Si l’on veut faire entendre notre voix, nous n’avons pas de choix. Le 25 janvier, trois cent (300) parmi nous commencent la grève de faim. Notre point de lutte sera à Athènes et à Thessalonique.
Nous sommes des immigrés et des immigrées venu(e) s de toute la Grèce. Nous y sommes venu(e)s, persécut (é) s de la pauvreté, du chômage, des guerres et des dictatures. Les firmes multinationales occidentales et leurs servants politiques, implantés à nos pays ont fait leur choix pour nous : Risquer notre vie, 10 fois pour s’approcher de la porte européenne. L’Occident qui pille nos pays et ayant un niveau de vie meilleur-si l’on le compare à le notre- est notre seul espoir, si on veut vivre en tant qu’êtres humains. Nous sommes venus (par la voie légale ou pas) en Grèce et nous travaillons pour notre survie et pour la survie de nos enfants. Nous vivons dans la galère, et à l’ombre de l’illégalité au profit des patrons et des services étatiques qui à leur tour exploitent brutalement notre travail. Nous gagnons notre pain à la sueur de notre front et en rêvant qu’un jour nous allons acquitter des droits égaux.
A nos jours, les conditions de notre vie deviennent de plus en plus défavorables. Au fur et à mesure que les salaires et les retraites se voient rongés et que tous les prix augmentent, l’immigré figure comme le fautif, le coupable de la détérioration et de l’exploitation inhumaine des salariés grecs et des petits commerçants. La propagande fasciste et raciste est devenue la langue officielle des appareils étatiques. La terminologie fasciste est reproduite par les médias en cas où ces derniers font référence à nous. Les propositions fascicistes sont proclamées sous forme des propositions gouvernementales : le mur à Evros, les camps flottants et l’armée européenne à la mer égéenne, la répression brutale aux villes, les déportations massives. Ils font tous leurs efforts pour persuader les salariés grecs que nous consistons, tout d’ un coup, une menace pour eux et que nous sommes les seules coupables de l’attaque inédite et lancée par leurs propres gouvernements.
La réponse à leur mensonge et à leur barbarie continue doit être immédiate. Et c’est à nous, aux immigrés de la donner. Nous mettons en devant notre vie pour mettre fin à l’injustice commise à l’ égard de nous. Nous demandons la légalisation de tous les immigrés et de toutes les immigrées. Nous demandons des droits politiques et sociaux et des obligations égaux aux salariés grecs. Nous demandons par nos collègues, par n’ importe qui est tombé victime de l’exploitation de son sueur de front de rester solidaire. Nous demandons de soutenir notre lutte, de ne pas permettre à son pays la domination du mensonge, du fascisme et du despotisme des élites économiques et politiques. C’est à dire de ne pas permettre ce qui a prédominé à nos pays et qui nous a forcés à s’expatrier pour revendiquer une vie digne pour nous et pour nos enfants.
Nous ne disposons d’autre moyen pour se faire entendre notre voix et pour faire entendre la voix de notre raison.
Le 25 janvier, trois cents (300) d’ entre nous comment la grève de faim, à l’échelle nationale, à Athènes et à Thessalonique. Nous mettons en danger notre vie, parce qu’en tout cas il ne s’agit pas d’une vie digne. Nous faisons le choix de mourir ici au lieu d’hériter à nos enfants la vie que nous avons vécue.
Janvier, 2011 L’assemblée des immigrés, grévistes de faim
La Grèce dénonce une ingérence de l'UE et du FMI Reuters
La Grèce a accusé samedi l'Union européenne et le Fonds monétaire international d'ingérence dans ses affaires intérieures après avoir été invitée par ses créanciers à accélérer ses réformes et à procéder à davantage de privatisations.
Vendredi, des inspecteurs de l'UE et du FMI sont venus en Grèce examiner la mise en oeuvre du plan de sauvetage qui a permis à Athènes d'échapper à la faillite. Ils ont donné leur feu vert au déblocage d'une tranche d'aide de 15 milliards d'euros, mais ils ont été plus critiques que lors de leurs précédentes visites.
Après s'être vu reprocher par des médias locaux de n'avoir pas réagi à ces critiques, le gouvernement grec a déclaré que l'approche des inspecteurs était inacceptable.
Le Premier ministre George Papandréou s'est entretenu avec le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, et avec le commissaire européen aux Affaires monétaires, Olli Rehn, a rapporté son secrétariat.
Dans sa conversation téléphonique avec Dominique Strauss-Kahn, George Papandréou a "transmis le message du gouvernement grec concernant le comportement inacceptable des représentants de la Commission européenne, de la BCE (Banque centrale européenne) et du FMI lors de la conférence de presse d'hier", dit un communiqué du secrétariat de Papandréou.
Georges Petalotis, porte-parole du gouvernement grec, avait quelques heures auparavant déclaré: "Nous ne demandons à personne de s'ingérer dans les affaires intérieures (...) Nous ne prenons nos ordres que du peuple grec." Les inspecteurs étaient venus à Athènes évaluer les progrès réalisés au quatrième trimestre sur le plan de consolidation budgétaire de 110 milliards d'euros.
PROGRAMME DE PRIVATISATIONS "IRRÉALISABLE"
Ils ont reconnu que le programme était "sur les rails" et ils ont débloqué une nouvelle tranche de 15 milliards d'euros, mais ils ont estimé que le gouvernement devait procéder à beaucoup plus de privatisations.
Les prêteurs ont fixé un ambitieux programme, estimant que les privatisations devraient permettre de recueillir 50 milliards d'euros en 2011-2015. Le précédent objectif du gouvernement était de sept milliards d'euros en 2011-2013.
Lors de la conférence de presse, Poul Thomsen, chef de la délégation du FMI, a invité les Grecs à ne pas laisser "ceux qui ont des intérêts" personnels empêcher le plus grand nombre de profiter des privatisations.
Evoquant des groupes opposés à l'ouverture de professions strictement règlementées, il a dit: "Certains des groupes qui descendent dans les rues, les chauffeurs routiers, les pharmaciens (...) se cachent derrière leurs privilèges qui leur permettent d'extorquer des prix élevés, d'imposer un lourd fardeau au reste de la société".
Le ministre des Infrastructures, Dimitris Reppas, a jugé que le nouvel objectif pour les privatisations n'était pas réaliste.
"Recueillir 50 milliards d'euros d'ici 2015 grâce à la privatisation de biens de l'Etat n'est pas possible", a-t-il affirmé samedi à la télévision publique TV Net.
Un responsable du ministère des Finances avait néanmoins assuré vendredi que la Grèce avait accepté le nouvel objectif de 50 milliards d'euros.
Un porte-parole du FMI a déclaré que lors de sa conversation avec Papandréou, Strauss-Kahn avait dit que le programme budgétaire était sur les rails et avait "réaffirmé son respect le plus profond pour le gouvernement et le peuple grecs dans leurs efforts pour relever les défis économiques auxquels leur pays est confronté".
Appel des Immigrants, Grévistes de faim Grèce, Janvier 2011
Si l'on veut faire entendre notre voix, nous n'avons pas de choix. Le 25 janvier, trois cent (300) parmi nous commencent la grève de faim. Notre point de lutte sera à Athènes et à Thessalonique.
Nous sommes des immigrés et des immigrées venu(e)s de toute la Grèce. Nous y sommes venu(e)s, persécut(é)s de la pauvreté, du chômage, des guerres et des dictatures. Les firmes multinationales occidentales et leurs servants politiques, implantés à nos pays ont fait leur choix pour nous : Risquer notre vie, 10 fois pour s'approcher de la porte européenne. L'Occident qui pille nos pays et ayant un niveau de vie meilleur-si l'on le compare à le notre- est notre seul espoir, si on veut vivre en tant qu'êtres humains. Nous sommes venus (par la voie légale ou pas) en Grèce et nous travaillons pour notre survie et pour la survie de nos enfants. Nous vivons dans la galère, et à l'ombre de l'illégalité au profit des patrons et des services étatiques qui à leur tour exploitent brutalement notre travail. Nous gagnons notre pain à la sueur de notre front et en rêvant qu'un jour nous allons acquitter des droits égaux.
A nos jours, les conditions de notre vie deviennent de plus en plus défavorables. Au fur et à mesure que les salaires et les retraites se voient rongés et que tous les prix augmentent, l'immigré figure comme le fautif, le coupable de la détérioration et de l'exploitation inhumaine des salariés grecs et des petits commerçants. La propagande fasciste et raciste est devenue la langue officielle des appareils étatiques. La terminologie fasciste est reproduite par les médias en cas où ces derniers font référence à nous. Les propositions fascicistes sont proclamées sous forme des propositions gouvernementales : le mur à Evros, les camps flottants et l'armée européenne à la mer égéenne, la répression brutale aux villes, les déportations massives. Ils font tous leurs efforts pour persuader les salariés grecs que nous consistons, tout d' un coup, une menace pour eux et que nous sommes les seules coupables de l'attaque inédite et lancée par leurs propres gouvernements.
La réponse à leur mensonge et à leur barbarie continue doit être immédiate. Et c'est à nous, aux immigrés de la donner. Nous mettons en devant notre vie pour mettre fin à l'injustice commise à l' égard de nous. Nous demandons la légalisation de tous les immigrés et de toutes les immigrées. Nous demandons des droits politiques et sociaux et des obligations égaux aux salariés grecs. Nous demandons par nos collègues, par n' importe qui est tombé victime de l'exploitation de son sueur de front de rester solidaire. Nous demandons de soutenir notre lutte, de ne pas permettre à son pays la domination du mensonge, du fascisme et du despotisme des élites économiques et politiques. C'est à dire de ne pas permettre ce qui a prédominé à nos pays et qui nous a forcés à s'expatrier pour revendiquer une vie digne pour nous et pour nos enfants.
Nous ne disposons d'autre moyen pour se faire entendre notre voix et pour faire entendre la voix de notre raison.
Le 25 janvier, trois cents (300) d' entre nous comment la grève de faim, à l'échelle nationale, à Athènes et à Thessalonique. Nous mettons en danger notre vie, parce qu'en tout cas il ne s'agit pas d'une vie digne. Nous faisons le choix de mourir ici au lieu d'hériter à nos enfants la vie que nous avons vécue.
Janvier, 2011
L'assemblée des immigrés, grévistes de faim
appel à rassemblement de solidarité, à Paris mardi 22 février :
Rassemblement de soutien aux 300 sans papiers grévistes de la faim à Athènes
Solidarité avec les migrants en grève de la faim à Athènes
Trois cent migrants ont entamé une grève de la faim dans les villes d'Athènes et de Thessalonique depuis le 25 janvier 2011. Ce mouvement est parti de Crête autour de l'Appel des migrants (voir ci-dessous) face à l'absence totale de processus de régularisation depuis l'année 2006. Ils revendiquent la « légalisation de tous les migrants » et leur pleine reconnaissance au sein de la société grecque.
Cette grève se situe dans le cadre de l'attaque néo-libérale menée par le gouvernement grec, à l'instar des autres gouvernements européens, qui aboutit à la déstructuration du travail et de tous les acquis sociaux. Dans ce contexte, les conditions socio-économiques dramatiques que vit l'ensemble de la population grecque, aggravées par les mesures récentes du FMI, favorisent la montée du racisme et de la xénophobie, faisant des migrants les boucs émissaires de l'insécurité sociale et du chômage. En dénonçant les grévistes de la faim comme des dangers pour la société, le gouvernement, par une campagne médiatique, justifie la mise en place de politiques racistes de répression et la criminalisation des migrants et de leurs soutiens, allant jusqu'à la construction d'un mur à la frontière terrestre avec la Turquie, nouveau mur de l'apartheid après ceux du Mexique, du Maroc, sans compter celui qui transforme la Palestine en bantoustans
La lutte des migrants en Grèce rejoint celle que mènent les travailleurs et travailleuses sans papiers en France qui, après 9 mois de grève, et l'occupation des marches de l'Opéra Bastille puis de la Cité nationale d'histoire de l'immigration, sont toujours en lutte face à un gouvernement qui ne tient pas les engagements pris le 18 juin 2010.
Elle rejoint la lutte de tous ceux qui sont sortis dans les rues de Tunisie, d'Egypte, d'Algérie et d'ailleurs, pour exiger leurs droits au travail et à la dignité.
Nous assurons de notre solidarité et de notre soutien militant ces trois cents migrants qui entament leur vingt-deuxième jour de grève de la faim à l'heure où nous écrivons et nous appelons tous les partis, syndicats, associations et militants individuels
• à se joindre à cet appel en ajoutant leur signature • à envoyer des messages de soutien en se rendant sur leur site http://hungerstrike300.espivblogs.net/ • à venir au rassemblement mardi 22 février à 17h30, place Edouard Herriot, métro assemblée nationale
Saint Denis,
le 15 février 2011
Premiers signataires : • Collectif antiraciste de Saint Denis • Coordination 93 de lutte pour les sans papiers • Initiative de soutien aux 300 sans-papiers grévistes de Grèce • Le Mouvement de la Paix
(D'Athenes) Les greves generales contre la cure d'austerite imposee par le gouvernement socialiste pour repondre aux exigences de l'Union europeenne, de la BCE et du FMI, se multiplient en Grece.
La derniere en date, cette semaine, a ete particulierement violente. Mais face a une misere grandissante et des syndicats incapables de repondre a la colere, cette violence va s'amplifier. (Voir la video)
Mercredi, les journaux grecs titraient: "La premiere greve generale de l'annee", comme on signale un rendez-vous habituel. Tous les deux mois, apres la visite des inspecteurs de la "troika" (c'est ainsi que l'on surnomme en Grece l'Union europeenne, la Banque centrale europeenne et le Fonds monetaire international) ou avant l'annonce d'une nouvelle mesure draconienne du gouvernement socialiste, le meme rituel se met en place: les deux grandes centrales syndicales du pays, l'Adedy (public) et la Gsee (prive) organisent une greve generale.
Happening social
Leur defile part de l'Ecole polytechnique, lieu emblematique de l'histoire du pays, tandis qu'au meme moment, les membres du Pame, front syndicaliste communiste, demarrent en rangs serres a un autre bout de la capitale. Tous se rejoignent sur la place centrale, ou a lieu le grand happening.
La derniere fois, c'etait avec, au loin, cette grande banderole adossee aux flancs de l'Acropole "Peuples d'Europe, soulevez-vous". Cette fois-ci, juste devant la place du Parlement hellenique, une jeune fille symboliquement immolee sur un cercueil, surmonte d'un gigantesque panneau noir "Nous agonisons".
Et bien sur, pour que les images soient diffusees dans le monde entier, les inevitables incidents violents, jeunes activistes contre CRS mobiles, sur fond de scene enfumee par les cocktails Molotov et les gaz lacrymogenes. Puis tout le monde rentre chez soi. Rendez-vous a la prochaine, dans deux mois?
Un Grec sur quatre sous le seuil de pauvrete
Ce scenario repetitif preterait a sourire si la realite grecque n'etait pas tragique. Le PIB a recule de 1,4% au quatrieme trimestre 2010 par rapport au troisieme trimestre, le chomage affiche un taux record de 15%, le cout de la vie est en hausse constante, du fait de la baisse des salaires et de l'augmentation des taxes impots, l'inflation grimpe a 5%, et la consommation s'effondre.
Un Grec sur quatre vit desormais sous le seuil de pauvrete (on commence a voir a Athenes des "cartoneros", phenomene caracteristique de la misere urbaine sud-americaine) et une majorite des jeunes (le plus fort taux de diplomes d'Europe) ne songe qu'a s'expatrier.
Face a cette realite sans fard, les reponses des institutions politiques et sociales tournent en rond. Celles du gouvernement socialiste ont pour principal leitmotiv "ou nous vaincrons ou nous coulerons". Il propose comme unique solution une privatisation a outrance des services publics.
Quant aux syndicats, leur rhetorique est usee jusqu'a la corde. Comme le discours prononce par Giannis Panagopoulos, president de GSEE.
"Cette situation ne peut continuer. Le remede est pire que le mal. Il rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Nous demandons au gouvernement de stopper cette politique, de rendre aux retraites leurs treizieme et quatorzieme mois de retraite et de prendre des mesures immediates pour juguler le chomage. Nous continuerons notre lutte car cette politique n'a pas d'avenir."
Rage et impuissance
Tous les signes d'une mobilisation etaient la pourtant lors de la greve generale de mercredi dernier: participation plus massive que les derniers mois, salaries du public et du prive ensemble dans les rues de plusieurs villes du pays. De nombreux secteurs ont ete touches par la paralysie.
Aucun transport urbain, sauf le metro. Les medias ont observe une greve de 24 heures. Pharmacies, banques, cabinets avocats fermes. Nombre de vols ont ete annules du fait, notamment, de la greve des controleurs aeriens. Les ferries sont restes a quai. Dans les hopitaux, seules les urgences assuraient un service de garde tandis que les ecoles n'ont accueilli aucun enfant. Repondant a l'appel de leur Union professionnelle, les commerçants ont garde porte close, indiquant:
"Nous fermons aujourd'hui pour ne pas fermer pour toujours."
Et ce, dans un contexte tres tendu de greves quasi quotidiennes ces derniers mois.
Ce mecontentement de la population, face a la cure d'austerite imposee par un gouvernement considere comme le pantin de la troika, ne reussit finalement qu'a exprimer de la rage et de l'impuissance. Il peine a trouver une portee efficace, tant la societe grecque reste encore trop engluee dans des entrelacs d'interets ou tout le monde est "mouille".
Probable explosion
La crise n'a pas fait encore assez mal, le matelas de l'economie informelle ou la flexibilite de la main d'œuvre immigree jouant encore le role d'amortisseur social. Cette "revolte" n'est pas suffisamment determinee, surtout si on la compare avec ce qui se passe en ce moment de l'autre cote de la Mediterranee, pour peser dans la balance politique. Elle ne fait que repeter un scenario qui va finir par lasser et laisser la place a de veritables explosions.
L'apparence soft du mouvement des "Robins des consoles" (des groupes activistes qui envahissent par a coup des supermarches et redistribuent les denrees aux demunis) ou celle des "Nous ne payons pas" (le mouvement de protestation ludique contre la hausse des peages ou des titres de transport) va laisser place a une vraie violence ou les corps intermediaires seront balayes. Et cette fois-ci, ce ne sera pas du chique.
T. Pagkalos chassé de la Fondation hellénique de Paris
Au 33e jour de la grève de la faim des 300 immigrés en Grèce, l’initiative de solidarité a décidé d’assister à la soirée organisée par la Fondation Hellénique en hommage à l’œuvre du metteur en scène Costa Gavras . Au programme figuraient l’intervention du metteur en scène, ainsi que la projection de son film, « Eden a l’Ouest », portant sur l’immigration « illégale ». Nous avons considéré qu’il était de notre devoir de participer à cet événement afin d’informer les Français et Grecs présents sur la situation des grévistes de la faim et sur la position ferme et intransigeante du gouvernement grec. Une heure avant l’événement, nous nous sommes rassemblés, nous avons hissé une banderole à l’entrée de la Fondation et nous avons distribué des tracts de solidarité. Sur autorisation des organisateurs, nous sommes ensuite entrés dans la salle afin de suivre l’intervention du metteur en scène, ainsi que la projection du film.
A notre grande surprise, est entré dans la salle le vice-président du Gouvernement grec, Theodoros Pagkalos. Spontanément, nous avons pris la parole en demandant son départ. A l’heure où plusieurs des 300 grévistes de la faim ont déjà subi des séquelles irréversibles sur leur santé et deux jours après la grande grève générale en Grèce, la présence de T. Pagkalos constitue une provocation.
Nous avons essayé d’informer le public sur les raisons de notre indignation alors que la direction de la Fondation tentait d’empêcher notre intervention. Nous avons scandé des slogans manifestant notre solidarité au combat des immigrés en Grèce ainsi que des slogans contre la politique du gouvernement grec et du FMI. En réponse, T. Pagkalos nous a invité à un rendez-vous le lendemain. A l’heure où le gouvernement refuse d’écouter la société grecque (et donc les immigrés), nous considérons toute invitation à une discussion amicale – « dialogue » comme un stratège, un artifice, une moquerie.
Après avoir refusé de répondre à toute question concernant la position du gouvernement sur la légalisation des grévistes de la faim, le vice-president du gouvernement a quitté les lieux avant de lancer un « annulez » et en insultant tous ceux qui l’interpellaient. Les personnes présentes sur les lieux se sont montrées solidaires et sont restées dans la salle en demandant que la projection ait lieu. Cependant, la direction a décidé de façon autoritaire d’exécuter fidèlement la volonté de T.Pagkalos.
Le fait que Theodore Pagkalos ait été chassé ce jour de la Fondation Hellénique à Paris revêt une importance politique particulière. Au moment où des migrants se noient dans la mer Egée, où des murs sont construits le long de l’Evros (fleuve séparant la Grèce et la Turquie), où 300 hommes risquent de perdre leur vie, et alors que le gouvernement grec poursuit son attaque anti-travailleurs contre la société grecque, les membres du gouvernement ne sont légitimes ni politiquement, ni physiquement.
VICTOIRE AU COMBAT DES IMMIGRES – EXPULSION DU FMI ET DU GOUVERNEMENT
Initiative de solidarité aux 300 immigres grévistes de la faim
Initiative des travailleurs et étudiants grecs de Paris
La grève de la faim des 300 immigrés entre dans une phase critique
Maintenant, au bout de 35 jours, le mouvement des grévistes entre dans une phase critique. A Paris, le 26 février, une action de soutien à la grève de la faim en Grèce a été menée et le vice-président grec a été chassé.
La situation sanitaire des grévistes ne cesse d’empirer. Le 27 février, les 50 grévistes de Thessalonique annoncent qu’ils ne prennent plus de sucre, continuant seulement avec du sel et de l’eau.
Le même jour, 16 immigrants en grève de la faim ont été transférés dans des hôpitaux, pour des évanouissements et des nausées. Tous les jours, plusieurs d’entre eux sont ainsi hospitalisés.
A la date du 28/02, on comptait 42 grévistes ayant été transférés. La police exige du personnel médical qu’il donne le nom des hospitalisés.
Les actions se multiplient en Grèce : occupations de bâtiments, ministère du travail, studios de télévision...
En même temps que le soutien s’élargit ces derniers jours : syndicats, associations, intellectuels, artistes, chaque jour les communiqués et les appels à la solidarité affluent, de nouvelles initiatives surgissent. Mais, le gouvernement ne cède rien.
C’est le moment critique où il faut mettre le gouvernement grec sur la défensive et le faire plier.
. . . . . . . . . .
Lyon, 11 mars, soirée de soutien :
Soirée de soutien aux 300 immigrés grévistes de la faim en Grèce
Atelier des Canulars, Vendredi 11 mars 2011 à 20h 91, rue Montesquieu, Lyon 7e.
Depuis le 25 janvier, environ 300 immigréEs ont commencé une grève de la faim, à Athènes et à Thessalonique. Ils réclament les mêmes droits politiques et sociaux que les travailleurs et travailleuses grec-que-s, leur régularisation et surtout une vie plus digne. Après plus qu’un mois de lutte, la plupart d’entre eux/elles présentent des troubles de santé, peut-être irréversibles.
Des nombreuses actions de solidarité ont eu lieu partout dans le pays (rassemblements, manifestations, déploiements de bannières, occupations des bâtiments publics, interventions sur les chaines de télé, de radio, pendant des évènements culturels, etc), ainsi qu’à l’étranger. Les pressions créées par tous ces mouvements de solidarité peuvent amener la victoire !
C’est pourquoi venez nombreux et nombreuses à la soirée de soutien à Lyon, à l’Atelier des Canulars le Vendredi 11 mars à 20h. Au programme, une discussion sur la lutte des 300 et sur la situation des immigréEs en Grèce en générale, suivie d’une bouffe et de musiques grecques. Les sous récoltés seront directement envoyés aux 300.
Des propositions d’autres actions de solidarité peuvent également être discutées. Vue la rapidité de l’organisation de cette soirée et vue l’urgence de la situation, merci de faire circuler l’info. Les immigréEs en Grèce peuvent et doivent gagner !
Soirée organisée par des étudiant/es et travailleurs/es grec/ques
Paris, 7 mars, 18h, rassemblement de soutien devant l'Ambassade de Grèce, 17 Rue Auguste Vacquerie, Paris
Urgence Grèce !
Rassemblement à paris de soutien aux travailleurs sans papiers en grève de la faim
Le lundi 7 mars 2011 - de 18h à 20h devant l'ambassade de Grèce
Les 300 travailleurs sans papiers en gréve de la faim à Athènes et à Thessalonique on décidé lundi de cesser de prendre du sel et du sucre avec l'eau qu'ils boivent. Ce pas en avant dans le désespoir est le résultat du refus obsessionnel du gouvernement grec de prendre en compte leurs revendications. Après les avoir insultés, chassés de l'université de droit et dénigré leur combat, après avoir criminalisé 8 soutiens en les renvoyant devant la justice, le gouvernement s'apprête à les laisser mourir. Aujourd'hui plus de 66 grévistes ont déjà été hospitalisés, tant à Athènes qu'à Thessalonique. Rappelons que l'obtention de papiers en Grèce était auparavant soumise à la condition de travail. Que le refus du patronat Grec de délivrer des contrats en bonne et due forme à eu pour effet le non renouvellement de leurs papiers pour 150 000 travailleurs. Dans un contexte de répression européenne accentué à l'encontre de tous les migrants, la solidarité internationale est une nécessité.
Le secrétariat International de la CNT française apporte un soutien total à leurs revendications de régularisation, d'égalité des droits, et de dignité pour :
• Que les permis de séjour ne soient plus dépendants du fait d'avoir un emploi. • Que tous ceux qui ont perdu leur permis pour la raison ci-dessus soient régularisés à nouveau. • La défense de tous ceux dont la demande a été rejetée en 2005, après que le dépôt de leur demande ait été accepté et après avoir été forcés de payer des milliers d'euros chacun. • La mise en place d'une procédure permanente et ouverte à la régularisation complète, qui traitera les demandes. • L'abandon de toute poursuite à l'encontre des camarades qui ont agit en solidarité avec les grévistes. La CNT n'oublie pas également les grévistes de la faim actuellement au Centre de Rétention de Vincennes et appel à la mobilisation contre la répression policière et étatique à l'encontre des migrants. Liberté de circulation et liberté d'installation !
Les travailleurs n'ont pas de pays,
Les travailleurs n'ont pas de patrie ! Solidarité internationale !
Rassemblement à l'initiative du Secrétariat International de la CNT
10 mars, journée internationale de solidarité
Journée internationale de solidarité aux « 300 »
Depuis le 25 janvier 2011, 300 travailleurs sans-papiers ont entamés une grève de la faim à Athènes et Thessalonique. Cette lutte est celle de tous les immigrés et de tous les travailleurs dans le monde.
Publiez, imprimez et diffusez autant que possible le texte qui suit
Conseils pour voyager en Grèce :
Vous savez sans doute que la Grèce avec sa gastronomie délicieuse et son hospitalité légendaire est un pays magnifique à visiter. Attention : ce n’est qu’une facette de ce pays paradisiaque. La réalité pour des centaines de milliers de visiteurs est complètement différente… Il y a une menace constante de violation des droits de l’Homme. Les expatriés et visiteurs qui traversent les frontières grecques risquent la déportation ou le transfert dans des centres de rétention pendant 2 à 4 mois, voire plus. Ceux qui passent entre les mailles du filet, sans papiers ni droits civils, se font exploiter en travaillant dans l’agriculture ou les industries locales. Certains sont récupérés par le crime organisé, quand d’autres deviennent vendeurs ambulant… Visiteurs faites désormais attention aux abus, à l’intolérance, la haine, aux mensonges et à la violence arbitraire de l’état Grec. 500 000 travailleurs sans papiers sont exploités dans le but de relever l’économie du pays. L’année dernière, environ 140 000 immigrés ont passé la frontière dans l’espoir d’une vie meilleure. La plupart d’entre eux, en situation irrégulière, sont traités comme des esclaves modernes. Depuis le 25 janvier 2011, 300 travailleurs sans papiers vivant en Grèce (Athènes et Thessalonique) depuis des années ont entamé un large mouvement de grève de la faim afin d’exiger leurs régularisations. Leur lutte est celle de tous les immigrés : travailleurs et citoyens du monde. Nous demandons à chacun d’organiser des actions contre le tourisme grec…15% du PIB du pays provient du tourisme. La liberté de circuler -tourisme et migration- est un droit et une liberté fondamentale. Une cible facile que vous pouvez trouver dans chaque pays : Greek National Tourism Organization. Vous pouvez par exemple bloquer, occuper manifester ou diffuser ce texte devant ou autour des bureaux de la Greek National Tourism Organization. Toute autre action est la bienvenue !(Vous pouvez trouver sur ce site les adresses des Greek National Tourism Organization ) Si il n’y a pas de Greek National Tourism Organization dans votre ville vous pouvez aussi cibler les ambassades, consulats ou entreprises grecques. Ou simplement organiser des manifestations.
300 assassinats ou régularisations
Logo de la journée internationale de solidarité
À Lyon, rassemblement de soutien « aux 300 » ce jeudi 10 mars à 19h devant le consulat de Grèce 7, rue Barrème - Lyon 6e. .
La lutte des grevistes de la faim a eu gain de cause !
Sous la pression des milliers de personnes solidaires partout dans le monde, le gouvernement grec a été obligé de donner raison aux 300 grevistes ! ! ! Merci à tous pour votre soutien et merci pour tout ce que vous avez fait. La solidarité et l'humanité ont gagné une bataille de plus.
Les grévistes de la faim ont obtenu : la réduction du nombre de jours travaillés nécessaire au renouvellement du permis de séjour (passe de 180 jours de travail par an à 120) ; la réduction des années de travail nécessaires pour obtenir la carte de séjour (de 12 à 8) ; une période de grâce -renouvelable chaque 6 mois jusqu'à ce qu'ils complètent les 8 années dont ils ont besoin pour acquérir le droit de séjour. De plus, ils ont obtenu le droit d’accès à la sécurité sociale avec 50 jours de travail par année (pour les travailleurs grecs aussi! !), et l’accès aux documents de voyage leur permettant de visiter leurs pays d'origine.
11 mai : violente répression policière contre le mouvement social en Grèce.
Communiqué de la Fédération anarchiste 15 mai 2011
Le 11 mai, un appel à la grève générale a été lancé en Grèce. La manifestation a été brutalement réprimée à Athènes. Cette attaque policière survient dans un climat de tension : inculpation de 3 militants pour des faits qui se sont passés le 5 mai dernier (mort de 3 employés de banque dans un incendie suite à une manifestation contre la crise et les mesures d'austérité), attaque par les fascistes des lieux occupés.
Lorsque la manifestation, regroupant plusieurs dizaines de milliers de personnes, a débuté, la police a attaqué violemment le cortège libertaire et les syndicats de base. Il y a eu plusieurs blessés et des dizaines d'arrestations. Un manifestant est entre la vie et la mort. Le gouvernement grec est accusé de tentative de meurtre par les manifestants.
La Fédération anarchiste apporte son soutien aux manifestants, aux mouvements sociaux et aux groupes anarchistes impliqués dans la lutte contre les mesures de régression sociale imposées par le gouvernement grec et le FMI. Nous condamnons la répression policière et la violence étatique. Nous soutenons le mouvement anarchiste grec, qui comme dans d'autres pays, construit les nouvelles formes de résistance sociale.
C'est toi qui l'a faite cette chanson? C'est pas mal même si je t'avoue ne pas comprendre ta strophe en grec. Allez, soutenons mes compatriotes grecs que je rejoindrai dans un peu pus d'un moi.
"De chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins". Karl.
Lukullus a écrit:C'est toi qui l'a faite cette chanson? C'est pas mal même si je t'avoue ne pas comprendre ta strophe en grec. Allez, soutenons mes compatriotes grecs que je rejoindrai dans un peu pus d'un moi.
"Milisse Mou" veut dire en grecque "Parle moi" , je n'ai fait que reprendre cette chanson au moment des premières vagues de révoltes grecques suite à l'assassinat du jeune anarchiste Alexis.
les paroles ont été écrites par le poète grec Nikos Gastos, et la musique composée par Manos Hadjidakis. C'est Nana Mouskouri qui l'avait chantée en grec et aussi en français mieux que moi mais elle ne la précédait pas d'un "salut à nos camarades grecs"
La Grèce est un superbe pays que j'aime particulièrement où comme partout ailleurs, les gens pourraient vivre contents si le système ne leur pourrissait pas la vie. Nous les soutenons dans leur lutte qui est aussi la notre même si pour le moment elle n'éclate pas encore chez nous.
Pour te faciliter la compréhension de la chanson ci joint les paroles originales ( que je prononce très mal en grec dans ma petite reprise ) avec la traduction en anglais à chaque vers :
Aniksa ston kipo mou pigadi i drilled a well in my gargen Na potizo ta poulia for the birds to drink (to water the birds) Na 'rhesse ki esy proi ke vradi for you to come morning and evening San mikri drossostalia like a small waterdrop
Irthes mia vradia me ton agera you came one night with the wind Anastenakse i kardia and the heart suspired Sou 'pa me lachtara kalispera i told you (very emotional) good evening Ke mou ipes eche yia and you told me good bye
Milisse mou milisse mou speak to me, speak to me Den se filissa pote mou i have never kissed you Milisse mou milisse mou Pos na se xehaso pes mou how can i forget you, tell me Milisse mou milisse mou Den se filissa pote mou Milisse mou milisse mou Mono st' oniro mou se filo i kiss you only in my dream
Fitepsa stin porta sou hortari i plant grass in front of your door Na 'chis iskio ke drosia for you to have shadow and coolness Ki irtha prin allaxi to fengari and i came before the moon change Na sou fero zestasia to bring you warmth
S' evyala stou iliou t' anifori i took you out to the suns uphill Sta sokkakia ta platia in the wide backstreet Ma irthe pagonia ke kserovori but then came cold and (kserovori?) Ke de m' anapses fotia and you didnt light a fire
Lukullus a écrit:Je suis moi-même moitié grec, et pour cette raison je le parle aussi bien que le français. (à la différence près que je vis en France)
Je comprends mieux le sens de ta remarque quand tu disais que tu ne comprenais rien à ce que je disais en grec
Sinon : Rassemblement ce soir Dimanche en solidarité avec les indignés d'Espagne rejoints par les grecs 19h , place Garibaldi - Nice.