Afrin, Turquie contre kurdistan

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Messagede Pïérô » 17 Jan 2018, 01:06

L’armée turque a lancé une attaque au mortier dans le centre d’Efrin

Les rapports suggèrent que les troupes turques mènent les attaques depuis le mont Jabal Sheikh Barakat à l’ouest d’Alep.

... http://rojinfo.com/larmee-turque-a-lanc ... re-defrin/
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Re: Afrin, Turquie contre kurdistan

Messagede bipbip » 20 Jan 2018, 17:27

Erdogan prêt à envahir le Kurdistan syrien ?
Ce samedi 20 janvier, l'armée turque a annoncé avoir mené une nouvelle offensive contre des Unités de protection du peuple (YPG) dans le nord de la Syrie, alors qu'une offensive terrestre semble imminente.
Les forces armées turques ont affirmé avoir frappé des positions des YPG en riposte à des tirs dans la région syrienne d'Afrine, contrôlée par cette milice kurde . Des frappes similaires avaient déjà eu lieu vendredi, ont-elles confirmé.
... https://humanite.fr/erdogan-pret-envahi ... ien-649008


Message des YPG à l’État turc sur Afrin : “Vous rêvez”
Le porte-parole de YPG, Nuri Mehmud, a déclaré qu’après avoir transformé les groupes armés en monnaie d’échange et avoir pris le rôle de marchand au printemps arabe, l’État turc négocie maintenant Afrin contre Idlib.
Le porte-parole des Unités de Défense du Peuple (YPG), Nuri Mehmud, a déclaré que la guerre civile syrienne, qui est dite “terminée”, a repris ces dernières semaines et que le président turc Tayyip Erdoğan est en train de négocier Afrin. Mehmud a envoyé un message à l’armée turque, disant qu’ils “se trompent grandement” avec leurs “rêves d’entrer dans Afrin dans une semaine”.
... http://www.kedistan.net/2018/01/19/ypg- ... ous-revez/
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Re: Afrin, Turquie contre kurdistan

Messagede Pïérô » 21 Jan 2018, 21:41

Syrie: Ankara envoie des soldats à Afrine au 2ème jour de son offensive

La Turquie a envoyé dimanche des soldats dans le nord de la Syrie, entamant une nouvelle phase dans son offensive contre une milice kurde, au risque d'aggraver le conflit qui ravage le pays.

Cité par les médias turcs, le Premier ministre Binali Yildirim a indiqué que des militaires turcs étaient entrés à 11h05 (08H05 GMT) dans la région d'Afrine, contrôlée par les Unités de protection du peuple (YPG), et pilonnée par l'aviation et l'artillerie d'Ankara.

L'offensive turque risque de tendre davantage les rapports entre Ankara et Washington, qui a appelé dimanche la Turquie à "faire preuve de retenue". Les Etats-Unis soutiennent en effet une coalition arabo-kurde, dont font partie les YPG, pour combattre le groupe Etat islamique (EI).

Exhortant Ankara à mettre fin à son offensive, la France a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU devant l'escalade militaire en Syrie marquée par l'offensive turque, mais aussi les bombardements du régime syrien, notamment à Idleb (nord-ouest).

Au deuxième jour de cette offensive, baptisée "Rameau d'olivier", l'armée turque a affirmé avoir détruit "45 cibles", dont des abris et des caches d'armes.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, 18 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées dans les bombardements turcs depuis samedi. Ankara affirme n'avoir touché que des "terroristes" et accuse les YPG de "propagande".

... https://actu.orange.fr/monde/syrie-anka ... 37800.html
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Re: Afrin, Turquie contre kurdistan

Messagede bipbip » 22 Jan 2018, 11:51

APPEL A LA SOLIDARITE AVEC EFRÎN, SOUS LES BOMBES DE L'ARMEE TURQUE

Les avions de guerre turcs bombardent la ville kurde d’Efrîn, au nord de la Syrie.

Plusieurs civils ont été tués et de nombreux autres blessés.

Les attaques de la Turquie touchent non seulement les Kurdes, mais aussi les Assyro-Chaldéens, les Arabes et toutes les autres composantes de la population d’Efrîn.

L’agression de la Turquie contre la population d’Efrîn est un crime contre l’humanité, identique à ceux commis par Daesh

Mener une opération militaire contre une entité par laquelle on n’est pas menacé est un crime de guerre

Les avions de guerre turcs ont visé une centaine de cibles dans la région d’Efrîn, y compris des zones d’habitation civiles. Au moins 6 civils ont été tués et 3 combattants kurdes des YPG/YPJ (un homme et deux femmes) sont tombés dans les bombardements de l’aviation turque. On compte par ailleurs de nombreux blessés.

Ces bombardements aériens menés avec l’aval de la Russie ont commencé samedi 20 janvier à 16 heures. 72 avions de combat ont visé le centre d’Efrîn et les districts de Cindirêsê, Reco, Shera, Shêrawa et Mabeta, ainsi que le camp de réfugiés de Rubar qui abrite près de 20.000 déplacés internes. N’ayant pas réussi à entrer dans Efrîn par la voie terrestre, l’armée d’invasion turque et ses bandes terroristes ont tenté d’effrayer la population d’Efrîn dans le but de la contraindre à se déplacer dans les zones contrôlées par la Turquie et ses alliés.

Depuis 7 ans, la Syrie est embourbée dans une guerre internationale qui a fait des centaines de milliers de morts et jeté des millions de personnes sur les routes de l’exil. Après que les forces de Daesh aient été chassées de tous leurs fiefs en Syrie, principalement grâce au combat mené par les Kurdes, on a pu espérer que cette guerre se termine enfin. Mais l’espoir vient d’être anéanti par l’Etat turc et son Président Recep Tayyip Erdogan, ainsi que ses alliés, Al Qaeda (Heyet Tahrir El Sham) et l’Armée Syrienne Libre. Cela veut dire un nouveau conflit meurtrier qui va plonger la région dans un chaos renouvelé et une crise humanitaire internationale. Ce type d’opération est qualifié d’occupation par le droit international.

Ni le Canton d’Efrîn, ni les autres cantons kurdes de Syrie n’ont jamais attaqué ou menacé d’attaquer la Turquie. A l’inverse, la Turquie n’a cessé de menacer ces régions contre lesquelles elle a mené des attaques sporadiques au cours des dernières années. L’offensive que mène actuellement la Turquie constitue une “attaque contre un Etat souverain”, une occupation de son territoire et une agression sans fondement contre sa population civile.
• Nous appelons les peuples et toutes les forces démocratiques à manifester leur solidarité avec les Kurdes et les autres composantes de la population d’Efrîn, et à condamner l’invasion génocidaire de la Turquie.
• Nous appelons les Nations Unies, la communauté internationale et la coalition anti-Daesh à prendre des mesures urgentes pour mettre fin à cette agression qui menace la vie de centaines de milliers de personnes.
• Nous appelons le Conseil de Sécurité des Nations Unies à agir rapidement pour mettre en place des zones de sécurité au nord de la Syrie. Cela apportera une solution à la crise syrienne, dans le cadre d’une protection internationale.
• Nous appelons la communauté internationale à briser son silence qui légitime les graves violations des droits humains résultant de ces attaques.


https://cdkf.fr/2018/01/21/appel-a-soli ... ee-turque/
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Re: Afrin, Turquie contre kurdistan

Messagede bipbip » 23 Jan 2018, 08:44

Afrin : la nouvelle Kobané des Kurdes de Syrie ?

Ce week-end, l’armée turque a déclenché une offensive, dans l’enclave d’Afrin en Syrie, contre les forces kurdes ayant combattu l’État islamique. Elle affirme vouloir créer à sa frontière un cordon sécuritaire de 30 km et en chasser les unités combattantes kurdes (YPG et YPJ), celles ayant mis fin à l’avancée de Daesh à Kobané en 2015. Cette zone est sous le contrôle des Forces démocratiques syriennes (FDS), l’alliance arabo-kurde qui a mené la bataille de Raqqa. Cette offensive turque représente une menace sérieuse pour le projet démocratique revendiqué par les Kurdes au Rojava. Entretien avec une des portes-paroles du Conseil démocratique kurde en France.

... https://rapportsdeforce.fr/linternation ... e-01221408


Image


Kobanê a vaincu, Afrîn vaincra

Alternative libertaire condamne l’attaque turque et islamiste, lancée avec le feu vert de Poutine, contre le Rojava/Fédération démocratique de Syrie du Nord. Solidarité internationale avec la gauche kurde ! Quelques explications et hypothèses sur ce nouveau tournant dans la guerre civile syrienne.

Après des mois à piaffer d’impatience, l’armée turque et ses supplétifs islamistes basés dans la région d’Idlib ont lancé l’assaut contre le canton d’Afrîn, un des « cantons kurdes » historiques, qui a déclaré son autonomie démocratique en juillet 2012, et est aujourd’hui un pilier de la Fédération démocratique de Syrie du Nord.

Pourquoi Erdoğan attaque maintenant

L’État turc déteste la gauche kurde, dont le centre de gravité est le PKK, et raserait volontiers tout le Kurdistan syrien s’il en avait le pouvoir, comme il a mis le Kurdistan turc à feu et à sang depuis l’été 2015.

Il ne supporte pas l’idée que se constitue, sur sa frontière méridionale, une entité politique dominée de facto par la gauche kurde.

L’aventure impérialiste d’Erdoğan en Syrie depuis 2011 est un échec : Bachar el Assad est toujours en place ; l’État islamique, qu’il avait épaulé, est à terre ; les milices islamistes qu’il parraine dans la région d’Idlib n’ont pas d’avenir, et sont bombardées par les Russes.

Erdoğan est par ailleurs excédé que les États-Unis appuient militairement cette Fédération démocratique de Syrie du Nord, pour des raisons impérialistes qui leur sont propres – gêner l’influence iranienne dans la région.

Pourquoi Afrîn ?

Le canton d’Afrîn est considéré comme le « maillon faible » de la Fédération démocratique de Syrie du Nord par l’État turc, parce qu’il est séparé du reste du Kurdistan syrien par la zone d’occupation turque.

La conquête du canton d’Afrîn peut offrir une porte de sortie aux milices islamistes aujourd’hui cernées dans la région d’Idlib, et élargir la zone d’occupation turque en Syrie du Nord. Après Afrîn, l’un des objectifs avoués d’Erdoğan est la ville de Manbij.

Pourquoi Poutine laisse-t-il faire ?

Face aux menaces turques, l’intégrité du canton d’Afrîn était, jusqu’ici, garantie par l’armée russe, qui en contrôle l’espace aérien, et y disposait d’une base.

Or les forces russes ont évacué Afrîn, et ont même autorisé l’aviation turque à bombarder le canton. Pourquoi cette volte-face ?

Selon la presse turque, Erdoğan aurait exigé de Moscou carte blanche pour envahir le canton, faute de quoi Ankara ferait échouer les pourparlers de paix en Syrie.

Selon Aldar Xelîl, un des responsables du Mouvement Tev-Dem [1], les Russes ont demandé à l’Auto-administration kurde, le 19 janvier, de laisser l’armée de Bachar el Assad prendre le contrôle d’Afrîn, faute de quoi ils autoriseraient l’attaque turque. Les forces kurdes ont nettement refusé ce chantage. D’où le feu vert russe à Ankara.

Il est possible que la haine obsessionnelle d’Erdoğan contre la gauche kurde serve in fine les intérêts de Moscou : les milices islamistes d’Idlib et leur chaperon turc se ruant contre les milices de la gauche kurde, c’est l’affaiblissement simultané de plusieurs adversaires du régime sanguinaire de Damas.

Pourquoi Afrîn peut tenir

Afrîn est une région montagneuse, dans laquelle les blindés turcs pénétreront moins facilement qu’en rase campagne.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) s’attendaient depuis des mois à cette offensive, et ont eu le temps de préparer la défense.

Quoique isolée, Afrîn peut recevoir des renforts via un « corridor » actuellement contrôlé par le régime de Damas. Celui-ci le laissera sans doute ouvert tant qu’il jugera utile que les milices islamistes d’Idlib s’épuisent en attaquant Afrîn.

L’armée turque et ses milices islamistes supplétives n’ont pas particulièrement brillé par leur efficacité lors de la campagne « Bouclier de l’Euphrate », fin 2016. Daech les a tenus en échec pendant trois mois devant Al-Bab. Que feront-elles face à Afrîn que, déjà, la population du Kurdistan syrien appelle à défendre avec le même héroïsme que Kobanê ?

La solidarité s’impose ! Alternative libertaire toutes et tous les anticolonialistes et les anti-impérialistes à se joindre aux manifestations de protestation à l’appel du Conseil démocratique kurde en France (CDKF) https://cdkf.fr/2018/01/21/appel-a-soli ... ee-turque/ .

On s’est levé pour Kobanê, levons-nous pour Afrîn !

Alternative libertaire, le 22 janvier 2018


[1] Le Mouvement pour une société démocratique (Tev-Dem), né au Kurdistan syrien en 2011, est une large coalition d’associations, de partis et de comités locaux souhaitant mettre en place le projet de confédéralisme démocratique. Lire à ce sujet « Oui, le peuple peut changer les choses (l’expérience du Rojava) » http://alternativelibertaire.org/?Dossi ... -le-peuple, Alternative libertaire, novembre 2014.


http://alternativelibertaire.org/?Koban ... in-vaincra
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Re: Afrin, Turquie contre kurdistan

Messagede bipbip » 25 Jan 2018, 15:12

« Afrîn : une solidarité internationale indispensable »

Un communiste libertaire dans l’IFB #02

« Cet évènement est d’une importance capitale dans l’histoire de la révolution aujourd’hui à ses débuts et dans le soutien que peut apporter le mouvement révolutionnaire international. »

Bataillon international de libération,
canton de Cizîrê, le 22 janvier 2018


Depuis le 21 janvier, la Turquie procède à une invasion du canton d’Afrîn, aidée par des groupes se revendiquant de l’Armée syrienne libre, pour certains salafistes et/ou panturcs.

Ainsi, la population de cette enclave de la Fédération démocratique de la Syrie du Nord (FDSN) subit aujourd’hui les bombardements de l’aviation turque et résiste aux attaques terrestres avec ses forces militaires que sont les YPG et les YPJ, ainsi que la milice des conscrits, les HXP.

La communauté internationale réagit jusqu’alors timidement à cette attaque qui menace la révolution qui a lieu aujourd’hui au Nord de la Syrie. La Russie, jusqu’alors alliée de la FDSN dans sa lutte contre l’État islamique commence à trahir son alliance avec celle-ci, les États-Unis et les autres pays occidentaux ne réagissent que par des communiqués de presse.

Cette trahison n’est pas une surprise

Cette trahison, les camarades ici l’avaient prédit, s’étant donné ces alliés par nécessité stratégique alors qu’ils et qu’elles n’avaient alors pas le choix, entouré.es par de nombreux ennemis. De plus, rien n’est sûr quant au maintien de la neutralité du régime de Bachar el Assad.

C’est encore une preuve que nous n’avons rien à attendre des pays capitalistes et impérialistes qui n’agissent au Moyen-Orient que pour leurs intérêts économiques et politiques. Cet évènement est d’une importance capitale dans l’histoire de la révolution aujourd’hui à ses débuts et dans le soutien que peut apporter le mouvement révolutionnaire international.

En effet, nous faisons face ici à une attaque de forces armées bien mieux équipées que la nôtre et peut-être supérieure en nombre. Pour rappel, l’armée turque est la 2e plus importante de l’OTAN et la 9e du monde, comprenant plus de 500.000 soldats et plus de 100.000 paramilitaires. Les États impérialistes, pour sauvegarder leurs intérêts dans la région, peuvent se décider à contrer plus activement cette attaque, mais rien ne nous l’affirme.

S’il y a bien un moment où nous avons besoin des militantes et des militants révolutionnaires, c’est donc aujourd’hui.

Pour notre part, nous, volontaires révolutionnaires internationaux/ales, sommes prêts et prêtes à lutter aux côtés de nos camarades des YPG et des YPJ pour défendre la révolution.

En France ou ailleurs, vous avez la possibilité de nous aider :
• en partageant les informations de ce qui se passe actuellement en Syrie ;
• en participant aux manifestations de solidarité, annoncés notamment en France par les pages facebook Kurdistan au féminin, Kurdistanews l’actualité du Kurdistan et celle du CDKF – Conseil Démocratique Kurde de France ;
• en organisant des actions de soutien, notamment contre les ambassades de la Turquie ;
• en popularisant l’expérience de la jeune révolution aujourd’hui en cours ;
• en nous rejoignant pour combattre les dictatures qui menace cette révolution.

Bijî bexwedana Efrinê !
Bijî têkoşîna dijfaşîstî û dijemperyalîstî !
Bijî şoreşa navneteweyî !

Vive la résistance d’Afrin !
Vive la lutte antifasciste et antiimpérialiste !
Vive la révolution internationale !

Damien Keller


https://www.alternativelibertaire.org/? ... a-victoire
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Re: Afrin, Turquie contre kurdistan

Messagede Pïérô » 26 Jan 2018, 07:33

Afrîn, Rojava : Les États en guerre contre les peuples subiront la défaite

Un communiqué qui nous parvient de Turquie de la part des camarades de la Devrimci Anarşist Faaliyet (Action Anarchiste Révolutionnaire) à propos de l'intervention militaire de la Turquie dans le canton d'Afrîn, au Rojava (région autonome au nord de la Syrie). En solidarité avec les peuples d'Afrîn, ainsi que ces camarades qui subissent actuellement une terrible répression de la part du régime fascisant du président Erdogan, nous avons traduit leur communiqué.

Afrîn appartient aux peuples d’Afrîn. Les peuples vivant dans le canton d’Afrîn sont nés sur ces terres et vont mourir sur celles-ci. Vivre là-bas n’a rien à voir avec un quelconque plan ou programme. Ils ne vivent pas dans le canton d’Afrîn dans un but stratégique. Afrîn, pour eux, est l’eau, le pain, la nourriture, le jeu, l’histoire, l’amitié, la camaraderie, l’amour, la rue, la maison, le voisinage. Mais pour l’État, ce n’est qu’une stratégie. Une stratégie dénuée de souci pour la terre d’Afrîn ou ses peuples.

L’agression militaire sur le canton d’Afrîn, c’est une stratégie de la Guerre de l’Énergie qui a résulté en le démantèlement de la Syrie et qui fera le démantèlement de plusieurs États de la région. Les États créent l’illusion qu’elles font ces guerres « pour leurs citoyens et citoyennes ». Elles produisent une propagande nationaliste conservatrice pour convaincre les habitants et habitantes de ces idées fausses. Ce besoin est inévitable autant à l’intérieur qu’à l’extérieur des États. Alors qu’elle est nécessaire pour les élections à l’intérieur, elle est utile pour les tables de négociation à l’extérieur. Les dirigeants qui prennent part au processus commercial avec notamment l’extraction, le transport et la vente des ressources énergétiques utilisent toutes leurs ressources pour accroître leurs profits. Dans ces discussions où le nombre de fusils, de tanks et d’avions de guerre est important, le nombre de soldats prend une place capitale. Un soldat n’est pas différent qu’une marchandise. Voilà comment l’illusion nationaliste conservatrice est produite.

Qui joindrait une guerre pour que certains fassent plus de profits? Qui combattrait pour de l’essence, qui est toujours vendue par les États ou les compagnies un peu partout, une goutte de laquelle coûte davantage que le pain? Nous, ceux et celles qui vivons la montée des prix qui se produit lorsque le prix de l’essence augmente, nous qui perdons toujours, pourquoi devrions-nous toujours combattre pour ceux qui profitent toujours? En fait, personne ne combattrait pour eux. Ils le savent et c’est pourquoi ils ont besoin du nationalisme et du conservatisme.

À présent, ils hurlent à partir des journaux et des canaux de télévision les slogans de l’illusion : « national, national, national! », « volonté nationale, unité nationale ». Ils ne peuvent jamais affirmer clairement : « Nous chipons des pièces », « bat-toi, nous allons te vendre de l’essence et n’importe quoi. Nous te les ferons produire, nous te les ferons consommer et nous t’exploiterons ». Voilà le plan, le programme, la stratégie, la guerre des États. Nous, les peuples – citoyens et citoyennes de force par les États – pouvons tout changer. Aujourd’hui, les peuples d’Afrîn vivent librement parce qu’ils l’ont transformé. Tout comme dans le canton de Kobanê, le canton de Cizere ou le Chiapas zapatiste. Et, il s’agit de la différence critique entre la guerre des peuples et la guerre des États. Dans leurs guerres, les États attaquent et brutalisent sans obéir à aucune règle pour que leurs profits s’accroissent. Ils bombardent tout avec leurs tanks et leurs avions. Ils blessent, tuent, assassinent et souhaitent faire prisonnière toute forme de vie. Tandis que dans la guerre des peuples, il y a la liberté.

Au cours des deux derniers jours, chacune des bombes lâchées sur Afrîn, chacune des balles ont été des attaques sur la liberté. L’État turc, qui souhaite augmenter ses parts du grand gâteau, a lancé son offensive sur le canton d’Afrîn. C’est une stratégie fondée sur le nationalisme et le conservatisme et basée sur des illusions. C’est une stratégie électorale. C’est une stratégie complètement commerciale. La guerre de l’État est une stratégie. Mais la guerre des peuples est la liberté. Et aucun État ne peut infliger la défaite aux peuples qui luttent pour la liberté.

Les peuples d’Afrîn vaincront!

Action Anarchiste Révolutionnaire (DAF) – Turquie

Traduction du Blogue du Collectif Emma Goldman


https://ucl-saguenay.blogspot.fr/2018/0 ... ontre.html
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Re: Afrin, Turquie contre kurdistan

Messagede bipbip » 28 Jan 2018, 13:01

Rojava : « Zone à Defendre » !

Alors que la Turquie mène une offensive dévastatrice contre le canton d’Afrin au Rojava, l’appel d’un militant de retour du Bakur, désespéré de voir les kurdes une fois de plus se faire massacrer par les puissants.

L’armée turque a lancé une offensive de grande envergure contre le canton d’Afrin depuis moins d’une semaine. Plusieurs centaines de morts déjà (civils et combattant.e.s). La ville d’Afrin est presque encerclée et Erdogan a déjà prévenu qu’il ne comptait pas s’arrêter à cet objectif.

Après avoir utilisé les Kurdes et leurs alliés pour servir de chair à canon contre Daesh, les USA, la France et la Russie se désengagent totalement de la question et laissent le champs libre à leur allié fascisant, l’État Turc.

Car Daesh a été vaincu par les combattant.e.s du Rojava et non pas par les bombes de la coalition internationale, plus efficace pour tuer des civils ou pour aider Bachar à récupérer son pays que pour libérer les populations réduites en esclavage.
Pourtant aucune surprise, là bas comme ici, de cette ultime lâcheté, tout le monde s’y attendait. L’absence de réaction des gouvernements occidentaux est finalement très logique. Personne n’a intérêt à voir germer et rayonner une expérience de démocratie radicale. [1]

Alors oui, après avoir utilisé les kurdes et leurs alliés pour reprendre les territoires de Daesh et surtout sa capitale Raqqa (car personne d’autre n’était capable de le faire), laisser la Turquie s’en occuper arrange tout le monde : Bachar, Poutine mais aussi Trump et Macron.

Aujourd’hui, comme toujours, c’est à la rue de faire entendre sa solidarité et surtout la colère de voir des gouvernements mener au Moyen-Orient une énième partie d’échec dont les enjeux se comptent en milliers de vies.

En Turquie aussi, la situation est idéale pour l’État, car la répression, particulièrement intense depuis 3 ans, empêche toute mobilisation au Bakur (Kurdistan « turc ») comme à Istanbul et dans les autres grandes villes du pays. Les milliers de militant .e.s déjà en prison, la police et l’armée déployées massivement pour prévenir tout soulèvement, et la menace d’un emprisonnement immédiat paralysent toute aide potentielle. La rue y est tout simplement muselée.

Notre responsabilité est immense. Les Kurdes de France appellent de façon incessante le reste du pays à venir les soutenir et à participer à leurs manifestations.
Déjà dans l’histoire, des massacres contre les Kurdes ont pu être empêchés par des mobilisations internationales. [2]

Au Bakur la victoire de la Zad a aussi été fêtée. Un jeune, là bas, nous disait au moment de trinquer : « En fait le Rojava c’est un peu notre ZAD à nous.... » Les attaques ont commencé une semaine après ces mots.

Une défaite et les massacres qui s’en suivraient seraient un drame de plus pour les kurdes et les habitant,e,s de cette région bien sur, Mais aussi pour tous les devenirs révolutionnaires ici comme ailleurs. “

Nous appelons à dénoncer l’abominable opération de Erdogan comme celles des gouvernements occidentaux et à soutenir de toutes les façons possibles la résistance désespérée de ces territoires.

Pour que l’internationalisme ne reste pas une coquille vide.

Pour Afrin, Pour le Rojava, Pour l’Autonomie !

Par un jeune militant de retour du Bakur, désespéré de voir les kurdes, une fois de plus, se faire massacrer par les puissants.


https://paris-luttes.info/rojava-zone-a-defendre-9432
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Re: Afrin, Turquie contre kurdistan

Messagede clateuf » 29 Jan 2018, 20:55

Communiqué de la Fédération Anarchiste

Non aux bombardements turcs sur le canton d'Afrîn !

Depuis plus d'une semaine, l'armée turque ainsi que son aviation pilonnent le canton d'Afrîn, géré par les Kurdes, de la Fédération démocratique de Syrie du Nord faisant partie du Rojava. Après avoir promis de raser cette région, Erdogan n'hésite pas à employer des mercenaires et s'appuyer sur des groupes considérés comme terrorsites par la coalition internationale tel que « Hayat Ahrar al-Sharm » pour arriver à ses fins alors qu' Afrîn est une zone de refuge qui a accueilli près de 400 000 personnes fuyant la guerre civile en Syrie.
Nous dénonçons et condamnons ces attaques turques contre les peuples d'Afrîn, nous condamnons aussi le silence assourdissant des « grandes puissances » ainsi que la collaboration de l’Etat allemand fournisseur d'armes de la Turquie.
La Fédération Anarchiste apporte tout son soutien aux peuples d'Afrîn et à toutes celles et ceux qui résistent à l'oppression étatique en Turquie, au Kurdistan et ailleurs.
Que vive Afrîn, vive le Rojava !

La Fédération Anarchiste
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Re: Afrin, Turquie contre kurdistan

Messagede bipbip » 01 Fév 2018, 17:08

Que se passe-t-il au Rojava ? — entretien avec le Conseil démocratique kurde en France
« Débarrasser la région des terroristes », ont annoncé les autorités turques en désignant les révolutionnaires néosocialistes1 du Rojava, porteurs du projet « confédéraliste démocratique », afin de justifier leur invasion du nord de la Syrie et leurs bombardements sur les populations civiles. Les chiffres des victimes se bousculent de part et d’autre. Le régime d’Erdoğan — avançant dans cette opération aux côtés de djihadistes et de l’Armée syrienne libre, opposante historique à Bachar el-Assad — vient d’utiliser du napalm, nous assure Agit Polat, porte-parole du Conseil démocratique kurde en France, en charge de fédérer 24 associations de la diaspora kurde à travers tout le pays. Un point sur la situation, et un appel au soutien, aussi modeste soit-il.
... https://www.revue-ballast.fr/se-passe-t ... de-france/

Défendons Afrin : défendons l’humanité !
Afrin ? Une région et une ville du même nom situées au Rojava, au nord-ouest de la Syrie, non loin de la frontière turque — majoritairement kurdes mais également composées d’Arabes, d’Assyriens, de Turkmènes et de Yézidis. L’opération Rameau d’olivier ? Une attaque terrestre et aérienne déclenchée par le gouvernement turc le 20 janvier dernier, aux côtés d’islamistes et de l’Armée syrienne libre — dans l’intention d’abattre les formations que le président Erdoğan tient pour « terroristes » : le Parti de l’union démocratique et ses branches armées, les fameux YPG/J, fers de lance de la révolution confédéraliste en cours. « Nous écraserons quiconque s’oppose à cette lutte nationale », a par ailleurs prévenu celui qu’Emmanuel Macron a récemment reçu à Paris afin « de faire plus ensemble ». Face à ce carnage, c’est un appel à la solidarité et à l’unité des forces de gauche que lance Dilar Dirik, militante du Mouvement des femmes kurdes
... https://www.revue-ballast.fr/defendons- ... lhumanite/
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Re: Afrin, Turquie contre kurdistan

Messagede abel chemoul » 03 Fév 2018, 13:13

http://www.europe1.fr/international/syr ... ue-3556304
"Nous considérons Afrine comme inséparable du territoire syrien. Toute attaque contre Afrine est une attaque contre tous les habitants de la région et contre la souveraineté de l'Etat syrien", a déclaré Othmane al-Cheikh Issa. "C'est pour cela que nous appelons l'Etat syrien à sortir de son silence" et faire face à "cette agression impitoyable", a-t-il ajouté."

le gars en question est le co-dirigeant du canton d'Afrin.

et aussi extrait de : https://www.revue-ballast.fr/se-passe-t ... de-france/

Des informations contradictoires ont d’abord circulé à propos d’une demande, émanant du Rojava, d’intervention aérienne auprès du régime syrien…
L’important, ce n’est pas que Damas intervienne ou non. Demandons plutôt au gouvernement syrien d’avoir le courage de déclarer que la Turquie doit cesser ses attaques sur son propre sol. Comme vous le savez, nous ne sommes pas du tout favorables à l’indépendance du Rojava : les Kurdes syriens dépendent des frontières de la Syrie. Damas devrait avoir le courage de reconnaître qu’une partie du territoire syrien est bombardée et que des crimes de guerre s’y commettent.

Pourquoi Bachar el-Assad ne se prononce-t-il pas davantage4 ?
Il essaie d’augmenter son pouvoir et d’affirmer son rôle en vue, plus tard, des négociations qu’il aura à mener avec les autorités kurdes du nord de la Syrie. Sans l’accord de la Russie, les bombardements aériens turcs n’auraient pas pu avoir lieu. Les liens entre Assad et Poutine expliquent aussi pourquoi le premier ne s’avance pas.

:arrow: Vos amis kurdes sont prêt à appeler Bachar à l'aide et ne le voient pas comme un ennemi, bref, ce sont des nationalistes, ils sont près à s'allier à n'importe qui pour défendre/libérer leur nation. C'est beau d'appeler le bourreau du peuple syrien à l'aide, celui à cause de qui toute cette merde jihadiste s'est produite...
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Re: Afrin, Turquie contre kurdistan

Messagede bipbip » 03 Fév 2018, 23:13

Rojava : Les internationalistes appellent à la défense d’Afrin

Il y a quelques jours, l’armée turque a franchi la frontière syrienne pour lancer une attaque contre la région d’Afrîn.
Le régime AKP-MHP accuse grossièrement le PYD de régner par la terreur, alors que contrairement à la Turquie, tous les partis politiques sont légaux et qu’il n’y a pas un seul prisonnier politique au Rojava (combien dans les prisons turques ?).
Ils accusent aussi de façon grossière le YPG de se battre aux côtés de Daesh (!) alors même que l’État turc soutient toujours Daech contre YPG.
Les allégations turques sont préjudiciables et ne parviennent pas à cacher leur objectif réel : empêcher toute forme de démocratie pour les peuples de Syrie, détruire toute forme d’autonomie pour le peuple kurde et contrôler la région à travers les gangs réactionnaires qu’ils parrainent.
Le Tabur International YPG continuera à se battre pour la révolution, à la défense de TOUS ses ennemis. C’est pourquoi certains de nos camarades se sont rendus dans la région d’Afrin pour stopper l’agression turque, tandis que les autres ont décidé de poursuivre la lutte contre Daech sur le front sud.
Erdoğan a fait une terrible erreur en attaquant Afrîn. La résistance des YPG/YPJ continuera jusqu’à ce qu’il ne reste plus un seul soldat turc sur la terre syrienne. Cela sera leur Viet-Nam. Afrîn sera la tombe du régime AKP-MHP.

Ils ne passeront pas !

Bijî berxwedana YPG-YPJ !
Bijî piştgiriya enternasyonalist !


https://secoursrouge.org/Rojava-Les-int ... se-d-Afrin


Combattant volontaire au Rojava #11 : « Une guerre de haute intensité militaire et politique, voilà ce qu’est Afrîn »

« Nous sommes plusieurs dizaines d’internationaux (comprendre occidentaux, les kurdes ne considérant pas leurs camardes turcs comme internationaux) à partir là bas, et c’est sans surprise que nous ne soyons presque que des "politiques" (révolutionnaires). »

Rojava, canton de Kobanê, le 27 Janvier 2018

Après 13 mois au Rojava, alors que je pensais rentrer en Mars ou Avril et ne plus retourner au front d’ici là, la situation me conduit de fait à changer de décision.

Demain je pars pour Afrîn, qui comme vous le savez est attaquée par l’État turc. L’invasion du canton d’Afrîn par la Turquie et la résistance kurde qui s’y déploie symbolisent une nouvelle bataille contre le fascisme.

Tous nos camarades des YPG-YPJ, du PKK et des partis révolutionnaires turcs s’accordent à dire que ce sera le front le plus difficile qu’on ait jamais vu au Rojava, mais qu’il s’agira également du plus politique. Une guerre de haute intensité militaire et politique, voilà ce qu’est Afrîn.

Combattre la deuxième plus grande armée de l’OTAN implique également une nouvelle forme de guerre, une forme de guérilla semi-rurale et semi-urbaine, bien différente du conflit contre Daech.

Mais il va nous falloir aussi affronter les groupes islamistes du Nord syrien type Al-Nosra/Al-Cham, et la fraction pro-turque de l’ASL qui n’est rien d’autre qu’un gang armé réactionnaire.

Nous sommes plusieurs dizaines d’internationaux (comprendre occidentaux, les kurdes ne considérant pas leurs camardes turcs comme internationaux) à partir là bas, et c’est sans surprise que nous ne soyons presque que des « politiques » (révolutionnaires).

Cette fois nous partirons en tant que membres des partis turcs, principalement DKP/BÖG et TKPML/TIKKO, et viennent également avec nous le MLSPB, le MKP, le TKPL. Le MLKP ne se joindra pas à nous, pas dans l’immédiat en tous cas (comprendre que leurs volontaires internationaux ne nous suivent pas encore). L’International Freedom Battalion demeure pour l’instant à Raqqa, ou l’État Islamique continue de mener quelques attaques éclairs, se cachant parmi les civils qui tentent de reconstruire leur ville. Au Sud, vers Deir-Ez-Zor, les YPG/YPJ/FDS continuent de prendre des villages à l’EI.

Le Rojava, et surtout les Rojavi, sont sous le coup d’une attaque massive, et doivent se battre sur plusieurs front. L’extrême gauche européenne, dans sa couardise habituelle, apporte un soutien de forme plus que de fond [1].

Notre départ est donc aussi un appel à la solidarité. Nous attendons de nos camarades à travers le monde qu’ils et qu’elles partagent des nouvelles sur la situation au Kurdistan. Qu’ils et qu’elles trouvent des fonds pour les organisations investies au Rojava. Sans argent nous ne pourrons pas nous battre efficacement.

La guerre nous épuise tous, nous vide d’une certaine substance vitale qui pourrait bien être l’innocence, mais la guerre est aussi l’affirmation d’une irrémédiable confrontation politique, elle est l’irréversibilité d’une situation qui fût et qui ne sera plus.

C’est pourquoi il faut ici y voir une possibilité. Celle d’arrêter l’ennemi fasciste d’abord, de l’affronter ensuite, et de le repousser après ; d’écarter la confusion pour pousser les gens à prendre parti.

Parce qu’il faut à présent prendre parti, faire un choix simple entre liberté et barbarie, fascisme ou révolution.

La neutralité n’est pas permise, et l’indifférence est un crime.

Dans les collines et les oliveraies d’Afrîn, des gens se battent. Ils sont apoïstes, communistes, anarchistes, démocrates radicaux ou simplement antifascistes. Ils sont des nôtres. Ne les oubliez pas.

Raoul d’Andresy

[1] Cette remarque ne s’applique pas à AL, nous a transmis l’auteur, NDLR.


http://www.alternativelibertaire.org/?C ... litaire-et
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Re: Afrin, Turquie contre kurdistan

Messagede bipbip » 04 Fév 2018, 19:38

Syrie. Forte résistance kurde à l’assaut turc sur Afrin

Deux semaines se sont écoulées depuis le lancement de l’opération « Branche d’Olivier » avec un résultat mitigé. Des avancées en territoire syrien ont été effectuées mais de façon très localisées. Tout cela au détriment d’autres secteurs de combats à l’intérieur de la Syrie.

Une province d’Afrin qui résiste âprement

L’opération « Branche d’Olivier » consiste officiellement pour le gouvernement turc à éradiquer la menace terroriste constituée selon lui, par les combattants kurdes regroupés au sein des Unités de Protection du Peuple, les YPG et leur branche féminine les YPJ. La Turquie déclarant que ces appellations ne sont qu’une façade sémantique derrière laquelle se camoufle le PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) groupe terroriste d’inspiration Marxiste-Léniniste très actif en Turquie.

Cette volonté de la Turquie de pacifier sa frontière sud est globalement acceptée de la part d’une communauté internationale qui a du mal à se positionner de façon claire dans ce nouveau conflit. Les kurdes du YPG/YPJ constituent la majorité des Forces Démocratiques Syriennes formées et soutenues par les américains dans le combat contre l’Etat Islamique.

Pour la Syrie cette opération turque est même considérée comme une nouvelle tentative d’annexion d’une parcelle de son territoire. Après la province d’Hatay en 1939 et le triangle Azaz-Jarablus-Al-Bab en août 2016, le scénario semble se répéter avec la province d’Afrin. La province de Manbij située à l’ouest de l’Euphrate devant théoriquement suivre…

Pour l’heure, ce sont 8 percées qui ont été réalisées par les mercenaires syriens de la Turquie. 2 d’entre elles viennent de réaliser leur jonction au niveau du village de Bulbul constituant désormais la plus grosse poche « libérée » de 18 kms de long pour 2,5 kms de profondeur. La prise la plus importante a été la montagne de Bursaya (855m) située au nord-est de la province d’Afrin et relativement bien fortifiée.

Le nombre de victimes semble particulièrement exagéré de part et d’autre mais se chiffrerait en plusieurs centaines…

De nouveaux gains pour l’Armée Arabe Syrienne à Idlib

Les troupes loyalistes semblent avoir pu bénéficier de 2 semaines de repos après leur fulgurante offensive en direction d’Abu Duhur et la formation de la poche du nord-est d’Hama. Elles viennent de tirer profit de l’opération « Branche d’Olivier » et se sont remises en marche. En effet, la Turquie a amplement mobilisé les forces « rebelles » des FSA (Free Syrian Army) et autres factions islamistes situées dans la poche d’Idlib pour sa propre opération de sécurisation d’Afrin. Autant de troupes qui ne sont plus affectées à la lutte contre le gouvernement. De plus, les combats se situent désormais au cœur de la poche d’Idlib, une zone qui contient très peu d’ouvrages défensifs rebelles.

... https://www.lengadoc-info.com/6312/inte ... urc-afrin/
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Re: Afrin, Turquie contre kurdistan

Messagede Lila » 04 Fév 2018, 22:59

APPEL FEMINISTE
SOLIDARITE AVEC LES FEMMES DU ROJAVA

L’État turc bombarde et menace de raser Afrin.

Cette attaque fait des morts par dizaines de civils, majoritairement des femmes et des enfants.
Afrin est une zone relativement sûre dans la région depuis longtemps et a accueilli des centaines de milliers de réfugiés arabes notamment d’Alep.

Le peuple du Rojava construit une société nouvelle, dans laquelle les différentes ethnies qui y vivent s’organisent avec leurs identités dans un système démocratique, féministe, écologique.

Cette agression a un but destructeur qui vise aussi la révolution des femmes du Rojava qui ne se soumettent plus à un régime patriarcal et ont le courage de construire une société de liberté pour elles-mêmes et donc pour tous.

Ceci est insupportable à Erdogan qui craint une contamination dans le Moyen Orient et au-delà, le Rojava est un exemple de libération des femmes qui ébranle l’idée d’Etats au service du nationalisme, du capitalisme et de l’extrémisme religieux , qui s’appuient tous sur la domination des femmes.

Nous exigeons l’arrêt immédiat des bombardements et de l‘invasion d’Afrin, qui sont contraires au droit international .
Pour cela nous demandons une intervention ferme de l’ONU, de l’UE et des gouvernements des pays impliqués dans la coalition : Russie, France, USA, Royaume Uni . Ils doivent faire pression sur la Turquie pour qu’elle cesse cette agression et retire ses troupes de Syrie.

Nous vous appelons à faire circuler cet appel et à faire connaître la construction de cette société qui dit « Oui, c’est possible de vivre en êtres humains libres, égaux , respectueux de la nature, et pour ce faire, le féminisme est un moyen indispensable»


https://marchemondialedesfemmesfrance.o ... du-rojava/
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Re: Afrin, Turquie contre kurdistan

Messagede bipbip » 06 Fév 2018, 12:04

Les Kurdes ont dit qu’ils se battraient jusqu’à la mort

L’attaque contre les Kurdes à Afrin en Syrie nord, menace la force pluraliste la plus démocratique de ce pays. Par Meredith Tax

Meredith Tax est une écrivaine et féministe depuis la fin des années 1960.

Son livre sur les Kurdes, “Une route imprévue: les femmes combattent l’État islamique”, a été publié en 2016.

La semaine dernière, la Turquie ouvrait un nouveau front dans la guerre syrienne, en utilisant son armée de l’air contre le canton syrien kurde d’Afrin – qui n’avait absolument rien fait pour provoquer cette attaque – alors même que la bataille contre Daech se poursuit à Deir Ezzor.Les Forces (SDF), dirigées par le YPG-YPJ kurde, se battaient avec le soutien des Etats-Unis. L’attaque de la Turquie contre les Kurdes syriens a ouvert un nouveau front dans la guerre, mis en péril ses relations déjà très fragiles avec les Etats-Unis et donné le feu vert aux djihadistes pour attaquer les Kurdes.

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan, qui a annoncé que son “Opération Olive Branch” détruirait tous les nids de terrorisme en quelques jours, a lancé une offensive terrestre le dimanche 21 janvier, qui comprenait chars, troupes d’opérations spéciales et milices de l’Armée syrienne libre.

Bien que l’offensive terrestre ait été bloquée, la Turquie bombarde encore lourdement aujourd’hui. Jusqu’à présent, 23 janvier, au moins 24 civils ont été tués et environ 5 000 ont perdu leurs maisons. Les personnes déplacées n’ont nulle part où aller, car la Turquie a construit un mur le long de la frontière, et ceux qui arrivent à Alep sont refoulés aux points de contrôle du gouvernement syrien. Pendant ce temps, à l’intérieur, Erdoğan arrête n’importe quel journaliste ou politicien qui ose critiquer l’offensive sur les médias sociaux .

Afrin est le canton le plus occidental de ce que l’on appelle souvent du nom kurde Rojava; les deux autres cantons, Cizire et Kobane, étaient à l’origine séparés par un territoire contrôlé par l’EI, mais au printemps 2016, ils furent reliés. En août, les combattants kurdes et arabes du SDF ont chassé l’EI de Manbij. Les cantons sont sous l’influence politique du Parti de l’Union démocratique (PYD), mais sont dirigés par un organisme parapluie multipartite connu sous le nom de TEV-DEM. En décembre 2016, pour souligner son attachement au pluralisme plutôt qu’à la politique identitaire kurde, le Rojava a changé son nom pour “Fédération démocratique du nord de la Syrie“.

Jusqu’à présent, Afrin, qui est célèbre principalement pour le savon à l’huile d’olive, a été l’une des parties les plus stables de la Syrie; pour cette raison, malgré un embargo turc, elle est devenue la destination de centaines de milliers de réfugiés, qui ont augmenté la population de 400 000 avant la guerre à environ 750 000 aujourd’hui. Afrin borde la Turquie au nord et est entouré de tous côtés par les forces gouvernementales syriennes et les forces rebelles, y compris Al-Qaïda. Comme d’autres parties du Rojava, Afrin est géré démocratiquement , en mettant l’accent sur le pluralisme religieux et ethnique, la justice réparatrice, la libération des femmes, l’écologie et les coopératives économiques.

La question de savoir combien de temps durera l’alliance militaire entre ces radicaux kurdes et les États-Unis après la victoire de Raqqa et la sortie de l’EI de la majeure partie de la Syrie est une question ré-ouverte. Pour convaincre les SDF – qui ont perdu au moins 650 combattants à Raqqa – de mener cette bataille, les Etats-Unis avaient promis un soutien futur. Ces promesses semblaient porter leurs fruits, lorsque le 15 janvier, Washington annonça qu’il continuerait à soutenir une force militaire de 30 000 personnes sur les frontières de Rojava avec l’Irak et la Turquie, et le long de l’Euphrate qui sépare le Rojava du territoire contrôlé par le gouvernement syrien.

Erdoğan, de manière prévisible, n’y est pas allé par quatre chemins. “Un pays que nous appelons un allié insiste pour former une armée de terreur sur nos frontières”, a-t-il dit. “Notre mission est de l’étrangler avant même qu’il ne soit né.” Moscou a également objecté. La Russie planifie des bases permanentes en Syrie, et il y a des preuves que l’ Iran le fait aussi. Aucun d’eux ne veut que les États-Unis ne fassent de même.

Les Kurdes avaient conclu leur propre accord avec la Russie en mars dernier, lorsqu’ils avaient laissé Moscou établir une base à Afrin, en échange d’une promesse de protéger le canton contre la Turquie. Le 18 janvier, la Turquie a envoyé une mission diplomatique à Moscou, et, deux jours plus tard, des représentants du gouvernement Assad ont rencontré les dirigeants des YPG à la base aérienne russe de Hmeimim, faisant pour eux une de ces “offres que vous ne pouvez pas refuser”.

Selon Sinam Mohamad , représentant diplomatique de la Fédération démocratique de la Syrie du Nord, les Russes ont déclaré qu’ils protégeraient Afrin seulement si les Kurdes la confiait au gouvernement Assad. Timur Akhmetov, analyste du Conseil des Affaires Internationales de Russie, a expliqué à Ahval News , un service d’information turc en exil démocratique, que le transfert d’Afrin au gouvernement syrien était vital pour que la Russie puisse montrer aux Kurdes ailleurs en Syrie “qu’ils peuvent s’auto-gouverner tout en gardant le gouvernement syrien en charge de la sécurité et des frontières.”

Le but était de dire au monde que les Kurdes syriens ont besoin de Damas pour survivre.

Lorsque le YPG-YPJ a rejeté avec indignation leur offre, la Russie a retiré ses troupes, donnant ainsi effectivement le feu vert à la Turquie. Cette trahison a probablement fini les pourparlers de paix projetés par la Russie à Sotchi. La Fédération démocratique de la Syrie du Nord ne participera pas .

Et qu’ont fait les États-Unis pour protéger leurs alliés kurdes contre l’invasion de leur partenaire de l’OTAN, la Turquie? Fondamentalement rien, bien qu’ils aient “conseillé” à la Turquie d’éviter des dommages collatéraux inutiles – selon les mots du secrétaire d’Etat Rex Tillerson, “essayez d’être précis, essayez de limiter votre opération, essayez de faire preuve de retenue, voyons si nous pouvons travailler avec vous pour créer le genre de zone de sécurité dont vous pourriez avoir besoin. “

L’objectif déclaré de la Turquie est de créer une zone tampon de 30 kilomètres à sa frontière avec le Rojava – un besoin que la Turquie n’a jamais semblé ressentir lorsque l’Etat islamique contrôlait cette région. La zone est supposée empêcher le YPG-YPJ d’attaquer la Turquie, bien qu’ils aient dit à plusieurs reprises qu’ils ne le feraient pas, de toute façon. Bien sûr, Erdoğan s’inquiète vraiment du succès du Rojava en tant qu’entité autonome, et que cela puisse être un mauvais exemple pour les Kurdes de Turquie, qui, sous la direction du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), résistent au gouvernement depuis 40 ans. D’abord en tant que mouvement de guérilla en quête d’indépendance puis, depuis 2005, en tant que mouvement pour l’autonomie et les droits démocratiques.

Dans ces conditions, une zone tampon suffira à peine à rassurer la Turquie. En fait, rien ne permettra à la Turquie de se sentir en sécurité tant qu’elle ne sera pas disposée à considérer ses Kurdes comme des citoyens ayant des droits plutôt que comme une menace existentielle. Nous sommes ici dans le pays d’Erich Fromm. Nous sommes confrontés à des phobies irrationnelles profondes qui sont ventilées et exploitées à des fins politiques.

À mesure que les bassins économiques de la Turquie et son isolement politique augmentent, ces objectifs politiques incluent un maintien du régime de plus en plus autoritaire d’Erdoğan. Une petite guerre pourrait le faire paraître indispensable. Et Afrin a dû sembler une victoire facile, pour cette énorme puissance militaire, avec ses fantastiques chars allemands et ses avions de guerre américains et ses missiles. La Turquie a déjà montré sa volonté d’infliger “des destructions massives et de nombreuses autres violations graves des droits de l’homme”, notamment de lourdes destructions dans les villes de Nusaybin et Cizre et dans le district de Diyarbakir, selon l’ONU .

Mais les Kurdes ont dit qu’ils se battraient jusqu’à la mort avant d’abandonner un pouce d’Afrin, et bien que les combattants YPG-YPJ d’Afrin n’aient pas de chars américains, ni de canons antiaériens, ils sont toujours une force formidable, aguerrie par des années de combat contre ISIS. Pendant ce temps, une grande partie de l’ancien commandement militaire turc a été emprisonné ou renvoyé après le coup d’Etat manqué de juillet 2016, et les milices de l’ASL n’ont pas encore vaincu les Kurdes.

Ces facteurs jettent un doute sur la promesse de la Turquie de nettoyer Afrin dans quelques jours et ensuite de prendre Manbij, un point stratégique actuellement détenu par les forces du SDF et soutenues par des conseillers militaires américains. Erdoğan est-il vraiment prêt à affronter le Pentagone ?

Sinam Mohamad et d’ autres représentants kurdes appellent les Etats-Unis à déclarer une zone d’exclusion aérienne sur tout le Rojava, y compris Afrin, soulignant le rôle clé joué par leurs troupes contre l’EIIL et l’importance de leur modèle pluraliste pour la stabilité future en Syrie. À l’heure actuelle, Washington semble avoir deux politiques étrangères contradictoires : la Maison Blanche veut apaiser la Turquie, et le Pentagone veut soutenir les Kurdes.

Et que devraient soutenir les progressistes américains ?

Avec la défaite de l’opposition civile syrienne, la Fédération démocratique du nord de la Syrie est le seul endroit qui ressemble à la démocratie, sans parler du féminisme, dans la région; en tant que tels, ils méritent – et ont besoin – de tout notre soutien.

Mais Washington a toujours soutenu les tendances les plus répressives de la Turquie. La CIA était l’architecte de l’ état profond de la Turquie ; le Département d’Etat a mis le PKK sur sa liste terroriste en 1997 et Washington a organisé la capture du leader du PKK Abdullah Ocalan en 1999. En 2002, après que le PKK ait renoncé au terrorisme, l’Union européenne a placé le groupe sur sa liste terroriste à son tour; l’ONU pourtant n’énumère toujours pas le PKK en tant que tel.

De plus, les Etats-Unis et l’Europe ont régulièrement fourni à la Turquie des armes utilisées contre les Kurdes.

Cette alliance de style Guerre froide est devenue de plus en plus inconfortable. Erdoğan devenant un dictateur soutenant les djihadistes syriens opposés aux Etats-Unis et prenant la voie de la répression intérieure extrême, des attaques sanglantes contre ses propres citoyens, de l’islamisation et de la corruption généralisée. Maintenant, Erdoğan encourage la nostalgie de l’Empire ottoman , espérant clairement intégrer certaines parties de la Syrie.

Toute perspective de stabilité régionale, et encore moins d’engagement en faveur de la justice et de la démocratie, est totalement en contradiction avec les objectifs de la Turquie à ce stade.

Plutôt que d’apaiser Erdoğan, les Etats-Unis devraient l’inciter à cesser de persécuter les Kurdes en Syrie et en Turquie et à rouvrir les négociations avec le PKK, ainsi qu’à ramener la Turquie à un état proche de la démocratie.

À long terme, le modèle d’État-nation ethnique est condamné depuis longtemps et le soutien à l’approche fédéraliste de la gouvernance proposée par les Kurdes est la voie la plus claire dans des pays aussi hétérogènes que la Syrie, l’Irak et même la Turquie.

Même si Washington n’est pas capable de le reconnaître, nous devrions le faire.

Meredith Tax (texte original en Anglais https://www.thenation.com/article/showd ... ist-force/) 26 janvier 2018 – Librement traduit par Kedistan


http://www.kedistan.net/2018/02/05/kurd ... a-la-mort/
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