Macédoine
Occupations et manifestations étudiantes.
+ photos http://ucl-saguenay.blogspot.fr/2015/02 ... tions.htmlMacédoine : occupations et manifestations étudiantes.
Ce mercredi (11 février), plus d’un millier d’étudiant-e-s ont commencé l’occupation des départements d’économie, de Droit, de philologie et de philosophie à l’Université de Skopje. Ils-elles ont déclaré les facultés occupées comme des territoires autonomes étudiants. Les occupant-e-s demandent l’annulation de la nouvelle loi sur l’éducation supérieure qui décrète que désormais il sera obligatoire de passer des tests d’aptitude externes. Le tout à travers une commission d’État qui prévaudra sur l’évaluation du corps professoral. Pour le gouvernement, il s’agit d’un moyen de lutter contre la corruption des enseignant-e-s. Selon ce dernier, les professeur-e-s acceptent des enveloppes brunes pour assouplir leurs critères de passage. Ne niant pas cette pratique, les opposant-e-s à cette Loi veulent eux/elles aussi éradiquer ce fléau, mais à l’aide d’une autre solution, de manière plus réfléchie. Selon les étudiant-e-s, la réforme proposée par le gouvernement macédonien est une tentative d’affaiblir une nouvelle fois l’autonomie des universités.
Après les manifestations de novembre et décembre dernier, qui ont rassemblé plusieurs milliers de personnes [1], le mouvement ne s’essouffle pas. « Nous allons rester ici (dans les Facultés) jusqu’à ce que nos demandes soient acceptées. Nous allons dormir et manger ici. Nous appelons tous les étudiant-e-s à se joindre à nous dans les territoires autonomes étudiants puisqu’ensemble nous sommes plus fort-e-s. » Les étudiant-e-s prévoient organiser des lectures alternatives, des concerts et autres événements. Depuis le début du mouvement contre la réforme, le gouvernement de Nikola Gruevsky a ignoré les manifestations et les demandes estudiantines. Toutefois, vendredi dernier, il a invité les étudiant-e-s à une éventuelle rencontre où il se dit prêt à suspendre la nouvelle loi pour un an. Très sceptiques, les étudiant-e-s ont décidé de continuer la contestation au lieu de croire un gouvernement qui les taxe d’être manipulés ou pro-SDSM (le parti d’opposition). Des enseignant-e-s ont formé un groupe qui soutient les étudiant-e-s dans leur lutte contre la réforme. Le mouvement prend de l’ampleur et commence à se radicaliser.
[1]. Entre 10 000 et 12 000 personnes sont descendues dans les rues pour la manifestation de décembre. Du jamais vu dans ce pays depuis l’indépendance de la Macédoine en 1991.
http://balkans.courriers.info/article26615.htmlMacédoine : les étudiants de Skopje proclament l’Université « zone autonome »
Après la trêve hivernale et les sessions d’examens, les étudiants de l’université Saints-Cyrille-et-Méthode de Skopje ont repris leur mouvement de protestation contre la réforme de l’enseignement supérieur. Cette fois, ils ont déclaré « zone autonome » les locaux qu’ils occupent. Le ministère de l’Éducation se dit prêt à dialoguer, mais les étudiants sont sceptiques.
Par Jaklina Naumovski
Depuis mercredi 11 février, les étudiants en grève qui occupent les Facultés de philologie et de philosophie de l’université Saints-Cyrille-et-Méthode ont déclaré les locaux de l’établissement « zone autonome ». Ce jeudi, les étudiants des Facultés de technologie ont rejoint le mouvement par solidarité.
Après avoir refusé le dialogue pendant quatre mois, le ministère de l’Éducation a enfin décidé de rencontrer les représentants du plenum des étudiants. Une série de réunions entre le ministère et les représentants des universités a été prévue afin d’améliorer les propositions de réformes de la loi sur l’enseignement supérieur. La première rencontre aura lieu lundi prochain.
Le 6 février, suite à une première rencontre entre le Sénat de l’Université, le Premier ministre Gruevski, le ministre de l’Éducation Abdulakim Ademi et son adjoint Spiro Ristovski, un premier assouplissement de la loi a été annoncé. La mise en place des examens d’État a été différée d’un an et l’obligation pour les professeurs de publier un certain nombre de travaux et d’articles scientifiques dans les revues spécialisées de deux ans.
Mais pour les étudiants, ça ne suffit pas. Ils réclament le retrait pur et simple de la loi actuelle, afin d’en établir une nouvelle définie par les diverses parties prenantes, ministère, représentants académiques et étudiants, avec la garantie du gouvernement que leurs revendications seront prises en compte.
Les représentants du plenum étudiants doutent également de la bonne volonté du gouvernement. « Nous avons de bonnes raisons de croire que cette complaisance ne signifie pas que le Premier ministre a réalisé l’absurdité de sa propre loi. Ces quatre derniers mois, chacune de nos actions de résistance a été ignorée. Aussi, accordez-nous le droit d’être sceptiques en apprenant ces concessions soudaines. Nous ne sommes pas convaincus par cet assouplissement de la rhétorique, car finalement rien ne nous garantit que lorsque tout se sera calmé, les promesses faites ne seront pas oubliées. C’est pourquoi nous réclamons l’adoption d’une loi sur l’enseignement supérieur complètement nouvelle », ont-il déclaré.
Le plenum des étudiants continue de recevoir des messages de soutien de l’étranger : après les étudiants de Serbie, ceux de Bulgarie leur ont adressé une lettre pour les encourager à poursuivre leur mouvement.