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Messagede ivo » 21 Sep 2012, 09:17

Hausse des frais universitaires : les étudiants québécois obtiennent gain de cause
fr info
Les organisations étudiantes crient victoire. Le nouveau gouvernement indépendantiste québécois a abrogé la hausse des frais de scolarité. Le conflit durait depuis plusieurs mois.

La hausse des frais universitaires avait donné lieu à un conflit sans précédent entre l'ancien gouvernement et les étudiants. Des mois de manifestations et de luttes entre les organisations syndicales et le gouvernement libéral de Jean Charest. Ce dernier avait décidé la hausse des frais de 82%. Il avait ensuite fait voter une loi spéciale pour mettre fin aux cortèges et au blocage des cours.

La nouvelle Première ministre québécoise, Pauline Marois a annoncé que son gouvernement indépendantiste entérinait l'annulation de ces deux décisions. Pas une surprise depuis la victoire lors des élections législatives du Parti québécois. En plein "printemps érable", Pauline Marois avait annoncé son intention de revenir sur la hausse des frais de scolarité.

"L'histoire n'est pas terminée"

Ces décisions ont provoqué la joie des organisations étudiantes. "C'est le triomphe de la justice et de l'équité", a réagi en conférence de presse Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).

La question du sous-financement des universités québécoises doit maintenant être débattue lors d'un sommet sur l'enseignement supérieur qui doit se tenir prochainement. "L'histoire n'est pas terminée", affirme Eliane Laberge, qui dirige la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)
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Re: Québec

Messagede ivo » 21 Sep 2012, 11:02

Le Québec contre le nucléaire et le gaz de schiste
http://www.marcelgreen.com/article/lire/3259
Fermeture de la centrale nucléaire locale et moratoire sur les gaz de schiste : des débuts remarqués pour le nouveau gouvernement.

Au Québec, depuis ce mercredi, un nouveau gouvernement a pris ses fonctions. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'a pas attendu longtemps avant d'annoncer ses premières mesures : la fermeture de l'unique centrale nucléaire de la province francophone, et le maintien du moratoire sur l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste.

"Je veux que ce geste devienne un symbole pour le Québec, pour l'environnement et le bien-être des générations futures" a déclaré Mme Marois, qui occupe la fonction de premier Ministre de la province. Une décision bienvenue et courageuse, dans un Canada où l'exploitation industrielle des gaz de schiste et autres sables bitumineux fait régulièrement scandale.
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Messagede ivo » 03 Nov 2012, 10:15

Un leader des manifestations étudiantes au Québec risque la prison
http://www.mediaetudiant.fr/vie-etudian ... -12458.php
L’ancien porte-parole du syndicat étudiant québécois de la Coalition Large pour une Solidarité Syndicale Etudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois, a été reconnu coupable d’outrage au tribunal. MediaEtudiant.fr vous en dit plus.

Il aurait prôné « l’anarchie et la désobéissance civile »


C’est hier après-midi que le juge Jacques, de la Cour Supérieure du Québec, a rendu sa décision. Gabriel Nadeau-Dubois a été reconnu « coupable d’outrage au tribunal » pour avoir, durant les révoltes étudiantes, tenu des propos appelant à passer outre un jugement forçant la reprise des cours. C’est suite à la plainte d’un étudiant en Arts Plastiques, Jean-François Morasse, que cette affaire est passée au judiciaire. Jean-François Morasse accuse Gabriel Nadeau-Dubois d’avoir incité les étudiants à ne pas respecter l’injonction qu’il avait obtenue pour pouvoir assister à ses cours lors du conflit étudiant québécois.

L’ex porte-parole de la CLASSE avait déclaré, le 13 mai dernier, sur l’antenne de la RDI : « C’est tout à fait regrettable qu’il y ait une minorité d’étudiants qui utilisent les tribunaux pour contourner la décision collective qui a été prise. Donc, nous, on trouve ça tout à fait légitime que les gens prennent les moyens nécessaires pour faire respecter le vote de grève ». Ces propos avaient été tenus après que des tribunaux aient passé des injonctions obligeant les étudiants grévistes à ne pas empêcher la tenue des cours et d’autres élèves à s’y rendre. Le juge Denis Jaques affirme que Nadeau-Dubois prône « l’anarchie et la désobéissance civile ».
Il risque 5 000 dollars d’amende ou une peine d’un an de prison

Le juge a donc donné raison à Jean-François Morasse et écrit dans son rapport que « Gabriel Nadeau-Dubois a choisi la voie de l’affront et de l’incitation au non-respect des injonctions » et qu’il s’agit alors d’une « atteinte grave à l’autorité des tribunaux ». Morasse se dit heureux du jugement même s’il regrette avoir dû aller jusqu’aux tribunaux.

Gabriel Nadeau-Dubois risque 5 000 dollars (3 900 euros) d’amende ou d’une peine maximale d’un an de prison. C’est le 9 novembre prochain que les parties seront réunies pour les représentations sur la peine.
Une manifestation de soutien à celui qui fut un des leaders du mouvement étudiant s’est tenue hier soir au centre de Montréal. Elle a rassemblé une centaine de personnes.


Gabriel Nadeau-Dubois lance un appel à tous
http://www.ledevoir.com/societe/educati ... pel-a-tous
Des dons seront recueillis pour assurer sa défense en cour

L’ex-leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois a lancé vendredi un double appel : appel de sa condamnation pour outrage au tribunal et un appel à tous, visant tant ceux qui appuient le mouvement étudiant que ceux qui ne sont pas d’accord. « Je veux me battre jusqu’au bout, je ne veux pas qu’au Québec, en 2012, les gens après mon passage aient peur de dire ce qu’ils pensent par peur d’aller en prison », a dit M. Nadeau-Dubois, en indiquant que c’est là sa principale motivation d’interjeter appel. « Je n’appelle pas seulement à la solidarité de gens qui étaient d’accord avec moi, mais aussi à celle des gens qui n’étaient pas d’accord, mais qui pensent que j’avais le droit de le dire. »


C’est par le site www.appelatous.org que l’ex-porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) entend recueillir des dons pour le soutenir dans des démarches judiciaires. « [Les dépenses] sont difficiles à évaluer, mais ça se compte en dizaine de milliers de dollars », a dit l’étudiant en histoire, en précisant ne pas vouloir vider les coffres des dons déjà amassés pour d’autres poursuites.

Parmi d’autres, très critiques, des témoignages d’appui ont continué de déferler sur les réseaux sociaux et, déjà, certaines organisations ont répondu à l’appel. C’est le cas de Québec solidaire, qui par la voie de sa députée Françoise David, a invité les militants de son parti à participer à cette campagne de contribution publique.

La Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ) a aussi répondu favorablement à cette demande. Le président de la Fédération des enseignants, Mario Beauchemin, a indiqué par voie de communiqué en faire une question de liberté d’expression et de droits démocratiques.

Quel impact ?

Finn Makela, professeur adjoint à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke, est d’avis que cette condamnation pour outrage peut avoir des effets néfastes sur la prise de parole publique, tout dépend de comment elle sera interprétée par la population. Il est d’accord avec la thèse du bouc émissaire, avancée par M. Nadeau-Dubois. « A-t-on voulu en faire un exemple de ce qu’il ne faut pas faire avec la justice ? Absolument. Est-ce que c’est le juge ou la police qui a voulu ça ? Ce n’est pas certain. »

Pour Denis Poitras, qui défend 1200 personnes sur environ 2000 arrêtées lors des manifestations et de piquetage, la condamnation pour outrage au tribunal de M. Nadeau-Dubois n’aura pas d’impact sur ses propres causes. « Ça n’a rien à avoir avec les milliers d’autres constats d’infractions », a-t-il dit, en précisant que la contestation en cours de certaines dispositions de la loi 78 pourrait en avoir bien davantage.

L’avocat de M. Nadeau-Dubois, Giuseppe Sciortino, a semblé plutôt sûr de voir la cause progresser. « Il y a plusieurs motifs, conclusions et commentaires de la part de l’honorable juge Denis Jacques qui sont, à mon avis, manifestement déraisonnables », a-t-il affirmé. Il pourrait œuvrer à démontrer notamment que l’ex-porte-parole de la CLASSE n’était pas au courant de l’injonction visant directement Jean-François Morasse, l’étudiant en arts plastiques à l’origine de cette poursuite pour outrage.

Même si la cause sera portée en appel, les auditions sur les représentations de la sentence pourraient quand même avoir lieu le 9 novembre, étant laissées à la discrétion du juge Denis Jacques. Selon Finn Makela, M. Nadeau-Dubois risque une amende de 5000 $ maximum, puisqu’il est reconnu coupable en vertu de l’article 50 du Code de procédure civile ou d’un an de prison tout au plus. « Il n’est pas un récidiviste, ce serait étonnant qu’il écope d’une peine de prison. »
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Re: Québec

Messagede bipbip » 09 Déc 2012, 02:47

retour sur le mouvement étudiant québécois

Anarkismo.net :
L'histoire du mouvement étudiant québécois et combatif syndicalisme (en) [machine translation]

Image

En Septembre 2012, peu de temps après la fin de la plus grande grève étudiante générale illimitée dans l'histoire du Québec, plusieurs organisations anarchistes de lutte de classes au Canada ainsi que quelques chapitres locaux de l'IWW mis sur pied une tournée à travers le pays, afin que l'histoire et la expériences du mouvement étudiant québécois pour les étudiants et les militants en dehors de la province. Arrêt dans une douzaine de villes de Toronto, en Ontario, à Victoria, en Colombie-Britannique, la tournée a apporté un participant à la grève des étudiants à des auditoires 2012 dans les collèges et les universités, ainsi que des salles de syndicats et de coopératives différentes. L'article qui suit est basé sur cette conférence. Un grand merci à Jonathan de Zabalaza pour l'édition de l'aide !

Le mouvement étudiant au Québec a récemment écrit un chapitre important de son histoire. La grève qui a été lancé en Février 2012, contre la dernière hausse des frais de scolarité universitaire est devenu l'un des plus grands mouvements sociaux à la province, et peut-être même du Canada, des histoires entières.

Bien sûr, l'un des effets secondaires intéressants sur les événements de ces derniers mois a été que les nouvelles de la grève s'est propagé en dehors de la province, et beaucoup d'étudiants et de militants ont pris note.

Nous sommes non seulement heureux que notre lutte a inspiré l'espoir au sein de la gauche sur la capacité des mouvements sociaux à se défendre dans ce contexte difficile où les chefs d'Etat et les entreprises semblent régner sans partage. Mais nous sommes particulièrement heureux de constater le fait que la grève au Québec a suscité des débats à travers les frontières au sujet de tracer la voie à suivre pour le mouvement étudiant.


Naissance et histoire des débuts du mouvement étudiant

La grève au Québec ne s'est pas produit parce que nous "faisons les choses différemment». Il ne s'est pas produit parce qu'il n'y a rien en soi spécifique à la culture francophone. Si nous voulons aider les étudiants et les militants extérieur du Québec tirer des leçons de notre mouvement, nous devons commencer par répondre à la brume de «l'exceptionnalisme du Québec». Une façon de le faire est de parler d'histoire. C'est un point de départ intéressant parce que là, nous avons quelque chose en commun.

Nous sommes tous entourés par l'histoire des rois, des reines, des conquêtes et le sens politique. L'élite de l'histoire. Québec n'est pas différent à cet égard. Histoire du mouvement populaire et la résistance est négligée si elle joue dans le récit nationaliste du discours politique dominant. Ce que le mouvement étudiant québécois ne sont, cependant, est une forte tradition de partage de l'héritage de luttes étudiantes.

La naissance du mouvement étudiant peut faire remonter aux années quarante milieu, pas au Québec, mais en France.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, un certain nombre d'étudiants, dont certains avec des liens vers la résistance anti-fasciste, a cherché à donner une nouvelle orientation à l'organisation étudiante nationale. Les attitudes apolitiques / corporatistes qui prévalent au sein des groupes d'étudiants de l'époque a donné lieu à une relation ambiguë avec l'occupant nazi pendant la guerre et donc comme une réponse, ces étudiants ont la tâche de transformer les associations étudiantes de l'époque dans les syndicats d'étudiants réels, calqué sur les syndicats.

En 1946, l'Union nationale des étudiants de France, l'UNEF ou par son acronyme français, a adopté un texte fondateur: la Charte du syndicalisme étudiant, plus tard connu sous le nom «Charte de Grenoble». Il définit l'étudiant comme un jeune travailleur intellectuel avec les droits et les responsabilités qui en découlent de ce statut particulier.

• Article 4: «. Tant que travailleur, l'étudiant a le droit de travailler et de se reposer dans les meilleures conditions et en toute indépendance matérielle, à la fois personnelle et sociale, garantie par le libre exercice des droits de syndicalistes"
• Article 7: «En tant qu'intellectuel, l'étudiant a la responsabilité - de chercher, de propager et de défendre la vérité qui implique la culture de partage et de faire progresser ainsi que l'élaboration du sens de l'histoire - pour défendre la liberté contre toute oppression, ce qui constitue, pour l' intellectuelle, sa mission la plus sacrée. "

A ses débuts, le syndicalisme étudiant français a décollé vers des problèmes concrets de la décolonisation et la guerre froide. Ceux qui soutiennent les associations d'étudiants apolitiques ont été confrontés.

De retour au Québec, la notion de syndicalisme étudiant n'a pas pris jusqu'à ce début des années soixante. A cette époque, les associations étudiantes de la province étaient encore apolitique et centrée principalement autour de l'organisation de fêtes et de fournir des services aux étudiants. Mais en 1961, les étudiants de l'Université de Montréal, désireux de rompre avec cette tradition, ont écrit leur propre charte des droits et responsabilités des étudiants, inspirés par la Charte de Grenoble.

C'était un nouveau paradigme idéologique. Étudiants, jeunes travailleurs intellectuels, a développé une nouvelle prise de conscience de leur rôle dans la société dans son ensemble. Ils ne se contentent plus de se préoccuper de questions des étudiants. Ils ont commencé à s'impliquer dans les luttes des travailleurs et l'identification à la classe ouvrière. En conséquence, les militants étudiants de plus en plus souscrit à l'idée de construire des syndicats étudiants qui pourrait non seulement fournir des services, mais aussi d'organiser les luttes et ainsi jouer un rôle actif dans la formation de la société.

À l'époque, la société passait par la sécularisation et le système éducatif qui était précédemment sous le contrôle des autorités religieuses est venu dans les mains de l'Etat. Les vieux réflexes autoritaires des administrateurs et des professeurs pesé sur le sentiment des étudiants de nouveau devoir et la responsabilité. Ils voulaient participer aux décisions importantes qui ont affecté leurs institutions. Le mot d'ordre est devenu «pouvoir étudiant».

Un autre facteur important est qu'il n'y avait qu'une seule université francophone à Montréal, l'Université de Montréal. Il était élitiste, cher, et étant perché sur le mont Royal, a été loin de langue française arrondissements de la classe ouvrière dans la ville. Combiné avec le fait que la communauté beaucoup plus petit Anglais a pu compter sur deux prestigieuses universités (Concordia et McGill), le sentiment d'injustice deviendra progressivement plus fort.

Ainsi, autour de cette lutte pour démocratiser l'accès à l'enseignement supérieur, les étudiants regroupés autour de nouveaux syndicats d'étudiants militants et aidé à faire progresser le développement de la tendance syndicaliste. Combiné à un tollé général dans les luttes ouvrières, féministes et nationalistes dans la société, le mouvement étudiant est rapidement devenu une force à compter avec.

En 1964, conscient de la nécessité de coordonner la lutte, conscient de la nécessité de renforcer les outils financiers et organisationnels nécessaires pour maintenir un équilibre permanent du pouvoir vis-à-vis de l'État, les étudiants syndicalistes créé l'Union des étudiants générales du Québec » ou UGEQ par son acronyme français.

Quelques années plus tard, en 1968, comme majeurs de protestation des étudiants enflammé l'Europe, le bouleversement traversé l'Atlantique et atteint Québec. Une énorme vague d'agitation a balayé la province et le mouvement étudiant naissant est intervenu avec la première grève générale illimitée en étudiant l'histoire du Québec. Même si, à la suite de la grève, le gouvernement a créé une nouvelle université francophone en commun à Montréal, UQAM, avec le réseau de l'Université du Québec et un tout nouveau programme d'aide financière aux étudiants, la grève a été perçue comme un échec. Il a été perçue comme un échec simplement parce que le résultat n'est pas venu près des attentes énormes. Même si la révolte réparties entre les pays et a commencé à ressembler à la révolution dans quelques endroits, l'explosion sociale est finalement décédé vers le bas. Ce sentiment, largement partagé parmi les militants étudiants, était sur le point d'avoir des conséquences assez désastreuses. Dans les années suivantes, de nombreuses associations étudiantes locales ont été dissoutes. Le UGEQ, dont la composition a été fondée dans les syndicats étudiants, a également disparu.

Ce n'est pas que les militants étudiants ont été massivement abandonner la lutte, mais parce qu'ils ont vu les syndicats d'étudiants comme trop bureaucratique. Ils ont estimé les syndicats freiné le militantisme étudiant et le potentiel de radicalisation. En démantelant les syndicats d'étudiants et de réorganisation dans les plus petites, des groupes politiques radicaux, ils espéraient être en mesure de construire un véritable mouvement révolutionnaire. Même si ces critiques ne sont pas totalement sans fondement, la décision de tuer les syndicats d'étudiants a été faite imprudemment et sans recul. Sans surprise, la perte des seules structures et des ressources qui pourraient mobiliser un mouvement de masse a conduit à un effondrement de l'ensemble du mouvement étudiant. Comme une conséquence supplémentaire, des pans entiers de la vie étudiante sur le campus, qui ont été construits et sous le contrôle des syndicats d'étudiants, tomba entre les mains des administrations. Évidemment pas tout le monde dans le mouvement étudiant a vu tout cela dans une lumière positive. Il a suscité un grand débat au sein du mouvement étudiant au sujet des formes d'organisation sont nécessaires. Seulement 6 ans plus tard serait le mouvement récupérer.

En 1974, le gouvernement a annoncé son intention d'introduire des tests entrée à l'université pour les étudiants francophones. En réponse, une coordination des syndicats étudiants syndicalistes ont commencé à s'organiser pour une nouvelle grève générale. Mais le gouvernement libéral a voulu éviter toute répétition des événements de 1968, en particulier sur une question qu'il ne considérait pas très important. Des négociations difficiles avec les syndicats du secteur public fait la perspective d'une confrontation avec les étudiants encore moins attrayants. Donc, il se retira tranquillement son projet d'introduire des tests, avant que les élèves ont eu très en avance dans la préparation de la grève.

Depuis le revirement du gouvernement a été annoncé comme temporaire, les étudiants ont décidé d'appuyer sur. Le sentiment d'autonomisation d'une victoire facile a incités à élargir la plate-forme de revendications de la grève à inclure des améliorations au programme d'aide financière aux étudiants. La grève s'est passe avec seulement une poignée de syndicats étudiants, mais il s'est rapidement beaucoup plus grande. Au total, 40 institutions, des cégeps et des universités, ont participé à la grève. Quatre semaines après le début de la lutte, le gouvernement a annoncé une importante série de concessions et la grève a pris fin.

Le succès de cette grève plomb, l'année suivante, en 1975, à la création d'un nouveau permanent, l'échelle du Québec, organisation étudiante syndicaliste: l'Association nationale des étudiants du Québec, ou ANEEQ. Au cours des vingt prochaines années, le débat entre les syndicats et les syndicalistes groupes d'affinité a été mis au repos. Au moment de la mobilisation étudiante importante suivante, en 1978, finit par se ANEEQ pas dans le principal syndicat étudiant, mais en fait, le syndicat étudiant et que littéralement représentant du mouvement étudiant. Plus important encore, cependant, il est resté fidèle à ses origines en participant activement promouvoir et de développer de rang et de fichier de contrôle des syndicats d'étudiants et le militantisme combatif.


L'ère du Parti québécois

Le Parti québécois a remporté les élections en 1976. À l'époque, c'était définitivement un parti progressiste. Le plus important pour le mouvement étudiant, sa plate-forme politique promis d'abolir la dette des étudiants, adopter frais de scolarité et mettre en œuvre un «pré-traitement» du programme. Il n'est pas surprenant: beaucoup de militants et d'activistes ANEEQ, qui ont connu et organisé des grèves en 1968 et 1974, ont participé à la fête. L'élection du PQ le gouvernement a créé une vague d'enthousiasme parmi la gauche toute entière. Sans surprise, cependant, cet enthousiasme fut de courte durée: la plate-forme progessive du parti a été rapidement mis de côté.

En 1978, il ya eu une scission au sein ANEEQ. D'une part, les militants plus radicaux voulaient commencer à organiser une grève générale pour essayer de forcer le PQ dans la mise en œuvre de son propre programme. Alors que de l'autre, vous avez eu des militants fidèles au parti, qui défendait une position beaucoup plus conciliante à l'égard du gouvernement, dans l'espoir de faire des progrès sur les questions par voie de négociation et le dialogue.

Bien que les deux factions étaient à peu près égale en nombre, les radicaux, les étudiants du cégep, la plupart du temps gagné une élection cruciale du leadership. A peine quelques jours plus tard, un seul étudiant rurale Cegep syndicat a lancé une grève générale. Leurs revendications: le PQ plate-forme propre élections sur l'accessibilité à l'enseignement supérieur. La grève progressivement étendu, bien que pas aussi rapide que la précédente. Après environ trois semaines, une trentaine de cégeps et une poignée de facultés universitaires étaient en grève. Comme la mobilisation semblait commencer à s'apaiser, la grande union des étudiants UQAM entrés dans la grève. Encore une fois, le gouvernement a été contraint de faire des concessions lors de la grève. Après deux annonces distinctes d'améliorations à l'aide financière aux étudiants, la grève a pris fin. En tant qu'étudiants commencé à retourner en classe mais ANEEQ a lancé une campagne d'occupations de bureaux de députés. En une seule journée, six bureaux étaient occupés.

Avec les résultats positifs de la troisième grève générale, un sentiment renouvelé d'autonomie a permis de consolider le leadership radicale de ANEEQ. Il est resté comme un symbole de la mobilisation de masse radicalisme et jusqu'à sa fin. Les partisans de la conciliation et de négociation a fini par former leurs propres organisations distinctes.

En 1981, cela s'est passé lorsque RAEU et le FAECQ sont nés. Comme brainchildren de militants péquistes dont le parti a été au pouvoir, les syndicats d'étudiants nouveaux ont été rapidement intégrés dans des appareils de l'Etat. Étonnamment, ils étaient également hostiles à toute forme de mobilisation de masse. Leur cri de ralliement était «la grève, plus jamais!".

Les années 80 a ouvert un sombre chapitre de l'histoire non seulement du mouvement étudiant, mais pour la gauche en général. C'était l'époque de l'après-référendum, crise à l'intérieur du PQ, la pire récession économique depuis la Grande Dépression, la dissolution des groupes révolutionnaires et des batailles difficiles entre le mouvement ouvrier et du PQ René Lévesque gouvernement.

International, Reagan et Thatcher a inauguré le néolibéralisme âge. L'État-providence était en voie de disparition et les politiques de privatisation et les coupes massives dans les dépenses sociales est devenue l'ordre du jour.


Les années quatre-vingt austères et la chute de ANEEQ

Au Québec, le Parti libéral a réussi le PQ en 1985. Sous la pression de son aile jeunesse, cependant, les libéraux ont promis de maintenir le gel des frais de scolarité. Ce changement de régime a de mauvaises nouvelles pour l'RAEU et le FAECQ, dont les corps ont été entièrement contrôlé par les militants péquistes. Les deux organisations ont fini par s'effondrer dans l'insignifiance. L'année suivante, en 1986, le ministre de l'Education a déclaré que le gel des frais de scolarité doit être abandonnée. Il est allé jusqu'à dire qu'il y avait "des étudiants deux fois trop nombreux au Québec».

Quelques mois plus tard, ANEEQ, après une campagne d'assemblées générales et une démonstration 5000-fort sur la colline du Parlement, a lancé une grève générale. Les principales exigences émises par GA et adopté lors d'un congrès des membres ANEEQ et non-membres, devaient forcer le gouvernement à promettre de maintenir le gel, pour sauvegarder l'université des frais accessoires et encore pour améliorer l'aide financière aux étudiants. Juste deux semaines après le début de la grève, dans lequel environ 25 syndicats ont participé, le ministre de l'éducation est sorti avec une promesse de maintenir le gel jusqu'à la prochaine élection et abandonner temporairement les frais afférents à l'UQAM. Sur la question de l'aide financière aux étudiants, il a promis une série de rencontres avec les étudiants, dont les demandes seraient "considérés".

Alors que les syndicats d'étudiants a décidé d'arrêter la grève, au moins temporairement, un certain nombre de professions de bâtiments publics ont été organisés l'année suivante pour maintenir la pression. Les mois passèrent et les réunions de négociation promises par le gouvernement n'a pas donné de résultats pour les élèves. Donc, comme une réponse, ANEEQ lancé un appel à une nouvelle grève générale pour tenter de concrétiser leurs demandes d'améliorations à l'aide financière aux étudiants. Malheureusement, la grève de 1988 étudiants n'a jamais décollé.

Le Parti libéral a continué à être réélu, et en 1990, ils ont annoncé une hausse des frais de scolarité grand frais, les ramenant de 500 $ par année à plus de 1200 $. Dans le même temps, il a donné aux universités le pouvoir d'augmenter ces frais jusqu'à concurrence de 10%.

Une fois de plus, les syndicats d'étudiants ANEEQ a déclenché des plans pour une grève générale. Pendant la campagne de grève, le gouvernement martelé sa justification pour la randonnée en disant que mieux l'aide financière (prêts plus importants disponibles) compenserait les effets de la hausse sur les étudiants les plus démunis. Dans le même temps, le bon étudiant se sont organisés. Un groupe de syndicats d'étudiants du cégep opposé à la grève formé la FECQ et se sont alliés avec un autre récemment formé fédération étudiante à l'université, la FEUQ. Comme les successeurs du pro-PQ, RAEU et FAECQ les deux organisations a favorisé une stratégie de lobbying pour l'essentiel. Leur hostilité à la mobilisation de masse a marqué une nouvelle rupture avec l'héritage du mouvement étudiant du syndicalisme.

Malheureusement, la tentative de 1990 à construire une grève générale des étudiants a été un échec retentissant. Trois ans plus tard, tiré vers le bas par des luttes internes intenses, ANEEQ a été dissoute.

Pour les six prochaines années, FECQ FEUQ et aurait le champ libre au cours du mouvement étudiant, ce qui leur permet amplement de temps et d'espace pour inscrire une tranche non négligeable des syndicats étudiants locaux. L'étudiant a quitté ne se réorganiser autour de l'opposition aux réformes fédérales Axworthy en 1994. Les réformes proposées verrait les transferts aux provinces pour la santé et l'éducation réduit.


Renouvellement du syndicalisme étudiant

Des initiatives communes entre quelques syndicats étudiants locaux (organisation de manifestation, un comité de mobilisation et d'un journal étudiant radical) éventuellement conduire à la formation de la Mouvement pour le droit à l'éducation (Mouvement pour le droit à l'éducation), ou MDE.

En 1996, Pauline Marois, le ministre péquiste l'éducation à l'époque, a annoncé une hausse des frais de scolarité des étudiants universitaires et collégiaux de frais annexes. Le MDE a mené un mouvement de grève générale que les syndicats affiliés à la FECQ et la FEUQ a finalement rejoint. Après environ trois semaines de grève, Marois a annoncé qu'elle abolirait plans pour partir en randonnée les frais, mais avec une prise. Elle mettrait en œuvre un «taxe à l'échec" nouveau sur les étudiants, (une forme de taxation sur les étudiants qui échouent classes) une mesure proposée à elle par la direction de la FECQ! Ce déménagement a été immédiatement considérée comme une trahison par les militants radicaux et de rang et de fichiers qui ont aidé à construire le mouvement qui a arrêté la hausse des frais de scolarité. Beaucoup de gens étaient convaincus que la force de la mobilisation aurait réussi à se débarrasser de la hausse des frais de scolarité, et que le compromis était un geste délibérément décidé d'interrompre la grève rapidement et aider à la FECQ obtenir plus de crédibilité aux yeux de l' gouvernement.

Même si cette victoire aigre-douce consolidé la motivation de l'élève gauche pour garder l'organisation, le MDE a eu un moment difficile échapper à la marginalité et de gagner beaucoup de membres. Il est mort au large en 2000.

Cependant, malgré son adhésion relativement faible, le MDE et laissait vivantes des idées radicales et pratiques. Son existence entière s'est fondé sur la nécessité de se méfier des dirigeants, le rang et de fichier et le syndicalisme d'action directe. Par exemple, dans l'année qui suit la grève de 1996 et l'accord de la FECQ-FEUQ trahison des dirigeants avec le gouvernement péquiste, le MDE continuera d'organiser des manifestations et des occupations, exigeant une augmentation substantielle du salaire minimum, une semaine de travail de 32 heures ainsi que de santé gratuits et de qualité des systèmes d'éducation. En tant que tel, MDE contribué à préserver le syndicalisme combatif et de s'opposer corporatisme lobbyiste FECQ-FEUQ.

La prospective que la FECQ et la FEUQ tient à nouveau dominer la scène et que le mouvement étudiant va progressivement se distancier de son patrimoine comme une force combative et démocratique était trop juste difficile à accepter pour beaucoup de militants impliqués dans la grève de 1996 et l'anti- mouvement de mondialisation au tournant du siècle. Donc, dans l'espoir d'aider le retour mouvement étudiant à son ancienne gloire, en 2001, plusieurs syndicats d'étudiants radicaux historiquement locales ont décidé de s'unir sous la bannière de l'Association pour juin syndicale Solidarité, qui se traduit à peu près à l'Association pour la solidarité entre les syndicats d'étudiants. (Soit dit en passant, l'acronyme, l'ASSÉ, en français, c'est un jeu de mots pour «assez»).

Cette vue d'ensemble de la naissance du mouvement étudiant au Québec, 1968, les premiers syndicats d'étudiants syndicalistes, les batailles des années 70, '80 et '90 devrait donner une idée de là où la grève de 2012 est. À ce stade, il est probablement clair qu'il ya beaucoup plus à l'origine de la grève au Québec que la spontanéité pure.

Par ailleurs, il est intéressant de noter que toute grève des étudiants a été un tournant majeur dans le développement du mouvement étudiant. Après '68 syndicats d'étudiants ont été détruites, celui de '74 a donné lieu à ANEEQ, en 78, nous avons vu une nouvelle faille entre les radicaux et les lobbyistes, après le succès en 86 les lobbyistes ont perdu du terrain, l'échec de '88 ANEEQ divisé et la suite d'une autre grève a échoué dans '90 aidé les fédérations étudiantes lobbyistes s'établir de façon permanente.

Mouvement étudiant du Québec tel qu'il existe aujourd'hui a été essentiellement marquée par la masse, de la politique et syndicaliste collectives de type et d'action.

Et pourtant, le mouvement étudiant n'est pas homogène, loin de là. Cette grève générale majorité du printemps dernier au Québec a donné l'impression d'un front uni des trois principaux syndicats d'étudiants: ASSÉ, FECQ et la FEUQ. Sous le battage médiatique, les relations entre ces organisations est beaucoup plus complexe - et caustique - images que des manifestations étudiantes unitaires conduit sur. Mais ce n'est pas un conflit paroissiale: c'est une question de désaccords fondamentaux sur des éléments des deux pratiques et perspectives politiques.

Avant adressage cet aspect, il est intéressant de regarder de plus près l'histoire de l'ASSÉ. (ASSÉ est le syndicat étudiant l'échelle du Québec qui a créé CLASSE en s'ouvrant aux syndicats non affiliés à se joindre temporairement). Ceux qui ont suivi la grève de plus près savons déjà que ça a été la force principale, le principal protagoniste de cette lutte. Obtenir une compréhension de l'histoire ASSÉ est essentielle pour mieux comprendre les origines de la grève.


Une brève histoire de l'ASSÉ

Sur l'année 2001. La «taxe à l'échec", héritée des rapports de la FECQ durant la grève 1996, prenait son péage sur les étudiants. Une coalition de syndicats indépendants locales d'étudiants formés autour du projet de lancer une campagne pour l'abolition de cette taxe. Ici, quelques choses ont commencé à travailler en faveur de la création d'une union nouvelle syndicaliste étudiant.

Tout d'abord, il est rapidement devenu évident de savoir comment travailler en dehors des structures officielles d'une organisation pesé sur les efforts d'organisation de la campagne. Comment sont les coûts à partager? Comment les ressources de chaque association mis en commun? Qui suivra les progrès général entre les réunions? etc

Deuxièmement, alors que les syndicats étudiants étaient convaincus qu'ils seraient en mesure de susciter un mouvement d'opposition non négligeable (la taxe à l'échec était vraiment détesté), il y avait préoccupation spécifique concernant la FECQ. Comme le groupe qui a décidé de la taxe à l'échec en premier lieu, les syndicats craignent que cela pourrait affecter le mouvement lui-même et l'utiliser pour négocier un autre résultat pourrie contre la volonté du rang et de fichier.

Finalement, ces préoccupations ont été confirmées lors de la FECQ, qui ne participe pas à des mobilisations du tout, négocié «contrats de performance» des étudiants en échange d'un dumping de la taxe à l'échec. En dehors du mouvement étudiant, il y avait le contexte politique plus large. Dans les années 1990 la première moitié de la décennie a été dominée par la question de la souveraineté, qui a précédé le référendum de 1995.

Mais la seconde moitié de cette décennie a vraiment donné le ton. L'obsession du PQ avec déficit zéro a entraîné des réductions de près de 2 milliards de dollars dans la seule éducation. En 2000, lors d'un "Sommet de la jeunesse du Québec», le gouvernement a accepté de ré-injecter des fonds publics dans l'éducation, mais dans des conditions à mettre en œuvre une série de réformes inspirées par néolibérales, politiques de libre marché. Il a été baptisé «plan Legault» après ministre du PQ de l'éducation.

Au niveau mondial, les négociations par les Etats pour une multitude d'accords commerciaux internationaux sur les capitaux et les services souligné une nouvelle ère de la mondialisation du capitalisme. Rapports et enquêtes sur ces négociations ont montré à quel point les États occidentaux étaient prêts à aller à l'autonomisation du capital contre les personnes. Dans le même temps, le sommet de l'OMC à Seattle a révélé l'ampleur de la résistance populaire.

Des événements similaires qui s'est passé à Washington, Gênes et la ville de Québec lors du Sommet des Amériques en 2001. ASSE premiers activistes ont été plongés dans le mouvement anti-mondialisation. Dans les premiers mois de l'ASSÉ, il a rebaptisé sa campagne contre le «plan Legault» comme une «campagne contre le pilotage de l'éducation par les lois du marché». Ce faisant, il manifeste un rejet de la conception étroite et parcellaire des politiques éducatives de l'État. Au lieu de cela en mettant en évidence le rôle de "lois du marché", il a cherché à lier les différentes réformes mises en œuvre dans les cégeps et universités et il a également lié ces changements à la dynamique des accords commerciaux internationaux et de la mondialisation capitaliste.

Même si c'était le départ pour un bon début, la campagne s'est essoufflée. A ce stade, l'ASSÉ était assez petite et n'avait qu'une douzaine de syndicats affiliés. Il a ensuite décidé de se concentrer sur l'opposition à l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). La campagne se sont ralliés aux étudiants partout dans le mouvement étudiant. Comme il l'a fait, il a forcé les fédérations, FECQ FEUQ et de répondre à leur propre campagne environnante ALENA. Mais ils ne pouvaient se résoudre à obtenir avec un radical anti-ALENA ordre du jour, donc ils se sont installés sur une demande corporatiste et responsable du «Non à l'inclusion de l'éducation dans l'ALENA".

Lors d'une réunion importante des syndicats étudiants locaux de tous les affiliations, seule une infime partie a décidé de suivre la campagne des fédérations étudiantes »alors que la grande majorité se sont ralliés à l'ASSÉ et un rejet clair de l'ALENA. Le 31 Octobre 2002, 10 000 personnes ont participé à un mars de Montréal contre l'ALENA.

Dans les premières années d'existence de l'ASSÉ, ses luttes étaient sur la dynamique globale sur laquelle le mouvement étudiant avait très peu de grappin. La lutte contre l'ALENA n'était pas en mesure de susciter une mobilisation en dehors du mouvement étudiant. Alors que le mouvement anti-guerre contre 2003 l'intervention en Irak a eu un caractère populaire depuis sa création, les syndicats étudiants ne sont pas en mesure de souligner les objectifs politiques spécifiques qu'elle pourrait œuvrer en faveur. Quand il a abordé le phénomène du «pilotage de l'éducation par les lois du marché», il faisait campagne contre rien de moins que la vaste restructuration néolibérale de l'éducation, qui, dans le même temps, devenait rapidement une réalité.

Néanmoins, l'ASSÉ était encore capable de construire sa base de soutien parmi les étudiants. Dans le cadre de la vaste opposition à des sommets internationaux (ALENA, OMC, G8, G20 ...), le corps étudiant a répondu avec enthousiasme aux appels à la mobilisation. Grâce à l'expérience de ces premières luttes, les militants ASSE ont pu développer une vision politique ouvert et une meilleure
compréhension des questions.

Un nouveau cadre de pensée fait son chemin dans le mouvement étudiant: les racines de nos jour le jour les problèmes, y compris dans l'éducation, n'a pu être trouvée dans l'économie internationale - et plus particulièrement dans la relation qui monte entre les populations humaines et des capitaux. En 2003, toutefois, l'accent est passé de l'international au local avec l'élection d'un nouveau gouvernement libéral et de ses plans pour la «réingénierie État». Ce fut un choc pour les groupes syndicaux et communautaires utilisées pour l'approche en douceur du PQ de la concertation. Les libéraux n'ont pas perdu de temps dans la mise en œuvre des réformes anti-sociales, y compris dans l'éducation. ASSÉ a lancé un appel à la grève générale en 2003 contre une hausse des frais accessoires, mais il n'a pas réussi à obtenir plus de quelques syndicats à bord.

Les leçons tirées de cette campagne est bien pratique quand l'année suivante, en 2004, le gouvernement a annoncé une réforme de l'aide financière aux étudiants, la conversion de 103 millions de dollars de bourses en prêts. ASSÉ a réagi en organisant une large consultation des assemblées générales des étudiants dans le but de construire une plate-forme de revendications et de commencer à construire l'élan vers une action de grève.

Tours de cégeps et d'universités ont été organisés, ainsi que la distribution massive de matériel appelant à la grève, des manifestations et même des occupations de bureaux de députés. Parce qu'il était conscient qu'un mouvement de grève réussie devrait nécessairement inclure d'autres syndicats étudiants non affiliés, l'ASSÉ a commencé à planifier une coalition grève étudiante. Les fédérations étudiantes, FECQ FEUQ, et a adopté une attitude attentiste et voir l'approche de la grève. Alors que les militants ASSE étaient occupés à travailler à mobiliser les étudiants sur les campus à travers la province, FECQ FEUQ et se sont contentés de "représentant" les intérêts des étudiants lors des réunions du Parti libéral et du "Sommet des générations» orchestrée par le gouvernement.

Pour ajouter l'insulte à l'injure, le jour de la grève générale a été lancé en Février 2005, ils sont allés au dossier en déclarant que ce n'était pas le moment approprié pour la mobilisation des étudiants et qu'ils n'avaient pas l'intention de se joindre à la grève. En fait, depuis le ministre de l'éducation avait été remplacé quelques semaines plus tôt, ils ont voulu «lui donner une chance".

Eh bien, le mouvement étudiant n'était pas d'accord. Dans les deux semaines plus de 70 000 étudiants étaient en grève au Québec, y compris certains syndicats étudiants affiliés à la FECQ FEUQ et. Les deux fédérations ont été forcés de participer à la grève ou le risque ayant des problèmes graves de représentation ...

C'est volte-face s'est avéré être une bénédiction mitigée. Alors que la grève poursuit son expansion dans les semaines suivantes, la question des négociations a été soulevée. Après une réunion de l'ASSÉ coalition négociations comité de grève, le ministre de l'Education a déclaré qu'il ne poursuivrait pas la poursuite des négociations avec le groupe d'étudiants devant elle renonçait à la «violence».

Bien sûr, ce qu'il voulait que les syndicats d'étudiants à renoncer à la profession était en fait des bureaux, des manifestations tapageuses et les blocages. En d'autres termes, les seuls outils à la disposition des étudiants effectivement perturber le statu quo et forcer le gouvernement à négocier. La question était de créer beaucoup de débats parmi les assemblées générales et les réunions de la coalition grève, mais à la fin, en partie à cause de l'implication des anarchistes et d'autres militants étudiants radicaux, la coalition a maintenu son engagement au militantisme combatif.

Les fédérations étudiantes, d'autre part, immédiatement renoncé à la violence et a entamé des négociations avec le gouvernement fermées. A cette époque, la coalition grève ont représenté environ un tiers de la circulation, mais aussi les plus longues syndicats en grève, de sorte que le mouvement a suscité beaucoup de mécontentement, même parmi les rang et de fichier des fédérations étudiantes, dont certains lancé un appel à leurs dirigeants à cesser de négocier en l'absence de délégués de la coalition grève.

Cinq semaines après la grève, les dirigeants de la FECQ FEUQ et annoncé un accord pour mettre fin au conflit. Cet accord serait de voir les coupes inversées, mais en partie seulement depuis quelques années, avec la totalité du montant réinvesti plus tard. En sapant l'unité et la détermination du mouvement, le mouvement a réussi à mettre un terme à la grève, les syndicats les plus résistants se terminant à la grève après la septième semaine. Dans une grande partie en raison de l'insistance de l'ASSÉ, cependant, que dans l'intérêt du maintien d'un contrôle démocratique du mouvement, tous les résultats des négociations soient mis aux voix, un grand nombre d'assemblées générales ont rejeté l'accord, tout en votant en même temps fin à la grève.

Il y avait beaucoup de colère à FECQ FEUQ et dirigeants pendant et après la grève. Un grand nombre d'étudiants de tous les coins du mouvement étudiant ont estimé qu'ils gaspillé plus grande mobilisation du mouvement jamais. Non seulement cela, mais la lutte a fait le clivage politique entre les deux pôles du mouvement évident.

FEUQ finalement payé un prix élevé. Entre 2005 et 2007, trois syndicats du campus importantes quitté la fédération, y compris le syndicat étudiant de premier cycle de McGill énorme. Comme c'est souvent le cas lorsque des chapitres de lutte arrivera à son terme, la grève 2005 a laissé des sentiments mitigés de la victoire et la défaite. Victoire, pour sa part, en raison de la grève qui s'est passé, parce qu'il a grandi dans la plus grande grève étudiante de l'histoire et parce que sa puissance était suffisante pour forcer le gouvernement à faire une concession, si minime. Mais la défaite aussi, parce que la coalition grève construit autour de l'ASSÉ n'était pas assez forte pour empêcher FECQ FEUQ et de s'approprier le mouvement et le gaspillage de la mobilisation en échange de concessions minuscules.

Même si les libéraux ont accepté à réinvestir une certaine quantité dans l'aide financière, la prochaine étape pourrait pas être plus clair: une hausse des frais de scolarité à l'université. Ils n'ont pas attendu cinq ans, jusqu'en 2012, pour le faire, si ... Ils ont abandonné l'annonce officielle en 2007: une hausse de 30%, étalée sur cinq ans, avec une hausse plus loin sur la route en 2012.

Malheureusement, 2007 a été un chapitre beaucoup moins glorieux que 2005. ASSÉ a pris une position audacieuse de lancer une grève générale à la demande principale de la scolarité gratuite, rien de moins. Pas plus que juste une poignée de syndicats d'étudiants a obtenu un mandat de grève. Le fait de ne pas bloquer la hausse en 2007 a été un coup dur, mais comme le mouvement étudiant au Québec a montré, il possède une capacité à évoluer, d'apprendre de ses erreurs et faire mieux.

Beaucoup de choses différentes ont été soulignés comme ayant contribué à l'échec. Bad dynamique interne de l'ASSÉ, pas assez de mobilisation fait sur les campus, le matériel n'ayant pas été assez solide ... L'élément le plus significatif cependant, aurait pu être un mauvais calcul politique d'avoir appelé à la grève générale des étudiants sur la base des frais de scolarité. D'une certaine manière c'était une pause nous ne pouvons pas m'empêcher de remarquer que les luttes les plus importantes et les plus réussies ont été donnés des ensembles de buts réalistes et immédiates. En 68, vous aviez la demande de la démocratisation de l'enseignement supérieur, dans les années 70 et 80 étudiants se sont battus pour une aide financière adéquate et contre les hausses des frais de scolarité, etc. C'est grâce à ce genre d'objectifs que le mouvement est capable de mobiliser et de grandir.

Une partie du succès du mouvement étudiant au Québec est basé sur une capacité à communiquer avec les préoccupations des étudiants réguliers, de parler de leur journée à l'expérience quotidienne, alors que dans le même temps être capable d'articuler tout cela à une politique plus large analyse qui cherche à résoudre les problèmes à leur racine.


Les syndicats étudiants sont pertinentes

Tout au long de l'histoire du mouvement étudiant au Québec, la tendance syndicaliste soutient que les élèves ont besoin de se syndiquer. C'était vrai à l'époque, et c'est encore vrai aujourd'hui.

Pour sûr, les étudiants ne forment pas une classe homogène de la même manière les travailleurs font. Dans tous les campus donné, les élèves ayant un fond très riche peut côtoyer d'autres personnes qui peuvent à peine joindre les deux bouts. Mais en dépit de différents milieux socio-économiques, les étudiants ne forment une communauté et ils ont un certain ensemble d'intérêts communs, indépendamment de leurs opinions politiques, philosophiques ou religieuses.

Principalement, il ya la question de l'accessibilité à l'éducation. Avec les frais de scolarité en constante augmentation, les étudiants étant poussé plus profondément dans la dette, étant forcé dans des emplois précaires pour survivre, le rêve de l'enseignement supérieur est en train de devenir un cauchemar. L'écart entre le mythe de l'égalité des chances et la réalité de ce mensonge devient plus profond. Il ya aussi les questions de la qualité de l'éducation, en termes de ratio élève-enseignant, par exemple. Accès à l'équipement approprié étude: les bonnes librairies, espace d'étude, etc

Il est également préoccupé par l'influence des entreprises sur le contenu des cours et la façon dont les programmes sont structurés, pour ne pas mentionner l'orientation des recherches de plus en plus vers les besoins des grandes entreprises alors que la recherche fondamentale (qui ne dessert pas les profits de l'industrie) est progressivement abandonné. Ce sont toutes des questions qui peuvent cimenter soutien pour les syndicats d'étudiants.

Dans le même temps, beaucoup d'étudiants sont vraiment très impliqué dans différents types de groupes sur les campus publics tels que les groupes de recherche d'intérêt. Ils font beaucoup de travail dur et ils abordent les questions importantes. Mais ce genre d'organisation n'est pas un substitut pour les syndicats d'étudiants. Les groupes politiques seuls ne peuvent pas espérer bâtir un mouvement de même nature que nous avons vu au Québec parce que leur but est tout simplement de ne pas construire l'unité entre les étudiants.


Combatif syndicalisme

Maintenant, bien sûr la plupart des campus ces jours-ci ont déjà une certaine sorte de structure de dirigée par des étudiants. Alors, évidemment, ce n'est pas suffisant pour les élèves à s'organiser en syndicats. Il existe différents types d'unions et il ya unionisms différents aussi.

Le succès de la grève étudiante est un produit d'un certain type de syndicalisme que l'on appelle «combatif syndicalisme». Dans le contexte du Québec, ce n'est pas quelque chose d'imaginé ou rêvé par des universitaires par des étudiants de relations industrielles. Combatif syndicalisme est la stratégie explicite, et un ensemble de pratiques, promu par la tendance syndicaliste dans le mouvement étudiant. En un mot, il appelle à la démocratie, les syndicats combatifs et autonome. C'est ce qui est fait de CLASSE.


Démocratie

Tout d'abord, le syndicalisme combatif dit un syndicat devrait être géré par ses membres, par ses membres, et la seule façon de le faire est de pratiquer la démocratie directe. C'est un rejet clair de la démocratie représentative. Lorsque des désaccords et des luttes sont médiés par des dirigeants qui peuvent agir sans le soutien de la base ou de la consultation, c'est inévitablement les intérêts des autorités qui sont servis, et non les membres.

L'outil fondamental de la démocratie directe est l'assemblée générale. Ce n'est que dans les assemblées générales tout le monde peut exprimer ses idées sur un pied d'égalité, et où ces voix peuvent produire des décisions collectives qui sont ensuite contraignants pour l'ensemble du syndicat. Ces réunions sont importantes car elles permettent aux élèves de s'engager mutuellement et développer les capacités de réflexion et d'esprit critique.

Le pouvoir des conseils d'administration est expressément limitée à la mise en œuvre des décisions des assemblées et l'exécution des opérations au jour le jour de l'union. Les syndicats qui pratique le syndicalisme combatif aussi un minimum de bureaucratie. Employés rémunérés ne sont pas un substitut à la participation anémique dans les structures de l'union et au lieu de régler le problème, il ne fait que rendre permanente (ASSÉ a toujours eu un employé). Relations avec les administrations ou les autorités supérieures ne se fonde pas sur le pouvoir de représentation, mais sur la délégation. Les délégués ont un mandat clair des positions à défendre et n'ont pas le pouvoir d'accepter tout compromis.

L'information est également essentielle pour une démocratie saine, si les syndicats combatifs compter sur les médias alternatifs et autonomes pour informer leurs membres. Que ce soit à travers ses affiches, tracts ou des journaux, un syndicat combatif va utiliser les moyens à sa disposition pour faire de nouvelles pertinentes à la disposition des étudiants et les utiliser comme des occasions d'interagir directement avec eux et de les faire participer. Dans la même veine, la même transparence, à tous les niveaux de l'organisation est aussi réel que possible.


Combativité

L'idée de base combative deuxième syndicalisme, est, ainsi, la combativité. Ses tactiques militantes découlent d'une compréhension que, contrairement à ce que l'idéologie dominante qui nous fait penser, l'Etat n'est pas une institution neutre où tous les secteurs de la société ont un statut égal. En réalité, l'État est un outil dans les mains des intérêts privés et complètement soumis par le pouvoir de la finance. En conséquence, nous ne pouvons jamais espérer faire honte ou de convaincre le gouvernement d'accepter la demande des étudiants.

C'est pourquoi le syndicalisme combatif, grâce à la mobilisation de masse et la force du nombre, cherche à se construire comme une permanente contre-pouvoir qui peut forcer la satisfaction de la demande des étudiants.

Le type de tactiques qu'il met en avant sont le reflet des syndicats eux-mêmes: par leurs membres et de leurs membres. En d'autres termes, l'action directe.

Nous devons rejeter l'idée que l'action directe est nécessairement violent ou destructeur. À la base, l'action directe est sur le rang et de fichier étant à la pointe de tous les aspects, et non des représentants ou des politiciens. Dans l'esprit de combativité syndicalisme, cependant, des actions directes doivent aussi être des actions de masse. La seule façon de le faire est de prendre en compte l'état général de conscience parmi les membres des syndicats et de leur engagement dans le mouvement. En ce sens, les assemblées générales doivent avoir le plus grand rôle dans le débat et l'orientation tactique.

Combatif syndicalisme est aussi un refus de confiner les méthodes de protestation aux limites de la légalité. Cela découle de ses idées sur la nature de l'État. Si l'État est un instrument entre les mains de quelques-uns, il est logique que les lois de l'État sont également conçus pour les protéger. Mais il ne fait pas l'illégalité en dogme soit, mais seulement que les différents types d'actions disponibles à la circulation doivent être jugés en fonction de leur mérite propre et de leur utilité pour la cause, pas si oui ou non ils sont sanctionnés par le système juridique. En conséquence de tout cela, un mouvement basé sur le syndicalisme combatif sera allier les deux méthodes courantes de protestation comme des rassemblements, des marches et des grèves, des actions plus vigoureuses comme les professions et les blocages.


Autonomie

L'idée de base du tiers de syndicalisme combatif sur l'autonomie.

Dans l'intérêt de la prévention de l'aliénation de sa propre organisation par et pour ses membres, les syndicats combatifs nécessité de promouvoir et de concrétiser leur autonomie à l'égard des groupes étatiques et politiques. Autonomie par rapport aux structures de l'Etat parce que les étudiants n'ont pas à gagner quelque chose de significatif en participant, en particulier lorsque la nature de leurs demandes à l'encontre des intérêts qui contrôlent l'État.

Cela se traduit aussi un rejet de la participation aux sommets et aux consultations, notamment parce que ces événements sont toujours utilisés pour légitimer les décisions futures du gouvernement qui vont à l'encontre de la politique du mouvement étudiant.

Autonomie aussi en ce qui concerne les groupes politiques et les partis politiques. Tout parti politique qui comprend aussi une partie de ses besoins de certains programmes du mouvement étudiant, une fois au pouvoir aurait inévitablement faire face à une politique de compromis qui sont souvent caractéristique du régime parlementaire. En tant que tel, la position politique d'un parti issu de revendications du mouvement étudiant est toujours sujette à être abandonnée au nom du réalisme politique. Un certain nombre d'exemples historiques le confirment.


Féminisme

Ce sont les trois idées fondamentales de combativité syndicalisme, qui ont fait partie du mouvement étudiant depuis le tout début.

Nous espérons, à travers les décennies, ces idées ont été enrichies et l'un des moyens est qu'ils ont été par l'incorporation de la pensée féministe et les pratiques.

Il est souvent évident, que ce soit dans des groupes radicaux ou des organisations de masse telles que les syndicats, que les voix des femmes ne sont pas entendue autant qu'à celle des hommes ou que plus d'hommes ont tendance à s'impliquer de manière à les amener sous le feu des projecteurs, tandis que la participation des femmes est souvent beaucoup plus invisible.

Féministes militantes du mouvement étudiant ont travaillé sans relâche au fil des ans, souvent l'objet de critiques beaucoup de leurs camarades hommes, d'intégrer l'analyse féministe des questions liées aux étudiants et à institutionnaliser les pratiques féministes dans le mouvement.

Aujourd'hui, ce travail est le plus visible, par exemple, par l'existence de comités de femmes dans l'ASSÉ et certains syndicats étudiants, la règle commune de l'alternance entre les femmes et les haut-parleurs des hommes dans tous les types de réunions, ainsi que l'intégration d'une équipe de contrôle de Vibe " "que garder un œil sur les tensions et les hostilités et appeler les participants quand ils utilisent un langage stéréotypé.


Conclusion

De toute évidence, malgré les meilleurs efforts de mes synthèse, des progrès restent à dire sur les questions soulevées dans cet article.

Beaucoup de périodes importantes de l'histoire du mouvement étudiant, comme l'année 1982, lorsque les syndicats ont riposté contre legalislation encadrant les syndicats d'étudiants, sont pertinents pour comprendre les défis auxquels font face les syndicats d'étudiants aujourd'hui.

Cette histoire de la grève de 2012 elle-même, qui n'est pas adressée à tous, reste aussi à écrire.

Et enfin, beaucoup plus peut être dit sur les principes et les au jour le jour les pratiques de syndicalisme combatif dans les syndicats d'étudiants du Québec. Bien que ces ont été adressées lors de la tournée de conférences avec le public, cette partie essentielle est absente de la trace écrite.

Mon espoir est que d'un site web à venir, qui je travaille sur le long avec plusieurs camarades de la grève des étudiants 2012, intitulé «Comment nous avons gagné la lutte des frais de scolarité», sera adress ces aspects de manière plus satisfaisante. Restez à l'écoute, il sera officiellement annoncé dans la section commentaire de cet article bientôt !


Sources

Benoit Lacoursière, Le Mouvement étudiant au Québec de 1983 à 2006, Montréal, Sabotart Éd., Coll. «Mémoire & Luttes», 2007, 179 p. (Lien)
Jean-Philippe Warren, Une douce anarchie - Les années 68 au Québec, Montréal, Boréal, 2008, 311 p. (Lien)
Pierre Bélanger, Le mouvement étudiant québécois: fils dépassé, APPR SES et SES Luttes, Montréal, ANEQ, 1984
Benoit Marsan, le syndicalisme étudiant Pourquoi? (Lien)
Recueil de textes sur l'histoire du mouvement étudiant (lien)
Le syndicalisme étudiant de combat (lien)

Cette visite conférence a été rendue possible par le travail de:
* Lutte Praire
* Common Cause
Union communiste libertaire *
Edmonton IWW

* Groupes membres Anarkismo
http://www.ainfos.ca/fr/ainfos09673.html

Article original : http://www.anarkismo.net/article/24361
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Re: Québec

Messagede ivo » 07 Mar 2013, 09:55

Un nouveau "printemps érable" ?
http://www.courrierinternational.com/br ... mps-erable
De nouvelles manifestations ont eu lieu à Montréal, donnant à la ville des airs du printemps 2012. A la suite du Sommet sur l’enseignement supérieur, qui a eu lieu les 25 et 26 février dernier, le gouvernement Marois a annoncé une indexation des droits de scolarité à hauteur de 3 %, ce qui équivaut à environ 70 dollars canadiens de hausse par an. Cette hausse doit être compensée par une aide financière accrue et une hausse du crédit d'impôt pour les droits de scolarité.

Cette nouvelle n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Le jour de l’annonce, plus de 5 000 étudiants ont manifesté dans les rues de Montréal pour dénoncer l’indexation des droits de scolarité. Quelques semaines plus tard, ce sont plus de 2 000 manifestants qui ont parcouru les rues de Montréal. Des infractions ont été commises lors de la manifestation, qui a été déclarée illégale dès son départ.

Un nouveau printemps mouvementé dans la Belle Province ? "Ça serait une bonne idée de repartir en grève, mais le mouvement s'est essoufflé. On a été écorchés par la police, les médias. Mais nous n'avons plus la masse. C'est dommage, on n'a pas fait six mois de grève pour ça", a affirmé une étudiante de Saint-Jean-sur-Richelieu au journal La Presse. Tout compte fait, la Première ministre du Québec, Pauline Marois, réitère les mêmes paroles : "La crise est derrière nous !"
.^o GRAVOS MC ° SC1 ° SC2
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Re: Québec

Messagede Pïérô » 12 Juil 2013, 01:14

Dossier sur le Lock-out des employé-e-s de garage du Saguenay-Lac Saint-Jean
sur le blog du collectif Emma Goldman UCL du Saguenay

Cause Commune express Édition spéciale Lock-out des employé-e-s de garage du Saguenay-Lac Saint-Jean
http://ucl-saguenay.blogspot.ca/2013/07 ... ciale.html

Photo-reportage : Manifestation des employé-e-s de garage en lock-out
. http://ucl-saguenay.blogspot.ca/2013/07 ... n-des.html
. http://ucl-saguenay.blogspot.ca/2013/07 ... des_7.html

Mémoire de la lutte syndicale
http://ucl-saguenay.blogspot.ca/2013/07 ... e-que.html
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Re: Québec

Messagede altersocial » 17 Aoû 2013, 10:43

Carré rouge sur fond noir : dans les coulisses de la CLASSE

Assemblées générales, votes de grève, désaffiliations, manifestations nocturnes, point de presse par dizaines : un déjà-vu? Deux cinéastes présenteront ce mois-ci Carré rouge sur fond noir, un documentaire sur le conflit étudiant de 2012 qui révélera au grand jour les dessous de la CLASSE.

Retour dans le passé : janvier 2012. Hugo Samson, 21 ans, et Santiago Bertolino, 34 ans, deux colocataires et amis de longue date, anticipent le début d’une grève générale illimitée. Cinéastes de formation, ils décident de plancher sur un scénario de documentaire sur la démocratie étudiante.

Hugo et Santiago ne se doutaient absolument pas de la charge du travail qu’ils acceptaient. «Au début, il y avait un peu plus de prétention dans notre approche, ont expliqué Hugo Samson et Santiago Bertolino, sur une terrasse d’un café du boulevard Saint-Laurent. On savait qu’une grève s’en venait, la mobilisation commençait à peine. On a vu le crescendo venir.»

Au mois de février, devant l’ampleur inattendue du conflit, les deux documentaristes approchent la boîte Productions Multi-Monde et proposent une immersion dans le mode de fonctionnement des associations étudiantes, particulièrement celle de la CLASSE (aujourd’hui l’ASSÉ).

Carré rouge sur fond noir suit le quotidien de plusieurs militants et des co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds. Le téléspectateur découvrira des images «exclusives», promettent Hugo et Santiago.

En effet, ils ont un accès privilégié à l’envers du décor, levant le voile sur certaines pratiques de la CLASSE, jugées controversées. Réunions de l’exécutif, coulisses des congrès, adoption des stratégies médiatiques : on présente la CLASSE comme on ne l’a jamais vue.

«Les médias critiquaient beaucoup la démocratie directe de la CLASSE, le fait que Gabriel ne prenait aucune décision lui-même et qu’il était toujours redevable des assemblées générales, ont précisé les deux réalisateurs. Notre film montre l’utilité et les bienfaits de cette démocratie directe, parce que oui, les décisions se prenaient avec plus de temps, mais les membres arrivaient à un consensus que la majorité d’entre eux acceptait.»

Gagner la confiance du mouvement

L’accès aux coulisses n’a pas été facile à obtenir. «Le but était d’établir des liens de confiance avec les personnages, s’est remémoré Santiago Bertolino. Pour avoir leur confiance, on participait au plus de manifestations possible. Je pense qu’ils ont réalisé que notre film allait être diffusé seulement un an plus tard, qu’on n’influencerait pas le cours des choses.»

Hugo Samson n’a pas lâché sa caméra une seule seconde pendant des jours entiers. Des actions de perturbations, planifiées au petit matin, nécessitaient une endurance de marathonien.

Le jeune homme se souvient encore de l’occupation au Cégep de Saint-Laurent, le 17 février 2012. Hugo a fait le choix d’entrer pour capturer des images saisissantes. «Les policiers m’ont arrêté avec tous les étudiants», a-t-il dit.

«Hugo était là depuis le matin, il a filmé tout le processus : le début de l’assemblée générale, l’administration qui voulait fermer le Cégep, les négociations, l’occupation», a enchaîné Santiago.

Ce geste a sans aucun doute permis aux deux cinéastes de gagner la confiance du mouvement étudiant. «Hugo était là au même titre que les autres occupants, a-t-il ajouté. Il s’est mis en danger au même titre que tout le monde.»

Relancer le débat

Carré rouge sur fond noir sera projeté en grande première le 26 août au Cinéma Excentris. Le documentaire sera simultanément diffusé en version courte à Télé-Québec.

Une fois présenté au public, qu’adviendra-t-il de leur film? Hugo Samson et Santiago Bertolino espèrent qu’il relancera le débat sur l’éducation, inachevé selon eux.

«On l’a réalisé aussi pour une volonté d’archivage, un devoir de mémoire, un outil de réflexion pour les luttes futures, ont-ils soutenu. C’est sain pour le mouvement, qu’on puisse l’autocritiquer.»
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Re: Québec

Messagede bipbip » 21 Sep 2013, 15:36

Québec : Déclaration commune pour une communauté inclusive et antiraciste au Saguenay

Communiqué de presse

SAGUENAY, 18 septembre 2013 / Plus de 100 personnes et organisations ont dernièrement appuyé la « Déclaration commune pour une communauté inclusive et antiraciste au Saguenay » du Collectif anarchiste Emma Goldman (UCL-Saguenay). Rappelons que du sang de porc a été lancé sur la mosquée de Chicoutimi, accompagné de messages menaçants ; un crime raciste et haineux. La déclaration a déjà été traduite en anglais pour être diffusée encore plus largement.

Au-delà des discours complaisants de « région accueillante », nous dénonçons le racisme systémique banalisé et bien présent à divers niveaux au Saguenay Lac Saint-Jean. De plus, il serait grave d’ignorer la présence d’un groupuscule néonazie dans la région qui distribue de la propagande xénophobe nourrie de préjugés haineux envers les immigrants et immigrantes et qui a tenté de commettre d’autres coups d’éclat par le passé. Ce groupuscule alimente ainsi un état d’insécurité chez les personnes racialisées. La question identitaire représente à notre avis une fausse question devant les problèmes structurels évidents de notre société. Tout en créant des boucs-émissaires, celle-ci divise ceux et celles qui devraient s’unir (les classes sociales exploitées par ce système) et unie ceux et celles qui ne le devraient pas.

Enfin, c’est aussi tout un système d’oppression, le racisme, qu’il faut abolir. En ce sens, cette déclaration n’est en rien une pétition! Il s’agit d’un appel à l’action, à la solidarité antiraciste et contre toutes les formes d’oppression. Encouragé-e-s par ces appuis, nous poursuivrons la lutte. Puisqu’une communauté inclusive et antiraciste ça ne se décrète pas, tissons davantage de liens et transformons nos quartiers et villages !

5 bougies bientôt déjà !

Le Collectif anarchiste Emma Goldman est une organisation politique active dans la région du Saguenay-Lac Saint-Jean depuis 2008. Nous militons pour des mouvements sociaux combatifs et l’émergence d’une gauche libertaire large et ouverte. Nous sommes affilié-e-s à l’Union Communiste Libertaire et distribuons le journal Cause Commune et le bulletin régional Le Pic-Bois. Identifié-e-s au courant historique et international du communisme libertaire, nous participons au développement théorique et à l’implantation de ces idées et pratiques.

Collectif anarchiste Emma Goldman (UCL-Saguenay)



Texte de la Déclaration commune pour une communauté inclusive et antiraciste au Saguenay

Horreur et stupeur sont des mots bien insuffisants pour exprimer notre dégoût face au crime haineux perpétré samedi après-midi à l’endroit de la Mosquée de Chicoutimi. Nous qui militons au quotidien pour abattre ces frontières formées de préjugés, de violence, d’oppression, de privilège et d’ignorance, sommes attristé-e-s par cette nouvelle manifestation d’un système d’oppression – le racisme – bien présent chez nous. Alors que nous voyons dans cet acte la continuité d’une campagne de propagande haineuse d’un groupuscule raciste de la région, nous nous insurgeons également contre des formes de racisme beaucoup plus répandues et banalisées dans notre milieu. À l’ombre des bêtes idées-marketing de « ville accueillante » (sans action) et des vaines quêtes du journalisme policier de nos grands médias, nous émettons cette déclaration à partager : du courage naît l’espoir, l’espoir de vaincre et terrasser toutes les formes d’oppression. C’est un appel à l’action.

Un acte isolé ?

Avec pour souci premier de ne pas ternir l’image de la ville, et même du Québec, nous avons déjà largement entendu que le crime haineux qui s’est produit la fin de semaine dernière serait un acte isolé. D’autres commentateurs, comme Richard Martineau, préfèrent dans ces circonstances, se faire défenseurs du Québec contre les accusations de province raciste à partir de statistiques douteuses sur les crimes haineux. Dans notre perspective, le racisme est un système d’oppression et d’exploitation international. Les mécanismes de ce système visent à assigner une place sociale à un groupe, sur la base de critères essentialisant, de sorte que se construisent des sous-groupes dans la population (des groupes de « race »), positionnés dans un rapport hiérarchique [1]. Au Québec, nous pouvons parler d’une construction sociale qui se fonde sur la majorité blanche et francophone « dominante » par rapport aux « minorités » ethnoculturelles (spécialement celles associées aux pays du Tiers-Monde) et aux communautés autochtones « dominées ».

Le Saguenay-Lac Saint-Jean est souvent présenté comme une région accueillante. Il est incontournable de relever que les préjugés envers les Premières Nations demeurent bien ancrés dans la population et continuent d’être véhiculés dans les médias. Guère meilleur dans sa croisade acharnée pour l’imposition d’une prière évoquant dieu à l’hôtel de ville, le maire Jean Tremblay affirmait l’an passé : « ce qui me choque, c'est de voir que nous, les mous canadiens-français, on va se faire dicter comment se comporter [...] par une personne qui arrive d'Algérie et qu’on est même pas capable de prononcer son nom ». Ces préjugés cultivent les sentiments de différence, de méfiance et banalisent le racisme au quotidien. Ils alimentent également de mauvaises images des autres telles que celles, par exemple, voulant que les arabes soient violents, que les autochtones soient paresseux et que les personnes ayant d’autres appartenances ethnoculturelles ne soient pas dignes de confiance. Les débats récurrents, autour de la Charte des « valeurs québécoises », dans l’actualité sont forts représentatifs de la résistance à opérer des transformations dans nos pratiques d’inclusion. Et cela n’est pas sans rappeler à quel point la fameuse crise des accommodements raisonnables, qui a débouché sur la Commission Bouchard-Taylor en 2007, était devenue un sujet brûlant soulevant de nombreuses inquiétudes quant à la survie de l’identité québécoise.

Présent dans toute la société, le racisme n’a pas d’âge et revêt de multiples formes (violence verbale, psychologique, physique, économique, etc.). À l'automne 2010, un couple âgé de près de 50 ans a tiré avec une arme de chasse sur deux femmes à la sortie du bar L’NRJ à Chicoutimi après s’être fait sortir pour leurs propos et actes racistes. En bref, le 25 septembre, le couple s’était rendu dans une soirée africaine à laquelle il n’était pas invité et avait lancé des insultes racistes aux personnes présentes et fait du grabuge dans le bar. Le couple avait ensuite été expulsé et le mari avait promis de se venger.

Qui n’a pas entendu des individus, proches, voisins ou collègues de travail, qui défendent (à la blague ou non, l’effet est le même) l’exclusion des personnes jugées non-québécoises de la vie publique et des droits civils et parfois même leur expulsion du territoire national? Qui n'a pas entendu les discours racistes insinuant que les membres des minorités visibles qui ne « s'intègrent » pas n'auraient pas leur place au Québec ?

Un groupuscule raciste haineux

Au-delà de ces formes de racisme omniprésentes dans notre société et auxquelles nous n’accordons pas suffisamment d’attention, il est hautement préoccupant de constater qu’il y a des personnes, dont une cellule de l’organisation Fédération des québécois de souche, qui propagent des idées haineuses proches du nazisme et du fascisme dans quelques secteurs de la région. L’idée centrale diffusée par ces personnes est la suivante : la certitude que leur nation ou « race » est naturellement supérieure aux autres. En ce sens, elles prônent une « purification » raciale qui peut les porter jusqu’à défendre l’expulsion et l’élimination des personnes associées à des groupes ethnoculturels différents du leur. Elles accusent les personnes qui n’appartiennent pas à la majorité blanche et francophone d’être responsables d’une situation de « dégradation » de la culture québécoise. Bien sûr, prétendre qu’il n’y a qu’une « culture québécoise » relève de la construction d’un mythe excluant de facto les nombreux apports des personnes dont veulent se différencier ces individus.

Dans la région, un groupuscule identifiable a diffusé des milliers de prospectus de propagande haineuse dans les boîtes aux lettres et ses militants ont été responsables de nombreux actes d'intimidation et de menaces de mort à Chicoutimi depuis 2011. C’est la Fédération des québécois de souche qui se vante de ces actions. Sous un couvert de protection de l'identité nationale, les membres de ce groupuscule tissent des liens avec la frange radicale de l'extrême-droite québécoise qui s'associe sans peine avec des symboles néo-nazis et le salut hitlérien. Nous ne pouvons que condamner la complaisance et le manque de professionnalisme avec lesquels les médias régionaux ont offert une tribune à ce groupuscule dans les dernières années. En décembre 2012, ce dernier a profité d'une tribune exceptionnelle : trois pages couleurs, dont la couverture, dans les journaux Le Point du Lac St-Jean et Le Réveil - une couverture gratuite (sans événement) avec pour unique et incontesté point de vue le discours d'un individu (anonyme) du groupe, le tout illustré de ses « réalisations ». Enfin, ce groupe compte également à son actif le déroulement d’une bannière xénophobe sur le toit de l’Hôtel Chicoutimi durant le Festival des Rythmes du Monde de 2012 et le piratage avec messages haineux du site web de l’organisation Portes ouvertes sur le lac ne lui est probablement pas étranger. Ce serait une grave erreur de banaliser ou de minimiser de tels gestes. Il faut réaliser qu’ils constituent un autre facteur d’insécurité, et potentiellement d’exclusion sociale, pour les autochtones, les personnes issues de l’immigration et tout autre individu racialisé. Nous devons dénoncer l’existence de ce groupe et mettre en échec ses activités.

Pour conclure

Il est indéniable que le racisme est présent au Saguenay-Lac-Saint-Jean et le maire Jean Tremblay a tort d’insinuer que ce serait un acte isolé qui « ne doit pas venir d’un groupe, mais probablement plus d’une personne à l’esprit dérangé [2] ». Non, nous affirmons qu’il est bête et inutile de médicaliser les personnes racistes. Ce système d’oppression recouvre diverses formes et s’exprime parfois de manière diffuse, mais il fait toujours des ravages dans la vie des personnes qui en sont victimes. Les oppressions et les privilèges sont ancré-e-s dans les normes, la culture, les lois et les institutions de notre société. Cela permet aux groupes sociaux privilégiés d’utiliser leur « pouvoir-sur » (rapport de domination) afin de renforcer leur situation de domination, et conséquemment la hiérarchie des différences. S’engager dans la lutte contre le racisme c’est d’abord reconnaître son existence et poser des actions concrètes pour dénoncer au quotidien les comportements et paroles racistes dont nous sommes témoins. Bien sûr, cette lutte peut être vaine si l’on refuse de s’attaquer aux groupuscules propagandistes de la haine raciale. Nous connaissons si peu les communautés musulmanes et autochtones de notre région, il serait bien temps de créer des occasions permettant d’ouvrir des dialogues afin de se comprendre et de faire tomber tous les préjugés.

Du courage naît l’espoir, l’espoir de vaincre et terrasser toutes les formes d’oppression.


Collectif Emma Goldman
Appuyée par plus d'une centaine d'individu-e-s et de groupes.


[1] Christine Delphy, 2008. « Classer, dominer qui sont les "autres"? », p. 197.
[2] Le Quotidien, 3 septembre 2013, p. 3.


Related Link: http://ucl-saguenay.blogspot.ca/


http://www.anarkismo.net/article/26217
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Re: Québec

Messagede bipbip » 28 Sep 2013, 09:10

Film "Printemps Durable"

L’histoire

Depuis sa création en 2010, UniversiTV ou UTV, la télé des étudiant-e-s de l’Université de Montréal, filme et suit le mouvement contre la hausse de frais de scolarité. Au printemps 2012, le petit média estudiantin, autogéré bénévolement, s’implique de plus en plus dans le mouvement de grève et se radicalise. À la manière d’un média communautaire et indépendant, il représente la réalité subjective des étudiant-e-s grévistes, et devient ainsi un acteur et un allié du mouvement, différent des medias généralistes.

L’équipe travaille autour des problématiques de représentation et de réflexion que véhicule une image. Par son style cinématographique prononcé, elle invite le spectateur à s’interroger sur ce qu’il perçoit. Véritable école alternative du documentaire, elle forme à la technique vidéo, produit et diffuse plus de 60 reportages représentant 600 000 vues sur l’ensemble de la grève.

Synopsis

Un an après, des membres d’Universitv en grève, avec l’appui de nouveaux membres, restituent une vision collective de cet engagement, à travers un film documentaire: Printemps Durable. Sous le thème de la politisation et du devoir de mémoire, le film relate les évènements forts ayant eu lieu au printemps 2012 du point de vue des étudiant-es en grève. Un film sans narration additionnelle qui laisse place à la réflexion et ouvre le débat sur ce qu’il reste de cette mobilisation « historique » au Québec. C’est un film entièrement produit en dehors des circuits de production économique, bénévolement et qui est diffusé gratuitement.

http://printempsdurable.wordpress.com/about/

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Re: Québec

Messagede bipbip » 24 Nov 2013, 14:25

Mobilisation contre le règlement anti-manifestation

Ce n’est pas à l’hôtel de ville que le P-6 sera défait, mais dans la rue !
Nous ne nous soumettrons pas au P-6 !


Le 23 avril 2013, le conseil de ville de Montréal a décidé de maintenir le règlement anti-manifestation P-6. Ce n’est pas à l’hôtel de ville que le P-6 sera défait, mais plutôt dans la rue par notre défiance et notre désobéissance.

84 groupes communautaires ont déjà endossé la déclaration ci-bas, statuant clairement qu’ils ne négocieront pas leur trajet de manifestation avec la police. Nous encourageons les autres organisations communautaires à faire de même.

SVP partagez cette déclaration avec les organisations dans votre localité. Envoyez-nous l’endossement de nouveaux groupes à info@clac-montreal.net



DÉCLARATION COMMUNAUTAIRE

(Mise à jour le 22 novembre 2013)

-> Solidarité contre la répression policière à Montréal : Nous ne nous soumettrons pas au règlement municipal P-6

-> Avec cette déclaration publique, nous affirmons notre opposition au règlement P-6 : nous continuerons de manifester sans négocier l’itinéraire avec la police et nous contesterons systématiquement toute contravention en vertu de ce règlement.


Ces dernières années ont été marquées par une escalade de la répression policière à Montréal. Au moment où le nombre des mouvements politiques qui prennent la rue d’assaut augmente sans cesse, les manifestations se voient attaquées plus brutalement et plus arbitrairement que jamais. Bâtons rétractables, matraques, lacrymogènes, poivre de Cayenne et balles de plastique ; de plus en plus, nos camarades subissent des arrestations de masse, sont brutaliséEs, humiliéEs, prisEs en souricière et, dans plusieurs cas, gravement blesséEs.

Dans ce contexte d’escalade répressive le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) emploie une nouvelle pratique : arrêter les manifestantEs avant même qu’ils et elles puissent se regrouper pour manifester. À trois reprises au cours de la même semaine (le 15 mars lors de la Journée internationale contre la brutalité policière, le 18 mars avant la manifestation nocturne et le 22 mars lors de la manifestation pour le premier anniversaire des manifestations étudiantes du 22 de chaque mois) le SPVM a mis un terme aux manifestations avant même leur commencement en encerclant les manifestantEs avec l’anti-émeute et en les arrêtant en masse, par centaines. Un des objectifs évidents de la police est d’effrayer les potentiels manifestantEs pour les dissuader de reprendre la rue.

Puisque le SPVM ne peut se permettre de faire ces arrestations préventives en vertu d’accusations criminelles ; (aucun motif légal ne lui permet de le faire) il a recours au règlement municipal P-6 qui rend toute manifestation illégale si aucun itinéraire n’a été communiqué d’avance à la police. Une infraction au règlement municipal n’est pas criminelle ; c’est un peu l’équivalent d’une contravention de stationnement. Toutefois, une infraction au P-6 donne lieu à une contravention de 500 $ (637 $ avec les frais) pour une première offense dans le contexte d’une manifestation.

Le règlement P-6 interdit « de gêner le mouvement, la marche ou la présence des citoyens qui utilisent également le domaine public à cette occasion. » Comment peut-on prendre la rue sans gêner la circulation routière ou piétonnière ? De plus le P-6 ordonne non seulement de communiquer notre itinéraire, mais suppose de demander l’approbation de notre trajet à la police. Cela équivaut à donner à la police le pouvoir arbitraire de refuser notre trajet si celui-ci est jugé potentiellement trop perturbateur et ainsi d’empêcher notre passage devant un lieu choisit comme « cible » politique.

Nous refusons de négocier avec la police notre liberté d’expression, notre droit de manifester et notre droit de perturber l’ordre social, politique et économique en place, que nous considérons profondément injuste et illégitime.

Une partie de la responsabilité de répondre à cette répression nous incombe, en tant que mouvements populaires et organisations communautaires autonomes. Il n’existe aucune obligation de fournir à la police un itinéraire et le SPVM en particulier, qui abuse impunément de son autorité, ne mérite aucune collaboration de notre part. Au contraire, nous devons nous responsabiliser les unEs vis-à-vis les autres, et vis-à-vis les mouvements sociaux auxquels nous appartenons. Nous avons toujours eu et auront toujours le droit légitime de manifester spontanément, et ce, avec des itinéraires de notre choix, qui reflètent nos besoins et revendications.

Face à la répression policière, reprenons la rue, arméEs d’entraide et de solidarité.

Ce message est endossé par :

1. La Convergence les luttes anticapitalistes (CLAC)
2. Anarchopanda pour la gratuité scolaire
3. Action Anti-Raciste / Anti-Racist Action (ARA)
4. Alliance des étudiants et étudiantes en beaux-arts à Concordia (FASA)
5. Apatrides anonymes
6. Artivistic
7. Assemblée populaire et autonome de Centre-Sud (APAQ Centre-Sud)
8. Assemblée populaire et autonome de Hochelaga-Maisonneuve (APAQ-Hochelaga)
9. Assemblée populaire autonome de Montréal (APAM)
10. Assemblée populaire et autonome du Plateau Mt-Royal (APAQ-Plateau)
11. Assemblée populaire et autonome de Villeray (APAQ-Villeray)
12. Association des EmployéEs OccasonielLEs de l’Universite de McGill (AEOUM) / Association of McGill Univeristy Support Employees (AMUSE)
13. Association étudiante de service social de l’Université de Montréal (AÉSSUM)
14. Association facultaire étudiante des arts (AFEA-UQÀM)
15. Association facultaire étudiante de science politique et droit (AFESPED-UQÀM)
16. Association facultaire étudiante des sciences humaines (AFESH-UQÀM)
17. Association pour la liberté d’éxpression (ALÉ)
18. Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ)
19. La Belle Époque
20. Centre Social Autogéré (CSA)
21. Centre de travailleurs et travailleuses immigrants (CTI)
22. Centre des femmes d’ici et d’ailleurs
23. Centre des femmes de Laval
24. Centre des femmes de Verdun
25. Centre for Gender Advocacy
26. Cinema Politica Concordia
27. Coalition Justice pour les victimes de bavures policières
28. Collectif de la Marche des lesbiennes de Montréal / Montreal Dyke March Collective
29. Collectif opposé à la brutalité policière (COBP)
30. Collectif de solidarité anti-coloniale / Anti-Colonial Solidarity Collective
31. Collectif les Sorcières
32. Collectif Volatile Works
34. Comité logement Ahuntsic-Cartierville
35. Comité logement Ville-Marie
36. Council of the Education Graduate Students’ Society (McGill University)
37. La Cuisine du peuple
38. CKUT Steering Committee
39. CUTV News Collective
40. Dignidad Migrante
41. L’Ensemble de l’insurrection chaotique
42. Les Frères et Soeurs d’Émile-Nelligan
43. Front d’action populaire pour le réaménagement urbain (FRAPRU)
44. Graduate Student Association (GSA) at Concordia
45. Greenpeace au Québec
46. Guet des Activités Paralogiques, Propagandistes et Antidémocratiques (GAPPA)
47. Independent Jewish Voices-Montreal
48. Justice climatique Montréal / Climate Justice Montreal
49. Maille à Part
50. Midnight Kitchen at McGill
51. Montréal-Nord Républik
52. M.O.U.S.T.A.C.H.E.S. (Mouvement Or(i)gasmique Ultra Subversif de Théorie et d’Action Contre l’Hétéronormativité Et le Sexisme)
53. Mouvement Action Chômage de Longueuil
54. Mouvement Action-Chômage de Montréal
55. Mouvement Action Justice (MAJ)
56. 99%Media
57. Organisation populaire des droits sociaux de la région de Montréal (OPDS-RM)
58. People’s Potato at Concordia
59. Personne n’est illégal / No One Is Illegal-Montréal
60. P!NK BLOC Montréal
61. La Pointe Libertaire
62. POPIR-Comité Logement
63. Profs contre la hausse
64. Projet Accompagement Solidarité Colombie (PASC)
65. Projet De violence et d’intimidation
66. QPIRG Concordia
67. QPIRG McGill
68. Radical Reference Montreal
69. RadLaw McGill
70. Ras-le-bol, soupe populaire de l’UQÀM
71. R.A.S.H. Montréal
72. Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ)
73. Réseau de la Commission populaire / People’s Commission Network
74. Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE)
75. Résistance citoyenne de Québec
76. Société Bolivarienne du Québec
77. Solidarité sans frontières
78. Stella
79. Student Print Association at Concordia
80. Syndicat des étudiant-e-s employé-e-s de l’UQÀM (SÉTUE)
81. Syndicat étudiant du Cégep de Marie-Victorin (SÉCMV)
82. Tadamon
83. Union communiste libertaire (UCL)
84. Université Populaire des Sciences de l’Information (UPopSi)
(Si votre groupe endosse aussi cette déclaration, veuillez communiquer avec nous à l’adresse suivante : info@clac-montreal.net)

http://www.solidarityacrossborders.org/ ... by-law-p-6
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Re: Québec

Messagede Pïérô » 09 Mar 2014, 16:29

Montréal, semaine contre la brutalité policière du 9 au 15 mars

9 MARS : Lancement du journal du 15 mars + projection de documentaires - à la déferle 1407 rue Valois - 19h contribution volontaire

11 MARS : Atelier sur les droits - à l'OPDS 8535 rue Pie IX - 19h gratuit

12 MARS : Vigile féministe - devant le poste de police 22 - 1200 avenue papineau - 18h gratuit

13 MARS : Show punk rock aux Katacombes 1635 boulevard St-laurent - 7$ 20h

14 MARS : Show punk rock à la Déferle 1407 rue Valois - 20h contribution volontaire

15 MARS : Manifestation annuelle - Coin Jean-talon et Chateaubriand - 15h





C.O.B.P.
Collectif Opposé à la Brutalité Policière
http://cobp.resist.ca/
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Re: Québec

Messagede bipbip » 19 Mar 2014, 02:34

15 mars 2014, arrestation de masse
Le COBP dénonce l’État policier paramilitaire et la répression politique
https://www.cobp.resist.ca/documentatio ... olitique-m

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Re: Québec

Messagede bipbip » 25 Avr 2014, 11:01

Appel du collectif Emma Goldman pour un cortège anticapitaliste le 1er mai à Saguenay


Appel d'un contingent anticapitaliste pour le 1er mai : "nos vies valent plus que leurs profits" !

Devant les aléas du marché et les impératifs de la mondialisation, les habitants et habitantes de notre région assistent à perpétuité à une scène mainte fois jouée, telle « La Fabuleuse » ! La multinationale, après avoir saccagée, polluée, exploitée, accaparée, (…) tout ce qu’elle peut, et toujours non satisfaite de ses taux de profit, demande tout bonnement des concessions (souvent imposées par des lockouts) : d'ordre salarial, une diminution des avantages sociaux de la part de ses employé-e-s et le recourt à la sous-traitance, etc. Si les actionnaires en veulent encore plus, l’entreprise réduit ses activités pendant quelques mois, pour annoncer un peu plus tard qu’elle ferme une machine ou un quart de travail et la scène se termine les clés sous la porte. Les possédants n’ont rien à faire des répercussions qu’ils laissent derrière eux, soit une vague de problèmes sociaux : chômage, précarité, désolation et suicide contraignant à l’exode des travailleurs, des travailleuses et les jeunes de la région, faute de perspective d’avenir. Après tout, c’est la loi du marché et celle-ci n’a rien d’autre à nous offrir. C’est un cul-de-sac qui ne profite qu’à une poignée de profiteurs...

L'État joue un rôle de complice dans cette pièce de théâtre parfaitement rodée. Crédit d'impôt, subventions et réduction des redevances sont au rendez-vous pour contenter les grandes entreprises. Pendant ce temps, coupes dans l'aide sociale et hausse des tarifs dans les services publics, d'Hydro-Québec, des frais de scolarité, etc. pour la population.

Le système de production et d’exploitation capitaliste n’est pas une fatalité, ni une loi naturelle. C’est à nous et à nous seuls : travailleurs et travailleuses, précaires, étudiants et étudiantes, de porter le coup fatal et de créer une société dans laquelle la production et la consommation reposerons sur la devise : « De chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins ».

En ce premier mai, le collectif Emma Goldman invite les anticapitalistes de la région à venir marcher et crier d’une seule voix : « Nos vies valent plus que leurs profits ».


Jeudi le 1er à 11:30.

Début de la manifestation vers 12h15.

Point de rassemblement: 720 boulevard Talbot à Chicoutimi (ancien restaurant Le Deauville)

http://ucl-saguenay.blogspot.fr/2014/04 ... liste.html
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Re: Québec

Messagede Pïérô » 24 Aoû 2014, 02:50

Photos-reportage : une première action prometteuse pour la campagne ''Gérons la ville nous-mêmes''.
http://ucl-saguenay.blogspot.fr/2014/08 ... ction.html
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Re: Québec

Messagede bipbip » 21 Sep 2014, 11:58

Au Québec, après la Rencontre d’Offensive syndicale sur la construction – Pour la reconstruction d’un syndicalisme de combat

Rencontre d’Offensive syndicale sur la construction – Québec, 29 juillet 2014

UNE DISCUSSION QUI FAIT RESSORTIR LA NÉCESSAIRE UNITÉ DERRIÈRE LA RECONSTRUCTION D’UN SYNDICALISME DE COMBAT

Ce soir-là après l’intervention du responsable régional d’Offensive syndicale et celles d’un syndicaliste de la FTQ et de la CSN, la discussion s’est poursuivie pendant plus de deux heures. Une discussion concrète, où les propos étaient illustrés par des exemples divers. Il ne s’agit pas ici de refléter les détails des différentes interventions, mais de résumer les grands constats qui ont été tirés de la situation et les perspectives qui ont commencé à être esquissées.

Un patronat en demande....

Les augmentations de salaire sont faibles encore cette année. Les patrons de la construction veulent diminuer le paiement des heures supplémentaires. Ils cherchent à augmenter les heures travaillées avec comme conséquences la multiplication des accidents de travail et l’usure physique qui frappe beaucoup plus rapidement les personnes travaillant dans ce secteur. Les travailleurs du secteur vieillissent prématurément. À l’âge de 50 ans, ils sont affectés par de nombreuses maladies et handicaps. Aucune solution n’est présentée par les patrons du secteur face à ces problèmes. Au contraire, le patronat de ce secteur veut mettre les ouvriers à genoux et leur imposer leur arbitraire. En fait, les patrons de la construction se font concurrence pour obtenir des contrats du gouvernement et de différentes institutions. Ils doivent donc soumissionner au plus bas pour arracher des contrats. Pour se libérer une marge de profits, ils cherchent à tirer le maximum de la main-d’œuvre en termes d’intensité et de temps de travail. En même temps, les travailleurs savent bien que c’est dans la mesure où le travail se fait que l’entreprise peut rester en affaire et continuer à les employer, mais ils savent également que s’ils ne mettent pas le holà, les patrons peuvent pousser très loin leur cupidité et la volonté de les plumer.

Il faut en finir avec les discours qui affirment que les travailleurs ont les mêmes intérêts que leurs employeurs. Il faut démontrer la logique profiteuse du système et de l’organisation du travail. Des entrepreneurs dans la construction s’enrichissent sur le dos des travailleurs et également des citoyens. La corruption est loin de se retrouver dans ce seul secteur, mais on a vu à la commission Charbonneau qui sont les personnes qui passent à la caisse habituellement et ce ne sont pas les travailleurs de la construction.

Les femmes sont peut nombreuses dans le secteur, et les adaptations à la la présence de femmes travailleuses sur les chantier se font sur le tas bien qu’on remarque qu’il y a parfois des gestes solidaires envers les femmes qui sont victimes de discrimination sur les chantiers.

Des pratiques syndicales à repenser

Le droit de négociation est sans cesse remis en question. Les décrets se succèdent. Les négociations se font toujours sous la menace de lois spéciales obligeant le retour au travail et fixant les salaires et les conditions de travail. On peut se demander ce qui reste vraiment du droit de négociation des travailleurs de la construction. Les négociations sont centralisées et les travailleurs n’ont pas vraiment de contrôle sur ces dernières.

La vie syndicale n’est pas facile à organiser. Les travailleurs changent souvent de patrons. Les entreprises sont souvent petites regroupant peu de travailleurs. Il va falloir repenser le syndicalisme dans la construction. Il va falloir pousser la réflexion et convaincre la majorité des employé-e-s de ce secteur qu’il est nécessaire de se mobiliser pour avoir une vie normale qui ne sera pas marquée par des accidents à répétition, par des décès, par l’usure prématurée de leur santé et par une précarité généralisée. Il faut amener les travailleurs à concevoir ce que serait une société où on pourrait fonctionner dans de bonnes conditions de travail dans ce secteur.

Le renouvellement des pratiques syndicales ne peut passer que par un travail systématique de formation et de politisation. Il faut expliquer comment les patrons font leur argent et comment les travailleurs sont les vrais producteurs et qu’ils touchent qu’une partie de la valeur qu’ils créent. Un travail de conscientisation est une nécessité incontournable. Il faut en finir avec une politique de concession visant supposément à défendre l’emploi, mais qui enfonce les travailleurs de la construction dans des conditions de travail difficiles.

Le syndicalisme ne doit pas se limiter aux seules négociations salariales, mais doit concerner l’élargissement des politiques publiques et particulièrement dans la défense de la santé et de la sécurité au travail. Lorsque les heures de travail sont longues et harassantes, il ne reste souvent pas beaucoup d’énergies aux travailleurs pour s’investir dans une formation . C’est pourquoi il faut prendre la question globalement et exiger que la formation au syndicalisme se fasse dans les écoles de formation professionnelle. Le programme de l’école québécoise a un objectif de formation à l’entrepreneuriat, mais il n’y a pas de formation à la nécessité de l’action collective et au syndicalisme chez les jeunes. C’est un combat essentiel qu’un syndicalisme combatif devrait se fixer.

Se fixer comme tâche de simplement ralentir les reculs devant l’offensive patronale est insuffisant pour des organisations syndicales. Ce sont les travailleurs qui payent pour une orientation qui se prétend réaliste, mais qui laisse se détériorer les conditions de travail et de vie. Il faut construire un syndicalisme qui saura dénoncer largement auprès de l’ensemble des travailleurs les objectifs des entrepreneurs de la construction. Ce n’est pas d’un syndicalisme investisseur dont les travailleurs ont besoin, mais d’un syndicalisme qui sait les impliquer et les unir derrière des objectifs qui dépasseront la seule répartition des primes vers un syndicalisme visant une amélioration réelle de leurs conditions de travail, et particulièrement la réduction du temps et de l’intensité du travail.

Comment concrétiser un renouveau du syndicalisme de combat

Aujourd’hui, les partisans du syndicalisme de combat sont isolés dans ce secteur comme dans l’ensemble du mouvement syndical. Les entrepreneurs et le gouvernement au Québec cherchent à affaiblir encore plus le mouvement syndical en s’attaquant à leur capacité d’améliorer les conditions de travail de ce secteur. Cette situation est inacceptable. Le travail syndical dans ce contexte ne peut pas continuer à s’en tenir à des pratiques routinières et à de vieilles tactiques qui ne permettent pas à dépasser la situation actuelle. Offensive syndicale doit chercher à faire un travail de réseautage des travailleurs et des travailleuses de la construction qui veulent réfléchir dans un cadre intersyndical sur les limites du travail syndical actuel et sur la nécessité de mettre en place de nouvelles pratiques pour jeter les bases du renforcement du rapport de force en faveur des travailleurs. Cette perspective ne pourra être que l’œuvre d’un travail patient et prolongé des travailleurs qui oeuvrent dans ce secteur. La tâche semble et est colossale, mais elle reste incontournable si on ne veut pas que la détérioration actuelle des conditions d’existence et de vie continuent à s’approfondir.

Bernard Rioux

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