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Messagede bipbip » 04 Oct 2017, 20:24

Communiqué de la CGT : Grève massive en Catalogne

Suivi à plus de 80 % dans la plupart des secteurs de production

Nous assistons à une grève très massive dans toute le territoire catalan, suite à l’appel de la CGT, IAC, COS i I-CSC. C’est pour nous un succès sans appel .

Dans les métros et les bus de Barcelone l’appel a été suivi à plus de 90%, les écoles sont quasiment toutes fermées, dans les principales entreprises du secteur des TIC (DXC, T-Systems, Indra,…) les pourcentages atteignent 65 à 90%. Le secteur public est en grève à 90% et les commerces dans les villes ont fermé le rideau. Mecabarna (marché alimentaire) est également fermé. Les ports sont en grève avec de chiffres avoisinant les100%. Seuls l’industrie est en retrait mais avec un taux de grévistes atteignant quand mêmes les 50%

Nous voulons pointé avant tout le caractère social de cette grève, avec de nombreux piquets de grève, autogérés, dans les quartiers, qui ont mené les actions qu’ils ont jugées les plus appropriées pour arrêter l’activité économique et productive, l’objectif d’une grève générale.

Cette grève est un succès malgré les tentatives de l’enrayer par les syndicats CCOO et UGT. Ils ont essayé de répandre l’idée d’une fermeture limitée ou de débrayage court, en accord avec l’employeur, cherchant à casser la grève générale. Alors que tout le monde pressentait déjà hier que cette grève serait énorme hier, ils sont toujours restés en retrait. Malgré cela, la majorité de la population active catalane a répondu massivement au mot d’ordre de grève générale.


http://al45.org/2017/10/03/communique-d ... catalogne/


Barcelone : 300 000 personnes manifestent contre les violences policières
Près de 300 000 personnes manifestaient ce mardi 3 octobre à Barcelone contre les violences policières qui ont émaillé l'organisation d'un référendum interdit dimanche en Catalogne.
... http://www.midilibre.fr/2017/10/03/barc ... 569475.php
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Messagede Pïérô » 05 Oct 2017, 14:20

700 000 personnes !

"Le salaire que je perds aujourd’hui, c’est anecdotique" : Barcelone au rythme de la grève générale
Deux jours après le "oui" au référendum, 700 000 personnes ont manifesté à Barcelone, mardi, selon la police municipale. Franceinfo était dans le cortège.
Jan a d’abord cru que c’était un "camarade" qui tentait gentiment de lui chiper son drapeau catalan. C’était avant de voir la démarche brinquebalante du bonhomme, vraisemblablement ivre après une sortie en discothèque. ll fait encore nuit noire, mardi 3 octobre, mais l'anecdote a rapidement fait le tour des premiers manifestants qui attendent sagement le top départ près du métro Liceu, au milieu de la célèbre Rambla de Barcelone (Espagne).
... http://www.francetvinfo.fr/monde/espagn ... 01456.html



Manuel Cervera-Marzal : "Le référendum catalan, c’est l’action de désobéissance civile la plus massive de l’histoire de l’Union Européenne"

La Catalogne s’embrase sur fond de processus d’indépendance. Quelles sont les forces en présence ? Comment se positionne la gauche espagnole ? Va-t-on vers une guerre de sécession ? Manuel Cervera-Marzal, sociologue spécialiste de la gauche espagnole, nous aide à y voir plus clair.



http://www.regards.fr/web/article/manue ... obeissance
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Messagede bipbip » 07 Oct 2017, 19:36

Entre le gouvernement espagnol et la Catalogne, l’histoire d’une séparation

Le référendum organisé dimanche par les forces indépendantistes catalanes, ainsi que la féroce répression qui s’en est suivie, trouvent leur explication dans la lente dégradation d’un processus qui avait démarré de manière favorable dans les années 2000, avant de se heurter aux refus réitéré de toute forme de concession de la part du gouvernement central. Les revendications catalanes sont alors progressivement passées d’une autonomie négociée, à une volonté d’indépendance pure et simple. Celle-ci ne peut être que renforcée par les événements des derniers jours.

... https://www.bastamag.net/Entre-le-gouve ... separation
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Re: Espagne

Messagede bipbip » 08 Oct 2017, 15:02

Traduction de l'appel à la grève du 3 octobre

Image

On choisit de lutter ! Le 3 octobre, toutes et tous à la grève générale !

Les syndicats, organisations et collectifs signataires de cet appel souhaitent communiquer ici aux travailleuses et à l’ensemble des classes populaires notre positionnement par rapport aux événements qui ont eu lieu ces derniers jours dans les rues de nos villes et de nos villages.

Depuis plusieurs années, nous avons observé l’escalade de tensions dans un conflit, désormais historique, qui visait à réduire les droits fondamentaux de la population. Nous venons d’une tradition syndicale et politique qui a toujours dans l’histoire défendu les droits et les libertés de la classe opprimée et qui a pris la rue quand il le fallait pour arracher au pouvoir ce qui nous permet maintenant d’être les actrices et acteurs de notre présent et de notre futur.

En tant que libertaires et que partie active des mouvements syndicaux, populaires et associatifs de Catalogne, nous défendrons toujours le droit à l’auto-détermination des peuples – à commencer par le nôtre. Nous entendons cela comme un principe de base du confédéralisme, condition nécessaire à la cohabitation humaine dans un régime égalitaire. Nous disons clairement que toute émancipation complète est impossible sans avoir auparavant éliminer la structure économique qui la restreint, le capitalisme. Tant que cela n’a pas lieu, les conditions de vie de la classe travailleuse continueront d’être écrasées par une oligarchie espagnole et catalane qui sont toujours main dans la main pour imposer des contreréformes en matière de droit du travail et pour diminuer les droits sociaux.

Cela étant, nous voulons dénoncer la militarisation et la répression que nous subissons de la part de l’État espagnol, qui dévoile par là son vrai visage autoritaire en imposant sa volonté jusqu’au bout, quelqu’en soient les conséquences. Nous nous sommes toujours opposé-e-s à quiconque voulait militariser la Catalogne – ou n’importe quel territoire – contre les grandes protestations populaires et toute aspiration d’émancipation sociale.

Nous nous opposons à la répression de l’État parce que nous l’avions expérimenté de manière systématique et continue dans nos propres corps, dans la rue et dans les entreprises. Pour cela également, nous voulons dénoncer la nature répressive de la Généralité de Catalogne, qui a, ces dernières années, persécuté, frappé, arrêté et emprisonné toutes celles et ceux qui ont refusé de regarder ailleurs quand les droits civils et humains du peuple étaient piétinés. Nous n’oublions pas la façon dont les Mossos d’Escuadra nous ont délogé de la place de Catalogne, ont arrêtés et trainés en justice des syndicalistes pour avoir participé à la manifestation qui avaient encerclée le parlement quand nos droits sociaux étaient rabotés. Nous n’oublions pas les arrestations et les emprisonnements des grandes opérations policières comme les récentes opérations Pandora ou encore les morts et les mutilations. En bref, nous ne permettrons pas qu’on nous prenne ce qui est à nous, quelque soit la couleur du drapeau dont ils se draperont.

Pour nous, l’auto-détermination et l’émancipation de nos villages et de nos villes ne peut se cantonner seulement dans une décision de marquage territorial concret. La liberté collective ne sera possible qu’avec l’action décidée du peuple et des travailleuses face à un Etat et des élites politiques qui maintiennent des structures antisociales, hétéropatriarcales et oppressives qui sont aussi défendues par quelques-uns des acteurs du mouvement souverainiste catalan. L’autodétermination et l’émancipation ne seront possibles qu’à travers l’action insoumise des opprimées, ce qui veut dire par la défense et l’amélioration de leurs conditions matérielles de vie. La socialisation des moyens de production et de la richesse, l’élimination de toutes les formes d’oppression, comme l’hétéropatriarcat et ses différentes structures de pouvoir, autant explicites qu’implicites, la liberté la plus large de décision et la participation de toutes à travers l’action directe et l’autogestion seront les éléments qui nous rendront réellement libres.

Ainsi, nous pensons que c’est le peuple, constitué en sujet politique et de classe, qui doit tenir lieu de base pour un grand changement social et c’est pourquoi nous saluons et défendons l’extension des organisations populaires de base pour pratiquer la désobéissance et faire front au contexte autoritaire existant. Nous voulons que cette attitude de désobéissance et de confrontation avec l’autorité aille encore au-delà de la conjoncture actuelle et soit opposée à toutes les injustices auxquelles nous sommes soumises.

Pour toutes ces raisons, nous faisons un appel aux travailleuses de Catalogne à participer aux mobilisations en défense de nos droits et de nos libertés et plus particulièrement à participer de manière massive à la grève générale convoquée pour le mardi 3 octobre. Parce que l’esprit combattif qui anime historiquement cette partie du globe ne sera pas éteint si facilement, parce que nous sommes la classe des travailleuses et des travailleurs et que nous voulons décider de tout, c’est notre tour de descendre dans la rue, c’est notre tour de lutter !

Signataires :
CGT Catalogne
Negres Tempestes (Tempêtes Noires)
Embat, organisation libertaire de Catalogne
Heura Negra, assemblée libertaire de Vallcarca
CNT Catalogne et Baléares
Oca Negra, assemblée libertaire du Clot-Camp de l’Arpa
Solidaritat Obrera (Solidarité Ouvrière)

Traduction : Relations Internationales de la Coordination des Groupes Anarchistes (CGA)


https://www.anarkismo.net/article/30551
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Re: Espagne

Messagede bipbip » 11 Oct 2017, 15:26

Catalogne : combien de divisions ?
Plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté à Barcelone dimanche 8 octobre pour le maintien de la Catalogne dans l’Espagne. Initiée par les partisans d’une ligne dure contre les indépendantistes et flirtant souvent avec les symboles du franquisme, la manifestation a rassemblé nombre de Catalans hostiles à une séparation avec Madrid.
... https://rapportsdeforce.fr/linternation ... ns-1009944


La Catalogne entre deux feux Suivi de « Indépendance : bien au-delà d’un État en soi » Par Ivan Miró
Dimanche 1er octobre, jour du référendum pour l’indépendance de la Catalogne, jugé illégal par le Tribunal constitutionnel de l’État espagnol, plus de deux millions de Catalan.es se sont rendu.es aux urnes, accueilli.es par de violentes charges policières. Les déclarations du président Mariano Rajoy « fier de l’action de la police », celles du roi (« Le problème en Catalogne, c’est les indépendantistes ») et le soutien des socialistes libéraux et journalistes d’État creusent encore le fossé. Face aux aspirations à l’autodétermination, les autorités espagnoles refusent tout dialogue et cherchent à imposer le statu quo par la force. Pour comprendre ce qui s’est passé ces derniers jours, voici le témoignage d’un français qui a vécu les événements depuis Barcelone, suivi de la traduction d’un article datant de 2012, montrant deux visions de l’indépendance qui coopèrent et s’affrontent tour à tour : social-libéral versus libertaire-révolutionnaire.
... http://jefklak.org/?p=4503
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Re: Espagne

Messagede bipbip » 27 Oct 2017, 01:40

Etat espagnol-Catalogne. L’article 155 et la mise entre parenthèses de la démocratie

Suite à la décision ferme du régime tripartite (Parti Populaire, Ciudadanos, Parti socialiste ouvrier espagnol), avec le roi Felipe VI à sa tête, visant à donner l’interprétation la plus dure, et en même temps la plus discutable, de l’article 155 de la Constitution [1], nous entrons irrémédiablement dans les jours clés, en termes de rapports de forces, de l’épreuve qui depuis quelques années a pris jour concernant la revendication majoritaire du peuple de Catalogne, soit celle ayant trait à son droit légitime de décider de son avenir.

En effet, avec l’intention de faire de Mariano Rajoy le président de la Catalogne, de dissoudre le Parlement catalan afin de pouvoir convoquer de nouvelles élections et de placer sous son contrôle la police régionale [Policia de la Generalitat de Catalunya-Mossos d’Esquadra] et les médias – entre autres mesures – le régime vise à mettre fin à l’autonomie catalane. Mais, de plus, comme l’écrivait récemment Javier Pérez Royo [2], il s’agit de mettre fin au nationalisme catalan comme option politique légale. Nous pouvons y ajouter: et à toute opposition au régime, avec parmi ses cibles le parti Unidos Podemos.

C’est ce qui a déjà été proclamé par les porte-parole du PP, tels García Albiol [maire de Badalona jusqu’en 2015 et président de Groupe populaire dans le parlement de Catalogne] et Pablo Casado [membre du PP et vice-secrétaire chargé de la communication]. Ils n’ont manifesté aucune retenue pour étendre la menace d’interdiction envers des forces politiques républicaines ou simplement à inclure dans leur programme des propositions qui vont à l’encontre de la Constitution. C’est ce à quoi nous sommes confrontés: un nationalisme-constitutionnaliste espagnoliste et militant. Et pour cette raison, cela relèverait d’une très grave erreur que de considérer ce conflit comme ne concernant que la Catalogne.

Cette décision – qui sera sans doute approuvée, le 27 octobre, par un Sénat à la majorité absolue du PP [le PP détient 148 sièges sur 266] – est également précédée de l’emprisonnement «préventif», accusé du crime de «sédition» [passible de 15 ans de prison], de Jordi Sànchez [président de l’Assemblée nationale catalane] et de Jordi Cuixartl [président de l’association Òmnium Cultural], dirigeants de deux grandes organisations sociales ayant organisé les plus grandes mobilisations pacifiques en faveur du droit de décider qui se sont tenues en Catalogne depuis 2012.

Et peu de temps après, le Tribunal constitutionnel (TC) a jugé illégale la loi du référendum approuvée par le Parlement [catalan], qui la fondait, comme il est de coutume dans ce cas, sur les articles 1 et 2 de la Constitution («l’autonomie» – en bref – n’est pas la «souveraineté», le TC dixit). En fait, une démonstration supplémentaire que toute promesse de réforme constitutionnelle qui ne remet pas directement en question ces articles ne peut jamais ouvrir la voie à un véritable pacte fédéral entre les peuples [3].

La réponse depuis la Catalogne ne s’est pas fait attendre: la manifestation d’hier, le 21 octobre, pour la liberté des deux «Jordis» s’est également transformée en une dénonciation massive et indignée de la décision du Conseil des ministres d’appliquer l’article 155 de la Constitution, ainsi qu’en une réaffirmation de la volonté de centaines de milliers de personnes [450’000 selon la police] de désobéir à ce qui est perçu comme un véritable état d’urgence et un démantèlement de leurs institutions d’autonomie [d’auto-gouvernement]. En résumé, il s’agissait d’un coup porté à la démocratie, en somme, cela signifierait le retour à 1977, avant même l’instauration de la Generalitat qui, aujourd’hui, a quarante ans.

Cependant, la chose la plus grave réside dans l’alignement complet des rangs du régime, avec le soutien des grandes puissances économiques de l’IBEX 35 [indice de la Bourse de Madrid] et des principaux dirigeants de l’UE, un régime qui a reçu le plein soutien de la nouvelle direction du PSOE [Pedro Sánchez]. Sont sapées ainsi les illusions qu’avaient générées la défaite électorale interne du felipismo [allusion à la défaite de Susana Diaz soutenue par Felipe Gonzales lors des primaires au sein du PSOE, en mai 2017] et le changement initial de discours de Pedro Sánchez avec sa reconnaissance timide de la plurinationalité face au nationalisme espagnol monocorde et exclusif de Rajoy.

Une fois de plus, au sein du PSOE, la «(sans) raison d’Etat» s’est imposée contre la raison démocratique. Il n’y a pas si longtemps, la défense de certains de ses dirigeants catalans s’exprimait au moins de la manière suivante: nous sommes en faveur d’un référendum consultatif. Heureusement, il n’a pas fallu trop longtemps pour que des premières critiques soient émises par des responsables publics du PSC (Parti socialiste de Catalogne) face à une décision qui, certainement, va impliquer la décomposition de ce parti en Catalogne et son identification, dans le reste de l’Etat, avec le PP, avec Ciudadanos dont le mordant ultranationaliste n’a plus besoin de se déguiser en libéral et, surtout, une identification avec ce que va impliquer l’enterrement définitif d’un Etat autonome, déjà agonisant.

... https://alencontre.org/europe/espagne/e ... ratie.html
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Re: Espagne

Messagede bipbip » 30 Oct 2017, 11:55

Démocrates contre la démocratie

Le déclenchement de l’article 155 par Madrid et la suspension du Parlement catalan constituerait une nouvelle étape d’un processus de destruction de la démocratie débuté en Grèce.

... http://www.liberation.fr/debats/2017/10 ... ie_1606297
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Re: Espagne

Messagede bipbip » 01 Nov 2017, 12:51

CGT-CNT-Solidaridad Obrera
Les anarcho-syndicalistes s’expriment sur la situation en Catalogne


Nous, organisations signataires, partageons l’inquiétude quant à la situation en Catalogne, la répression déchaînée par l’État, la perte de droits et de libertés que cela suppose et va supposer et la montée d’un vieux nationalisme qui apparaît de nouveau dans une grande partie de l’État espagnol.

Nous défendons l’émancipation de tous les travailleurs et travailleuses de Catalogne et du monde entier. Peut-être, dans ce contexte, convient-il de rappeler que nous ne comprenons pas le droit à l’autodétermination comme le comprennent les partis et les organisations nationalistes mais pour nous il s’agit du droit à l’autogestion sur un territoire déterminé.

Entendu de cette manière, l’autodétermination passe plus par le contrôle de la production et de la consommation par les travailleurs et les travailleuses, pour une démocratie directe de bas en haut, organisée selon les principes fédéralistes, que par l’établissement d’une nouvelle frontière ou la création d’un nouvel État. En tant qu’internationalistes, nous pensons que la solidarité entre les travailleurs et les travailleuses ne doit pas être limitée aux frontières de l’État, c’est pourquoi il nous importe peu où elles se situent.

Ce qui nous paraît vraiment préoccupant c’est la réaction dans le reste de l’État ; l’exaltation d’un "espagnolisme" rance, qui rappelle des temps passés, encouragé par les médias et en accord avec la dérive autoritaire du gouvernement, est patent depuis l’incarcération de personnes pour avoir prôné des actes de désobéissance ou l’application de l’article 155 de la Constitution.

Il ne nous échappe pas que ce surgissement nationaliste assoie les bases de prochaines limitations de droits et de libertés, contre lesquelles nous devons nous prémunir. La vibrante unité des soi-disant « forces démocratiques » pour justifier la répression, augure d’un horizon sombre pour toutes les futures dissidences. Il semblerait que le régime post-franquiste qui nous gouverne depuis 40 ans, serre les rangs pour assurer sa continuité.

Ce régime, qui a existé et qui existe en Catalogne comme dans le reste de l’État espagnol, sent que sa propre survivance est en jeu. Amplement remis en question et soumis à une profonde crise de légitimité, il observe, alarmé, le nombre grandissant de fronts ouverts. A la menace sur l’intégrité territoriale de l’État s’ajoutent les scandales de la corruption, la perte de prestige de la monarchie, la remise en cause des restrictions appliquées à la population, le mécontentement que provoque l’esclavagisme dans le travail dû aux dernières réformes du travail, l’allongement de l’âge du départ à la retraite, la baisse des pensions, etc... Les constants appels pour défendre la constitution doivent être compris comme le tocsin pour interrompre cette véritable crise existentielle qui l’assaille. Le danger est que dans ce processus les comportements répressifs – comme ceux qui se sont déroulés récemment dans plusieurs villes catalanes - deviennent la norme. Ou des comportements pires encore.

Évidemment nous ne savons pas dans quel sens vont aller les événements. Nous resterons attentif et attentives à ce qui se passe, disposées à défendre les intérêts des travailleurs et des travailleuses partout dans l’État. Nous nous opposerons de toutes nos forces à la répression et à la normalisation des attitudes ultra droitières, qu’on sent déjà. Bien sûr, nous ne nous laisserons pas non plus manipuler par les stratégies des partis politiques dont les objectifs nous sont étrangers. En même temps, nous ne cesserons pas d’appuyer les mobilisations de la classe laborieuse quand elle le décidera, enfin c’est le moment de se défaire du dictât des élites politiques et économiques qui depuis trop de temps œuvrent au contrôle du territoire pour servir, exclusivement, ses propres intérêts.

En tant qu’organisations syndicales de classe, libertaires et combatives, nous serons dans la rue, dans les mobilisations, comme nous l’avons fait dans beaucoup d’autres occasions, contre la répression, les restrictions des droits et des libertés et contre la corruption.

Il se peut que la crise de la Catalogne soit le coup de grâce d’un modèle d’État qui agonise. Que ce changement se résolve dans un sens ou dans un autre dépendra de notre capacité, en tant que classe, à porter le processus dans la direction opposée à la répression et à l’essor des nationalismes. Ayons confiance dans notre capacité à parvenir à ce que le résultat final soit plus de libertés et de droits et non le contraire. Nous jouons gros.

Pour les droits et les libertés !

Contre la répression des classes laborieuses !

Déclaration cosignée de trois organisations anarcho-syndicalistes :
• Confederación general del trabajo
• Confederación nacional del trabajo
• Solidaridad obrera

Traduction : Christine Gillard (amie d’AL)


http://alternativelibertaire.org/?anarc ... -catalogne
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Re: Espagne

Messagede bipbip » 02 Nov 2017, 14:33

Catalogne : comment en est-on arrivé là ?

Président catalan réfugié à Bruxelles, incarcérations de responsables associatifs pour sédition et poursuites de responsables politiques pour rébellion, blocage de sites internet, saisies d’urnes par la police lors du référendum… La crise politique entre les indépendantistes catalans et le gouvernement espagnol prend une tournure inquiétante, au cœur même de l’Union européenne. Les élections anticipées prévues le 21 décembre permettront-elles le retour d’un débat démocratique et apaisé ?

... https://www.bastamag.net/Catalogne-comm ... -arrive-la
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Re: Espagne

Messagede Pïérô » 29 Déc 2017, 00:28

Catalogne

L’offensive post-franquiste de Madrid

L’offensive post-franquiste de Madrid

On ne peut réduire les événements de ces derniers mois en Catalogne à un simple affrontement entre deux nationalismes qu’il suffirait de renvoyer dos à dos, pour clore le chapitre d’une situation qui gêne un peu tout le monde car elle ne rentre pas dans les moules idéologiques et prévisionnels des différentes chapelles de la galaxie anticapitaliste.

Les Etats et les bourgeoisies européennes, qui ne semblent pas accorder grand crédit à Puigdemont (et comme, pour une fois, on les comprend !), se foutent pourtant sans doute que telle ou telle partie d’un Etat s’indépendantise du moment que les affaires continent. En revanche, elles sont très attentives à la manière dont cette indépendance est obtenue car elles savent, en fonction du rapport de force entre les classes sociales au sein de l’éventuelle nouvelle entité, qu’elle peut préfigurer quelques ennuis pour elles. Non pas, bien sûr, que menace une « société sans Etat » ou un quelconque communisme libertaire, mais possiblement une situation tendue dans laquelle les classes populaires relèveraient la tête et se mêleraient de faire baisser le taux de profit.

Dépecer l’ex-Yougoslavie, pas de problème ; soutenir la dissidence des Républiques baltes ou la partition de la Tchécoslovaquie, pas de problème bien au contraire. Outre l’opportunité d’achever la bête soviétique, c’était de nouveaux marchés qui s’ouvraient aux Occidentaux.
Mais pour l’Irlande ou le Pays Basque, ce fut une autre question ! Trop de forces politiques incontrôlables, trop d’incertitudes, trop de revendications sociales, pas assez de nationalisme pur ! Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes n’est à leurs yeux qu’un habillage propagandiste que l’on applique ou pas, selon les besoins. L’intervention du gouvernement de Madrid n’est qu’un exemple de plus, après les référendums sur l’Europe en France et aux Pays-Bas, après le Brexit qui sans doute ne se fera pas, que les décisions des institutions dites représentatives ne valent que si elles vont dans le bon sens et qu’on revotera autant de fois qu’il le faut, quitte à employer la force.

Le mouvement social aurait-il plié bagage ?

Il peut paraître incompréhensible qu’une partie de la population qui, il y a peu encore, exprimait à des degrés divers plus que sa défiance vis-à-vis des autorités catalanes se soit assez vite retrouvée à les défendre. S’agit-il d’un simple et classique mécanisme de ralliement à un nationalisme qui ne faisait que sommeiller et qui a mis les oppositions de classe au second plan ? Pas totalement, loin de là.

On se souvient qu’au cours de ces dernières années de nombreux conflits ont émaillé la vie politique catalane en mettant aux prises la Generalitat et sa police avec les secteurs sociaux les plus combatifs : quand les travailleurs ont subi une détérioration significative de leurs conditions de vie avec une baisse générale des salaires ; quand les réformes du Code du travail des années 2010 et 2012 ont réduit les possibilités d’action face aux employeurs ; du fait aussi d’une précarité en forte hausse et d’une aggravation générale des conditions de travail. Parallèlement, la répression, contre les grévistes et les militants sociaux, s’est considérablement accrue avec des condamnations et des amendes dans le cadre de la « llei mordassa » (la « loi bâillon » – voir encart). En 2012, suite à la grève générale, une manifestante a perdu un œil ; l’année suivante, 6 mossos d’esquadra (police catalane) ont tabassé et tué un homme dans la rue, ce qui a provoqué de nombreuses manifestations anti-mossos et des affrontements rituels plaça de Catalunya. En 2014, la tentative de détruire le centre social Can Vies à Sants n’a pu aboutir tant se sont multipliées pendant une semaine à Barcelone des actions fortes de solidarité. On se souvient aussi de la chaîne humaine qui entourait le Parlement, en 2011, pour protester contre la condamnation de neuf « indignés », et de la grève générale de 2012. Autant d’épisodes parmi d’autres qui ont fortifié dans de larges secteurs du mouvement social la défiance vis-à-vis des autorités catalanes et la haine de sa police, qui n’était surpassée sans doute que par celle de la guardia civil.

Alors, pourquoi ce changement d’attitude ?
Evidemment, l’intervention d’une force extérieure qui vient se mêler d’affaires considérées comme intérieures a toujours toujours tendance à aplanir les contradictions intérieures et à favoriser la défense de l’adversaire d’hier contre l’ennemi d’aujourd’hui. Autrement dit, à diluer les conflits de classe au profit d’un intérêt considéré comme supérieur. Surtout lorsque l’on sait pertinemment que les motivations de ce tiers qui impose son tempo est l’ennemi haï depuis longtemps et que, dans le cas qui nous occupe, il se nomme post-franquisme et a avant tout comme objectifs de rétablir un Etat fort pour imposer les réformes en tous genres que les travailleurs catalans et espagnols subissent et de mater les résistances sociales. Car, si Franco est mort, les classes qui ont soutenu son régime ont bien survécu à la « transition » de 1978 vers un régime parlementaire, et elles veulent à présent rétablir un régime autoritaire. Cette constatation résonne trop aux oreilles d’une large partie de la population catalane, de par son histoire et de par la répression subie, pour que ça ne joue pas un rôle dans le film des événements. Et comme, de plus, au cours des derniers jours et semaines, on a constaté à quel point cette répression s’est étendue à de nombreux autres secteurs de la société, on ne peut que conclure à un processus général de suspension des droits civils par l’Etat espagnol.

Il est pour nous clair que, si les institutions catalanes doivent être combattues, c’est par le mouvement social catalan qu’elles doivent l’être, et que ce ne peut être, en aucun cas, le pouvoir dit populaire de Madrid qui doit s’en charger ce qui serait vécu comme une double peine par la population catalane ! Car, ce que combat Madrid, ce n’est ni la morgue traditionnelle de la bourgeoisie catalane ni la défense des libertés que cette dernière rogne à coups d’interventions policières ; son intervention ne traduit rien d’autre que reprise en main de la situation en Catalogne par un post-franquisme aux abois.

Le repli nationaliste n’est pour beaucoup qu’un prétexte

Quels sont ces secteurs combatifs de la société catalane dont nous parlions qui menaient la vie dure aux autorités locales ? Les anarchistes des CNT, bien sûr, mais aussi bien d’autres forces politiques anticapitalistes, des militants associatifs et autonomes, des catalanistes anticapitalistes comme la CUP (qui a fait quand même plus de 8 % aux élections). Des secteurs qui ont multiplié ces dernières années des squats, des lieux militants ouverts sur les quartiers, des collectifs actifs contre la spéculation immobilière liée au tourisme et qui chasse les « pauvres » des centres-villes, des interventions de solidarité envers des salariés qui luttent contre les mesures d’austérité imposées à la fois par Madrid et par le gouvernement catalan. Des secteurs qui représentent la partie émergée d’un iceberg qui s’agite dans une société en crise qui connaît un taux de chômage de presque 20 %.
N’oublions pas que la Catalogne est l’une des sociétés les plus politisées d’Europe et que les manifestations de plusieurs millions de personnes n’y sont pas rares. Il y a peu de risques qu’un basculement vers un nationalisme fanatique et xénophobe s’y produise à moyen terme.

La répression exercée par l’Etat espagnol à la veille du référendum prévu pour le 1er octobre a été sans commune mesure avec l’insignifiance apparente de l’événement. 10 000 policiers en armes venus de toute l’Espagne, mise en détention des responsables du gouvernement autonome, intrusion des forces de police dans les locaux de la CUP, violences de la guardia civil contre les électeurs présents dans les écoles où avait lieu le vote afin de l’empêcher. Bref, 900 blessés, du jamais vu dans la période post-franquiste. Et, évidemment, le « nous voterons » est devenu le cri de ralliement contre ceux qui ont voulu empêcher ce vote, y compris de la part de celles et ceux qui auraient voté « non » ou se seraient abstenus.

Pour beaucoup, la défense des urnes n’a pas été seulement un engouement électoral mais une forme de résistance contre un Etat central. On ne peut s’abstenir que si le droit de vote existe, et l’intention du gouvernement espagnol était claire en ce 1er octobre : il s’agissait de l’interdire !

N’oublions pas que la grève générale du 3 octobre a été lancée par des syndicats minoritaires (CGT/CNT/COS/IAC) et des branches dans le but de lutter contre la répression et pour la liberté : abolition de la suspension des droits civils, refus de la présence policière et militaire dans les lieux de travail, mais aussi… abolition des contre-réformes du travail de 2010-2012 que la Generalitat appuyait. Ce n’est qu’à la suite de la répression du 1er octobre que les grandes centrales y ont appelé à leur tour, sans doute par crainte d’être débordées. 700 000 personnes dans les rues avec des slogans comme « Dehors les forces d’occupation » et « La rue sera toujours à nous ».

La situation actuelle est relativement ouverte. Entre une possibilité nationaliste sans perspective autre que la construction d’un nouvel Etat (ou plus vraisemblablement, une nouvelle négociation entre deux bourgeoisies qui ont malgré tout des intérêts communs) et le renforcement d’un foyer de contestation dans cette nouvelle Europe totalitaire qui se dessine, le match est peut-être inégal mais il vaut le coup d’être joué, et le pari qu’aucun des deux nationalismes ne se renforcera peut être tenté. Dans ces conditions, lorsque la rue déborde en se dressant contre un Etat policier et arrogant, on ne peut considérer que le mouvement social catalan se laissera aussi facilement absorber par les pires sirènes nationalistes. Le penser, c’est faire preuve d’un certain mépris envers les « masses » et leur dénier toute capacité d’autonomie à déjouer les pièges.

JPD


encart 1

La « loi bâillon »

Votée en 2015, cette loi sur la sécurité publique est destinée à en finir avec les manifestations qui émaillent la vie politique espagnole contre les coupes budgétaires, pour l’éducation, contre la corruption. Des amendes démesurées sont prévues pour des faits jugés jusque-là mineurs – comme manifester devant le Parlement : 300 000 euros d’amende. Rétablir l’ordre est le maître mot, et redonner à la police son prestige écorné par des bavures à répétition. Pour le Parti populaire, il s’agissait aussi de donner des gages à l’extrême droite à un moment où les sondages ne lui étaient pas favorables.


encart 2

La richesse catalane moteur de l’indépendantisme
Cette richesse expliquerait à elle seule leur désir d’indépendance. Or le PIB par habitant de la communauté autonome de Madrid est plus élevé qu’en Catalogne : 32 723 euros contre 28 590 euros. Comment expliquer alors que les Madrilènes ne veulent pas aussi leur indépendance ?


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Re: Espagne

Messagede bipbip » 03 Fév 2018, 13:11

Royaume d’Espagne. Répression du féminisme

Entretien avec Laura Dorado et César Oltra

Le Tribunal suprême de Madrid a récemment rejeté le recours en cassation déposé par les cinq militantes féministes que l’Audience provinciale des Baléares avait condamnées à une année de prison pour la manifestation réalisée dans l’église Saint Michel de Palma, le 9 février 2014, contre l’avant-projet de réforme de la législation sur l’interruption volontaire de grossesse formulé par celui qui était alors ministre de la justice, Alberto Ruiz Gallardón. Quelques jours après la publication de la sentence du Tribunal suprême, nous avons parlé avec une des militantes condamnées, Laura Dorado, et avec César Oltra, qui est membre du collectif contre la répression Alerta Solidària. L’interview a été réalisée par Daniel Escribano et Ariadna Suari, traduite du catalan au castillan par Daniel Escribano et publiée le 21 janvier 2018 sur www.sinpermiso.info. Laura Dorado est militante féministe et membre de l’organisation de jeunesse Arran. César Oltra est membre de l’organisation de soutien aux militants mis en accusation et frappés de représailles Alerta Solidària.

... https://alencontre.org/europe/espagne/r ... nisme.html
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