Allemagne

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Messagede ivo » 07 Mar 2013, 11:10

Pauvreté en Allemagne: un rapport embarrassant pour le gouvernement
http://www.rfi.fr/economie/20130307-all ... economique
Le gouvernement allemand a présenté mercredi 6 mars un rapport très attendu sur la pauvreté dans le pays. Selon ce rapport, l'écart des inégalités sociales s'est accru en Allemagne, et un Allemand sur sept est aujourd'hui menacé de pauvreté.

Avec notre correspondante à Berlin, Nathalie Versieux

L'économie se porte bien en Allemagne, où le nombre de chômeurs recule. Et pourtant, un Allemand sur sept est aujourd'hui menacé de pauvreté. En République fédérale, l'écart se creuse entre riches et pauvres.

Les 10% d'Allemands les plus fortunés se partagent 53% de la richesse nationale. Les 50% les plus pauvres ne possèdent que 1% de la richesse du pays, contre 3% voici 10 ans.

Les 548 pages du rapport présenté mercredi par la ministre du Travail (disponible ici en allemand) publié ce mercredi 6 mars ont de quoi déranger, surtout en cette période pré-électorale. Raison pour laquelle le ministre de l'Economie Philipp Rösler a sorti le crayon rouge.

L'Allemagne se porte bien, le chômage recule, insiste ainsi le ministre accusé d'avoir cherché à enjoliver les pages du rapport consacrées à la pauvreté. Pour l'association Caritas, les chiffres présentés mercredi sont alarmants, du fait notamment de l'absence d'ascenseur social dans le pays.
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Re: Allemagne

Messagede Pïérô » 26 Aoû 2013, 02:02

Rouge et noir contre capitalisme vert
FAU Berlin
Pour en finir avec la sous-traitance à la fondation des « Verts » allemands « Heinrich Böll » !
Pour la réintégration de tous les salariés !


Bien que, au niveau politique, la fondation allemande « Heinrich Böll » soit proche du parti Bündnis 90 / Die Grünen (les Verts), elle utilise, en contradiction avec les positions publiques de ce parti, la sous-traitance et l'intérim depuis des années. En conséquence, les salariés concernés touchent un salaire inférieur à ce qu'ils gagneraient s'ils étaient embauchés directement, et l'ensemble du personnel est divisé. Certains salariés se sont syndiqués, et ont alors été licenciés. Nous appelons à une semaine d'action internationale contre la sous-traitance et la répression antisyndicale à la fondation écologiste « Heinrich Böll ». ---- En Allemagne, depuis des années, la sous-traitance, et tout particulièrement l'intérim, sont couramment utilisés pour mettre les salariés sous pression, pour contourner leurs droits et pour diminuer les salaires.

Publiquement, le parti écologiste-vert et la fondation « Böll » critiquent la précarisation croissante des conditions de travail ; dans leur campagne électorale actuelle, ils revendiquent un salaire minimum - jusqu'ici inexistant- de 8,50 euros par heure. Cependant, la fondation « Böll » profite depuis des années de la précarisation : en sous-traitant le nettoyage, la restauration et la gestion des conférences, et en favorisant par-là l'emploi précaire - certains des salariés travaillant chez « Böll » ne gagnent même pas le montant du SMIC revendiqué.

Après que certains d'entre eux se sont syndiqués à la FAU Berlin et ont (depuis le mois de mai) fait connaître cette situation scandaleuse, ils ne sont plus employés (depuis le mois d'août) par la fondation « Böll » qui, elle, a simplement engagé une autre entreprise de sous-traitance. En Allemagne, il n'est normalement pas possible de licencier comme cela des salariés ; mais grâce à la sous-traitance, cela ne pose pas de problème à la fondation « Böll » : ceux qui résistent peuvent être tout simplement remplacés. La FAU Berlin considère que le comportement de la fondation « Heinrich Böll » est tout simplement antisyndical et revendique la réintégration des salariés sur la base d'un CDI respectant les conventions collectives.

C'est pourquoi nous appelons à une semaine d'action internationale du 2 au 9 septembre 2013 ! La fondation « Heinrich Böll » a plusieurs bureaux à l'étranger, comme à Bruxelles, Prague, Varsovie, Belgrade et Moscou (cf. http://boell.org/web/364.html). Exigez de la direction de la fondation « Heinrich Böll » la réintégration de tous les salariés ! Suite à la plainte de l'un d'entre eux, une audience se tiendra au Tribunal du Travail de Berlin le 5 septembre : la fondation « Heinrich Böll » doit abandonner sa politique de sous-traitance et réembaucher ce salarié dans le cadre de la convention collective !

http://www.ainfos.ca/fr/ainfos10400.html
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Messagede altersocial » 07 Oct 2013, 17:15

Les salariés d'Amazon en Allemagne menacent de faire grève à Noël

L'Expansion.com - publié le 07/10/2013 à 10:39
N'ayant pas obtenu satisfaction à leurs revendications salariales et sociales, les employés allemands d'Amazon menacent de mettre en péril les activités du site à la période la plus cruciale de l'année.

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Les salariés d'Amazon en Allemagne menacent de relancer leur grève à Noël, la plus grosse saison pour le site, toujours pour faire pression sur les salaires.

En l'absence de "sérieuses négotiations", le syndicat Verdi, qui coordonne le mouvement, avertit qu'Amazon ne devrait "pas compter sur sa capacité à livrer tous les clients à temps pour Noël".

Les salariés allemands d'Amazon mènent des grèves depuis des mois afin d'être rattachés à la convention collective du secteur de la distribution et d'obtenir des augmentations de salaires, sans toutefois paralyser totalement les envois. Le groupe emploie 9000 personnes en Allemagne.

Selon la presse tchèque et polonaise, le distributeur aurait l'intention d'ouvrir des centres logistiques en Europe de l'Est pour y transférer une partie de ses activités allemandes, fragilisées par ces grèves à répétition.
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Amazon Allemagne

Messagede altersocial » 18 Déc 2013, 10:45

C'est fait! sm 26


Allemagne : plusieurs centaines de salariés d'Amazon en grève

Le conflit salarial s'enlise chez le géant du commerce en ligne qui précise toutefois que "la majorité des salariés allemands n'a pas participé à ces grèves".

Image

À une semaine de Noël, plusieurs centaines de salariés allemands d'Amazon étaient en grève lundi, nouvel épisode d'un conflit salarial qui s'enlise. Le syndicat des services Verdi a appelé à cesser le travail sur trois sites allemands du géant du commerce en ligne : celui de Bad Hersfeld (ouest) et celui de Leipzig (est) - tous les deux théâtres de grèves ponctuelles répétées depuis le printemps - ainsi que pour la première fois celui de Graben, en Bavière (sud). Environ 600 salariés avaient cessé le travail à Bad Hersfeld, plus gros centre logistique du groupe en Allemagne, a indiqué un porte-parole de Verdi sur place. Le mouvement doit se poursuivre sur ce site mardi et mercredi, a annoncé le syndicat dans l'après-midi.

À Leipzig, 500 personnes participaient à la grève, a dit un autre porte-parole, Jörg Lauenroth-Mago. "Nous ferons grève jusqu'à samedi inclus", a-t-il averti. A Graben, 350 salariés étaient concernés dans la matinée, "plusieurs centaines" d'autres devant rejoindre le mouvement dans la journée, a déclaré Thomas Gürlebeck, de Verdi. Une porte-parole d'Amazon aux États-Unis a fait état pour sa part d'un total de 1 115 grévistes lundi en Allemagne, sur 23 000 salariés dans ses centres logistiques et de services aux clients dans ce pays (9 000 salariés permanents et 14 000 saisonniers pour les fêtes).
"La météo inquiète plus que les grèves"

"La grande majorité de nos salariés en Allemagne n'ont pas participé à ces grèves", a insisté la porte-parole, selon laquelle "Amazon n'a pas vu d'impact sur ses expéditions aux clients". À une semaine de Noël, les livraisons de paquets battent leur plein. Mais "la météo nous inquiète plus (que les grèves)", a commenté sur une antenne de radio régionale Armin Cossmann, responsable du site de Leipzig. "Nous sommes très bien préparés" à l'éventualité d'une grève, a-t-il ajouté, précisant que la plupart des salariés travaillaient normalement.

Le syndicat Verdi s'est assuré le soutien d'organisations syndicales américaines, qui organisaient lundi une manifestation de solidarité devant le siège d'Amazon à Seattle (nord-ouest des États-Unis). D'après Kathy Cummings, une porte-parole du syndicat de l'État de Washington (WSLC) qui appelait à la manifestation aux États-Unis, environ 50 personnes y ont participé. Mardi, un mouvement est également prévu sur le site de Werne, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest de l'Allemagne).
Rémunération

Verdi réclame depuis plusieurs mois un alignement de la rémunération des salariés des centres logistiques sur les salaires en vigueur dans le secteur de la distribution, plus élevés. Amazon a accordé pour le moment des primes exceptionnelles, de 400 à 600 euros, pour les salariés concernés, ce qui est jugé insuffisant par le syndicat. Amazon affirme pour sa part qu'en incluant bonus et octrois d'actions, il paye davantage que les salaires prévus par les accords de branche du secteur. "Le salaire médian après une année dans nos centres logistiques est supérieur de 5 % aux tarifs de branche", a assuré la porte-parole du groupe.

L'Allemagne est le plus gros marché d'Amazon hors États-Unis. Mais un reportage télévisé en début d'année sur les conditions de travail dans les centres logistiques et le conflit salarial en cours ont écorné l'image du groupe dans le pays. D'après une étude du cabinet OC&C publiée vendredi, Amazon a d'ailleurs été détrôné par la chaîne de droguerie "dm" comme commerçant préféré des Allemands. "Amazon obtient toujours de très bons résultats, mais la cohorte des consommateurs sceptiques (à l'égard de la société) grandit", a commenté Christian Ziegfeld, responsable de l'étude chez OC&C.
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Violents heurts à Hambourg entre manifestants et policiers

Messagede altersocial » 24 Déc 2013, 15:03



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Re: Allemagne

Messagede bipbip » 06 Juil 2014, 01:05

La solidarité continue avec les occupant-e-s de l’école Gerhart Hauptmann

1er, 2 & 3 juillet 2014.
Suite à la tentative d’expulsion des réfugié-e-s et solidaires qui occupent l’école Gerhart Hauptmann, les actions de solidarité continuent en Allemagne.


Lycéen-ne-s et étudiant-e-s ont manifesté ce mardi 1er juillet pour le droit de rester des réfugiés. Durant une bonne partie de l’après-midi, il y a eu des affrontement sporadiques avec la police, accompagnés de slogans anti-police, avant que la manif se termine rue de Vienne à proximité de l’école G-H dans l’après-midi. Des sit-in pour empêcher une possible expulsion se sont également tenus à proximité de l’école.

Les bureaux politiques des verts (conseil municipal et mairie) ont été occupés par des solidaires. 20 personnes ont investi le conseil municipal dans l’après-midi: il y a eu trois arrestations et un-e occupant-e s’est fait casser le nez par les flics. Les autres ont été pris dans une nasse policière.

Des appels à accentuer les actions de solidarité circulent en ce moment contre la menace d’une nouvelle expulsion. Les réfugiés qui sont présents dans le bâtiment rapportent qu’ils sont privés de vivres par les barrages des flics. Les réfugiés de l’école menacent de se suicider en cas d’expulsion.

Suite aux déclarations du conseiller municipal des verts Panhoff qui exigeait l’expulsion immédiate des occupant-es de l’école de la rue Ohlauer, des manifs et occupations se sont tenues aux quatre coins du pays. Un petit récapitulatif :

Le 1er juillet 2014 à Francfort, plus de 300 personnes ont manifesté vers 21h en solidarité avec les occupant-es de l’école Gerhart Hauptmann. Parties de la Merianplatz, des flyers sur la situation dans le quartier de Kreuzberg ont été distribués aux passant-es.

A Hambourg mardi 1er juillet, 200 personnes se sont rassemblées malgré une forte présence policière. La manif, qui n’a pas été déposée, a été déterminée et sauvage: en plus des slogans multiples contre la police et les expulseurs (verts, spd…), des pétards et des pierres ont été lancés sur les flics, et un bleu qui s’est mangé une pierre a du être hospitalisé. Les flics ont rapidement dispersé la marche à Schanzenviertel, et des panneaux de signalisation ont été arrachés et utilisé pour bloquer les rues du quartier, notamment sur la Schanzenstrasse. Des barricades ont été érigées à travers le quartier de Sankt-Pauli. Au total, 19 manifestant-es ont été interpellé-es. Samedi 5 juillet est prévu une grande manifestation en solidarité avec les réfugiés du groupe « Lampedusa à Hambourg » afin d’exiger immédiatement le droit de rester pour tous les réfugiés ainsi qu’une autorisation de travail.

Dans la nuit du 1er au 2 juillet 2014, dans le quartier de Kreuzberg, il y a eu quelques gestes incendiaires : à l’angle de la Cuvrystraße et de la Görlitzer Straße, des barricades ont été érigées puis incendiées, et un véhicule auto-service a été en proie aux flammes. Les pompiers sont rapidement intervenus mais les émeutiers ont réussi à disparaitre dans l’obscurité.

A Lübeck dans la nuit du 1er au 2 juillet, des tags ont recouvert le bureau des verts avec les inscriptions « Refugees Welcome – Fight Racism ». Le communiqué dit à la fin « Pour le droit de rester ! Contre les expulsions ! Contre les zones de danger et les zones restreintes ! Contre la police paramilitaire ! »

A Münich mercredi 2 juillet, un groupe d’une soixantaine de personnes solidaires a occupé le bureau du parti des verts. Des banderoles ont été accrochées au bâtiment en solidarité avec les réfugiés.

http://sanspapiersnifrontieres.noblogs. ... hauptmann/
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Re: Allemagne

Messagede Pïérô » 02 Sep 2014, 07:02

Offensives contre le droit de grève en Allemagne

« Le dialogue, clé du modèle allemand » : c’est sous ce titre que Libération publiait en 2012 un court article présentant les points forts et les points faibles du système social allemand. Ce titre résume assez bien l’argumentaire très largement repris à travers la presse, et qui sert à souligner en contrepoint une prétendue culture du conflit en France. Si l’article de Libération pointe un certain nombre de faiblesses et problèmes, il n’en demeure pas moins que c’est toujours cette idée de « dialogue social » qui est présentée comme le nec plus ultra d’une politique sociale.

Seulement voilà, le modèle allemand, vu de l’intérieur, se révèle moins enthousiasmant pour les salariés. Le droit de grève comme droit individuel n’y existe pas. Il s’agit d’un droit collectif, porté par le syndicat, dont la mise en œuvre est sévèrement encadrée : il n’est possible de recourir à la grève qu’à l’occasion de l’ouverture de négociations pour l’établissement ou le renouvellement de la convention collective (Tarifvertrag). A cette étape, seule la grève d’avertissement (Warnstreik) est autorisée : le syndicat ne peut mobiliser qu’une partie du personnel. En cas d’échec de la négociation, il faut un vote de 75 % des syndiqués (à bulletin secret) pour déclencher une grève d’ensemble, et si 25 % des syndiqués se déclarent favorables à l’accord, il est alors entériné. Enfin, la grève contre un projet gouvernemental est interdite, et les fonctionnaires sont tout bonnement privés de ce droit. Par conséquent, le dialogue social n’est pas un choix, mais une obligation légale.

Comme si cela ne suffisait pas, la coalition SPD/CDU au pouvoir souhaite renforcer l’encadrement du droit de grève, en imposant le caractère unique de la convention collective s’appliquant dans une entreprise. En clair, aujourd’hui, si un syndicat n’est pas satisfait de la convention signée par un autre syndicat, il peut décider d’organiser la mobilisation pour obtenir une seconde convention. C’est par exemple ce qui s’est produit à la Lufthansa en mars 2014, lorsqu’un syndicat catégoriel de pilotes a appelé à la grève, clouant l’ensemble des avions de la compagnie au sol. Le projet gouvernemental vise à empêcher à l’avenir une telle situation, et donc le risque d’une concurrence entre syndicats qui aurait pour conséquence possible une augmentation des conflits.

Tout ceci permet de comprendre pourquoi, depuis quelques années, le modèle social allemand nous est tant vanté. Pour répondre à cette propagande, Terrains de Luttes a traduit un premier article tiré du bulletin d’information (Netzwerk-Info Gewerkschaftslinke n° 50), d’un réseau de militants syndicaux baptisé Initiative zur Vernetzung der Gewerkschaftlinken (Initiative pour la mise en réseau des gauches syndicales). Ce réseau est implanté dans une douzaine de villes et regroupe quelques centaines de militants syndicaux. S’il dispose d’une certaine audience, son influence réelle sur l’activité syndicale reste toutefois limitée pour le moment.

Le gouvernement cherche à restreindre le droit de grève

Le gouvernement a l’intention de codifier par la loi « le principe de l’unicité de la convention collective ». Dans l’accord de coalition[1], voici ce que les partis entendent par « inscrire dans la loi » : « Afin de remettre au carré le pluralisme syndical et celui des conventions collectives, nous avons l’intention de codifier le principe de l’unicité de l’accord collectif d’après la règle de la représentativité majoritaire dans l’entreprise. Cette loi sera encadrée par des mesures d’accompagnement, afin de respecter les prescriptions de la constitution. »

La position ambiguë du DGB ?

En 2011, le DGB[2], la plus grande confédération syndicale, (à cette époque, avec le soutien de ver.di[3], fédération de syndicats du secteur des services) s’est laissé embarquer par la BDA[4], le syndicat des patrons, dans une initiative commune pour faire passer une loi qui réglementerait l’unicité des conventions collectives. Les deux organisations s’étaient entendues sur l’objectif commun de neutraliser les petits syndicats qui sont (parfois) plus combatifs. Pour le capital, cela devait permettre d’assurer plus de calme dans les entreprises et de réduire sensiblement la fréquence des grèves dans le pays. Pour le DGB, cela devait éliminer la concurrence embêtante de la part de ces petits syndicats, car un syndicat empêché de mener une lutte pour une convention collective spécifique (parce qu’il serait obligé d’appliquer et de reconnaître la convention signée par un autre syndicat, en pratique par un syndicat du DGB) n’aurait plus de fonction propre, donc plus de raison d’être. Leurs membre s’affilieraient par conséquent – tel est du moins l’espoir du DGB – à l’un des syndicats membres du DGB.
Au-delà de cet espoir (typiquement bureaucratique) de voir s’accroître le nombre d’adhérents, l’avantage était pour les directions syndicales de ne plus être obligées d’expliquer et de justifier leur passivité, comparée à ce que les autres syndicats arrivent à arracher au patronat par un peu plus de combativité. Dans le passé, les syndicats (professionnels) GdL (conducteurs de train), Cockpit (pilotes), Ufo (hôtesses de l’air) et Marburger Bund (médecins d’hôpital) en ont fait la démonstration. l’été 2011, la résistance dans le syndicat ver.di est devenue si importante que la direction de ver.di s’est retirée de cette initiative. Le projet commun de la BDA et du DGB n’avait alors plus aucune chance d’aboutir.
Cette fois-ci, les deux organisations ont directement fait part de leur souhait au cours des négociations concernant le traité de coalition. Nous ne savons pas qui est à l’origine de cette nouvelle initiative et qui y a joué le rôle principal. Ce qui compte et ce qui est important cette fois-ci, c’est que l’IG Metall n’est pas seulement partie prenante mais y joue un rôle actif, alors que ver.di s’est abstenu de cette initiative dès le départ. L’interview de Frank Bsirske, président de ver.di, dans le journal Hessische/Niedersächsische Allgemeine, dans laquelle il se démarque de l’idée de convention collective unique, est assez claire.

Deux offensives: le projet de loi et l’initiative de la fondation Weizsäcker

Deux offensives sont liées : le projet de loi gouvernemental et l’initiative de la fondation Weizsäcker[5]. On ne connaît pas encore les détails du projet de loi du gouvernement. Malgré les avertissements de la part de la présidente du conseil fédéral des prudhommes Ingrid Schmidt, ces projets avancent. L’agence Reuters écrit :
« Vu la grève des pilotes de Lufthansa, la ministre de travail Andrea Nahles a annoncé la présentation du projet de loi pour cette année. Un groupe de travail de plusieurs ministères serait en train d’élaborer un projet de loi qui soit compatible avec la constitution […] “En ce qui concerne la convetion collective unique, il faut de la solidarité” […]
Chez Lufthansa, les pilotes ont commencé ce mercredi une grève de trois jours et ainsi paralysé le trafic aérien de la compagnie. Les pilotes sont organisés dans Cockpit, d’autres employés de Lufthansa dans ver.di. A travers cette loi, le gouvernement veut assurer qu’il n’y ait pas différentes conventions collectives au sein d’un même consortium (Konzern), signées par des syndicats selon les secteurs professionnels. C’est ainsi que doit être évité qu’il y ait constamment des conflits sociaux (donc des grèves). Il s’agit d’appliquer le principe “une entreprise, une convention collective” […] Nahles : “Je pense qu’on arrivera cette année à faire passer la loi”. »[6]

« Eviter » les effets de la grève

Ce compte-rendu montre quelle sera la principale ligne d’argumentation : éviter que le « public non concerné » soit affecté par les conséquences d’une grève. Dans un article paru dans le journal Stuttgarter Nachrichten du 2 avril 2014, le député chrétien-démocrate au Bundestag et vice-président de son groupe parlementaire, Arnold Vaatz, déclare ainsi : « Les dégâts causés par une grève doivent être proportionnels à la cause du conflit. »
Le journaliste poursuit : « D’après Vaatz, il est inadmissible qu’un syndicat, dont les membres occupent des postes stratégiques, profite de cette position pour mieux avancer que d’autres syndicats. Cela cible évidemment Cockpit (le syndicat des pilotes) et la grève chez Lufthansa. La grève chez Lufthansa, explique Vaatz, “va certainement avoir des conséquences énormes au niveau de l’économie nationale”. »
Une fois la porte ouverte à l’évaluation préalable des conséquences comme critère d’autorisation d’une grève, alors le droit de grève est fondamentalement restreint. Et il faut rappeler qu’il n’y a pas de vrai droit de grève en Allemagne, sans parler du droit de grève politique.
Toutes ces considérations démontrent aussi la façon dont la présidente du conseil de prudhommes Inge Schmidt envisage une loi qui soit conforme à la constitution mais qui néanmoins restreindrait considérablement le droit de grève. Si donc des critères tels que la « proportionnalité » et les « conséquences pour des personnes non concernées » étaient introduits pour juger de la légalité d’une grève, le droit de lutter pour des conventions collectives s’en trouverait sensiblement réduit. Cela signifierait un changement profond de rapport de force entre les classes.

Limiter le droit de grève dans le public

Ces réflexions (de Vaatz et autres) sont complétées par l’initiative pour un projet de loi présentée par la fondation Carl Friedrich von Weizsäcker, qui vise à réglementer de façon importante le droit de grève dans le secteur public et qui est très dangereux. Y sont incluses des restrictions telles que : « Obligation de préavis : Une grève n’est légale que si le syndicat l’annonce 4 jours d’avance […] Maintien des soins de base : Une grève n’est légale que si plus de 50% des membres du syndicat ont participé à un scrutin et si plus de 50% des votants se sont prononcés pour la grève. » Ce projet de loi prévoit un arbitrage forcé et pour ce qui est d’une grève dans les secteurs professionnels, le texte dit : « Une grève est inadmissible, si elle vise à conclure une convention collective qui concernerait moins de 15% de l’ensemble du personnel de l’entreprise. »
Cette initiative prend comme modèle les règlementations restrictives introduites en Grande-Bretagne par Thatcher. Le gouvernement n’essayera certainement pas de faire passer ces deux projets en même temps, mais une fois le premier adopté au parlement, le deuxième ne tardera pas à être également présenté.

Quelle stratégie pour riposter ?

Malheureusement les syndicats de secteurs professionnels se limitent à une pétition en ligne. Les signatures nécessaires (50 000) ont déjà été réunies. Mais cela n’est qu’un tout petit élément de la campagne de sensibilisation. C’est le renforcement de la résistance dans les syndicats du DGB et l’information du public en général qui seront décisifs.
Pour atteindre cet objectif, il est indispensable de mener les discussions les plus larges possibles dans ces syndicats et de parvenir à voter des résolutions contre ce projet de loi.

Jakob Schäfer, membre de l’IG Metall et de la gauche syndicale.
Traduction et notes de l’auteur, revues par Henri Clément


[1] Il s’agit de l’accord rédigé par les deux partis, SPD et CDU/CSU, qui ont formé le nouveau gouvernement fédéral à l’automne 2013.
[2] Le Deutscher Gewerkschaftsbund Deutschlands (DGB) est la grande confédération générale des syndicats, avec 6,2 millions de membres, reposant sur le principe du syndicalisme d’industrie (Einheitsgewerkschaft – syndicat unitaire) et qui – officiellement – ne suit pas une ligne politique spécifique mais qui en réalité suit la ligne du SPD (social-libéral). A côté il existe plusieurs petits syndicats, qui, dans leur majorité organisent des secteurs professionnels.
[3] Vereinte Diensleistungsgewerkschaft (ver.di), fédération du commerce et des services, est membre de la confédération DGB.
[4] Bundesvereinigung deutscher Arbeitgeberverbände, l’Union Fédérale des organisations patronales allemandes, équivalent du Medef.
[5] La fondation Carl Friedrich von Weiszäcker (http://www.cfvw.org/stiftung/) a été fondée en 2002 par le scientifique et philosophe allemand du même nom. Entre autres choses, elle s’est attelée à un projet baptisé « Avenir du travail » (Zukunft der Arbeit) dans le cadre duquel elle a formulé plusieurs propositions de loi, notamment contre le droit de grève (voir plus bas).
[6] Dépêche Reuters du 2 avril 2014.

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Re: Allemagne

Messagede Pïérô » 14 Sep 2014, 01:23

Attaque contre le droit de grève en Allemagne : premier recul du gouvernement

A la suite du premier article consacré à la question du droit de grève en Allemagne, Terrains de Luttes publie une nouvelle traduction, tirée du numéro de juillet du bulletin Netzwerk-Info Gewerkschaftslinke n°51, qui se fait l’écho d’un premier recul du gouvernement allemand, essentiellement pour des questions juridiques.

... http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=3989
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Re: Allemagne

Messagede Pïérô » 31 Oct 2014, 03:36

Les cabinets spécialisés dans la lutte antisyndicale
un secteur en pleine expansion en Allemagne !
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Re: Allemagne

Messagede bipbip » 02 Nov 2014, 12:48

Hambourg : des néo-nazis menacent de détruire Rote Flora… mobilisation antifasciste le 15 novembre prochain !

Après la démonstration de force nazie de dimanche dernier à Cologne, où une manif fasciste islamophobe a été tolérée par la police allemande (tandis qu’une contre-manif antifa avait lieu également), des néo-nazis et quelques-uns de leurs alliés parmi les hooligans les plus craignos envisagent d’organiser une « révolution » le 9 novembre prochain, à Berlin, et des attaques contre le centre social squatté Rote Flora pendant une autre manif qu’ils organisent à Hambourg le 15 novembre. Une manif nazie est également organisée ce week-end à Wuppertal.

... http://fr.squat.net/2014/10/31/hambourg ... -prochain/
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Re: Allemagne

Messagede bipbip » 05 Nov 2014, 01:12

Allemagne : Cogestionnaires contre le droit de grève

Face à l’évolution du paysage syndical en Allemagne, le gouvernement prépare une loi pour limiter le droit de grève... avec le soutien de la plus grande confédération syndicale du pays.

Après les grèves en 2010 dans le secteur du chemin de fer organisé par le syndicat GDL (en majorité des agents de conduite, environ 80 % des conducteurs de train), qui ont été assez efficaces, le patronat et la grande conféderation syndicale DGB ont demandé une loi qui limite le droit de grève des syndicats minoritaires dans le transport et dans le secteur de la santé. Cette loi devrait interdire de contester une convention collective signée par un syndicat majoritaire. Depuis une décennie, dans le secteur du transport (chemin de fer et transport aérien) existent des syndicats catégoriels à côté des syndicats du DGB, confédération syndicale dominante depuis la naissance de la RFA en 1949. Ces petits syndicats ont mené plusieurs grèves qui ont changé le paysage syndical grâce à leur efficacité (en bloquant le trafic aérien et du rail pendant plusieurs jours). Ces grèves cheminotes ont créé une situation assez inhabituelle en ­Allemagne. Contre cette alliance du patronat et du DGB pour limiter le droit de grève, il existe une vaste opposition parmi des syndicalistes de base, y compris dans le DGB, surtout chez le grand syndicat du service public, ver.di. Mais le nouveau gouvernement social-démocrate (SPD) et chrétien-démocrate (CDU) a promis au patronat de proposer une loi en octobre 2014. La direction de ver.di, sous la pression de la base, a changé sa position en critiquant ouvertement cette tentative de limiter le droit de grève.

Pour les libertés syndicales

Récemment, en août et septembre 2014, le GDL a mené des grèves assez courtes (deux et trois jours) pour une augmentation des salaires de 5 % et la réduction du temps de travail à 37 heures. Elles ont été très suivies par le personnel roulant chez la Deutsche Bahn, la compagnie ferroviaire nationale. Le syndicat majoritaire EVG, membre du DGB, a ouvertement critiqué ces grèves et s’en est désolidarisé. Le chef du DGB a publié une lettre ouverte où il demande au gouvernement d’accélérer cette loi pour empêcher de telles grèves. La plupart des médias critiquent aussi très violemment ces grèves au nom des pauvres usagers et des effets sur l’ économie. Depuis, un an, il s’est constitué un comité pour les libertés syndicales composé par des syndicalistes de base, des militants du DGB, des non-syndiqué-e-s, et aussi des avocats connus et respectés, qui agissent pour empêcher cette loi antigrève. Ce qui manque dans ces moments de grèves et de luttes, c’est une activité plus offensive des grévistes envers les usagers, parfois en colère, pour les éclairer sur la situation du chemin de fer et les conditions de travail pénibles.

Willi Hajek (membre du TIE, réseau allemand des syndicalistes de base)

http://alternativelibertaire.org/?Allem ... res-contre
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Re: Allemagne

Messagede ARTHUR » 01 Déc 2014, 09:16

L’esclavagisme détaché
Solidarité avec les ouvriers en lutte à Berlin

Depuis une semaine, des travailleurs roumains sont en grève sur le chantier du Mall de Berlin [1] en allemagne. Non payés à la fin du chantier, ils vivent désormais sans aucune ressource et dorment par roulement d’une semaine dans un contener, sinon à la rue.

Pour défendre leurs droits, ces travailleurs détachés se sont syndiqués au Free Arbeiteterinnen und Arbeiter Union (syndicat FAU). Le FAU appelle à des dons pour pouvoir alimenter la caisse de grève et payer un hébergement décent aux travailleurs en lutte.

La suite sur: http://www.cnt-f.org/subrp/spip.php?article670
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Re: Allemagne

Messagede ARTHUR » 05 Déc 2014, 09:11

"MALL de la honte" à Berlin - manifestation le samedi 6 décembre


Depuis la semaine dernière, les ouvriers du bâtiment roumains du syndicat FAU et leurs soutiens ont tenu quotidiennement des piquets devant le Centre commercial "MALL of Berlin - le mall de la Honte".

Le soutient grandit de jour en jour, beaucoup de personnes ont rejoint le piquet de grève, apporté de la nourriture et d’autres choses. Plus de 10.000 prospectus ont été distribués jusqu’ici. Plus de 1.400 internautes ont aimé la lutte sur facebook et presque 500 personnes ont signé une pétition à destination de l’entrepreneur pour obtenir le versement des salaires dus aux ouvriers.

La plupart des journaux de Berlin ont couvert la lutte avec plus ou moins de sympathie pour les ouvriers en lutte.

Cette semaine, nous augmentons la mobilisation. En dehors des piquets quotidiens qui continuent, il y aura une manifestation à Berlin le samedi 6 décembre. Si vous êtes en visite à Berlin, n’hésitez pas à nous rejoindre au piquet de grève et à la manifestation.

Manifestation, le samedi 6 décembre à 14h
Leipziger Platz 12
10117 Berlin


Appel relayé par le syndicat unifié du bâtiment de la région parisienne CNT-f. Travailleurs français expatriés à Berlin, n’hésitez pas à rejoindre la manifestation. Travailleurs roumains détachés en Ile-de-France, n’hésitez pas à rejoindre le syndicat.

Syndiqués dans le pays où on vit, syndiqués dans le pays où on travaille.

http://www.cnt-f.org/subrp/spip.php?article672
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Re: Allemagne

Messagede ARTHUR » 11 Déc 2014, 10:19

"Mall de la honte" à Berlin - patron insolvable, profit maximal

L’article qui suit est la très libre interprétation du communiqué de presse de nos camarades allemands et roumain auquel nous avons rajouté des commentaires. De nombreux passages sont restés obscurs et ne sont pas traduits.

Alors que nos camarades du BTP allemands et roumains tiennent toujours le piquet de grève devant le "Mall de Berlin" (centre commercial) pour le paiement de leurs salaires, le patron voyou se déclare insolvable.

Il est clair que Andreas Fettchenhauer veut se dérober à ses responsabilités dans l’exploitation des travailleurs du "Mall de la honte" pour la FAU Berlin. Ce n’est pas pas la première fois que Fettchenhauer est mélé à une faillite d’entreprise. Il a fait aussi l’objet d’une enquête dans une autre affaire de construction durant 3 ans.

L’investisseur Harald Huth est autant responsable des conditions de travail misérables des ouvriers du "Mall de la honte". La FAU Berlin va mettre également la pression sur lui pour payer les salaires. Il devra assumer ce système mafieux qui caractérise ce « Mall of Berlin ».

Enfin, il porte la responsabilité morale de ce scandale, qui affecte au delà des travailleurs roumain, l’ensemble des travailleurs allemands.

Nina Matzek, Secrétaire de la FAU Berlin ajoute « Harald Huth flotte sur son nuage d’irresponsabilité et croit que tout va bien, alors que la presse titre en rafale sur le scandale du "Mall of Berlin". Je doute fort qu’il trouve notre mobilisation « bonne », surtout si elle dure jusqu’à Noël ».

Le syndicat FAU Berlin prépare actuellement l’action juridique. Elle sera lancée si l’investisseur ne proposait pas de solution.

Cette affaire nous dévoile les différences entre les modèles de travail allemand et français. Alors que nos camarades allemands sont livrés en pâture à des voyous patronaux organisant leur propre banqueroute pour voler les salaires de leurs ouvriers, en France, les cotisations patronales financent le fond de garantie des salaires. Chaque ouvrier français a ainsi l’assurance d’être payé de son salaire même si l’entreprise fait faillite.

Il est temps d’harmoniser le monde du travail par le haut. Revendiquons un fond de garantie des salaires au niveau européen. Que ce soit le gang des patrons qui paie pour les frasques de ses escrocs, pas l’ouvrier européen.

http://www.cnt-f.org/subrp/spip.php?article676
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Re: Allemagne

Messagede Pïérô » 16 Déc 2014, 02:39

Vague de manifestations xénophobes et islamophobes en Allemagne

Le 8 décembre, 10 000 personnes ont manifesté dans la ville est-allemande de Dresde derrière une bannière de « patriotes européens contre l’islamisation de l’occident » (ce qui donne en Allemand l’acronyme Pegida, pour « patriotische Europäer gegen die Islamisierung des Abenlandes »). Face à eux environ 9 000 contre-manifestants antifascistes ont défilé. Les organisateurs de ces marches dirigées contre l’islam et les demandeurs d’asile espèrent réunir à nouveau des milliers de personnes ce lundi 15 décembre dans la ville de Saxe.

Ces manifestations lancées fin octobre à Dresde ont d’abord réuni quelques centaines de personnes seulement, avant de grossir jusqu’au record de lundi dernier. Dès la deuxième marche Pediga, le 27 octobre, des membres du parti néonazi NPD et d’autres organisations d’extrême droite étaient présents dans la manifestation. Parmi les participants se trouvent aussi selon la police allemande des membres de groupes de hooligans classés à l’extrême droite. Le mouvement tente de se présenter comme une réunion pacifique d’Allemands “inquiets”. L’organisateur déclaré des manifestations, Lutz Bachmann, n’a d’ailleurs pas de lien direct avec l’extrême droite. Il a bien été déjà condamné par la justice, mais pour des vols et violences en lien avec le milieu du proxénétisme. Les profils des organisateurs et orateurs de la manifestation similaire qui a eu lieu à Düsseldorf le 8 décembre sont en revanche clairement liés à des organisations d’extrême droite, notamment à la mouvance identitaire.

Les premières revendications (listées dans ce document) du mouvement Pediga laissent peu de doute sur son positionnement politique. Certaines semblent aller dans le sens d’une plus grande ouverture face aux demandeurs d’asile : accueillir les réfugiés de guerre et les réfugiés politiques ou employer plus de travailleurs sociaux pour les accompagner. Mais elles sont minoritaires. Pediga réclame surtout une « tolérance zéro » à l’égard des demandeurs d’asile et migrants qui auraient affaire avec la justice et une limitation de l’immigration sur la base du modèle suisse. Le mouvement veut « conserver et protéger la culture occidentale judéo-chrétienne » et lutter contre le « gender-mainstreaming ». La ligne politique est claire.

L’organisateur de Pediga dit avoir lancé les marches suite à des batailles de rue entre salafistes et kurdes qui avaient eu lieu dans plusieurs villes d’Allemagne en octobre. Une manifestation de plusieurs milliers de « hooligans contre les salafistes » avait déjà eu lieu à Cologne le 26 octobre. Elle avait rapidement dégénéré. Plus largement, les manifestations mêlant néonazis et personnes se disant « inquiètes » de voir arriver des réfugiés dans leur voisinage se multiplient en Allemagne ces derniers mois, notamment à Berlin. Elles s’opposent à chaque fois à l’ouverture de nouveaux foyers d’accueil pour les demandeurs d’asile. Jeudi 11 décembre, des bâtiment destinés à accueillir des demandeurs d’asile ont même été incendiés près de Nuremberg, en Bavière. Et ce, alors que le nombre de personnes demandant l’asile en Allemagne augmente depuis trois ans : près de 200 000 cette année contre 77 000 en 2012.

La plupart des partis politiques allemands ont condamné les manifestations Pediga. Plusieurs dirigeants du nouveau parti de l’AFD (Alternative pour l’Allemagne), créé en 2013 à la droite d’Angela Merkel, ont en revanche soutenu le mouvement.

http://www.bastamag.net/Vague-de-manife ... xenophobes


Manifestation contre le racisme à Cologne
Le mot d’ordre de la manifestation était la lutte contre le racisme et l’intolérance et, selon les estimations de la police, quinze mille personnes ont défilé dans les rues de Cologne.
Cette marche pacifique était organisée là où, le 26 octobre dernier, une manifestation d’extrême droite avait eu lieu. Plusieurs dizaines de policiers y avaient été blessés dans des échauffourées avec des militants d’un courant d’extrême droite qui se cristallise et se renforce, depuis quelques mois en Allemagne, autour de slogans contre l’Islam radical.
http://fr.euronews.com/2014/12/15/manif ... a-cologne/
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