Turquie

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Messagede bipbip » 31 Aoû 2017, 13:41

Şûjin est fermé, le journalisme de femmes perdurera

Şûjin, journal d’information féministe, a été interdit et fermé, suite à la promulgation d’un décret n° 693, du 25 août. Les locaux de Şûjin et l’agence d’informations Diha, qui est également interdite par le même décret, ont été scellés.

Nous avions annoncé en décembre 2016, la naissance de Şûjin, source d’information féministe, dont l’équipe était composée intégralement de femmes. Şûjin avait été fondée dans la tradition de l’agence d’information Jinha, (dont vous connaissez une co-fondatrice, Zehra Doğan, en mars 2012). Jinha vécu ses derniers jours en 2016, fermée par décret le 30 octobre en même temps qu’une dizaine d’autres médias d’opposition.

Şûjin comme Jinha, adoptait une ligne éditoriale centrée sur les informations concernant les femmes, et utilisait un langage journalistique anti-patriarcal (que Kedistan leur emprunte volontiers).

... http://www.kedistan.net/2017/08/30/suji ... perdurera/
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Re: Turquie

Messagede bipbip » 03 Sep 2017, 14:49

Turquie • Un point sur les prises d’otages

J’aurais préféré rédiger un billet de sortie en cette “rentrée”. Un billet de sortie pour toutEs les otages en Turquie.

Cem Özdemir, dirigeant du parti des Verts allemand, lui-même d’origine turque, a déclaré au journal Bild : ” Le président Recep Tayyip Erdoğan n’est pas un président, c’est un preneur d’otages “.

Cette déclaration vient après deux nouvelles arrestations dans la région d’Antalya de ressortissants allemands, pour des motifs qualifiés de “politiques”. Douze allemands, dont quatre bi-nationaux sont actuellement détenus en Turquie sur des accusations analogues. C’est peu, au regard de la population carcérale en Turquie, qui attend des jugements improbables liés à la loi anti-terroriste et l’état d’urgence, et les milliers déjà expédiés par la justice.
Mais c’est bel et bien une prise d’otages en règle.

Otages… De celles et ceux dont les chaînes d’infos montraient autrefois, les portraits en égrenant les jours de détention. Otages… Dont on ne disait pas des régions ou pays où ils étaient retenus qu’ils étaient “partenaires” ou “interlocuteurs au téléphone”. Mais c’était “avant”…

La Turquie tient l’Europe par ses parties intimes, et son président toise ses politiciens avec dans sa main droite un “accord sur les migrants” et dans sa gauche une promesse de dividendes pour les “entreprises”.

... http://www.kedistan.net/2017/09/02/turq ... es-otages/
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Re: Turquie

Messagede bipbip » 10 Sep 2017, 11:58

Zehra Doğan • Reportage depuis sa prison, avec Sara Aktaş

En Turquie, nombre de journalistes sont en prison. C’est donc là que beaucoup travaillent. C’est aussi là qu’ils/elles rencontrent celles qui se battent pour un autre futur de la Turquie, et sont pour cela incarcéréEs.
Zehra Doğan est à nouveau dans une geôle de Diyarbakır depuis juin. Elle même il y a peu disait et écrivait à peu près ceci : “c’est sûrement parce que je suis journaliste et que c’est là que les choses se passent, que je suis en prison“.

Lors de son premier séjour forcé à la prison de Mardin, durant 141 jours, en attente de son procès, elle avait déjà fait un pied de nez à ses gardiens en participant à une résistance collective, qui avait consisté à réaliser deux exemplaires d’Özgür Gündem, journal fermé et interdit, intitulé pour l’occasion “Özgür Gündem geôle”. Kedistan s’est promis d’en réaliser la traduction, et de le diffuser ici en fac-simile, en même temps que tournera l’exposition de ses oeuvres d’artiste. Vous en trouverez un aperçu également dans le livre “Les yeux grands ouverts”, consacré à notre amie par les Editions Fage.

Mais revenons au journalisme…

Zehra, incorrigible et têtue, continue à documenter sur les vies militantes des femmes qui l’entourent, derrière les murs froids de la prison. Puisque l’injustice turque ne l’accuse pas d’être journaliste, mais de faire de la propagande pour le “terrorisme”, elle continue donc son métier. Primée elle-même pour un reportage sur les femmes yézidies, elle sait de quoi elle parle.

Elle interroge donc ici une compagne de cellule, Sara Aktaş, poètesse kurde, auteure de deux recueils, et membre du Congrès des Femmes Libres (KJA), qui approfondit le sujet. Un article fort, de résistance, qui met la femme au premier rang.

Nous souhaiterions que nombre de nos confrères et consoeurs méditent un peu sur cette manière d’être, de faire, d’exister… Et se joignent à la campagne de solidarité pour sortir
Zehra Doğan de là, ainsi que toutEs les autres otages…

... http://www.kedistan.net/2017/09/04/zehr ... rah-aktas/
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Re: Turquie

Messagede bipbip » 16 Sep 2017, 13:20

Turquie/Kurdistan/France : Loup Bureau est libre

Après 52 jours de détention, Loup Bureau vient d’être libéré. Ce journaliste français, étudiant à l’IHECS (haute école belge) avait été arrêté car la police turque avait trouvé sur lui des photos où on le voyait en compagnie de combattants YPG (les Unités de Protection du Peuple qui combattent Daesh au Rojava). Il sera expulsé demain vers Paris.

https://secoursrouge.org/Turquie-Kurdis ... -est-libre
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Re: Turquie

Messagede bipbip » 18 Sep 2017, 20:05

Loup Bureau libre, il faut continuer à soutenir les journalistes en Turquie

Les syndicats français de journalistes (SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes), la Fédération internationale des journalistes (FIJ), première organisation mondiale de la profession, et son groupe régional européen (FEJ), se félicitent de la libération de Loup Bureau détenu depuis le 26 juillet dernier après son interpellation à la frontière entre l’Irak et la Turquie. Encore une fois une forte mobilisation -du collectif de soutien, des autorités françaises, des associations et des syndicats- a permis que ce journaliste de 27 ans qui travaille notamment pour les chaînes TV5 Monde, Arte et le site Slate, sorte de prison, après plus de 50 jours d’enfermement.

Loup Bureau, arrêté avec des images d’un reportage réalisé en 2013, était soupçonné par la justice turque d’être lié aux YPG (une organisation considérée comme terroriste par les autorités turques), selon l’acte d’accusation. La justice turque avait rejeté par deux fois la demande de libération conditionnelle. A Mathias Depardon, libéré en juin 2016 après un mois de détention pour « propagande terroriste », il était reproché d’aider et de soutenir des groupes terroristes dont le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). Dans les deux cas, le régime d’Erdogan adresse le même message : circulez, il n’y a rien à voir, dans un contexte de purges massives tout azimut après le putsch raté de 2016.

Les syndicats français n’oublient pas que cinq journalistes du quotidien turc Cumhuriyet sont toujours derrière les barreaux, de même que Deniz Yücel, journaliste germano-turc employé par Die Welt et Oğuz Güven, rédacteur en chef de l’édition en ligne du quotidien Cumhuriyet ainsi que beaucoup d’autres (158 à ce jour). Nous n’aurons de cesse de nous mobiliser avec la FIJ et la FEJ pour obtenir leur élargissement. La bataille pour la liberté de l’information et la liberté syndicale en Turquie se livre aussi en Europe

http://www.rennes-info.org/Loup-Bureau-libre-il-faut
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Re: Turquie

Messagede bipbip » 04 Oct 2017, 20:08

Rencontre

Loup Bureau : “La Turquie est en train de gagner sa guerre de l'information"

Loup Bureau, emprisonné durant cinquante-deux jours dans les geôles turques, nous a accordé un long entretien, une semaine après son retour en France. Il revient sur son expérience.

Il est souriant en ce dimanche parisien ensoleillé, une semaine pile après son retour au pays. Cinquante deux jours dans les prisons turques ne semblent pas avoir entamé le caractère affable de Loup Bureau.

Pris malgré lui dans l’engrenage infernal du régime autoritaire qui règne dans la Turquie d’Erdogan, le jeune homme de 27 ans laisse toutefois paraître une émotion contenue à l’évocation des actions de ses proches pour le sortir de détention ou des humiliations qu’il y a subies.

... http://www.telerama.fr/medias/loup-bure ... 223622.php
Il se montre aussi lucide sur la situation dramatique du journalisme dans ce pays où, accusé de « collaboration avec un groupe terroriste » pour un reportage datant de 2013 et toujours en attente du verdict, il ne mettra plus jamais les pieds.
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Re: Turquie

Messagede bipbip » 08 Oct 2017, 14:50

Quand on veut noyer le poisson

La timide solidarité qui s’exprime dans les pays européens vis à vis de l’opposition en Turquie, et se manifeste par des colloques, tables rondes, voire, les jours de fête, par des déclarations lors de sessions parlementaires européennes, utilise un langage qui exclut toute analyse politique réelle.

N’importe quellE parlementaire européennE vous expliquera que pour ne pas “s’ingérer” dans les “affaires intérieures” de la Turquie, il est nécessaire d’en rester au niveau de notions… disons … morales ou philosophiques, ayant un caractère universel et juridique, comme celles s’appuyant sur la défense des droits de l’homme. Ainsi parlera-t-on de “mises en garde”, plus rarement de “condamnations de propos ou d’actes”, lors de déclarations solennelles faites du haut d’une chaire étoilée.

Il en a été ainsi ces trois dernières années, lors de sessions du Conseil de l’Europe, lors d’épisodes diplomatiques un peu tendus avec Erdoğan, ou de conférences de presse en marge de rencontres…

Ainsi, les termes “liberté d’expression”, “démocratie”, “dérives”, “atteintes aux libertés” fleurissent-ils dans les communiqués et les articles de la presse “objective”, via la “diplomatie” européenne et celle de ses Etats. Cela parle au “grand public”, nous affirmera-t-on, et le plus “largement” possible.

Dans le grand marché mondial, ne pas injurier le client est la règle, et celle-ci a déteint sur une diplomatie qui n’était déjà pas “offensive”, dans les relations dites “internationales”.
La real-politique associée à la défense d’intérêts économiques et financiers a totalement placé sous sa coupe les dites “instances internationales”, et ce, depuis le début de leur existence. Pas étonnant du tout dans ce fonctionnement capitaliste libéral et mondialisé, j’enfonce là un portail déjà ouvert en grand.

Mais, jouer l’ingénu en parlant des politiciens et des institutions me permet seulement de questionner l’attitude et le positionnement d’associations, de regroupements, de partis même, qui en principe, et dans leurs objectifs déclarés, ne devraient pas se sentir liés à cette politique de diplomatie bananière, jusqu’à en reprendre les tics et expressions.

... http://www.kedistan.net/2017/10/07/turq ... e-poisson/
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Re: Turquie

Messagede bipbip » 15 Oct 2017, 19:18

La torture est de retour en Turquie

L’organisation non gouvernementale Human Rights Watch dénonce des cas de torture et de disparitions forcées en Turquie, depuis le coup d’État manqué de l’été 2016 et l’instauration de l’état d’urgence.

Des détenus battus, menacés, soumis à des jets d’eau sur les parties génitales, agressés sexuellement, c’est la situation décrite par Human Rights Watch en Turquie. Dans un rapport publié le 12 octobre et intitulé « En garde à vue : tortures policières et enlèvements en Turquie », l’ONG présente 11 cas sur lesquels elle a enquêté.

« Les preuves de torture sur des personnes accusées de terrorisme par les autorités se multiplient depuis le coup d’État avorté de 2016 », affirme Human Rights Watch. L’ONG a récolté des témoignages d’avocats et de proches des victimes. Elle s’est appuyée également sur l’examen de comptes rendus d’audience de tribunaux. Ces derniers contiennent « des allégations selon lesquelles des policiers ont violemment battu et menacé des détenus, les ont entièrement déshabillés et, dans certains cas, les ont agressés sexuellement ou menacés de le faire ».

Par ailleurs, Human Rights Watch fait état de cinq cas documentés d’enlèvement à Ankara et à Izmir entre mars et juin 2017. « Étant donné le sombre passé de la Turquie en matière de disparitions forcées, les autorités doivent localiser les hommes dont on est sans nouvelles et s’assurer que quiconque est détenu par des agents de l’État ait un accès régulier à un avocat et que sa famille sache où il est. », a déclaré Hugh Williamson, le directeur de la division Europe et Asie centrale de l’ONG.

... https://rapportsdeforce.fr/linternation ... ie-1012973
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Re: Turquie

Messagede bipbip » 18 Oct 2017, 00:15

Çağdaş Erdoğan • Lettre depuis la prison

Çağdaş Erdoğan , journaliste-photographe, après 13 jours de garde-à-vue et d’isolement, a été incarcéré à Istanbul, le 13 septembre, de manière préventive, avec la désormais traditionnelle accusation d’appartenance à une organisation terroriste. Il a adressé aux médias une lettre publique. Elle a été publiée en turc sur P24, le 10 octobre 2017

Mes amiEs,

Je vous salue avec nostalgie… J’espère que vous continuez, face à cette période insensée, à aller bien, avec entêtement. Pour moi, n’ayez pas d’inquiétudes. Malgré les choses négatives que j’ai vécues la semaine dernière, je vais bien, et j’ai de l’espoir comme je n’en ai pas eu depuis longtemps…

Mes amiEs, je dois parler avant tout de l’événement, digne d’une “vidéo gag”, que j’ai vécu. Comme vous le savez, le 2ème jour des fêtes de Kurban (Laïd), c’est à dire le samedi 2 septembre, j’ai été placé en garde-à-vue. Comme motif de cette garde-à-vue, il a été avancé le fait que j’aurais photographié un immeuble ‘invisible” situé au parc Yoğurtçu, appartenant prétendument à l’Etat. Je n’ai d’abord pas pu donner un sens à cette situation. J’ai compris le fond de l’affaire, dans le commissariat où j’ai été amené.

C’était donc la suite d’un processus qui a été lancé après que j’ai été désigné quelques temps auparavant, comme cible par A Haber [média proche du régime]. Il paraitrait que les photos que j’ai prises lors des couvre-feux de Cizre, Nusaybin et Şırnak, pour des agences et journaux internationaux, constitueraient des délits. La dernière goutte qui aurait fait déborder le vase, serait le fait que The Guardian, ait classé une photo que j’ai prise à Nusaybin dans la liste des photos de l’année. Pour m’exprimer rapidement, mes photos qui ont été publiées dans des dizaines de journaux et magazines internationaux, à commencer par le New York Times, la BBC, The Guardian, rentreraient donc dans le cadre de “menées activitistes pour une organisation terroriste armée” ! Et l’autorité qui accuse, qui a perdu le contrôle de sa vitesse, a proposé même des photos, concernant la mafia et les combats de chiens, qui figurent dans mon livre intitulé “Control” , paru à Londres, comme “preuves du crime” pour le chef d’accusation “membre du PKK” !

En vérité, dans ces jours où l’art, la science et le Droit sont piétinés pour des phobies politiques, je n’ai pas trouvé cette situation très étonnante… J’en ai même ressenti de la fierté. Surtout lorsque j’ai pensé à Hrant [journaliste humaniste arménien assassiné en 2007 à Istanbul], Berkin [blessé mortellement par la police lors des protestations de Gezi en 2013 à Istanbul], Nuh Köklü [Journaliste assassiné par un commerçant en 2015 à Istanbul Kadıköy], la mère Taybet [femme kurde de 57 ans, tuée par la police à Silopi sous couvre-feux en 2015]. Toutes ces personnes, elles aussi victimes de l’intelligence politique représentée par l’autorité accusatrice et du délire produit par celle-ci . Je suis conscient que je suis en prison pour avoir défendu, en tant que journaliste, le fait que la falaise de la haine ainsi crée et la guerre soient insensés. L’absence d’audition, tout au long des 13 jours de garde-à-vue et d’isolement, et mon arrestation, malgré les contre-preuves fournie, en sont la preuve. Selon les autorités de l’accusation et de la justice, je suis désormais un suspect “membre d’organisation terroriste”. New York Times, Guardian, BBC et les autres sont des organisations terroristes !

Mes amiEs ! Nous allons sortir de ces jours. La seule chose dont nous avons besoin, est de s’accrocher les unEs aux autres. Dessinez, prenez des photos, écrivez… Nous traversons des jours historiques, et nous sommes les témoins de cette période. Nous devons être concientEs de cela. Je vous salue toutes et tous, avec nostalgie.

Çağdaş Erdoğan
Etablissement pénitentiaire n°5 de type L C-9
Silivri – Istanbul


http://www.kedistan.net/2017/10/13/cagd ... la-prison/
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Re: Turquie

Messagede bipbip » 27 Oct 2017, 01:47

Le monde entier a les yeux rivés sur la Turquie, alors que débute un «procès pour l’exemple» contre des militants des droits humains

Les accusations absurdes de terrorisme portées contre 11 défenseurs des droits humains, dont la directrice et le président d'Amnesty International Turquie, ne résistent pas à l’examen, a déclaré Amnesty International alors que le procès de ces personnes débute à Istanbul et à Izmir.

Les charges qui pèsent sur ces militants – passibles de peines d’emprisonnement d’une durée pouvant aller jusqu'à 15 ans et exposées dans deux actes d'inculpation qui doivent être examinés dans le cadre de deux procès distincts – sont totalement dénuées de fondement.

« Dès leur placement en détention, il a été clair qu’il s’agissait de poursuites motivées par des considérations politiques, destinées à faire taire les voix critiques en Turquie », a déclaré John Dalhuisen, directeur du programme Europe d'Amnesty International.

... https://www.amnesty.org/fr/press-releas ... ts-begins/
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Re: Turquie

Messagede bipbip » 01 Nov 2017, 12:28

La journaliste Zeynep Kuray retenue en garde-à-vue

Zeynep Kuray, journaliste de BirGün, a été placée en garde-à-vue pour ses partages sur les réseaux sociaux. Lors d’une perquisition effectuée à son domicile le 25 octobre, autour de 22h30, sa maison a été fouillée, son téléphone portable confisqué.

Zeynep est née en 1978. Elle est la fille de Ayşe Emel Mesçi, actrice de théâtre, et de Sarp Kuray, un de fondateurs de Dev-Genç [Jeunesse Révolutionnaire]. Suite au coup d’état militaire du 1980 en Turquie, sa famille s’est exilée en France. Zeynep est retournée en Turquie lorsqu’elle a eu 20 ans. Son père s’est également rendu au pays. Condamné à la perpétuité pour appartenance au “Mouvement du 16 juin” (dissous en 1988). Il avait été emprisonné en février 2009 et libéré en novembre 2016.

... http://www.kedistan.net/2017/10/26/jour ... rde-a-vue/
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Re: Turquie

Messagede bipbip » 09 Nov 2017, 12:50

La torture se porte bien en Turquie, merci pour elle

L’organisation non-gouvernementale Human Rights Watch a publié le mois dernier un rapport alarmant intitulé « En détention : tortures policières et enlèvements en Turquie ». [versions en anglais et en turc ICI]. Il y est fait état de nombreux actes de tortures, de mauvais traitements, de disparitions et d’enlèvements forcés par les forces de l’ordre à travers toute la Turquie.

Ces négations des droits humains élémentaires concernent essentiellement deux catégories d’individus. Ceux soupçonnés d’appartenir à la mouvance de Fethullah Gülen, FETÖ, et ceux soupçonnés d’appartenir ou de collaborer avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan, le PKK. Il est important de rappeler ici que la notion de présomption d’innocence n’est guère en vogue au sein d’une justice turque soumise à la volonté autoritaire d’Erdoğan. Depuis le coup d’Etat “manqué” de juillet 2016, plus de 4000 juges et procureurs ont été limogés dont 2400 sont maintenus en détention dans l’attente de leur procès, tout comme des centaines d’avocats à travers le pays. C’est donc tout l’appareil judiciaire turc qui a été purgé et mis sous tutelle du pouvoir exécutif.

Le rapport, disponible en anglais sur le site internet de l’organisation, rappelle à quel point l’impunité policière est tenace en Turquie. Les cas de tortures et d’enlèvements forcés soumis aux autorités judiciaires turques reste dans leur écrasante majorité lettre morte. Seules quelques mises à pieds temporaires ont été prononcées, aucune poursuite judiciaire sérieuse n’étant engagée à l’encontre des responsables de ces actes inhumains. Leur augmentation significative au cours de ces deux dernières années a mené Human Rights Watch à comparer la situation actuelle à celle prévalant dans les années 90. La justice est enrayée tandis que les forces de l’ordre sont déchaînées.

Accusé de soutenir l’organisation FETÖ et de tentative de renversement du gouvernement turc, Hasan Kobalay est interrogé le 2 novembre 2016 par la section anti-terrorisme de Kırıkkale, ville proche d’Ankara où il était directeur d’une école maternelle. Lors de son audience du 17 février 2017, il raconte l’interrogatoire survenue trois mois auparavant : ” j’ai été déshabillé, menotté et bâillonné avant d’être emmené dans une salle de bain, les yeux bandés. Là, ils m’ont jeté de l’eau froide sur tout le corps, surtout sur mes testicules et mes fesses… Là, ils m’ont frappé de partout, ils m’ont écrasé les parties génitales et on fait quelque chose à mon anus, mais je ne sais pas exactement quoi. Ils m’ont demandé de parler et je leurs ai demandés ce que je devais dire… Ça a duré comme ça plus d’une heure et ils ont alors dit qu’ils amèneraient ma femme et qu’ils lui feraient la même chose qu’à moi. A ce moment-là, je me suis effondré en larmes car ma femme et mon enfant sont ce qu’il y a de plus important pour moi. Après, ils m’ont emmené dans une autre salle et m’ont aiguillé sur ce que j’avais besoin de dire : « tu étais l’imam du groupe » affirmaient-ils mais je niais « non je ne l’étais pas » ; « tu l’étais, tu étais professeur et donnait des leçons » ; « non je n’étais pas un imam » ; « si tu l’étais… »“.

Une douzaine de cas de tortures et d’enlèvements sont relatés dans le rapport de l’ONG qui prend soin de préciser que ces affaires ne représentent qu’une infime partie des abus crédibles relatés par les médias et les réseaux sociaux. Parmi eux, celui des villageois de Şapatan dans le district de Şemdinli (province de Hakkari) illustre l’absence de droits des victimes de violence policière.

... http://www.kedistan.net/2017/11/08/torture-turquie-hrw/
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Re: Turquie

Messagede bipbip » 02 Déc 2017, 17:20

Un dossier spécial Zehra Doğan sur Kedistan

Un dossier spécial Zehra Doğan, à la fois outil, ressources logistiques pour le soutien, ressources en idées et visuels pour agir, est à disposition de toutes et tous, désormais plus facile à consulter.

Ce dossier contient à la fois les éléments d’informations utiles pour comprendre qui est Zehra Dogan, la femme, l’artiste, la journaliste, et ce qui a conduit à son emprisonnement actuel.

Le but recherché étant une solidarité active et large, ce dossier propose aussi des visuels, des vidéos, des textes, des traductions, des articles et tous liens utiles.

La campagne de soutien qui se développe ne se suffira pas d’informations ou d’articles donnés à lire au public, et n’aboutira à une libération anticipée que si elle est relayée largement, dans de grandes ou petites initiatives, toutes destinées à s’adresser aux autorités de Turquie, directement ou indirectement.

... http://www.kedistan.net/2017/12/01/doss ... hra-dogan/
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Re: Turquie

Messagede bipbip » 21 Déc 2017, 17:00

Turquie. Uraz Aydin sera jugé pour avoir signé une pétition en faveur de la paix

Environ 150 universitaires qui ont signé une pétition en faveur de la paix dans les régions kurdes de Turquie font face à un procès. Uraz Aydin, éditeur du journal de gauche Yeniyol, est également accusé de «propagande terroriste».

Quelques jours avant que le procès ne reprenne, DW a rencontré Uraz Aydin, âgé de 41 ans, dans un café d’Istanbul. Il y a près d’un an, il faisait partie d’un groupe d’universitaires qui avaient signé une pétition de paix. Peu après, comme bien d’autres de ce groupe, il a perdu son emploi de chercheur associé à la faculté de communication de l’Université de Marmara. Une nouvelle loi, prise dans le cadre de l’état d’urgence entré en vigueur en février 2017, fournit les motifs de son licenciement.

Cela représente un dur coup pour Aydin. Il appréciait son emploi à l’université et tout ce qu’il a dû laisser derrière lui après huit ans de recherches lui manque. Il a étudié les sciences de la communication à l’Université de Marmara avant de rédiger sa thèse de doctorat à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) à Paris.

Sa thèse étudiait comment les idées libérales de gauche sont diffusées par les chroniqueurs turcs. «Je suis actif dans le syndicat et je n’ai jamais dissimulé mon identité de gauche. Mais j’ai bel et bien senti les conséquences que cela comportait. Alors que certains de mes étudiants ont obtenu des postes d’enseignement à l’université, cela n’a pas été mon cas.»

Une signature qui change une vie

Aydin n’aurait jamais pu imaginer à quel point la signature de la pétition de paix aurait un impact sur sa vie. Il a signé l’appel à une époque où lui et d’autres universitaires étaient convaincus qu’ils ne pouvaient plus accepter les conditions existantes. «Mes amis et moi-même nous sommes demandé si nos signatures allaient participer à la politique répressive actuelle. De fait, nos protestations sont devenues un des éléments invoqués pour fixer l’agenda du pays. Il a donc pris le contrôle de nos vies.»

L’année dernière, après plusieurs années de travail en tant qu’assistant de recherche, Aydin a postulé pour un poste de professeur et une place lui avait été promise. Le jour suivant, toutefois, il a découvert que les noms des universitaires qui avaient signé la pétition avaient été communiqués au conseil de l’université. «Mon bonheur n’aura donc duré qu’un seul jour.»

Depuis cet instant, il a attendu la publication d’une liste de noms réunis sous le régime de la loi d’urgence. Lorsqu’il a vu son nom sur la liste, il a été soulagé. «Il était clair pour nous que la communication de nos noms au conseil de l’université signifiait notre licenciement. L’attente a été pénible. Cela conduit à penser, “advienne que pourra”.»

Trouver la force dans la solidarité

Les yeux d’Aydin s’illuminent lorsqu’il se rappelle du jour où il est allé à son bureau rassembler ses affaires. Les marques de solidarité qu’il a reçues le rendent émotionnel. Il n’a pas pu prendre tous les livres qu’il a accumulés au cours des 29 dernières années. Entré désormais dans la quarantaine, il a été profondément choqué de devoir quitter l’université dans laquelle il est entré à l’âge de 19 ans.

«L’Etat t’accuse de propagande terroriste et tu reçois une solidarité extraordinaire. Cela te donne la force de poursuivre. Mais, parfois, tu as le sentiment d’être la victime d’une grande injustice. Qui m’arrache d’un endroit où j’ai passé tant d’années, et de quel droit?»

Le procès d’Uraz Aydin a débuté immédiatement après son licenciement de l’université. L’accusation affirme que la pétition publiée constitue un acte de propagande terroriste. Une déclaration de Bese Hozat, coprésidente de l’Union des communautés du Kurdistan (KCK), en date du 27 décembre 2015, est aussi utilisée comme preuve. Le KCK est considéré comme une émanation du PKK, classé par la Turquie sur la liste des organisations terroristes.

... https://alencontre.org/asie/turquie/tur ... -paix.html
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Re: Turquie

Messagede bipbip » 22 Déc 2017, 21:21

La Turquie est toujours en voie de quelque chose…

Entamer l’écriture d’un nouvel article sur la Turquie, c’est se retourner sur ces dernières années où guerres, crimes contre l’humanité, jeux géostratégiques, duplicités occidentales… ont construit au Moyen-Orient une situation inextricable.

En se rappelant toujours que cette situation là a tant blessé de populations dans leur chair, sur place et ailleurs, et contraint à l’exil plusieurs millions de personnes, dont certainEs ont rencontré la mort en chemin.

C’est aussi devoir déchirer ce voile de fausse modernité qui fait dire au touriste qui visite Istanbul que “tout va bien“.

Si on veut dire par là que le Bosphore n’a pas changé de place, et que le décor ressemble toujours aux cartes postales, en évitant de regarder autour les buildings de “pour 2023”, on peut être d’accord.

Mais comme on continue à voir en Europe, à propos de la Turquie, fleurir des titres de presse, de livres, voire de réunions ou conférences d’informations qui nous disent qu’elle serait toujours “en voie de… ” Il faudra bien qu’on me dise un jour “en voie de quoi”.

J’ai juste la petite intention d’ouvrir ici le petit début d’une réflexion, sur laquelle de bien plus experts que moi se penchent depuis 40 ans. Et ce, sans prétention aucune, et dans le désordre habituel.

Les uns affirment, avec à la bouche le vocable “démocratie”, que celle-ci serait comme une espèce en voie de disparition en Turquie. Une sorte de chef d’oeuvre en péril…

Pour moi, un léopard c’est un léopard, un ours blanc c’est un ours blanc, un dodo c’était un dodo, une abeille c’est une abeille, mais la démocratie, à propos de la Turquie, c’est une espèce inconnue.

... http://www.kedistan.net/2017/12/21/turq ... n-voie-de/
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