Ἑλλάς, Grèce

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Messagede Pïérô » 05 Aoû 2018, 01:37

Solidarité et autogestion sur la terre brûlée

Suite aux incendies qui ont frappé les environs d’Athènes :

SOLIDARITÉ ET AUTOGESTION SUR LA TERRE BRÛLÉE

Nous avons évoqué précédemment la cuisine sociale « L’Autre Humain », avec un extrait du film « L’Amour et la Révolution », pour faire savoir le dispositif permettant désormais de participer au loyer de son nouveau local*.

Ajoutons qu’actuellement « L’Autre Humain » est tous les jours à Mati, la petite ville la plus ravagée par les récents incendies, avec non seulement sa cuisine de rue, mais aussi des distributions de nombreux matériaux et denrées nécessaires.

Tout cela, dans l’autogestion bien sûr, alors que les pouvoirs se sont révélés, au contraire, totalement incompétents et lamentables : fermeture tragique des accès à la mer, diminution des moyens des pompiers (baisse de 30% des effectifs, restrictions budgétaires, beaucoup de bouches à eau hors-service faute d’entretien, plus qu’un seul canadair opérationnel sur dix), minuscule mobilisation des troufions et de leur matériel, tentatives grotesques de récupération politique de tous les côtés…

Bref, tout s’est déroulé exactement comme en novembre dernier, lors des inondations qui ont dévasté la ville de Mandra, à l’ouest d’Athènes, et causé de nombreux morts et disparus : ce sont les initiatives autogérées qui ont le mieux répondu aux besoins immédiats, à commencer par celles des victimes elles-mêmes et de leurs réseaux alentours, parfois avec des moyens très modestes.

La cuisine sociale « L’Autre humain » était également présente à Mandra l’année dernière, dès le début des inondations. De même, l’équipe médicale de la structure autogérée de santé d’Exarcheia était aussi sur le terrain, à Mandra, comme elle se trouve ces jours-ci également à Mati et Rafina, avec l’appui, une fois de plus, du groupe Rouvikonas.

Loin des grands discours télévisés, des effets d’annonce illusoires, des visites éclairs sous les projecteurs des caméras, des lourdeurs administratives rebutantes et des méandres hiérarchiques abscons, c’est bien l’entraide parmi les opprimé-e-s qui est une fois de plus au rendez-vous sur la terre brûlée.

Prenons nos vies en mains, nous en sommes capables : les circonstances difficiles nous le prouvent.

Maud et Yannis Youlountas

* Si vous souhaitez participer, avec nous, chaque mois, au paiement du loyer du nouveau local (trois dernières photos) de la cuisine sociale « L’Autre Humain » : http://blogyy.net/2018/07/29/la-cuisine ... re-humain/


http://blogyy.net/2018/07/30/solidarite ... re-brulee/


Démission du ministre grec de la protection civile, suite à la nullité de l’état face aux incendies
Comme on pouvait s’y attendre, suite aux révélations sur les nombreux dysfonctionnements durant le drame autour d’Athènes :
DEMISSION DU MINISTRE GREC DE LA PROTECTION CIVILE, SUITE À LA NULLITÉ DE L’ÉTAT FACE AUX INCENDIES
Ancien général de l’armée devenu ministre en 2015, Nikos Toskas était notamment le responsable des pompiers et de la police.
Comme je vous l’ai rapporté la semaine dernière*, le pouvoir s’est montré totalement incompétent et lamentable face aux incendies :
– insuffisance des moyens des pompiers (baisse récente de 30% des effectifs, restrictions budgétaires, beaucoup de bouches à eau hors-service faute d’entretien, plus qu’un seul canadair opérationnel sur dix) ;
– fermeture tragique des accès à la mer (dessous de table fréquents entre les promoteurs immobiliers et les services de l’État concernés) ;
– coordination catastrophique de la circulation automobile par la police qui a carrément dirigé les véhicules vers les petites rues bouchées, puis entourées de flammes ;
– minuscule mobilisation des troufions et de leur matériel ;
– aucune alerte météo, malgré la violence du vent en pleine canicule, ni dispositif de vigilance.
Dans le même temps, ce sont les initiatives autogérées qui ont principalement répondu aux besoins immédiats, à commencer par celles des victimes elles-mêmes et de leurs réseaux alentours, parfois avec des moyens très modestes.
... http://blogyy.net/2018/08/04/demission- ... incendies/

Fascistes pilleurs des victimes de l’incendie : à votre tour de migrer !
Après réflexion, je partage moi aussi les photos démasquant Spyros Andronikos et Babis Papanikolaou, les deux membres d’Aube dorée arrêtés la semaine dernière alors qu’ils pillaient les victimes du terrible incendie. Après vérification, plusieurs groupes antifascistes d’Athènes et alentours ont, en effet, décidé de les divulguer.
... http://blogyy.net/2018/08/04/fascistes- ... de-migrer/
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Re: Ἑλλάς, Grèce

Messagede bipbip » 15 Aoû 2018, 17:39

Greece: on parole

Aujourd’hui, la Grèce est officiellement sortie du giron du soi-disant programme de sauvetage de la Troïka. La Troïka de l’Eurogroupe, la Banque centrale européenne et le FMI appellent désormais plus longtemps les autorités à décider comment le gouvernement grec devrait dépenser ses recettes fiscales ou combien il peut emprunter.

Cependant, la Grèce n’est pas vraiment libre pour deux raisons. Premièrement, le gouvernement grec a signé un nouvel accord avec l’Eurogroupe qui impliquera un processus incessant de mise en œuvre de mesures budgétaires strictes, y compris davantage de «réformes» dans les retraites et les services publics. En retour, les Grecs obtiennent un soi-disant «allégement de la dette» sur leur dette publique, qui équivaut actuellement à 180% du PIB grec.

Dans le cadre du plan d’allégement de la dette convenu, les échéances de prêts accordés par la Grèce au titre de son deuxième plan de sauvetage pour un montant de 97 milliards d’euros (112 milliards de dollars) seraient repoussées de dix ans. L’extension sera accompagnée d’une période de grâce de dix ans en intérêts et amortissements sur les mêmes prêts. Les créanciers ont également accepté de débourser 15 milliards d’euros pour aider la Grèce à rembourser ses arriérés, financer sa dette arrivant à échéance et constituer une réserve de trésorerie de 24 milliards d’euros.

La Grèce n’aura donc pas à rembourser ce qu’elle doit à l’Eurogroupe avant 2032. Cela semble bien. Mais la dette reste – et comme l’a expliqué une étude antérieure sur la Grèce: » Pour parvenir à une dette durable sans allégement de la dette à valeur nominale, … cela impliquerait une forte augmentation de l’exposition totale de la Grèce au secteur officiel européen. » niveaux de fin 2018, soit de 50% ou plus. Cela signifierait également que la Grèce pourrait continuer à rembourser les dettes envers les créanciers officiels européens jusqu’au 22ème siècle. « !

L’autre chose choquante qui a maintenant été admise est que les fonctionnaires du FMI chargés des prêts à la Grèce dans le cadre des programmes de la troïka ont enfreint toutes les règles et procédures du FMI et caché les faits au conseil d’administration du FMI. Cela a été révélé dans un rapport accablant par le Bureau indépendant d’évaluation du FMI (IEO), qui rend compte aux directeurs exécutifs (représentants du gouvernement) à la tête de Christine Lagarde, directrice médicale de la FIOM et de ses fonctionnaires. Dans le cadre des plans de sauvetage de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande, ils ont été autorisés à emprunter plus de 2000% de leur quota alloué au FMI, en violation directe de la limite officielle de 435%.

Cela n’a pas été fait parce que les fonctionnaires du FMI essayaient d’aider ces pays. Non, l’objectif était d’éviter que les banques d’Europe ne fassent faillite à cause de défauts de paiement sur les obligations d’Etat détenues par ces banques. Les banques françaises, allemandes et britanniques avaient acheté des obligations d’État auprès de ces gouvernements en difficulté, car elles «gagnaient» un taux d’intérêt très élevé et pouvaient ainsi réaliser des bénéfices énormes. Toute défaillance aurait pu faire tomber tout le système bancaire européen. Sauver le capitalisme (capital financier) était plus vital pour le FMI, de sorte que le niveau de vie et la vie des Européens devaient souffrir à la place. Comme l’indique le rapport d’évaluation:« Si la prévention de la contagion internationale était une préoccupation essentielle, le coût de sa prévention aurait dû être supporté – du moins en partie – par la communauté internationale en tant que principal bénéficiaire » .

Lorsque la crise de la dette en euros a éclaté, le FMI, la BCE et l’UE ont veillé à ce que les banques récupèrent presque tout leur argent et conservent également leurs bénéfices – donc pas de risque! Entre-temps, les citoyens irlandais, portugais et grec ont dû faire face à des années de sévère austérité pour répondre aux exigences de la troïka – ce que le ministre grec des finances de l’époque, Yanis Varoufakis, a qualifié de « waterboarding fiscal « .

Les Grecs restent toujours avec une dette monstrueuse même si le fardeau du service de cette dette a été réduit. Et il y a encore peu de «marge de manœuvre budgétaire» pour mettre fin à l’austérité, et encore moins l’inverser. Comme je l’ai dit en mai dernier, « l’économie grecque ne devrait pas croître de plus de 2% un an après l’inflation dans un avenir prévisible et le fardeau du financement de la dette atteindrait 15% du PIB chaque année Le capitalisme grec ne peut en aucun cas échapper au spectre de la prison des débiteurs. «

La Grèce a vécu huit années perdues. Depuis 2010, son économie a diminué d’un quart, le revenu disponible de ses citoyens étant d’un tiers. Plus de 300 000 de ces personnes ont émigré; parmi ceux qui restent, le chômage est de 20%. Pavlos Ravanis, président de la chambre de commerce d’Athènes et entrepreneur chevronné, a déclaré: « Parmi les entreprises qui se sont bien comportées avant la crise, environ 20% ont innové avec succès et 40% se débrouillent, le service de la dette mais ne pas gagner de l’argent ». Cela laisse 40 pour cent décrits comme des » zombies « par M. Ravanis. « Ils ne paient pas d’impôts ou ne remplissent pas leurs obligations envers les banques », a-t- il ajouté.« Moins de la moitié [de ces sociétés] peuvent être sauvées, même si un investisseur est arrivé prêt à verser de grosses sommes d’argent. »

Et si la croissance économique grecque chute en dessous de 2% ou que le capitalisme mondial entre dans une nouvelle récession, le fardeau du financement de la dette redeviendra incontrôlable.


https://www.anti-k.org/2018/08/15/greece-on-parole/
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Messagede bipbip » 23 Aoû 2018, 18:09

La politique de la Troïka en Grèce : Voler le peuple grec et donner l’argent aux banques privées, à la BCE, au FMI et aux États dominant la zone euro

Le 20 août 2018, le gouvernement grec d’Alexis Tsipras, le FMI et les dirigeants européens célèbrent la fin du 3e mémorandum. À cette occasion, le message qui est distillé par les grands médias et les gouvernants [1] : la Grèce retrouve sa liberté, l’économie reprend, le chômage baisse, l’Europe a prêté 300 milliards à la Grèce et les Grecs vont devoir commencer à rembourser cette dette en 2022 ou en 2032…

Les principales affirmations sont totalement fausses car la Grèce reste bien sous tutelle des créanciers en général, elle doit, selon les accords que le gouvernement d’Alexis Tsipras a signés, impérativement dégager un surplus budgétaire primaire de 3,5% qui va la contraindre à poursuivre des politiques brutales de réduction de dépenses publiques dans le domaine social et dans l’investissement. Contrairement au message dominant qui laisse entendre ou affirme carrément que la Grèce ne commencera à rembourser la dette que dans le futur, il faut dire clairement que la Grèce rembourse en permanence des montants considérables à la BCE, au FMI, aux créanciers privés, ce qui l’empêche de répondre aux besoins de sa population.

... http://www.cadtm.org/La-politique-de-la ... argent-aux
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Re: Ἑλλάς, Grèce

Messagede bipbip » 25 Aoû 2018, 20:08

La dette grecque reste une poule aux œufs d’or pour les banques centrales européennes et les privés

Des profits sur la Grèce

J’ai perdu beaucoup de plumes dans la crise de la dette depuis 2010. Ce qui ne m’empêchera pas de voler de mes propres ailes dès aujourd’hui. Et les créanciers de faire encore des bénéfices sur mon dos. Je suis, je suis ? La poule aux œufs d’or grecque.

Le pays en convalescence retrouve sa liberté ce lundi. Une liberté conditionnelle. Si la sortie de la tutelle européenne lui permet de se financer seule à nouveau sur les marchés financiers, Athènes reste soumise aux conditions et à l’austérité imposées par Bruxelles.

Remboursés à 100%

Après trois bouées de sauvetage lancées par l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) d’un total de 260 milliards d’euros (295 milliards de francs suisses), la Grèce nage encore dans les dettes (343 milliards d’euros, soit 180% du PIB) qu’elle devra rembourser, tout comme de colossaux intérêts. De nouveaux profits en perspective pour ses créanciers.

A commencer par la Banque centrale européenne, principale bénéficiaire de la crise de la dette grecque. Elle a encore annoncé en février dernier avoir empoché 154 millions d’euros de revenus d’intérêts sur les emprunts grecs. Des cacahuètes comparé aux 7,8 milliards d’euros de bénéfices nets réalisés grâce aux intérêts encaissés de 2012 à 2016 sur les obligations d’État grecques acquises entre 2010 et 2012 dans le cadre du SMP (Securities Market Purchase), un programme de rachat de titres de pays en difficulté de la zone euro. « Ces bénéfices proviennent du différentiel entre les taux des titres grecs à 9% au début et à 6% après 2012 », précise Thanos Contargyris, consultant indépendant, à Athènes.

Sans parler de la juteuse plus-value (7,5 milliards d’euros) obtenue sur la revente d’obligations grecques achetées 42,7 milliards. Le mécanisme ? « Entre fin 2010, 2011 et 2012, la BCE a acheté aux grandes banques privées des titres de la dette publique grecque à en moyenne 70% de leur valeur d’émission », explique Eric Toussaint, coordinateur scientifique de la Commission pour la vérité sur la dette grecque, instituée par la présidente du Parlement grec en 2015. « Seulement, la BCE a exigé que les titres grecs achetés soient remboursés à 100% de leur valeur à leur échéance. Depuis, elle perçoit d’Athènes 100% de la valeur des titres restants. »

Des 35 milliards d’euros de titres souverains grecs acquis jusqu’en 2011, la BCE en détient encore 13. « Elle s’est déjà fait rembourser l’autre partie », explique Eric Toussaint, auteur du Système dette, (Ed. Les Liens qui libèrent). « Elle va encore faire des profits indus sur le reste de cette dette grecque jusqu’en 2037, à l’échéance des derniers titres. »

Selon un accord, l’institution gardienne de l’euro basée à Francfort devait restituer à Athènes les bénéfices réalisés à partir de 2012, en échange des réformes grecques. « Une infime partie a été rendue : 3 milliards en 2014 pour les bénéfices de 2012 et 2013, détaille Thanos Contargyris. L’accord a ensuite été annulé unilatéralement par la BCE, pour sanctionner le gouvernement Syriza en 2015. »

6 milliards jamais rendus

Une politique immorale aux yeux d’Eric Toussaint : « La BCE planque des milliards de bénéfices abusifs dans un fonds spécial du Mécanisme européen de stabilité (MES), déplore-t-il. Ils devraient être rétrocédés dans un fonds de relance économique à la Grèce. » L’Euro-groupe (cénacle des 19 ministres des Finances de la zone euro) a toutefois annoncé en juin dernier qu’il allait réactiver les transferts de bénéfices vers la Grèce, mais seulement pour la période dès 2017. La Grèce ne verra jamais la couleur des bénéfices de 2014 et 2015, soit plus de 6 milliards, ni de 2016.

La BCE a aussi redistribué une partie du pactole aux banques centrales européennes qui ont transféré l’argent aux trésors nationaux. Ce qui s’ajoute aux profits déjà engrangés par les États européens via 50 milliards d’euros de prêts bilatéraux octroyés à la Grèce. « Ils ont bénéficié des taux d’intérêt de 5%, bien au-dessus des taux auxquels ces pays empruntent eux-mêmes », constate Thanos Contargyris. Chantre de l’orthodoxie budgétaire, l’Allemagne a ainsi empoché plus de 1,3 milliard d’euros de bénéfices grâce à son prêt bilatéral.

Mieux, le gouvernement a reconnu en juin dernier avoir encaissé 2,9 milliards d’euros en intérêts sur les obligations grecques depuis 2010. Sans parler des effets indirects : l’Institut Leibnitz de recherche économique (IWH) a calculé en 2015 que Berlin avait réalisé près de 100 milliards d’euros d’économies budgétaires entre 2010 et 2015. Il faut dire que la crise grecque a favorisé la baisse du coût de financement des pays de la zone euro, comme l’Allemagne, actuellement à 0,3% pour les emprunts à dix ans contre 2,7% en 2011.

... http://www.cadtm.org/Des-profits-sur-la-Grece
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Re: Ἑλλάς, Grèce

Messagede Pïérô » 26 Aoû 2018, 12:14

LA CRISE GRECQUE EST ELLE FINIE ? (désintox, été 2018)

20 août 2018 : fin officielle du plan d'aide à la Grèce qui, selon les dirigeants européens et les médias, serait enfin sortie de la crise grâce à la cure d'austérité. Qu'en pensent les premiers concernés ? La crise grecque est-elle vraiment finie ?

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Re: Ἑλλάς, Grèce

Messagede Pïérô » 29 Aoû 2018, 11:34

Le ton monte à Volos : « sortez d’ici, l’eau n’est pas à vendre ! » (vidéo)

Big up à nos camarades de Volos (ville de Thessalie, à mi chemin entre Thessalonique et Athènes) qui ont réussi à chasser les hommes de main du projet de privatisation de l’eau.

LE TON MONTE À VOLOS : « SORTEZ D’ICI, L’EAU N’EST PAS À VENDRE ! »

Cette mafia du business de la misère a complètement été ridiculisée, aujourd’hui encore, à l’intérieur puis à l’extérieur de la mairie où d’autres habitants sont venus prêter main forte aux opposants (une centaine). Au point que les MAT (CRS) envoyés pour s’interposer ont du reculer, eux aussi :



La colère gronde, même dans des villages et des villes éloignés de la capitale, et rien n’est terminé, contrairement à ce que racontent les médias européens.

Nouvel rassemblement contre la privatisation de l’eau à Volos : demain matin à 9 heures, devant la mairie.

Y.Y.

http://blogyy.net/2018/08/27/le-ton-mon ... dre-video/
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Re: Ἑλλάς, Grèce

Messagede Pïérô » 31 Aoû 2018, 11:36

Urgent : solidarité internationale avec le camarade Giorgos Kalaitzidis !

SOLIDARITÉ INTERNATIONALE AVEC LE CAMARADE GIORGOS KALAITZIDIS DU GROUPE ROUVIKONAS, RETRANCHÉ CHEZ LUI ALORS QUE LA POLICE A ENCERCLÉ SON DOMICILE ET TENTÉ DE L’ARRÊTER.

C’EST FINALEMENT UNE FOULE SOLIDAIRE DE CAMARADES D’EXARCHEIA QUI EST VENUE JUSQU’À LUI, IL Y A QUELQUES MINUTES, ET QUI L’A ACCOMPAGNÉ JUSQU’AU CENTRE DU QUARTIER !

MAIS CE N’EST PAS FINI !

Pourquoi ? Parce que le motif de cette descente est une pure invention : Giorgos aurait soit disant été reconnu avant-hier lors de l’attaque du ministère des affaires étrangères par ROUVIKONAS, cette fois en solidarité avec les Palestiniens bombardés.

Impossible, car Giorgos n’y était pas ! Et pour cause : il doit bientôt partir pour l’Italie, puis la France et a donc choisi la prudence ces jours-ci pour assurer ce voyage très attendu ici.

Mais le pouvoir ne l’entend pas de cette oreille : ni Giuseppe Conte ni Emmanuel Macron ne veulent évidemment que se créent des groupes Rouvikonas en Italie et en France, au vu des déboires des gouvernements grecs depuis quatre ans.

Nous allons voir dans les prochaines heures si l’Internationale du Capital va réussir à bloquer notre compagnon de luttes en Grèce et l’empêcher par conséquent de venir nous voir à Milan, Marseille, Toulouse, Bordeaux, sur la ZAD de Notre-Dame des Landes, à Paris puis à Lyon.

Nous allons voir si le pouvoir va aller jusqu’au bout de sa mauvaise foi pour le retenir dans ses griffes.

Nous allons voir si le pouvoir va enfreindre les lois qu’il a lui-même écrites pour interdire à notre camarade de nous rejoindre.

En attendant, c’est à nous de nous faire entendre au plus vite pour lui ouvrir la voie par l’écho de notre stupeur et les mots de notre solidarité.

LIBERTÉ DE CIRCULER POUR GIORGOS KALAITZIDIS !

SOLIDARITÉ AVEC TOUS LES MEMBRES DE ROUVIKONAS !

Yannis Youlountas




http://blogyy.net/2018/08/29/urgent-sol ... laitzidis/
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Re: Ἑλλάς, Grèce

Messagede bipbip » 20 Sep 2018, 21:29

Grèce : Affrontements pour le 5e anniversaire de l’assassinat de Pavlos Fyssas

Des manifestations commémorant hier le 5e anniversaire de l’assassinat de Pavlos Fyssas par les fascistes d’Aube Dorée ont eu lieu dans plusieurs villes de Grèce, et ont débouché sur des affrontements à Athènes et Salonique. Les manifestants ont affrontés la police avec des pierres, des engins pyrotechniques et des cocktails Molotov. Les policiers ont usé de gaz, d’autopompes et de grenades de désencerclement. Deux personnes ont dû être hospitalisées. Des vitrines de banques ont été brisées et taguées, et des poubelles incendiées.

https://secoursrouge.org/Grece-Affronte ... los-Fyssas
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Re: Ἑλλάς, Grèce

Messagede bipbip » 11 Oct 2018, 17:45

Grèce : le virage répressif du gouvernement Syriza

Certain.e.s dans les rangs de la gauche européenne persistent à croire que la situation en Grèce va en s’améliorant, et que le gouvernement Syriza reste une force de gauche qui protège les intérêts des travailleurs et des défavorisés, dans des conditions très difficiles. Parmi eux, Iñigo Errejon, l’un des principaux dirigeants de Podemos, qui a déclaré dans un récent entretien que « compte tenu de ces contraintes, le bilan [de Tsipras] est plutôt satisfaisant ». Pour ceux qui partagent ce point de vue, le tour que prennent les événements apparaîtra comme une mauvaise surprise.

La réalité est que, depuis leur capitulation en juillet 2015 à la Troïka des créanciers de la Grèce (UE, Banque centrale européenne, FMI), Tsipras et son gouvernement ont appliqué de façon inflexible les mêmes politiques néolibérales de choc que tous les gouvernements grecs qui se sont succédé depuis 2010, date du premier Mémorandum signé avec la Troïka. Le gouvernement Syriza a ainsi procédé à une réduction drastique des dépenses publiques, à la poursuite de la déréglementation et à une vague sans précédent de privatisations. Les salaires stagnent au niveau atteint après plusieurs années de chute brutale (-30 % en moyenne), les retraites et des aides sociales de nouveau amputées. L’investissement public (et privé) s’est effondré, tandis que les impôts indirects et directs ont atteint des niveaux sans précédent, frappant impitoyablement les ménages à revenus faibles et moyens.

La seule différence avec les prédécesseurs est que Tsipras et son parti ont été élus en janvier 2015 précisément dans le but de renverser ces politiques. Leur revirement de l’été 2015 – survenu quelques jours seulement après un référendum au cours duquel 61 % des électeurs ont rejeté l’imposition d’un plan d’austérité – fut un choc traumatique pour la société grecque. Au cours des trois années qui ont suivi, le cynisme de Syriza a entraîné une profonde démoralisation qui imprègne tous les domaines de la vie publique. La passivité et le découragement ont été les principaux facteurs qui ont permis la mise en œuvre de nouvelles mesures d’austérité sans rencontrer d’opposition majeure.

Tsipras a de la sorte rendu d’excellents services à la Troïka, qui lui valent de chaleureux compliments de la part des Moscovici, Juncker et de leurs semblables [1]. Mais la poursuite de telles politiques, qui écrasent la majorité de la population, est impossible sans recourir à la répression et à la mise en place d’un cadre coercitif. Les coupes dans les services publics, les baisses de pensions et dépenses sociales, les augmentations d’impôts et la surexploitation des salariés ne peuvent s’appliquer sans mettre au pas les oppositions et intimider celles et ceux qui refusent de se soumettre.

L’expérience de l’Europe occidentale, des États-Unis et de plusieurs autres pays au cours des quatre dernières décennies confirme amplement ce constat. De 2010 à 2015, lorsque les gouvernements successifs du PASOK et de la droite mettaient en œuvre les plans d’austérité, la Grèce a connu une avalanche de mesures répressives. Lentement, sûrement – et inexorablement – le gouvernement d’Alexis Tsipras s’est engagé dans la même voie.

Ce qui a accéléré cette évolution au cours des derniers mois renvoie aux difficultés auxquelles sont confrontées les banques grecques. Si le slogan « aucune maison entre les mains des banques » était naguère scandé dans les meetings de Syriza, c’est désormais un gouvernement Syriza qui réprime celles et ceux qui tentent d’empêcher les ventes aux enchères des logements.

... http://www.cadtm.org/Grece-le-virage-re ... ent-Syriza
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Re: Ἑλλάς, Grèce

Messagede bipbip » 11 Oct 2018, 20:40

Syriza, trois ans seulement, que de reniements !

Avertissement d’incendie pour la gauche de transformation sociale : céder un peu, c’est céder sur tout !
« Iñigo Errejon, l’un des principaux dirigeants de Podemos, a déclaré que « compte tenu de ces contraintes, le bilan [de Tsipras] est plutôt satisfaisant » ». Mélenchon, lui, n’est pas tendre avec Tsipras mais il va mener campagne européenne avec Podemos et, sur les migrant-es, il commence à céder un peu (lire http://npaherault.blogspot.com/2018/09/ ... grant.html ). Beaucoup, à la folie ?

Depuis leur capitulation en juillet 2015 devant la Troïka des créanciers de la Grèce (UE, Banque centrale européenne, FMI), Tsipras et son gouvernement ont appliqué de façon inflexible les mêmes politiques néolibérales de choc que tous les gouvernements grecs qui se sont succédé depuis 2010, date du premier Mémorandum signé avec la Troïka. Le gouvernement Syriza a ainsi procédé à une réduction drastique des dépenses publiques, à la poursuite de la déréglementation et à une vague sans précédent de privatisations. Les salaires stagnent au niveau atteint après plusieurs années de chute sévère, les retraites et des aides sociales de nouveau ont été amputées. L’investissement public (et privé) s’est effondré, tandis que les impôts indirects et directs ont atteint des niveaux sans précédent, frappant impitoyablement les ménages à revenus faibles et moyens. La seule différence avec les prédécesseurs est que Tsipras et son parti ont été élus en janvier 2015 précisément dans le but de renverser ces politiques. […]

Un seuil symbolique dans cette escalade répressive a été franchi le 26 septembre, quand Panagiotis Lafazanis, une figure respectée de la gauche radicale, a reçu une convocation pour répondre à des accusations concernant sa participation à des actions de protestation hebdomadaires contre les saisies et les ventes aux enchères[10].

... https://www.anti-k.org/2018/10/09/grece ... eniements/
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Re: Ἑλλάς, Grèce

Messagede bipbip » 16 Oct 2018, 20:41

En Grèce, 15 ans de prison pour l’autodéfense contre une agression sexuelle

Deux jeunes femmes sont accusées d’ « assassinat en situation calme » et condamnées pour « port d’arme et utilisation de celle-ci ».

Une nuit de juin 2016, deux jeunes femmes de 22 et 17 ans sont assises sur une place publique de Corinthe.
Un homme visiblement ivre les approche en disant : « Je connais ton père, c’est quoi ces habits que tu portes ? Je vais vous niquer ». Avec un mouvement violent, il attrappe les seins de la plus jeune.
Elles essayent de partir mais il les tire par les cheveux. Il fait un mouvement pour sortir quelque chose de sa poche mais la plus âgée a sorti son couteau et le lui a planté dans le torse.
Elles partent en courant, effrayées et jettent le couteau. L’homme de 46 ans a été retrouvé le lendemain, mort et avec un taux d’alcool dans son sang de 22,8%.

Le 27 septembre 2018 a eu lieu le procès. Le tribunal n’a pas reconnu cette action comme une autodéfense. Il ne reconnaît même pas la volonté de viol car les femmes ne présentent pas sur elles de signes de violence physique ou sexuelle.

Encore une fois, la justice se fait le miroir de la minimisation des violences sexistes par la société. Les violences sexuelles ne sont pas séparées des autres oppressions, elles découlent toutes de la structure du système dominant. La justice comme levier majeur de ce système et de son maintien, fait de la discrimination à chaque occasion.

Voici les propos que la procureure a tenus en parlant de l’accusée :

Elle ne peut pas appréhender la valeur de la vie humaine comme nous qui sommes d’un autre niveau d’éducation, elle ne respecte pas la vie devant l’instinct de survie

en concluant que

« la victime (l’homme) repose en paix blanchie de ces accusations »

La femme de 22 ans a pris 15 ans et 4 mois. La plus jeune n’a pas encore eu de procès, du fait de sa minorité.


P.-S.
source :
https://www.kar.org.gr/2018/09/25/katad ... -epithesi/


Image
Plus d’autres mortes, plus d’autres blessées, plus d’autres en prison. Quand tous les jours on a à faire avec la violence sexuelle, notre droit à l’autodéfense par tous les moyens doit être évident. Solidarité avec la femme de 22 ans. Aucune poursuites pour celles qui se défendent.

https://paris-luttes.info/en-grece-15-a ... ur-l-10820
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Re: Ἑλλάς, Grèce

Messagede bipbip » 21 Oct 2018, 17:47

La Grèce et « l’affaire de la Macédoine »: « Nous voulons la paix aux Balkans et la guerre de classe sur l’avenue Patission »

Nous publions ce texte écrit par un camarade à propos du conflit nationaliste actuel autour du nom de la Macédoine. Le texte apporte des éléments historiques essentiels à la compréhension du climat actuel, principalement à Thessalonique. Suivent plusieurs traductions de commmuniqués donnant une idée rétrospective des ripostes antifascistes et anarchistes aux récentes exactions commises par les fascistes grecs.

Quelques notes sur « l’affaire de la Macédoine »

Depuis la dissolution de la Yougoslavie en 1992, les guerres et les déclarations d’indépendance des États yougoslaves (Slovénie, Macédoine, Croatie, Bosnie, Croatie) qui ont suivi, un conflit oppose l’État grec et l’État Macédonien quant au nom officiel de ce dernier. Ce conflit a connu des épisodes importants surtout dans les années années 1990, tant au niveau des organismes internationaux qu’à l’intérieur des sociétés de ces deux pays. « L’affaire de la Macédoine » est un élément clé pour comprendre le nationalismes des deux côtés de la frontière ; pour l’État Macédonien, il s’agit d’une composante centrale de son processus de construction d’une idéologie nationale, indispensable à sa survie comme état-nation récent. Quant à l’État grec, la Macédoine fait partie de l’héritage de la Grèce ancienne ; c’est à ce titre un élément important dans le mythe de la continuité historique entre l’antiquité et la Grèce moderne.

Avant tout il faut dire que les usurpateurs nationalistes de l’histoire ignorent volontairement quelques éléments :

Le slogan nationaliste grec « il n’y a qu’une seule macédoine et elle est grecque » ne rime à rien. Car, déjà géographiquement, le territoire macédonien historique appartient actuellement à 3 états (grec, macédonien, bulgare), et de plus les historiens ne sont d’accord ni sur l’origine de la langue macédonienne, ni sur l’origine ethnique des macédoniens. Certains les considèrent comme « grecs », d’autres comme « semi-grecs », et d’autres comme « barbares ».

Plus récemment, le territoire de la Macédoine était dominé par l’Empire ottoman jusqu’aux guerres balkaniques de 1912-1913. A la fin du 19 siècle, les populations sont administrées par quatre différentes subdivisions administratives, plus connues comme le Vilayet (orthodoxe, juif, arménien, musulman). Ceci étant dit, dans ce territoire il y a plusieurs ethnies et de nombreuses langues parlées ; selon une étude de l’époque à Thessalonique, importante ville commerciale, 40% des habitants étaient juifs, 30% étaient musulmans et 25% orthodoxes. Jusqu’à cette période les gens s’auto-définissaient plus sur la base de leur religion que sur leur appartenance à une nation. Les langues parlées étaient en lien avec la vie économique : les commerçants parlent plus la langue grecque, alors que la langue bulgare et macédonienne est utilisé par les pauvres paysans et tout le monde parle turc du fait de la domination Ottomane. Profitant de l’absence de « conscience nationale », les bourgeois grecs vendent l’idée nationale grecque avec l’aide de l’église qui contrôlait le système éducatif. Ils réussissent à enrôler une large partie de la population macédonienne dans le « combat national ». Autrement dit, les classes bourgeoises de Grèce ont réussi à dominer le territoire macédonien et à helléniser les populations y vivant.

A l’antipode de ces conflits nationalistes nous trouvons :

– l’insurrection de Ilinden ; l’Organisation Révolutionnaire Macédonienne Intérieure (ORMI) est fondée en 1893, elle promet l’autonomie du peuple macédonien et a comme but principal l’annexion d’une grande partie de la Macédoine et de la région de Thrace à l’État Bulgare. Plus tard elle se scinde en deux parties: les Autonomistes (proche des idées socialistes) qui continuent à réclamer l’autonomie de la région et les Unionistes qui défendent l’idée d’une union avec l’État Bulgare. Les combats contre l’ORMI avaient déjà commencé en 1896 et s’intensifient avec l’insurrection d’Ilinden en 1903 lorsque des paysans et ouvriers, surtout slavophones mais aussi grecophones, albanophones et valachophones s’arment et se révoltent contre le pouvoir ottoman. L’insurrection sera vite réprimée par l’armée ottomane multiethnique.

– le mouvement ouvrier au début du 20ème siècle ; A. Benaroya, un jeune juif de Thessalonique, joue un rôle important dans la création du premier mouvement socialiste massif dans la territoire Ottoman. Il s’agit de la Fédération Ouvrière Socialiste de Thessalonique (1908), qui s’adresse à tous les groupes nationaux, édite ses outils de propagande en quatre langues (turque, bulgare, grec, hébreu) et tente de s’opposer aux conflits nationalistes des Balkans.

« L’affaire de la Macédoine » est intrinsèquement liée à la politique des partis communistes de la région : le Parti Communiste Grec (PCG), le Parti Communiste Yougoslave (PCY) et le Parti Communiste Bulgare (PCB). En 1924 est adoptée par le PCG et le PCB la position du Komintern : loin des intérêts des bourgeois de ces deux pays, le peuple macédonien devait lutter pour son indépendance nationale. Selon cette position, l’objectif était une révolution ouvrière et paysanne aux Balkans qui pourrait se réaliser à travers les mouvements de libération nationale qui suivraient le chemin anticapitaliste plutôt que le chemin nationaliste. Une idée qui s’est avérée illusoire… Le territoire de la Macédoine et sa population en constante modification ethnique (échanges des populations entre la Grèce et la Turquie en 1923, hellénisation forcée des populations entre les deux guerres, extermination et déportation des Juifs, occupation de l’armée Bulgare de la Macédoine et persécution des grecophones durant la deuxième guerre mondiale) est devenu un sujet de rupture entre les PCG, PCY et PCB. Ce conflit s’explique également par des points de vue idéologiques divergents, par le conflit entre Staline et Tito et plus globalement par l’incapacité d’aller à l’encontre de l’idéologie nationaliste. Ainsi, la revendication qui concerne l’autonomie de la Macédoine n’est qu’un prétexte aux projets expansionnistes des États Grec, Yougoslave et Bulgare.

La construction des nations dans les Balkans n’ a pas amené automatiquement « une conscience nationale » aux populations ; celles-ci avaient déjà des points en commun comme la langue et/ou la religion. L’élaboration des mythes nationaux en tant qu’outil que chaque État utilisait pour asseoir sa domination visait à la création d’une communauté nationale imaginaire et homogène. Elle provoquait inévitablement la séparation des populations aux territoires mutli-ethniques de l’Empire ottoman.

Les récits relatifs à « l’homogénéité biologique » des nations dans les Balkans viennent des racialistes national-socialistes ou des révisionnistes nationalistes de l’Histoire. En tous cas le processus d’homogénéisation nationale des populations aux Balkans a duré tout le 20ème siècle et dans certains cas il n’est pas encore terminé.

Des nos jours, la résurgence de « l’affaire de la Macédoine » s’explique aussi par la politique de l’Otan dans la région. Celui-ci se présente comme garant de la paix aux Balkans mais en réalité il joue sur les nationalismes des États balkaniques pour maintenir et étendre sa domination.

Jusqu’alors, l’État grec opposait son veto à l’adhésion de l’État de Macédoine à l’Otan et à l’UE à cause du confit sur le nom ; mais il paraît que les intérêts de l’Otan et des capitalistes grecs et macédoniens sont plus importants. Plus particulièrement pour les capitalistes grecs il s’agit d’une occasion pour renforcer leur présence dans tous les Balkans après des années de crise. Nous rappelons qu’en période de guerre aux Balkans, entre 1991 et 2001, l’État Grec a participé activement aux diverses initiatives venant des institutions internationales, économiques et militaires, et qu’en 1999 il a pondu le « Projet Grec pour la restructuration des Balkans » avec pour objectif l’investissement de capitaux grecs en Albanie, Roumanie, Bosnie, Macédoine et Serbie. Le patronat grec assoit ainsi sa domination dans les pays des Balkans en profitant des privatisations massives des années 90, de la main d’œuvre bon marché et du faible taux d’imposition des entreprises. Il est vrai que depuis la crise de 2008 la présence des entreprises grecques est affaiblie, cependant le capital grec se situe encore à la première place des investissements directs dans les pays des Balkans.

En 2017, l’arrivée au pouvoir de la coalition SDSM (social démocratie) et DIU (principal parti Albanais) en République de Macédoine signifie le début des négociations entre les deux États et donc la réapparition de toute cette affaire ; ce processus aboutit à l’accord de Prespes en juin 20181, ratifié par le parlement grec. L’État Macédonien a choisi la tactique du referendum (le 30/09), sauf que la faible participation a rendu le vote invalide et a provoqué une crise politique.

En Grèce, ces négociations ont été le signal du réveil des idées conservatrices et nationalistes et le retour de l’extrême droite, tant dans la rue que sur la « scène politique ». Les fachos ont reçu un coup important de l’État fin 2013 (suite à l’assassinat de P. Fyssas2) avec l’emprisonnement temporaire des leaders de l’Aube Dorée (AD) et le procès contre ce parti, encore en cours. Effectivement entre temps, l’extrême-droite s’est en partie restructurée, aussi en dehors de l’AD, et n’a cessé ses attaques contre les migrants et « l’ennemi intérieur ». Mais globalement leur présence était en recul par rapport aux années 2010-2013.

Le terrain pour le développement du nationalisme était déjà favorable du fait du recul du mouvement révolutionnaire en Grèce et « l’affaire de la Macédoine » leur a donné l’occasion d’apparaître publiquement et sans complexe se positionnant contre l’accord à venir, défendant l’idée « d’une seule Macédoine grecque ». Parmi les actions des nationalistes en lien avec l’affaire de la Macédoine, les plus significatives sont le rassemblement du 21 janvier à Thessalonique, celui du 4 février à Athènes et celui du 8 septembre lors de la venue traditionnelle du premier ministre Tsipras à la Foire Internationale de Thessalonique (DETH). Pendant ces rassemblements ils ont fait des émeutes, agressé des migrants et des militants et attaqué des locaux et squats du mouvement anti-capitaliste et révolutionnaire ; le point culminant était effectivement l’incendie du squat Libertatia3 lors du rassemblement nationaliste de Thessalonique. Depuis cet incendie, nombreuses actions de solidarité avec les camarades occupant cet espace ont eu lieu dans toute la Grèce et actuellement un processus est en cours pour la reconstruction du bâtiment…

L’idée que les citoyens participant aux rassemblements et actions nationalistes ne sont pas tous des fascistes est à la fois vraie et trompeuse. Il est évident que les organisateurs, les symboles, les slogans, les groupes organisés qui s’y investissent ont un caractère clairement nationaliste ; de fait il se positionnent contre « l’ennemi intérieur » ce qui est prouvé par leurs attaques contre des espaces auto-organisés lors des rassemblements nationalistes. De plus à travers ces rassemblements, l’extrême droite s’exprime de façon dynamique dans la rue et mobilise tous les rouages de l’État Profond. La participation des groupes de gauche dans ces rassemblement est relatif à leur obsession politique de former des fronts populaires anti-impérialistes et antigouvernementaux ; dans tous les cas ces groupes seront soit intégrés au milieu de l’extrême droite ou seront dissouts à cause de leurs contradictions. Le soi disant conflit entre patriotisme de gauche et nationalisme de droite cache les passerelles qui les lient : dans les deux cas l’objectif est d’effacer les conflits sociaux et de classe, de lier les gens aux idéologies du pouvoir économique et politique.

Les communiqués traduits des divers groupes antifas à lire ici http://www.19h17.info/2018/10/17/quelqu ... tes-grecs/

Notes:
1http://www.lepoint.fr/monde/signature-d-un-accord-historique-sur-le-nom-de-la-macedoine-17-06-2018-2227860_24.php
2http://lahorde.samizdat.net/2013/09/18/grece-le-rappeur-killah-p-assassine-par-des-neonazis/
3Cf : http://lahorde.samizdat.net/2018/01/23/ ... salonique/


http://www.19h17.info/2018/10/17/grece- ... -patision/
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Re: Ἑλλάς, Grèce

Messagede Pïérô » 28 Oct 2018, 16:15

Grèce : Attaque sur l’ambassade canadienne par des anarchistes de Rouvikonas

Tôt dimanche matin (21 octobre), des membres du groupe anarchiste Rouvikonas ont attaqué l’ambassade canadienne située dans la banlieue nord d’Athènes. Par cette action, Rouvikonas tient à rappeler le support octroyé par le gouvernement canadien à Eldorado Gold, compagnie basée à Vancouver et qui exploite plusieurs projets miniers dans le nord de la Grèce. Projets qui mettent en danger l’eau potable tout en détruisant les forêts et milieux de vie des habitants et habitantes de la péninsule d’Halkidiki. Vidéo de l’action par ici https://www.liveleak.com/view?t=m4Xs_15 ... e2LgCOZ2W0 (la vidéo est à la fin du texte).

... https://ucl-saguenay.blogspot.com/2018/ ... ienne.html
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