Israel/Palestine

Re: Israel/Palestine

Messagede DjurDjura » 24 Déc 2011, 15:30

Salah Hamouri : "Je n’ai pas été défendu comme un vrai citoyen français"


mardi 20 décembre 2011, par La Rédaction

Sept ans. Il aura fallu presque sept ans pour que le jeune Franco-Palestinien Salah Hamouri recouvre le goût de la liberté.
Une peine purgée dans sa quasi-totalité pour que le président Nicolas Sarkozy intervienne en sa faveur, à l’occasion de la seconde vague de libération de 550 prisonniers palestiniens obtenue par le Hamas, en échange de la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit. Pourtant, sept années durant, Salah Hamouri, accusé d’avoir participé à un complot visant à assassiner le rabbin ultraorthodoxe Ovadia Yossef, n’a cessé de clamer son innocence. D’autant que l’acte d’accusation du jeune homme de 26 ans repose sur un complot "loin de la réalisation" et avec "des éléments essentiels manquants".
Dans une interview au Point.fr, le Franco-Palestinien explique pourquoi Paris a fait véritablement preuve d’un "deux poids deux mesures" entre son cas et celui du soldat Gilad Shalit.

Salah Hamouri, quand avez-vous appris votre libération ?
Salah Hamouri : J’ai été transféré de ma prison mercredi dernier à six heures du matin vers un autre centre pénitentiaire du nord d’Israël, où j’ai passé une nuit. Cela a recommencé le jeudi, à 6 h 30, où j’ai été transféré dans une autre prison, au Nord, où j’ai cette fois passé sept heures. C’est là que la Croix-Rouge m’a annoncé que mon nom figurait sur la liste de la seconde vague de prisonniers palestiniens libérés. J’ai été ensuite à nouveau déplacé dans une prison, du Sud cette fois. J’y ai passé les trois derniers jours, totalement isolé, avant ma libération dimanche à 22 heures.

Comment avez-vous réagi à cette annonce ?
Recouvrer la liberté est tout simplement extraordinaire. C’est comme une renaissance pour moi. Mais je n’arrive même pas à l’exprimer avec des mots. La liberté était ce qu’il y avait de plus cher à mes yeux.

Vous attendiez-vous à être libéré ?
Ayant fini ma peine, je devais normalement être libéré le 28 novembre. Mais les autorités israéliennes en ont décidé autrement. Ils ont annulé une loi administrative qui retirait une semaine à chaque année de condamnation (cette loi autorisait la justice militaire israélienne à convertir au cours d’une même peine les années civiles - 365 - en années administratives - 345 jours. Dès lors, le Franco-Palestinien devait passer 140 jours supplémentaires en prison, et ne pas sortir avant mars 2012, NDLR). Après la première vague de libération de prisonniers, cette mesure permettait ainsi à la justice de remplir ses quotas de prisonniers palestiniens en nous maintenant en prison.

Le président Sarkozy est intervenu en votre faveur auprès du rabbin Ovadia Yossef. Avez-vous davantage d’informations à ce sujet ?
Je continue de croire que ma libération a été obtenue grâce aux efforts depuis sept ans de mon comité de soutien en France, présidé par Jean-Claude Lefort (député honoraire communiste, NDLR). C’est ce soutien qui a accentué la pression sur le gouvernement français afin qu’il utilise à son tour ses moyens de pression sur le gouvernement israélien pour obtenir ma libération. Celle-ci est la conséquence directe du travail acharné de mon comité de soutien.

Comment considérez-vous l’action du gouvernement français qui a demandé votre libération au bout de sept ans ?
L’intervention du gouvernement français n’est arrivée que trop tardivement. J’aurais voulu être libéré il y a des années. Or, pendant tout ce temps, les demandes de libération formulées par Paris n’étaient que trop timides. Je n’ai pas été défendu comme un vrai citoyen français.

Estimez-vous avoir été traité de la même façon que le soldat franco-israélien Gilat Shalit ?
Il est clair que, pendant toutes ces années de détention, il y avait une différence entre moi, un civil, et Gilad Shalit, un soldat. Malheureusement, la France n’a pas réagi sur les bases du droit international.

Receviez-vous en prison des informations sur la mobilisation en votre faveur ?
Mes amis et mes parents m’en informaient. Cela a été quelque chose de magnifique pour moi, et cela m’a soutenu psychologiquement. Cela m’a donné d’autant plus de foi et de croyance. La nécessité d’une amitié profonde entre tous les peuples.

Vous avez donc entendu parler du soutien de François Cluzet, et de la polémique qu’il a suscitée...
Cet acteur a réalisé un geste tout bonnement héroïque, qui m’a énormément touché. Je l’ai d’ailleurs contacté et remercié depuis ma cellule. En s’exprimant au 13 heures de France 2 à mon sujet, François Cluzet a fait un choix d’autant plus admirable qu’il a subi par la suite beaucoup de pressions diverses... C’est pourtant ce que l’on appelle la liberté d’expression.

Comment avez-vous été traité en prison ?
Comme tous les prisonniers palestiniens, nous vivions dans des conditions difficiles, à huit par cellule. Les Israéliens nous mettaient constamment sous pression, de toutes les façons possibles. On nous empêchait par exemple de recevoir des livres, d’étudier, ou parfois de recevoir des visites.

Pourquoi avez-vous mené une grève de la faim en septembre ?
Je n’étais pas seul. Nous étions 234 prisonniers politiques à protester contre l’aggravation de nos conditions de détention depuis l’enlèvement du soldat Shalit. Cela m’a valu une semaine d’isolement, sans possibilité de voir ni ma famille, ni mon avocat, ni même le consul de France. Mais au bout du compte, l’administration israélienne s’est résignée à accepter nos revendications, même si elles n’ont pas été appliquées à ce jour.

Vous avez été accusé d’avoir participé à un complot visant à assassiner le rabbin ultraorthodoxe Ovadia Yosef.
Les Israéliens continuent de parler de délit d’intention. Ma seule réponse, c’est que, pendant ce temps, 11 000 Palestiniens, dont 350 enfants, ont été arrêtés. C’est très grave. Du point de vue israélien, tout le peuple palestinien est condamné d’avance.

On vous accuse d’être un militant politique proche du Front de libération de la Palestine...
Je suis tout d’abord membre du peuple palestinien. Ce peuple, vivant sous l’occupation, est donc nécessairement politisé. J’ai toujours été militant pour les libertés de mon peuple. Ce droit à la liberté est reconnu au niveau international. Tous les peuples, les Français, les Vietnamiens et autres y ont droit. Je ne pense pas qu’il eût été acceptable en France de condamner la résistance du peuple français à l’occupation durant la Seconde Guerre mondiale. Par conséquent, je trouve inacceptable de condamner notre lutte. Notre peuple ne doit pas être exclu de l’histoire.

Maintenant que vous êtes libre, qu’allez-vous faire ?
Je vais rester quelques jours après de ma famille. Je vais ensuite essayer de me rendre en France pour remercier tous ceux qui se sont mobilisés pour moi. Je suis français, ne l’oubliez pas.

Pendant votre incarcération, les Palestiniens ont connu deux bouleversements majeurs. La demande de Mahmoud Abbas d’adhésion d’un État palestinien à l’ONU ainsi que les deux vagues de libération de détenus palestiniens, obtenues par le Hamas en échange de la libération de Gilad Shalit. Comment les avez-vous accueillies ?
Il existe bien évidemment une contradiction entre les deux méthodes. Je considère néanmoins les deux comme très importantes. Celle du Hamas m’a libéré, et celle de Mahmoud Abbas, je l’espère, permettra de libérer mon peuple.

(Mardi, 20 décembre 2011 - Propos recueillis par Armin Arefi)


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Re: Israel/Palestine

Messagede barcelone 36 » 02 Jan 2012, 12:56

extrait du hors-série n°43 du Monde Libertaire (22 décembre 2011-22 février 2012)

http://www.monde-libertaire.fr/internat ... el-indigne

Israël indigné

Israël contre Gaza, Israël et le mur, Israël et les territoires occupés, Israël contre le Fatah, Israël et les indignés, cherchez l'intrus ! C'est ce que nous nous sommes tous dit quand un beau matin ou plutôt un soir les tentes ont fleuri au beau milieu de Tel-Aviv, sur le plus grand boulevard de la capitale du pays. Mais que se passe-t-il donc que nous n'avons pas su voir ? La surprise a été totale aussi bien pour le pouvoir israélien que pour les antisionistes, les défenseurs de la cause palestinienne, que certainement pour la population israélienne elle même. En cherchant à comprendre les origines du phénomène j'ai été ramené à quelque chose de fort trivial, à une histoire de petit déjeuner.

Le fromage blanc et la tente
Juin 2011. Un débat fait rage dans le pays. Le prix de ce fromage blanc, le « cottage cheese », spécifique au petit déjeuner israélien vient de subir une hausse de prix déraisonnable. Un appel au boycott a été lancé sur Facebook par un internaute et recueille 100 000 signatures. Cela fera la une du plus grand quotidien national. Dans un pays soumis aux injonctions permanentes de type militaire, quelque chose se passe.
Juillet 2011. Une jeune femme de 25 ans installe sa tente dans un square de Tel-Aviv, simultanément elle ouvre une page sur Facebook et elle invite tout ceux ou celles qui ont des problèmes de logement à la rejoindre.
Le lendemain, le 15 une cinquantaine de tentes sont installées sur le boulevard Rothschild. Le 16 le syndicat des étudiants se joint aux occupants.
Le 17 c'est le tour d'Hashomer Hatsair (La jeune garde), un mouvement de jeunesse sioniste de gauche de proclamer son soutien.
Le 23 une manifestation de soutien rassemblant plusieurs dizaines de milliers de personnes traverse la ville. Le lendemain un millier de personnes marche sur le parlement à Jérusalem ce qui force le Premier ministre à déclarer qu'il fera tout son possible pour régler ce problème de logement. Le 28 a lieu la première « marche des poussettes » rassemblant des milliers de parents qui protestent contre le coût trop élevé de l'éducation des enfants.
Au cours du mois d'août le mouvement va s’étendre dans tout le pays. Des manifestants vont occuper des bâtiments vides et lancer un mouvement de squatt. Il y aura même une manifestation d'une centaine de militants d'extrême droite qui dénoncent la « dimension anarchiste de la protestation gauchiste contre la situation des logements ».
Au début du mois de septembre le projet d'organiser une « marche du million » prend naissance. Un demi-million de manifestants vont parcourir Israël le 3 septembre dont plus de trois cent mille à Tel-Aviv. Trois jours après des fonctionnaires de la ville sont envoyés pour nettoyer le boulevard des tentes. Ils sont accueillis par des cris les accusant d'être des « nazis en uniforme de fonctionnaire ». Ce qui va donner lieu à des affrontements violents. Le 27 du même mois Netanyahou s'engage à présenter un plan de règlement du problème.
Les tentes disparaîtront complètement le 3 octobre. Cela n'empêchera pas des dizaines de milliers de manifestants d'occuper les rues à la fin de ce même mois.
Début août le Premier ministre avait chargé un expert, le professeur Manuel Trajtenberg, de former une commission et de présenter des solutions. Ce qui était pour lui une façon d'enterrer momentanément le problème. Car il avait sous la main d'autres idées pour détourner la rogne publique. Les « indignés », eux, avaient de leur côté formé une autre commission.

Les raisons de la colère
Israël est le pays le plus riche du Moyen-Orient, exception faite des pays pétroliers. Dans ces derniers les calculs ne sont faits, en général, que sur la base des résidents « officiels ». Pourquoi les habitants de ce pays sont-ils si mécontents ? Pour au moins trois raisons, dont l'une n'est pas apparue au cours de ces manifestations. Selon la sécurité sociale israélienne 123 500 personnes sont passées sous le seuil de la pauvreté en 2009. Ce qui chiffre à 1 774 800 le nombre d'habitants en dessous du seuil de pauvreté sur un total de 7 624 600. Cela concerne presque un quart de la population. Pourtant seulement 6 à 7 % de la population est au chômage, ce qui en clair signifie que les salariés pauvres forment la majorité de cette couche sociale qui n'a plus de quoi vivre décemment selon les autorités officielles. D'autre part, et cela doit sembler injuste à beaucoup, cette situation frappe en majorité les Israéliens juifs.
L'autre fléau qui frappe ce pays est la corruption. Dans ce pays ultra démocratique, où chaque petit parti peut rêver un jour de devenir le pivot d'une coalition, puis qu'il manque toujours un ou deux siège pour être majoritaire, l'argent règne en maître. Selon le journal de gauche Haaretz Israël est au 30e rang des pays les plus corrompus du monde sur les 178 pays pris en compte. Contrairement à bien d'autres pays comme le Qatar, Haïti ou la Gambie, la situation en Israël ne s'améliore pas. Un exemple parmi d'autres : Ehud Olmert, ancien Premier ministre de 2006 à 2009, a été inculpé de fraude, abus de confiance, usage de faux et évasion fiscale. Il est accusé d'avoir reçu un pot de vin de 3,5 millions de schekels pour faciliter un projet hôtelier dénommé Holyland... Je ne résiste pas à faire bonne mesure en rappelant qu'un ancien chef d'Etat, Moshe Katzav, inculpé de viol et harcèlement sexuel a été condamné à 7 ans de prison. Pendant ce temps le nombre de millionnaires a augmenté de 20,6% !

Les solutions à cette crise sociale
Donc deux commissions se sont penchées sur ce problème. Il est difficile d'en voir les différences. Le diagnostic est partagé, coût exorbitant des logements et niveau de vie en chute sont les raisons de la révolte. Le président de la commission officielle, l'économiste Manuel Trajtenberg, va jusqu'à dire «L'heure est grave et exige de sérieux changements sociaux en Israël » et il appelle au partage des fruits de la croissance... Le plus jeune membre de cette commission, Shahar Cohen, lui, reproche aux leaders du mouvement de demander toujours plus sans se rendre compte qu'au fond c'est dans les poches de la population que l’État et son chef iront chercher de quoi les satisfaire. Selon lui trop peu de gens paient l’impôt pour qu'il puisse y avoir une marge de manœuvre.
La commission alternative est dirigée par le gouverneur adjoint de la Banque d'Israël et par un prof de l’université Ben Gourion, Yossif Yonah. Ce dernier a déclaré : « Nous pensons que nos dirigeants ont oublié que l'économie doit servir la nation. Une république bananière est en train se de se développer sous nos yeux ahuris. » Certains parmi les dirigeants politiques actuels ont trouvé la solution pour la question des logements. Il suffit d'en construire plus dans les colonies, en territoire palestinien. Cette proposition est logique, particulièrement dans la mesure où toutes ces commissions et autres experts se gardent bien d'évoquer le problème économique israélien numéro un, la guerre.

Les Indignés et la guerre
La condition incontournable pour rassembler autant de monde était de ne pas faire de la guerre contre les Arabes un point de discussion et donc achoppement. Il était évident qu'à partir du moment où le débat s'engage sur le domaine budgétaire la question de la « défense » se posait.
Rappelons quelques chiffres. De 1950 à 1966 Israël a dépensé 9% de son PIB pour l'armée. Cela est passé à 24 % dans les années quatre vingt puis est revenu à 9 % après la signature des accords de paix avec l’Égypte et la Jordanie. En 2008 le budget de la défense se montait à 16 milliards de dollars. Aujourd'hui selon les chiffres du gouvernement américain, le budget militaire israélien s'élève à 16% du budget total et grossira de près de trois milliards de dollars par an d'ici 2018. Plus de quarante pour cent de cette somme va dans les salaires et pensions du personnel civil comme militaire du ministère de la Défense. Dans ce contexte les légères coupes que déclare vouloir faire Netanyahou apparaissent d'une hardiesse incroyable...

La réaction religieuse
Il est difficile de voir la relation qu'il peut y avoir entre la libération de la parole qui s'est fait jour pendant ce mouvement et l'écho de plus en plus grand fait aux revendications extrémistes des religieux ultra-orthodoxes. Il faut néanmoins noter le renforcement de la pression dans bien des domaines de la vie qui semblaient jusqu'alors en dehors de ce genre de problème. Des femmes ont entamé le combat pour pouvoir s’asseoir où elles ont envie à l'intérieur des bus, ce faisant elles s'opposent à la campagne menée par les Juifs ultra orthodoxes de MéaSahrim. Ces derniers, les hommes, veulent obliger les femmes à monter derrière afin de ne pas être, eux, pollués. L'armée, elle, doit faire face à ces jeunes élèves officiers qui sortent des rangs, quand au cours d'une cérémonie officielle des femmes soldates commencent à chanter. Impures, disent-ils ! La pression pour un « vrai » judaïsme se fait de plus en plus forte.

La fin du mouvement ?
Il ne reste plus que quelques tentes sur le boulevard Rothschild. La dernière manifestation de colère a eu lieu le 30 octobre et a rassemblé un peu plus de 20 000 personnes à Tel-Aviv. Le danger est passé pour le moment. Netanyahou possède l'arme absolue contre tout mouvement social : l'unité nationale contre le danger extérieur.
Il y a eu dans un premier temps les manœuvres palestiniennes à New York pour s'y faire octroyer une place puis la menace nucléaire iranienne. Dans un très intéressant article paru dans le mensuel CQFD du mois d'octobre Michel Warchawski parlait de la possibilité d'une provocation sur le front libanais. Le pouvoir israélien a trouvé mieux en organisant le battage médiatique autour d'un possible bombardement de centrale nucléaire iranienne par l’aviation israélienne. On voit bien dans cette affaire les avantages sur le front intérieur qu'en tirent les pouvoirs des deux côtés. Les staliniens d'antan auraient parlé de « complicité objective ». Ce qui est bien le cas. Une offensive gouvernementale contre les pacifistes israéliens vient d'être lancée. Ils sont accusés d'être des agents de l'étranger. Le pouvoir cherche à les faire taire à travers une nouvelle loi contre le financement des associations. On voit bien que seule la rencontre entre le mouvement social des indignés et les groupes qui se battent contre l'occupation de la Palestine peut déboucher sur un avenir positif.

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Re: Israel/Palestine

Messagede ivo » 31 Mai 2012, 19:17

les emmurés d'Al-Walaja
http://www.polkamagazine.com/18/le-mur/ ... walaja/820
Neuf mètres de hauteur aux endroits les plus sensibles. A terme: 709 kilomètres de long. Le premier bloc a été posé il y a dix ans. Le mur de séparation entre Israéliens et Palestiniens déroule son ruban de béton et de barbelés entre les deux peuples, bouleversant la géographie, l’économie et la vie quotidienne. Dans le village d’Al-Walaja, près de Jérusalem, une mère de famille s’interroge: “Les enfants pourront-ils encore aller à l’école à Bethléem?”

Image
Al-Walaja, Cisjordanie, mars  2012
Deux jeunes filles palestiniennes longent le mur de séparation pour se rendre au lycée. Une fois l’ouvrage terminé, le village où elles habitent sera entièrement encerclé. Ne restera qu’un seul passage, qui sera étroitement surveillé.
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Re: Israel/Palestine

Messagede ivo » 07 Sep 2012, 18:59

Cisjordanie : intensification des destructions agricoles dans la zone C
fr info
La Cisjordanie est l'un des enjeux du conflit israélo-palestinien. Divisée en trois zones, A, B et C, la région est contrôlée soit par l'Autorité palestinienne, soit conjointement par les Palestiniens et les Israéliens ou sous le contrôle exclusif de l'armée israélienne. Dans cette dernière zone, la C, l'armée a intensifié les destructions agricoles financées par l'Europe.

Au cœur du conflit entre Israéliens et Palestiniens, il y a bien sur la question des terres sur lesquelles on a le droit ou pas de construire. C'est le cas notamment en Cisjordanie. Pour l'état hébreu, un territoire "disputé" et administré par Israël. Pour la communauté internationale, un territoire occupé depuis 1967.

La France ou l'Europe y financent des projets de construction de maisons ou de structures agricoles à destination de la population palestinienne. Mais aujourd'hui la communauté internationale s'inquiète du fait qu'un grand nombre de ces projets sont souvent détruits par Israël, particulièrement en zone C.

250 structures agricoles ont été rasées par l'armée israélienne dans cette région contrôlée par l'état hébreu.
Correspondance de Grégory Philipps

250 structures agricoles rasées par l'armée israélienne dans la zone C. Correspondance de Grégory Philipps
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Re: Israel/Palestine

Messagede Pïérô » 13 Nov 2012, 13:27

Gaza, toujours...

appel à rassemblement à Lille ce mercredi 14 novembre

Halte au massacre à Gaza

Six morts, des dizaines de blessés : les nou­velles en pro­ve­nance de Gaza montrent que l’armée israé­lienne pro­voque un nouveau mas­sacre dans le ter­ri­toire pales­tinien. Ce sont des popu­la­tions civiles dont des enfants qui sont notamment vic­times de l’intervention des forces ter­restres et aériennes de l’occupant.

Les diri­geants israé­liens, ainsi le premier ministre Neta­nyahu, se déclarent « prêt à l’escalade. » Ils pré­parent une nou­velle invasion san­glante de Gaza. Il faut les arrêter.

Rassemblement à Lille le mercredi 14 novembre Grand’Place à 18 heures

• Halte à un nouveau massacre

• Levée du blocus de Gaza

Nous nous adressons de toute urgence auprès des auto­rités fran­çaises afin qu’elles se donnent les moyens d’imposer aux auto­rités israé­lienne l’arrêt de leur conduite criminelle.

Tous pre­miers signa­taires : AFPS Nord-​​Pas de Calais, Com­mu­nauté pales­ti­nienne du Nord, Union Juive Fran­çaise pour la Paix, Ligue des Droits de l’Homme, Mou­vement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les peuples, Géné­ration Palestine,
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Re: Israel/Palestine

Messagede Pïérô » 15 Nov 2012, 14:30

Communiqué de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix)


Crimes sur fond d’impunité

Les dirigeants israéliens n’ont jamais été punis pour les 1400 morts à Gaza pendant l’opération « Plomb Durci ». Du coup le blocus continue. Les bombardements aussi. Le 12 novembre, cinq jeunes sportifs ont été tués sur un terrain de football.
L’armée israélienne continue de pratiquer les exécutions extrajudiciaires. Elle se vante de représenter la « civilisation » dans la région et elle pratique ouvertement le terrorisme. Le 14 novembre, elle a assassiné Ahmad Jaabari qu’elle qualifie de « chef des opérations militaires du Hamas » alors que les tirs de roquettes sur Israël ont été revendiqués par un autre groupe, le Jihad islamique.

Pourquoi cette escalade ? Gaza est devenu pour le gouvernement israélien un laboratoire et le bouc émissaire pour toutes les situations où il a besoin de ressouder sa société à bon marché, ici comme en décembre 2008 avant des élections. On peut cogner impunément et sans risque sur Gaza, ça a été démontré.
Le gouvernement israélien exige des Palestiniens une « reprise des négociations sans conditions » (c’est-à-dire une capitulation) alors qu’il n’y a rien à négocier. La colonisation avance à marche forcée. Pour avoir déposé la candidature de la Palestine à l’ONU comme Etat non-membre, l’Autorité Palestinienne est menacée de destruction.

Le 18 septembre, le Parlement européen a voté l’ACAA qui autorise l’importation en Europe de tous les produits israéliens sans test ni procédure d’évaluation.
En France, François Hollande a publiquement renié ses engagements pré-électoraux sur la question Israël/Palestine. Hollande a reçu à Toulouse le terroriste Nétanyahou qui en a profité pour exhorter les Juifs français à faire leur « alyah ». Il accepte à présent la colonisation et exige des Palestiniens une capitulation sur leurs revendications. Il ne soutiendra pas (malgré sa promesse) la candidature palestinienne à l’ONU.
La Justice internationale juge les crimes commis en ex-Yougoslavie ou au Rwanda, mais elle n’a jamais inculpé les dirigeant-e-s israélien-ne-s pourtant tous coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. C’est pour cela qu’ils continuent. Les responsabilités de l’ONU, de l’Union Européenne et de la France sont immenses. Pour l’UJFP, c’est l’impunité et la complicité qui permettent la poursuite du sociocide commis contre la Palestine. L’UJFP appelle tou-te-s les citoyen-ne-s vivant en France à faire pression pour que la politique de complicité avec Nétanyahou cesse.

Pas de frappes sur Gaza !

Fin immédiate du blocus !

Sanctions pour les criminels de guerre !

Le Bureau National de l’UJFP le 14 novembre 2012
http://www.ujfp.org/spip.php?article2440


Communiqué de presse de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine

Bande de Gaza : non au choix de la force

Après de nombreuses frappes militaires contre la bande de Gaza depuis une semaine, l'armée israélienne vient d'assassiner un haut responsable du Hamas, risquant d'entraîner toute la région dans une spirale de violence qui, comme l’opération Plomb durci en décembre 2008-janvier 2009, aura des conséquences désastreuses pour la population de Gaza et n’assurera pas la sécurité recherchée par Israël.

La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine dénonce l’assassinat d’un haut responsable du Hamas et la solution militaire choisie par Israël. Le Hamas est profondément enraciné dans la société palestinienne. Israël ne le détruira pas par les bombes. Les assassinats ciblés, les punitions collectives envers la population palestinienne de Gaza n'y parviendront pas non plus. Les conséquences humanitaires et politiques de l’opération Plomb durci en décembre 2008-janvier 2009 ont été désastreuses. Si le Hamas a été affaibli militairement, il est resté un acteur politique incontournable et l’attaque israélienne a davantage affaibli et discrédité l’Autorité palestinienne. Pourtant Israël fait à nouveau le choix de la force et menace aujourd'hui de renverser le président Abbas s'il obtient l'adhésion de la Palestine à l'ONU à la fin novembre.

Israël a le droit, comme tout autre pays, de protéger sa population, mais cela suppose, comme pour le Hamas, qu’il respecte les règles fixées par le droit international. Celui-ci lui interdit d’imposer une punition collective à 1,5 million de Palestiniens à Gaza en les soumettant à un blocus illégal et à une nouvelle opération militaire. En vertu des Conventions de Genève, le devoir d’Israël, en tant que puissance occupante, est de protéger la population civile occupée ; Israël continuant de contrôler les frontières aériennes, maritimes et terrestres de ce territoire, emprisonnant 1,5 millions de Palestiniens.

La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine rappelle les conditions immédiates d’un règlement du conflit : retrait israélien des Territoires palestiniens, gel complet et immédiat de la colonisation en Cisjordanie, levée des restrictions israéliennes, réouverture des points de passage de et vers la bande de Gaza. Une solution juste, fondée sur le droit international, est la seule garantie pour Israël de vivre un jour en paix avec ses voisins.

Les organisations de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine demandent une action forte du gouvernement français et de l’Union européenne pour mettre un terme à l’escalade militaire.




Contre l’agression israélienne à Gaza : Rassemblement à Lyon le 17 novembre à 14h Place Bellecour

Le collectif 69 Palestine est indigné par la violence de l’agression israélienne sur la population palestinienne de Gaza victime d’un blocus depuis 6 ans !

11 morts dans la nuit de mercredi à jeudi dont une petite fille et un bébé.

Cette agression a été froidement préparée (notamment par des incursions terrestres provocatrices et meurtrières). Netannyahou imprime sa profession de foi électorale avec le sang palestinien au mépris de la vie humaine, le même mépris qui lui permet d’opérer des assassinats ciblés comme celui de Ahmad Jaabari.

Indignés par l’impunité dont jouit Israël qui fait douter du droit et de la justice internationale : les assassinats deviennent la norme du moment qu’ils frappent des adversaires désignés.

Indignés également par le soutien incroyable du ministère des affaires étrangères français qui prend fait et cause pour l’agresseur aux dépends de la victime ; On peut lire sur son site :

"La France déplore vivement la nouvelle escalade de la violence à Gaza.

Elle condamne fermement les tirs de roquette dirigés depuis Gaza contre la population du sud d’Israël. Ces attaques sont inacceptables.

Nous appelons les parties à la plus grande retenue afin d’éviter toute escalade supplémentaire.

Dans ce contexte, la France reste plus que jamais préoccupée par la dissémination d’armes vers Gaza."

La politique française vis à vis de la Palestine n’en finit pas de glisser vers un soutien total à Israël.

Non, ce n’est pas l’une des armées les plus puissantes de la planète qui a besoin de notre soutien, mais bien le peuple palestinien dont on conteste les dérisoires moyens de défense.

— Nous demandons au gouvernement français :

De condamner fermement l’agression israélienne

De reconnaître à l’ONU l’état de Palestine

De sanctionner l’état d’Israël, d’intervenir sans délais pour que l’Europe rompe les accords économiques préférentiels

— Nous appelons les élus à prendre position dans ce sens

— Nous appelons toutes les personnes éprises de paix et de justice

à renforcer le boycott des produits, des évènements sportifs et culturels israéliens (BDS)

à se rassembler

Place Bellecour à LYON

Samedi 17 novembre à 14:00

Au cours de la conférence-débat de vendredi 16 novembre à 19:00 à la bourse du travail (entrée rue de Créqui - 3e étage salle Moissonnier), sur le droit international et la Palestine, des éléments d’informations seront donnés.

plus d’infos : http://collectif69palestine.free.fr/spip.php?article514
http://collectif69palestine.free.fr/spip.php?article515
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Re: Israel/Palestine

Messagede Pïérô » 16 Nov 2012, 01:19

Communiqué d'Alternative libertaire

Stop à l'attaque terroriste d'Israël sur Gaza !

Depuis le week end dernier l'armée israélienne a amorcé une nouvelle attaque meurtrière contre la bande de Gaza, suite à l'attaque d'une Jeep de l'armée israélienne par des groupes de résistance armée palestiniens. Sous prétexte de s'en prendre à des « terroristes », les bombardements touchent en réalité pour l'essentiel des civil-es, y compris des enfants. Car à côté de bombardements ciblés effectués par des drones, le gouvernement israélien se livre aussi à des bombardement aveugles meurtriers. Si la riposte palestinienne à ces attaques a également occasionné des morts du côté israélien (trois civils ont été tués par un tir de roquette tiré depuis Gaza jeudi matin), c'est bien à l'Etat d'Israël que revient la responsabilité de ce nouveau carnage. C'est lui qui par sa persistance à refuser aux Palestinien-nes la satisfaction de leurs droits les plus élémentaires, à les empêcher de vivre dignement, à maintenir un véritable état d'apartheid et à réprimer dans le sang la résistance que ces injustices occasionnent, maintient la Palestine dans un état de guerre perpétuelle. Les puissances occidentales, notamment la France, ont également leur part de responsabilité dans la situation, elles qui refusent de faire quoi que ce soit pour stopper l'escalade meurtrière à laquelle se livre l'Etat d'Israël.

Alternative libertaire défend le droit pour les Palestinien-nes à décider souverainement de leur avenir, et condamne les exactions de l'armée israélienne dans les territoires occupés et notamment dans la bande de Gaza.

Alternative libertaire, le 15 novembre 2012
http://alternativelibertaire.org/spip.php?article5058
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Re: Israel/Palestine

Messagede Pïérô » 16 Nov 2012, 12:35

Appels à rassemblements

Tours :

Appel à un rassemblement de soutien à Gaza

Rassemblement à 15 h le samedi 17 novembre
Devant Vinci à Tours


" La seule forme d’espoir reconnaissable est l’action "

Du 27 décembre 2008 au 20 janvier 2009, Israël a procédé à Gaza contre la population palestinienne, à un massacre monstrueux. Plus de 1400 victimes, parmi lesquelles 300 enfants, des milliers de blessés et de mutilés, plus de 22 000 habitations détruites ou endommagés, les champs saccagés, des écoles, des hôpitaux, l’ensemble des bâtiments publics anéantis, sans que la « communauté internationale » lève le petit doigt.

Quatre ans après, le gouvernement israélien s’apprête à nouveau à récidiver en multipliant les raids et les bombardements sur ce petit territoire où un million et demi de palestiniens vivent enfermés, sous blocus israélien depuis près de 5 ans.

Encouragé par le soutien des grandes puissances dont la France et par l’impunité totale que lui accorde la communauté internationale, les criminels de guerre israéliens n’ont aucune raison de cesser leur entreprise de destruction totale de la Palestine.

En Cisjordanie, l’état raciste d’Israël rend la vie, chaque jour, un peu plus difficile pour les palestiniens. Pratiquant la politique du fait accompli en multipliant la colonisation et le vol des terres et rendant quasiment impossible la création d’un état palestinien viable.

La discrimination à l’égard des palestiniens est tellement manifeste que même les israéliens ne craignent plus de la qualifier d’apartheid*.

Pour avoir voté en 2006, démocratiquement, pour les élus du HAMAS, Israël applique un châtiment collectif à la population de Gaza en la soumettant à un blocus total, transformant ainsi l’un des territoires les plus densément peuplés du monde en un immense camp de concentration où les autorités israéliennes ne laissent plus passer qu’un minimum de denrées permettant juste la survie des habitants de Gaza.

Oubliés depuis plusieurs mois à cause notamment de la situation en Syrie, Gaza n’a jamais cessé d’être bombardé. Les raids israéliens et les « assassinats ciblés » n’ont jamais cessé. Les médias et les grandes puissances essayent de nous présenter la situation comme un conflit entre 2 entités avec des cycles « agressions-représailles ». Cette symétrie qu’on veut nous faire croire est inacceptable. Il s’agit d’un peuple désarmé qui lutte avec ses moyens pour sa dignité contre l’une des plus grandes puissances militaires et nucléaires du monde.

« Renvoyer les deux belligérants dos à dos » ou « appeler Israël à la retenue » relève au pire du cynisme, au mieux de l’hypocrisie totale.

Nous considérons que la politique destructrice et criminelle d’Israël se poursuivra car la « communauté internationale » ferme les yeux, que l’Amérique d’Obama et l’Union européenne sont les complices de la destruction de la Palestine.

L’accueil chaleureux réservé par le Président socialiste de la France au premier ministre du gouvernement de droite-extrême droite israélien n’est-il pas un signal fort d’encouragement à la politique criminelle israélienne ?

Si nos gouvernements sont d’accord pour donner à l’Etat d’Israël un droit de tuer illimité et le droit d’annihiler tout un peuple et toute notion de droit et de justice dans cette partie du monde depuis plus de 60 ans, nous avons la responsabilité de faire cesser le massacre et l’injustice en Palestine.

Il y va de la survie de tout un peuple que l’on voudrait anéantir. Un peuple qui fait preuve d’une résistance exemplaire depuis plus de 60 ans. Qui continue à lutter et qui mérite qu’on vienne à la rescousse.

Nous continuerons de manifester notre refus du fait accompli israélien, mais cela ne suffit pas. Toutes les actions de solidarité avec la Palestine ou pour briser le blocus de Gaza sont vitales et doivent continuer, mais seule une campagne internationale de boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël peut véritablement changer la donne. Pas en un jour certes, mais les enjeux sont tels, que nous n’avons pas le droit de baisser les bras. Il y va des acquis du droit international, qui sont une conquête à laquelle il serait dramatique de renoncer.

« Ça suffit. Cela a trop duré. Le temps du boycott est venu. La meilleure façon de faire cesser cette occupation sanglante est de cibler Israël avec le même type de mouvement que celui qui a mis fin à l’apartheid en Afrique du Sud. Les sanctions économiques représentent l’arme la plus efficace de l’arsenal de la non-violence : y renoncer frise la complicité active »

Naomi Klein. The Guardian 10 01 2009


bienvenuepalestinetouraine@gmail.com

coordination.bds37@gmail.com



Paris :

Appel du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Israéliens et Palestiniens

Depuis plusieurs jours, l’armée israélienne a intensifié bombardements et incursions sur le territoire palestinien de la bande de Gaza, causant la mort de plusieurs civils Palestiniens, dont des enfants.

Une nouvelle étape a été franchie par le gouvernement israélien en assassinant Ahmad Jabbari, chef de la branche militaire du Hamas.


Aujourd’hui, l’Etat d’Israël a officiellement annoncé et repris ses opérations militaires contre Gaza, infligeant à nouveau bombardements morts et destructions à la population gazaouie, soumise à un blocus illégal et inhumain depuis 2007. Ceci entraîne des répliques qui touchent aussi des civils israéliens.

Nous déplorons toutes les victimes civiles, mais nous considérons qu’Israël en rompant le cessez le feu et déclenchant l’agression en porte la responsabilité.

Nul n’a oublié les massacres perpétrés par la même armée israélienne lors de l’offensive « Plomb Durci » de 2008-2009, se soldant par la mort de près de 1500 Palestiniens et que les mêmes prétextes avaient été invoqués par le gouvernement israélien pour justifier cette attaque meurtrière. C’était, comme aujourd’hui, la veille d’une échéance électorale en Israël. Et comme en 2008, les attaques de l’armée israélienne se poursuivent aujourd’hui malgré un accord de cessez-le-feu obtenu grâce à la médiation égyptienne, et respecté par les Palestiniens jusqu’à l’assassinat du responsable du Hamas.

Benyamin Netanyahou, qui a annoncé l’alliance de son parti avec celui du leader d’extrême droite Avigdor Lieberman, utilise à l’évidence cette attaque contre la bande de Gaza pour des considérations électorales. Ce gouvernement œuvre aussi méthodiquement à torpiller la démarche palestinienne à l’ONU. Il clame haut et fort sa volonté de renverser l’autorité palestinienne, voire de liquider sa direction si la Palestine devient membre de l’ONU.

Le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens condamne les assassinats dits ciblés et les attaques contre la population assiégée de Gaza.

Le collectif appelle le gouvernement français à faire pression sur Israël afin que ce déferlement de violence meurtrière cesse, qu’Israël lève immédiatement le blocus de la bande de Gaza et réponde positivement à la légitime demande palestinienne d’adhésion à l’ONU.

Préserver les chances de la paix, suppose de la part de la communauté internationale comme du gouvernement français, de mettre fin à l’impunité d’Israël. Ceci passe par des sanctions et non par des primes à l’occupation comme le fait régulièrement l’Union européenne.

Le collectif national appelle à un rassemblement de solidarité avec Gaza

Samedi 17 novembre à 15h

place de la Bastille


sur les mots d’ordre suivant :

— Arrêt des bombardements sur Gaza
. Levée immédiate du blocus de Gaza
. Un Etat palestinien admis à l’ONU
. Halte à l’impunité d’Israël : des sanctions immédiates

http://www.ujfp.org/spip.php?article2445


Edit, liste sur AFPS

16 novembre
Bruxelles (Bel­gique)
Lannion
Nantes
Rouen

17 novembre
Annecy
Aubenas
Bordeaux
Boulogne sur Mer
Belfort
Châ­teauroux
Evry
Lyon
Marseille
Montélimar
Mont­pellier
Nîmes
Orléans
Paris
Pau
Perpignan
Strasbourg
Tarbes
Toulouse
Valence

18 novembre
Lille

19 novembre
Angers
Clermont-​​Ferrand
Romans

détails : http://www.france-palestine.org/Soutien-Gaza-liste-des
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Re: Israel/Palestine

Messagede Roro » 17 Nov 2012, 13:07

100 à 150 personnes à Bordeaux.

Dans l'immense majorité les assos pro-palestiniennes habituelles ainsi que l'UJFP. Des membres épars du parti de gauche, du PC, des SUD, NPA quelques camarades d'AL aussi, ni CNTiste ni personne de l'Athénée Libertaire (on va dire à leur décharge que c'est l'effet NDDL).

Pas très folichon.
La Nature n'a fait ni serviteurs ni maitres, c'est pourquoi je ne veux ni commander ni recevoir d'ordres.
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Re: Israel/Palestine

Messagede altersocial » 18 Nov 2012, 12:26

Une note de lecture de Pierre Stambul, une critique des fondements mêmes du colonialisme en Palestine, en quoi l'arbre israélien cache la forêt d'un colonialisme classique du capital occidental :

Comment la terre d’Israël fut inventée
Shlomo Sand (Flammarion)


Dans la guerre israélo-palestienne, il y a un aspect qu’il ne faut jamais mésestimer. Le sionisme a opéré une gigantesque manipulation de l’histoire, de la mémoire et des identités juives. C’est cette manipulation qui permet l’adhésion majoritaire des Juifs (aussi bien en Israël que dans le reste du monde) à un projet colonialiste et militariste qui détruit chaque jour un peu plus la Palestine et généralise l’apartheid.

Dans un ouvrage précédent (« Comment le peuple juif fut inventé » chez Fayard), Shlomo Sand avait réduit à peu de choses deux mythes fondamentaux du sionisme : l’exil et le retour. Non, il n’y a pas eu d’exode massive des Juifs lors de la destruction du Temple par les troupes de Titus en 70 ap JC. Les Juifs d’aujourd’hui ne sont pas les descendants des Hébreux de l’Antiquité. Ils descendent majoritairement de convertis. L’idée sioniste qu’après des siècles d’exil, ils auraient fait leur retour sur la terre de leurs ancêtres est une fiction.

Cette fois-ci, Shlomo Sand s’attaque à un autre mythe meurtrier. Pour les membres du courant national-religieux, « Dieu a donné cette terre au peuple juif » et au nom de ces conceptions intégristes, les Palestiniens sont des intrus. Mais les sionistes « laïques » partagent cette même conception. Ils ont fait de la Bible un livre de conquête coloniale en affirmant que les Juifs ont toujours eu un attachement indéfectible à « la terre d’Israël », ce qui leur donne un droit de propriété exclusif. C’est ce mythe de la terre qu’il passe à la moulinette avec un style agréable et de très nombreuses références historiques et bibliographiques. Bref, c’est un livre absolument indispensable.
Histoires personnelles

Dans « Comment le peuple juif fut inventé », Shlomo Sand avait raconté quelques anecdotes personnelles. Son amitié ancienne avec le poète palestinien Mahmoud Darwish, banni de son propre pays et qui n’aura même pas pu être enterré dans son village d’origine (qui n’existe plus). L’histoire aussi de son beau-père, catalan et rescapé de la guerre d’Espagne qui finit par « atterrir » en Israël.

Là, Shlomo nous livre quelques touches de ses origines. Il est né dans un de ces camps de rescapés juifs du génocide nazi pour lesquels il n’y avait qu’une seule destination possible : Israël. Les Palestiniens ont payé pour un crime européen.

En 1967, Shlomo est soldat dans une armée qui fait la conquête sanglante de Jérusalem-Est. Il décrit la fièvre nationaliste des jeunes qui l’entourent, cette certitude de « revenir sur la terre de leurs ancêtres ». Il décrit aussi un crime de guerre gratuit : un vieux Palestinien torturé à mort par cette armée qui se dit morale. Son écriture s’empreigne alors d’une grande émotion.

Shlomo Sand est un professeur universitaire d’histoire. Son université, située dans les faubourgs de Tel-Aviv, a été construite sur un de ces nombreux villages (plusieurs centaines) rayés de la carte avec l’expulsion de la population palestinienne en 1948. Les habitants de ce village n’ont pas combattu et ont espéré jusqu’au bout qu’ils ne seraient pas expulsés. L’État d’Israël pratique un négationnisme total sur la vraie histoire de cette terre et notamment sur les Palestiniens. Shlomo évoque l’action de l’association israélienne anticolonialiste « Zochrot » qui fait revivre la mémoire de ces villages rayés de la carte.

Shlomo a milité dans le mouvement de l’extrême gauche antisioniste Matzpen dans les années 80. Il ne se définit plus comme antisioniste. Pourtant, encore plus que le précédent, son livre démolit avec beaucoup d’efficacité les mythes sionistes.

Il est partisan de deux États vivant côte à côte en Palestine qui seraient des États de tous leurs citoyens. Il écrit pourtant : « En apparence, l’occupation, entrée dans sa cinquième décennie, prépare au plan territorial, la constitution d’un État binational ».

Il est contre le droit au retour des réfugiés palestiniens. Il explique à titre de comparaison qu’on ne fera pas revenir les millions d’Allemands originaires des pays de l’Est descendants de ceux qui ont été chassés en 1945. Pourtant, il montre bien comment l’expulsion des Palestiniens de leur pays en 1948 a été criminelle, comment Israël a rendu définitive leur expulsion. Son enquête sur le village détruit pour construire son université (et ses habitants) est précise et sans concession.

Il a espéré avant 1967 que son pays saurait se normaliser et faire une paix juste. Amèrement il écrit : « je ne savais pas que je vivrais la majeure partie de mon existence à l’ombre d’un régime d’apartheid, alors que le monde « civilisé », du fait notamment de sa mauvaise conscience, se sentirait obligé de transiger avec lui, et même de lui apporter son soutien ». Le mot « apartheid » est souvent utilisé dans le livre pour qualifier la réalité actuelle.

Une terre habitée par de nombreux peuples et une religion venue de l’étranger.
Dans « Comment le peuple juif fut inventé », il y avait un chapitre difficile pour un non-spécialiste sur la notion de « peuple ». Cette fois-ci, Shlomo examine les notions de patrie, de frontières, du droit du sol et de droit du sang. Chapitre ardu mais dont la conclusion est claire. La prétention des sionistes de retourner dans leur « patrie » au nom d’une histoire réécrite ne repose sur aucune des différentes constructions de patries que l’histoire a connue.

Comment la terre qui est aujourd’hui Israël/Palestine fut appelée dans l’histoire ? Quelle est l’importance de Jérusalem ?

La Bible parle de Canaan et affirme que les Hébreux sont venus de l’étranger. Les deux personnages centraux, Abraham et Moïse seraient venus, l’un de Mésopotamie, l’autre d’Égypte. Ces personnages sont légendaires. Le livre de Josué (qui est une véritable apologie du nettoyage ethnique et du génocide) évoque une terre habitée par de nombreux peuples qui restent toujours là malgré les massacres. Autrement dit la religion juive décrit un peuple venu de l’extérieur ayant une haine terrible pour les autochtones.

Dans « la Bible dévoilée », les archéologues israéliens estimaient que la Bible avait été essentiellement écrite dans le royaume de Judée, peu avant la prise de Jérusalem par les Babyloniens (VIIe siècle av JC). Shlomo Sand va plus loin. Il pense que le texte a été écrit par les lettrés qui ont été autorisés par l’empereur perse Cyrus à retourner à Jérusalem, voire plus tard à l’époque hellénistique. Ces lettrés sont entourés de paysans restés majoritairement païens, ce qui explique tout le mal que la Bible dit des autochtones.

Dans le « livre des livres », la promesse de la terre pour le peuple élu est toujours soumise à condition. Tout est conditionné par le degré d’intensité de la foi en Dieu. Quand les colons religieux actuels prétendent que « Dieu leur a donné cette terre », ils s’écartent beaucoup de leur texte fondateur.

La région d’Israël/Palestine s’est appelée Canaan et la région de Jérusalem la Judée. Cette région avait un peuplement hétérogène et on y parlait des langues diverses. Ce n’est qu’à l’époque des Maccabées (IIe siècle av JC) que la religion s’est répandue dans de nouvelles régions (Samarie, Galilée, Néguev) puis plus loin dans l’empire romain. Il n’y a aucune référence à la « terre promise ». Le philosophe juif Philon d’Alexandrie a vécu à l’époque de Jésus-Christ et il est peu probable qu’il ait effectué un quelconque pèlerinage à Jérusalem pourtant toute proche.

Contrairement au mythe enseigné aujourd’hui dans les écoles israéliennes (l’exode de plusieurs de millions de Juifs quand les troupes de Titus détruisent le deuxième temple), il y a eu trois grandes révoltes juives aux premiers et deuxièmes siècles après JC qui traduisent un antagonisme fondamental entre polythéistes et monothéistes. Mais aucun exode massif et encore moins un tel nombre. Après la dernière révolte juive (Bar Kokhba, 135 ap JC), la région prend le nom de Palestine et la population va se convertir au christianisme puis cinq siècles plus tard à l’islam. Il n’y a pas de trace du terme « Eretz Israel » (la terre d’Israël) à l’époque.
La religion juive et l’absence d’attachement à la terre

Le premier commandement du Talmud « interdit explicitement aux fidèles juifs de s’organiser pour émigrer dans le foyer saint avant la venue du messie ». Seule une dissidence du judaïsme, les karaïtes prêcheront une immigration en Palestine. Malgré (comme les Juifs) une grande dispersion dans le monde, les karaïtes seront présents à Jérusalem lors de la prise de la ville par les Croisés et il y a toujours une synagogue karaïte à Jérusalem.

Les lettrés juifs qui visitent la région au Moyen-Âge cherchent surtout leurs coreligionnaires. L’un note d’ailleurs qu’il y a beaucoup plus de Juifs à Damas qu’à Jérusalem.

À la base du sionisme, il y a l’alyah, la « montée » en Israël. C’est une manipulation : l’alyah, c’était (dans la Kabbale) « l’ascension mystique de la personne qui se condense dans la formule : ascension de l’âme ».

Du IVe au XIXe siècle, les chroniques ont répertorié seulement 30 pèlerinages juifs en Palestine alors qu’elles ont répertorié 3500 comptes-rendus de pèlerinages chrétiens. Il n’y a rien d’étonnant à cela. Le pèlerinage est une tradition chrétienne puis musulmane. La prière juive « l’an prochain à Jérusalem » évoque une rédemption prochaine et pas une émigration. « La ville sainte est pour le juif religieux un souvenir qui nourrit la voix et pas un site géographique attractif ».

Et si le sionisme était une invention chrétienne ?
On connaît aujourd’hui les mouvements chrétiens sionistes. Ces mouvements évangélistes ont très puissamment aidé la colonisation de la Palestine financièrement et politiquement. Accessoirement, ces Chrétiens sionistes sont attachés à un « Juif irréel », pas aux Juifs réels. Pour eux, les Juifs doivent chasser de la terre sainte Armageddon (= le mal = les Arabes) puis se convertir à la « vraie foi », sinon ils disparaîtront car ce courant est millénariste (et antisémite). Ces Chrétiens sionistes ont identifié la colonisation de nouveaux territoires (Amérique du Nord, Afrique du Sud, Australie) à la conquête de Canaan par Josué.

Déjà Mohamed Taleb était allé plus loin dans l’idée que le sionisme a des origines chrétiennes. Les Chrétiens sionistes, ce sont les « dissidents » du protestantisme (évangélistes, puritains).

Shlomo Sand parle aussi des Anglicans et il accumule des faits sur l’histoire anglaise. Dès le XVIe siècle avec la Réforme, la Bible est traduite. Le monde hébraïque antique, tel qu’il est décrit dans la Bible devient familier. Le « juif irréel » devient sympathique. Après plusieurs siècles d’interdiction de séjour, Cromwell (en 1656) autorise le retour des Juifs en Angleterre (des facteurs économiques jouent aussi. Les Juifs chassés d’Espagne et réfugiés aux Pays-Bas ont contribué à la prospérité de ce concurrent).

De nombreux personnages publics britanniques évoquent le « retour » des Juifs en Palestine (au XIXe siècle, Shaftbury, Palmerston et bien sûr Disraeli, Premier ministre et fils de Juif converti). Les Britanniques manifestent un intérêt croissant vers la Palestine, pièce essentielle sur la route de l’Inde.

À partir des pogroms de 1881, des millions de Juifs de l’empire russe partent vers l’Ouest. Ils iront principalement vers les États-Unis car la Grande-Bretagne ferme ses portes. Premier ministre en 1905, Lord Balfour fait adopter en 1905 une loi très restrictive contre l’immigration, principalement celle des Juifs. Il tiendra publiquement des propos antisémites. Le même enverra à Rothschild la fameuse déclaration Balfour en 1917. Il n’y a pas contradiction. Pour Balfour, les Juifs sont « inassimilables » s’ils viennent en Europe mais ils deviennent des colons servant les intérêts de l’empire britannique s’ils vont s’installer en Palestine. Pour de nombreuses raisons, dont l’attachement à une lecture familière de la Bible, la déclaration Balfour a fait consensus chez les principaux hommes politiques britanniques.

On a donc eu au début du XXe siècle la rencontre de trois phénomènes politiques qui ont rendu faisable le projet sioniste : une sensibilité chrétienne issue du monde protestant articulée avec une vision coloniale britannique, l’antisémitisme virulent en Europe de l’Est et l’apparition d’un nationalisme juif qui a tout inventé : l’histoire, la terre, la langue.

Le sionisme et la religion juive
On connaît les virulentes critiques contre le sionisme, venues des Juifs socialistes qui seront hégémoniques dans le monde juif européen jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Le Bund, parti ouvrier préconisant « l’autonomie culturelle » des Juifs sans territoire spécifique, était farouchement antisioniste. Et les partis ouvriers socialistes ou communistes dans lesquels militaient beaucoup de Juifs/ves étaient aussi très critiques.

On connaît moins l’opposition radicale des Juifs religieux au sionisme. Le livre de Yacov Rabkin « Au nom de la Torah, l’opposition juive au sionisme » apporte de nombreux faits. On a souvent en tête l’attitude actuelle des religieux juifs. Depuis 1967, ils sont devenus majoritairement colonialistes, nationalistes et racistes à l’image d’Ovadia Yossef, fondateur du Shass ou du grand rabbin de la ville de Safed qui interdit de louer à des « Arabes ».

Il n’en a pas toujours ainsi et Shlomo Sand rappelle que pour les religieux, la « terre sainte » n’a jamais été la patrie des Juifs. Le judaïsme réformateur était contre le sionisme car il craignait (à juste titre) que cela retarderait la marche vers l’égalité des droits. Les Juifs orthodoxes étaient encore plus durs. Citons certains de leurs propos : « reçois la Torah dans le désert, sans pays, sans propriété terrienne », « Les sionistes n’aspirent qu’à secouer le joug de la Bible et des commandements pour n’en conserver que le national, voilà ce que sera leur judaïsme ».

Dans le sionisme, la terre remplace la Bible, et la prosternation devant le futur État prend la place de la ferveur envers Dieu.

Quand Theodor Herzl essaiera de rallier au sionisme les rabbins, l’immense majorité d’entre eux protestera et organisera même une résistance aux idées sionistes. Ils publieront à plusieurs en 1900 une brochure : « livre éclairant , pour les honnêtes gens, contre le système sioniste ».

Le sionisme n’est pas seulement en contradiction avec les droits fondamentaux (refus du racisme, du colonialisme, des inégalités), il est aussi en contradiction avec la religion. Il a nationalisé le langage juif religieux et transformé la Bible en un livre de conquête coloniale.

Le sionisme et les Arabes.
La question de la présence d’Arabes en Palestine au début du mouvement sioniste n’a quasiment jamais été soulevée. Comme la plupart des colonisateurs, les sionistes n’ont pas vu (ou pas voulu voir) le peuple autochtone.

Pourtant, alors que jusqu’en 1922, l’immigration des Juifs en Palestine est autorisée, ce pays reste arabe à 90% à cette époque. Et les Palestiniens formeront les 2/3 de la population quand la guerre de 1948 éclate.

Il y a eu chez les sionistes des humanistes qui imaginaient une coexistence pacifique avec les Palestiniens. Citons Ahad Haam ou plus tard Martin Buber. Mais ils ont vite été débordés par les partisans du « transfert », l’expulsion des Palestiniens.

Dans son film « La terre parle arabe », la cinéaste franco-palestinienne Maryse Gargour montre que tous les dirigeants sionistes étaient favorables au « transfert » dès 1930. Ils ne divergeaient que sur la méthode pour y parvenir.

Dès 1930, la plupart des recherches sionistes sur le passé se sont efforcées de situer et de maintenir la terre d’Israël au centre de « l’être juif ». Ils sont parvenus à une conclusion insensée : « les Arabes se sont emparés de la terre d’Israël en 634 et ils s’y sont maintenus depuis lors en tant qu’occupants étrangers ». Certains propagandistes vont même jusqu’à comparer avec la présence arabe en Espagne qui a duré plus de 7 siècles.

En fait, au-delà de tous les textes d’autojustification, la colonisation sioniste n’a connu comme seul frein que les limites du rapport de force. C’est pourquoi le gouvernement israélien actuel qui est soutenu à bout de bras par l’Occident semble pouvoir tout se permettre.

Shlomo Sand analyse plusieurs mythes qui ont accompagné la conquête sioniste : celui du travail, celui des kibboutz qui, au-delà de l’idéal égalitaire, étaient avant tout des instruments de conquête de la terre réservés aux seuls Juifs, et celui du syndicat Histadrout, réservé lui aussi aux seuls Juifs. Les kibboutz ont systématiquement été installés dans les zones frontalières pour empêcher le retour des « infiltrés » (= les réfugiés palestiniens). Ils sont en déclin aujourd’hui parce qu’on est passé à une nouvelle forme de colonisation.

Depuis 1967
Le mythe de la terre a guidé la politique sioniste. Depuis 1967, il en est le centre.

La colonisation sioniste s’est faite sous l’égide imaginaire, dynamique et mobilisatrice de la « rédemption du sol ».

Shlomo Sand est très sévère pour la « gauche sioniste » qui a participé à toutes les conquêtes.

Il y a eu consensus pour le concept de « judaïsation de la terre » qui signifie bien sûr l’expulsion des Palestiniens. Les nationalistes les plus zélés sont venus de la gauche : Moshé Dayan, Yigal Allon. Shlomo pense que la guerre de 1967 n’était préméditée ni d’un côté, ni de l’autre. J’ai des doutes à partir d’un témoignage familial. Un cousin de mon père, général de l’armée de l’air israélienne, m’a affirmé dès juillet 1967, qu’Israël n’avait pas été menacé, que les projets de bombardements étaient prêts depuis des années et que la colonisation allait commencer.

Dès la fin de cette guerre, les intellectuels israéliens les plus éminents ont signé le « manifeste pour le grand Israël », prélude à la colonisation. 20 ans plus tard et malgré l’Intifada, le principe de l’État « ethno-démocratique » a repris le dessus. Le sionisme est une machine infernale qui ne saura pas s’arrêter d’elle-même.

Pour conclure
Logiquement, Israël se retrouve aujourd’hui gouverné par une coalition d’extrême droite. Le consensus qui a abouti à cela vient en partie d’une histoire totalement réécrite. Comme pour son livre précédent, Shlomo Sand sera sûrement très lu en Israël. Les sionistes l’injurieront. On enverra d’éminents spécialistes pour réfuter des faits pourtant indéniables.

Ce livre doit nous aider à démonter les mythes meurtriers. Le jour où la « rupture du front intérieur » sera possible en Israël, ce livre, comme le précédent, aidera les Israéliens à se débarrasser d’une identité falsifiée qui contribue à détruire la société palestinienne mais qui est aussi suicidaire à terme pour les Israéliens.

Pierre Stambul
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Alaa

Messagede digger » 18 Nov 2012, 17:50

Alaa est une jeune palestinienne vivant à Gaza. Voici ses témoignages que je n'ai pas le temps de traduire
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15th November 2012
Hello people,

As a Palestinian and a Gazan in particular, I would like to tell you a short story. A real one; not to
entertain you nor to make you sleep fast!

This short story, I am writing while attacks are near my house, is to tell you a part of our daily life.

It started when a too loud explosion wake me up as I used to sleep after spending a long day at University attending classes. I get out of the bed so fast freaking out and crying : " the kids! the kids!". I mean my little nephews whose dad is abroad doing his MA; one is three years old and the other is a year and a half. Not only me in the house who was worried about the kids but all my brothers and my mom and their mom, of course. We all huged them; the three-year- old nephew named Mahmoud was very frightened while the younger, thanks God, did not understand what was going on out there.

This was only the start! We prepared ourselves for a very hot night. Explosions were too many to count. The house was shaking countless times. Thus, we did not sleep all night except one or two hours. I was updating my friends on Facebook with what happened with us in northern Gaza. I wanted to show the world the inhumanity of Israel. I tried at least to get benefits of Facebook!

Pause! Forgive me for not arranging the events chronologically since attacks, at this very moment, are near our house. And guess what? I am using my PC right now and my nephew, Mahmoud, is between my arms watching his favorite cartoon movie. I am trying to distract his attention from the explosions we hear every now and then. Yet most of the cases I could not. I could not. I only could feel his heart beating so fast.

What I can say now is that we, Gazans, are living a critical, dangerous situation. But let me tell you something before I end this endless story. I get afraid whenever I hear an explosion. I am a 20-year-old girl getting afraid of these violent explosions. How about those little kids? But this is not the thing. The thing is that I have to pretend to be strong so my nephews will not be frightened. We, Gazans, are human feeling happiness, sadness, losses, love, hatred and so many feelings.

Let's come to the comic part! My nephew, Mahmoud, thinks that '' the strike'' is a man. He told me after hearing a violent explosion near our house that he will hit " the strike" with a " stick". I laughed! Despit all of this violence, I laughed. I thought of how kids think of things they go through.

Actually, there are so many things to tell you. Yet the attacks hit northen Gaza, where I live, prevent me from doing so. Oh, I forgot to tell one final thing. Gazans fear another war by Israel. The 2008 war was unbearable. If you want to know more about it, google " Cast Lead operation", as Israel called it.
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17th November 2012
No Hello this time,
Sorry but this time I will be cruel in my judgments and harsh in my criticism of others.

Let's start by the setting:

It is now 3:50 AM in Gaza. I am no longer at HOME! I left home two days ago due to massive air-strikes hit areas too close to my house. I am now in my grandfather's house, 5 minutes by car far away from my house. So it is NOT safe. I KNOW! I had no choice since Gaza is the largest open-air prison all over the world. I can not dare to think to travel abroad! NO WAY!

Let's come now to " my family" issue:

I have one sister and four brothers. My parents are alive, so far at least. My elder brother who is now doing his MA abroad has two sons whom I mentioned in my first blog. And there is of course my elder borther's wife, my sister-in-law. My only sister is married so she lives far away from us. This was how we used to be in our daily life. But NOW everything is different. It is the worst EVER! The family is seperated. Scattered.

My three brothers and I, as I told you above, left our house to a safer place, we thought. Tonight and only tonight we realized how wrong we were! There is no a single safe place in the Gaza Strip.

Back to the family thingy. My parents refused to leave home and they forced the four of us to leave the house fearful of something worse might happen to us. Before we left home, my sister-in-law and her two kids left home to her parents' house in Rafah, southern Gaza. The one family is scattered. We call each others every now and then exchanging the same questions: " How is the situation near you?", " Is it that dangerous?", " Are the air-strikes by the Israeli warplanes close to you?". And the answers would be: " We are still ALIVE.", " The air-strikes close\ far to\from us.", " Take care of yourselves."

Now it is time to tell you what is happening the very moment I write these words:

As I said, I am now in Northern Gaza in Jabalia camp near Kamal Adwan hospital. 4 hours ago I went to steal one-hour-sleep. I only slept an hour. Only one. A spate of attacks (air-strikes) hit Jabalia, not so far away from where we settle now. A couple of minutes later, we heard a rocket falling on a house near us. This rocket fell to threaten people inside the house to get out RIGHT NOW from it.

Pause! I stopped writing when one of the kids. 5-years old, wake up my aunt to tell her that we MUST escape as others did. My aunt replied by saying :" It is safe here; there is no need to leave our house." She hugged him and he threw himself into her arms trying to sleep, thinking it is a safe place!

Back to the previous situation which occured an hour ago, we heard in news that this house is about to be hit by an F16 rockets. As neighboring houses, we should take all needed precautions in a very short time. In nearly 7 or 10 minutes if we were so lucky. My aunt wake up all of us to get ready to the attack so we will not wake up so frightened, she thought. We wake up. The F16 warplane hit the house of Abu-Foul family. We all got afraid of the sound, the scary sound. Unbearable!!! Two children (brother and sister) killed in the airstrike that hit the house and 14 civilian injuries reported.

We were watching, sleepless, what is going on out there. Oh, I forgot to tell you that the house was shaking when that house has been hit and some windows smashed. We were longing to sleep only a few house after spending 4 sleepless days! However, everyone was not so courageous to dare to go back to beds. We preferred to remain sleepless to get scary waking up upon another huge explosion. There is no much difference in both cases though!

At the same time, something bad happen in another area. Israel purposefully targeted a building used for media offices and journalists by two missiles! Then, media crews were appealing ambulances to evacuate enjuries at Shawa and Hosari Tower where many of media offices are. one of the Journalist, Khader Al-Zahhar, due to the direct attack by Israel lost his leg.
Now I have to stop writing for now. I'll continue later. Sorry for all the language mistakes you might go through while writing this for I literally can't open my eyes :((((
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Re: Israel/Palestine

Messagede Nyark nyark » 26 Nov 2012, 12:03

Sur France 2, une version « candide » du conflit entre Israël et les Palestiniens :

Les récents développements du conflit qui oppose l’État d’Israël et le peuple palestinien confrontent les médias, du moins quand ils sont en quête d’une improbable « neutralité », à cette redoutable question : « Comment équilibrer la présentation d’une situation déséquilibrée » ? Le journal de 20 heures de France 2 du lundi 19 novembre 2012 a offert aux téléspectateurs un exemple des travers que produit la recherche de cet impossible équilibre et une confirmation d’une analyse proposée ici même en août 2012.

I. À question candide, réponse stupide ?


Journal de 20 heures de France 2 du lundi 19 novembre 2012. 21 min après l’annonce des titres, David Pujadas invite les téléspectateurs à se pencher sur l’actualité à l’étranger : le conflit qui oppose l’État d’Israël et le gouvernement du Hamas à Gaza. À moins qu’il ne s’agisse, à travers ce dernier, du peuple palestinien vivant à Gaza…

D’abord, des images chaotiques du centre de Gaza bombardé par des tirs de missiles israéliens. Durant les 15 s de diffusion de ces images, on apprend notamment que vingt-trois personnes ont été tuées dans la journée par les bombardements et qu’une enquête a été ouverte par l’armée israélienne à la suite d’une attaque aérienne qui a coûté la vie à onze civils palestiniens le jour précédent. S’ensuivent les annonces successives de la poursuite de tirs de roquettes sur Israël et de l’échec des efforts diplomatiques pour un cessez-le-feu.

Puis vient le moment crucial, déjà annoncé dans les titres, que le prêcheur de la grand-messe du 20 heures lance de la sorte : « Et ce soir nous posons une question sensible et candide, peut-être, mais beaucoup d’entre vous se la posent sans doute : y a-t-il dans ce conflit un agresseur et un agressé ? »

Quand David prend des risques, il s’entoure de tant de précautions… qu’il ne risque rien, si ce n’est le ridicule. Comment une « question sensible » pourrait-elle être « candide » ? Quand il n’est pas certain – « peut-être » – qu’elle ne le soit pas ! Pourquoi poser cette « question sensible » ? Non pas parce qu’elle se pose, mais parce que « beaucoup se la posent sans doute ». Et s’ils ne se la posaient pas ?

Or voici la question : « Y a-t-il dans ce conflit un agresseur et un agressé ? » La suite nous apprend que le conflit en question est strictement circonscrit à la reprise intensive des affrontements armés. Variante : qui a (re)commencé ? Version « sensible » d’une question sensible des cours de récréation ?

Seul un officier supérieur de la rédaction pouvait prendre le risque de répondre à cette question « sensible » : le directeur adjoint de l’information de France 2, Étienne Leenhardt. Ce dernier prend « les faits » à témoin et leur donne la parole.

Voici donc les faits tels qu’ils ont été énoncés par Leenhardt :

« Le 8 novembre dernier, il y a eu à la frontière entre Israël et Gaza un double accrochage entre des soldats israéliens en patrouille et des militants palestiniens qui affirment qu’un enfant de 12 ans a été tué. Un soldat israélien a été blessé. » Les « faits » ont quelque difficulté à s’exprimer… Une « frontière » ? Leenhardt veut sans doute parler de celle que l’État d’Israël a tracée et bétonnée en ne consultant que lui-même. « Un accrochage » ? Sans doute, mais dont on ne connaît pas l’origine. Mais une prise de distance s’impose quand même : entre ce que les « militants palestiniens affirment » (la mort d’un enfant de 12 ans) et ce qui est tenu pour acquis sans qu’il soit nécessaire de « sourcer » (la blessure d’un soldat israélien).

Et Leenhardt de poursuivre : « Deux jours plus tard, le 10 novembre, c’est une patrouille israélienne, toujours le long de la frontière, qui a été prise pour cible par un missile anti-char, et là, deux soldats israéliens ont été sérieusement blessés. Israël a riposté, quatre palestiniens ont été tués. » Quelle a été la nature et l’ampleur de la « riposte » ? Les faits de Leenhardt sont silencieux.

« Ensuite, c’est un engrenage quasi quotidien. Le 11 novembre, soixante-quatre missiles sont tirés depuis Gaza vers les villes du sud d’Israël. Trois jours plus tard, le 14, le chef militaire du Hamas, le parti qui est au pouvoir à Gaza, est tué dans l’explosion de sa voiture, et le lendemain, le 15 novembre, c’est un missile tiré depuis Gaza qui tue trois civils israéliens dans une ville du sud d’Israël. » Les « faits » de Leenhardt sont tronqués, et leur présentation laisse penser que l’enchaînement des attaques et des ripostes traduit une certaine symétrie des responsabilités et un équilibre dans le recours aux armes.

Mais comme il ne s’agissait que de mettre en scène un « engrenage quasi quotidien », on peut « oublier » les quatre jours qui suivent, et de tirer bilan ainsi : « Alors, ce soir, le décompte terrible des victimes fourni par les autorités de chaque camp est de quatre-vingt-seize morts côté palestinien et de trois morts côté israélien, et dans chaque camp on renvoie sur l’adversaire la responsabilité d’avoir tiré le premier. » Au téléspectateur de deviner, sans qu’on ne prenne le risque de lui dire, la disproportion des moyens mis en œuvre de part et d’autre, et de leur macabre efficacité. Et pour pouvoir renvoyer ainsi les « camps » dos à dos, sans rien dire de ce qui les oppose sur le fond, il suffit donc de poser cette question « candide » : « Qui a tiré le premier ? », comme si cela seul importait. Et, dans un beau souci d’équilibre, de ne pas y répondre.

Il revient à Pujadas, après la prestation « candide » de Leenhardt, de conclure : « On comprend que la chronologie ne permet pas de trancher. Chacun garde bien sûr son avis et sa conviction. » De trancher sur quoi ? Sur l’origine des premiers tirs. Les convictions de qui ? Des camps en présence ? Candide, Pujadas est également mystérieux… À moins que, gagné par la lucidité, il n’ait fugitivement tenté de dire que la succession des événements, surtout sur une courte période, ne permet pas d’en comprendre le sens. Mais, même sur ce point, qu’on n’attende pas d’éclaircissement : puisque chacun garde ses convictions, il serait périlleux de les exposer.

Pour comprendre le sens des événements, il aurait fallu les replacer dans leur histoire et leur contexte, et prendre le risque de rompre le fatidique et spécieux équilibre : tenter d’expliquer ce qui s’oppose à une solution politique et pacifique, et rappeler qu’un blocus plonge les Gazaouis dans la misère depuis plus de cinq ans, que des élections législatives vont prochainement se tenir en Israël et qu’un vote doit intervenir à l’Onu sur l’admission de la Palestine comme « État non-membre ». Au lieu de s’enfermer dans la narration événementielle de l’actualité immédiate et de se refuser, au nom d’un pseudo-équilibre et d’une fausse neutralité, à réinscrire les soubresauts de « l’actualité » dans l’histoire de l’occupation et de la colonisation israéliennes.

Mais cette séquence d’un journal de France 2 n’est, somme toute, qu’un exemple particulier d’un travers plus général.


II. Comment équilibrer une situation déséquilibrée ?

Extrait de « Le syndrome de Tom et Jerry », 8 août 2012 :

Parmi les travers majeurs de l’information sur le « conflit israélo-palestinien » : l’injonction permanente à un traitement « équilibré » du conflit.

Les événements du Proche-Orient suscitent en France, pour des raisons politiques, historiques et culturelles que l’on ne pourra pas développer ici, une attention toute particulière. Ils sont générateurs de passions et leur perception est marquée par une lourde charge émotive, ce qui ne manque pas d’avoir des répercussions sur la manière dont les grands médias essaient de les couvrir.

D’où l’injonction au traitement « neutre », que l’on peut parfois assimiler à une forme de censure, voire d’autocensure de la part de certains journalistes et de certaines rédactions : il ne faudrait pas froisser l’un des deux « camps » et, pour ce faire, il s’agit d’adopter une position « équilibrée ».

Or la situation ne s’y prête pas, pour la bonne et simple raison que l’État d’Israël et les Palestiniens ne sont pas dans une situation équivalente. S’il existe bien un « conflit » opposant deux « parties », nul ne doit oublier que ses acteurs sont, d’une part, un État indépendant et souverain, reconnu internationalement, doté d’institutions stables, d’une armée moderne et suréquipée et, de l’autre, un peuple vivant sous occupation et/ou en exil, sans souveraineté et sans institutions réellement stables et autonomes.

Adopter une démarche qui se veut équilibrée conduit donc nécessairement à occulter certains aspects de la réalité, tout simplement parce qu’ils n’ont pas d’équivalent dans l’autre « camp ». C’est ainsi que les grands médias privilégieront les moments de tension visible, en d’autres termes militaires, les « échanges de tirs », les « victimes à déplorer dans les deux camps » ou, dans un cas récent, les « échanges de prisonniers ». Il s’agit de montrer que la souffrance des uns ne va pas sans la souffrance des autres, et que les moments de tension ou d’apaisement sont liés à des décisions ponctuelles prises par l’un ou l’autre des deux « camps », ou par les deux conjointement.

C’est ainsi qu’un tel traitement médiatique occulte presque totalement ce qui est pourtant l’essentiel de la vie quotidienne des Palestiniens et l’un des nœuds du « conflit » : l’occupation civile (colonies) et militaire (armée) des territoires palestiniens.
Les camps militaires israéliens et les colonies n’ont pas d’équivalent en Israël, pas plus que les centaines de checkpoints qui morcellent les territoires palestiniens, le mur érigé par Israël, les réquisitions de terres et les expulsions, les campagnes d’arrestations, les attaques menées par les colons, les périodes de couvre-feu, les routes interdites sur critère national, etc.

Une couverture qui se veut « équilibrée » conduit nécessairement, par la recherche permanente d’un contrepoint, d’un contrechamp, d’une équivalence, à passer sous silence des informations pourtant essentielles : c’est ainsi qu’il faut aller consulter la presse israélienne pour savoir, par exemple, que pour la seule année 2010 ce sont pas moins de 9 542 Palestiniens de Cisjordanie qui ont été déférés devant les tribunaux militaires israéliens, avec un taux de condamnation de 99,74 %. Une information des plus parlantes, mais qui n’a pas d’équivalent côté israélien. Elle ne sera donc pas traitée.

Cette couverture biaisée, cette « obsession de la symétrie », au nom d’une prétendue neutralité, conduit donc les grands médias à offrir une image déformée des réalités proche-orientales. Le public est ainsi dépossédé d’une partie pourtant indispensable des éléments de compréhension de la persistance du conflit opposant Israël aux Palestiniens. A fortiori dans la mesure où ce premier biais se double d’un second, tout aussi destructeur pour la qualité de l’information : le « syndrome de Tom et Jerry ».

Tom et Jerry, célèbres personnages de dessins animés, sont en conflit permanent. Ils se courent après, se donnent des coups, construisent des pièges, se tirent parfois dessus et, quand ils semblent se réconcilier, sont en réalité en train d’élaborer de nouveaux subterfuges pour faire souffrir l’adversaire. Le spectateur rit de bon cœur, mais il reste dans l’ignorance : il ne sait pas pourquoi ces deux-là se détestent, on ne lui a jamais expliqué pourquoi Tom et Jerry ne peuvent pas parvenir à une trêve durable, voire une paix définitive.

La comparaison a ses limites, mais il n’est sans doute pas exagéré de considérer que les grands médias, notamment audiovisuels, nous offrent souvent, lorsqu’il s’agit du Proche-Orient, une information digne de Tom et Jerry : « le cycle de la violence a repris » ; « la trêve a été brisée » ; « la tension monte d’un cran » ; « les deux parties haussent le ton » ; etc.

Mais pourquoi ces deux-là se détestent-ils ? Bien souvent, le public n’aura pas de réponse. Il devra se contenter d’une couverture médiatique qui se focalise sur la succession des événements, sans s’interroger sur les causes profondes ou sur les dynamiques à long ou moyen terme. L’information est donc la plupart du temps décontextualisée, dépolitisée, déshistoricisée, quitte à flirter allègrement avec le ridicule.
***

Un flirt avec le ridicule que le journal de France 2 du 19 novembre 2012 a poussé jusqu’à l’absurde.

Henri Maler et Julien Salingue (avec un correspondant)


http://www.acrimed.org/article3945.html
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Re: Israel/Palestine

Messagede Ulfo25 » 01 Déc 2012, 20:57

Bon fait important dans ce conflit c'est que la Palestine a obtenu son statut d'Etat Observateur à l'ONU lui permettant de saisir la Cour de Justice Internationale contre la "colonisation" israëlienne. Après c'est certain que ça peut avoir assez peu de répercussions mais pour juger faudra attendre un peu je pense.
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Re: Israel/Palestine

Messagede bipbip » 12 Déc 2012, 08:07

Article dans le mensuel de l'OCL de décembre en ligne

Gaza : quand l’Occident légalise l’assassinat de masse

Pour toutes celles et ceux qui ont vu le film « Gazastrophe », l’histoire bégaie. Mêmes scènes d’horreur de familles pulvérisées parce qu’elles ont le tort d’habiter Gaza. Même lâcheté de la « communauté internationale » qui détourne pudiquement le regard en faisant semblant de ne pas avoir vu.

Mettre un peuple en cage

Gaza est un laboratoire. Une campagne d’opinion effrénée en Israël a transformé la population en un ramassis de « terroristes » contre lesquels tout est permis. Les Gazaouis sont coupables d’avoir mal voté. Le blocus est un crime de guerre permanent. Un million et demi de personnes sont enfermés. L’occupant expérimente les réactions d’une population privée en quantité suffisante d’eau, de nourriture, d’électricité, de carburant, de ciment, de médicaments, de matériel scolaire …

Pendant des années, la propagande israélienne a déshumanisé les Gazaouis. Pendant l’opération « Plomb Durci », l’armée israélienne avait invité les médias étrangers à assister depuis Sdérot aux bombardements qui ressemblaient à un véritable jeu vidéo.

L’idéologie sioniste est une machine infernale qui a besoin en permanence du complexe de Massada, du sentiment que les victimes sont et seront les Juifs et qu’il faut faire la guerre pour ne pas être anéanti. Guerre en 2002 contre la Cisjordanie, en 2006 au Sud-Liban, en 2008-2009 déjà contre Gaza et à présent aujourd’hui. Il y a aura d’autres guerres. Peut-être contre l’Iran présenté comme une menace nucléaire alors que le seul pays de la région qui possède la bombe de façon avérée et qui refuse de signer tout traité de non-prolifération est … Israël.

Une guerre électorale ?

En 2008, Tsipi Livni avait imaginé gagner les élections en attaquant Gaza et finalement les électeurs israéliens avaient « préféré l’original à la copie » pour paraphraser Le Pen. Israël a un gouvernement de type OAS avec le tandem Nétanyahou/Lieberman qui rivalisent à coup de déclarations belliqueuses et racistes et tout indique qu’ils seront réélus.

C’est de façon délibérée que l’armée israélienne a déclenché le massacre actuel. Ahmed Jabari, chef militaire du Hamas qui avait mené les négociations sur Gilad Shalit, était de façon notoire un partisan d’une trêve de longue durée. Mais c’est une constante dans l’histoire sioniste : les dirigeants israéliens ne veulent pas d’un « partenaire pour la paix ». Si un tel personnage apparaît, on le discrédite, on l’emprisonne à vie (Marwan Barghouti) ou on l’assassine. L’Etat israélien qui se dit démocratique a toujours pratiqué l’exécution extrajudiciaire sans jamais dédaigner les « dommages collatéraux ». 6 jours après le déclenchement de la guerre à Gaza, sur les 109 mort-e-s palestinien-ne-s, on comptait 24 enfants, 10 femmes et 12 personnes âgées. Après 8 jours de guerre, on en était à 143 morts, plus de 1000 blessés avec un acharnement contre certains bâtiments.

L’apartheid

Le gouvernement israélien a clairement annoncé qu’il ne se retirerait d’aucun territoire et d’ailleurs les agrandissements de colonies se multiplient. Il n’est pas non plus question d’accepter la création d’un Etat palestinien, même croupion, même réduit à des bantoustans non-viables. Alors que Mahmoud Abbas a toujours accepté d’assurer la « sécurité de l’occupant » ou de participer à des « négociations » qui n’étaient rien d’autre que des demandes de capitulation, l’Autorité Palestinienne est aujourd’hui menacée de dissolution pour oser demander le même statut que le Vatican à l’ONU !

En fait, la stratégie israélienne est claire : accentuer la fragmentation de la Palestine (d’où l’offensive contre Gaza) et généraliser l’apartheid. Le tribunal Russell sur la Palestine a abouti clairement à la conclusion que les mots "apartheid" et "sociocide" correspondent totalement à ce qui est à l’œuvre. Entre Méditerranée et Jourdain, près de 50% de la population est palestinienne. Cette population est fragmentée subissant des statuts et des formes d’oppression différentes. Le rêve sioniste est de les transformer en indigènes incapables de revendiquer leurs droits.

Après un siècle d’avancée ininterrompue du colonialisme, on est entré de fait dans une longue lutte pour l’égalité des droits dans un espace unique et la résistance des Gazaouis est un élément de cette lutte.

Ce qui a changé

Les révolutions arabes, même inachevées, même très partielles, ont modifié le contexte. Les populations soutiennent clairement la résistance palestinienne, même si ce n’est pas cela qui a motivé en premier leur révolte. En 2008-2009, le Hamas était resté isolé et Moubarak avait installé des herses pour couper les tunnels entre Gaza et l’Egypte. Cette fois-ci, pour des raisons internes facilement compréhensibles, l’émir du Qatar, le président égyptien et le ministre des affaires étrangères tunisien sont allés à Gaza. La Ligue Arabe, totalement dominée par les féodaux esclavagistes du Golfe songe (mieux vaut tard que jamais) à rompre le blocus. Les Gazaouis ne sont plus seuls. Depuis des années, la réunification palestinienne est à l’ordre du jour. Mahmoud Abbas l’a toujours bloquée en voulant maintenir coûte que coûte Salam Fayyad, l’homme du FMI au poste de Premier ministre. Avec le massacre actuel, on reparle à nouveau d’un gouvernement palestinien d’union.

Impunité, complicité

Qu’est-ce qui permet à l’OAS israélienne de continuer les guerres incessantes ? D’abord l’impunité. La « justice » internationale juge les crimes de guerre commis en ex-Yougoslavie (de façon partiale, elle vient d’acquitter le criminel de guerre croate Gotovina) ou au Rwanda. Jamais les criminels de guerre israéliens civils ou militaires n’ont été poursuivis. Les pays qui avaient un système judiciaire permettant des inculpations pour crimes commis à l’étranger ont modifié leur législation. Les criminels israéliens peuvent dormir tranquilles.

Aux Etats-Unis, c’est la course pour savoir qui sera le plus fayot avec la direction sioniste. Romney avait repris la propagande sioniste expliquant que le peuple palestinien n’existe pas. Obama va poursuivre la politique du parapluie. Jamais Israël ne sera condamné à l’ONU ou forcé à quoi que ce soit, le veto américain est là pour tout couvrir.

Le gros du commerce israélien se fait avec l’Union Européenne. Tous les gouvernements de cette Union soutiennent Nétanyahou, y compris (ou surtout) ceux qui sont appuyés en Europe de l’Est par des partis héritiers des mouvements collabos antisémites qui ont participé au génocide nazi. Le Parlement européen vient de rehausser à nouveau les relations économiques entre l’Europe et Israël. Les produits israéliens arrivent en Europe sans taxe, y compris ceux des colonies.

Ce n’est pas par manque d’information que nos dirigeants soutiennent Israël. C’est parce que cet Etat surarmé, dépensant 60% de son budget dans les technologies de pointe et l’armement, morceau avancé d’Occident au Proche-Orient, est leur Etat rêvé.

France-Israël

Dans le cadre du « Sarkozy-Guéant l’ont rêvé, Hollande-Valls l’ont fait », après les Roms, les Sans Papiers, les fermetures d’usines, les cadeaux aux patrons, le traité européen, Aurore Martin, Notre-Dame-des-Landes, j’en passe et des meilleurs, Hollande est tout aussi « bon » sur Israël/Palestine.

Il a reçu en triomphe à Toulouse le terroriste Nétanyahou. Il exige que les Palestiniens « négocient sans condition », donc capitulent. Et il s’opposera à la reconnaissance de la Palestine à l’ONU. La social-démocratie revient à ses vieilles amours quand Guy Mollet faisait torturer en Algérie et participait avec Israël à une équipée impérialiste sur le canal de Suez.

BDS

Plus que jamais, la solidarité internationale doit s’exprimer. Le BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) demandé par la société palestinienne doit frapper Israël sur tous les aspects : politique, économique, sportif, culturel, universitaire, syndical. Tant que la société israélienne ne subira pas ce que la société blanche sud-africaine a subi à l’époque de l’apartheid, les massacres ou la mise à feu et à sang de la région se poursuivront.

Pierre Stambul (21 novembre)
http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1271
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Re: Israel/Palestine

Messagede ivo » 24 Fév 2013, 10:27

Regain de tension dans les territoires palestiniens
fr info
Des manifestations sont prévues aujourd'hui à Gaza et dans la plupart des villes de Cisjordanie après la mort d'un Palestinien de 30 ans qui était détenu dans une prison israélienne. Les circonstances de ce décès sont encore floues. Le Premier ministre palestinien Salam Fayad a dénoncé la responsabilité de l'Etat hébreu.

Image
Les autorités israéliennes sont en état d'alerte renforcée © Reuters

Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad s'est dit "choqué" et a demandé aux autorités israéliennes de faire rapidement connaître les "vraies raisons" qui ont provoqué la mort de ce détenu palestinien. Selon les services secrets israéliens qui l'interrogeaient, Arafat Jaradat, âgé de 30 ans et père de deux enfants, est mort à la suite d'un "malaise". Une autopsie est prévue ce dimanche.

Arafat Jaradat, originaire d'un village de la région d'Hébron (sud de la Cisjordanie), avait été arrêté le 18 février pour être interrogé par le Shin Bet à la suite de heurts près de la colonie de Kiryat Arba, à proximité d'Hébron, au cours desquels un Israélien avait été blessé le 18 novembre 2012.

philipps grégory @gregphil

Mort de Jaradat dans prison #israel hier. Manifs prévues dans tte Cisjordanie auj' et greve de la faim de 3.000 prisonniers #palestiniens.
7:01 AM - 24 févr. 13

S'il ne faisait pas partie des prisonniers palestiniens en grève de la faim de longue durée en Israël, dont le mouvement a déclenché d'importantes manifestations de solidarité ces derniers jours, son décès risque d'envenimer une situation déjà tendue.

"Alerte aux émeutes" (quotidien Israël Hayom proche de Netanyahu)

"Environ 3.000 prisonniers ont annoncé qu'ils allaient refuser les repas", a indiqué le porte-parole des services pénitentiaires israéliens. "Tout l'appareil de sécurité, les services pénitentiaires en particulier, sont en état d'alerte renforcée aujourd'hui", affirme pour sa part le quotidien Maariv de dimanche.

emilie_baujard @emilie_baujard

Manifs prévus en Cisjordanie auj après la mort hier d'un détenu palestinien en garde a vue dans une prison israélienne. AP demande 1 enquête
.^o GRAVOS MC ° SC1 ° SC2
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