11 mars 2014 à le chasser pour le remplacer par le ministre de la Défense, Abdallah al-Thneï.

Cette lutte de pouvoir assez classique et caricaturale cache bien sûr d’autres problèmes bien plus graves, car ce gouvernement actuel ou à venir n’a qu’un pouvoir symbolique sur la vie politique réelle qui, elle, se fait ailleurs… 
Le pouvoir de l’Etat est à Tripoli, et ailleurs ce sont différents types de pouvoir qui se superposent sous forme d’alliances, conflits ou ignorance. L’Etat, qui comprend un gouvernement désigné par le CGN, contrôle l’entrée de l’argent du pétrole ; il distribue les salaires et signe les chèques, achète soutien et protection aux groupes armés. Mais ce pouvoir à disposer de l’argent est limité par le Conseil Général National qui signe et adopte le budget, d’où ce bras de fer entre différents groupes pour contrôler le Conseil, véritable quartier général des affaires libyennes ! La présence des Frères Musulmans en Lybie remonte aux années cinquante, ils sont arrivés d’Egypte comme enseignants et intellectuels fuyant la répression de Nasser. Ils formaient une sorte de courant de pensée, jamais structurés véritablement en parti. Sous Kadhafi, ils constituaient les principales forces d’opposition avec l’appui des USA, du Qatar, de l’Arabie Saoudite, etc. Depuis que Mustapha Abdeljelil a formé le CNT en 2011, les islamistes n’ont pas quitté le pouvoir en Libye mais sans réussir à le contrôler totalement.

On se demande, pourquoi les islamistes non pas réussi à prendre l’ensemble des pouvoirs, législatif, et exécutif ? Une partie de l’explication se trouve dans leur structuration en parti politique. En Libye, un parti islamique n’a pas de sens car tous les partis politiques actuels de droite comme de gauche, de l’Est ou de l’Ouest, intègrent l’islam, sous différentes formes, dans leur structure idéologique et programme politique. Il n’est pas envisageable, ni imaginable qu’un Parti puisse s’écarter de l’islam comme base morale et sociale, ou demande la séparation de l’état et de la religion, ce serait un suicide politique.

Les Libyens ne voient donc pas l’intérêt qu’un parti récupère un concept général et le monopolise à son profit : c’est un peu comparable à l’idée d’écologie en Europe. 
Jusqu’au 21 juillet 2014, date de publication des résultats de vote pour la chambre de députés, il y a eu une sorte de consensus entre les islamistes qui contrôlent le CGN et les libéraux qui nomment le premier ministre, cette entente est due à l’équilibre des forces des milices qui sont à Tripoli, mais aussi de pressions extérieures venant de différents pays qui ne souhaitent pas que les islamistes soient trop visibles, en première ligne. Pour les islamistes c’est un paravent pour les relations extérieures avec l’Europe qui préfère un partenaire parlant le même langage qu’elle et qui ne s’arrête pas en pleine réunion pour faire sa prière. Mais le premier ministre et son gouvernement devront ne pas trop s’écarter de la ligne des islamistes, s’ils veulent se maintenir à leur poste. Les islamistes libyens n’ont ni l’expérience politique, ni l’assise sociale ou populaire pour s’emparer du pouvoir politique ou l’assumer, comme en Egypte ou en Tunisie. Sachant qu’ils ne seront jamais majoritaires par le processus électoral, ils adoptent une stratégie de contrôle par la force avec des groupes armés, utilisant les structures « démocratiques » pour maintenir l’illusion de pluralité et de démocratie.

Les Libyens ont vécu 40 ans sous le régime autoritaire de Kadhafi et forcément ont intégré certains aspects idéologiques quand ceux-ci ne sont pas en contradiction avec le bon sens populaire. Un des slogans que les Libyens ont vu affiché partout durant 40 ans est « Appartenir à un Parti est une trahison ». Depuis, les partis politiques suscitent la méfiance.

En Libye il n’y a jamais eu de parti politique réellement issu de la société ; la plupart de ceux qui existent actuellement sont des groupements artificiels formés après 2011 pour s’emparer du pouvoir, dirigés pratiquement tous par des hommes d’affaires de retour d’Europe ou des USA sans aucune base sociale. Kadhafi a pu rester au pouvoir pendant plus de quarante ans grâce à son contrôle total sur l’armée et les arsenaux d’armes mais aussi grâce à une répression féroce contre les islamistes. Il finira par supprimer totalement l’institution militaire tout en gardant un énorme contingent de plusieurs « armées » contrôlées par ses fils et ses proches et en restant maitre de tout ce qui touche à l’armement et à son usage. Mais il n’a pas réussi à éradiquer les islamistes, au contraire, sous la pression internationale, son fils Seïf al-Islam a signé un accord avec eux et les a sortis de prison en 2010.


Le retour de l’armée

Aujourd’hui, la tentative de mettre sur pied une armée libyenne sur les ruines de l’armée de Kadhafi, pour prendre en main les affaires du pays, mettre fin à « l’anarchie », au « terrorisme », créer un dispositif capable d’agir et d’intervenir à tout moment, est une menace plus importante et plus dangereuse que les centaines de milices d’amateurs qui cherchent fric et gain immédiats. C’est Khalifa Haftar, officier de l’armée libyenne de l’ancien régime de Kadhafi, qui en est l’initiateur. Il a mené la guerre au Tchad où il fût emprisonné le 22 mars 1987 avec des milliers d’autres soldats et quelques officiers.

C’est pendant son séjour en prison qu’il met en place avec ses codétenus militaires une armée d’opposition à Kadhafi car il pense que celui-ci les a laissé tomber. Les Américains finiront par exfiltrer le général et 350 de ses soldats vers les Etats-Unis. Il apparait en 2011 à Benghazi avec l’ambition -ou la mission- de prendre la tête de la révolution, mais l’ancien ministre de l’intérieur de Kadhafi, Abdelfatah Younès, qui avait aussi participé à la prise de pouvoir avec Kadhafi en 1969, ne lui laisse pas la place. Quand Younès est assassiné en juillet 2011, le général Haftar est soupçonné d’être le commanditaire et prend du recul. Son passé qui conjugue à la fois une proximité avec Kadhafi puis avec la C.I.A ne prêche pas en sa faveur. Au Conseil National de Transition (CNT), dominé par les islamistes, on se méfie de lui, redoutant son ambition sans limites, son goût du pouvoir et son autoritarisme prononcé, déjà expérimenté au Tchad.

Mi-février 2014, la situation en Libye est au bord de l’explosion, un peu partout dans le pays de nombreuses manifestations réclament la démission du gouvernement et du Conseil Général National.

Ali Zeidan, le premier ministre de l’époque, a échoué au moins sur trois points importants : d’une part désarmer les milices, dissoudre les différentes brigades et unités et les intégrer dans l’armée régulière, d’autre part libérer les ports et installations pétrolières contrôlées par les fédéralistes et enfin faire cesser les attentats et assassinats à Benghazi.

Profitant de ce climat, dans un dernier geste pour se faire une place au soleil, Khalifa Haftar fait une déclaration fracassante sur une télévision saoudienne. Il annonce au nom de l’armée libyenne, la suspension du gouvernement et du parlement, le transfert du pouvoir à la Cour Suprême et la mise en place d’une feuille de route. Bien qu’avant cette tentative de coup d’état par télévision interposée, Haftar ait reçu de nombreux soutiens de la part de personnalités, de notables et d’hommes d’affaires, son action au final n’a eu aucun effet sur le terrain si ce n’est la menace de son arrestation. Il est étonnant que cet homme de main des Américains n’ait pas joué un rôle plus important dans la vie politique en Libye, mais il faut dire que les islamistes ne le laisseront pas faire aisément. La seule explication c’est que cet homme soit détesté par les islamistes, tout comme Abdelfettah Younès et tous ceux qui sont en capacité de reconstituer l’institution militaire ; c’est un divorce historique entre islamistes et armée, divorce initié il y a un demi-siècle par Nasser, poursuivi par Kadhafi.

A la tête d’une force militaire autoproclamée « armée nationale libyenne », le général Haftar a lancé sa deuxième opération, nommé « Al-Karamah ou Dignité ». C’est vendredi 16 mai 2014 à Benghazi qu’il lance sa tentative pour prendre le pouvoir, prétextant la lutte contre le « terrorisme » notamment contre le groupe djihadiste Ansar Al-Charia.

Ce groupe est accusé d’être à l’origine d’une vague d’assassinats visant depuis deux ans des membres des forces de sécurité, des juges et d’anciens officiers de l’armée de Kadhafi, des journalistes, des hommes et des femmes politiques ; on le dit aussi responsable de l’attaque contre le consulat des Etats Unis et l’assassinat de l’ambassadeur américain. Khalifa Haftar, qui a bénéficié de l’appui aérien de quelques unités de l’armée, s’est également heurté aux combattants de la brigade du 17-Février, un des premiers groupes armés créé en 2011 contre le régime Kadhafi, qui reste fidèle aux islamistes. Bilan : près de 100 morts et de nombreux blessés.

L’opération Al-Karamah du 16 mai 2014 le remet au cœur de la lutte qui agite la Libye entre frères musulmans, islamistes radicaux d’un côté et militaires, libéraux de l’autre. Haftar, lui est soutenu par l’Egypte du général Abdelfatah al-Sissi, qui a réalisé un scenario semblable en Egypte quelques temps auparavant. Les islamistes ont dénoncé ce coup d’état affirmant que d’anciens du régime de Kadhafi sont de retour sur les chars d’Haftar. Ils ont riposté après les dernières élections, voyant qu’ils perdaient le contrôle du nouveau parlement, en lançant l’opération baptisée « Fajr Libya » ou Aube de la Libye, soutenue militairement par les milices de Misrata pour contrôler Tripoli.


Si les élections….

Les élections législatives du 25 juin 2014, ont été présentées comme la solution miracle pour stopper la corruption et les violences, les assassinats, les attentats à la bombe, les enlèvements, … qui secouent le pays depuis trois ans, mais ne dit-on pas en France, que si les élections pouvaient changer quelque chose, elles seraient interdites !

Bien que les élections aient été interdites pendant quarante ans, les Libyens ont compris en peu de temps qu’elles ne servaient à rien. Donc, très faible participation, seulement 630 000 personnes se sont déplacées pour une population de 6 millions d’habitants ; seul 1,5 million de Libyens s’étaient inscrits pour le scrutin contre plus de 2,7 millions en 2012 sur 3,4 millions d’électeurs potentiels, soit un taux de participation de 42 %, selon des estimations préliminaires de la Haute Commission électorale (HNEC). Si on prend en compte la totalité des 3,4 millions d’électeurs, la participation serait de 18%, ce qui est très peu pour un régime qui considère le bulletin de vote comme le principal motif et la justification aux milliers de morts et à la destruction totale des infrastructures du pays. Une autre raison à la faible participation est l’appel au boycott lancé par les Imazighens (Berbères). Ceux-ci contestent les modalités du vote des articles de la constitution au sein du comité chargé d’écrire cette constitution et dénoncent le nombre insuffisant de représentants berbères (6/200). Il y avait donc matière à contester ces élections, et ceux qui le font, ce sont les islamistes qui ont perdu ces élections en devenant minoritaires.

De fait, la situation actuelle de la Libye est celle d’un pays schématiquement divisé en deux entités non définies, par l’existence de deux parlements, deux gouvernements, deux premiers ministres, deux présidents de parlement, dans deux régions différentes. La nouvelle chambre des représentants qui devrait comporter 200 députés n’en compte que 184, les 6 sièges destinés aux Berbères sont restés vides ainsi que dix autres sièges car les bureaux de votes ont été saccagés ou fermés par des groupes ou personnes armés. Le siège de ce parlement est à Benghazi, la première assemblée s’est tenue dans un bateau au large de Tobrouk, lieu jugé plus calme et moins risqué, et a chargé Abdallah al-Thneï, l’ancien premier ministre, de former un gouvernement. Ce parlement considéré comme légitime est soutenu par la France et l’ONU mais aussi par le général Haftar et son mouvement.

De l’autre côté du pays, à Tripoli, les islamistes, refusant le résultat du scrutin sous prétexte que le siège central selon la constitution devrait être à Benghazi, ont appelé à reconstituer l’ancien parlement (CGN) et ont désigné Omar Al-Hassi pour former un gouvernement. Les islamistes bénéficient, en plus de leur force armée, du soutien de la ville de Misrata et de sa bourgeoisie commerciale et industrielle ; ils ont une puissante armée qui a réussi, après de nombreux combats acharnés durant un mois, à récupérer l’aéroport de Tripoli, en tout cas ce qu’il en reste, et à le libérer du contrôle des forces de Zintan et de l’armée officielle, ce qui a coûté 2 milliards de dollars de dégâts et fait plus de 100 morts.

Mais cette division entre l’Est et l’Ouest n’est pas totalement aboutie, en tout cas pas tout à fait, car à l’Est, il y a encore un autre clivage entre la chambre des représentants et des groupes islamistes.

La chambre des représentants, élue en juin, est certes réduite au minimum, par le boycott des islamistes mais elle demeure légale, légitime et soutenue par l’armée et le général Haftar et par la majorité de la population et les instances internationales.

Seulement Ansar al-Charia et divers groupes djihadistes, affiliés plus ou moins au Jihad International, ont un autre projet politique et social pour la région de Benghazi et représentent une source permanente de violences et de risque d’une guerre dans la guerre, notamment autour de l’aéroport de Bnina.

Le scénario est le même pour Tripoli où les islamistes et les milices de Misrata contrôlent la quasi totalité des villes, cependant la présence des forces de Zentan qui ont perdu la bataille de l’aéroport, mais demeurent armées et possèdent une réserve très importante d’armes et munitions, représente une source permanente d’opposition aux islamistes avec le soutien d’autres groupes moins importants comme ceux des villes de la région Ouercheffanah - une zone à l’Ouest de Tripoli qui remonte du Sud jusqu’au pied de la montagne Nefussa.


Les ingérences multiples

Plusieurs conférences internationales ont eu lieu au sujet de la Libye avec la participation des gouvernements français, américain et autres pour venir en aide au régime actuel qui n’arrive pas à gérer la crise.

L’insécurité empêche les firmes et entreprises étrangères de poursuivre leurs investissements : la production du pétrole est à son plus bas niveau depuis près d’un an, les attentats et assassinats politiques ne cessent de se multiplier, le trafic d’armes vers l’Egypte, la Tunisie, le Mali ne s’arrête pas malgré la présence de nombreux experts et officiers américains, italiens et français chargés de contrôler les frontières et des bateaux de travailleurs clandestins ne cessent de chavirer sur les côtes européennes de la méditerranée. Les inquiétudes des Américains et Européens se traduisent par la multiplication de conférences, réunions et rencontres au plus haut niveau et cela sans résultats à ce jour.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a alerté début septembre, sur la « gravité de la situation en Libye », estimant qu’elle nécessitait l’intervention de la France. « Rappelons-nous ce que nous avons collectivement entrepris et réussi au Mali : une opération militaire de grande ampleur pour libérer ce pays de la menace djihadiste, et un processus politique démocratique. La dégradation de la situation sécuritaire en Libye pourrait entamer cet acquis. Le sud libyen est une sorte de ’hub’ où les groupes terroristes viennent s’approvisionner, y compris en armes, et se réorganiser. […] Or la Libye est à la fois la porte de l’Europe et du Sahara ». Le Premier ministre libyen Abdullah al-Thneï a demandé le soutien de ses homologues les princes des Emirats Arabes Unies mais aussi d’autres pays pour sortir la Libye de la crise : « Nous demandons à tous les Etats influents dans la région notamment aux Etats-Unis et à la France de nous aider à combattre le terrorisme car c’est devenu un problème international ».

Une guerre larvée s’est déclenchée contre le Qatar de la part de l’Egypte du fait de la chute de M. Morsi et du coup d’état du général Sissi mais aussi de la part de l’Arabie Saoudite, des Emirats Arabes Unis et du Bahreïn qui ont rappelé leur représentation diplomatique de Doha, en mars 2014, en signe de protestation contre le soutien du Qatar aux groupes islamistes. Le risque d’éclatement du pays est aggravé par ces interventions extérieures soutenant les diverses fractions les unes contre les autres en fonction d’intérêts différents. On peut actuellement parler d’une guerre civile en Libye sans trop exagérer car ce qui se passe n’a pas d’autre nom.

Cette guerre peut être vue aussi comme une guerre par « procuration » entre des forces extérieures antagonistes : le Qatar d’un côté et les Emirats Arabes Unis, de l’autre.
 Le Qatar est le refuge d’Ali Sallabi, le théoricien des islamistes libyens, c’est l’homme le plus influent de la branche politique de l’islam libyen ; les Emirats Arabes Unis, pour leur part, abritent Mahmoud Jibril, ancien premier ministre, homme libéral et pro-occidental, considéré comme le chef de file des libéraux.

On peut ajouter à ces deux pays, l’Arabie Saoudite, l’Iran, la Turquie, le Soudan et l’Egypte qui, tous, ont des intérêts financiers et géostratégiques considérables dans le pays. Des bombardements de positions islamistes à Tripoli et à Benghazi ont été attribués aux forces armées des Emirats Arabes Unis avec l’aide de l’Egypte ce qui peut donner prétexte au Qatar, à son tour, d’intervenir pour soutenir ces alliés. Deux avions pleins d’armes et munitions affrétés par le Qatar ont atterri à Tripoli, ce qui prouve que leur ingérence a bien commencé malgré leurs dénégations. Et s’y ajoute la France qui veut intervenir probablement dans le sud du pays pour protéger ses intérêts dans les pays limitrophes, ce qui a déclenché des manifestations à Tripoli, Benghazi et dans d’autres villes en soutien aux islamistes dénonçant le coup d’état militaire et l’intervention étrangère.


En conclusion

Les nombreux experts et spécialistes qui se penchent sur la situation de violence que les Libyen-nes subissent tous les jours, attribuent ce désordre, sans chercher plus loin, à l’absence d’état, de police et d’armée.

Il existe un consensus parmi toutes ces officines de recherche ou médiatiques et aussi dans la population, autour de l’urgence pour solutionner cette catastrophe qui serait l’instauration d’une armée et d’une police avec un état central fort et peut-être même un homme fort capable de maintenir le tout. Attribuer ce chaos à l’absence d’état régalien est une tentative de réparer une erreur par une autre erreur. Tous ces spécialistes ne voient pas que ce qu’ils réclament c’est exactement le régime de Kadhafi, détruit en 2011 avec l’aide de l’Otan.

La Lybie reste le dernier exemple qui prouve de manière éclatante que ni la force de l’Otan, ni celle des Etats Unis ou de la France, ne peuvent amener un changement politique ou social en lieu et place de la population. Et que ces interventions de Sarkozy et de l’Otan n’étaient pas pour instituer la démocratie, ni pour offrir la liberté aux Libyens mais pour défendre des intérêts financiers et géostratégiques dans la région. Quand le ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov rappelle à son homologue français, Laurent Fabius, que les hommes que les Français ont armé et soutenu en Libye en 2011 sont les mêmes qu’ils combattent au Mali, en Syrie, en Irak, ce dernier lui répond : « Ah oui, c’est la vie ! ».

Reste évidemment, le sort de la majorité de la population qui subit ce climat de guerre. Ceux qui en ont les moyens comme en 2011 ont pris leur voiture ou leur avion et sont partis ; 100 000 personnes ont quitté le pays et encore plus parmi les plus vulnérables : ce sont près de 150 000 travailleurs immigrés qui ont quitté le territoire. Sans compter les quelques milliers de « clandestins » qui se sont noyés dans la mer méditerranée sur les côtes de Lampedusa.

Car la Libye est le cas typique où le capitalisme colonial a agi vite et sans réfléchir, action que les Libyens paient et paieront pendant de nombreuses années à venir. Une armée ne peut pas régler un problème de l’ampleur de ce qui se passe en Libye, ni un état, ni la police. Seule la société elle-même dans son ensemble peut régler ses problème. On voit que la situation est loin d’être stable ni révolutionnaire et que les Libyen-nes ont bien du souci à se faire sur leur avenir. Tout peut changer ou basculer à tout moment au gré de déclarations sulfureuses, de soutien divers et d’intervention masquée des acteurs extérieurs. L’heure est aux surprises et les intérêts des uns et des autres mènent le bal.

Partout où les armées occidentales sont intervenues c’est le règne du chaos, de la guerre civile et l’éclatement des pays « secourus » ; les populations en paient chaque jour le prix en vies humaines, en déséquilibre politique, en menaces totalitaires armées. La Libye, épargnée jusque là, vient d’entrer dans ce cercle infernal. Qui peut en prédire la fin ?

Saoud Salem, OCL, Toulouse 20 septembre 2014

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Re: Libye

Messagede Pïérô » 26 Avr 2015, 10:38

Libye, Un bateau qui coule en silence

La situation politique actuelle en Libye est une situation de non retour, une situation qui se détériore de jour en jour. L’escalade dans la violence et l’intensification des opérations militaires radicalisent de plus en plus les groupes islamistes et les jettent dans les bras de l’Etat Islamique, qui en difficulté cherche une sortie, un territoire de repli, des fusils et quelques puits de pétrole. Plus de morts, d’attaques, d’enlèvements, de bombardements, d’affrontements, d’explosions, d’assassinats : une guerre sans nom, sans merci ni loi au quotidien comme c’est le cas en Irak, en Syrie, au Yémen. La société libyenne se disloque et s’effrite en mille morceaux malgré l’absence de clivages religieux entre sunnites et chiites ou autres sectes religieuses, clivages qui seraient soit disant la cause des guerres civiles qui se multiplient. Le clivage en Libye est à l’intérieur de cette secte polythéiste et mondiale qui a le capitalisme comme nom ; les armes, l’argent et le pouvoir comme divinité.

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Re: Libye

Messagede Pïérô » 24 Fév 2016, 08:34

Libye, la descente aux enfers

Le 15 février 2016, la société libyenne devrait fêter le 5ème anniversaire du déclenchement des événements qui ont abouti à la chute du régime de Kadhafi, grâce aux bombardements intensifs de la France et de l’Otan. Cette « Révolution » a tourné court et s’est transformée petit à petit en catastrophe, pour finir en 2016 par un véritable cauchemar. Deux parlements périmés aux mandats expirés, deux gouvernements, une armée commandée par un général à la retraite, ex agent de la CIA et un troisième gouvernement tout neuf issu de négociations sous l’égide de l’ONU, mais qui n’est pas reconnu des deux autres gouvernements. Ajoutons à ces embouteillages, l’État Islamique avec ses horreurs du Moyen-âge, les quelques dizaines de milliers d’hommes armés en milices de tout bord et, in fine, la menace pour les uns ou l’espoir pour les autres d’une intervention américaine et européenne qui sauvera le pays ou l’anéantira définitivement.

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Re: Libye

Messagede bipbip » 01 Nov 2016, 17:31

Libye: cinq ans après l’intervention, le désastre

Véritable réquisitoire contre l’intervention militaire en Libye, un rapport parlementaire britannique1 confirme les critiques exprimées des opposants aux menées bellicistes de Cameron et Sarkozy.

Livré aux seigneurs de guerre, le pays se morcelle, tandis que les milices font régner la terreur sur les populations civiles et les immigrés en transit.

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Re: Libye

Messagede Béatrice » 17 Nov 2017, 18:45

Libye : des migrants africains vendus comme esclaves par des trafiquants

40 euros. C'est le prix d'un migrant africain vendu en Libye, assez costaud pour réaliser des travaux agricoles. Les images récupérées par la chaîne américaine CNN datent du mois d'août dernier. On y voit des hommes, debout, jaugés et adjugés comme des esclaves aux plus offrants lors de ventes aux enchères.

http://information.tv5monde.com/afrique ... nts-203789

« Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée. »
Louise Michel
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