luttes peuples indigènes, Amérique centrale et du sud

Re: luttes peuples indigènes, Amérique centrale et du sud

Messagede bipbip » 12 Jan 2014, 15:44

L’insurrection zapatiste, 20 ans déjà !

le 17 janvier à Montreuil

Le 1er janvier 1994, l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) s’emparait de San Cristobal, au Chiapas. Le monde entier découvrait la lutte des peuples indigènes contre le néolibéralisme, pour la liberté et l’égalité. Un esprit indéniablement libertaire et anti-hiérarchique soufflait sur cette guérilla d’un nouveau type, si différent de celui des groupes marxistes-léninistes de l’époque de la Guerre froide.

Vingt ans plus tard, où en est leur lutte ? Et l’EZLN ?

Réunion publique d ’Alternative libertaire, le vendredi 17 janvier de 20 heures à 22 heures au restaurant/bar Casa Poblano (15, rue Lavoisier, Montreuil, métro Robespierre) avec Xavier Godeau et Pascal Devernay.


• Militant à SUD-Educ et au Comité Chiapas, Xavier est allé deux fois au Chiapas et y retourne en 2014. Il est "tombé dedans" et sait faire partager son enthousiasme et ses connaissances de l’univers zapatiste . Il dédicacera son livre son livre Un été au Chiapas.
• Militant à Alternative libertaire, Pascal est allé trois fois au Chiapas et s’intéresse à l’agriculture solidaire au Mexique. Il a en outre tourné deux films sur le Chiapas : Asi va la otra et Palabras. Il a une connaissance importante du terrain, qu’il nous fera partager.

http://alternativelibertaire.org/?L-ins ... ste-20-ans
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Re: luttes peuples indigènes, Amérique centrale et du sud

Messagede bipbip » 29 Jan 2014, 08:57

La petite école zapatiste de l’autonomie

La guerre qui ensanglante le Mexique depuis 2006, guerre des cartels du narcotrafic inextricablement imbriqués dans l’économie et dans les rouages de l’État, a fait disparaître des grands média la résistance indienne et la construction de l’autonomie dans le Chiapas, mais aussi dans l’Oaxaca, le Guerrero ou le Michoacán.

Pourtant, il y a un an, le 21 décembre 2012, réapparaissaient par milliers les hommes et les femmes de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) occupant pendant plusieurs heures les places centrales de cinq villes du Chiapas, dans le Sud-Est mexicain. Vu l’éloignement et la dispersion des communautés indiennes dans les montagnes, une longue préparation et une grande capacité de mobilisation furent nécessaires à cette action massive et simultanée dans cinq lieux différents. Le mouvement zapatiste affirmait sa vitalité intacte et sa maîtrise d’un temps où coïncident les vieux calendriers mayas et la déjà riche histoire du soulèvement qui émergea le 1er janvier 1994. La réappropriation par les peuples indiens du Chiapas de la mémoire d’Emiliano Zapata a soufflé sur les braises de la révolution mexicaine jamais complètement éteintes. Elle a redonné présence dans l’Oaxaca à l’anarchisme des frères Flores Magón, de Librado Rivera, d’Anselmo Figueroa, de Práxedis Guerrero, ces « magonistes » qui luttèrent pour Tierra y Libertad. Elle a réveillé le souvenir de la rébellion de Rubén Jaramillo, résurgence du zapatisme au début des années soixante dans l’État de Morelos, suivie dans le Guerrero par l’organisation des foyers de guérilla rurale des instituteurs Genaro Vázquez et Lucio Cabañas, massacrés avec leurs partisans en 1972 et en 1974.

Célébrée par Marcos, chef militaire et porte-parole de l’EZLN, la mythologie révolutionnaire, épicée d’une bonne dose d’autodérision, s’est cependant déplacée vers la place essentielle des peuples et de l’auto-organisation. Le rôle des femmes est passé au premier plan, bousculant volontairement la tradition indienne et le machisme. Ramona, Ana María, Esther et bien d’autres femmes mayas du Chiapas ont incarné dans des moments décisifs cette rébellion zapatiste qui fête ses trois décennies. La fin de l’année 1983 a vu s’installer dans la forêt Lacandone un premier groupe armé créant l’EZLN ; après dix ans de préparation clandestine, 1994 est l’année du soulèvement, en janvier, puis de la déclaration des communes autonomes, en décembre ; l’été 2003, les Caracoles, cinq centres civils où siègent les conseils de bon gouvernement issus des communes zapatistes, succèdent aux cinq Aguascalientes créés en 1996 pour recevoir la « société civile nationale et internationale ».

Les grandes étapes qui marquent la progression du mouvement zapatiste sur trente ans ont elles-mêmes été forgées par trois temps clés de l’histoire récente du Mexique. Le massacre d’État de la place des Trois-Cultures à Tlatelolco, le 2 octobre 1968, et la « guerre sale » qui s’ensuit précipitent dans les organisations clandestines et armées plusieurs générations d’étudiants rebelles. En 1974, au Chiapas, près du Guatemala en guerre civile, un Congrès indigène est organisé à San Cristóbal de Las Casas sous l’égide de Samuel Ruiz –évêque pendant quarante ans (1959-1999) de ce diocèse à forte densité de population indienne– mettant en pratique une « théologie de la libération ». Les délégations tseltales, tsotsiles, choles, tojolabales… interviennent dans leurs langues et dénoncent ouvertement l’état de misère et le quasi-esclavage de ces peuples décrit auparavant dans les romans de l’anarchiste allemand B. Traven. En 1985, le tremblement de terre qui dévaste la ville de Mexico voit s’organiser à la base une population qui doit pallier l’incurie du gouvernement et le détournement de l’aide internationale par le Parti révolutionnaire institutionnel (le PRI, parti-État de 1929 à 2000). L’auto-organisation des barrios et colonias trouve à cette occasion une reconnaissance comme « société civile », avec un sens quelque peu différent de ce que l’on entend ici sous ce vocabulaire journalistique.

La construction de l’autonomie est le grand œuvre de l’organisation des femmes et des hommes des peuples mayas et zoque du Chiapas connue comme l’EZLN. À sa tête se trouve le Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène (CCRI), dont les membres, les commandantes et commandants, n’ont pas de tâches militaires. Depuis 2013, la direction militaire de l’EZLN, soumise au CCRI, est bicéphale, Marcos partage maintenant cette responsabilité avec le sous-commandant insurgé Moisés, Indien tseltal qui a rejoint l’ancien étudiant métis amateur de littérature, de mythologie et de subculture urbaine. Les « insurgés », hommes et femmes en armes, ne forment qu’une petite partie de cette vaste organisation majoritairement civile de plusieurs dizaines de milliers de membres. C’est ce que veut mettre en lumière et transmettre l’escuelita zapatista, la « petite école zapatiste », la dernière initiative publique des rebelles. Elle a réuni en août 2013 près de deux mille participants venus du Mexique et du monde entier pour vivre chacun et chacune une semaine dans un foyer zapatiste, au milieu d’un village, guidé par un Votán, sorte d’initiateur, homme ou femme, à la vie quotidienne dans les communautés rebelles. Entre la fin décembre 2013 et le début janvier 2014, cinq mille nouveaux « élèves » vont à leur tour étudier, à l’invitation des villages zapatistes, les principaux aspects que le mouvement a choisi de mettre en valeur : autogouvernement (les charges dans la communauté, les autorités, les assemblées –communautaires, communales, de zone, les Caracoles, etc.) ; résistance et autonomie (éducation, justice, économie, santé) ; participation des femmes.

Raúl Zibechi, chercheur uruguayen étudiant les mouvements sociaux latino-américains sous l’angle de l’autonomie des luttes, souvent bien inspiré, évoquait, après les manifestations de décembre 2012 au Chiapas, « la tenace persistance zapatiste ». Il n’est pas le seul à être sous le charme et l’influence de ce mouvement sans précédent dans l’histoire des rébellions sociales autant par sa durée que par son amplitude touchant tous les aspects de la vie et par l’écho national et international qu’il suscite. Les écrits d’Eduardo Galeano, de John Holloway, de George Caffentzis, de Gustavo Esteva, de Raoul Vaneigem ou de Jérôme Baschet, par exemple, ont été influencés ou confortés par leur rencontre avec les montagnards rebelles du Sud-Est mexicain. La critique sociale a trouvé dans l’expérience zapatiste de nouvelles perspectives comme celle de la lutte pour les « communs » qui prend un nouvel essor dans les zones urbaines et irrigue les résistances auto-organisées en Turquie comme au Brésil, souvent avec des références explicites aux zapatistes.

Les zapatistes n’ont pas réponse à tout et ne le prétendent pas, ils « apprennent en avançant ». Leur histoire a déjà connu plusieurs tournants, changements d’alliances et de perspectives. Ils n’ont clairement rompu avec la classe politique mexicaine qu’après l’échec de la tentative de faire voter par le Parlement en avril 2001 un projet de loi tiré des accords sur les droits et la culture indigènes, signés à San Andrés en février 1996 par les délégués zapatistes et les représentants gouvernementaux. Cette rupture faisait suite à la Marche de la couleur de la terre, qui dura plusieurs semaines pendant lesquelles la mobilisation autour de la délégation de l’EZLN qui parcourait le pays a touché des centaines de milliers de Mexicains, et sonnait comme un repli sur leur territoire. Deux ans plus tard, la proclamation de l’autogouvernement des communautés annonçait la mise en pratique de ces accords par les intéressés eux-mêmes. Cependant, les accords de San Andrés concernent tout le Mexique, et le Congrès national indigène, né en 1996 à l’invitation des zapatistes, tente de défendre et de diffuser l’esprit et la pratique de l’autonomie. Les Yaquis dans le Sonora (Nord), les Purépechas dans le Michoacán (Centre), à Nurio et à Cherán en particulier, les Amuzgos et les Nahuas dans le Guerrero, à Suljaa et à Ostula, les Zapotèques, les Mixes et les autres peuples de l’Oaxaca, dans la sierra et sur la côte Pacifique, s’organisent et luttent fermement, mais les hautes terres du Chiapas et la forêt Lacandone restent pour le Mexique la place forte de l’autogouvernement des peuples originaires.

L’influence du mouvement zapatiste hors du Mexique s’est surtout fait sentir dans les forums sociaux, dont l’EZLN s’est pourtant tenue à l’écart, et dans les grandes manifestations altermondialistes, où les sympathies pour la rébellion du Chiapas étaient souvent exprimées par des libertaires qui voyaient là un contrepoids aux stratégies de transformation de la société par la conquête du pouvoir d’État. Les zapatistes ne s’inspirent pas de John Holloway et de son essai Changer le monde sans prendre le pouvoir, c’est l’inverse. Les réseaux de solidarité avec l’EZLN se sont développés très rapidement pendant quatre ans mais le massacre d’Acteal, en décembre 1997, a changé leur nature en y mettant en avant la dimension humanitaire. Des collectifs solidaires de la rébellion sont devenus « observateurs des droits humains » et se sont retrouvés sur le terrain d’Amnesty International. La médiatisation de ces missions d’observation au Chiapas et au Mexique a introduit une incompréhension entre ces réseaux et les zapatistes qui a été fatale au collectif de Barcelone, le plus ancien et le plus dynamique en Europe, qui s’est autodissous en 2010. Ce collectif avait pourtant réussi en Catalogne une synthèse active de la pratique libertaire, passée et présente, et de l’autogouvernement des communautés zapatistes, ce qui lui donnait un rôle fédérateur en Europe qui n’a pas trouvé de successeur.

En 2005, un travail de réflexion collective en profondeur permet à l’EZLN d’adopter la Sixième Déclaration de la forêt Lacandone, la Sexta, clairement anticapitaliste. Dans les réseaux internationaux, cette réflexion et ce nouveau départ n’ont pas eu lieu et l’adhésion à la Sexta est restée symbolique et virtuelle. Les rares collectifs de solidarité qui survivent aujourd’hui n’ont pas su interpréter cette déclaration et ne fonctionnent que comme chambres d’écho. Les slogans zapatistes deviennent des incantations qui ne changent rien à un militantisme routinier. Cette « Europe zapatiste » n’est plus qu’un exotisme décoratif pour organisations à la dérive. C’est à New York, dans le Harlem chicano et latino, que la Sexta a trouvé sa meilleure traduction pratique dans les luttes du Mouvement pour la justice du Barrio contre les sociétés immobilières. De New York, une jonction s’est opérée, via internet et des échanges vidéo, entre les zapatistes et le mouvement sud-africain des occupants des cabanes Abahlali baseMjondolo, qui revendique aussi son auto-organisation et rejette le jeu politique électoral. L’EZLN, quasi silencieuse pendant quatre ans, a réaffirmé en janvier 2013 la Sixième Déclaration, en mettant un terme à l’expérience mexicaine de l’Autre Campagne et en offrant une dimension internationale à la Sexta dans laquelle pourraient s’inclure les mouvements comme Abahlali, les luttes anticapitalistes et autonomes. Nous verrons si la « petite école zapatiste » parvient à transmettre aux milliers d’internationaux qui y auront participé le sens du temps, de la relation à la terre et au territoire, de la communauté et de l’assemblée qui caractérise la résistance amérindienne à cinq siècles de domination et d’exploitation.

Bélial, décembre 2013

http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1470
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Re: luttes peuples indigènes, Amérique centrale et du sud

Messagede bipbip » 31 Jan 2014, 13:01

Les radios communautaires en Amérique Latine
émission diffusée sur FPP à écouter :
http://audioblog.arteradio.com/singulie ... saupluriel
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Re: luttes peuples indigènes, Amérique centrale et du sud

Messagede bipbip » 03 Fév 2014, 14:59

Indiens mapuches au Chili
Partir ou lutter collectivement

Alors que les socialistes chiliens remportent encore une élection boudée par le peuple, les indiens Mapuche sont tiraillés entre villes et campagnes, dans une société individualiste où la propriété des terres est très inégalitaire.

Le 15 décembre 2013, la socialiste (du parti socialiste) Michelle Bachelet, a été réélue avec une très large majorité sur son adversaire de droite, Evelyn Matthei, fille d’un général de la junte militaire de Pinochet. Le désintérêt des Chiliens et des Chiliennes pour cette élection fut sans appel puisque 60 % des potentiels électeurs ne se sont pas déplacés aux urnes. Une « démocratie de l’abstention ».

Après la dictature qui a forcé la marche néo-libérale du pays, la « transition à la démocratie » chilienne (depuis 1988) n’est pas sans histoire et sans contestataires. Parmi eux, les Mapuches, principal peuple indien du Chili. Aujourd’hui, ils représentent environ un million de personnes. Plus de 50% d’entre eux vivent dans les banlieues populaires de Santiago. Un « peuple de la terre » (Mapuche en mapudungun, la langue mapuche, signifie gens de la terre), devenu peuple du ciment en l’espace d’une quarantaine d’années. En effet, avec le temps, les « réserves » dans lesquels ont été assignés à vivre les Mapuches au début du XXe siècle, se sont faites de plus en plus petites devant l’accroissement de la population.

Inégale répartition foncière

Avec la libéralisation des marchés agricoles et la conversion de la région en méga-plantation forestière durant la dictature militaire, de nombreuses familles paysannes appauvries n’ont d’autre alternative que l’exploitation intensive de leur petite parcelle de terre, ce quia pour conséquence de favoriser l’érosion des sols. Comme pour les revenus en général, ce qui caractérise les rapports sociaux dans les campagnes, c’est l’extrême polarisation de la distribution foncière. Alors que deux entreprises forestières, Bosque Arauco et Forestal Mininco, ont un patrimoine foncier qui avoisine les 2 millions d’hectares, les quelques 200 000 Mapuches qui vivent à la campagne se partagent 500 000 hectares.

Face à cette réalité, les jeunes des « communautés » (les réserves ont été transformées par la magie du pouvoir de catégorisation étatique en « communautés » suite à l’adoption de la « loi indigène » en 1993) n’ont pas eu d’autre choix pour subsister que de migrer vers les grandes villes du pays pour s’incorporer au travail salarié et précaire. Pas d’autre choix ou presque…

Bons et mauvais indiens

Car dans les années 1990, la nouvelle génération mapuche, sans terres pour la plupart, et renouant avec l’histoire de mobilisations de leurs parents sous le gouvernement de l’Unité Populaire de Salvador Allende, a repris le fil des revendications des terres qui leur ont été historiquement usurpées. Largement médiatisées, et stigmatisées, ces luttes ont laissé dans l’ombre les hésitations de nombreuses communautés. Face à la répression des contestataires les plus décidé-e-s (violence policière allant jusqu’à la mort de plusieurs militants et militantes et peines de prison), les politiques publiques d’individualisation (visant à promouvoir l’émergence d’un entreprenariat ethnique mapuche) et les possibilités d’emploi en ville, même précaires, beaucoup de ces communautés ont renoncé à la contestation collective. Certaines préférant s’inscrire dans l’image du « bon mapuche », travailleur et capable de saisir les opportunités qu’offre une société de marché aux citoyens efforcés, plutôt que dans celle de « l’indien terroriste », qui revendique ses terres en bravant les frontières de la propriété privée.

Cette dichotomie – qui n’est pas seulement discursive puisqu’elle s’est matérialisée dans une série de dispositifs de gouvernement (récompenses pour les «  bons indiens  » et répression pour les « mauvais indiens ») – a été au cœur de toute action gouvernementale depuis le retour de la démocratie. Le gouvernement de Bachelet qui s’ouvre sous les auspices d’un socialisme moderne et rénové, qui ne fait plus peur aux investisseurs, et qui promet une «  croissance avec équité  », a aussi contribué en son temps à l’érection de ce mode de gouvernement des inégalités.

Wiful (Ami d’AL)

http://alternativelibertaire.org/?Indie ... ili-Partir
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Re: luttes peuples indigènes, Amérique centrale et du sud

Messagede Pïérô » 20 Avr 2014, 11:23

Déclaration du Congrès national indigène,
région de l’isthme de Tehuantepec,
Oaxaca, Mexique


Nous, les peuples binniza, ikoot, ayuuk, chol, nuntaj+yi, nahua, zoque et métis des États d’Oaxaca, de Veracruz, du Chiapas et du District fédéral, les compañeros du Colectivo Magistral y Popular 14 de Junio, de la FUL APPO secteur de Juchitán, de l’Instituto Superior Interculturl Ayuuk de Jaltepec de Candayoc et du Bachillerato Asunción Ixtaltepec Ikoot de San Mateo del Mar, de même que les visiteurs venant d’Italie, de France et des États-Unis, et les observateurs internationaux du groupe des Brigades de paix internationales (PBI) qui avons tous participé à la première session du Congrès national indigène (CNI) région de l’Isthme, nous nous sommes réunis dans la communauté zapotèque de Gui’xhi’ Ro’ Álvaro Obregón, qui est en lutte pour la défense de son territoire contre les multinationales de l’éolien et pour la construction de son autonomie. Nous avons été reçus par les compañeros du conseil communal, par le conseil des anciens et nous avons été protégés par la Binni Guia’pa’ Guidxi — la police communautaire « Général Charis » de cette communauté. Ils sont plus déterminés que jamais malgré le harcèlement constant dont ils ont été l’objet durant ces derniers mois de la part des gouvernements de la ville et de l’État, ainsi que des leaders de la Cocei-PRD-PT et du PRI de Juchitán, dans l’État d’Oaxaca.

Nous avons ouvert la séance du CNI par une cérémonie ikoot, sous un arbre de guanacastle, sur la place principale de la communauté. Par la suite, les deux cents délégués et déléguées participant•e•s ont rappelé notre cheminement en tant que Congrès national indigène, depuis la fondation en octobre 1996 jusqu’à la Chaire « Tata Juan Chávez Alonso », en août 2013, où nous avons décidé de nous renforcer au départ des différentes régions indigènes du pays et d’accepter l’invitation de la représentation de l’EZLN à la Chaire à envoyer des représentants de nos communautés pour aller prochainement rendre visite aux communautés autonomes zapatistes.

Nous avons aussi rappelé les cinq piliers fondamentaux de la communalité qui nous caractérise : l’assemblée communautaire, les réjouissances et la fête, le territoire, la milpa et le travail communautaire. Nous avons ouvert un espace de dialogue, de communication et de réflexion entre nous, les peuples qui cohabitons dans l’Isthme, sur les différents aspects de notre vie communautaire : gouvernement autonome ; défense du territoire ; justice et sécurité communautaires ; production, alimentation et santé ; communication et éducation.

Nous reconnaissons que nous nous affrontons au pillage de la part des multinationales et au harcèlement de la part des mauvais gouvernements par le biais de leurs partis politiques, de leurs plans d’aide et de l’argent qui corrompent de nombreux leaders et qui nous divisent au sein de nos communautés. De nouvelles réformes constitutionnelles se font jour en matière agraire, ainsi que d’autres lois qui prétendent interdire les manifestations et mobilisations sociales. On nous menace, on nous emprisonne, on nous réprime.

Face à tout cela, nous nous sommes mis d’accord pour nous organiser au niveau régional afin de résister aux projets de construction d’éoliennes, d’exploitation minière et à d’autres mégaprojets étrangers qui visent à nous dépouiller de nos territoires. Nous nous engageons à lutter pour le renforcement de notre autonomie en tant que communautés indigènes, paysannes et métisses. Nous savons qu’il s’agit d’un processus complexe de lutte, qui comporte des menaces et des risques, mais aussi de grands apprentissages.

Nous rêvons de défendre nos territoires communaux et de reconstruire notre mode d’organisation à partir des assemblées communautaires, où participent les hommes et les femmes, les jeunes, les anciens et les anciennes, ainsi que les modes de vie qui nous sont propres et la justice communautaire. Nous revendiquons la très courageuse participation des femmes à nos luttes communautaires.

Nous reconnaissons qu’il est important d’élargir la diffusion de l’information concernant nos expériences de lutte et nos droits en tant que peuples indigènes, d’encourager les efforts des universités indigènes autonomes en vue de former des jeunes qui soutiennent nos processus de reconstruction de l’autonomie et de développer de façon participative la proposition de la Pluriversité indigène internationaliste de l’isthme de Tehuantepec. Il nous paraît aussi fondamental de conjuguer nos efforts pour fortifier notre économie communautaire en récupérant la production communautaire, l’aide mutuelle, le tequio, le commerce régional, le troc, la consommation de nos produits régionaux (maïs, haricots, courges, poisson), l’usage de nos langues et la médecine traditionnelle, ainsi qu’en encourageant nos entreprises communautaires en tant que formes de résistance contre les entreprises multinationales.

Nous nous engageons à soutenir la lutte de notre grand-père, le compañero Ta´ Pedro Martínez Guerra, comunero de Juchitán, en vue de récupérer ses terres envahies par l’entreprise Gas Natural Fenosa, et de continuer à dénoncer et à exiger la fin du harcèlement, des menaces et de la répression subis par lui et sa famille.

Nous ne permettrons pas l’invasion et l’exploitation minière de la colline de Santa Cruz Igú, lieu sacré, historique et communal, faisant partie des biens communaux de Juchitán, tout comme nous nous prononçons contre le projet minier à Ixtepec, qui aurait de graves conséquences sur la santé, l’environnement et le mode de vie de nos communautés.

Nous soutiendrons la lutte des Chimalapas pour le respect et la reconnaissance de leurs droits territoriaux, attestés par des titres primordiaux et des plans définitifs des résolutions présidentielles qui mettent hors d’atteinte les biens communaux de San Miguel et de Santa María Chimalapa, par-delà les différends concernant les limites entre les États de Chiapas et d’Oaxaca.

Nous me permettrons pas l’implantation d’entreprises minières, éoliennes, touristiques et autres dans la Sierra nuntaj+yi et nahua de Santa Marta, au sud de Veracruz, et nous dénonçons l’ingérence de l’organisation Antorcha Campesina et des partis politiques dans nos communautés.

Nous réitérons notre énergique opposition face au pillage officiel et au harcèlement permanent de la part des entreprises éoliennes étrangères qui continuent d’opérer dans la région sans tenir compte des procédures d’appel qui ont été interjetées et gagnées par nos peuples. Nous nous préparons à affronter les entreprises minières qui ont le projet de s’implanter dans la ville d’Ixtepec et en territoire ikoot.

Nous exigeons le respect de nos processus d’autonomie et nous rejetons fermement l’intromission des partis politiques dans toutes nos communautés et l’imposition d’« administrateurs » dans les communautés de San Mateo del Mar et de San Dionisio del Mar.

Nous remercions la communauté binniza de Gui’xhi’ Ro’ Álvaro Obregón de nous avoir reçus et nous l’assurons de notre soutien total à sa lutte pour la défense du territoire et pour le respect de la décision du peuple de récupérer son système de vie communautaire : son assemblée générale, son conseil communal, son conseil d’anciens et sa police communautaire. Nous exigeons en outre que le gouvernement de Saúl Vicente Vásquez respecte la décision du peuple binniza de nommer le compañero Odelio López Vicente comme agent municipal, suite à son élection au cours de l’assemblée générale du 8 décembre 2013.

Nous confirmons que nous répondrons à l’invitation de l’Armée zapatiste de libération nationale à aller rendre visite aux communautés autonomes zapatistes pour apprendre et nous fortifier mutuellement.

On ne vend pas la terre, la mer et le vent,
on les aime et on les défend !

Vive l’autonomie des peuples !

Plus jamais un Mexique sans nous !

Congrès national indigène
région de l’isthme de Tehuantepec


Traduction et texte d’origine :
Asamblea de Pueblos del Istmo http://tierrayterritorio.wordpress.com/ ... cni-istmo/

http://www.lavoiedujaguar.net/Declarati ... ional,1163
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Re: luttes peuples indigènes, Amérique centrale et du sud

Messagede Pïérô » 27 Oct 2014, 10:43

Au Chili, la lutte des Indiens Mapuches pour récupérer leurs terres
http://www.reporterre.net/spip.php?article6434
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Re: luttes peuples indigènes, Amérique centrale et du sud

Messagede Pïérô » 01 Nov 2014, 12:27

DES COMMUNAUTÉS INDIGÈNES ET PAYSANNES DÉPOSENT PLAINTE CONTRE LE PDG DE CHEVRON AU TRIBUNAL PÉNAL INTERNATIONAL DE LA HAYE
Les Equatoriens affectés par la pollution laissée par Chevron en Equateur ont présenté une plainte auprès de la Cour Pénale Internationale, en vue de la condamnation des dirigeants de la compagnie pour les crimes contre l’Humanité commis à l’encontre de la population de l’Amazonie équatorienne.
... http://stopaugazdeschiste07.org/spip.php?article951
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Re: luttes peuples indigènes, Amérique centrale et du sud

Messagede Pïérô » 03 Nov 2014, 02:55

Communiqué de solidarité avec la lutte yaqui

Le 11 septembre dernier, Mario Luna, secrétaire des autorités traditionnelles de la Tribu yaqui (Sonora, nord du Mexique) était arrêté par la police de l'Etat du Sonora alors qu'il se trouvait dans la ville de Ciudad Obregón, avant d'être transféré par hélicoptère et incarcéré dans le Cereso n°2 de la ville d'Hermosillo. Le 23 septembre dernier, c'est Fernando Jiménez Gutiérrez, un autre membre de la tribu yaqui, qui subissait le même sort. Tous deux étaient parmi les porte-parole les plus visibles de la lutte engagée depuis une dizaine d'année par la Tribu Yaqui contre la spoliation de ses cours d'eau et l'assèchement du fleuve Yaqui, du fait de la construction par le gouvernement du Sonora, en amont du fleuve, d'un barrage et d'un aqueduc de 175 kilomètres de long, qui en détourne les eaux au bénéfice des zones industrielles et de différents complexes résidentiels de la ville d'Hermosillo, capitale de l'Etat.

Au long de ces cinq derniers siècles, les yaquis ont été parmi les peuples indiens ayant combattu le plus durement pour la conservation de leur autonomie politique et territoriale. Cela leur a valu de subir de sanglantes campagnes d'extermination au milieu du 19e siècle, et la déportation de milliers d'entre eux au début du 20e siècle vers le sud du Mexique, condamnés aux travaux forcés sur les plantations de tabac et de sisal (une variété d'agave) des grands propriétaires mexicains, européens et américains. Plus récemment, c'est sur leur territoire qu'ont été organisées, en octobre 2007, les premières rencontres continentales des peuples indiens d'Amérique (rencontres de Vicam), avec le concours du Congrès National Indigène et des zapatistes.

Aujourd'hui, avec l'assèchement de leur fleuve sacré, c'est leur autonomie alimentaire et le maintien de leur existence sur leurs propres terres qui se trouvent à nouveau menacés. Bien que la tribu ait gagné tous les recours juridiques opposés à la construction de l'aqueduc par le gouvernement du Sonora, le chantier s'est poursuivi, et leurs eaux sont spoliées dans l'impunité la plus totale. Face à cela, la tribu a eut recourt à des blocages d'autoroute périodiques et a organisé de nombreux forums de défense de l'eau pour faire entendre sa voix. C'est cette voix et cette résistance que Guillermo Padrés Elías, gouverneur du Sonora cherche aujourd'hui à faire taire, afin d'éteindre les scandales qui l'éclaboussent en ce moment (découverte d'un barrage agricole privé sur ses terres et pollution par les entreprises minières des eaux du fleuve Sonora).

En lien avec la célébration ce 12 octobre de la journée de solidarité internationale avec les résistances des peuples amérindiens, nous exprimons tout notre soutien à la lutte entreprise par la Tribu yaqui pour la défense de ses eaux et de son autonomie politique et territoriale. Aux côtés du Congrès National Indigène, de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale et des compas de la Sexta du Mexique et du monde entier, nous exigeons la libération immédiate de Mario Luna Romero et de Fernando Jiménez Gutiérrez, porte-paroles de la lutte pour la sauvegarde du fleuve Yaqui, ainsi que l'arrêt du harcèlement judiciaire et policier à l'œuvre contre les Troupes et les Brigades de défense de l'eau de la Tribu Yaqui.

Nous exigeons l'arrêt effectif des travaux de construction de l'aqueduc « Independencia », qui a déjà été exigé par la Cour Suprême de Justice de la Nation mexicaine, et l'arrêt de la spoliation des eaux du fleuve Yaqui par le gouvernement de l'Etat du Sonora et les multinationales de l'industrie et du bâtiment.

Nous réaffirmons aussi notre profonde douleur et exprimons toutes nos condoléances envers les dizaines d'étudiants de l'Ecole Normale Rurale d'Ayotzinapa que les autorités de la ville d'Iguala (Guerrero) et les cartels de la drogue, protégés par tous les niveaux du gouvernement mexicain, ont massacré et fait disparaitre le 26 septembre dernier ; ainsi qu'une pensée pour tous les morts et tous les disparus des peuples indiens du Mexique et de toutes les Amériques. Nous exigeons enfin l'arrêt des persécutions et la libération immédiate de Léonard Pelletier aux Etats-Unis, et de tous les prisonniers et prisonnières du Congrès National Indigène au Mexique.

VIVE LA LUTTE DU PEUPLE YAQUI POUR LA SAUVEGARDE DE SES EAUX, DE SON TERRITOIRE ET DE SON AUTONOMIE !

VIVE LE CONGRES NATIONAL INDIGENE, ET LA SOLIDARITE ENTRE TOUS LES PEUPLES
DU MONDE !

VIVE LA SEXTA ET L'ARMEE ZAPATISTE DE LIBERATION NATIONALE !

SIGNATURE: Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte, Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques -Nitassinan, Secrétariat International de la Confédération National du Travail (France), Fédération SUD Education, Union syndicale "Solidaires", association berbère Tamazgha, Alternative Libertaire, Fédération Anarchiste Francophone, collectif "Grains de sable".

http://i-f-a.org/index.php/fr/communiqu ... utte-yaqui
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Re: luttes peuples indigènes, Amérique centrale et du sud

Messagede bipbip » 27 Nov 2014, 11:58

Les Sans-Terre en Bolivie et au Mexique

Émission du 20 novembre 2014 de Radio Canut.

Sujet du jour : Mouvements de Sans-Terre de Bolivie et du Mexique,
réappropriation de terres et autonomie
Un entretien croisé avec Thomas, qui nous décrit le parcours du Mouvement de Travailleurs Sans Terre de Bolivie (MST-B), et avec Gunzo et Guadalupé, qui nous racontent l’influence du mouvement zapatiste sur les dynamiques de récupérations de terres dans l’Etat de Oaxaca. Deux contextes assez différents, mais une seule lutte de la part des communautés indigènes et paysannes pour reconstruire leur autonomie.

http://blogs.radiocanut.org/luttespaysa ... autonomie/
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Re: luttes peuples indigènes, Amérique centrale et du sud

Messagede Pïérô » 18 Déc 2014, 03:22

« Ce qu’a fait Chevron en Équateur est un crime, et pour que justice soit faite, il faut que ce crime soit reconnu comme tel »

Depuis plusieurs années, les habitants de l’Amazonie équatorienne ont engagé un bras de fer juridique aux multiples rebondissements pour obtenir justice suite à la pollution dramatique de leur environnement par le groupe pétrolier américain Chevron. Ils viennent de saisir la procureure générale de la Cour pénale internationale de La Haye pour faire condamner les dirigeants de Chevron au titre de leur contribution à un « crime contre l’humanité ». Un geste doublement significatif, puisque c’est la première fois que cette instance se pencherait sur un crime de nature environnemental, et la première fois qu’elle viserait le dirigeant d’une entreprise privée. Entretien avec Eduardo Toledo, l’un des juristes qui assistent les victimes dans cette procédure.

... http://multinationales.org/Ce-qu-a-fait ... n-Equateur
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Re: luttes peuples indigènes, Amérique centrale et du sud

Messagede bipbip » 12 Mar 2015, 12:54

Des indigènes péruviens gagnent une bataille juridique contre une multinationale pétrolière

Le peuple Achuar d’Amazonie péruvienne a accepté un règlement à l’amiable des poursuites judiciaires qu’il avait intenté contre la firme pétrolière américaine Occidental Petroleum (Oxy). Les indigènes avaient déposé plainte aux États-Unis en 2007 suite à la grave pollution occasionnée par les activités d’Oxy sur leur territoire depuis les années 1970. Les termes précis de l’accord sont confidentiels, mais les représentants Achuar ont indiqué d’Oxy s’était engagée à contribuer aux fonds de développement communautaire qu’ils ont mis en place. Pour leurs avocats, il s’agit d’un précédent historique qui pourrait faire avancer d’autres procès similaires aux États-Unis.

... http://multinationales.org/Des-indigene ... tinational
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Re: luttes peuples indigènes, Amérique centrale et du sud

Messagede Pïérô » 30 Avr 2015, 14:49

Sonora : Deux membres de la Tribu Yaqui toujours derrière les barreaux

La Tribu Yaqui a depuis des siècles lutté contre le pillage et le vol des eaux et du territoire. Leur histoire est remplie d’invasions, de menaces, d’humiliations, de guerres, d’expulsion, de répression ; nombreux et nombreuses ont été ceux et celles qui ont défendu coûte que coûte la terre, la rivière Yaqui, leur territoire ancestral des mains de ceux qui avaient le pouvoir, leur lutte a été constante et sans relâche contre la destruction et la mort.

Dans ce contexte, en septembre 2014, Mario Luna, porte-parole et secrétaire de l’Autorité Traditionnelle Yaqui, adhérent à la sexta déclaration de la forêt lacandonne, a été arrêté par des éléments habillés en civil, et par la suite, présenté à la prison de Hermosillo où il se trouve aujourd’hui derrière les barreaux. Il a été accusé de séquestration aggravée et vol de véhicule. Cette accusation contre le porte-parole de la tribu est utilisée comme argument pour emprisonner tous ceux et celles qui comme Mario ne cessent de se battre pour la défense de leur propre vie. Par la persécution et la prison, l’Etat de Sonora essaie d’intimider la tribu pour qu’elle renonce à sa lutte contre le pillage. La persécution s’est poursuivie et le 23 septembre dernier un autre membre de la tribu, Fernando Jiménez, a été également arrêté et accusé de séquestration et de vol de véhicule. Tous deux ont fait appel -en ne pouvant pas sortir sous caution- et attendent leur procès.

Métaphoriquement pour les yaquis, le territoire est un nid, ils l’appellent : toosa. Son représentant principal est le « kobanoa » : la tête de l’oiseau qui l’habite; le peuple – assemblée communautaire – qu’ils appellent masam ou tea: les ailes de l’oiseau. Le peuple Yaqui se voit lui-même comme une unité : corps – tête – ailes qui s’articulent dans l’image d’un oiseau, un corps qui décide et agit d’une forme conjointe, pour le peuple Yaqui, le secrétaire n’a pas d’existence métaphorique. Le secrétaire n’est pas une figure de l’histoire traditionnelle, il a fallu l’inventer pour pouvoir parler aux yoris, c’est-à-dire aux blancs. Et pendant longtemps sa fonction n’a pas été importante : on requérait d’un jeune, quelqu’un qui savait bien lire et écrire et surtout qui avait l’endurance et la patience d’aller et revenir des bureaux du gouvernement étatique et fédéral. Mario était non seulement le porte-parole et représentant de sa tribu, de son peuple, il a été aussi le secrétaire, et comme d’autres membres de sa tribu, il est à son tour humilié par les yoris, aujourd’hui les autorités gouvernementales qui continuent de mener la guerre…

Lire la suite : Le contexte – NAMAKASIA! [ photoreportage et Vidéo ] https://liberonsles.wordpress.com/2244-2/

https://liberonsles.wordpress.com/2015/ ... -barreaux/
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Re: luttes peuples indigènes, Amérique centrale et du sud

Messagede Pïérô » 02 Mai 2015, 16:53

Expropriation

10 000 Amérindiens ont lancé une vaste opération d’occupation de terres

Dans les montagnes du sud-ouest de la Colombie, les Nasas sont en lutte pour récupérer des terres promises par l’État il y a plus de 20 ans. Le gouvernement tergiverse, et les industriels installés sur ces terres n’ont pas l’intention de les restituer. Malgré les intimidations et les violences de la police et des groupes paramilitaires, 10 000 Nasas occupent ces terres depuis plusieurs mois. Rencontre avec Célia Umenza, « garde indigène », chargée de la protection de ce territoire autochtone.

... http://www.bastamag.net/10-000-Amerindi ... -de-terres
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Re: luttes peuples indigènes, Amérique centrale et du sud

Messagede Pïérô » 05 Mai 2015, 07:33

Au cœur de l’Amazonie, une communauté indigène résiste aux multinationales pétrolières

L’Amazonie est actuellement soumise à une nouvelle vague d’expansion pétrolière, qui menace la forêt et ses habitants. La communauté de Sarayaku, au sud de la région amazonienne de l’Équateur, a su résister efficacement aux compagnies pétrolières internationales et a même fini par obtenir, il y a quelques mois, les excuses publiques du gouvernement équatorien. Reportage de David Goodman, journaliste et écrivain américain.

... http://multinationales.org/Au-coeur-de- ... nationales
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Re: luttes peuples indigènes, Amérique centrale et du sud

Messagede bipbip » 30 Juil 2015, 01:21

Projets hydroélectriques en terre maya : les communautés mayas Chor’Ti’ en lutte

En juin 2015, Omar Jerónimo, défenseur des droits humains au Guatemala, a été invité en France pour faire connaître la situation difficile des communautés maya Chor’ti’ de la région de Chiquimila, zone menacée par la mise en place d’un immense complexe hydroélectrique qui devrait aboutir à la submersion de milliers d’hectares de terres cultivées, seule ressource pour des paysans pauvres et marginalisés.

... http://divergences2.divergences.be/spip ... 58&lang=fr
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