Espagne

Re: Espagne

Messagede barcelone 36 » 01 Oct 2012, 19:13

http://www.cnt-f.org/international/Comm ... adrid.html
COMMUNIQUÉ SUITE À LA RÉPRESSION DE LA MANIFESTATION CONTRE L’AUSTÉRITÉ À MADRID

Publié le dimanche 30 septembre 2012

Plus de 30 personnes arrêtées, plus de 60 blessées, une violence policière brutale encouragée par le gouvernement... Les manifestations qui ont démarré hier à Madrid pour « encercler » le Parlement ont été brutalement réprimées par les forces de l’ordre. Les images de cette violence, que le gouvernement de droite applaudit, font le tour du monde et, à l’heure actuelle, la mobilisation se poursuit.

Cela fait quelques mois qu’un appel à se rassembler devant le Parlement avait été lancé dans les réseaux sociaux. L’objectif était de lutter contre les coupes sociales et les mesures que le gouvernement de Mariano Rajoy est en train de mettre en place contre la crise économique, avec les conséquences catastrophiques pour les travailleurs que nous connaissons déjà. La mobilisation avait aussi pour but de proposer un référendum pour désavouer l’actuel gouvernement et ouvrir la voie d’un nouveau processus qui permettrait de changer la loi électorale.

Le peuple espagnol vit des moments d’urgence sociale, provoquée par des politiques anti-sociales, par la perte progressive des droits fondamentaux et par l’autoritarisme et la violence d’État. Face à cette situation, la mobilisation sociale s’impose. Les appels à de nouvelles journées de grève générale se suivent : une journée d’action a eu lieu ce 26 septembre ; la date du 31 octobre a été également choisie pour une journée de grève générale et d’action sociale.

Le gouvernement, de son côté, intensifie les mesures de répression : la Délégation de Madrid met en place une campagne de criminalisation et de peur ; en même temps, le gouvernement central criminalise et censure le mouvement de protestations en utilisant des méthodes autoritaires et dictatoriales contre des personnes qui font usage, pacifiquement, de leurs droits. Ainsi, les personnes arrêtées ont été accusées de délits contre de « hauts organismes de la nation ».

Vous trouverez plus d’infos sur les sites de nos contacts internationaux en Espagne : CGT-e : http://www.cgt.org.es/noticias-cgt/... SO : http://www.solidaridadobrera.org/
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Messagede ivo » 02 Oct 2012, 09:31

Espagne: le chômage monte encore en septembre, 4,71 millions de sans-emploi
(AFP) – Il y a 53 minutes
MADRID — Le chômage en Espagne a encore augmenté en septembre avec 4,71 millions de demandeurs d'emploi, alors que la quatrième économie de la zone euro est sous pression du marché pour demander son sauvetage financier, a annoncé mardi le ministère du Travail.
Le pays a enregistré en septembre 79.645 chômeurs (+1,72%) de plus qu'en août, tandis que sur un an la hausse est plus prononcée, avec 478.535 demandeurs d'emploi supplémentaires (+11,32%), pour arriver à 4.705.279 chômeurs.
Selon l'Institut national de la statistique, qui utilise une méthode de calcul différente, le taux de chômage atteignait fin juin 24,63% (plus de 53% chez les jeunes), un record dans le monde industrialisé.
Le gouvernement table sur un taux, fin 2012, de 24,6%, puis sur une légère baisse en 2013, à 23,3%.
En septembre, le nombre de chômeurs a surtout augmenté dans les services (85.713 demandeurs d'emploi en plus), mais il a baissé dans l'agriculture (-2.633), la construction (-9.687) et l'industrie (-966).
La situation est dramatique pour beaucoup d'Espagnols: selon une étude publiée lundi par le syndicat UGT, près d'un million de personnes cherchent un emploi depuis plus de deux ans, soit 20,8% de plus qu'il y a un an.
L'Espagne, frappée par l'éclatement de la bulle immobilière en 2008, a renoué avec la récession fin 2011, moins de deux ans après en être sortie.
Le gouvernement s'attend à un recul du PIB cette année de 1,5% puis de 0,5% en 2013. Il prévoit un retour à la croissance en 2014, avec une économie en progression de 1,2%, et de 1,9% en 2015.
Mais ces prévisions sont jugées optimistes par le marché: pour 2013, le Fonds monétaire international (FMI) table ainsi sur une baisse du PIB de 1,2%, l'agence de notation Standard & Poor's attend -1,4% et la banque Natixis est encore plus pessimiste, prédisant -2,2%.
Dans ce contexte, le pays est sous une forte pression du marché et d'une partie de ses partenaires européens pour solliciter son sauvetage financier, mais le gouvernement assure n'avoir pas pris sa décision, redoutant les strictes conditions qui lui seraient imposées en échange.

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Messagede altersocial » 13 Oct 2012, 16:07

La crise nourrit la crise, le capitalisme autodestructeur :

Les automobilistes espagnols désertent les autoroutes payantes du pays

:arrow: vidéo

Les automobilistes espagnols dans leur souci d‘économie, préfèrent ne rien payer du tout quand ils se déplacent en voiture. Ils ont donc déserté les autoroutes payantes du pays. Résultat : la fréquentation autoroutière avait atteint début septembre, date de la hausse de la TVA, son niveau le plus bas depuis 14 ans. Sur ces images : l’autoroute AP 41 entre Madrid et Tolède coûte 7,25 euros pour 80 kilomètres environ. Si on y ajoute le prix de l’essence en hausse, il est clair qu’un aller-retour par semaine et à fortiori quotidien peut laisser des traces dans certains budgets familiaux.
Conséquences : cinq des quatorze concessions prives d’autoroutes en Espagne se sont déjà déclarées en faillite.
Modifié en dernier par altersocial le 16 Oct 2012, 16:14, modifié 1 fois.
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Messagede ivo » 16 Oct 2012, 09:01

Standard & Poor's déclasse onze banques espagnoles
http://www.lesechos.fr/entreprises-sect ... 500754.php
Une semaine après avoir abaissé la note souveraine de l'Espagne, l'agence de notation a décidé de revoir à la baisse celle de onze établissements bancaires du pays dont BBVA, CaixaBank, Santander et Bankia.

C'est un effet domino classique ... la baisse de la note souveraine de l'Espagne la semaine passée (qui a été déclassée de BBB+/A-2 à BBB-/A-3) a tout naturellement des effets potentiellement négatifs sur l'économie du pays en général et l'activité de son secteur bancaire en particulier. Ce qui conduit l'agence de notation Standard & Poor's a abaisser la note à long terme de toute une série de banques espagnoles. Aujourd'hui ce sont onze établissements de la péninsule ibérique qui sont touchées.
Dans lecommuniqué publié ce mardi matin, S&P indique que toutes les banques qui bénéficiaient jusqu'à présent d'une note à long terme supérieure au BBB-de l'Espagne se voient déclassées. C'est notamment le cas de BBVA, CaixaBank et Santander ou Bankia.
Dans le même temps, quatre autres banques voient leur note à court terme dégradée.Une surveillance négative a également été mise en place pour 3 établissements, portant à 7 le total des banques soumises à cette procédure. Enfin, Santander, BBVA et BBSA se retrouvent avec une perspective « négative ».
S&P précise espérer terminer le mois prochain l'évaluation complète des conséquences de l'abaissement de la note souveraine de l'Espagne sur l'économie et le secteur bancaire du pays. la semaine passée en annonçant sa décision de déclassement de madrid, S&P avait souligné que si pour l'agence de notation l'Espagne reste un pays en mesure de faire face à ses obligations de manière adéquate, la « perspective négative » associée à la note du pays indique que les obligations d'Etat espagnoles pourraient être reléguées à moyen terme dans la catégorie des investissements spéculatifs.
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Messagede bipbip » 18 Oct 2012, 00:51

été 2012 retour sur la grève de mineurs en Espagne

De juins à août 2012, les bassins miniers du Nord de l’Espagne se sont embrasés. Résumé d’une grève officiellement "suspendue" et intervention de M Lorenzana, mineur à Ciñera, Léon. Ce petit bourg minier a été particulièrement combatif au cours de cet été du charbon

Emission de Canal Sud reprise et à écouter sur SONS EN LUTTES : http://sonsenluttes.net/spip.php?article492

à Télécharger (mp3 - 128 kbps - 40,2 Mo) : http://sonsenluttes.net/IMG/mp3/Mine.mp3
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Re: Espagne

Messagede ivo » 26 Oct 2012, 10:54

Espagne: le chômage progresse encore au 3e trimestre et dépasse les 25%
http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/ ... es-25.html
MADRID (AFP) - Plus d'un quart de la population active en Espagne, soit 25,02%, est désormais au chômage, selon les chiffres publiés vendredi alors que le pays reste plongé dans la récession et soumis à une cure d'austérité historique, sur fond de malaise social grandissant.

A la fin du mois de septembre, l'Espagne comptait 5.778.100 chômeurs, 85.000 de plus que le trimestre précédent, soit une progression qui s'est accélérée une fois passés les effets saisonniers de l'été, a annoncé l'Institut national de la statistique (Ine).

Le taux de chômage à la fin du deuxième trimestre s'élevait à 24,63% des actifs.

Chez les jeunes, le chômage reste très élevé malgré un léger recul, à 52,34% dans la tranche d'âge des 16-24 ans, contre 53,27 à la fin juin.

Le nombre de foyers dont tous les membres sont au chômage continue lui à progresser mais à un rythme moindre qu'au deuxième trimestre, à 1.737.900, soit un dixième du total des foyers espagnols (17.417.700).

Ces mauvaises nouvelles sur le front de l'emploi s'ajoutent à la poursuite probable de la récession, dans laquelle l'Espagne est retombée à la fin 2011: la Banque d'Espagne prévoit pour le troisième trimestre un recul du PIB de 0,4% alors que le gouvernement attend un repli de 1,5% sur l'ensemble de l'année.

Afin de réduire son lourd déficit public, l'Espagne a lancé un vaste programme de rigueur visant à récupérer 150 milliards d'euros entre 2012 et 2014, dont 39 milliards en 2013, rendant très compliqué le retour à la croissance et à l'emploi.

Les mesures annoncées incluent des hausses d'impôts, dont la TVA, des coupes salariales dans la fonction publique, une baisse des indemnités chômage et des réductions budgétaires dans les secteurs de la santé et de l'éducation.

Le mécontentement social a grandi ces derniers mois face à cette politique de rigueur qui étrangle une large partie de la population. Une grève générale est annoncée pour le 14 novembre.

Parmi les 17 régions autonomes d'Espagne, l'Andalousie, dans le sud, la région la plus peuplée d'Espagne avec huit millions d'habitants, reste la plus frappée, avec 35,42% de chômeurs, un chiffre toujours en progression.

La région souffre d'un secteur de la construction sinistré depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008.

Les moins touchées sont trois régions du nord du pays, la Navarre (14,95%), le Pays Basque (15,48%) et la Cantabrie (15,71%).

La Catalogne, une région traditionnellement riche, aujourd'hui agitée par une poussée indépendantiste, accuse elle un taux de chômage de 22,56%.

Par branche d'activité, le nombre de sans-emploi augmente dans le secteur de la construction (56.100 salariés en moins), dans les services (32.700) et dans l'agriculture (11.900) tandis qu'il diminue légèrement dans l'industrie (3.700 emplois en plus).

Selon les prévisions du gouvernement, l'Espagne devrait compter 24,6% de demandeurs d'emploi à la fin de 2012, avant une légère baisse en 2013, à 24,3%, qui pourrait se confirmer en 2014 à 23,3%.

commentaire
Comme quoi, le problème du coût de travail en France est un faux problème ! sinon l'Espagne aurait 0% de chômage.
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Re: Espagne

Messagede altersocial » 04 Nov 2012, 14:19

Manifestants en colère et militants cgt-e et cnt-ait attaquent des boutiques-symboles du capitalisme, article et vidéo, à Barcelone :

http://al-rouge.blogspot.fr/2012/11/esp ... t-une.html
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Re: Espagne

Messagede Ulfo25 » 25 Nov 2012, 10:02

Article Le Monde :

L'indépendance, enjeu des élections en Catalogne


Des drapeaux catalans et européens virevoltent derrière Artur Mas, le président de la Catalogne, tandis qu'il approche du micro. "Pour la première fois depuis trois siècles, le peuple de Catalogne va enfin pouvoir décider de son futur", lance le charismatique chef de file de la coalition nationaliste de droite Convergence et Union (CiU) devant les 3 000 personnes qui assistent, le 18 novembre, dans le palais des sports de la Mar Bella de Barcelone, au grand rassemblement de la campagne pour les élections régionales de Catalogne.

Dimanche 25 novembre, les Catalans ne voteront pas seulement pour renouveler le Parlement régional. Ils choisiront surtout de donner ou non leur voix en faveur de l'indépendance.

En organisant ces élections anticipées deux ans avant la date prévue, le gouvernement catalan a décidé d'emprunter "le chemin de la liberté" après s'être vu refuser, en septembre, un nouveau pacte fiscal avec Madrid visant à réduire sa contribution à la solidarité nationale. Près de 16 milliards d'euros, soit 8 % du PIB, sont prélevés en Catalogne et n'y reviennent pas, selon les chiffres officiels.


Le programme de M. Mas s'ouvre sur deux promesses : "consulter le peuple de Catalogne durant la législature pour qu'il puisse décider librement et démocratiquement de son futur" et "construire une majorité sociale pour que la Catalogne puisse avoir son propre Etat dans le cadre de l'Europe".

Les déclarations du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui a laissé entendre que l'Europe ne reconnaîtrait pas un nouvel Etat né d'une sécession, ne l'ont pas échaudé. "Le chemin est plein d'incertitudes, mais moins que celui qui consisterait à rester immobile, dans une relation avec l'Espagne qui nous affaiblit", assure Oriol Pujol, fils du nationaliste Jordi Pujol, l'emblématique président de la Catalogne de 1980 à 2003 et secrétaire général du parti libéral Convergence démocratique de la Catalogne (CDC), qui forme, avec les démocrates-chrétiens d'Union démocratique de Catalogne (UDC), la coalition CiU.

Dans la salle, Laura Mas Vidal, agent commercial, 46 ans, est aux anges : "Un avenir meilleur s'ouvre pour la Catalogne", dit-elle, convaincue du bien-fondé de la voie proposée par M. Mas. Pourtant, au sein même de la coalition CiU, qui regroupe indépendantistes et fédéralistes, certains s'inquiètent du tour pris par les événements. Artur Mas s'est-il laissé déborder par la clameur populaire qui s'est exprimée lors de la Fête de la nation catalane, le 11 septembre, quand 1,5 million de personnes sont descendues dans les rues de Barcelone pour demander l'indépendance ?


Jusqu'à présent, CiU avait toujours déployé autant d'énergie à réclamer plus d'autonomie pour la Catalogne qu'à ménager ses relations avec le reste de l'Espagne, principal débouché des entreprises de la région. Mais, aujourd'hui, le divorce semble consommé. "Je veux que nos droits soient respectés, explique Olga Garcia, 43 ans, de parents andalous et estrémadurien. Madrid nous maltraite. Nous sommes le moteur de l'Espagne, mais elle accapare nos richesses tandis que nous tombons dans la misère", affirme cette récente convertie au combat pour l'indépendance.

"Celui qui a créé le plus d'indépendantistes, c'est le gouvernement central", soutient Ramon Espadaler, le président du conseil national d'UDC. Les infrastructures délaissées par Madrid, les recours déposés contre l'enseignement en catalan dans les écoles et la censure, en 2010, par le Tribunal constitutionnel de plusieurs articles fondamentaux du nouveau statut d'autonomie approuvé en 2006 ont avivé les tensions. Et sur fond de crise économique, le sentiment indépendantiste, partagé actuellement par 44 % de la population, a explosé.

Créditée d'une large majorité, renforcée par la déroute des socialistes, CiU espère obtenir, dimanche, la majorité absolue afin de défendre son projet à Madrid et à Bruxelles. Et aussi, au-delà de la seule question de l'indépendance, de pouvoir gouverner les mains libres à Barcelone.


Ces deux dernières années, le gouvernement régional a pu faire voter des budgets d'austérité grâce au soutien du Parti populaire (PP, droite), parti "recentralisateur" avec lequel la rupture est consommée. Les autres forces politiques, y compris les indépendantistes de gauche, ont prévenu qu'elles ne cautionneraient pas la politique d'austérité de CiU. Or la Catalogne, l'un des moteurs économiques de l'Espagne, n'échappe pas à la crise, avec une dette qui représente 21 % de son PIB et un chômage à 22 %.

Dans la cafétéria du palais des sports, Laura Anreus, 32 ans, regarde d'un oeil distrait la performance d'Artur Mas. "L'indépendance, je n'y comprends rien, lâche cette mère de quatre enfants, employée dans un supermarché pour 600 euros par mois, tombée par hasard sur le meeting. Ce que je sais, c'est que les médicaments ont augmenté de 50 % et qu'au lieu de prendre aux riches, le gouvernement s'attaque aux pauvres..."

Son mari, ancien employé dans la construction, est au chômage depuis deux ans. Tous deux voteront pour la Plate-forme pour la Catalogne, un parti xénophobe qui surfe sur la vague de la crise en revendiquant "la priorité à l'emploi pour les gens d'ici".

Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)
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Re: Espagne

Messagede ivo » 28 Nov 2012, 18:45

Espagne
fr info
Les professionnels du secteur sanitaire public sont sur le pied de guerre depuis des mois. Ce mouvement surnommé "La marée blanche" est encore plus actif et revendicatif à Madrid.

Des milliers de blouses blanches ont manifesté contre les coupes budgétaires qui frappent le secteur de la santé en Espagne et contre la volonté du gouvernement régional de privatiser des hôpitaux et dispensaires. Ce n'est pas la première fois que ce secteur est touché par des coupes budgétaires. Parmi les mesures annoncées, la privatisation de six hôpitaux publics de la région et aussi de 27 centres de santé via l'externalisation de la gestion sanitaire.
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Re: Espagne

Messagede alcibiade » 05 Déc 2012, 12:53

Salut voici un texte d'Aout de courrier International issu d'un journal espanol : Publico .
Je m'excuse s'il est déjà ici (je n'ai pas tout lu) .
Il est significatif des luttes et de l'auto organisation immédiate et victorieuse .

Marinaleda est une ville sans chômage et aux loyers modiques. Alors que la politique d’austérité bat son plein en Espagne, son maire, Juan Manuel Sanchez Gordillo, a pris la tête d’un mouvement de résistance populaire.

Juan Manuel Sánchez Gordillo a fait la une des journaux ces derniers jours après avoir mené une “expropriation forcée” de produits alimentaires dans plusieurs supermarchés, au côté de ses camarades du Syndicat andalou des travailleurs (SAT), pour les distribuer aux plus défavorisés. C’est dire si cet homme est un dirigeant singulier au sein de la classe politique espagnole. Anticonformiste, il a été critiqué pour ses dernières actions, y compris dans les rangs de la coalition de gauche Izquierda Unida [l’équivalent du Front de gauche français], dont son organisation, le Collectif uni des travailleurs-Bloc andalou de gauche, fait partie depuis 1986.

Sánchez Gordillo est un dirigeant historique du Syndicat des ouvriers agricoles (SOC), colonne vertébrale de l’actuel SAT. En outre, depuis 1979, il est maire de Marinaleda, une petite localité [de près de 3 000 habitants] de la région de Séville. Là, grâce à la participation et au soutien des habitants, il a lancé une expérience politique et économique originale qui a fait de ce village une sorte d’île socialiste dans la campagne andalouse.
Avec la crise économique, Marinaleda a eu l’occasion de vérifier si son utopie sur 25 kilomètres carrés était une solution viable face au marché. Son taux de chômage actuel est de 0 %. Une bonne partie des habitants sont employés par la Coopérative Humar-Marinaleda, créée par les ouvriers agricoles eux-mêmes après des années de lutte. Longtemps, les paysans ont occupé les terres de l’exploitation agricole Humoso [qui appartenaient à un aristocrate] et à chaque fois ils étaient dispersés par la Guardia Civil [la gendarmerie espagnole]. “La terre est à ceux qui la travaillent”, clamaient-ils. En 1992, ils ont fini par obtenir gain de cause : ils sont désormais propriétaires de l’exploitation. Sur leur site web, ils précisent que leur “objectif n’est pas de faire des bénéfices, mais de créer des emplois par la vente de produits agricoles sains et de qualité”.

Ils produisent des fèves, des artichauts, des poivrons et de l’huile d’olive vierge extra. Les travailleurs eux-mêmes contrôlent toutes les phases de la production, la terre appartient à “l’ensemble de la collectivité”. L’exploitation comprend une conserverie, un moulin à huile, des serres, des équipements d’élevage, un magasin. Quel que soit leur poste, les travailleurs reçoivent tous un salaire de 47 euros la journée et travaillent 6 jours par semaine, soit 1 128 euros par mois pour 35 heures par semaine [le salaire minimum est de 641 euros].

En pleine saison, la coopérative emploie environ 400 personnes, une centaine au minimum. Mais chaque poste de travail n’est pas attribué à tel ou tel habitant : ils effectuent une rotation afin de s’assurer tous un revenu. “Travailler moins pour que tous aient du travail”, tel est le principe. Par ailleurs, certaines personnes travaillent de petites parcelles dont elles sont propriétaires. Le reste de la vie économique est constitué par des boutiques, des services de base et des activités sportives. Pratiquement, tous les habitants du village touchent autant qu’un travailleur de la coopérative.

Dans un entretien accordé à Público le mois dernier, Gordillo lui-même expliquait les répercussions de la crise à Marinaleda : “Elle se fait un peu sentir dans les prix des produits agricoles, dans le financement. Nous avons des problèmes de trésorerie, mais nous vendons bien les produits… D’une façon générale, la crise a été moins sensible dans l’agriculture et l’alimentation, souligne-t-il. Ce qui se passe, c’est que les gens qui avaient quitté la campagne pour travailler dans le bâtiment reviennent et cherchent du travail. Résultat, il faut non seulement maintenir l’emploi existant, mais l’augmenter, tout en sachant que l’agriculture bio crée plus d’emplois que l’agriculture traditionnelle. Pour sauver l’agriculture de la crise et de l’enchérissement des moyens de production agricole, nous essayons un commerce horizontal, avec un dialogue de coopérative à coopérative, et nous établissons des relations avec d’autres pays où il existe des expériences de ce type.”

Pendant les dernières décennies, dans une Espagne en proie au “boom de l’immobilier”, la spéculation s’est emparée du bâtiment. Marinaleda a décidé d’aller résolument à contre-courant. Il est possible d’y louer une maison en bon état, de 90 mètres carrés, avec terrasse, pour 15 euros par mois. Seule condition : chacun doit participer à la construction de son logement, suivant la philosophie horizontale qui préside à toutes les activités de Marinaleda. La municipalité a obtenu des lotissements en alternant achats et expropriations. Ainsi, elle propose des terrains et fournit le matériel nécessaire à la construction du logement. Celle-ci est confiée aux locataires eux-mêmes, à moins que ces derniers ne rémunèrent des gens pour les remplacer. Par ailleurs, la mairie emploie des maçons professionnels pour qu’ils conseillent les habitants et réalisent les travaux les plus compliqués. Dernier point, les futurs locataires ne savent pas d’avance quel logement va leur être attribué, ce qui favorise l’entraide.

“Quand on travaille à construire une maison, on est payé 800 euros par mois”, note Juan José Sancho, un habitant de Marinaleda. “La moitié du salaire sert à payer le logement.” Du haut de ses 21 ans, ce jeune homme fait déjà partie du “groupe d’action” de la municipalité, lequel a pour mission, via l’assemblée, de gérer les affaires courantes de la municipalité. Selon lui, “cette mesure a été prise pour qu’on ne puisse pas spéculer sur l’immobilier”.

Autrefois, une grande partie des ouvriers agricoles savaient à peine écrire. Ils disposent aujourd’hui d’une maternelle, d’une école primaire et d’un collège-lycée qui va jusqu’à la classe de seconde. La cantine ne coûte que 15 euros par mois. Toutefois, au dire de Sancho, “le taux d’échec scolaire est un peu élevé. Les gens ont un logement et un travail assurés, si bien que beaucoup ne voient pas l’intérêt de faire des études. C’est l’un des points que nous devons améliorer.”

L’engagement citoyen et la conscience politique des habitants de Marinaleda dépassent ceux de n’importe quel autre village de la région. “C’est aussi quelque chose de très présent parmi les jeunes, assure Sancho. Ici, tous les jeunes ont des idées politiques. Mais nous ne sommes tout de même pas aussi engagés que nos parents en leur temps. Eux, ils ont tout donné pour conquérir ce que nous avons.”

A Marinaleda, il n’y a pas de police, et les décisions politiques sont prises par une assemblée à laquelle tous les habitants sont appelés à participer. Quant au “groupe d’action”, il “traite toutes les questions urgentes, au jour le jour, explique Sancho. Ce n’est pas un groupe d’élus, ce sont des gens qui décident ensemble de la répartition des tâches qu’il faut mener à bien dans l’intérêt du village”.

En ce qui concerne les impôts, “ils sont très bas, ce sont les plus bas de toute la région”, à en croire Sancho. Les budgets sont décidés lors des réunions plénières de l’assemblée, au cours desquelles sont approuvés les différents postes. Ensuite, on procède quartier par quartier, car chacun d’entre eux comprend sa propre assemblée d’habitants, et c’est à cet échelon qu’on décide à quoi va être investi chaque euro du poste défini par la mairie.

Source: Courrier international
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Re: Espagne

Messagede altersocial » 06 Déc 2012, 12:07

Article très intéressant dans le dernier numéro d'AL :

Entretien avec deux syndicalistes de la CGT espagnole « Syndicats et assemblées dans le même cortège »

Le 14 novembre 2012, Alternative libertaire Montpellier a organisé une initiative libertaire unitaire de soutien aux luttes contre l’austérité. Dans un esprit de solidarité internationale, ce sont des camarades anarchistes révolutionnaires de la CGT espagnole qui sont venus s’exprimer sur leur combat en Espagne…Nous en avons profité pour les interviewer.

Alternative libertaire : Pouvez vous présenter en quelques mots votre syndicat ?

Enrique et Yurgo : La CGT est un syndicat anarchosyndicaliste qui vient de la CNT, à la suite d’une scission. La différence majeure se fait par rapport à comment mener le syndicalisme, par rapport à la participation dans les élections syndicales.

Au regard des différents plans d’austérité, quelle est aujourd’hui selon vous la situation sociale en Espagne ?

Il y a plus de cinq millions de chômeurs et de chômeuses en Espagne, il y a trois millions de gens qui n’ont aucun revenu, et qui sont complètement dépendants de leurs familles. C’est dramatique.

Il y a un grave problème social. Les gens sont vraiment dans la merde en fait ! En Catalogne par exemple il y a une personne sur quatre sous le seuil de pauvreté. Même dans les manifestations dites « alternatives » (qui regroupent la CGT et la CNT, entre autres), il y beaucoup de monde. Par exemple, dans celles du 14 novembre, il y avait 100 000 personnes, ce qui ne s’est jamais vu.


On sait que les divers plans d’austérité ont attaqué durement la fonction publique en Espagne, quelles en sont les conséquences sociales et où en est la fonction publique aujourd’hui en Espagne ?


Dans l’éducation, il y a de graves problèmes. Avant une classe comptait au maximum 25 élèves, maintenant c’est 30 et ça peut même aller jusqu’à 35. Dans la santé, les problèmes sont encore plus graves, il y a moins de moyens. Il y a plus d’heures de travail, des salles d’opération sont fermées, les listes d’attente sont plus longues, il y a moins de temps pour soigner les patients. Ça peut mener directement mais aussi indirectement à des décès. En ce moment certaines associations se préparent à dénoncer la situation auprès de l’Onu pour dénoncer des violations des droits de l’homme.

J’ai entendu parler d’hôpitaux en Espagne où il manquait de moyens pour payer les personnels soignants, mais ceux-ci ont quand même continué à travailler en se relayant à tour de rôle. Vous êtes au courant de cette lutte ?

Dans la santé, il y a des luttes. Cela se passe dans différentes régions, il y a constamment des luttes dans les hôpitaux. Le gouvernement est coincé, il a moins de marge de manœuvre que le gouvernement français par exemple. Il y a la troïka derrière eux. En Espagne, il faut vraiment que la lutte soit énorme pour que ça change la donne et mette la pression au gouvernement.

Que dire de la situation du logement en Espagne ?

Il y a beaucoup de luttes en rapport au logement. Les squats se développent. Avant c’était plutôt les jeunes ou les centres sociaux, mais ça s’élargit, et il y a un grand mouvement contre les expulsions. Dès qu’il y a une occupation, la CGT soutient en prêtant du matériel, des infrastructures, en étant présente.

Quelle a été l’importance du mouvement des Indigné-e-s (15 M), qu’est ce que ça signifie et où en est il aujourd’hui ?

C’est différent entre Madrid et Barcelone. À Madrid, il y avait vraiment des gens de plusieurs groupes politiques qui essayaient de travailler ensemble de manière constructive. Il y avait une certaine ouverture par rapport à l’étiquette politique. Par contre, à Barcelone, c’était très anti-organisation et anti-syndicat. Il n’était pas possible d’afficher une identité politique ou syndicale dans une manif par exemple. Ça n’empêche pas que dans des localités autour de Barcelone, il y a eu une grande implication de la CGT quand même.

Le 15 M est un mouvement qui est né spontanément, et qui mobilise de manière très variable.

En fait ce que le 15 M a donné c’est une grande infrastructure d’assemblées de quartier. Après, le 15 M est très difficile à cerner. Idéologiquement, c’est un mouvement très proche des idées anarchistes, mais il y a des gens issus de tous les courants dedans.

Étant donné qu’il y a beaucoup de chômage en Espagne, est-ce que les chômeurs s’organisent et comment ?

Quand on perd son emploi, on ne s’identifie pas forcément en tant que chômeur, ce qui freine les luttes de chômeurs.

La dernière crise remonte maintenant à trois ans et l’on voit que maintenant le début du mouvement des chômeuses et des chômeurs. C’est des petites associations à droite à gauche.

Dans la CGT ça commence à s’organiser. Jusqu’à présent les chômeurs à la CGT militaient sur des thèmes particuliers, distincts du syndicalisme. De cette façon, les chômeuses et les chômeurs trouvaient leur place dans le syndicat, mais sans avoir de section propre. C’est aussi dû au fait qu’à la CGT il n’y a jamais eu beaucoup de chômeurs, donc la question ne s’est pas posée dans ces termes.

Globalement quel est l’état des luttes en Espagne, et est-ce qu’il y a une convergence des luttes entre syndicats, organisations politiques et non organisés ?

Il y a eu convergence par exemple aujourd’hui dans la manifestation du 14 novembre, on a vu la CGT, CNT, le 15 M, les assemblées de quartier, dans le même cortège. Pour travailler avec la CNT c’est compliqué parce qu’il y a peu d’endroits où les deux syndicats sont présents.

Il est aussi difficile de travailler avec les syndicats d’accompagnement que sont l’UGT et les CCOO.

Durant les grèves du métro du 31 octobre à Barcelone, secteur dans lequel la CGT est majoritaire, nous avons réussi à pousser les autres syndicats à appeler aussi à la grève et ça a fonctionné. C’est la CGT qui a donné le rythme et dans ce sens là on peut dire qu’il y a eu du travail collectif avec les autres syndicats. Par exemple dans le rail c’est la même chose, la CGT est majoritaire et il est possible de travailler à une convergence des différents syndicats sur des bases de syndicalisme de lutte, les bases de la CGT.

Dans les lieux où la CGT est minoritaire c’est plus difficile de faire du travail commun avec les autres syndicats (UGT et Commissiones Obreras). La question est celle du poids qu’on pèse pour proposer des moyens de lutte nous permettant de faire un travail commun avec les syndicats.

Propos recueillis par Marine, André et Flo (AL Montpellier)
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Re: Espagne

Messagede altersocial » 09 Jan 2013, 18:11

Paroles ouvrières - La conscience de classe des mineurs des Asturies. Un clip assez court qui en dit long. Pour les anglophones & hispanophones (je n'ai pas trouvé en vostf) :

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Re: Espagne

Messagede digger » 09 Jan 2013, 19:05

Y font pas semblant les camarades espagnols...
Quelqu'unE aurait-il des infos sur ces tubes lanceurs ? curiosité toute théorique, évidemment.....
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Re: Espagne

Messagede Kzimir » 09 Jan 2013, 19:42

C'est des genre de patator non ?
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Re: Espagne

Messagede digger » 09 Jan 2013, 20:18

C'est ça, oui. Sophistiqué, encore un exemple du l'ingéniosité et du savoir faire de la classe ouvrière. Des lanceurs au gaz probablement, vu la fumée, plutôt qu'à air comprimé.
Doivent pas s'amuser les flics...
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