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Messagede Nico37 » 30 Déc 2008, 11:40

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Une grève illimitée à partir de janvier

LES HOSPITALO-UNIVERSITAIRES RADICALISENT LEUR MOUVEMENT : Une grève illimitée à partir de janvier
18 Décembre 2008 - Page : 6


Le taux national de suivi de la grève entamée depuis samedi dernier, a atteint 90%.

Les hospitalo-universitaires durcissent le ton. Une grève illimitée dans l’enseignement en sciences médicales et des examens est décidée à partir de janvier prochain. «La grève débutera à partir de la première semaine du mois de janvier, juste après les vacances», a déclaré, hier, le Dr Djidjli, secrétaire général du Syndicat des professeurs et docents en sciences médicales (Snpdsm). Il s’exprimait lors d’une conférence de presse animée par les représentants des cinq syndicats de la santé, membres de la Coordination des syndicats autonomes, initiatrice du débrayage d’une semaine des praticiens qui a pris fin hier.
Les hospitalo-universitaires ont retenu aussi, lors de l’assemblée générale tenue au CPMC du CHU Mustapha-Bacha, la reconduction du débrayage cyclique des soins qui durera, cette fois-ci, dans le temps. «Sa date sera fixée après coordination avec les autres syndicats de la santé», a précisé le Dr Djidjli.
Les syndicalistes ont observé hier un sit-in dans l’enceinte du CHU Mustapha-Bacha qui a drainé un nombre important de praticiens de la santé publique. Deux assemblées générales ont été également organisées au niveau du même hôpital. «Nous restons attachés à la légalité de notre mouvement, entaché de beaucoup de mépris de la part des pouvoirs publics», a affirmé, le porte-parole de la Coordination, le Dr Lyès Merabet, également secrétaire général du Syndicat des praticiens de santé publique (Snpsp). Le conférencier n’a pas caché sa satisfaction quant au suivi du débrayage d’une semaine, entamé depuis samedi dernier dans le secteur de la santé et dont le taux national a atteint 90%. «C’est un taux très réconfortant pour nous. Convaincue de la légitimité de nos revendications, la corporation a massivement répondu à notre appel», estime le Dr Merabet. De son côté, le Dr Mohamed Yousfi, président du Syndicat des praticiens spécialistes de santé publique a relevé l’adhésion massive de la base à l’appel de ses syndicats et menace: «Notre mouvement de protestation s’inscrit dans la durée et va aller crescendo si aucune réponse satisfaisante de la part du Premier ministre n’est donnée».
Pour la prochaine action de protestation, les praticiens seront soutenus par les résidents. Ces derniers ont déposé leur dossier pour avoir l’agrément afin de créer leur propre syndicat. Ils comptent jusqu’à présent pas moins de 1000 adhérents. La Coor-dination revendique, note-t-on, le respect, la reconnaissance totale des syndicats autonomes comme partenaire social à part entière, la révision de la grille des salaires et du point indiciaire en rapport avec l’inflation galopante, l’ouverture immédiate des négociations sur le régime indemnitaire et un statut digne pour les professionnels de la santé.

Naïma HAMIDACHE
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Re: Algérie

Messagede Nico37 » 02 Mai 2009, 16:40

Arrestations, des blessés et affrontements sanglants el-annabi.com

jeudi 16 avril 2009. 35 véhicules des brigades d’intervention rapide à Tinzaouatine

Des émeutes se sont déclenchées, hier, dans la Daïra de Tinzaouatine, à l’extrême Sud de Tamanrasset en Algérie sur les frontières avec le Mali, suite à des accrochages violents entre les forces antiémeutes et les habitants de cette région qui ont décidé de fermer la Daïra et de revendiquer le changement de son premier responsable.

Après trois semaines de troubles à Tinzaouatine, dans l’extrême Sud de Tamanrasset, suite au dossier de l’immigration clandestine, la situation dramatique a dégénéré dans cette région et s’est transformée en intenses violences, dès l’arrivée de la brigade blindée de lutte antiémeutes, appartenant à la Gendarmerie Nationale à Tinzaouatine, dans la nuit d’avant-hier.

Des témoins oculaires ont révélé à El Khabar que six jeunes, au moins, ont été arrêtés dans la matinée d’hier et que les brigades de la Gendarmerie sont stationnées dans cette région en prévision que les émeutes reprennent, après qu’il y a eu plusieurs blessés et transféré vers l’hôpital de Tamanrasset situé à 500km.

Plusieurs notables de cette région ont indiqué à El Khabar que la situation pourrait s’aggraver en cas de non réponse aux revendications portant de mettre un terme à ce qu’ils ont qualifié de « busines » dans les projets et dans l’essence qui leur est livré de Tinzaouatine une fois chaque deux mois.

Il est à rappeler que les émeutes se sont précédemment enclenchées dans cette région suite à l’arrivée de caravanes d’immigrés clandestins, qui ont été placés dans cette région pour le but de les extrader. Le nombre d’immigrés clandestins qui ont été extradés depuis le début de cette année de Tamanrasset a été estimé à 1972 personnes.
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La sûreté urbaine de dréan (El Tarf) saccagée et brûlée par des émeutiers Des blessés et des dizaines d’arrestations

A peine quelques instants après le discours d’investiture du président Bouteflika, de graves incidents se sont produits dans les localités se trouvant à l’ouest de la wilaya d’El Tarf.

20 Avril 2009, El Watan

Des centaines de jeunes émeutiers – des chômeurs principalement – ont convergé simultanément vers les communes de Dréan, Chihani et Chbaïta Mokhtar pour crier leur courroux. A Dréan, le siège de la sûreté urbaine a été la cible des manifestants qui l’ont saccagé et brûlé.

C’est à partir de là que les éléments de la brigade d’intervention rapide de la Gendarmerie nationale, en position dès le début du mouvement, sont entrés en action. Selon des témoins oculaires, les émeutiers surexcités étaient difficiles à calmer.

Pour les disperser, les éléments de la brigade d’intervention rapide de la gendarmerie ont fait usage de leurs armes à feu, de bombes lacrymogènes.

Ils auraient également lâché leurs chiens sur la foule en colère. Le face-à-face a généré plusieurs blessés de part et d’autre. Les blessés ont été évacués vers plusieurs polycliniques de la wilaya d’El Tarf et de Annaba. C’est le cas du jeune Tabsaoui Nadir.

Agé de 22 ans, celui-ci a été atteint au genou. Nadir a reçu les premiers soins dans la polyclinique Atoui (El Hadjar). Il était alité à côté d’un policier également blessé dans les mêmes circonstances avant d’être transféré au service des urgences du CHU Ibn Rochd.

Tout a commencé à partir de la commune de Dréan, distante de 80 km du chef-lieu de wilaya d’El Tarf, où plusieurs dizaines de jeunes chômeurs ont crié leur détresse. En colère, ils ont revendiqué un contrat d’emploi
dans le cadre des dispositions du dispositif d’appui d’insertion professionnelle (DAIP). D’autres ont scandé des propos dénonçant la politique de l’emploi dans leur commune et au niveau de la wilaya.

Le mouvement a vite fait tache d’huile pour atteindre la commune de Chbaïta Mokhtar. Sans conteste, cette dernière a étéla plus touchée par le mouvement de colère. Des centaines de jeunes émeutiers ont investi la RN16 reliant Annaba à Souk Ahras. A l’aide de pneus brûlés, de gros blocs de pierre, des troncs d’arbres et autres objets hétéroclites, ils ont bloqué la route nationale.

Ils ont même saccagé les installations ferroviaires reliant Annaba à la commune de Chihani. « Nous dénonçons la pauvreté, le chômage et les conditions de vie misérables dans lesquelles nous vivotons », ont crié les protestataires jeunes et moins jeunes.

A signaler que la brigade d’intervention rapide d’El Hadjar (Annaba) s’est déplacée sur les lieux tout autant que la brigade mobile de la police judiciaire de la même wilaya. Leurs interventions ont débouché sur l’arrestation de plusieurs dizaines de jeunes.

Ces derniers sont actuellement dans les locaux des services de la gendarmerie en audition. Bien qu’ils aient procédé au blocage de la RN84 reliant la commune de Dréan à celle de Besbes, la wilaya d’El Tarf, les jeunes de la commune de Chihani (El Tarf) n’ont néanmoins pas causé de dégâts importants.

Emeutes à El-Tarf 20/04/2009

Un vaste mouvement de contestation pratiquement similaire à celui survenu il y a deux semaines dans la partie ouest de la wilaya d’El-Tarf englobant les communes relevant de la daïra de Dréan. Tout a commencé aux environs de dix heures, hier, lorsqu’une cinquantaine de jeunes dénonçant le retard dans la perception de leur dû, dans le cadre du contrat d’insertion, sont allés bloquer la RN 16 à hauteur de l’intersection de Sidi H’meïda et de Grabar avec des blocs de pierre. La route a été de nouveau libérée aux alentours de midi trente.

Ce fut au tour des habitants de Chebaïta Mokhtar de prendre le relais en bloquant la RN 16 à hauteur de la pompe d’essence et sur plus de trois cents mètres avec des blocs de pierre et en brûlant des pneus. Même le chemin de fer qui longe la RN 16 a aussi été bloqué perturbant le trafic ferroviaire, particulièrement les trains de transport de minerai qui alimentent le complexe sidérurgique d’Arcelor Mittal.

Au même moment, la RN 84 entre Dréan et Besbès ainsi que la RN 16 A ont été bloquées par de nombreux jeunes déroutant ainsi tout le trafic routier. Du coup, de longs détours devenaient inévitables pour les automobilistes, bus, poids lourds circulant sur cet axe névralgique et reliant les wilayas de Annaba, El-Tarf, par Chebaïta et Dréan. Quant aux taxis de Dréan, la place pour se rendre à Annaba est passée de 50 DA à 150
DA.

Mais c’est à Chebaïta Mokhtar que la contestation a pris des proportions inquiétantes. Des jeunes et adultes ont déballé leurs problèmes quotidiens allant du chômage, à l’état des routes déplorable, aux caves inondées d’eau. La situation a dégénéré aux alentours de 15h avec le saccage d’un bus de transport d’étudiants. D’autres véhicules ont vu leurs vitres voler en éclats, des automobilistes rackettés. Puis, pour des raisons qu’on ignore, le siège de la sûreté de cette ville a dû subir un déluge de pierres obligeant les policiers à se mettre à l’abri. Vers 16h, les forces de l’ordre sont intervenues, usant de coups de matraque et de bombes lacrymogènes pour libérer la route. Plusieurs personnes ont été interpellées au cours de cette opération.
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Re: [Algérie] Une grève illimitée à partir de janvier

Messagede leo » 04 Nov 2009, 10:41

Le quartier Bouaziz revient à la charge. Routes barricadées à Tizi Ouzou


Mardi 03 Novembre 2009

C’est devenu désormais une tradition : les citoyens de Tizi Ouzou recourent à la fermeture de routes pour exprimer des doléances souvent légitimes. Le recours à cette forme d’expression s’explique, il va de soi, par l’inefficacité des canaux de dialogue traditionnels.
Hier encore, les habitants de la cité du 11-Décembre, appelée communément quartier Bouaziz, ont procédé à la fermeture de la rue Khodja-Khaled, à l’aide de pneumatiques usagés qui brûlaient au milieu de la chaussée. Un immense embouteillage s’est aussitôt constitué bloquant ainsi la circulation automobile sur cet important axe routier.
Les manifestants sont descendus dans la rue pour exprimer leur mécontentement suite à l’abandon du chantier des travaux d’aménagement de leur quartier. L’entreprise chargée du projet aurait exigée qu’elle soit d’abord payée pour les chantiers déjà réalisés par ses soins. Les représentants de la population dénoncent le silence des autorités devant l’abandon de leur cité qui, pour sa réhabilitation, nécessite un véritable “plan Marshall” : routes défoncées, trottoirs dégradés, etc. Tout est à refaire ici, nous explique-t-on sur place. “Que des promesses !” fulmine un délégué du quartier. Les manifestants ont mis fin à leur action après la promesse que les travaux ne tarderaient pas à être entamés. “Mais pourquoi attendre des actions de rue pour que les pouvoirs publics s’empressent par la suite de s’occuper des doléances pourtant légitimes des citoyens”, s’interroge-t-on à Bouaziz, dont les habitants ont déjà bloqué la même rue le 28 septembre dernier. Le wali de Tizi Ouzou, dans une sèche mise au point, avait parlé de manipulations à l’origine de cette effervescence sociale. “Nous dérangeons !” avait déclaré M. Mazouz, le 14 octobre, en marge d’un conseil de wilaya consacré à la daïra d’Ouaguenoun. C’est que les émeutes cycliques déclenchées ici et là semblaient avoir agacé les responsables locaux qui ont réquisitionné la force publique pour empêcher la fermeture de routes devenue une marque de fabrique de la région. D’autres quartiers, est-il utile de le rappeler, ont recouru au même procédé pour soulever des revendications liées au cadre de vie.


http://www.liberte-algerie.com/edit_arc ... ?id=124459

Depuis septembre, l’Algérie est secouée par une grosse effervescence sociale : il y a eu d’autres émeutes, mouvements de blocages de routes et manifestations plus ou moins spontanées à Alger (quartier Bab-el-Oued le 13 octobre, quartier Diar Echems les 19 et 20 octobre), près d’Oran (à El-Ançor le 27 octobre), et avant ça à Blida, El Oued, Skikda, Béjaïa…

Les revendications principales sont les logements mais aussi l’exigence de fermeture d’une carrière (El-Ançor) responsable de maladies respiratoires, ou font suite à des coupures de courant, et plus généralement contre la “mal vie”, la corruption…

L’émeute, nouveau phénomène social algérien

http://www.afrik.com/article17822.html
leo
 
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Re: [Algérie] Une grève illimitée à partir de janvier

Messagede Nico37 » 23 Jan 2010, 00:24

Comité international de soutien au syndicalisme autonome algérien – CISA

21 ter rue Voltaire – 75011 Paris – France
comintersaa@gmail.com – 0033 6 29 64 66 33

Entre répression et manipulations : le courageux combat des syndicats autonomes algériens


La défense des droits des travailleurs n'est nulle part une tâche aisée. En Algérie plus qu'ailleurs, être syndicaliste est aujourd'hui un combat difficile de tous les instants. Les dispositions de l'état d'urgence en vigueur depuis le coup d'État de janvier 1992 et l'interruption des élections législatives compliquent très sérieusement l'action quotidienne des syndicalistes authentiques, membres des divers « syndicats autonomes » de la fonction publique. Ceux-ci sont apparus au tout début des années 1990 – à la faveur d'une brève ouverture démocratique – pour défendre les intérêts des fonctionnaires, rôle que n'assurait plus, de longue date, le syndicat unique UGTA (Union générale des travailleurs algériens), devenu dès 1963 un simple rouage du régime.

Être syndicaliste en Algérie

Dans l'Algérie des années 2000, animer un syndicat autonome consiste autant à défendre les travailleurs qu'à esquiver les manœuvres incessantes de déstabilisation, d'infiltration et de corruption du pouvoir – qui le tolère sans le reconnaître officiellement. Les organisations syndicales indépendantes, en refusant toute sujétion autre que celle due à leurs adhérents, sont la cible principale de l'action des services de la police politique de l'armée, le DRS (département de renseignements et de sécurité, ancienne sécurité militaire). Venus combler l'absence totale de représentation des travailleurs, les syndicats autonomes sont depuis leur création la cible permanente d'entreprises d'intimidation, de division de leurs rangs et de corruption de leurs dirigeants, dans le but d'éliminer toute forme d'expression revendicative.

En effet, le maintien de l'ordre politique passe par l'émiettement de toutes les contestations et la vassalisation de tous ceux qui prétendent se poser en tant qu'interlocuteurs responsables. La démarche est constante dès les premiers jours de l'indépendance. Il est significatif à cet égard d'observer que le premier congrès de l'UGTA, en janvier 1963, a été la première victime de cette stratégie de mise en coupe réglée de tous les acteurs sociaux. Les délégués au congrès ont été arrêtés pour permettre à des individus relevant des appareils sécuritaires de tenir le congrès à leur place et d'« élire » une direction choisie par le pouvoir. Aucune structure ne doit exister en dehors de celles qui sont au service du régime.

Comme ce fut le cas juste après l'indépendance, l'élimination du champ social de toute organisation autonome par rapport au pouvoir réel, c'est-à-dire les chefs du DRS, est la préoccupation constante des dirigeants algériens depuis la fin de la brève période d'ouverture démocratique entre novembre 1988 et juin 1991. Derrière une façade institutionnelle destinée à la consommation externe, le système politique algérien est une dictature dont les leviers exclusifs sont la rente pétrolière et un appareil répressif omniprésent.

Une dictature masquée

Cette dictature militaro-policière se camoufle derrière des institutions qui, de la justice au Parlement en passant par le président de la République, ont une existence formelle mais qui ne sont nulle part et ne constituent à aucun moment des cadres d'autorité effective ni des centres de régulation politique. Sans substance, animées tant bien que mal par un personnel coopté, elles ne s'avèrent en définitive que les courroies de transmission des directives du groupe effectivement dirigeant. Issues d'élections frauduleuses, soigneusement mises en scène, les institutions croupions ne doivent leur existence qu'à la nécessité de se conformer au modèle qui rassure les Occidentaux, principaux partenaires étrangers, soucieux d'un minimum de formalisme.

De fait, la gestion du pays est entre les mains d'un groupe d'individus au sommet des appareils sécuritaires, qui n'apparaissent pas sur la scène politique officielle et ne rendent de comptes à personne. Cette dictature « honteuse » ne peut tolérer, pour durer, la moindre contestation organisée et sa pérennité repose donc sur un contrôle social tatillon, interdisant l'émergence de toute expression libre et de toute organisation susceptible de la mettre en question.

La scène politique algérienne est parfaitement verrouillée, les partis récalcitrants sont privés d'expression, réduits à une existence végétative, dans l'impossibilité de se déployer, ne recueillant dans les urnes que ce que le pouvoir effectif veut bien leur concéder. À de très rares exceptions, comme la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH) ou SOS-Disparus, le mouvement associatif, témoin d'une « société civile » également préfabriquée, est constitué d'une myriade d'associations subventionnées regroupant pour l'essentiel, quelques individus sans relais dans la société.

Seule soupape tolérée par le régime, la presse écrite privée – les « médias lourds », radio et télévision, restant exclusivement dans les mains de l'État – fait preuve d'une certaine liberté de ton, pour autant que les lignes rouges non écrites, mais fermement tracées, ne soient pas franchies. Ces lignes rouges sont connues : il est interdit de mettre en cause les responsables du cercle dirigeant effectif, de les nommer et de critiquer le centre du régime, la police politique militaire. En revanche, la presse dispose d'une certaine latitude pour critiquer le chef de l'État, le gouvernement et les autres institutions. Sous tutelle directe du DRS, la plupart des directeurs de journaux sont ainsi tenus d'assister à un briefing hebdomadaire au siège spécialisé de la police politique. La presse reste néanmoins le seul espace de très relative liberté consentie à la population.

Les syndicats autonomes face à la répression

Héritage vivace de la période d'ouverture, de la Constitution de 1989 et des lois promulguées en 1990, les syndicats autonomes sont en première ligne de la répression et des manœuvres déstabilisatrices de l'appareil sécuritaire et de ses relais. Si l'aventurisme politique, inauguré par le coup d'État militaire du 11 janvier 1992, a entraîné le démantèlement des principaux garde-fous de l'État de droit, le rééchelonnement de la dette en 1994 a permis le basculement dans l'économie de bazar et la corruption généralisée. L'orientation libérale et l'annihilation de la politique sociale ont provoqué le basculement de catégories entières dans la précarité et la misère.

Aujourd'hui, dans un pays qui se targue de sa santé financière, exclusivement due à la rente pétrolière, la moitié de la population vit en deçà du seuil de pauvreté. L'affairisme des clientèles du régime et la corruption aux niveaux les plus élevés des hiérarchies de pouvoir sont facilités par l'affaiblissement des structures de l'État et le désordre entretenu par ceux-là mêmes qui dirigent l'appareil répressif. L'ajustement structurel et la pression sur les salaires ont frappé de plein fouet les fonctionnaires de tous les secteurs et les travailleurs en général. L'éducation et la santé ont notamment payé au prix fort la thérapie à courte vue et globalement inopérante du FMI.

Ce recul social – relégué au second plan par la « sale guerre » conduite contre la population dans les années 1990 par les chefs de l'armée et du DRS, au prix de 200 000 morts – n'est aujourd'hui combattu que par les syndicats autonomes . L'UGTA, ancienne organisation de masse du parti unique, caporalisée dès les premiers jours de l'indépendance par la police politique, n'est plus qu'un instrument, totalement discrédité, de contrôle social. Privée de toute représentativité, dirigée par des hommes notoirement impliqués dans des scandales financiers, la vieille centrale est l'ombre spectrale du syndicat fondé le 24 février 1956 par Aïssat Idir.

L'UGTA, l'un des rarissimes syndicats au monde à avoir approuvé un programme d'ajustement structurel du FMI, n'est plus qu'un sigle commode, convoqué par le gouvernement pour figurer l'illusoire « adhésion des masses laborieuses » aux gesticulations d'une « Algérie Potemkine » cachant de plus en plus difficilement la réalité de la dictature. Les sections combatives qui subsistent encore sont laminées par les coups de boutoir de la direction nationale de l'UGTA, qui les fragilisent en leur ôtant la protection syndicale et les offrent comme victimes expiatoires à l'administration.

Les syndicats autonomes sont aujourd'hui les seules organisations qui défendent les travailleurs, les seules qui échappent à la mainmise de la police politique. Les mouvements sociaux dans la fonction publique ont démontré les capacités de mobilisation des syndicats libres et la limite des capacités d'intimidation de la police politique. Arrestations arbitraires, gardes à vue illégales de militants syndicaux alternent avec les fermetures de locaux, toutes les formes de brimades et de harcèlements.

Des méthodes éprouvées pour stériliser le champ politique

Depuis les années 1990, le DRS déploie, vis-à-vis des syndicats autonomes, tout l'éventail des techniques de manipulation mises en œuvre dès 1962 pour stériliser le champ politique et renouvelées, après la fermeture de la « parenthèse démocratique » de 1989-1991. Les partis alors légalisés, ayant encore une base réelle et une direction indépendante du pouvoir, ont été systématiquement depuis l'objet de manœuvres de division interne. Scénario classique : des militants « dissidents », agissant sur ordre, décident d'un congrès de « redressement ». Une « direction » est élue dans les conditions les plus illégales et le parti passe sous la coupe du pouvoir. La victime la plus illustre de ce genre de « redressement » – le mot arabe tas'hihiyya est passé dans le langage courant pour désigner ce type de coup d'État téléguidé – fut, en janvier 1996, le vénérable Front de libération nationale, dont le secrétaire général Albelhamid Mehri a alors été déposé à la suite de ce que ses exécutants ont appelé un « complot scientifique ». Au mépris de toute légalité, la ligne indépendante du FLN, approuvée par les militants, a été changée du jour au lendemain, pour un alignement absolu sur les orientations du pouvoir.

Face à ce type de manœuvres, dans une situation d'état d'urgence structurel et d'omnipotence de la police politique, tout recours à la justice est inévitablement voué à l'échec. Dans l'organisation politique algérienne, la justice n'est pas une institution, elle n'est qu'un appareil obéissant. Et le paysage est ainsi modelé : de nombreuses organisations factices – partis, syndicats, associations –, sans base ni programme crédible, occupent le terrain médiatique quand le besoin d'une agitation politique est ressenti par le système. On le voit bien à l'occasion des élections présidentielles, quand des structures virtuelles sont fugacement ranimées pour servir de faire-valoir et jouer le rôle d'une opposition de pure figuration.

Systématiquement appliquées, ces méthodes, qui semblent être les seules connues de la police politique, ont été notoirement utilisées sur le front de la « sale guerre » des années 1990 : les mêmes techniques ont servi à la création de faux maquis, afin d'infiltrer et de noyauter les groupes armés, jusqu'à les manipuler pour perpétrer, de 1996 à 1998, les pires massacres. L'objectif d'instrumentalisation de la violence islamiste – la mettre au service d'une stratégie de communication du régime – a d'ailleurs globalement fonctionné. La dictature s'est ainsi justifiée en permanence, se prévalant du combat contre les extrémistes religieux pour se maintenir.

L'organisation de la confusion : le « clonage »

Vis-à-vis des syndicats autonomes, ces méthodes ont été utilisées jusqu'à la nausée par le DRS. Arrestations arbitraires succèdent aux suspensions de salaires, aux carrières bloquées, aux mises à pied injustifiées. L'arsenal des brimades, des vexations, des brutalités et des manipulations policières est entièrement mobilisé. Avec une prédilection pour ce que les militants syndicaux ont appelé le « clonage ». Une manœuvre visant à susciter la confusion auprès des bases en dupliquant une organisation jugée indésirable. La démarche est simple : il s'agit de créer à l'intérieur de syndicats authentiquement autonomes une « dissidence » qui débouchera rapidement sur une scission, en manipulant les militants les plus opportunistes ou les plus fragiles, par la technique du bâton et de la carotte et accessoirement, par le chantage exercé sur ceux qui traînent des « casseroles ».

Si la dissidence au sein des organisations syndicales autonomes est un phénomène connu et pris en compte dans leurs pratiques et leurs stratégies, elle change de nature lorsqu'elle est instrumentalisée dans le but d'annihiler toute ligne syndicale et toute autonomie. En effet, la pratique couramment utilisée est de faire croire que certains militants ne sont plus d'accord avec la prétendue « radicalité » de leur syndicat, parfois à l'inverse à sa prétendue « mollesse » et décident en quelque sorte de corriger le tir en pratiquant un « redressement » – la fameuse tas'hihiya. Le seul objectif sera de mettre au-devant de la scène une organisation nouvelle, clone de l'original, prête en réalité à tous les compromis avec le régime, y compris en mettant en scène des initiatives « ultraradicales » mais absurdes et vouées à l'échec : autre manière d'affaiblir la volonté collective de revendication. Pour être efficace, cette pratique exige que la nouvelle direction se présente comme étant issue d'un nouveau congrès, pour installer le désarroi au sein des adhérents et même des analystes, puisque, après la scission de facto, deux syndicats portent le même nom (ou, dans certains cas, un nom à peine différent).

La méthode a été appliquée au SNAPAP (Syndicat national autonome du personnel de l'administration publique) en mai 2004 – après une première tentative du même ordre en février 2002, qui fit long feu. Ses dirigeants ayant refusé de soutenir la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle d'avril, un « dissident » isolé organisa un congrès qui bénéficia du soutien actif de l'administration. Immédiatement ce SNAPAP-bis reçut une subvention, alors que le SNAPAP n' eut droit qu'à de dérisoires soutiens conjoncturels des pouvoirs publics. Au mépris de la loi et de la réalité factuelle, la justice a attribué au SNAPAP-bis le petit appartement (avec la documentation et le matériel entreposés) qui servait de siège au syndicat. L'expulsion manu militari des occupants légitimes s'est effectuée avec brutalité et sans aucun recours possible.

Le CNAPEST (Conseil national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique) a vécu la même manœuvre. Actif depuis le début des années 2000, le CNAPEST n'a obtenu son agrément que 10 juillet 2007, quasiment en même temps que son clone, le « SNAPEST » (les prétendus dissidents ont en effet – après hésitations dues à l'adoption tardive d'une « stratégie » – légèrement modifié le nom de l'organisation).

Le clonage concerne même les regroupements de syndicats autonomes. Créée en avril 2006, l'intersyndicale de la fonction publique (IAFP), réunissant les authentiques syndicats autonomes, s'est vue immédiatement dupliquée par un clone dénommé « coordination des syndicats de la fonction publique ». D'autres syndicats autonomes, comme celui des pilotes de ligne, existent théoriquement mais n'ont plus d'activités sur le terrain. Pour cette catégorie, le DRS ne juge pas utile de créer des clones.

On pourrait ainsi multiplier les exemples…

Pour éclairer le lecteur, il a paru important d'établir, avec les informations dont le CISA a eu connaissance, une « table de correspondance » entre les « vrais » syndicats autonomes et leurs clones.

Algérie, 2009 : tableau de correspondance entre syndicats autonomes et syndicats clones

Syndicats d'origine
Clones

SNAPAP (Syndicat national autonome du personnel de l'administration publique)
SNAPAP- bis (dirigé par Belkacem Felfoul, ex-député retraité)

CNAPEST (Conseil national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique)
SNAPEST (dirigé par Mériane Meziane)

SATEF (Syndicat autonome des travailleurs de l'éducation et de la formation)
SATEF- bis (dirigé par Abdelmadjid Basti)

CNES (Conseil national des enseignants du supérieur, coordination des sections CNES)
CNES- bis (dirigé par Abdelmalek Rahmani)

SNTE (Syndicat national des travailleurs de l'éducation ; secrétaire général : Mohamed Bennoui )
SNTE- bis (dirigé par Abdelkim Boudjnah)

Intersyndicale de la fonction publique (IAFP)
coordination des syndicats de la fonction publique

Toutes ces manœuvres bénéficient du soutien automatique du ministère du Travail, chargé en principe de veiller au respect de la réglementation en matière de libre exercice du droit syndical. Ce ministère est dirigé depuis juin 2002 par le même individu, Tayeb Louh, lui-même ancien syndicaliste autonome. La carrière de Tayeb Louh est révélatrice des stratégies antisyndicales du DRS. Magistrat, Tayeb Louh avait été l'un des fondateurs en 1993 d'un syndicat autonome des magistrats (Syndicat national de la magistrature), qui avait fait l'objet de harcèlements ayant défrayé la chronique et d'un « redressement » en bonne et due forme.

C'est avec étonnement que les syndicalistes avaient appris la nomination, en qualité de ministre du Travail, de ce transfuge des luttes sociales. Sans surprise, ils constatent depuis que le ministre converti se livre avec constance aux pratiques dont il avait été un temps victime.
Ainsi, chaque fois qu'un clone est créé à l'initiative du DRS, le ministère du Travail refuse d'intervenir pour clarifier la situation. Pour enfoncer le clou, d'autres instances officielles – mais aucunement habilitées à intervenir en matière syndicale – se chargent de désigner le « bon » syndicat, celui avec lequel toutes les autorités doivent coopérer, ce qui suppose l'exclusion de celui qui n'a pas été désigné. Un exemple notoire est l'affaire du télégramme émis le 17 janvier 2009 par le ministère de l'Intérieur pour choisir le clone du SNAPAP : les administrations avaient été sommées de refuser de travailler avec les sections légitimes (élues par les adhérents) au prétexte de l'existence de représentants du clone, désignés par l'administration et n'ayant aucune légitimité élective. Quant aux décisions de justice, elles sont évidemment toujours à l'avantage des clones…

L'impératif de la solidarité

Ces pratiques n'ont pas la même influence sur tous les travailleurs. Car si pour les plus engagés d'entre eux, les enjeux sont clairs et les acteurs identifiés, pour d'autres, le retrait et la prudence sont de mise tant qu'une clarification n'intervient pas. En effet, le pouvoir et ses relais médiatiques tentent en permanence de discréditer le vrai syndicat en présentant le conflit entre celui-ci et son clone comme l'expression d'une lutte pour des strapontins. De plus, pour beaucoup de travailleurs, l'engagement dans un syndicat ne supposait pas une prise de risques aussi importante (opposition au DRS), ce qui a contribué à éloigner nombre d'entre eux des luttes syndicales.

Dans ces conditions, la détermination, l'opiniâtreté des militants des authentiques syndicats autonomes n'en sont que plus respectables. Avec courage, ils se battent depuis des années contre la détérioration croissante des conditions de vie et de rémunération des travailleurs algériens et contre les manœuvres de désintégration de leurs organisations syndicales représentatives. Après la meurtrière « éradication » des opposants – principalement islamistes mais pas seulement – lors de la « sale guerre » des années 1990, ils restent aujourd'hui les seuls à lutter pied à pied, de façon structurée à partir de la fonction publique, contre une situation sociale dramatique, face à laquelle la majorité désespérée des citoyens n'a plus comme unique moyen d'expression que l'émeute. Apparues au début des années 2000, les violentes jacqueries qui secouent périodiquement les grandes villes comme les moindres douars pour tous les motifs possibles liés à la « malvie » – pénuries d'eau, de logements, d'infrastructures, etc. – se sont multipliées depuis 2004 et sont devenues quotidiennes en 2009, au point de faire de l'Algérie, de l'est à l'ouest, un chaudron social en permanence au bord de l'explosion généralisée.

Mais, jusqu'à présent, la combinaison du quadrillage omniprésent des hommes du DRS, de la répression policière et d'une justice aux ordres, toujours prompte à sanctionner lourdement les émeutiers, a réussi à maintenir ces révoltes populaires en deçà du seuil de cette explosion. Car les détenteurs du pouvoir réel, les généraux du DRS et leurs affidés, sont particulièrement déterminés pour briser toutes les initiatives collectives qui permettraient de structurer ces révoltes, au risque de menacer sérieusement leur principal objectif : poursuivre à leur seul profit – comme ils le font depuis trente ans – l'accaparement des richesses du pays, par la corruption et les prélèvements de commissions sur les exportations d'hydrocarbures comme sur les importations des biens de consommation ou d'équipements, que l'Algérie ne produit plus.

Dans ce sombre contexte, il est donc essentiel que cesse l'isolement international des militants des syndicats autonomes de la fonction publique, les seuls en Algérie à se battre de façon collective face aux manœuvres, aux « clonages » et à la répression – et, plus globalement, contre l'atroce malvie imposée à tout le peuple par le pouvoir. La grève dure, massivement suivie, engagée depuis le 8 novembre 2009 par les syndicats d'enseignants en est une illustration vivante. Qui plus est, le combat que mènent les syndicats autonomes est aussi celui des Algériennes pour leur émancipation : les femmes sont nombreuses à participer activement aux luttes et à assumer des responsabilités à la tête de ces syndicats – et elles sont souvent les premières à subir les pressions, les harcèlements et les tentatives d'intimidation du pouvoir.

C'est pourquoi, en septembre 2009, des syndicalistes français et des militants, algériens et français des droits de l'Homme ont créé le Comité international de soutien au syndicalisme autonome algérien (CISA), dans le but d'informer l'opinion sur la réalité des luttes syndicales algériennes, de les soutenir et de lever les équivoques entretenues par un système qui n'a plus que la violence et la coercition comme leviers sur la société.

Paris le 15 novembre 2009

Le Président du CISA
François Della Sudda
CISA, 21ter rue Voltaire 75011 Paris, France - comintersaa@gmail.com
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Re: [Algérie] Une grève illimitée à partir de janvier

Messagede Nico37 » 06 Fév 2010, 19:25

Soutien à Meryem Mehdi : pour le respect des libertés syndicales en Algérie (communiqué)

Paris-Alger-Copenhague, le 04 février 2009. Le Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA), Sos Disparus, la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) et le Réseau Euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) expriment leur profonde inquiétude face aux atteintes aux droits syndicaux en Algérie dans le contexte de la grève de la faim menée par Mme Meryem Mehdi depuis bientôt 60 jours.
Meryem Mehdi, 42 ans et de nationalité algérienne, a été licenciée sans préavis en novembre 2009 de son poste de responsable des ressources humaines et des opérations au sein de la société British Gas, à Hassi Messaoud dans le Sud algérien. Estimant cette procédure abusive, Mme Mehdi saisit alors les services locaux de l’inspection du travail. N’étant pas parvenu à faire valoir ses droits, Meryem Mehdi a entamé le 10 décembre 2009 une grève de la faim.
A l’initiative de la section femme du SNAPAP, un Comité de soutien s’est formé autour de gréviste. Ce Comité de soutien rassemble les syndicats autonomes regroupés en Intersyndicale, des militants politiques et des associations de défense des droits humains, dont Sos Disparus. Le Comité mène des campagnes d’information, écrit aux instances de la British Gas, organise des rassemblements de soutien devant les ministères.
Lors d’un rassemblement organisé par le Comité de soutien devant le ministère du travail le 19 janvier dernier, les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser violemment les manifestants. Le Secrétaire Général du SNAPAP, M. Chikou Mourad et la responsable de la section femme du SNAPAP, Mme Ghozlane Nacera ont été interpellés et retenus pendant plusieurs heures au commissariat, avec un autre manifestant. Le ministre du travail a finalement accepté de recevoir la délégation du Comité de soutien, tout en récusant sa légitimité. Les promesses formulées lors de cet entretien, selon lesquelles l’Etat interviendrait pour faciliter la réintégration de Meryem Mehdi, sont restées lettres mortes.
A l’heure actuelle, Meryem Mehdi poursuit sa grève de la faim et son état de santé se dégrade un peu plus chaque jour. Souffrant d’une bronchite pour la deuxième fois depuis le début de sa grève, elle refuse perfusion et médicament. Dans l’incapacité de se lever, elle souffre de très forts maux de tête, de courbatures dans tout le corps et son moral est au plus bas.
Le CFDA, Sos Disparus, la LADDH et le REMDH expriment leur entière solidarité avec Mme Mehdi et la lutte qu’elle mène pour faire valoir ses droits à réintégrer son poste au sein de la société British Gas.
Nos organisations demandent aux autorités algériennes de garantir les droits des travailleurs algériens sur son territoire ainsi que le libre exercice des libertés syndicales et la sécurité des syndicalistes, conformément à leurs engagements internationaux, et notamment le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Collectif des familles de Disparus en Algérie (CFDA)
148 rue du Faubourg St Denis
75010 Paris
00330 (0)1 43 44 87 82
www.algerie-disparus.org
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Re: [Algérie] Une grève illimitée à partir de janvier

Messagede Nico37 » 15 Fév 2010, 18:44

El Watan - 15 fev 2010

Education; Retour à la case départ ?

Le retard accusé par les élèves suite au mouvement de grève observé par les personnels de l’éducation affiliés aux syndicats autonomes n’est pas encore comblé, obligeant le ministère de tutelle à annuler la semaine de vacances d’hiver, qu’une nouvelle menace de grève pointe déjà à l’horizon. Un nouvel appel à une grève d’une semaine reconductible à compter de demain est, en effet, lancé par plusieurs syndicats, à leur tête le Snapest. Le Conseil des lycées d’Algérie (CLA) vient de leur emboîter le pas en annonçant, à son tour, un mouvement de contestation d’une semaine, également renouvelable, à compter du 21 février. Autant dire que c’est une semaine chargée de tensions qui s’annonce. D’autant qu’elle intervient dans un contexte social déjà délétère avec le conflit des praticiens du secteur de la santé publique qui s’est durci, ces derniers jours, suite au dérapage auquel a donné lieu la gestion du mouvement de contestation par les services de sécurité qui n’ont pas hésité à charger, sans ménagement, les médecins.

Le climat d’apaisement qu’avaient suscité les récentes décisions du conseil du gouvernement auprès du personnel enseignant et de toute la famille de l’éducation n’aura été que de courte durée. Le gouvernement, qui s’était engagé dans une ultime concession à aligner sur la Fonction publique la revendication du personnel enseignant relative à la rétroactivité du nouveau régime indemnitaire, n’aura pas rétabli la confiance entre le personnel enseignant et la tutelle. Les syndicats autonomes, qui avaient applaudi pour certains d’entre eux les dernières mesures du gouvernement ayant permis le gel du mouvement de grève et la reprise des cours, montent de nouveau au créneau quelques semaines à peine après les nouveaux engagements de la tutelle allant dans le sens des revendications des personnels enseignants. Le CLA accuse la tutelle de « gagner du temps avec l’installation de commissions inopérantes » et énonce une liste de revendications, dont la revalorisation du point indiciaire, la promulgation d’un régime indemnitaire, la révision du statut particulier et l’intégration des contractuels, ainsi que la retraite après 25 ans de service.

Pour sa part et dans le souci de prendre à témoin l’opinion publique et les parents d’élèves, le ministre de l’Education nationale innove en matière de communication en publiant dans la presse un long communiqué dans lequel il rassure que les revendications des enseignants telles que le régime indemnitaire sont en voie de finalisation tout en s’étonnant de ce nouvel appel à la grève, qui ne se justifierait pas à ses yeux, compte tenu des engagements pris par le gouvernement pour assainir définitivement ce dossier. Retour à la case départ ? Face à ce nouveau bras de fer, les parents d’élèves se trouvent de nouveau plongés dans une terrible angoisse avec cette nouvelle menace de grève. S’il est maintenu, ce mouvement ne manquera pas d’achever de consommer les menus espoirs auxquels s’accrochent les parents pour tenter de sauver une année scolaire qui est déjà sérieusement compromise.
Omar Berbiche


Com Algérie - 12 fev 2010

Algérie: la grève des praticiens se poursuit dans les hôpitaux publics

ALGER, 13 fév 2010 (AFP) - Des médecins, pharmaciens ou dentistes du secteur public en Algérie ont décidé de poursuivre leur grève, qui a commencé pour certains le 24 décembre, à l'appel de deux syndicats autonomes qui réclament de meilleurs conditions salariales, ont-ils indiqué samedi à Alger.

"Nous maintenons notre mouvement de grève", a déclaré le Dr Mohamed Missaoui, président de la région centre - comprenant Alger - du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) au cours d'un point de presse.

"Nous sommes en grève ouverte depuis des semaines, sans qu'aucun écho favorable ne nous parvienne de la part des pouvoirs publics", a affirmé le Dr Mohamed Yousfi, président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP).

Le secteur de la santé publique emploie quelque 30.000 médecins dont 8.500 spécialistes. Les adhérents du SNPSP et du SNPSSP, qui regroupent l'un les généralistes l'autre les spécialistes, sont en grève depuis respectivement le 24 décembre et le 4 janvier, tout en assurant les urgences, le suivi des malades chroniques ou les gardes dans les hôpitaux publics.

Ils réclament notamment la révision de leur statut particulier, l'ouverture de discussions sur le régime de leurs indemnités, ou l'octroi d'un quota de logements de fonction.

Les organisations, qui ont prévu des rassemblements mercredi à Alger ainsi qu'à Oran (Ouest), Constantine, Annaba (Est) et Ouargla (800 km au Sud d'Alger), demande l'ouverture de négociations avec le ministère de la Santé, en présence de représentants de l'Inspection du travail et du ministère de la Fonction publique.


El Watan - 15 fev 2010

Praticiens de santé publique : Les salaires de la honte

Si les blouses blanches s’insurgent, ce n’est pas pour une question de privilèges luxueux, mais pour tout ce qu’il y a de plus « basique », « trivial » même. Anéantis et révulsés par les conditions dans le secteur public, de nombreux médecins sont allés rejoindre les cliniques privées ou partis à l’étranger.

Le Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP) et le Syndicat national des praticiens spécialistes de santé publique (SNPSSP) entament une énième semaine de grève et durcissent, parallèlement, leur mouvement de protestation en organisant des sit-in et des marches. L’opinion publique, dont les nombreux malades se trouvant dans les établissements sanitaires paralysés du fait de ce débrayage, s’interroge, quelque peu dubitative, quant aux raisons de ces manifestations. D’aucuns se sont d’ailleurs étonnés de découvrir avec effroi les conditions socioprofessionnelles de cette frange émérite de la société.

Avant, c’était tabou. L’on répugnait et l’on répugne encore à parler d’argent. Et encore plus lorsqu’il s’agit des salaires de ceux considérés comme l’élite d’un pays », déplore la chef de service d’une polyclinique. Car si à quelque chose malheur est bon, ces manifestations auront eu le mérite de lever le voile sur leurs conditions de vie. « Quelque part, c’était honteux de se plaindre de la précarité dans laquelle notre corporation vit. De revendiquer une meilleure indemnisation de cet acte "sacré" qu’est la médecine », explique, les larmes aux yeux, une praticienne. « Alors oui, c’est un choix, une vocation, une abnégation de soi. Mais un médecin, comme tout autre citoyen, se doit de faire vivre sa famille dignement, dans de saines conditions et de faire manger ses enfants à leur faim », s’exclame-t-elle. Car si les blouses blanches s’insurgent, ce n’est pas pour une question de privilèges luxueux. Mais pour tout ce qu’il y a de plus « basique », « trivial » même. Du pain, un loyer, les médicaments, les habits et autres besoins des enfants. La documentation et la continuité de la formation. Pouvoir faire face aux imprévus. Ne plus avoir peur de l’avenir.

48 000 DA après 26 ans de carrière

Quand, sous d’autres latitudes, le « toubib » fait parti des nantis, en Algérie, son maigre salaire le place au bas de l’échelle « pécuniaire ». A l’entame de sa carrière, un médecin débutant touche, dans une polyclinique ou un centre de soins, près de 32 000 DA. « Je suis célibataire et je vis chez mes parents. Je n’ai que ma propre personne à ma charge. Et je ne vois pas où va mon salaire, qui fond à une vitesse vertigineuse », s’attriste une jeune « bleue ». Qu’en est-il alors des pères de familles nombreuses ? Ce médecin, père de quatre enfants, en sait quelque chose : « Mon salaire est le seul revenu du foyer. Nous avons beau nous serrer la ceinture, en sacrifiant le "superflu" tel que la viande, les aliments ou les accessoires onéreux, les loisirs et autres, malgré cela, les fins de mois sont difficiles. »

Le plus gros des revenus va au logement. « Nous ne gagnons pas assez pour acheter ou pour louer. Mais lorsque vous vainquez votre honte et faites des démarches pour un logement dans le cadre social, l’on vous rétorque, choqué, que vous êtes médecin et que vous n’y ouvrez pas droit », explique une praticienne en fin de carrière. Car les choses ne vont pas en s’améliorant avec le temps. Chaque « palier »d’une carrière vaut un « plus » de 1000 DA. Une broutille. « Ainsi, après 26 ans de carrière, une vie dévouée, au chevet des plus démunis, je gagne, en tant que chef de service, 48 000 DA », avoue-t-elle à grand-peine. Et la prime de responsabilité « qui vous fait endosser la gérance d’un établissement ne s’élève qu’à 1000 DA imposables ».

Une histoire de croûte

« Comment expliquer que les magistrats, par exemple, aient vu leurs salaires dépasser les 100 000 DA et que ceux qui assurent la bonne santé de la masse populaire n’osent même pas espérer, après une trentaine d’années de service, atteindre les 50 000 DA ? », s’énerve une dentiste, qui ajoute, amère : « Tout simplement parce qu’un médecin public ne rend pas de service aux puissants. » Anéantis et révulsés par les conditions qui sont les leurs dans le secteur public, nombre de médecins sont allés rejoindre les promesses d’eldorado miroitées par les cliniques privées, ou encore par une carrière à l’étranger. Y ont-ils songé ? Quand les plus jeunes avouent y réfléchir sérieusement ou encore envisager une reconversion dans la « délégation médicale », les plus anciens, surtout les généralistes, sont plus réticents à cette idée. « Non, jamais », de marteler la chef de service.

« Je suis intrinsèquement attachée aux soins dans le service public. Je trouverais immoral de demander de l’argent directement à un malade », dit-elle. Haussant les épaules, elle conclut : « Enfin, peut-être bien que quand je serais à la retraite, je changerais d’avis. » Car la pension de retraite accordée n’avoisine que les 20 000 DA. Le président du SNPSSP, quant à lui, déplore : « Les médecins, dans les autres pays, se réunissent et forment des syndicats pour la recherche scientifique. Nous, honteusement, tristement, si nous nous regroupons, ce n’est que pour une histoire de croûte… »
Ghania Lassal


Et lorsque la télé censée distraire n'est même plus regardée, c'est que le malaise est profond et le régime à l'agonie...

L'expression - 10 fev 2010

De plus en plus décriée, la Télévision algérienne en question

Force est de constater que la lucarne algérienne est boudée.
«Pourquoi se fatigue-t-on à contrôler la télé quand on peut avoir le monde à sa portée avec juste 7000 DA?», s’est interrogé, stupéfait, récemment, l’ancien directeur de la Télévision algérienne, M.Abdou B., lors d’une rencontre organisée autour des médias. Une assertion faisant état du foisonnement satellitaire auquel on peut accéder moyennant une parabole ou une carte d’abonnement. Une rencontre où il a été mentionné les carences de «nos» chaînes nationales, - supposées au pluriel - face à la rude concurrence ou hégémonie des chaînes satellitaires pour ne citer que les chaînes arabes, à l’image d’Al Jazeera ou Nessma TV, plus récemment, qui ont conquis les foyers algériens en un temps record.
Pourquoi le téléspectateur algérien lambda se détourne-t-il de sa lucarne algérienne? Que trouve-t-on de meilleur ailleurs que notre télé ne peut satisfaire ? La majorité interrogée affirme tout simplement ne pas se reconnaître dans le modèle véhiculé par notre «Unique».

Des témoignages pris sur le vif, nous révèlent des propos acerbes, traduisant une image peu reluisante de l’activité professionnelle du 21 boulevard des Martyrs.
Pour cette jeune étudiante en communication, Yasmine Z.: «C’est absolument nul, à chaque fois que je zappe, j’ai l’impression qu’ils sont restés figés dans les années 1980, si ce n’est 1970. Aucune originalité ni créativité dans les programmes. Et quand on essaie de faire quelque chose, on plagie les autres chaînes. A la fin, ça donne un show à la pseudo "Tout le monde en parle", ou encore "Star Academy", avec des chanteurs qui ont tout, sauf la voix et l’étoffe de vrais chanteurs.»
Plus dur, ce trentenaire qui évolue dans le marketing, Riad A. avoue que c’est honteux de voir un pareil programme. «Ce n’est pas une télé que nous avons, c’est un ancêtre. Que ce soient la programmation, les émissions ou la fraîcheur de ses programmes, l’intérêt est que rien ne va, on dirait une télé d’ un autre âge qui ne suit vraiment pas la réalité du monde de l’audiovisuel.» A la limite du surréalisme cynique, il y en a qui se demandent d’abord si nous avons déjà une télévision à proprement parler.
Pour cette comédienne algérienne qui passe souvent à la télé, lors du Ramadhan et dans divers programmes comme les feuilletons et la pub: «Dans toutes les émissions télé on ne voit que les animateurs et les animatrices!» Pour Sofia M., ces derniers monopolisent souvent le débat. «Il n’y a qu’eux qui parlent. Les invités se transforment en spectateurs! Ceci parmi tant d’autres défauts. Cela doit changer et le public partage ce point de vue.»
Et cette dame de souligner: Je pense que le défaut de la Télévision algérienne c’est d’être une télévision d’Etat. Ce n’est surtout pas une télévision publique qui sert les Algériens. Elle sert donc surtout l’Etat. S’il fallait la qualifier, en quelques mots, je dirais «un outil de propagande».
Et cette publicitaire d’affirmer: «La télé algérienne a beaucoup de choses à faire encore dans un contexte constructif qui demandera des moyens humains, communs, intellectuels, financiers et de la tolérance..etc. "Dzaïr Show" est un exemple réussi, mené à bien par des jeunes gens que je voudrais personnellement encourager...», souligne-t-elle. Quoi qu’il en soit, les Algériens, dans l’ensemble et il ne faut pas se voiler la face, n’aiment pas leur télé. Ils ne la regardent pas.
Nico37
 
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Re: [Algérie] Une grève illimitée à partir de janvier

Messagede Nico37 » 16 Fév 2010, 20:44

Le Quotidien d'Oran - 16 fev 2010

Deux autres syndicats rejoignent la grève: Vers la paralysie des écoles

Avec l'Unpef et le Cnapest qui rejoignent la protesta, dans l'Education, la boucle est bouclée. Ils sont les derniers syndicats autonomes qui temporisaient avant d'opter pour le débrayage.

Hier les responsables de ses entités ont déposé conjointement un préavis de grève à partir du 24 du mois en cours pour une durée d'une semaine reconductible. C'est ce que nous a révélé le coordinateur du Cnapest, Nouar Larbi. Notre interlocuteur nous a indiqué que «nous avons eu une réunion avec les responsables de l'Unpef, avec lesquels nous travaillons de concert et nous avons décidé d'engager une action commune. Nous entamerons une grève illimitée jusqu'à ce que la tutelle prenne en charge sérieusement nos revendications. Nous voulons que les textes élaborés par les trois commissions relatives au régime indemnitaire, œuvres sociales et médecine du travail, au sein desquelles nous avons travaillé d'arrache-pied pendant deux mois d'affilée, soient libérés et rendus publics mais surtout que le ministre ait le courage de prendre les mesures adéquates pour mettre fin à cette situation de blocage ».
Pour rappel, le Cnapest et l'Unpef sont les deux syndicats autonomes qui négocient officiellement avec le ministre. Ce recours à la grève de leur part signifie que le dialogue est rompu. Outre ces deux syndicats, d'autres ont déjà affiché leur mécontentement en décidant d'un arrêt de travail.

Le Snapest entame une semaine de grève à partir d'aujourd'hui, le Cla a annoncé une grève à partir du 21 et le Snte engage son deuxième débrayage le 22 du même mois. C'est dire qu'à l'appel de ces syndicats, tous paliers confondus, il faut s'attendre à la paralysie des écoles pendant un bon moment, surtout que tous ces syndicats ont décidé de boycotter les examens et les compositions.
Parmi les revendications faites par ces entités syndicales, on notera une augmentation des salaires par la revalorisation du point indiciaire de 45 à 200 DA, la promulgation d'un régime indemnitaire qui valorise le métier, la révision du statut particulier, l'intégration des contractuels et une retraite après 25 ans de service, sans oublier le maintien de la retraite anticipée. D'autres revendications figurent en pôle position comme l'annulation de l'arrêté 94/158 relatif aux œuvres sociales qui donne l'exclusivité à la Fnte affiliée à l'Ugta , l'ouverture d'une enquête sur la Munatec (Mutuelle nationale des travailleurs de l'Education et de la Culture) et sur la gestion de ses fonds.

La lettre du ministre de l'Education Boubekeur Benbouzid, qualifiant les menaces de grève d' »injustifiées» a attisé le feu au lieu de l'éteindre. Et la réaction des syndicats autonomes ne s'est pas faite attendre.
Tout indique que le mouvement de protestation, en ce mois de février, va se durcir et risque d'hypothéquer l'année scolaire. Avec la menace du boycott des examens et des compositions, on risque de se diriger droit vers une année blanche. La protestation n'a jamais été aussi forte dans le secteur de l'Education. Les grèves des différents syndicats autonomes sont si proches, les unes des autres, qu'elles semblent s'acheminer vers une durée illimitée.
Moufida R.


Jeune indépendant - 16 fev 2010

Grève illimitée des médecins généralistes et spécialistes de la santé publique

Après les métallurgistes à l'Est vint le tour des travailleurs de la SNVI de crier leur ras-le-bol concernant les salaires. Après les enseignants vint le tour des médecins.
Tout cela sous une casquette syndicale autre que l'UGTA.
Le divorce entre les travailleurs et la centrale syndicale semble ne jamais être aussi inéluctable. Entre la contestation ardente des travailleurs d'ArcelorMittal et la révolte blanche des médecins, le front social est sur un brasier qui ne semble pas près de s'estomper. Les choses ne font que commencer pour le monde du travail, surtout après la tripartite qui a finalement accouché d'une souris. Mais pas seulement. Même le statut particulier, accordé pourtant à une catégorie considérée comme aisée, à l'instar des médecins, et par lequel le gouvernement veut calmer les classes moyennes, ne semble pas mieux loti.
Les choses ne semblent pas s'arranger non plus pour les autres catégories des travailleurs qui arrivent à peine à percevoir le SNMG nouveau : 15 000 DA. Des couches sociales entières voient leur pouvoir d'achat se dégrader. Et elles n'hésitent pas à le faire savoir. A le crier jusque dans la rue. Une nouvelle carte syndicale semble se dessiner pour exiger une nouvelle politique salariale.

Le cas des médecins du secteur public, qu’ils soient généralistes ou spécialistes, est assez éloquent. Surtout lorsque l’on sait qu’un médecin spécialiste, qui a vingt ans d’exercice au compteur, perçoit à peine 65 000 DA. Bac plus douze, s’il vous plaît !
«Il faut savoir ce qu’on veut. Nous sauvons des vies humaines quotidiennement. En plus, nous ne sommes pas très nombreux. Vous savez, nos collègues au Maroc ou en Tunisie perçoivent entre 2 500 et 3 000 euros mensuellement. Pourtant ces pays n’ont pas de pétrole, déplore le docteur Lamani, deuxième vice-président du SNPSSP, le syndicat des spécialistes. Je vous assure que l’idée de quitter leur pays ne leur effleure même pas l’esprit.» Alors, qu’est-ce qui pousse nos médecins à se mettre en grève jusqu’à déstabiliser un système de santé déjà fragile ?

Au-delà du salaire, un problème de logement

Mardi 7 février, un jour de grève. A notre arrivée à une polyclinique à Blida, nous avons été agréablement surpris par la propreté des lieux. Les services sont bien entretenus et le personnel respectueux. Point de malades, sauf deux patientes qui attendaient leur tour au service des urgences. Les médecins grévistes sont tenus d’assurer un service minimum. Premier étage, même topo. Des salles d’attente vides mais un service dentaire totalement clean et doté d’un matériel sophistiqué. «Vous ne manquez de rien ici !» La dentiste présente dans la salle nous a arrêtés net. «Vous savez, Monsieur, c’est vrai que les pouvoirs publics ont investi de l’argent dans l’équipement de certaines structures de santé, mais ils n’ont pas fait de même avec ceux censés le faire marcher», dit-elle fermement. Sa collègue, entendant notre discussion, accourut : «Je suis dentiste prothésiste. J’ai fait des études de spécialiste, mais je perçois à peine un peu plus de 40 000 DA. Vous vous rendez compte, toute une vie à étudier avec, au-dessus du lot, l’obligation d’acheter votre matériel au risque de ne pas acquérir les modules, et ce salaire ! Cela sans parler du problème de logement que nous vivons pratiquement tous ici. Une collègue vient de Médéa chaque jour pour exercer ici, car l’administration n’a pu lui fournir un logement de fonction.» En fait, tout est lié. Sans salaire correct, on ne peut rien avoir de correct. Ni logement décent, ni alimentation équilibrée, ni congé réparateur à la fin de l’année, ni enseignement à la hauteur pour sa progéniture, ni des soins de qualité...

Sur notre chemin du retour, nous avons aperçu des travailleurs des ponts et chaussées s’affairer à dégager de la boue qui s’est incrustée sur la route déjà anéantie par les nids-de-poule et les dos-d’âne. Trois d’entre eux regardaient un quatrième en train de déblayer sans bouger le petit doigt. Ils devaient peut-être penser à leur «salaire» perçu dans le cadre du filet social.
Autre lieu, autre décor. Hôpital de Baïnem, dimanche 14 février. Une journée de pluie. La structure est assez particulière, car, en plus de son architecture agréable pour les yeux, les senteurs de la Méditerranée vous chatouillent les narines. Après la réunion de l’intersyndicale, la veille, regroupant les deux syndicats, le SNPSP et le SNPSSP, la mobilisation semble intacte. Le service minimum est assuré normalement, mais les blocs opératoires sont inopérants. La grève semble s’installer et les rites qui vont avec également. Des médecins arrivent tout de même à discuter de leurs problèmes. «Comment voulez-vous qu’on s’occupe convenablement des malades alors que nous-mêmes sommes dans une situation déplorable !» s’offusque un médecin. «Vous savez, quand vous êtes réduit à vous occuper de la réparation de votre vieille voiture parce que vous n’avez pas les moyens d’acheter une neuve, vous ne pouvez pas soigner comme il se doit votre patient lorsqu’il se présente à vous le matin.

Nous sommes des êtres humains qui avons besoin d’exercer dans des conditions optimales, à plus forte raison que nous occupons des postes sensibles», enchaîne l’un de ses collègues.
A la sortie de l’hôpital, des personnes vous proposent leurs services clandestins de transporteurs. La course est négociable, mais pas question de descendre sous un certain seuil. L’un d’eux accepta de nous déposer, à contrecœur, au CHU Mustapha, contre 200 DA. Il faut dire qu’en ces temps de grève, les malades à déplumer se font rares.

La tutelle pousse au pourrissement

CHU Mustapha. C’est là où le passage à l’action des médecins grévistes a été effectué. Ils avaient été bastonnés, car ils voulaient porter leur protestation dans la rue.
Service cancérologie. Tout est «normal». Les malades atteints sont immédiatement pris en charge. «Ici, quelle que soit la situation, nous ne pouvons pas faire grève. Vous savez, pour une chimiothérapie, un malade ne peut pas attendre», nous rappelle un médecin avec une pointe d’humour noir. Nous vivons la même situation que nos collègues médecins en grève. C’est vrai que Mustapha est un CHU où la plupart des médecins ne sont pas concernés par la grève vu leur statut d’hospitalo-universitaires. Mais pour les salaires, nous ne sommes pas mieux lotis que nos collègues grévistes.»
A l’entrée du service neurologie, un malade se tord de douleurs sur un chariot dont une roue s’est détachée car son point d’attache était rouillé.

«Plus on est bardé de diplômes, plus on est pauvre»

Un médecin généraliste, après des années de service, perçoit à peine 40 000 DA. «Ceux qui n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois sont légion. A commencer par moi-même. Avec nos trois enfants – ma femme travaille également –, je vous jure que nous traînons des dettes. Alors, comment voulez-vous que je sois dans une forme et une concentration optimales pour soigner ou sauver des vies ?»
«L’échelle des valeurs est complètement renversée. Sinon comment expliquer le salaire d’un député, 300 000 DA, alors qu’il n’est pas tenu d’avoir un niveau d’instruction élevé, et celui d’un médecin spécialiste, 60 000 DA, à qui l’on demande de maîtriser des techniques de pointe dans son domaine ?», peste le Dr Lamani, deuxième vice-président du SNPSSP.

Les médecins grévistes durcissent le ton

En dehors des structures de santé, les médecins sont tout aussi solidaires. Et le ton durcit. Mercredi, 8 février, un sit-in devant le ministère de la Santé est organisé. Plus d’un millier de médecins venus des différentes wilayas du Centre étaient là. Ils ne manquaient pas d’ingéniosité pour exprimer leur ras-le-bol. Qui avec une blouse de médecin maculée de sang arborée en guise de banderole pour dire l’état déplorable dans lequel se trouve le secteur de la santé, qui avec une pancarte sur laquelle est écrit : A vous la Sonatrach, à nous la matraque.
«Le Premier ministre dit que nous comptons sur l’illusion du pétrole. Si ce n’est pas le pétrole – et nous sommes d’accord – sur quoi alors devrions-nous compter ?» s’interroge le Dr Yousfi, président du SNPSSP.
En face, le ministère de la Santé a fermé ses portes un jour de… réception. Aucun interlocuteur. Une semaine avant, des médecins se font bastonner à la sortie de l’hôpital Mustapha parce qu’ils voulaient investir la rue.
Car, pour la tutelle, les choses sont claires. L’intersyndicale de la santé n’est pas un interlocuteur fiable. En témoigne le refus catégorique de dialoguer avec elle après plus de trois mois de grève maintenant. «En parallèle, le ministère de la Santé choisit de court-circuiter notre mouvement de grève en essayant de parachuter un syndicat fantôme», dénonce le docteur Merabet, président du SNPSP.
Samedi 13, l’intersyndicale fait son bilan lors d’une conférence de presse. Résolutions : la grève continue et rendez-vous est pris devant le palais du Gouvernement mercredi 17 février.

Youcef Kaced
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Re: [Algérie] Une grève illimitée à partir de janvier

Messagede Antigone » 18 Fév 2010, 17:20

L'expression - 18 fev 2010

Les médecins crient leur ras-le-bol
Ils étaient des milliers devant le Palais du gouvernement


Mercredi de la colère acte III.
Les praticiens de la santé publique ont tenu, hier, leur rassemblement devant le Palais du gouvernement. Ils étaient des milliers à affluer des 12 wilayas du centre du pays sur Alger. Cela prouve que notre mouvement prend de l’ampleur, a déclaré le Dr Mohamed Yousfi, président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (Snpssp), lors d’une intervention remarquable durant le sit-in tenu au jardin de l’horloge florale, au pied de l’édifice gouvernemental.
Lui emboîtant le pas, le Dr Lyès Mérabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (Snpsp), a fustigé l’attitude méprisante des autorités, notamment de la chefferie du gouvernement, à l’égard de leur mouvement.
«Notre action est pacifique, nos revendications sont légitimes. A ceux qui nous accusent d’être manipulés par des officines étrangères ou des chapelles politiques, je dis que nous ne sommes manipulés que par la misère quotidienne que nous vivons», a fulminé le Dr Mérabet. Le rassemblement, hier, a été une véritable démonstration de force des blouses blanches. Rien ne semble les arrêter dans leur élan. Ni la matraque, ni les ponctions sur salaire, ni même l’étiquette d’agitateurs, ne semble entamer la détermination.
Aussi, la présence massive des services de sécurité ne les a pas dissuadés, ils ont maintenu leur manifestation. Tôt dans la matinée, Alger-Centre était littéralement quadrillée par la police. En contre-bas du Palais du gouvernement, l’avenue Pasteur était soigneusement «surveillée» et l’entrée par la Grande Poste filtrée.
Plus haut, le carrefour jouxtant le Palais était sous l’oeil attentif, mais «discret», des «Casquettes bleues.» L’avenue qui monte du carrefour vers le rond-point Saïd-Ouaguenoune est occupée. Tous les chemins en provenance des hauteurs d’Alger sont sous contrôle. Les alentours du Palais du gouvernement sont bouclés. Il est 10h30. Pour le moment, les médecins se font discrets. Nous effectuons le tour des lieux. Pas une mouche qui vole sans attirer des «yeux» à l’affût. Les flics en civil veillent au grain. Zohra, chirurgien-dentiste, n’en croit pas ses yeux: «Tout cet arsenal déployé pour nous empêcher de crier notre colère», lance-t-elle.

La presse et les médecins insultés
Nous redescendons à l’avenue Pasteur. Les premiers groupes de médecins arrivent. En deux temps, trois mouvements, le jardin de l’horloge florale se transforme en ruche de blouses blanches, de casquettes et de....casques bleus! Les deux entrées du jardin sont fermées. Les médecins sont pris en étau. L’horloge du jardin est en folie. Les évènements se succèdent à un rythme infernal. A l’entrée supérieure, un policier profère insultes et obscénités contre les praticiens. La presse en aura aussi pour son grade. Le Dr Moussaoui, président de la région centre du Snpsp, est bousculé. Un agent de l’ordre le fait entrer de force dans le jardin. Pis, le Dr Kadem, chirurgien à l’hôpital de Beni Messous, est empoigné par quatre flics en civil. Il sera placé dans un fourgon des CRS. «Ils m’y ont mis en compagnie d’un délinquant», déplora-t-il après sa libération. La colère des médecins monte d’un cran. «Il est inadmissible que les praticiens soient traités de la sorte par les pouvoirs publics. Au lieu de la répression, les autorités doivent proposer des solutions concrètes. Surtout que le diagnostic de la situation a été fait par les médecins», déclare le Dr Aït Aissa Salima, pédiatre à la polyclinique de Kouba.

Plusieurs interpellations
Entre-temps, des rumeurs circulent sur l’arrestation du Dr Merabet. L’inquiétude est à son comble. Arrivé à la Fac centrale, le Dr Merabet à la tête de 300 médecins, est interpellé.
Les policiers tentent de les empêcher de rejoindre le lieu du rassemblement. Echec de la première tentative. Une seconde fois, les blouses blanches sont arrêtées au moment d’atteindre le tunnel des Facultés. En vain. Ces derniers continuent leur avancée. Ils atteignent à l’entrée basse du jardin, au bord de l’avenue Pasteur. Là, les choses se corsent.
Les policiers se montrent hermétiques. «Nous avons reçu des instructions», indique un officier devant le portail. A la vue de leurs collègues, les médecins qui occupent déjà le jardin scandent: «Nous sommes des praticiens, nous ne sommes pas des chiens!» Sur la voie publique, les autres répliquent «Un, deux, trois, où sont nos droits?» Devant leur détermination, les policiers lâchent du lest. Le groupe mené par le Dr Merabet entre enfin dans le jardin. Il aura droit à un accueil triomphal de la part des autres praticiens. Mais l’inquiétude subsiste. Plusieurs médecins sont interpellés.
D’autres se sont vu confisquer leurs papiers. «Pourtant, nous avons demandé, il y a quelques jours, à être reçus par le chef du gouvernement ou l’un des représentants de l’Exécutif. Cette demande a été renouvelée ce matin mais elle a été refusée», a regretté le Dr Yousfi. Ce dernier a, néanmoins, salué le sens de la responsabilité des officiers dépêchés sur place. «Ils ont reçu des instructions fermes allant jusqu’à notre embarquement, mais ils ont su se montrer ouverts aux négociations et le rassemblement a été toléré», a-t-il reconnu.
Les praticiens se sont fixé rendez-vous, mercredi prochain, pour un rassemblement devant la présidence de la République.
Mohamed Sadek Loucif

Le Quotidien d'Oran - 18 fev 2010

Oran: Sit-in devant le siège de Sonatrach Aval

Une cinquantaine de jeunes travailleurs recrutés par Sonatrach dans le cadre du dispositif d'aide à l'insertion professionnelle (DAIP) et dont les contrats d'une année n'ont pas été renouvelés par l'employeur, ont tenu, hier après-midi, un rassemblement de protestation devant le siège d'Oran de la Direction Aval, pour dénoncer une procédure qu'ils qualifient «d'abusive et d'injustifiée». Selon les contestataires, entre 100 et 150 contractuels DAIP, dispatchés sur plusieurs départements, seraient dans cette situation. Les contractuels «remerciés» ont été, affirment-ils, remplacés au bout de durs et loyaux services par des nouvelles recrues ou par des agents venus d'autres départements.

«On a été recruté par la voie réglementaire. On a été affecté à des postes vacants au niveau de différents départements pour être tout de suite opérationnel. Chaque mois, on faisait l'objet d'évaluations selon 11 critères prédéfinis. Ensuite, on a dû passer avec succès une série de tests au niveau du camp 6. Mais en dépit du fait qu'on ait réussi avec brio aux tests, on nous remercie sans aucune explication. C'est un manque de transparence flagrant qui cache un déni de droit et une procédure abusive caractérisée», affirment les contractuels. La question que tout le monde se pose est la suivante: «Est-ce que les fiches d'appréciation ont été prises en compte ? Et si ça n'a pas été le cas, nous voudrions bien savoir quels sont les critères qui ont été adoptés pour opérer cette sélection ?» Pourtant, affirment-ils, les textes réglementaires relatifs au DAIP sont clairs : «le dispositif offre la possibilité de satisfaire les besoins en recrutement par l'évaluation des candidats insérés durant une année sur les plans de la compétence et du comportement (…)» Contacté, le directeur de la communication de Sontrach Aval a indiqué que «le groupe de jeunes a été reçu par le directeur des ressources humaines, leurs doléances ont été enregistrées et seront traitées selon les besoins de l'entreprise. Tous les contrats d'ingénieurs et d'instrumentistes (des corps de métier) ont été pris, leurs reconduits, et ils seront formés. Les autres, leurs dossiers seront traités dans le cadre du plan d'action 2010".
Houari Barti
Antigone
 

Re: [Algérie] Une grève illimitée à partir de janvier

Messagede Nico37 » 25 Fév 2010, 23:03

Le Monde avec Reuters et AFP - 25 fev 2010

Le chef de la police algérienne abattu à Alger

Le directeur général de la sûreté nationale, Ali Tounsi, a été assassiné par balles, jeudi 25 février, par un collaborateur lors d'une réunion dans son bureau au siège de la police à Alger, a annoncé le ministère algérien de l'intérieur, confirmant une information du journal El Watan.

"Le décès de M. Ali Tounsi est survenu à 10 h 45 [même heure en France] lors d'une séance de travail au cours de laquelle un cadre de la police, apparemment pris d'une crise de démence, a utilsé son arme et blessé mortellement le colonel Ali Tounsi, après quoi il a retourné l'arme contre lui, se blessant gravement", a précisé un communiqué du ministère.

L'auteur de l'assassinat a été hospitalisé, selon ce texte. Une enquête judiciaire a été ouverte pour "déterminer les circonstances de ce douleureux événement", ajoute le communiqué.


TSA - 21 fev 2010

Plus de 100 milliards de dinars pour l'augmentation des salaires du personnel de l'éducation nationale

Le ministère de l’Education nationale a annoncé samedi, dans un communiqué, des augmentations de salaires au profit des enseignants et de l’ensemble des travailleurs du secteur. Des hausses de 61,42% à 77,58% sont accordées aux enseignants ayant une ancienne moyenne et classés à l’échelon 6, selon le communiqué. «Les salaires incluant le nouveau régime indemnitaire, seront versés dès le mois de mars 2010», selon la même source. Le département de Boubekeur Benbouzid a donné des détails sur les nouveaux salaires. Pour l’exemple, les futures rémunérations des fonctionnaires ayant une ancienneté moyenne et classés à l’échelle 6. Le salaire du maître d’école primaire passera, par exemple, de 23.989 dinars à 39050 dinars au 1er mars 2010, soit 6387 dinars d’augmentation à partir du 1er janvier 2008 et 8.674 dinars de hausse à compter du 1er mars 2010.
Un enseignant de l’école fondamental verra son salaire passer de 25 117 dinars à 42 010 dinars, soit 7 360 dinars de plus à compter du 1er janvier 2008 et 9533 dinars de plus à compter du 1er mars 2010. L’enseignant du moyen verra son salaire évoluer de 25 117 à 44 603 dinars, soit 8821 dinars de plus à compter du 1er janvier 2008 et 10665 dinars de plus à compter du 1er mars 2010).
Dans le secondaire, les salaires avoisineront 50.000 dinars. Le salaire du professeur d’enseignement secondaire passera de 30 017 dinars actuellement à 48 452 dinars, soit un plus de 7530 dinars à compter du 1er janvier 2008 et un plus de 10 905 dinars à compter du 1er mars 2010.
En outre, les enseignants de l’éducation auront un bonus. Ils toucheront des rappels cumulés issus de l’effet rétroactif de l’application du nouveau régime indemnitaire allant de 225 524 dinars pour le maître d’école primaire à 283 530 dinars pour le professeur d’enseignement secondaire, a indiqué le ministère. Le rappel sera de 247 858 dinars pour le professeur d’enseignement fondamental et 277 290 dinars pour le professeur d’enseignement moyen, selon la même source.
Les salariés de l’éducation nationale percevront des rappels des mois de janvier et février 2010 découlant de l’effet rétroactif en mars prochain, a ajouté le ministère. Les rappels découlant de l’application de l’effet rétroactif sur les nouveaux salaires depuis janvier 2008 seront versés en mai 2010.

°°°°°°°°°°

Les nouveaux salaires des enseignants et de l'ensemble du personnel de l'éducation nationale coûteront à l'Etat 104 milliards de dinars, a indiqué dimanche le conseiller du ministre de l'Education nationale, Ahmed Tessa, au cours de l'émission matinale "Invité de la rédaction" de la radio Chaîne 3. Les salariés de l'éducation nationale, près de 500.000 fonctionnaires, ont eu ainsi la part du lion, 74% de l'enveloppe globale dégagée par le gouvernement pour prendre en charge la hausse des salaires dans la fonction publique, a-t-il précisé.

Le ministère de l'Education nationale a annoncé samedi d'importantes augmentations de salaires pour les enseignants et l'ensemble du personnel du secteur. Les salaires des enseignants ont été augmentés de plus de 8.000 dinars pour ceux du primaine à près de 10.000 dinars pour ceux du secondaire. Les enseignants percevront également des rappels résultant de l'application des nouveaux salaires depuis janvier 2008, allant de 225.524 dinars pour le maître d’école primaire à 283.530 dinars pour le professeur d’enseignement secondaire.
Riyad Hamadi
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Re: [Algérie] Une grève illimitée à partir de janvier

Messagede Antigone » 26 Fév 2010, 17:33

Algérie 360 - 26 fev 2010

Grève dans l’Éducation: C’est reparti !

Les trois paliers de l’éducation nationale ont été paralysés hier. Selon les animateurs du mouvement de contestation, le taux d’adhésion a frôlé les 90% à travers plusieurs wilayas du pays.

Insatisfaits des nouvelles mesures relatives à la valorisation du régime indemnitaire annoncé par le ministère de l’Éducation nationale, les enseignants ont répondu favorablement à la grève d’une semaine reconductible.
Le ton a été donné dès le premier jour du débrayage auquel ont appelé le Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest) et l’Union nationale du personnel de l’enseignement et de la formation (Unpef).

Les trois paliers de l’éducation nationale, primaire, moyen et secondaire, ont été paralysés hier par les grévistes. Plusieurs écoles ont affiché la couleur dès les premières heures de la journée. C’est ce que nous avons constaté de visu lors d’une virée effectuée dans quelques établissements scolaires d’Alger-Centre.

“C’est une grève d’une semaine renouvelable jusqu’à la concrétisation de toutes nos revendications socioprofessionnelles”, ont répété en chœur plusieurs enseignants rencontrés sur le terrain. Au programme : arrêt de travail et rassemblement jusqu’à nouvel ordre.
Selon eux, à travers ce mouvement, ils demandent au président de la République d’intervenir pour résoudre sérieusement la crise de l’éducation. “Si nous avons eu recours à la grève, ce n’est pas de gaieté de cœur. C’est notre ultime espoir de voir nos conditions de vie et de travail changer. La balle est désormais entre les mains de la tutelle et c’est à elle seule d’assumer les conséquences d’un tel mouvement”, ont-ils précisé.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
El Watan - 26 fev 2010

Les enseignants adhèrent massivement à la grève

Un record de mobilisation ! Le Cnapest et l’Unpef ont réalisé une véritable démonstration de force. Leur grève d’une semaine reconductible, entamée hier, a mobilisé presque toute la corporation des enseignants et des travailleurs de l’éducation nationale. « C’est impressionnant ! Le taux de suivi de la grève dépasse celui enregistré lors du débrayage du mois de novembre 2009 », s’accordent à dire les responsables du Cnapest et de l’Unpef.

Pour Nouar Larbi, secrétaire général du Cnapest, la mobilisation des enseignants traduit leur ressentiment quant à « la propagande de la tutelle ». « La grève a été suivie de façon extraordinaire. Je crois que la mobilisation des citoyens est une réaction exprimant le ressentiment des enseignants suite à l’atteinte à leur dignité. La publication et la médiatisation de la fiche de paie des enseignants ont été ressenties comme une humiliation et une atteinte à leur dignité », estime-t-il. Selon lui, le mot d’ordre de grève a été respecté par plus de 90% des professeurs et enseignants. « Ce ne sont pas des chiffres fictifs. Ce sont des données que nous avons réunies sur le terrain. Le taux de suivi dépasse les 90% dans la majorité des wilayas », explique-t-il. Même son de cloche chez les responsables de l’Unpef. « La réponse à notre appel est impressionnante. Le taux de suivi de la grève dans les trois paliers du secteur de l’éducation nationale varie entre 85 et 98%. Il y a eu même des wilayas qui n’ont jamais fait grève auparavant, où les enseignants ont débrayé cette fois-ci. Je parle en particulier de Béchar et de Tamanrasset », dit-il.

« Il faut respecter les engagements pris »
Les affirmations des syndicats sont vérifiables sur le terrain. Les écoles primaires, des CEM et des lycées à Alger étaient fermés hier. Les élèves ont été renvoyés chez eux, dès les premières heures de la matinée. Ils sont rares les établissements scolaires où les cours se sont déroulés normalement. C’est ce que nous avons constaté au niveau des plus importants établissements d’Alger-Centre et des quartiers environnants. « Tout le monde est en grève. Les enseignants en ont marre », tonne une enseignante que nous avons rencontrée à l’entrée du lycée Omar Racim d’Alger. Ce sentiment de dégoût est, estime Sadek Dziri, le fruit du « mensonge officiel ». « Ils ont annoncé des augmentations importantes, alors que ce ne sont que des miettes. Les gains nets des enseignants ne dépassent pas, dans le meilleur des cas, les 8000 DA », déplore-t-il.

Le responsable de l’Unpef relève, dans ce sens, la non-prise en compte des nouvelles primes à l’issue des négociations avec la tutelle dans le cadre de la commission mixte chargée du régime indemnitaire. Outre ces primes, les deux syndicats exigent, également, la signature du décret relatif à la gestion des œuvres sociales et la finalisation du dossier de la médecine du travail. S’exprimant sur la question des appels au dialogue, le premier responsable de l’Unpef rappelle que « les résultats des négociations qui ont eu lieu déjà ne sont toujours pas appliqués ». Dans la foulée, le secrétaire général du Cnapest souligne le déphasage entre le discours officiel et les pratiques des responsables du gouvernement. « La loi d’orientation scolaire exige l’élaboration d’un statut amélioré et acceptable pour l’enseignant. Mais, ce que nous constatons sur le terrain est tout à fait le contraire », lance-t-il.
Madjid Makedhi

°°°°°°°°°°°°°
Le Soir d'Algérie - 26 fev 2010

Le Cnapes et l'Unpef paralysent les écoles, la grève largement suivie

Le Cnapest et l’Unpef ont maintenu le mot d’ordre de grève. Le débrayage auquel ils ont appelé a débuté hier. Les enseignants des trois cycles (primaire, moyen et secondaire) ont massivement répondu à l’appel de leurs syndicats respectifs. Les élèves ont dû rebrousser chemin. Le taux de suivi s’établissait hier autour de 89 % pour le Cnapest et entre 85 et 90 % pour l’Unpef.

ALGER - Les deux syndicats autonomes démontrent, une fois de plus, leur capacité de mobilisation. Au premier jour du mouvement qui devrait durer une semaine et qui risque d’être reconduit, ils affichent leur totale satisfaction. Le Cnapest indiquait, hier, à 15 h que le taux au niveau national s’établissait à 89,72 % avec pas moins de 98 % des établissements totalement paralysés. Aussi bien au centre du pays, qu’à l’Est et à l’Ouest, les professeurs de l’enseignement secondaire ont massivement répondu à l’appel de leur syndicat. A Alger- Ouest, le taux était estimé à 90 %, Alger-Centre à 70 % et Alger-Est à 85,15 %. A Tizi- Ouzou, les enseignants étaient mobilisés avec un taux de 97 %, à Oran avec 80 %, à Annaba avec 90 %. Le même taux de suivi a été enregistré à Ghardaïa.

Le responsable de la communication au sein du Cnapest, qui n’a pas caché sa satisfaction de la large mobilisation des enseignants, a estimé, hier, que «cette adhésion massive se veut un message très fort à l’adresse des pouvoirs publics. Si le ministère de l’Education préfère communiquer par voie de presse, les enseignants choissent le terrain de la contestation pour réformer leurs positions : leur message est on ne peut plus clair». Le ton est identique du côté de l’Unpef. Son secrétaire général, Sadek Dziri, a indiqué, hier, que le taux national, tous paliers confondus, oscillait entre 85 et 90 %. Il estime également que l’adhésion des travailleurs est un signal fort lancé à l’adresse de la tutelle afin que les dossiers en suspens trouvent enfin un règlement définitif. Il réclame la signature de l’arrêté sur la gestion des œuvres sociales, le P-V sur la médecine du travail et la révison des indemnités, notamment la prime de rendement. Sadek Dziri considère que «la famille de l’éducation a exprimé pour la seconde fois ses revendications ». «En tant que syndicat, nous ne voulons pas que la grève perdure. On appelle à l’annonce de mesures concrètes ce week-end afin que dès dimanche, les élèves puissent reprendre les cours».

Le Cnapest et l’Unpef, qui ont entamé la grève hier, la poursuivront toute la semaine à venir et pourrait même la reconduire pour une seconde semaine. Le scénario s’est déjà produit au mois de novembre avec pas moins de trois semaines de paralysie du secteur. Ce dernier revivra-t-il un remake de la grève du début de l’année ? Pour les syndicats, la réponse est à chercher du côté de la tutelle…
Nawal Imès
Antigone
 

Re: [Algérie] Une grève illimitée à partir de janvier

Messagede Antigone » 01 Mar 2010, 17:49

TSA et Alger Focus - 01 mar 2010

Alger. Les émeutes reprennent de plus belle à Diar Echems

La poudrière de Diar Echems (quartier d’Alger) a été le théâtre d’échauffourées entre la police et les jeunes du quartier durant l’après midi de Dimanche.
Des habitants de ce quartier pauvre de la capitale ont coupé, en fin d’après-midi, la principale route reliant le centre d’Alger à Bir Khadem, avec des pierres et des pneumatiques, pour protester contre l’absence de leurs noms dans la liste préliminaire des relogés.

D’importantes forces anti-émeutes ont été dépêchées sur les lieux, mais aucun affrontement direct n’a eu lieu. Depuis quelques semaines, une tension règne dans ce quartier pauvre de la commune d’El Madania. Les manifestants ont menacé les autorités locales de durcir leur mouvement si leurs noms ne figureraient pas sur les listes des bénéficiaires de logements, ont affirmé des témoins à TSA.

Selon les habitants, les autorités locales qui leur avaient promis des reclassements dans les plus brefs délais (Octobre dernier) ne font que reporter cette opération depuis quelques semaines.

Prévue le 10 puis le 20 de ce mois, aucun déménagement n’est en vue pour le moment, ce qui a provoqué l’ire de beaucoup de ces résidents, surtout que la majorité d’entre eux vivent dans des conditions déplorables et ce depuis tout le temps.
Pour le moment, la circulation est très difficile à cet endroit, et les dernières informations font état de plusieurs voitures incendiées dans le quartier même.

De violentes émeutes avaient éclaté en octobre dernier dans le quartier de Diar Echems. Les habitants avaient protesté contre leurs conditions de vie dans des baraques de fortunes.

La Voix de l'Oranie - 28 fev 2010

Retour au calme après deux jours de protestation
Quatorze interpellations à Bir Saf Saf


Le calme est revenu à Bir Saf Saf, relevant de Oued Fodda, après la protestation bruyante des citoyens qui ont porté leur colère dans la rue, ce qui a valu l’interpellation de 14 d’entre eux par les services de sécurité. Durant les deux journées du mardi et mercredi, les habitants ont manifesté leur mécontentement à l’égard des autorités locales en bloquant la RN04, l’unique voie reliant Alger-Oran, pour protester contre les nombreux problèmes rencontrés dans les domaines de l’AEP et de l’aménagement urbain, et afficher leur ras-le-bol des dures conditions de vie vécues à cause de l’absence du gaz naturel et de la non inscription de suffisamment de programmes de logement de sorte à éviter les moult contestations enregistrées dans la localité à l’occasion de chaque opération d’attribution.

Durant deux journées, donc, les citoyens de cette agglomération ont occupé la voie publique, en brulant des pneus et un véhicule et jetant des troncs d’arbre sur la route, façon de faire entendre leurs revendications au Premier responsable de la Wilaya. Parmi leurs préoccupations majeures, il y a aussi cette carrière d’agrégats qui surplombe le village, dégageant d’énormes poussières qui pénètrent dans leurs habitations. Il faut dire que lors de cette manifestation de colère, le maire et son adjoint n’ont pas échappé aux menaces, eux qui avaient tenté d’apaiser la tension des protestataires. A ce sujet, le maire dira: «Je voulais intervenir pour essayer de mettre un peu d’ordre et dialoguer avec ces citoyens, mais j’étais pris à partie.» Les habitants, eux, défendent un autre point de vue. «Les élus n’ont rien fait pour nous!» lançait un groupe de protestataires. C’est en ce sens qu’ils ont réclamé la présence personnelle du wali à qui ils voulaient exposer, de vive voix, leurs doléances. La poire a été coupée en deux. C’était finalement le Chef de cabinet, le Chef de daïra de Oued Fodda et les élus locaux qui se sont rendus sur les lieux pour solutionner et rétablir le calme. Reste à savoir si les engagements pris par les autorités seront effectivement respectés…
M. Mokhtari
Antigone
 

Re: [Algérie] Une grève illimitée à partir de janvier

Messagede Antigone » 05 Mar 2010, 17:09

L'Expression - 04 mar 2010

Suite à la décision de maintenir leur grève, Benbouzid menace de licencier les enseignants

Après les menaces, le ministère de l’Education passe à l’acte.
A partir du 7 mars prochain, tout enseignant ne se présentant pas à son poste de travail risque un licenciement. Le département de Benbouzid a décidé de «la mise en oeuvre de la radiation des effectifs de la Fonction publique conformément à la réglementation en vigueur», a indiqué, hier, un communiqué du ministère.
Cette mesure fait suite à la constatation de l’abandon de poste appliquée pour toute absence enregistrée. Pour suppléer les postes vacants, la tutelle a instruit les directeurs de l’éducation de wilaya de prospecter parmi les demandes d’emploi en leur possession. Aussi, des ponctions sur salaire seront appliquées si la grève persiste.
Le Conseil national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest) et l’Union nationale des professionnels de l’éducation et de la formation (Unpef) ont trois jours pour convaincre les enseignants de reprendre le travail. Au delà, les sanctions tomberont. Les résolutions du ministère font suite au verdict prononcé par la Justice sur cette affaire. Le 1er mars dernier, la chambre administrative de la Cour d’Alger a ordonné l’arrêt immédiat de la grève. Cependant, l’Unpef et le Cnapest ont assuré qu’ils n’ont pas reçu de copies de cette décision.
Pour sa part, le ministère a qualifié le mouvement contestataire des enseignants d’«attitudes regrettables». Entre les deux parties, le bras de fer continue.
Le Quotidien d'Oran - 04 mar 2010

Complexe SNVI de Rouiba: Risque de retour à la contestation

La tension au sein du complexe SNVI de Rouiba est montée d'un cran ces derniers jours.
Hier, une réunion marathon a réuni les membres du syndicat d'entreprise de la SNVI pour discuter de plusieurs points très sensibles inscrits à l'ordre du jour.
Il y avait d'abord la question du licenciement de deux travailleurs, lesquels sont accusés d'être des meneurs de grève parmi les travailleurs. Selon nos sources, les membres du syndicat d'entreprise ont mal réagi à cette décision qui a jeté l'émoi dans les ateliers surtout que celle-ci est entachée d'un vice de procédure et donc jugée très arbitraire et illégale, selon notre interlocuteur.
Le deuxième point à l'ordre du jour et pas des moindres concerne l'épineux problème des augmentations de salaires des ouvriers de l'ex-Sonacome qui est actuellement posé avec acuité sur la table des négociations entre le partenaire social et la direction de la SNVI. Récemment, le groupe du syndicat SNVI s'est retiré sans raison apparente de la réunion qui l'a regroupé avec les responsables de la fédération mécanique et la centrale syndicale UGTA. Des informations circulant dans les couloirs des bureaux de la SNVI indiquent que la question des augmentations des salaires et notamment le taux de 35% de relèvement par rapport au salaire actuel revendiqué par le syndicat ne peut être pris comme base de négociations entre les deux parties. A ce propos, nous avons appris hier que les syndicalistes de la SNVI avaient jugé nécessaire de consulter la base en faisant le tour de tous les départements du complexe pour jauger les opinions des uns et des autres.
En fin d'après-midi, le bureau du syndicat se trouvait toujours en conclave pour sortir avec des décisions qui peuvent replonger la SNVI dans un mouvement de grève encore plus radical. Pour le moment, on ne peut qu'attendre les conclusions de cette réunion qui de l'avis de beaucoup de travailleurs est plus que déterminante pour l'avenir de la SNVI qui est en pleine phase de redynamisation.
K.R.
Antigone
 

Re: [Algérie] Une grève illimitée à partir de janvier

Messagede Antigone » 11 Mar 2010, 16:13

Les cours ont repris dans les établissements primaires et secondaires, mais la révolte des classes moyennes se poursuit.
Les professions de santé sont dans leur 3e mois de grève. Des mouvements se produisent dans d'autres secteurs, comme à la radio nationale, ou bien menacent de se déclencher comme chez les agents immobiliers, Même le syndicat des boulangers freine pour empêcher une grêve nationale.

El Chourouk - 10 mar 2010

La matraque pour empêcher les praticiens d’approcher le siège de la présidence

Usant de matraques, les forces de l’ordre ont empêché hier les médecins de se rassembler ou même d’approcher le siège de la présidence de la république. Les praticiens contestataires ont du se rabattre sur la rue secondaire Ali Haddad qui débouche sur l’artère principale de la présidence. Certains d’entre eux ont reçu des coups sur la tête et le dos, en tentant de résister aux éléments de la sûreté, d’autres ont pris des coups de matraque, mais ont quand même refusé de faire machine arrière.

Les praticiens ont réussi à semer les forces de l’ordre en rangeant leurs blouses dans leurs valises, et ont pu atteindre le palais d’El Mouradia. A 11 heures, heure prévue pour le rassemblement, les forces de sécurité ont été surprises par un groupe de citoyens, en train de revêtir des blouses blanches, dans les rues Ali Haddad et Frères Kacem, faisant face au siège de la présidence.

Le rassemblement des praticiens et des praticiens spécialistes de la santé publique s’est alors transformé en rassemblement de toutes les forces de l’ordre, avec leurs différents corps, en tenue et en civil, la garde républicaine, la gendarmerie et la police judiciaire, à un point tel que le nombre des éléments de la sécurité dépassait de loin celui des médecins venus prendre part au sit-in.
Vers 11h30, de violents heurts ont éclaté entre les deux parties, lorsque les forces de sécurité ont défini un périmètre de sécurité, bloqué la route, et ont entrepris de repousser les médecins qui avançaient à partir de la rue Haddad, en utilisant des barrières métallique, ce qui a provoqué une bousculade, des médecins étaient à terre, certains ont reçu des coups de matraque en tentant de résister aux éléments des brigades antiémeutes.

Les médecins scandaient des slogans, appelant le président de la république à les recevoir, criant : «Après Zidane, c’est à notre tour d’être reçus», «Nous sommes des médecins et non des terroristes».
L’édifice d’El Mouradia était cerné, y compris par des véhicules des forces de sécurité et ceux des brigades antiémeutes.

Les officiers de la police judiciaire ont par ailleurs empêché les journalistes et photographes de couvrir le rassemblement. Les journalistes ont subi des pressions, des dépassements ont été enregistrés à leur encontre, et certains ont même été menacés d’être embarqués s’ils n’évacuaient pas les lieux sur le champ.

Après une heure de confrontations entre les praticiens et les forces antiémeutes, et d’échange verbal virulent entre la police et les journalistes, la présidence de la république a accepté de recevoir des représentants des médecins. Les présidents des deux syndicats nationaux des praticiens et des praticiens spécialistes, ont été invités à la présidence où ils ont été reçus par le chargé des relations publiques qui a promis de prendre en charge dans les tout prochains jours, leurs revendications, y compris sur le statut et le régime indemnitaire. Après la sortie des présidents de syndicats du bâtiment de la présidence, les médecins se sont dispersés en chantant l’hymne national. Ils comptent toutefois poursuivre leur mouvement de grève en attendant d’avoir du concret.
Djamila Belkacem/Zineb A
Antigone
 

Re: [Algérie] Une grève illimitée à partir de janvier

Messagede Antigone » 15 Mar 2010, 13:13

AFP - 14 mar 2010

Algérie : la grève des praticiens de la santé jugée "illégale" par la justice

ALGER - La grève observée depuis plus de deux mois par les praticiens de la santé publique en Algérie a été jugée illégale par la justice, a indiqué dimanche à Alger le ministre algérien de la Santé Saïd Barkat.

"La justice a tranché et déclaré la grève du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) et du syndicat des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP) illégale et nous allons prendre les dispositions nécessaires", a déclaré M. Barkat.
Le ministre, dont les propos sont rapportés par l'agence APS, s'exprimait en marge d'un salon sur le médicament générique.

Les deux syndicats avaient annoncé samedi la poursuite de la grève qu'ils reconduisent chaque semaine pour des revendications socio-professionnelles.
Ils réclament notamment la révision du statut particulier promulgué fin 2009, l'ouverture de discussions sur le régime indemnitaire ou l'octroi d'un quota de logements de fonction.

Selon le ministre, parmi ces revendications, il y en a "certaines légitimes, même très légitimes", sur lesquelles son département est prêt à négocier, et d'autres "carrément illogiques, en contradiction avec la loi et le règlement de la Fonction publique".
"Ce n'est pas normal que des médecins demandent la cession définitive de logements de fonction à leur profit", a estimé M. Barkat.
Il a ajouté que la seule issue à cette crise réside dans le "dialogue", qui exige cependant un "minimum de réserve" et "l'aptitude à faire des concessions", a-t-il dit.

Les représentants des deux syndicats avaient été reçus mercredi à El Mouradia, siège de la présidence de la République, à l'issue d'un rassemblement de leurs adhérents.
Les adhérents du SNPSP et du SNPSSP, qui regroupent l'un les généralistes l'autre les spécialistes, sont en grève depuis fin décembre pour l'un et début janvier pour l'autre mais assurent les urgences, le suivi des malades chroniques ou les gardes dans les hôpitaux publics.


La justice aux ordres vient encore au secours du pouvoir. Après avoir jugé illégale la grêve d'Arcellor-Mittal et menacé de licencier les enseignants récalcitrants, c'est au tour du mouvement des praticiens d'être mis hors-la-loi.
La menace et la matraque, ce sont les seules réponses que le régime décrépit du FLN soit en mesure d'opposer au vent de fronde qui souffle depuis plusieurs mois sur la société algérienne.
Pour combien de temps ?
Bouteflika va peut-être réussir à tenir jusqu'à la Coupe du monde de football, mais après ?
Antigone
 

Re: [Algérie] Une grève illimitée à partir de janvier

Messagede Antigone » 17 Mar 2010, 12:58

TSA - 16 mar 2010

Blessés et arrestations à Oran lors de la destruction d’un bidonville

L’opération de destruction d’un bidonville mardi matin près d’Oran a tourné à l’émeute. Des affrontements ont éclaté entre les forces de l’ordre et des habitants d’une quarantaine de constructions illicites situées à l’intérieur de la forêt d’El Hassi près d’Oran, qui contestaient la démolition de leurs maisons. Les affrontements ont fait plusieurs blessés par les gendarmes et les manifestants dont cinq ont été interpellés.

Des familles en colère ont empêché les engins de destruction d'avancer en barricadant les accès par des pierres et des pneus brulés. D’importantes forces de l’ordre ont été dépêchées sur les lieux et dont l’intervention a été musclée. Les forces antiémeutes ont fait usage de bombes lacrymogènes pour disperser la foule composée essentiellement de jeunes. Ce qui a permis aux engins de démolir la quarantaine de bicoques construites par des familles en quête de logis. Aucun programme de relogement n’a été prévu pour reloger les familles évacuées, selon des manifestants. La destutcion de ce bidonville était programmée depuis plusieurs semaines.
Hamid Bahri


El Watan - 17 mar 2010

Mal-logés et habitants de bidonvilles se comptent par millions
Les autorités submergées par les demandes de logement


La tension sur le logement monte. Des scènes d’émeutes sont signalées régulièrement à différents endroits de la capitale comme un peu partout ailleurs dans les grandes villes du pays et leurs périphéries. Après les habitants de Diar Echems, un quartier d’Alger, qui se sont soulevés contre les autorités locales avant d’obtenir ce toit qu’ils ont attendu pendant de longues années, d’autres sans-logis des divers quartiers à investissent la rue afin de faire entendre leur ras-le-bol et exiger leur relogement. Ainsi les habitants de Zaâtcha, Saint-Georges à Birdkadem ou d’un autre bidonville, dont on vient de découvrir parfois le nom, se sont révoltés ces dernières semaines contre des responsables locaux.

Le mécontentement de ceux de Diar Echems à El Madania (Alger) en octobre dernier et l’écho reçu en « haut lieu » semblent avoir fait des « émules ». La décision prise par les autorités de reloger les protestataires a vraisemblablement incité des occupants des autres bidonvilles, comme ceux des chalets des centres de transit à travers le pays, à sortir dans la rue pour se « faire voir des autorités », mais surtout exiger un logement. La frustration est encore celle des nombreux demandeurs (LSP, sociaux locatifs, promotionnel) qui craignent que les « logements qui leur sont destinés soient détournés au profit des occupants des bidonvilles qui sont relogés parce qu’ils protestent en occupant la voie publique ». « A Diar Echems, une famille de six membres a bénéficié de six appartements. Moi qui a préféré ne pas construire de baraque, je ne bénéficie pas pour autant des faveurs de la République. L’opération de relogement entamée depuis trois jours ne concernera pas dans les semaines à venir les familles restées pour leur grand malheur dans des cagibis exigus », déplore un fonctionnaire de la wilaya qui assure que l’Etat ne peut subvenir aux besoins en logements, surtout dans la formule sociale.

Des autorités locales, jamais associées à ces opérations, craignent que la décision de « privilégier » les plus irrédentistes de la population ne crée l’irréparable. « La frustration est grande et ça gronde de partout. La décision de l’Etat, compréhensible d’un certain côté, peut créer des dérapages et une tension sociale, surtout que plusieurs programmes ne sont pas encore achevés. Des demandeurs de logements LSP (logement social participatif), par exemple, attendent que l’entrepreneur leur fasse appel pour payer leur tranche alors que d’autres désespèrent de voir les chantiers sortir de sous terre », se désole un élu d’une APC de la périphérie d’Alger, jamais favorisée lors de la distribution de quotas de logements aux « APC riches ». Le wali d’Alger, garant de la sécurité dans la capitale, s’est montré intransigeant lors d’un discours prononcé à l’occasion d’une session de l’APW.

Il a affirmé aux élus de l’Assemblée, surpris de voir l’ordre du jour consacré à la formation professionnelle et ses perspectives bousculé, que l’Etat restera « intransigeant » face aux velléités de révolte d’une partie de la population. « Celui qui sortira trouvera l’Etat en face », menace Mohamed Kebbir Addou qui a prononcé sa harangue au lendemain d’un mouvement de protestation au bidonville de Zaâtcha à Sidi M’hamed.

Le risque de contagion est important à Alger, la ville compte plus de 50 000 familles qui occupent des bidonvilles disséminés sur tout le territoire de la wilaya. Selon le wali, il n’est pas facile de reloger à la fois toutes les familles dans le besoin. « Les demandes de logement à Alger sont au nombre de 200 000 auxquelles s’ajoutent les résidants des chalets et des occupants des caves et des terrasses. Le programme de rénovation des vieux quartiers comme Diar Echems a commencé en 2004, c’est-à-dire bien avant les événements que l’on connaît », explique-t-il en faisant remarquer que d’ici octobre prochain, plus de 10 000 logements seront distribués dont une bonne partie est destinée à résorber l’habitat précaire. « 41% du programme de logements en chantier à Alger est consacré au RHP. L’autre moitié est consacrée aux autres programmes », assure-t-on à la wilaya
Nadir Iddir
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