Québec

Saguenay: Grève sauvage à mine Niobec de Saint-Honoré

Messagede chaperon rouge » 27 Oct 2009, 22:06

Publié sur Radio-canada.ca aujourd'hui : "Les employés de la mine de Saint-Honoré refusent de travailler tant que l'employeur n'aura pas réglé les problèmes relatifs à l'horaire de travail.


Les quelque 75 travailleurs de la mine Niobec de Saint-Honoré ont décrété un arrêt de travail depuis lundi soir. Les mineurs refusent de descendre dans la mine tant que l'employeur n'aura pas réglé les problèmes relatifs à l'horaire de travail.

Les mineurs dénoncent les horaires de 60 heures. Ils souhaitent obtenir les mêmes horaires que leurs collègues de la mine Doyon, à Val-d'Or, en Abitibi-Témiscamingue, aussi propriété de la société Iamgold.

« Sous terre ce n'est pas un milieu de travail qui est sain. On parle des conditions de travail qui sont ardues. On parle des conditions de température, on parle d'effort physique, on parle de cadence de travail qui est assez soutenue », indique le président du syndicat, François Plourde.

Actuellement, la production de la mine est maintenue par trois employés non syndiqués.

De son côté, la direction de l'entreprise déplore par voie de communiqué cet arrêt des activités. Deux rencontres étaient en effet prévues cette semaine entre le syndicat et l'employeur pour discuter de l'horaire de travail.

Pour sa part, le syndicat affirme ne pas être à l'origine de ce débrayage. François Plourde dit cependant appuyer les travailleurs dans leurs revendications. Selon lui, une dizaine de rencontre ont eu lieu avec l'employeur depuis le début de l'année pour corriger la situation, sans donner de résultats probants.

Niobec espère un règlement rapide du conflit et un retour au travail dans les plus brefs délais."


Commentaire envoyé sur le site:
"Bravo les mineurs ENFIN vous vous tenez ne lachez pas et tenez les en lesse ,cette compagnie IAM Gold a les moyen . Vous avez des conditions tres difficiles je le sait j'y ai travaillé pres de 30 ans Vos horaires de travail son tres dur 10 hrs sous terre durant 6 jours vous ne voyez pas vos familles ni la lumière durant la longue hiver , vous montez de sous terre tôt le matin , y fait encore noir ,vous vous couchez et au levez y fait encore noir , et la vous partez pour vous engoufrez encore 10 hrs sous terre et ca 6 jours de suite Ce n'est pas humain cet horaire de travail Tenez vous solidaire les mineurs . Il serait tres souhaitable si les autres groupes de travailleurs ( Surface ,convertisseur, et concentrateur vous appuis,a cette revendication . BONNE CHANCE LES GARS."



Les travailleurs occupent la salle de cuisine depuis hier. Le débrayage est illégal puisque leur convention collective est encore en vigueur et il a été effectué contre l'avis du syndicat puisque les mineurs étaient excédés. La direction, par voie de communiqué, demande présentement le retour au travail sans accorder le réaménagement des horaires.
GUERRE À LA GUERRE, À BAS TOUTES LES ARMÉES
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Front commun au Québec

Messagede Phébus » 01 Nov 2009, 00:44



Le 30 octobre 2009, quelques 2000 membres du Font commun du secteur public sont aller déposer leurs demandes au Conseil du trésor. Voici quelques images de ce rassemblement.
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Re: Front commun au Québec

Messagede Pïérô » 03 Nov 2009, 12:59

Ma question va porter un peu sur la réalité syndicale au Québec. Qu'elle est elle ?
Y a t'il se qu'on appelle ici du syndicalisme révolutionnaire, de lutte et de transformation sociale...?
Et que représente ce front commun ? Qu'est-ce qu'il porte ? Y a t'il des volontés de convergences avec le privé ? etc, etc... :D
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Re: Front commun au Québec

Messagede Phébus » 03 Nov 2009, 14:44

La situation syndicale québécoise est particulière. Structurellement, c'est plutôt singulier. Nous avons à la fois le modèle anglo-saxon (adhésion syndicale obligatoire, cotisation prélevée automatiquement) et le pluralisme (plusieurs centrales concurrentes issues de tradition différentes).

Il n'y a pas de tradition syndicaliste révolutionnaire. Zéro, niet, nada. Il y a eu un moment, durant les années 1960 et 1970, où il y avait un syndicalisme dit de combat. Aujourd'hui, il ne reste plus que le pragmatisme tendance CSI. La ligne de fracture se situe entre un syndicalisme démocratique et un syndicalisme d'affaire (ce qui recouvre souvent une fracture historique entre syndicalisme catholique versus syndicalisme américain).

Ensuite, ça dépend beaucoup de la pratique à la base. Certains syndicats sont plus combatifs, d'autres moins. Certains sont très politiques, d'autres pas du tout. Je dirais que la norme c'est d'avoir des syndicats démobilisés, peu démocratiques et peu politiques qui ne sont souvent, aux yeux des syndiqués, qu'une sorte de compagnie d'assurance.

Le Front commun dont il est question est conjoncturel. Il n'existe que pour surmonter la fragmentation syndicale dans le secteur public afin de réussir à obtenir des conventions collectives négociées cette fois plutôt qu'une convention imposée par décret par le gouvernement. La mobilisation est très inégales selon le secteur. Certains appareils bureaucratiques et directions font un effort réel de mobilisation, d'autres pas du tout. Mais on est vraiment juste au début de la mobilisation.
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Re: Front commun au Québec

Messagede berneri » 03 Nov 2009, 23:37

Salut,
y a t il des camarades libertaires dans ces syndicats et ces mobilisations et que pensent-ils de la situation?
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Re: Front commun au Québec

Messagede Phébus » 03 Nov 2009, 23:54

Jusqu'à maintenant, les camarades à qui j'en ai parlé ont des opinions qui vont dans toutes les directions et qui reflètent pas mal l'état des lieux dans leur propre lieu de travail. Il faut dire que chacun est pas mal laissé à lui-même et qu'il n'y a pas encore de réseau de syndicalistes libertaires organisé malgré quelques tentatives.
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15 000 personnes contre le budget à Montréal

Messagede Phébus » 02 Avr 2010, 03:32

Le 1er avril 2010 quelques 15 000 personnes ont envahi le quartier des
affaires à Montréal à l'appel de plus de 95 organisations syndicales,
populaires, féministes et étudiantes. Première étape d'une riposte
unitaire contre le budget libéral? Seul l'avenir le dira. En tout cas,
c'était une belle manif de type grande procession populaire, très
diversifiée, unitaire et combative (au moins au niveau du discours...).

==> Notre photo-reportage
http://www.flickr.com/photos/10060289@N05/sets/72157623625976023/show/

* * *

Texte du tract diffusé par l'UCL

Contre les privatisations et les hausses de tarifs :
SEULE LA LUTTE PAIE !


On le sait maintenant, le budget déposé le 30 mars par le ministre Bachand
introduit une foule de mesures toutes plus régressives les unes que les
autres. Quʼon songe seulement à lʼinstauration de nouveaux frais
en santé ou lʼaugmentation rapide de la taxe de vente (TVQ). Les
riches sʼen tireront assez bien, comme dʼhabitude. Rien dans ce
budget ne remet en question leurs privilèges et leurs petites combines
pour planquer leur fric à lʼabri de lʼimpôt. Une fois de plus,
cʼest à nous quʼon exigera des sacrifi ces. Ça suffit!

Le pire est à venir

Dʼautres mesures, encore plus inquiétantes, sont annoncées dans ce
budget et arriveront plus tard : facturation des soins de santé en
fonction de lʼutilisation, nouvelle hausse des frais de scolarité dès
2012, augmentation marquée des tarifs dʼhydro-électricité à partir de
2014 (3,7% par année jusquʼen 2018). Nous ne sommes donc pas
arrivé-e-s au bout du tunnel, dʼautant plus que rien ne garantit que
le gouvernement nʼajoutera pas dʼautres hausses de tarifs à
cette liste.

Ce budget sur mesure pour les grandes entreprises et la classe dominante,
directement inspiré par lʼidéologie néolibérale, annonce également
des réductions majeures dans les services publics (coupures de 15,4
milliards $ en quatre ans). Pendant quʼon nous demande de nous serrer
la ceinture et de payer davantage pour des services publics réduits, le
gouvernement allège encore le fardeau fiscal des entreprises, une mesure
qui coûtera 729 millions $ en 2010. Au terme de lʼexercice
budgétaire, lʼeffort demandé aux entreprises sera quatre fois moins
important que celui exigé aux « contribuables ». Ainsi, les papetières et
les alumineries, deux secteurs industriels particulièrement énergivores,
seront épargnées des hausses de tarifs dʼélectricité projetées par le
gouvernement. Et on continue de nous parler dʼéquité et de justice?

La crise du capitalisme sur le dos des classes populaires

En augmentant les tarifs et en introduisant au cours des prochaines années
un soi-disant « ticket modérateur » dans le système de santé, le
gouvernement libéral sʼajuste à la crise économique mondiale. Il
tente de redresser le budget de lʼÉtat en pigeant dʼabord dans
nos poches. Évidemment, pas question de toucher aux avantages accordés aux
riches. On connaît la chanson : si on taxe davantage les entreprises,
elles vont déménager ailleurs. Comme salarié-e-s, nous sommes pris en
otage par les rouages dʼune économie où le Capital fait sa loi.
LʼÉtat, en fidèle complice du privé, accompli la job de bras en
rejetant sur le dos de la population le fardeau du défi cit généré par la
crise du système capitaliste.

Redistribuer la richesse, amorcer la riposte

Une fiscalité, même plus « progressive », ne règlera pas fondamentalement
le partage inégal de la richesse dans notre société. Ultimement, pour
régler définitivement ce problème, nous devrons reprendre la richesse que
les patrons et les dirigeants nous ont volé. Il faut envisager les moyens
de se libérer collectivement, une fois pour toute, de la domination
capitaliste par la reprise en main de nos lieux de travail et
lʼautogestion des moyens de production. La véritable justice sociale
ne peut se résumer à un crédit dʼimpôt, même « solidaire » : elle
doit passer par lʼégalité économique et sociale.

Dans lʼimmédiat, nous devons nous battre ensemble, au coude à coude,
pour mettre en échec ce gouvernement. Nous pouvons faire reculer les
libéraux, tout particulièrement au niveau des mesures annoncées à moyen
terme. Il y a un ras-le-bol populaire contre ce gouvernement et ses
magouilles. Mais pour y arriver, il faut un vaste mouvement, unitaire et
combatif, prêt à engager le bras de fer avec lʼÉtat, comme ce fut le
cas en 2003 (mouvement syndical) et en 2005 (mouvement étudiant). Il faut
aussi apprendre de nos erreurs, notamment en ne laissant pas les
directions syndicales mettre de côté les mots dʼordre et les
initiatives plus radicales (notamment la perspective dʼune grève
générale). Ce nʼest pas avec le dialogue et la concertation que nous
arriverons à faire plier le gouvernement, mais par la création dʼun
rapport de force. En déposant ce budget, le gouvernement nous déclare la
guerre. Depuis toujours, lʼÉtat a choisi son camp dans la lutte des
classes. Il est temps de construire le nôtre.

La manifestation du 1er avril est un pas important dans cette direction,
mais la mobilisation doit se poursuivre. Travailleurs, travailleuses,
étudiantes, étudiants, retraité-e-s ou sans-emplois : nous sommes tous et
toutes attaqué-e-s par ces politiques anti-sociales. Et cʼest
ensemble quʼil faut riposter.
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Re: 15 000 personnes contre le budget à Montréal

Messagede Phébus » 03 Avr 2010, 17:37

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Re: 15 000 personnes contre le budget à Montréal

Messagede Pïérô » 09 Avr 2010, 00:16

Je ne me rend pas bien compte mais il me semble que celà représente plutôt une très forte mobilisation.

çà en est où ? Y a t'il une mobilisation et une combativité qui s'exprime dans la durée, contrairement à ce que l'on rencontre actuellement en France avec des temps forts suivis de longues périodes d'apathie et une absence de volonté des directions syndicales d'en découdre réellement.
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Re: 15 000 personnes contre le budget à Montréal

Messagede Phébus » 09 Avr 2010, 03:49

Il y a 15 ans ça aurait été une manif monstre mais la donne a un peu changé durant les années 2000 qui nous ont habituées à des défilés très imposant. À titre de comparaison, les plus fortes manifestations de rue de l'histoire ont eu lieu durant cette période et sont de l'ordre de 50 000 pour les étudiants, 100 000 pour le mouvement ouvrier et plus de 200 000 contre la guerre en Irak. En mars de cette année, le mouvement syndical du secteur public a fait sortir 75 000 personnes dans le cadre des négociations collectives (qui touchent 475 000 syndiqués).

N'empêche que dans le contexte, c'est une très forte mobilisation.

Premièrement, les directions syndicales nationales ne veulent absolument rien savoir de la mobilisation justement parce qu'elles sont en négociation pour le renouvellement des conventions collectives avec l'État et qu'elles se concentrent là-dessus. Ça arrive tout les 4 ans et fallait évidemment que ça tombe maintenant!

Deuxièmement, la Coalition a été formée sur initiative du mouvement communautaire national parce que le mouvement syndical ne bougeait pas. C'est l'aile marchante et combative du mouvement communautaire qui a lancé le truc. Au niveau communautaire et féministe, tout le monde qui compte est là. Au niveau syndical c'est très chenu. C'est-à-dire que l'on retrouve quelques grands syndicats indépendant, beaucoup de syndicats d'enseignants qui sont actuellement marginalisé et autonomes, quelques fédérations et syndicats de bases isolés et les instances régionales montréalaises des deux plus grandes centrales (la CSN et la FTQ). Au niveau étudiant, la centrale de gauche y est mais pas la plus grande centrale universitaire. Quelques associations locales y sont aussi. Et finalement, il y a plusieurs groupes inclassable (dont des communautés religieuses!). Bref, c'est la Coalition de tous les minoritaires combatifs et de gauche!

Troisièmement, ça a été dur de les convaincre de se lancer dans une mobilisation de rue. Ils avaient peur de se planter. L'objectif de la mobilisation était de 5 000 personnes et s'était vu comme ambitieux. Finalement, le comité action était composé de l'ASSÉ (étudiant), du FRAPRU (logement) et du MÉPACQ (éducation populaire). À la base s'était un peu nul de se mobiliser après le budget --d'habitude on fait ça avant!-- mais ce fut le compromis.

La mobilisation a été très forte du côté étudiant. L'ASSÉ a fait sa job et le jour de l'action il y avait 40 000 étudiants en grève (surtout à Montréal). Du côté du FRAPRU et des organismes régionaux du MÉPACQ aussi toute la gomme est sortie. Mais ce qui a été le «mieux» c'est le coup de massue du budget qui est arrivé deux jours avant. C'était tellement gros [complètement en phase avec notre agit-prop, c'est dire!] que ça a mis tout le monde en rogne. Résultat, tout le monde s'est retrouvé avec un mob maximum, sans parler des gens liés à aucun groupe qui se sont pointés. Et ça a eu l'effet d'un coup de tonnerre dans les médias. Tu parles, il y avait eu une immense campagne de presse pour préparer le peuple à ce budget, pour le réclamer activement, et là tout d'un coup on se retrouve avec 15 000 personnes qui disent «non», à deux jours d'avis. Personne ne l'avait vu venir!

Est-ce que ça va s'inscrire dans la durée? Je ne sais pas. Je me croise les doigts. Les astres sont très bien alignés. Mais faudra voir. Si on parle de grève, probablement que non. Mais les gens sont vraiment en rogne et là ça tire dans tous les sens et il commence à y avoir des petites actions régionales de harcellement des ministres. La prochaine grosse étape c'est le 1er mai. On verra. Après, faudra voir comment tout ça peut évoluer. Ça peut devenir très laid assez rapidement, surtout si la négociation du secteur public fini en décret et en loi matraque. Je pense qu'on va voir ça dans l'année ou les deux années à venir (on a le temps, le gouvernement nous a annoncé un train de mauvaises nouvelles qui s'étirent sur 4 ans voir plus). J'espère juste qu'on pourra développer un mouvement d'ensemble et qu'on ne se fera pas démolir en ordre dispersé.
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[Québec] Manif d'une droite confuse

Messagede Phébus » 12 Avr 2010, 06:07



Le 11 avril dernier, plusieurs milliers de personnes ont convergé vers Québec pour une grande manifestation contre le budget libéral. Officiellement non-partisane et citoyenne, la marche a été lourdement soutenue par certains médias de masse identifiés à la droite populiste (la station FM93, le Journal de Québec, TVA, etc.).

Résultat, une marche éminemment populaire mais intensément confuse politiquement (de l'extrême-droite à une certaine sociale-démocratie traditionnelle... voir plus à gauche encore). Cette marche témoigne autant de l'ampleur de la grogne anti-libérale que de l'incapacité d'une certaine gauche à rejoindre la grande masse du peuple dans la région de Québec. Il faut à ce chapitre louer l'effort, peut-être vain mais certainement louable, des gens du RÉPAC qui se sont pointés avec tracts et bannières pour parler aux gens et les inviter à la manifestation du Premier mai.

Le reportage audio: http://www.archive.org/download/ReportageSurUneManifestationDuneDroiteConfuse/ReportageDroiteConfuse.mp3

Encercler le parlement

L'objectif de la manifestation, dont les organisateurs restent anonymes (il paraît qu'il y avait des gens d'affaires...), était d'encercler le Parlement, ce qui fut fait. Les gens étaient invités à amener des balais, pour faire le ménage. On en a vu en masse. Finalement, dans un geste que ne renieraient certainement pas les groupes communautaires, les gens ont jeté leur (dernière?) chemise au gouvernement.

Combien de monde?

Il est dur de dire combien il y avait de gens à la manif. À vue de nez, au moins 10 000, probablement 15 000 personnes. C'était très gros (surtout pour Québec). D'un média à l'autre les chiffres changent, ça va d'au moins 10 000 (Québec Hebdo) à des dizaines de milliers (Le Soleil). Ceci dit, LCN tombe dans le délire en parlant de «50 000 contribuables en colère».

Confusion politique

La motivation première des manifestant-e-s semble avoir été les hausses de taxe, tarifs et impôts divers du dernier budget. Un ton populiste, proche de ce qu'on a pu voir régulièrement ailleurs en Amérique du Nord, était omniprésent. L'État gaspille notre argent, avant de nous taxer davantage, il faut faire le ménage, etc. Les séries médiatiques, «Québec dans le rouge» (Quebecor) et autres «commission bouchard-parent» (FM93), qui ciblent les cas d'abus et de gaspillage alimentent ce ras-le-bol légitime. L'ennui, c'est que souvent toute dépense publique se trouve rejetée du revers de la main. Critiquer la bureaucratie, vouloir dégraisser et réduire la hiérarchie, mettre un holà aux subventions aux entreprises, d'accord. Par contre, appauvrir les employés de la base et couper dans les programmes sociaux, s'attaquer aux plus faibles, non merci.

Quand des élus aussi éloignés politiquement que Gérard Deltell (chef de l'ADQ, élu en banlieue de Québec) et Agnès Maltais (députée péquiste plutôt gauche caviar du centre-ville de Québec) se retrouvent dans la même marche, ça en dit long sur la confusion du message. «Même la gauche est ici aujourd'hui! Ça fait plaisir d'être dans la même «gang» pour une fois!», aurait lancé Agnès Maltais à l'animateur populiste Sylvain Bouchard du FM93 selon Le Soleil. Quand, en plus, l'un des porte-parole officiel déclare à la Presse canadienne que selon lui «les libéraux sacrifient les acquis sociaux du Québec» (il a parlé, positivement!, de la révolution tranquille dans son discours) et, au Soleil, qu'il envisage une journée de grève générale comme prochaine étape, on ne sait plus trop ce qu'il faut comprendre. Les gens sont en colère, certes, mais ça part dans tous les sens!

La gauche est où?

Le seul groupe de gauche visible durant la manifestation fut le RÉPAC (un regroupement de groupes d'éducation populaire). Installé sur le côté du trajet avec des bannières, les militant-e-s distribuaient des tracts appelant à la Manifestation du Premier mai. Les réactions à cette présence allaient vraiment dans toutes les directions, de la sympathie exubérante à la réprobation agressive. S'il y avait d'autres gauchistes, ils étaient dispersés dans la masse.

La triste réalité, c'est que la gauche au sens large, à part peut-être quelques syndicats du privé (et encore), ne rejoint pas «ces gens-là». Gauche sociale et droite populiste vivent dans des territoires sociaux, culturels et mêmes géographiques distincts. Le pire c'est que, tout bien considéré, une bonne partie de «la gauche» n'a rien à dire à «ces gens-là». Et c'est bien là le drame... Parce que, ne nous berçons pas d'illusions, c'est aussi (surtout!) ça le peuple (ou le prolétariat si vous préférez).

Dans les prochaines semaines il y aura une intense bataille des idées sur le sens à donner au budget et à notre colère. Il sera plus important que jamais de porter un discours clair et limpide, qui identifie à qui profite le crime, et qui pointe vers des solutions et des perspectives d'action. Bref, faut faire une analyse de classe et se lancer dans une vaste campagne d'information et de sensibilisation. Il faudrait quand même pas que ce soit juste le FM93 qui s'adresse au monde avec un discours «critique» !

Voir la galerie photo : http://www.flickr.com/photos/10060289@N05/sets/72157623834342266/

Un texte tiré de Voix de faits, blogue de combat
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Re: [Québec] Manif d'une droite confuse

Messagede RickRoll » 14 Avr 2010, 10:30

Est-ce qu'il y a des chances que ce genre de manifs pèse sur les politiques sociales ?
RickRoll
 

Re: [Québec] Manif d'une droite confuse

Messagede Phébus » 15 Avr 2010, 05:42

RickRoll a écrit:Est-ce qu'il y a des chances que ce genre de manifs pèse sur les politiques sociales ?


Oui, définitivement. Ça dépend beaucoup de l'interprétation qu'on en fait. En tout cas, ça a certainement pour conséquence d'annuler les effets de la mobilisation sociale du 1er avril. Après, face à des forces équivalentes [net avantage à la manif de droite selon les médias qui ont gonflés les chiffres], le gouvernement a beau jeu de choisir ce qui fait son affaire (et ça ne penche pas de notre bord).

Les porte-voix de la droite populiste en tout cas cherchent très fort à faire du millage avec ça. En voici le cas le plus extrême (trois éditoriaux en une semaine dans le journal populaire no 1 de la région de Québec, faut le faire!):

Avant la manif:
Sans-culottes, montrez-vous!

Après la manif:
Le lobby des sans-voix
Au royaume des sourds
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L’UCL se joint à la Coalition opposée à la tarification et à

Messagede Phébus » 07 Juin 2010, 18:29

L’UCL se joint à la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics

Le 1er mai 2010, la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics a lancé un appel à la constitution d’un large front social, déterminé à poser des actions qui ébranleront le gouvernement. Cet appel se situe dans la continuité de la lutte contre le budget antisocial adopté par le gouvernement du Québec le 30 mars dernier.

L’Union communiste libertaire (UCL) a décidé de répondre à cet appel et de rejoindre la Coalition à titre de membre sympathisant. L’UCL ajoute ainsi sa voix à celle des mouvements sociaux en résistance pour faire reculer le gouvernement et exiger le retrait des mesures anti-sociales du dernier budget libéral.

Un appui critique

Depuis quelques mois, les membres de l’UCL ont participé à la plupart des mobilisations organisées par la Coalition, que ce soit les grandes manifestations du 1er avril et du 1er mai dernier ou les actions locales lors des visites en région des ministres libéraux. Nous partageons le désir de construire une riposte unitaire et d’établir un rapport de force avec le gouvernement. Nous aussi croyons que les prochains mois seront cruciaux dans l’escalade des moyens de pression et nous souhaitons apporter notre contribution.

Si nous partageons la perspective combative de la Coalition, son opposition à la privatisation et à la marchandisation du «bien commun» et l’essentiel de ses revendications concernant les hausses de tarifs et le financement adéquat de services publics universels et de qualité, nous ne pouvons passer sous silence le fait que nous ne partageons pas toutes les solutions mises de l’avant. De façon globale, nous ne croyons pas qu’une fiscalité plus progressive soit suffisante pour trouver des solutions durables aux problèmes de la pauvreté, de l’exclusion et des inégalités sociales. Il faut pouvoir aller plus loin et, dès aujourd’hui, réfléchir et agir pour sortir de l’impasse capitaliste et développer un autre projet de société.

Nous espérons pouvoir débattre de ces questions avec l’ensemble de la gauche sociale et partager nos propositions sur le terrain des luttes. Dans le contexte actuel, ce qui nous unis est beaucoup plus important que ce qui nous divise.
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Re: L’UCL se joint à la Coalition opposée à la tarification

Messagede RickRoll » 08 Juin 2010, 11:54

Est-ce que au Québec aussi c'est du à des contrats internationaux ?
RickRoll
 

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