Chili

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Messagede Nico37 » 04 Juin 2009, 18:20

Au Chili, le « délit de solidarité » et les lois anti-terroristes

Au Chili, le « délit de solidarité » et les lois anti-terroristes sévissent aussi !


Depuis bientôt deux décennies, communautés et organisations Mapuche (peuple autochtone dont la population est estimée à environ 800.000 personnes et dont le territoire historique se trouve dans le sud du Chili et de l'Argentine) ont initié un nouveau cycle de revendication et de mobilisation afin de récupérer leur territoire et les droits civiques, politiques et sociaux qui y sont associés. Les actions de « récupération de terres » se sont souvent soldées par une répression policière entraînant des centaines d'arrestations, de blessés ainsi que l'assassinat par la police de plusieurs jeunes mapuche. Des dirigeants, militants et membres de communautés, ont été condamnés lors de procès iniques, par des lois anti-terroristes datant de la dictature, à des peines de 5 à 10 ans de prison ferme pour des faits qu'ils récusent tel que l'incendie de propriétés forestières installées sur des terres revendiquées.

Différentes ONG (FIDH, Amnesty InternationalŠ.) ainsi que les organismes liés à l'ONU (Rapporteur spécial sur la situation de droits de l'Homme et des libertés fondamentales des populations autochtones, Comité contre la torture, Conseil des Droits de l'HommeŠ) ont dénoncé les violences faites aux Mapuche et le non respect de leur Droit. Les gouvernements qui se sont succédés, et dernièrement celui dirigé par Michelle Bachelet, soucieux de redorer l'image du pays au niveau international, se sont vantés de mettre en place différents mécanismes législatifs et institutionnels en faveur des Mapuche tels que la mise en ¦uvre de politiques indigènes, l'adoption en septembre 2007 de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, la ratification de la Convention 169 de l'OIT en octobre 2008 et une pseudo reconnaissance constitutionnelle des peuples indigènes. Outre le fait que ces différentes mesures sont contestées par les organisations indigènes qui n'ont été aucunement consultées et n'ont pas participé à leur élaboration, on constate que sur le terrain, les droits indigènes sont bafoués quotidiennement et la criminalisation des revendications des communautés est devenue une politique d'Etat - politique de stigmatisation de ceux/celles qui luttent et de criminalisation des mouvements sociaux. On dénombre une cinquantaine de prisonniers politiques Mapuche, dont certains se plaignent de violences, tortures et du manque de défense juridique, tandis que chaque semaine la police militaire réalise des opérations violentes au sein des communautés se soldant par des enfants blessés et traumatisés, et par des arrestations et humiliations d'hommes et femmes.

Ces violations flagrantes des Droits de l'Homme sur une frange du territoire chilien militarisée, zone de non-droit pour les Mapuche où on applique des lois d'exceptions, se sont faites au nom de la raison d'Etat et des intérêts économiques des grandes entreprises exploitant à outrance et contaminant les ressources naturelles des communautés.
Les quelques journalistes indépendants et documentaristes chiliens et étrangers qui se sont intéressés à ces situations ont également fait les frais de cette répression : menaces, confiscation du matériel de travail, perquisition de leur domicile (et de ceux de leurs familles), garde à vueŠ certains affrontent aujourd'hui de lourds procès et des montages politico-judiciaires pouvant les condamner jusqu'à 15 ans de prison ferme . Toute personne non-mapuche sympathisant avec cette lutte est ainsi susceptible d'être accusée de mettre en péril l'Etat de droit.
Julia, jeune française, vivant avec sa fille de 21 mois, près des communautés du lac Lleu LLeu, en a fait la mauvaise expérienceŠ

DECLARATION PUBLIQUE DEPUIS LE WALLMAPU 22 MAI 2009

Depuis le Wallmapu, territoire Mapuche occupé par l'État chilien depuis un peu plus d'un siècle, en mon nom Julia Gayout, je communique les faits suivants:

1 - La communauté Mapuche de Choque du lac Lleu Lleu où je vis (Sud du Chili), a initié une récupération de terre en juin 2008 réclament plus de 10 000 hectares de terres ancestrales aujourd'hui plantées de pins et d'eucalyptus et aux mains des entreprises multinationales forestières Volterra y Mininco. La communauté a donc commencé à couper des arbres pour pouvoir cultiver la terre. Depuis lors, la communauté est complètement assiégée par les différentes forces répressives du Chili et en particulier par la PDI (police d'investigation). Le lac Lleu Lleu était déjà militarisé (campements des forces spéciales sur les terres des entreprises forestières, contrôles d'identités arbitraires, brutalité policière) pourtant la situation est chaque fois pire. Face aux agressions permanentes et aux persécutions de la part de l'État chilien, par l'intermédiaire de la PDI ou du GOPE (CRS locaux), la communauté de Choque a résisté et a repoussé les assauts consistants à vouloir réduire à néant la récupération de ses terres.

2 - Après tout un travail d'espionnage durant l'été et conforme au nom de l'opération policière qui vise à détruire la résistance Mapuche, torturer, emprisonner et tuer ses membres et sympathisants (Opération Patiente), la PDI s'est finalement abattue brutalement le 11 avril au matin dans plusieurs foyers de la communauté et à Cañete, arrêtant 11 personnes, perquisitionnant violemment les maisons et menaçant jusqu'aux enfants avec des armes. Les Mapuche détenus ont été brutalement frappés par la PDI pour les forcer à avouer leur participation dans des attaques et un vol. Il s'avèrent que la police cherche aussi désespérément des armes dont il n'existe aucune trace et prétend donc découvrir de supposées cachettes en torturant les Mapuche physiquement et psychologiquement.

3 - Je me trouve moi-même menacée par le procureur du ministère public de Cañete pour délit de "receptación" (Délit consistant à détenir sciemment des objets provenant d'une infraction). Il paraîtrait qu'une carte SIM de portable volé aurait été installée dans mon propre portable pour effectuer des appels. Durant l'interrogatoire auquel j'ai été convoquée de manière obligatoire, une semaine après une perquisition médiatique dans ma maison, j'ai gardé le silence ; ce qui m'a valu plus d'une menace, à savoir: le refus du titre de séjour de permanence définitive, une peine de prison allant de deux mois à cinq ans et un possible ordre de détention applicable à n'importe quel moment.

4 - La perquisition de ma maison est complètement ridicule et démontre une fois de plus que le Chili n'a toujours pas effectué sa transition démocratique dans la pratique puisque la majeur partie des mes affaires emportée par la PDI sont des documents et des livres qui ont à voir avec mes opinions politiques. De plus, cette perquisition a été accompagnée d'un chantage et de pressions médiatiques correspondant à l'éternelle rengaine raciste du journal Mercurio qui consiste a vouloir discréditer la lutte Mapuche aux travers de faux liens avec l'étranger et visant l'emprisonnement des Mapuche.

5 - Si tout va bien, je serais en France du 30 mai au 9 juillet et souhaite pouvoir participer à des activités d'information de la lutte Mapuche et de dénonciation de la répression. Toute personne voulant appuyer les prisonniers politiques Mapuche et qui désire me contacter peut le faire par mail:

bastaderepresion@gmail.com

http://www.weftun.cjb.net/
o Libération des prisonniers politiques Mapuche
o Non à la militarisation du territoire Mapuche
o Halte à la répression
o Halte aux poursuites me concernant pour « délit de solidarité » avec le peuple Mapuche.
o Non à la loi anti-terroriste, héritée de Pinochet.


Nous exigeons des décisions rapides de Mme Bachelet, présente en France actuellement, concernant les droits humains bafoués au Chili et plus particulièrement concernant la répression contre le peuple Mapuche et ses soutiens.


Julia Gayout

Autres références sur le Web :

http://mapuche.free.fr/
http://www.mapuches.org/

http://latelelibre.fr/index.php/2008/09 ... -au-chili/
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Chili: affrontements anarchistes-police

Messagede Johan » 14 Sep 2009, 00:52

Santiago du Chili : affrontements aux abords de l’université
9 septembre 2009, traduit de
http://liberaciontotal.entodaspartes.net

Aux alentours de 13h30, une cinquantaine d’encagoulés ont cerné les abords de la UAHC (Unviersidad Academia de Humanismo Cristiano) et ont barré la route en dressant des barricades.

Tout se déroulait comme il se doit, jusqu’à ce qu’un agent de la PDI (Policia de Investigaciones) veuille jouer au héros en tentant d’arrêter un camarade. Voyant cela les manifestants ont libéré le camarade et frappé l’agent. Alors que l’agent était frappé et notre camarade libéré, d’autres agents accoururent pour défendre leur collègue qui était alors au sol et tirait sur les manifestants qui heureusement ne furent pas blessés, sauf ceux qui furent touchés par des balles en caoutchouc. C’est à ce moment-là que débuta l’attaque de la garnison du PDI, à coups de dizaines de molotovs, de pierres et de bombes de peinture. La garnison avait commencé à brûler avant que les agents ne viennent éteindre le feu .

L’agent agressé fut transporté à l’hôpital de la police où furent constatées de nombreuses lésions et la perte de trois dents après qu’il ait reçu une pierre dans le visage (haha). D’autres agents ont également été touchés par des pierres et par de la peinture. Sur place, la police trouva des banderoles qui portaient des inscriptions liées au trente-sixième anniversaire du coup d’Etat et des messages de solidarité avec Jaime Mendoza Collio et avec le camarade Mauricio Morales. Les abords de la garnison furent cernés par la police qui, armée de mitraillettes, de gaz lacrymogènes et de camions équipés de lance-eau, essayait de contenir les encagoulés. Des agents du GOPE (Grupo de Operaciones de Policia Especiales), avec l’accord du recteur de l’UAHC, située en face de la garnison,sont ensuite entrés dans l’université pour tenter d’arrêter les auteurs de l’attaque et de trouver du matériel incendiaire : sans succès.

Plusieurs heures après l’attaque, alors que la police n’avait réussi à arrêter personne, les expertises continuaient dans la garnison.
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Anniversaire du coup d’Etat au Chili : des affrontements font un mort

La Presse Canadienne - ‎12 sept. 2009‎

SANTIAGO - Des affrontements ont opposé vendredi à Santiago des manifestants à des policiers à l’occasion de l’anniversaire du coup d’Etat militaire qui avait renversé le président élu Salvador Allende en 1973. Selon la télévision publique chilienne, ces incidents ont fait un mort.

Plusieurs centaines de manifestants, se cachant le visage, ont bloqué des rues dans la banlieue de Santiago. Quelque 3.000 policiers ont essayé de contrôler les jeunes émeutiers.

D’après la télévision publique, un jeune de 23 ans, Alexis Rojas Garcia, est mort après avoir été atteint d’une balle dans la tête. On ignorait dans l’immédiat qui était l’auteur de ces tirs. Quatre policiers auraient aussi été blessés.

L’anniversaire du coup d’Etat de 1973, qui avait vu l’arrivée au pouvoir d’Augusto Pinochet, est souvent accompagné de violences au Chili.

Parallèlement, la présidente de centre-gauche Michelle Bachelet a participé à une cérémonie au palais du gouvernement à Santiago, et elle a qualifié Allende et ses alliés morts dans le coup d’Etat de "martyrs de la démocratie".
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Johan
 

Re: Chili: affrontements anarchistes-police

Messagede Johan » 15 Sep 2009, 16:33

Un récit plus détaillé des affrontements autour du 11 septembre au Chili: http://www.non-fides.fr/spip.php?article478
Johan
 

Re: Chili: affrontements anarchistes-police

Messagede Johan » 16 Sep 2009, 09:51

Chili: Affrontement pour la commémoration du 11 septembre

À l'occasion de l'anniversaire du coup d'état fasciste du 11 septembre 1973, diverses actions ont été menées: des barricades nocturnes au milieu des routes, des affrontements opposant la police à des manifestants cagoulés dans des universités et des quartiers populaires, des engins explosifs contre des voies ferrées et des commissariats, des camions brûlés en territoire mapuche, des commissariats et des véhicules de police attaqués, de nombreuses alertes à la bombe dans plusieurs villes, l'électricité coupée de plusieurs communes, etc. La police avait annoncé le renforcement des mesures destinées à éviter les troubles, ce qui n’a pas empêché que le contrôle de la nuit du 11 septembre lui échappe. La police s’est vue dépassée sur l’ensemble du territoire : pillages, incendies, policiers blessés, barricades, tirs, et une longue nuit d’affrontements...

Au terme des manifestations, on dénombre 3 jeunes morts dans des circonstances confuses, dans diverses communes. On compte 206 personnes arrêtées sur tout le territoire, la plupart pour vol et pour troubles sur la voie publique. 19 agents de police ont été blessés.
Johan
 

Chili: Appel à l’action solidaire

Messagede Pïérô » 04 Mar 2010, 15:44

Appel de Convergencia Libertaria et de Organización Revolucionaria Anarquista Voz Negra , http://www.anarkismo.net/article/15958 :

Appel à l’action solidaire

Ce 27 février 2010, un puissant tremblement de terre a frappé notre pays, causant des dommages incalculables, la plupart entre la 5e (Valparaíso) et la 10e (Los Lagos) régions. Les régions les plus touchées sont la 8e (Bio-Bio) et la 7e (Maule). Les gens ont perdu leur maison et tout ce qu’il leur appartenait, et sont maintenant dans les rues, frigorifiés et affamés. Les routes ont été détruites, ce qui empêche les déplacements et les distributions.
Les pauvres sont, comme d’habitude les plus affectés par cette manifestation de la nature, ceux qui ne peuvent pas se permettre de réparer les dommages occasionnés.

Nous appelons les gens partout, et en particulier nos camarades libertaires, à démontrer leur solidarité de classe pour aider, lors des prochains jours, les quartiers les plus affectés

Nous appelons à former des groupes de secours, pour aider à dégager les débris et à collecter de la nourriture, en particulier parmi les secteurs les plus précarisés qui, après des années de domination économique, sont tous facilement exposés lors de telles situations.

Solidarité de classe pour notre peuple maintenant !


Convergencia Libertaria
http://www.banderalibertaria.cl.vg

Organización Revolucionaria Anarquista Voz Negra
http://voznegra.entodaspartes.net/


Traduction Organisation Socialiste Libertaire
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Re: Chili: Appel à l’action solidaire

Messagede Pïérô » 14 Mar 2010, 22:07

Du Secrétariat international d’Alternative Libertaire :

Solidarité avec le peuple chilien !

Le 27 février dernier à 3h34 locales, le Chili était durement touché par un violent séisme de magnitude 8,8. Selon les estimations, il y aurait environ 800 morts, le nombre de sinistrés étant quant à lui évalué à 2 millions.
L’Etat chilien n’a trouvé d’autres moyens que d’envoyer l’armée dans les zones touchées et d’augmenter ses effectifs policiers. Quelle meilleure façon d’aider une population déjà très fortement sinistrée ?

Face à cette catastrophe naturelle les compagnons libertaires tentent de réagir rapidement aux vues des multiples dégâts et des besoins du peuple chilien. Seul le peuple aide le peuple. La solidarité de classe avant tout. Tel est le mot d’ordre des compagnons se mobilisant. De nombreuses organisations sociales, syndicats et organisations étudiantes se réunissent en assemblée. Des comités de solidarité sont mis en place dans la capitale permettant de collecter des vêtements, nourriture, etc. Nous devons soutenir autant que nous le pouvons nos organisations soeurs.

Pour soutenir nos compagnons chiliens nous relayons un appel à la solidarité. Toute aide est la bienvenue.

Contactez-nous : international@alternativelibertaire.org



site pour solidarité internationale : http://soloelpuebloayudaaelpueblo.blogspot.com/


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Chili : vague de répression anti-anarchiste

Messagede Libertad » 17 Aoû 2010, 21:31

Chili : grosse opération anti-"terroriste" contre le mouvement anarchiste

Samedi matin 14 août 2010, s’est déchaînée une grosse opération des services anti-«terroristes» (GOPE, LABOCAR, Inteligencia de Carabineros) contre le mouvement anarchiste et anti-autoritaire. Cela faisait des mois que les médias et les politiciens de droite comme de gauche battaient le rappel contre le mouvement.

Officiellement, cette longue série de perquisitions et arrestations menées par le procureur spécial Alejandro Peña (qui centralise les enquêtes sur les attaques anarchistes) visait les auteurs présumés de 23 de ces attaques incendiaires et explosives revendiquées à Santiago ces derniers mois («Caso Bombas» comme pouvoir et médias nomment cette enquête). Lors de la conférence de presse qui a suivi, le procureur a avancé comme «preuves» déterminantes d’imaginaires traces de TNT sur les mains et vêtements (ils sont forts dans les labos chiliens !) de trois des quatorze arrêtés, ce qui impliquerait six d’entre eux dans les attaques.



Les deux premières perquisitions à Santiago se sont déroulées au squat La Crota (situé Santa Isabel #380), où 6 personnes ont été arrêtées. Ce fut aussi le tour en même temps du Centre social occupé Sacco y Vanzetti (situé Santo Domingo #2423).



À la même heure ont été perquisitionnés deux appartements à Cerro La Virgen (Valparaíso), mais aussi le Centre social Jonny Cariqueo de Pudahuel (El Cobre #8793), en banlieue de Santiago.



Parmi les arrêtés, outre plusieurs compagnons anarchistes bien connus, on retrouve plusieurs ex-Lautaristas (du groupe de lutte armée post-mao Mapu Lautaro, dissous dans les années 90). Les 14 arrêtés ont été transférés pour la plupart au 33e commissariat de Ñuñoa avant d’être conduits devant la 11e Juzgado de Garantía de Santiago. Les accusations vont d’association terroriste («asociación ilícita terrorista») à attaques explosives («colocación de artefacto explosivo»).



Cette opération très démocratique [Et non pas proto-fasciste comme le proclament les pleureuses habituelles (dont ce texte repris par Jura Libertaire qui parle de «Gestapo» et «pinochettisme», tout en autocentrant la répression sur … les médias alternatifs !!).], est un coup spectaculaire orchestré contre une partie du mouvement anarchiste à grands renforts de médias, comme on l’a déjà vu dans d’autres pays ces dernières années (Grèce, Italie, Espagne). Mais qui y a-t-il d’incroyable, pourtant, que face à une multiplication d’attaques en tous genres et dans un contexte chilien de guerre sociale intense, l’État, cherchant des coupables, va comme d’habitude les chercher chez les parties du mouvement les plus visibles (squats et ex-de la lutte armée) et surtout les plus déterminées et cohérentes dans leurs idées ?



C’est maintenant aussi à la solidarité de briser leur isolement provisoire, et de démontrer que la lutte continue avec feu, joie et explosions … de rage.



Aucunes perquisitions ni arrestations

n’arrêteront la guerre sociale !





Les arrêtés seraient :

— Pablo Morales Furiman : Ex-lautarista. Arrêté au squat La Crota.

— Rodolfo Retamales Leiva : Ex-lautarista.

— Omar Hermosilla Marín.

— Andrea Urzúa Cid : Suspectée en 2008 d’avoir voulu faire entrer de la TNT dans la prison de haute sécurité, où se trouvaient incarcérés les ex-lautaristas Marcelo Villarroel et Freddy Fuentevilla (en préventive, accusés du braquage de la Banco Security en 2007, où un flic a trouvé la mort).

— Felipe Guerra Guajardo.

— Cristian Cancino Carrasco.

— Carlos Riveros Luttgue.

— Camilo Pérez Tamayo.

— Iván Goldenberg González : Arrêté à Valparaíso. Les flics affirment que le flingue que portait Mauricio Morales (jeune anarchiste qui a sauté avec sa bombe en 2007, voir Peste noire), était à Iván.

— Candelaria Cortés-Monroy Infante.

— Francisco Solar Domínguez.

— Mónica Caballero Sepúlveda.

Deux autres n’ont pas encore été identifiés.



14 août 2010 : «preuves» exhibées lors de la conférence de presse quelques heures après les perquisitions :

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17 août 2010.


Le texte ci-dessus a été publié à la foi sur les brèves du désordre, site de "Cette semaine", ainsi que sur celui de la base de données anarchistes.

Je tiens à préciser que je trouve lamentable le fait de qualifier les auteurs de l'autre texte du CEMAB (ci-dessous) de "pleureuses habituelles" (outre la connotation viriliste) sous prétexte qu'il y est développé une analyse du rapport entre "démocratie" et montée du fascisme (là où "être un vrai qui pleure pas" c'est dire que "tout ça c'est la vilaine démocratie").

Même si ça n'empêche pas de relayer le texte pour son intérêt politique, ni même de rappeler (puisque c'est essentiel) que ce sont des anarchistes qui sont ici visés. Et qu'il est nécessaire de le souligner (puisque le texte du CEMAB passe largement dessus).

Lundi 16 août 2010 1 16 /08 /2010 18:53
La police chilienne séquestre des membres des médias alternatifs

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La police chilienne a commis une brutale intervention dans le plus pur style «pinochettiste» : coups de pied dans les portes, tirs d’intimidation, et un important contingent déployé pour arrêter des personnes qui n’opposaient aucune résistance. Tout cela soutenu par les juges chiliens, qui agissent comme une véritable Gestapo au service du ministère public.

Le matin du samedi 14 août vers 07h00, un raid policier a été lancé dans plusieurs squats et logements privés à Santiago et dans d’autres parties du pays : portes fracassées, meubles et biens matériels détruits, habitants menacés par des armes de gros calibre et séquestrés sans savoir le pourquoi de cette violence.

La presse bourgeoise signale qu’environ 14 personnes ont été arrêtées dans cette opération et soutient le raid car, selon elle, tous les camarades ont été arrêtés dans des maisons occupées.

Vivre dans un squat n’est pas un crime, encore moins pour justifier une telle violence. Beaucoup de personnes ont été enlevées de leur foyer et sont toujours portées disparues, on ne sait pas où elles se trouvent ! (Cela a duré environ 10 heures, ensuite ils les ont montré dans les news comme des criminels.)

L’un des raids a été commis par l’équipe dite «tactique» de la PDI (police civile) qui a investi le centre social occupé Sacco et Vanzetti en tirant des coups de feu. Les voisins, alertés par les jeunes qui ont appelé à l’aide depuis la terrasse et les fenêtres, témoignent que les policiers ont couvert leur visage d’une cagoule, ont immobilisé les jeunes dans le bâtiment et les ont traînés pour être évacués à bord de deux véhicules de police vers une direction inconnue. La police a ensuite menacé les voisins qui protestaient contre la violence exagérée de l’opération, avec le soutien de deux hélicoptères de Gope (Groupe des Forces Spéciales) et des civils non identifiés (comme pendant la dictature de Pinochet).

Évidemment, la presse bourgeoise arrivée sur les lieux quelques instants après la fusillade, a laissé le temps à la police et à la «justice» de modifier et manipuler la scène. Le montage pouvait alors commencer.

Pendant ce temps, la même opération se déroulait dans la région de Valparaiso, 154 Calle Concepción : deux personnes de plus ont été enlevées.

Parmi les personnes arrêtées, Rodolfo Retamales, artisan de la communication alternative, connu pour son travail révélateur, et d’autres camarades qui effectuent également un travail de communication à travers les radios communautaires.

Nous dénonçons le vol de matériel de montage, la confiscation des caméras, cassettes vidéo avec des images de la répression à la manifestation d’hier dans le centre de Santiago à la mémoire de l’assassinat de Jaime Mendoza Collio, et en solidarité avec nos prisonniers politiques Mapuche.



La presse bourgeoise allègue les faits et soutient la version officielle !

Les 14 séquestrés, officiellement, ont été transférés pour la plupart au 33e commissariat de Ñuñoa avant d’être conduits devant la 11e Juzgado de Garantía de Santiago. L’opération a été en charge du procureur Alejandro Peña, alias «Jalandro» (un surnom qu’il a reçu en son temps d’étudiant à cause de son addiction à la cocaïne), celui-ci a noté que «les détenus seraient accusés de conspiration terroriste, de préparation de matière explosive» et, certifie que les études «scientifiques» pratiquées sur chacun des détenus ont donné des résultats positifs et qu’elles prouvent sa «thèse».



Il a été chargé du dossier après avoir «prouvé» , il y a deux mois, son «efficacité» dans la lutte contre le trafic de drogue (disons qu’il a juste éliminé une certaine concurrence).

Il a récemment remis une liste des camarades anarchistes séquestrés entre qui se rencontraient : Retamales Rodolfo Leiva, Andrea Urzua Cid, Pablo Morales Fuhriman, Monica Caballero Sepúlveda, Francisco Domínguez solaire, Iván González Goldenberg, Cortés Monroy Canderalia Infante, Cristian Cancino Carrasco, Diego Vinicio Morales Munoz Aguilera.

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Dès lors, nous dénonçons ce montage de dénigrement, qui ne sert qu’à essayer de détourner l’esprit, d’élever l’idiotie, d’occulter les grèves de la faim qui ont lieu dans le pays (peuple, travailleurs, Mapuche) et masquer l’inefficacité du sauvetage des mineurs pris au piège dans la mine, où la méthode choisie pour les sauver ne fut pas la plus rapide et efficace … mais la moins chère.



Centre de médias alternatifs de Bruxelles, 16 août 2010.
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Re: Chili: Appel à l’action solidaire

Messagede Nico37 » 13 Aoû 2011, 17:04

http://www.fotospl.com/taxonomy/term/7491



Solidarité avec les étudiants et les universitaires chiliens SNESUP-FSU

Un mouvement social d'une ampleur exceptionnelle secoue le Chili et le "modèle" libéral implanté dans le choc par la dictature. Trente années ont passé et, avec le retour aux affaires des néo-libéraux, l'Education publique et les droits de l'homme sont de nouveau menacés, et une nouvelle fois le peuple chilien se mobilise avec ardeur.

Malgré les vacances d'hiver au Chili, des centaines de milliers d'étudiants et de lycéens, de professeurs, de parents et de citoyens, ont envahi à plusieurs reprises les rues de Santiago, de Concepcion ou de Valparaiso pour exiger, à coups de grèves et d'occupations (paro y toma), une Education publique gratuite et de qualité, et son inscription dans une nouvelle constitution. L'Enseignement supérieur est devenu un marché que se partagent de nombreuses universités privées qui, avec la complicité de la coalition libérale au pouvoir, spéculent sur les diplômes au détriment de la qualité de l'enseignement et de la recherche.
Les étudiants et les lycéens, accompagnés par la population, remettent en cause les politiques menées depuis des décennies, dénoncent d'emblématiques droits d'inscriptions systématiquement démentiels et la marchandisation progressive de l'Education, poursuivie par la Concertacion (alliance sociale-démocrate et démocrate-chrétienne qui a succédé à Pinochet) dont le bilan est également dénoncé.

A cette exigence populaire, le gouvernement chilien répond par une répression sans précédent depuis la chute de Pinochet, avec l'arrestation de milliers d'étudiants ou lycéens et une centaine de blessés. Ce mouvement étudiant et citoyen, le plus important depuis l'Unité populaire de 1969, s'élargit au-delà du milieu éducatif et dénonce notamment le saccage sauvage de l'environnement par les multinationales, l'exploitation des mineurs, la répression contre les
Indiens Mapuches et bien d'autres régressions. Ainsi, les 24 et 25 août, la centrale syndicale chilienne (CUT) appelle à deux jours de grève générale pour une convergence de toutes ces revendications à la fin des vacances d'hiver. Ces mouvements convergents mettent en difficulté un pouvoir contraint par le FMI et Washington, de plus en plus impopulaire et acculé à la répression.

Le SNESUP, qui soutint avec enthousiasme l'expérience de l'Unité populaire et le président Allende, qui aida les universitaires chiliens du temps de la dictature, applaudit et encourage cette explosion populaire, et lui apporte toute sa solidarité. Le SNESUP interviendra concrètement pour maintenir et développer les
collaborations universitaires, et pour soutenir à Santiago comme à Paris les collègues et étudiants dans cette lutte qui nous concerne plus que jamais. Plus que jamais, comme dans les années 1970, nous avons le Chili au coeur.

Paris, le 12 août 2011


Solidarité avec le mouvement étudiant chilien ! FSE le 25 juillet 2011

Depuis plusieurs mois un mouvement d'ampleur a pris forme au Chili pour exiger des universités publiques et gratuites. Le système éducatif privatisé mis en place par la dictature de Pinochet ne satisfait que les capitalistes qui investissent dedans pour s'en mettre plein les poches !

De plus, les étudiant-e-s chilien-ne-s doivent s'endetter auprès des banques pour des diplômes qui ne sont même pas forcément reconnus de qualité. Les prêts étudiants sont un frein économique énorme pour les étudiant-e-s chilien-ne-s, mais un moteur économique important pour le business chilien. Ces gains générés par les riches spéculateurs chiliens ne profitent qu'à une minorité tandis qu'actuellement une partie importante de la population chilienne continue à vivre sous le seuil de pauvreté, notamment du côté de la population « indigène », le système étant largement néocolonial.

Alors que le gouvernement de Pinera (actuel Président/milliardaire du Chili, dont la famille a participé au pouvoir sous Pinochet) refuse d'écouter ses revendications, et avance les vacances scolaires en espérant ainsi pouvoir éteindre la contestation, le mouvement de résistance grandit et se développe, gagnant de plus en plus de monde sur ses mots d'ordre : « l'éducation : un droit ! ». Ce 14 juillet encore, 200 000 étudiant-e-s, accompagné-e-s de quelques centaines d'enseignant-e-s et transporteur-euse-s du public, ont manifesté contre la surdité du gouvernement, dont la seule réponse à une fois de plus été une féroce répression (62 personnes arrêtées et une cinquantaine de bléssé-e-s).

La Fédération Syndicale Etudiante revendique aussi une Université qui soit publique, gratuite, laïque, critique et Populaire. Nous sommes solidaires du mouvement étudiant chilien et dénonçons fermement la répression. En France aussi, nous devons lutter contre les velléités capitalistes qui s'insèrent dans nos campus.

Au Chili, parallèlement à la mobilisation étudiante, les grèves de travailleur-euse-s se multiplient contre la précarité et l'austérité salariale. Les mineurs du cuivre se mobilisent et plusieurs puits ont cessé le travail, et appellent à une convergence des luttes de l'ensemble des secteurs de la société chilienne : le 24 et 25 Aout prochain, dans cet esprit, une grande grève nationale va être organisée sous l'impulsion commune des mineur-euse-s et des étudiant-e-s (en vu notamment d'une nationalisation des mines chiliennes pour financer les réformes dans le système éducatif), sans doute le premier pas d'une mobilisation générale du pays.

Facs ouvertes aux enfants d'ouvrier-e-s ! Facs fermés aux intérêts privés !

Contre la précarité et l'austérité, seule la lutte collective paye !
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Re: Chili: Appel à l’action solidaire

Messagede Pïérô » 16 Aoû 2011, 10:50

une analyse traduite sur anarkismo, où on peut trouver d'autres éléments et infos http://www.anarkismo.net/article/20264

Manifestations étudiantes au Chili : Analyse de la situation et son évolution

Le mouvement étudiant au Chili a été un évènement dans la mobilisation sociale de l'après dictature et a réussi à ajouter une majorité d'étudiants à un processus de questionnement de quelques bases structurelles. Le mouvement étudiant au Chili a été un évènement dans la mobilisation sociale de l'après dictature et a réussi à ajouter une majorité d'étudiants à un processus de questionnement de quelques bases structurelles du système éducatif existant.

Si nous devions définir les éléments fondamentaux de la demande des étudiants , nous pourrions trouver de façon concrète que, bien que certaines revendications ne soient pas vraiment structurelles mais plutôt de l’ordre de la réforme, dans l’évolution des revendications des étudiants, ils sont reconnus, dans l’évolutions des revendications étudiantes comme des voix importantes au niveau des dirigeants et de la base qui a souligné les liens directs entre les changements souhaités et la nécessité de réaliser des changements fondamentaux, qui, évidemment, dépassent les revendications sectorielles.

Le scénario qui a émergé des mouvements étudiants au Chili est marqué par la faible crédibilité de la politique officielle de la société qui est le plus souvent non organisée et fragmentée, et a initié d’importants questionnements sociaux.

Les expériences récentes qui le confirment sont le soulèvement de la province de Magallenes contre la hausse du prix du pétrole, les gigantesques manifestations contre les projets de construction de centrales hydroélectriques dans le sud du pays (projet Hydro-aysen) et plus tard les protestations étudiantes , encore plus importantes, avec encore plus de participation, rarement vu dans le Chili contemporain, avec plus de 500000 personnes protestant pour l’éducation.

Un diagnostic plus ou moins partagé entre les diverses sphères politiques et les multiples organisations de gauche existantes dans le panorama des principales universités du pays font apparaître de graves problèmes sociaux tels que : accès à l’université marqué par les différences de classes sociales , un cout exorbitant des frais de scolarité , l’absence de démocratie à un degré plus ou moins important , et l’existence d’universités qui, ne respectant pas la législation en vigueur en profitent pour s’enrichir. Une discussion est en cours à l’intérieur de la Confédération des étudiants du Chili entre ceux qui veulent freiner la nouvelle réforme promise par le gouvernement, et d’autre part, veulent renforcer un projet éducatif défini par les étudiants.

Il faut prendre en compte divers éléments contextuels si on veut comprendre les richesses et les possibilités de ce mouvement. En premier lieu, la position du Chili comme terrain d’expérimentation néolibérale dans lequel l’entreprise a un rôle primordial et un Etat réduit à un rôle subsidiaire, et une population qui s’organise seule à certains niveaux. En second lieu, la position de faiblesse du premier gouvernement de droite depuis la dictature- et de son président en particulier- qui ont une faible opposition politique mais n’ont pas la sympathie du peuple. Un modèle d’éducation hérité de la dictature militaire et renforcé par les gouvernements successifs du Centre politique (La Concertacion) qui regroupe les membres du Parti socialistes et de la démocratie Chrétienne., qui ont donné un rôle significatif à la marchandisation de l’éducation à tous les niveaux et ont aidé à créer un système totalement ségrégatif et injuste où l’on trouve des institutions qui intègrent les étudiants, ayant un niveau économique élevé et d’autres qui intègrent des étudiants plus pauvres selon un tel niveau d’injustice que le prix d’une inscription universitaire excède toujours le salaire de la plupart des travailleurs chiliens.
Les conclusions précédentes sont importantes, puisqu’elles considèrent que certaines caractéristiques clefs du Chili, héritées de la dictature, étant présentes depuis des années, pourquoi est-ce aujourd’hui qu’émerge un tel mouvement ?

La réponse à cette question pourrait s’expliquer par différentes lecture d’une analyse plus longue des processus du mouvement. Néanmoins, il semble qu’il y ait un processus de maturation de la critique du système néolibéral imposé par la force et un niveau de participation étudiante croissant qui a évité la récupération par les leaders de la classe politique traditionnelle.

Le scénario actuel au début du mois d’aout est un peu différent de celui de juin quand les occupations des écoles et des universités et les manifestations de rues de plus en plus nombreuses. Malgré la faiblesse des médias gouvernementaux, il y a une impossibilité structurelle d’obtenir une éducation qui rompt avec le scénario néolibéral qui nous affecte.
En ce sens la victoire stratégique ne semble pas être possible à court terme mais c ‘est plutôt la reconstruction et l’organisation d’un tissu social qui font avancer vers une nouvelle société et un nouveau système d’éducation.

Cela se voit dans la radicalisation du mouvement des dernières semaines avec des combats de rues, des barricades et le soutien populaires dans les « concerts de casseroles » du 4 aout.

En résumé les étudiants de l’enseignement supérieur et secondaire ont été en mesure de passer de revendications sectorielles mineures au questionnement du modèle politique et économique, et cette transition a attiré la sympathie de différents secteurs sociaux permettant de prévoir un futur plus prometteur dans ce potentiel d’organisation populaire. Bien que les institutions n’aient pas été totalement dépassées, il existe aujourd’hui une nouvelle remise en cause des logiques néolibérales et de la classe politique, ce qui pourrait avoir comme conséquences favorables si un projet révolutionnaire était porté par le peuple organisé qui souhaite contester l’hégémonie du système actuel.


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site du FEL : http://www.fel-chile.org/
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Re: Chili: Appel à l’action solidaire

Messagede Pïérô » 18 Aoû 2011, 16:52

Manifs de soutien au mouvement étudiant chilien à Lyon et Paris aujourd'hui


Lyon : à 20h30 place Bellecour.

Manifestation de soutien au mouvement étudiant chilien

Cette mani­fes­ta­tion est orga­ni­sée par le col­lec­tif Lyon pour le Chili.

Notre mou­ve­ment vise à faire connaî­tre les mani­fes­ta­tions étudiantes qui mobi­li­sent le Chili actuel­le­ment pour une éducation publi­que, gra­tuite, libre et de qua­lité. Nous expri­mons notre soli­da­rité envers les reven­di­ca­tions des étudiants chi­liens et sou­hai­tons infor­mer le public de ces événements peu méd­tia­sés dans la presse fran­çaise.

Le Chili mani­feste actuel­le­ment pour avoir accès à une éducation gra­tuite et de qua­lité. Le sys­tème éducatif actuel s’est vu pri­va­tisé et privé de réels moyens finan­ciers pour offrir une éducation acces­si­ble et de qua­lité à tous.

Concernant l’éducation secondaire où les struc­tu­res d’éducation publi­que sont insuf­fi­san­tes, la qua­lité de l’éducation dépend des pos­si­bi­li­tés de payer une école privée. Les années uni­ver­si­tai­res sont extre­me­ment chères, à tel point qu’une grande majo­rité des étudiants doi­vent s’endet­ter de très nom­breu­ses années pour y accé­der.

Cela génère un sys­tème lucra­tif dans lequel les ban­ques pro­fi­tent également de cet endet­te­ment étudiant : 75 % du finan­ce­ment des uni­ver­si­tés vient des étudiants eux-mêmes. C’est l’Etat qui devrait assu­rer le droit à l’éducation !

Depuis le mois de mai 2011, les étudiants mènent de nom­breu­ses actions en ce sens (mani­fes­ta­tions paci­fi­ques, actes cultu­rels, « cace­ro­la­zos », et même des grèves de la faim) afin de faire com­pren­dre à l’actuel pré­si­dent Sebastian Pinera et son gou­ver­ne­ment que la situa­tion des famil­les suren­det­tées et le mau­vais sys­tème éducatif du pays n’est plus viable, ni accep­ta­ble.

L’Etat chi­lien ne four­nit pas de répon­ses aux reven­di­ca­tions et a inten­si­fié la répres­sion vio­lente envers les étudiants (plus de 500 arres­ta­tions). Il sem­ble­rait que les étudiants aient la volonté d’aller jusqu’au bout puis­que qu’une grève natio­nale est prévue le 18 août et que le mou­ve­ment étudiant rejoin­dra la mobi­li­sa­tion de la CUT (Centrale Unique de Travailleurs) les 24 et 25 août.

A tra­vers cette mani­fes­ta­tion nous vou­lons nous soli­da­ri­ser avec le mou­ve­ment chi­lien et mon­trer qu’ils ne sont pas seuls face à l’intran­si­geance du gou­ver­ne­ment chi­lien.

Nous vous invi­tons à nous rejoin­dre pour une pro­chaine mani­fes­ta­tion ce jeudi 18 Place Bellecour à 20 h 30. Amenez des bou­gies et votre bonne humeur !

P.-S.
Pour plus d’informations ou pour nous contacter vous pouvez nous écrire à l’adresse suivante : lyonpourlechili (at) gmail.com ou sur le blog : http://lyonpourlechili.blogspot.com/

Nous vous invitons également à nous rejoindre sur notre page facebook : http://www.facebook.com/groups/152305034852868/



Paris : 18h30 face à l'ambassade du Chili

Manifestation pour une éducation gratuite de qualité pour tous au Chili

Depuis avril 2011, les étudiants chiliens ont lancé un mouvement de contestation du "système éducatif chilien" hérité de la dictature de Pinochet et jamais remis en cause par les gouvernements civils de la Concertation qui lui ont succédé depuis 21 ans.

Les étudiants, comme les lycéens qui les ont rejoints, mènent depuis la mi-avril 2011 de nombreuses manifestations dans plusieurs villes du pays, soutenus par leurs professeurs et enseignants ainsi que par leurs familles. Ils réclament une ÉDUCATION GRATUITE ET DE QUALITÉ POUR TOUS.

Selon une enquête du quotidien La Tercera, publiée le 13 août, 76 % de la population chilienne soutient les revendications des étudiants et des lycéens. Les propositions faites par le gouvernement sont rejetées par 65 % des personnes interrogées. 75 % dénoncent la mauvaise qualité de l’éducation et sa commercialisation.

Le 19 juillet, 8 lycéens de la commune de Buin ont commencé une grève de la faim pour réclamer "une éducation d’état, laïque, gratuite et d’excellence" et la "renationalisation" du cuivre pour la financer.

Le 13 août, on comptait dans le pays 31 étudiants en grève de la faim : 20 d’entre eux sont lycéens et 11 sont universitaires. 4 dans la commune de Buin, 4 au Lycée Dario Salas et 3 dans le Lycée expérimental Artistique. Un étudiant est en grève au siège Chillan de l’Université de Bio Bio. 9 étudiants de l’UFRO à Temuco sont en grève de la faim, 4 à la faculté Andrés Bello, 5 à la Faculté de Médecine, 3 à l’université Catholique de Temuco. A Castro 5 lycéens sont en grève de la faim ainsi que 4 à Quellon.

C’est pourquoi nous appelons à soutenir ce vaste mouvement qui parcourt le Chili tout entier et à dénoncer la lourde répression que le gouvernement a déclenché contre les étudiants et lycéens manifestants.

VENEZ NOMBREUX AU RASSEMBLEMENT CE MARDI 18 AOÜT à partir de 18H30 FACE A L’AMBASSADE DU CHILI place Salvador Allende - Paris (Mo La Tour Maubourg)

Association de ex-prisonniers politiques au Chili Association RELMU, Collectif pour les Droits de l’Homme au Chili, FEDACH (Fédération des Associations Chiliennes) Terre
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Re: Chili: Appel à l’action solidaire

Messagede Pïérô » 27 Aoû 2011, 01:24

çà chauffe toujour, et la grève générale permet la convergenve des luttes. Mais il y a un mort :

Est-on en train de vivre un printemps arabe au Chili ?
Un adolescent de 14 ans a été tué par la police d’un coup de feu à la poitrine.


les manifestations dégénèrent au Chili
Le jeune est mort ce matin des suites de ses blessures après avoir été victime d’un tir de la police lors de la grande manifestation organisée hier à Santiago du Chili. Il s’agit de la première victime après plusieurs mois de manifestation contre la politique de l’impopulaire président Pinera, dont la réforme sur l’éducation rencontre l’hostilité de la majorité des chiliens.

Le jeune de 14 ans s’appelait Manuel Gutierrez. Il a été tué près d’une barricade alors que les manifestants se battaient contre les forces de police. Le Chili est paralysé par une grève générale depuis maintenant 48 heures. Les témoins présents ont tous condamné la police pour avoir ouvert le feu. Le secrétaire au ministre de l’intérieur, Rodrigo Ubilla, a eu ce commentaire : « la mort d’un citoyen est un problème très sérieux. Nous devons tous être triste aujourd’hui car nous n’avons pas été en mesure de conduire ces manifestations de manière pacifique. On ne résoudra pas les problèmes de ce pays en balançant des pierres ou en attaquant les gens. La solution, c’est le dialogue. »

Mené par les étudiants qui demandent la gratuité de l’éducation, des centaines de milliers de chiliens défilent dans al rue depuis plusieurs mois pour demander au gouvernement une meilleure redistribution des revenus provenant du boom des compagnies minières. Hier, de nombreux jeunes ont bloqué les routes du pays, mettant le feu à des piles de pneus et balançant des pierres sur des voitures traversant Santiago. Pour disperser les manifestants, la police chilienne utilise les canons à eaux et le gaz lacrymogène. Depuis mercredi, 1300 personnes ont été arrêtées et incarcérées par la police. Deux policiers ont été grièvement blessés par des armes à feux tandis que les commerces et supermarchés de santiago sont dévalisés par les pilleurs

http://actualutte.info/?p=5547
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Re: Chili: Appel à l’action solidaire

Messagede kuhing » 14 Nov 2011, 17:58

Il y a quelques jours au Chili :

Manifestation pour l'éducation Valparaiso 9/11/2011 - Interciudad

kuhing
 

Re: Chili: Appel à l’action solidaire

Messagede Sid » 26 Déc 2011, 12:33

http://lechatnoiremeutier.wordpress.com/

Manifestation pour les prisonniers des combats de rue à Santiago (Chili)

La manifestation en solidarité avec les prisonniers des combats de rues a eu lieu le 16 décembre dernier à Santiago.

La manifestation a débuté à 19h00 Plaza de Armas à Santiago et est passée dans le centre de la capitale avec peintures et propagande.

Pour rappel, plusieurs camarades sont incarcérés pour leur présence et leur soutien dans les manifestations et les protestations sociales qui ont eu lieu ces derniers temps.

Dont:

- Francisco Moreno

Concession de la prison de Santiago 1. Module 35.
Arrêté lors d’une manifestation étudiante le 14 juillet 2011, étudiant accusé d’avoir lancé un cocktail Molotov sur l’ambassade du Brésil où deux policiers anti-émeute ont été blessés dont un avec de graves brûlures.

Francisco est repéré par des policiers en civil qui l’auraient identifier par ses vêtements et une photo sur laquelle il est cagoulé. Enfin, il est poursuivi pour blessures graves et tentative d’assassinat et possession d’armes (cocktails Molotov).

Il est actuellement en attente de procès.

- Cristobal Franke, “Mono”

Unité spéciale de haute sécurité. Module de haute sécurité.
Le 11 Septembre 2011 à la manifestation en signe de protestation de l’anniversaire du coup d’Etat et démocratique, un flic est sévèrement passé à tabac, où Cristobal est accusé d’y avoir participé. Dans les jours suivants il est identifié et arrêté par DIPOLCAR, puis incarcéré à la prison le 22 septembre 2011.

Le compagnon Cristobal est un militant vegan anti-autoritaire connu pour militer au sein des squats et agir en solidarité avec les prisonniers et pour la libération animale.

Aujourd’hui il est poursuivi pour blessures graves sur policiers et est en détention
préventive.

- Gonzalo Zapata

Haute Sécurité Unité Spéciale. Module de haute sécurité.
Il a été arrêté lors de la journée du mardi 27 septembre, après avoir été perquisitionné à
son domicile, accusé d’avoir participé à des affrontements avec la police dans le cimetière
du général Montana le 11 septembre.

Il est actuellement en détention et en attente de son procès.

- Elias Zerman

Unité spéciale de haute sécurité. Module de haute sécurité.
Détenu à la prison de Santiago 1 depuis le 22 septembre 2011, après avoir été arrêté et inculpé pour avoir lancé un cocktail Molotov sur une voiture des forces répressives.

Il est actuellement incarcéré, placé en détention provisoire en attente de son procès.
Solidarité avec les prisonniers des affrontements de rue

Source: http://liberaciontotal.lahaine.org/?p=3935

Traduit de l’espagnol par le Chat Noir Emeutier (25/12/2011)
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Chili

Messagede ivo » 10 Juin 2012, 21:34

Violents affrontements à Santiago du Chili
fr info
De violents heurts ont opposé des manifestants à la police au Chili, aujourd'hui à Santiago, la capitale du pays, lors d'une cérémonie en hommage à l'ex-dictateur Augusto Pinochet.

Les manifestants cagoulés se sont opposés à la manifestation à coups de pierres et de bâtons. Ce sont les affrontements les plus violents de ces derniers mois
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Re: Chili

Messagede ivo » 11 Juin 2012, 10:40

Violents affrontements lors d’un hommage à l’ancien dictateur Pinochet
http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-V ... filDMA.Htm
De violents affrontements ont éclaté dimanche dans le centre de Santiago entre la police et quelque 3 000 manifestants opposés à une cérémonie en hommage à Augusto Pinochet, faisant 16 blessés - 14 policiers et deux journalistes - tandis que 25 personnes ont été arrêtées, selon les autorités

Ces affrontements, parmi les plus violents de ces derniers mois, - qui illustrent à quel point la figure de l’ex-dictateur divise encore la société chilienne -, se sont concentrés près du théâtre Caupolicán, à quelques centaines de mètres du palais présidentiel où des manifestants cagoulés se sont opposés aux forces de l’ordre, armés de pierres et de bâtons.

La police, qui avait déployé des moyens importants pour empêcher toutes violences, a pour sa part eut recours à des gaz lacrymogènes et à des lances à eau pour disperser les quelque 3 000 manifestants. Les heurts ont duré plus de trois heures.

Polémique autour d’un documentaire

« Assassin, assassin ! », scandaient les manifestants qui se trouvaient à proximité du théâtre Caupolican, dans le centre de la capitale chilienne, pour protester contre la cérémonie au cours de laquelle était projeté un documentaire intitulé « Pinochet », consacré à l’ex-dictateur resté au pouvoir de 1973 à 1990.

« Il est totalement immoral que l’on rende hommage à un assassin, à un génocidaire, qui a assassiné, torturé, fait disparaître des gens ou les a forcés à l’exil, et a laissé le peuple dépouillé de tous ses droits sociaux » a déclaré à Yolanda Contreras, une des manifestantes. Quelque 2 000 partisans de l’ex-général étaient réunis dans la salle de spectacles.

« Je viens faire acte de présence, parce que nous nous n’avons pas le droit de parler. Je suis pinochetiste depuis l’âge de 15 ans, quand j’étais étudiante et je ne vais pas changer d’avis, ni mes enfants non plus » martèle ainsi Lucila Ruiz. La cérémonie a été organisée par la Corporation 11 septembre, qui tire son nom de la date du coup d’Etat contre le gouvernement socialiste du président Salvador Allende qui l’a porté au pouvoir le 11 septembre 1973.

« C’est une cérémonie pour honorer l’histoire »

À l’intérieur du théâtre, avant la projection du documentaire, plusieurs partisans de l’ex dictateur ont pris la parole dont son petit-fils, Augusto Pinochet Molina, seul membre de la famille présent. « C’est une cérémonie pour honorer l’histoire » a-t-il ajouté. « J’estime qu’en démocratie, nous avons tous le droit de présenter ce documentaire », a déclaré l’ancien militaire Juan González, président de la Corporation 11 septembre. « Nous nous sommes tus pendant 20 ans et maintenant nous commençons à parler » a-t-il ajouté.

Près de 40 ans après le coup d’Etat contre le président Salvador Allende, le documentaire expose la situation politique ayant précédé le putsch et recense les principales réalisations du régime. À l’époque où le général Pinochet était au pouvoir, 3 225 personnes ont été tuées ou ont disparu et 37 000 cas de tortures et de détentions illégales ont été recensés.

Des autorités qui « respectent le droit de réunion »

L’annonce de cette soirée d’hommage quelques jours avant son déroulement a provoqué une vive polémique entre les défenseurs de la liberté d’expression et les familles des victimes, déterminées à faire interdire l’événement. Le gouvernement a déclaré qu’il ne s’associait pas à l’initiative, mais qu’il respectait le droit de réunion.

Quant à la justice, elle a rejeté le recours déposé par le Groupe des proches de détenus et de disparus pour tenter de l’interdire, estimant qu’il n’était pas dans ses attributions d’interdire un événement dans un lieu privé.

Toutefois dimanche, dans un entretien à la télévision nationale, un ancien membre du régime, actuel porte-parole du gouvernement du président Sebastián Piñera, Andrés Chadwick, a avoué « se repentir profondément » d’avoir soutenu la dictature en raison de la « violation brutale des droits de l’homme durant le gouvernement militaire ».
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