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Messagede Pïérô » 10 Oct 2012, 15:18

Condamnation confirmée pour deux d’entre elles, Ekaterina Samoutsevitch a été remise en liberté.
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Messagede ivo » 10 Oct 2012, 19:58

Deux Pussy Riot condamnées à deux ans de camp en appel, la troisième libérée
fr info
La justice russe a confirmé en appel la condamnation des trois jeunes femmes pour avoir interprété une prière punk anti-Poutine. Condamnation assortie d'un sursis pour Ekaterina Samoutsevitch. Celle-ci a donc été relâchée.

Image
Sur l'écran du tribunal, Ekaterina Samousevitch, à gauche, bénéficie d'un sursis. © Reuters Maxim Shemetov

La justice russe a confirmé en appel la condamnation de Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, à deux ans de camp, pour avoir interprété une prière punk anti-Poutine dans la principale cathédrale orthodoxe de Moscou. La troisième membre des Pussy Riot, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, bénéficie elle d'un sursis, ce qui de fait suspend sa peine. Les juges du tribunal municipal moscovite ont tenu compte du fait que cette dernière avait été expulsée de la cathédrale par des vigiles avant de participer à la "prière" incriminée. Ligne de défense de sa nouvelle avocate. La prévenue avait en effet récusé ses précédents avocats, provoquant le report du procès.

"Je suis triste pour les filles"

Ekaterina Samoutsevitch est donc sortie libre du tribunal, devant une foule de journalistes et de sympathisants, "contente, mais [...] triste pour les filles, triste que leur peine n'ait pas été modifiée".

Les trois jeunes femmes avaient été condamnées en août dernier à deux ans d'emprisonnement pour "hooliganisme" et "incitation à la haine religieuse". Lors de l'audience en appel dans la matinée, les trois jeunes femmes ont présenté leurs excuses pour avoir offensé les croyants, mais refusé tout repentir. "Nous sommes allées dans la cathédrale en signe de protestation contre l'alliance entre les élites politiques religieuses. C'était un acte politique, pas une attaque contre la religion", a plaidé Maria Alekhina. Revoir ci-dessous la vidéo de leur happening.

http://www.youtube.com/watch?v=ukwIFvjs ... r_embedded

Maria Alekhina a surtout revendiqué devant le tribunal ses positions politiques : "Si notre condamnation en appel est confirmée et que nous partons dans un camp, nous ne nous tairons pas pour autant, même si on nous envoie en Sibérie ou en Mordovie", a-t-elle prévenu.
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Messagede ivo » 11 Oct 2012, 09:22

Edouard Limonov: "Les Pussy Riot paient pour leur insolence face aux juges"
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/ ... 72979.html
Ex-punk et toujours écrivain, l'activiste anti-Poutine Edouard Limonov commente, pour L'Express, à Moscou, la condamnation, hier, des chanteuses punks russes à deux années de prison.

Une des trois Pussy Riot a été libéré hier mercredi 10 octobre 2012 après le procès en appel ce groupe punk. Mais deux autres ont vu leur condamnation à deux années de camp confirmée. Que vous inspire ce jugement?
La décision de la justice russe est conforme à ce que voulait Poutine: il voulait les punir, c'est fait. Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina sont officiellement condamnées pour "hooliganisme" et "incitation à la haine religieuse". Mais, en réalité, ces femmes paient avant tout pour leur comportement insolent et leur panache lors du procès en première instance. En Russie, les juges exigent des prévenus une certaine forme de soumission. Or les Pussy Riot ont eu des paroles très offensives et se sont servies du tribunal comme d'une tribune politique. Leur effronterie, leur impertinence, leur coute deux ans.

Ont-elles eu tort d'agir ainsi?
Je ne juge pas leur attitude, je vous explique simplement la psychologie du système judiciaire russe. Il n'était pas nécessaire qu'elle se montrent serviles, repentantes ou qu'elle fasse une autocritique comme dans un procès stalinien. Mais si elles avaient été plus mesurées et prudentes en paroles, je suis certain que leurs condamnations auraient été plus légères.

Il en ira de même en prison. Leur comportement fera l'objet d'une supervision et d'une évaluation permanentes. Si elles adoptent l'attitude qu'il faut, elles peuvent espérer une libération anticipée. Si elles sont insolentes, elles purgeront leurs deux ans jusqu'au dernier jour.

En ce qui concerne la troisième Pussy Riot, Ekaterina Samoutsevitch, qui n'était pas présente lors du fameux concert à la cathédrale Saint-Sauveur, elle a eu raison de changer d'avocat le 1er octobre dernier. Son avocate précédente, très peu professionnelle, ne la défendait pas: elle se servait, elle aussi, du tribunal comme d'une tribune révolutionnaire. Ce n'est pas le rôle d'un avocat.

En tant qu'ex-punk, comment jugez-vous la performance du groupe punk Pussy Riot à la cathédrale Saint-Sauveur?
Elle traduit une énergie juvénile et un désir de se faire connaitre. Mais du point de vue artistique et culturel, c'est sans substance. C'est juste un coup d'éclat politique. A ce propos, le timing de ce coup d'éclat a sans doute beaucoup pesé dans cette affaire. L'action des Pussy Riot s'est déroulée en février 2012 après trois mois d'activité politique et de protestations anti-Poutine (commencées en décembre 2011) comme il n'y en avait jamais eu. Pour Poutine, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. L'extrême politisation et l'internationalisation du procès n'ont fait qu'envenimer les choses.

La sévère condamnation des inoffensives Pussy Riot ne révèle-t-elle pas, paradoxalement, une faiblesse du système Poutine, contraint de réprimer au motif qu'il se sentirait sur la défensive?
A mon avis, non. Ceux qui ont le plus perdu dans cette affaire sont les gens de l'intelligentsia. Les intellectuels et la bourgeoisie des grandes villes se sont, en effet, aliénés la plus grande partie des couches populaires, surtout en province. Ces derniers n'apprécient pas l'action des Pussy Riot. La grande masse des Russes assimile l'église orthodoxe à une des seules traditions existantes qui les relie au passé. En fait, je crois plutôt que l'affaire des Pussy Riot est une victoire pour Poutine, car elle consolide (momentanément) sa relation avec les masses populaires. Cela étant dit, cette victoire n'est que circonstancielle et provisoire. La tendance lourde est que, depuis un ans ou deux, Poutine n'est plus en phase avec le sentiment populaire.

L'église est-t-elle également gagnante?
Non. L'église orthodoxe n'a pas le poids qu'elle croit avoir, ni celui qu'on lui prête à l'étranger. Comme je l'ai dit, l'église représente une certaine tradition historique. Mais son influence dans la société est nulle. La plupart des Russes ne sont absolument pas religieux. Ici, les églises sont vides sauf deux jours dans l'année: à Noël et à Pâques. La police a dénombré 250.000 fidèles ces jours-là à Moscou, ce qui n'est rien dans une ville de 15 millions d'habitants. En revanche, les avortements en Russie atteignent le chiffre de 4 millions par an.
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Messagede Pïérô » 12 Oct 2012, 14:01

Libérée en appel, Katerina Samoutsevitch appelle à de nouvelles actions

Quelques heures après avoir été libérée en appel, Katerina Samoutsevitch a appelé sur CNN à de nouvelles actions, assurant que la lutte des Pussy Riot n’était pas finie.

“Nous ne sommes pas finies, et nous n’allons pas mettre un terme à notre lutte politique, a-t-elle déclaré sur la chaîne américaine. Nous devons agir de manière à ce qu’ils [le pouvoir russe] n’entendent pas parler de nos concerts avant qu’ils n’aient lieu pour nous arrêter. »

Katerina Samoutsevitch a assuré sur CNN que les efforts du pouvoir russe pour diviser les membres du groupe ne fonctionneraient pas et que son jugement “négatif” à l’égard de Poutine et de son “projet méga-autoritaire” n’avait pas changé. “La situation dans le pays depuis notre concert (dans la cathédrale) a encore empiré et notre procès lui-même en est le témoignage”, a-t-elle poursuivi au cours de cet entretien, présenté par CNN comme le premier depuis sa libération.

Elle a également déclaré avoir été bien traitée en prison et assuré que Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina “tenaient bien le coup”, même si elles sont “très, très contrariées” d’être séparées de leurs enfants.

Elle a également rappelé que la “prière punk” anti-Poutine était “une action politique dirigée contre les autorités, à la convergence entre les pouvoirs politique et religieux”.

Leur presse via Le vieux monde qui n’en finit pas, 11 octobre 2012
http://juralib.noblogs.org/2012/10/11/l ... s-actions/
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Messagede ivo » 23 Oct 2012, 11:02

Les Pussy Riot transférées dans des camps de travail séparés
http://www.romandie.com/news/n/Les_Puss ... 121804.asp
MOSCOU (Sipa-AP) - Deux des membres des Pussy Riot ont été transférées dans des camps de travail séparés, situés à des centaines de kilomètres de Moscou, a annoncé lundi leur avocat. Les deux jeunes femmes ont été condamnées à deux ans de colonie prénitentiaire pour avoir chanté une "prière" punk anti-Poutine dans la principale cathédrale orthodoxe de la capitale.

Me Mark Feïguine a été informé par les autorités pénitentiaires que Maria Alekhina et Nadejda Tolokonnikova avaient quitté ce week-end la prison de Moscou, où elles étaient incarcérées depuis mars. Maria Alekhina a été envoyée dans la région de Perm, dans l'Oural, alors que Nadejda Tolokonnikova devrait accomplir sa peine dans la province de Mordovie (centre).

Trois membres du groupe féministe des Pussy Riot, Maria Alekhina, Nadejda Tolokonnikova et Ekaterina Samoutsevitch, avaient été condamnés à deux ans de camp pour hooliganisme et incitation à la haine religieuse en août dernier. Avec deux autres femmes qui n'ont pas été interpellées, les opposantes en collants et robe courte, affublées de cagoules de couleurs vives, avaient dansé et chanté dans la cathédrale du Christ Saint-Sauveur, criant notamment "Marie mère de Dieu, chasse Poutine!".

Le 10 octobre, la cour d'appel de Moscou a ordonné la suspension de la peine et la libération d'Ekaterina Samoutsevitch au motif que l'intéressée avait été expulsée de l'établissement religieux avant de participer à la performance. Ses deux camarades ont en revanche vu leur peine confirmée.

L'affaire a suscité une indignation internationale, devenant le symbole de la répression de l'opposition au régime de Vladimir Poutine. Avant leur procès en appel, le président Poutine avait jugé leur condamnation justifiée et qu'il était "inadmissible de saper nos fondations morales, valeurs morales et d'essayer de détruire le pays". Des propos que les avocats de la défense ont dénoncé comme une pression présidentielle sur la cour d'appel. Quant à l'Eglise orthodoxe, elle avait exhorté la cour d'appel à la clémence si les jeunes femmes regrettaient leur coup d'éclat. Mais les accusées ont refusé de faire repentance.

"Si nous avons involontairement offensé des croyants par nos actions, nous présentons nos excuses. L'idée de la manifestation était politique, pas religieuse", avait expliqué Ekaterina Samoutsevitch lors de l'audience en appel. "Comme lors des précédentes manifestations nous avons agi contre le gouvernement actuel du président, et contre l'église orthodoxe russe en tant qu'institution du gouvernement russe, contre les propos politiques du patriarche russe. Voilà exactement pourquoi je ne considère pas avoir commis de crime."

Les Pussy Riot ont donné leur performance alors que Vladimir Poutine était en course pour un troisième mandat présidentiel. Il a retrouvé la tête de l'Etat en mai après l'avoir occupée de 2000 à 2008, avec un intermède de quatre ans en tant que Premier ministre pour cause de limite constitutionnelle à deux mandats consécutifs.

Héritées du goulag de Staline, les colonies pénintentiaires ont évolué mais le principe reste le même: isoler les prisonnières et les briser par le "travail disciplinaire". "Tout le monde connaît la règle: ne fais confiance à personne, ne crains rien et ne pardonne jamais", a expliqué à l'agence Associated Press Svetlana Bakhmina, une avocate qui a passé trois ans dans un camp pénitentiaire russe. "Vous vous trouvez dans une zone de non-droit. Personne ne vous aide. Vous devez faire attention à tout ce que vous dites et vous devez vous efforcer de rester un être humain."

Les époux des détenues ont droit à trois jours de visite conjugale, quatre fois par an, et les prisonnières peuvent quitter le camp durant deux semaines pour bonne conduite. Les mères d'enfants âgés de moins de 3 ans sont autorisées à les garder avec elles, soit dans des centres aménagés au sein des camps, soit dans leur baraquement. Mais le fils de 5 ans de Marie Alekhina et la fille de 4 ans de Nadejda Tolokonnikova resteront avec leurs proches.

Lors du jugement en appel, Alekhina a lancé que les Pussy Riot "ne se tairaient pas". "Même si nous sommes envoyées en Mordovie ou en Sibérie, nous ne nous tairons pas (...), peu importe les méthodes utilisées pour nous traîner dans la boue", a-t-elle assuré.


Ce qui attend les Pussy Riot en camp de travail
http://www.lefigaro.fr/international/20 ... ravail.php
Image
Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, est attendue dans une prison pour femmes située en Mordovie, à 500 kilomètres à l'est de Moscou. Crédits photo : Sergey Ponomarev/AP

Nadejda Tolokonnikova est en route vers une prison pour femmes en Mordovie et Maria Alekhina vers un établissement encore plus éloigné de Moscou, dans l'Oural.

Correspondant à Moscou

Après avoir passé six mois en détention préventive, les deux jeunes femmes, membres du groupe Pussy Riot, condamnées à deux ans et demi de prison pour avoir entonné une prière «punk» dans l'Église moscovite du Saint-Sauveur, sont actuellement transférées dans un camp pénitentiaire où elles purgeront, séparément, le reste de leur peine. Ce transfert, loin de Moscou, peut durer jusqu'à un mois. Selon leur avocate, Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, est attendue dans une prison pour femmes située en Mordovie, à 500 kilomètres à l'est de Moscou. La seconde, Maria Alekhina, 24 ans, aurait été transférée dans les environs de Perm, la grande ville de l'Oural située, elle, à 1200 kilomètres de la capitale russe.

«La vie dans les camps de femmes russes, caractérisée par l'absence de règles tacites de vie commune, est plus difficile que dans les camps pour hommes, où, paradoxalement, grâce aux caïds, des normes sont élaborées», explique au Figaro Zoïa Svetova, journaliste spécialiste des prisons et auteur d'un livre tout récent sur la justice russe, Quand les innocents seront coupables (éditions François Bourin). Dans ces camps russes, raconte la journaliste, la vie quotidienne est millimétrée. Lever à cinq heures du matin pour les 40 femmes qui vivent dans un seul dortoir sur des lits superposés, rassemblement sur la place pour l'appel, puis travail en brigades.

250 vestes par jour

Dans le camp de Mordovie qui compte environ 500 détenues, chaque brigade est chargée de coudre durant huit heures des vêtements pour l'administration pénitentiaire et les membres des forces spéciales - l'équivalent russe du GIGN. Rendement exigé: 250 vestes par jour. L'eau chaude pour les douches est disponible deux fois par jour, à raison de deux heures au total. À la différence de la détention préventive, les deux Pussy Riot pourront se promener dans l'enceinte du camp, dans des conditions très réglementées. Elles recevront une indemnité officielle allant de 500 à 2000 roubles par mois (12 à 50 euros), de quoi agrémenter l'ordinaire, notamment dans les magasins du camp.

Limités à trois heures par mois, les droits de visite sont également très stricts. Une fois tous les trois mois, les détenus peuvent également séjourner durant trois jours avec leurs proches dans des appartements spécialement aménagés par l'administration pénitentiaire. Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina sont respectivement mères d'une fille de 4 ans et d'un garçon de 5 ans.

Le moindre écart par rapport au règlement - oubli de saluer un fonctionnaire d'un camp, retard à l'appel, absence de foulard sur la tête, lit mal fait… - peut se traduire par une peine de cachot, de dix jours maximum, une cellule individuelle dont le lit est retiré durant la journée.

Le plus difficile, conclut Zoïa Svetova, se révèle être la cohabitation entre les prisonnières. «Les Pussy Riot seront surveillées de très près, y compris par les détenues faisant office d'agent et de mouchard auprès de l'administration et qui devront rendre compte de leurs moindres faits et gestes», explique la journaliste. «Il s'agit d'un univers violent et clos où le principal objectif est de survivre en espérant une remise de peine, les femmes seront sans doute jalouses de l'attention exceptionnelle qui est portée aux jeunes filles, jalouses des lettres de soutien ou des colis qu'elles recevront. Sur cette base, le moindre conflit peut éclater. Dans les camps de femmes, il faut sans cesse imposer son caractère, sous peine de se voir détruire.»

vidéo
http://bcove.me/yaf8ziuc
Réactions 107
http://plus.lefigaro.fr/article/ce-qui- ... mmentaires
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Messagede ivo » 26 Oct 2012, 12:16

Les Pussy Riot ont eu ce qu'elles méritent, dit Poutine
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20 ... utine.html
NOVO-OGARIOVO, Russie (Reuters) - Les membres du groupe Pussy Riot condamnées à deux ans de prison méritent leur peine car elles ont menacé les fondements moraux de la Russie, a déclaré jeudi Vladimir Poutine.

Recevant à dîner des journalistes et universitaires étrangers dans sa résidence en périphérie de Moscou, le président russe a calmement exposé ses projets pour améliorer le climat des affaires en Russie et réduire la dépendance de l'économie russe vis-à-vis de ses ressources en hydrocarbures.

Durant ces deux heures de conversation, il ne s'est animé qu'une fois, lorsqu'a été abordé le cas des Pussy Riot. Deux d'entre elles ont été condamnées en août à deux ans de prison pour vandalisme motivé par la haine religieuse, après avoir entonné en février une chanson hostile à Vladimir Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou.

Lorsque l'un des convives du dîner l'a interrogé à ce sujet, Vladimir Poutine a élevé la voix, a regardé fixement son interlocuteur et lui a demandé pourquoi les Occidentaux critiques à l'égard du traitement des deux jeunes femmes par la Russie ne manifestaient pas aussi leur soutien à l'auteur du film islamophobe "L'innocence des musulmans", emprisonné aux Etats-Unis.

"Vous voulez soutenir des personnes ayant de telles opinions ? Si c'est le cas, alors pourquoi ne soutenez-vous pas le type qui croupit en prison pour le film sur les musulmans ?", a répliqué le président russe.

"Nous avons des lignes rouges au-delà desquelles commence la destruction des fondements moraux de notre société", a-t-il poursuivi. "Si les gens franchissent cette ligne, ils doivent en répondre devant la loi."
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Messagede ivo » 02 Nov 2012, 21:15

Pussy Riot : Medvedev dénonce l'incarcération de deux membres du groupe
fr info
"Si j'avais été juge, je ne les aurais pas mises en prison". C'est ce qu'a déclaré vendredi le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev répondant à une question sur une éventuelle libération anticipée des deux Pussy Riot incarcérées après avoir chanté une prière anti-Poutine dans une cathédrale. Des propos considérés cependant comme peu influents par la famille des condamnées.

Image
Dmitri Medvedev, Premier ministre russe, estime que les Pussy Riot ne devraient pas être en prison © Maxppp

Difficile de contester une décision de justice russe soutenue par Vladimir Poutine lui même. C'est pourtant ce qu'a fait Dmitri Medvedev, Premier ministre russe, vendredi. Alors que deux Pussy Riot ont été condamnées à deux ans de camp en appel le 10 octobre dernier pour "hooliganisme" et "incitation à la haine religieuse", le chef du gouvernement russe s'est fermement opposé à cette décision.

Une condamnation "inutile" et "sévère"

"Si j'avais été juge, je ne les aurais pas mises en prison. Tout simplement parce que je trouve que ce n'est pas juste qu'elles soient privées de liberté. Elles ont déjà passé assez de temps en prison comme ça, cela suffit", a déploré Dmitri Medvedev en réponse à une question sur une éventuelle libération anticipée des deux jeunes femmes, Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina.
Le bras droit de Vladimir Poutine a également rappelé : "les avocats ont le droit de faire une requête, et je pense qu'ils vont le faire. Et le tribunal a le droit d'examiner cette question sur le fond et de prendre une nouvelle décision".

Le Premier ministre s'était déjà exprimé en défaveur de leur incarcération en septembre, jugeant "inutile" et "sévère" de les maintenir en prison. Mais en vain, ses propos n'avaient eu aucune influence sur le sort des Pussy Riot.

Une influence limitée... voire inexistante

Et c'est ce que redoutent une nouvelle fois les proches des prisonnières, et notamment le père d'Ekaterina Samoutsevitch, la troisième membre du groupe condamnée en août à deux ans de camp mais libérée en octobre. "Si c'était le président Vladimir Poutine ou le patriarche Kirill, cela aurait une certaine influence, mais là c'est l'avis d'une personne privée, qui ne changera rien au destin de Nadia et Macha" (diminutifs de Nadejda et Maria), a déclaré Stanislav Samoutsevitch sur la radio Echo de Moscou.

Le président russe avait par ailleurs estimé que la condamnation des jeunes femmes à deux ans d'enfermement dans des camps loin de Moscou était "correcte". Il avait même déclaré : "Elles le voulaient et elles l'ont eu".

Transparent aux côtés de l'intouchable Vladimir Poutine, Dmitri Medvedev "ferait mieux de s'assurer que Tolokonnikova et Alekhina bénéficient de conditions normales de détention au lieu de faire des déclarations retentissantes" selon Nikolaï Polozov, l'un des avocats des jeunes femmes. Ce dernier a pour finir indiqué que la défense ne formulerait pas de demande de libération anticipée avant mars 2013.

de l'importance d'un premier ministre, ancien president, ou de l'hyper pouvoir de vlad ...
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Messagede bipbip » 01 Oct 2013, 11:01

Lettre ouverte d’une gréviste de la faim

«Il faut lire» cette lettre de Nadejda Tolokonnikova, 23 ans, affirme André Markowicz. A juste titre. Ce grand écrivain russe et traducteur a compris l’enjeu de cette nouvelle bataille menée aujourd’hui par Nadejda Tolokonnikova. La lettre ouverte de Nadejda Tolokonnikova – une des membres des Pussy Riot («Emeute de chatte»), ce groupe féministe dont l’action (qui peut être discutée) dans une Eglise orthodoxe contre la campagne électorale de Poutine s’est «conclue» par une condamnation au camp très lourde en août 2012 – mérite d’être diffusée le plus largement possible. La solidarité multiple avec elle – qui a commencé une grève de la faim – doit devenir un élément de soutien à une militante déterminée face au pouvoir autocratique de Poutine. Elle s’inscrit dans la tradition la plus digne de ceux et celles qui résistaient dans les camps staliniens. Elle ne se bat pas pour elle, elle se bat pour toutes celles et ceux qui connaissent des conditions d’incarcération strictement inhumaines et des emprisonnements relevant d’un arbitraire propre aux ex-kgebistes, comme aux temps du goulag. (Rédaction A l’Encontre)

*****

André Markowicz écrit dans la présentation de cette lettre: «Le 23 septembre, Nadejda Tolokonnikova, l’une des jeunes femmes du groupe Pussy Riot, a entamé une grève de la faim pour protester contre les terribles conditions de détention dans le camp de Mordovie où elle a été envoyée pour deux ans. Juste avant, via son avocat, elle a fait passer un texte.

J’ai lu ce texte en russe – et j’ai été saisi. Saisi par les conditions de vie des prisonnières. Saisi par la description du système de répression en tant que tel. Saisi aussi par la grandeur de la personne qui écrit cela. La langue de Nadejda Tolokonnikova est une langue russe d’une pureté, d’une force, d’une précision qui s’illuminent de la grande tradition humaniste de la Russie – de cette tradition qui fait que la Russie, quelles que soient les horreurs de son histoire, est source de lumière – la tradition de la «Maison morte» de Dostoïevski, celle de Herzen, celle de Tchekhov, et celle de tous les écrivains du Goulag. Un souci de la précision, une précision impitoyable, et le sentiment constant d’être non pas «responsable» pour les autres, mais lié aux autres, d’une façon indissociable. C’est cette tradition qui fait dire à Anna Akhmatova, dans son exergue de Requiem : «J’étais alors avec mon peuple. ?Là où mon peuple, par malheur, était.» Nadejda Tolokonnikova parle pour elle-même, et parlant pour elle-même, elle parle avec les autres – elle parle pour nous, et nous donne confiance. Il faut lire ce texte. Il faut le lire… André Markowicz.

Pussy Riot. Lettre du camp 14 de Mordovie

CE LUNDI 23 SEPTEMBRE, j’entame une grève de la faim. C’est une méthode extrême, mais je suis absolument certaine que, dans la situation où je me trouve, c’est la seule solution.

La direction de la colonie pénitentiaire refuse de m’entendre. Mais je ne renoncerai pas à mes revendications, je n’ai pas l’intention de rester sans rien dire et de regarder sans protester les gens tomber d’épuisement, réduits en esclavage par les conditions de vie qui règnent dans la colonie. J’exige le respect des droits de l’homme dans la colonie, j’exige le respect des lois dans ce camp de Mordovie. J’exige que nous soyons traitées comme des êtres humains et non comme des esclaves.

Voici un an que je suis arrivée à la colonie pénitentiaire n° 14 du village de Parts. Les détenues le disent bien — « Qui n’a pas connu les camps de Mordovie n’a pas connu les camps tout court». Les camps de Mordovie, j’en avais entendu parler alors que j’étais encore en préventive à la prison n° 6 de Moscou. C’est là que le règlement est le plus sévère, les journées de travail les plus longues, et l’arbitraire le plus criant. Quand vous partez pour la Mordovie, on vous fait des adieux comme si vous partiez au supplice. Jusqu’au dernier moment chacune espère – «peut-être, quand même, ce ne sera pas la Mordovie? Peut-être que j’y échapperai?» Je n’y ai pas échappé, et à l’automne 2012 je suis arrivée dans cette région de camps sur les bords du fleuve Parts.

La Mordovie m’a accueillie par la voix du vice-directeur en chef du camp, le lieutenant-colonel Kouprianov, qui exerce de fait le commandement dans la colonie n° 14: «Et sachez que sur le plan politique, je suis un staliniste.» L’autre chef (ils dirigent la colonie en tandem), le colonel Koulaguine, m’a convoquée le premier jour pour un entretien dont le but était de me contraindre à reconnaître ma faute. «Il vous est arrivé un malheur. C’est vrai, non? On vous a donné deux ans de camp. D’habitude, quand il leur arrive un malheur, les gens changent leur point de vue sur la vie. Vous devez vous reconnaître coupable pour avoir droit à une libération anticipée. Si vous ne le faites pas, il n’y aura pas de remise de peine.»

J’ai tout de suite déclaré au directeur que je n’avais l’intention d’effectuer que les huit heures de travail quotidiennes prévues par le Code du Travail. «Le Code du Travail, c’est une chose, mais l’essentiel, c’est de remplir les quotas de production. Si vous ne les remplissez pas, vous faites des heures supplémentaires. Et puis, on en a maté des plus coriaces que vous, ici!», m’a répondu le colonel Koulaguine.

Toute ma brigade à l’atelier de couture travaille entre 16 et 17 heures par jour. De 7.30 à minuit et demie. Dans le meilleur des cas, il reste quatre heures de sommeil. Nous avons un jour de congé toutes les six semaines. Presque tous les dimanches sont travaillés. Les détenues déposent des demandes de dérogation pour travailler les jours fériés, «de leur propre initiative», selon la formule employée. En réalité, bien entendu, c’est tout sauf leur initiative, ces demandes de dérogation sont écrites sur l’ordre de la direction du camp et sous la pression des détenues qui relaient la volonté de l’administration.

Personne n’ose désobéir (refuser d’écrire une demande d’autorisation à travailler le dimanche, ne pas travailler jusqu’à une heure du matin). Une femme de 50 ans avait demandé à rejoindre les bâtiments d’habitation à 20 heures au lieu de minuit, pour pouvoir se coucher à 22h et dormir huit heures ne serait-ce qu’une fois par semaine. Elle se sentait mal, elle avait des problèmes de tension. En réponse, il y a eu une réunion de notre unité où on lui a fait la leçon, on l’a insultée et humiliée, on l’a traitée de parasite. «Tu crois que tu es la seule à avoir sommeil? Il faudrait t’atteler à une charrue, grosse jument!» Quand le médecin dispense de travail une des femmes de la brigade, là encore, les autres lui tombent dessus: «Moi je suis bien allée coudre avec 40 degrés de température! Tu y as pensé, à qui allait devoir faire le travail à ta place?»

A mon arrivée, j’ai été accueillie dans ma brigade par une détenue qui touchait à la fin de ses neuf ans de camp. Elle m’a dit: «Les matons ne vont pas oser te mettre la pression. C’est les taulardes qui le feront pour eux.» Et en effet, le règlement est pensé de telle façon que ce sont les détenues qui occupent les fonctions de chef d’équipe ou de responsable d’unité qui sont chargées de briser la volonté des filles, de les terroriser et de les transformer en esclaves muettes.

Pour maintenir la discipline et l’obéissance dans le camp, il existe tout un système de punitions informelles: «rester dans la cour jusqu’à l’extinction des feux» (interdiction d’entrer dans les baraquements, que ce soit l’automne ou même l’hiver – dans l’unité n° 2, celle des handicapées et des retraitées, il y a une femme à qui on a amputé un pied et tous les doigts des mains: on l’avait forcée à passer une journée entière dans la cour – ses pieds et ses mains avaient gelés), «barrer l’accès à l’hygiène» (interdiction de se laver et d’aller aux toilettes), «barrer l’accès au cellier et à la cafétéria» (interdiction de manger sa propre nourriture, de boire des boissons chaudes). C’est à rire et à pleurer quand une femme de 40 ans déclare: «Allons bon, on est punies aujourd’hui! Est-ce qu’ils vont nous punir demain aussi, je me demande?» Elle ne peut pas sortir de l’atelier pour faire pipi, elle ne peut pas prendre un bonbon dans son sac. Interdit.

*****

OBSÉDÉE PAR LE SOMMEIL, rêvant juste d’une gorgée de thé, la prisonnière exténuée, harcelée, sale devient un matériau docile à la merci de l’administration, qui ne voit en nous qu’une main-d’œuvre gratuite. En juin 2013, mon salaire était de 29 roubles (moins d’un euro !). Alors que la brigade produisait 150 uniformes de policier par jour. Où passe le produit de la vente de ces uniformes?

A plusieurs reprises, le camp a touché des subsides pour changer complètement les équipements. Mais la direction s’est contentée de faire repeindre les machines à coudre par les détenues elles-mêmes. Nous devons coudre sur des machines obsolètes et délabrées. D’après le Code du Travail, si l’état des équipements ne correspond pas aux normes industrielles contemporaines, les quotas de production doivent être revus à la baisse par rapport aux quotas-type du secteur. Mais les quotas de production ne font qu’augmenter. Par à-coups et sans prévenir.

«Si on leur montre qu’on peut faire 100 uniformes, ils vont placer la barre à 120!», disent les ouvrières expérimentées. Or, on ne peut pas ne pas les faire – sinon toute l’équipe sera punie, toute la brigade. Elle sera obligée, par exemple, de rester plusieurs heures debout sur la place d’armes. Avec interdiction d’aller aux toilettes. Avec interdiction de boire une gorgée d’eau.

Voici deux semaines, le quota de production pour toutes les brigades de la colonie pénitentiaire a été arbitrairement augmenté de 50 unités. Si avant la norme était de 100 uniformes par jour, maintenant elle est de 150. D’après le Code du Travail, les travailleurs doivent être prévenus des changements de quotas de production au moins deux mois à l’avance. Dans la colonie n° 14, nous nous réveillons un beau jour avec un nouveau quota, parce que c’est venu à l’idée de nos «marchands de sueur», c’est comme ça que les détenues ont surnommé la colonie. L’effectif de la brigade baisse (certaines sont libérées ou changent de camp), mais les quotas de production augmentent, et celles qui restent travaillent de plus en plus dur.

*****

LES MÉCANICIENS NOUS DISENT qu’ils n’ont pas les pièces détachées nécessaires aux réparations, et qu’il ne faut pas compter dessus: «Quand est-ce qu’on va les recevoir? Non mais tu te crois où pour poser des questions pareilles? C’est la Russie, ici, non?!»

En quelques mois à la fabrique de la colonie, j’ai pratiquement appris le métier de mécanicien. Par force et sur le tas. Je me jetais sur les machines le tournevis à la main, dans une tentative désespérée de les réparer. Tes mains ont beau être couvertes de piqûres d’aiguilles, d’égratignures, il y a du sang partout sur la table, mais tu essaies quand même de coudre. Parce que tu es un rouage de cette chaîne de production, et, ta part de travail, il est indispensable que tu la fasses aussi vite que les couturières expérimentées. Et cette fichue machine qui tombe tout le temps en panne!

Comme tu es la nouvelle, et vu le manque d’équipements de qualité au camp, c’est toi, bien sûr, qui te retrouves avec le pire moteur de la chaîne. Et voilà que le moteur tombe de nouveau en panne, tu te précipites à la recherche du mécanicien (qui est introuvable), les autres te crient dessus, t’accusent de faire capoter le plan, etc. Aucun apprentissage du métier de couturière n’est prévu dans la colonie. On installe la nouvelle à son poste de travail et on lui donne une tâche.

«Tu ne serais pas Tolokonnikova, ça fait longtemps qu’on t’aurait réglé ton compte» – disent les détenues qui sont en bons termes avec l’administration. Et en effet, les autres prennent des coups. Quand elles sont en retard dans leur travail. Les reins, le visage. Ce sont les détenues elles-mêmes qui frappent, mais pas de passage à tabac dans la colonie qui ne se produise sans l’aval de l’administration. Il y a un an, avant mon arrivée, on a battu à mort une Tsigane dans l’unité n° 3 (l’unité n° 3 est l’unité punitive, c’est là que l’administration envoie celles qui doivent subir des passages à tabac quotidiens). Elle est morte à l’infirmerie de la colonie n° 14. Qu’elle soit morte sous les coups, l’administration a réussi à le cacher: ils ont inscrit comme cause du décès une attaque cérébrale.

Dans une autre unité, les nouvelles couturières, qui n’arrivaient pas à remplir la norme, ont été forcées de se déshabiller et de travailler nues. Personne n’ose porter plainte auprès de l’administration, parce que l’administration te répondra par un sourire et te renverra dans ton unité, où, pour avoir «mouchardé», tu seras rouée de coups sur ordre de cette même administration. Ce bizutage contrôlé est un moyen pratique pour la direction de la colonie de soumettre complètement les détenues à un régime de non-droit.

Il règne dans l’atelier une atmosphère de nervosité toujours lourde de menaces. Les filles, en manque constant de sommeil et perpétuellement stressées par cette course inhumaine à la production, sont prêtes à exploser, à hurler, à se battre sous le moindre prétexte. Il n’y a pas longtemps, une jeune fille a reçu un coup de ciseaux à la tempe parce qu’elle n’avait pas fait passer un pantalon assez vite. Une autre fois, une détenue a tenté de s’ouvrir le ventre avec une scie. On a réussi à l’en empêcher.

Celles qui étaient à la colonie n° 14 en 2010, l’année des incendies (de forêt) et de la fumée, racontent qu’alors que l’incendie se rapprochait des murs d’enceinte les détenues continuaient de se rendre au travail et de remplir leur norme. On ne voyait pas à deux mètres à cause de la fumée, mais les filles avaient attaché des foulards humides autour de leur visage et continuaient de coudre. L’état d’urgence faisait qu’on ne les conduisait plus au réfectoire. Certaines femmes m’ont raconté qu’elles avaient atrocement faim, et qu’elles tenaient un journal pour noter toute l’horreur de ces journées. Une fois les incendies éteints, les services de sécurité ont fouillé les baraquements de fond en comble et confisqué tous ces journaux, afin que rien ne transparaisse à l’extérieur.

*****

LES CONDITIONS SANITAIRES à la colonie sont pensées pour que le détenu se sente comme un animal sale et impuissant. Et bien qu’il y ait des sanitaires dans chaque unité, l’administration a imaginé, dans un but punitif et pédagogique, un «local sanitaire commun : c’est-à-dire une pièce prévue pour 5 personnes, où toute la colonie (800 personnes) doit venir se laver. Nous n’avons pas le droit de nous laver dans les sanitaires de nos baraquements, ce serait trop pratique!

Dans le «local sanitaire commun», c’est la bousculade permanente, et les filles, armées de bassines, essaient de laver au plus vite «leur nounou» (c’est comme ça qu’on dit en Mordovie), quitte à se grimper les unes sur les autres. Nous avons le droit de nous laver les cheveux une fois par semaine. Mais même cette «journée de bain» est parfois annulée. La raison: une pompe qui a lâché, une canalisation qui est bouchée. Il est arrivé qu’une unité ne puisse pas se laver pendant deux ou trois semaines.

Quand un tuyau est bouché, l’urine reflue depuis les sanitaires vers les dortoirs et les excréments remontent par grappes. Nous avons appris à déboucher nous-mêmes les canalisations, mais la réparation ne tient pas longtemps, elles se bouchent encore et encore. Il n’y a pas de furet pour déboucher les tuyaux dans la colonie. La lessive a lieu une fois par semaine. La buanderie, c’est une petite pièce avec trois robinets d’où coule un mince filet d’eau froide.

Toujours dans un but éducatif, il faut croire, on ne donne aux détenues que du pain dur, du lait généreusement coupé d’eau, des céréales toujours rances et des pommes de terre pourries. Cet été la colonie a reçu une grosse livraison de tubercules noirâtres et gluants. Qu’on nous a fait manger.

On parlerait sans fin des conditions de vie et de travail dans la colonie n° 14. Mais le reproche principal que je fais à cette colonie est d’un autre ordre. C’est que l’administration emploie tout son possible pour empêcher que la moindre plainte, la moindre déclaration concernant la colonie n° 14 ne sorte de ses murs. Le plus grave, c’est que la direction nous contraint au silence. Sans reculer devant les moyens les plus bas et les plus vicieux. De ce problème découlent tous les autres: les quotas de travail excessifs, la journée de travail de 16 heures etc.

La direction se sent invulnérable et n’hésite pas à opprimer toujours plus les détenues. Je n’arrivais pas à comprendre les raisons pour lesquelles tout le monde se taisait avant d’avoir à affronter moi-même la montagne d’obstacles qui se dresse en face du détenu qui a décidé d’agir. Les plaintes ne peuvent pas sortir du territoire de la colonie. La seule chance, c’est de faire passer sa plainte par son avocat ou sa famille. L’administration, mesquine et rancunière, emploie tous les moyens de pression pour que le détenu comprenne que sa plainte n’arrangera rien pour personne. Elle ne fera que rendre les choses pires. La direction a recours aux punitions collectives : tu te plains qu’il n’y ait pas d’eau chaude? On coupe l’eau complètement.

*****

EN MAI 2013, MON AVOCAT, Dmitri Dinze, a déposé devant le Parquet Général une plainte visant les conditions de vie dans la colonie n° 14. Le lieutenant-colonel Kouprianov, directeur-adjoint du camp, a aussitôt instauré des conditions intenables dans le camp : fouilles et perquisitions à répétition, rapports sur toutes les personnes en relation avec moi, confiscation des vêtements chauds et menace de confisquer aussi les chaussures chaudes. Au travail, ils se sont vengés en donnant des tâches de couture particulièrement complexes, en augmentant les quotas de production et en créant artificiellement des défauts. La chef de la brigade voisine de la mienne, qui est le bras droit du lieutenant-colonel Kouprianov, incitait ouvertement les détenues à lacérer la production dont je suis responsable à l’atelier, afin qu’on m’envoie au cachot pour «dégradation de biens publics.» La même femme a ordonné à des détenues de son unité de me provoquer à une rixe.

Image

Nadejda Tolokonnikova lors de son procès en août 2012
Nadejda Tolokonnikova lors de son procès
en août 2012

On peut tout supporter. Tout ce qui ne concerne que soi-même. Mais la méthode de responsabilité collective en vigueur dans la colonie a des conséquences plus graves. Ce que tu fais, c’est toute ton unité, tout le camp qui en souffre. Et le plus pervers, souffrent toutes celles qui te sont devenues chères. Une de mes amies a été privée de sa libération anticipée, libération qu’elle essayait depuis sept ans de mériter par son travail, remplissant et dépassant même son quota de production : elle a reçu un blâme parce que, elle et moi, nous avons pris ensemble un verre de thé. Le jour même, le lieutenant-colonel Kouprianov l’a transférée dans une autre unité.

Une autre de mes connaissances, une femme très cultivée, a été envoyée dans l’unité punitive, où elle est battue tous les jours, parce qu’elle a lu et commenté avec moi le document intitulé: «Règlement intérieur des centres pénitentiaires». Des rapports ont été constitués sur toutes les personnes qui sont en contact avec moi. Ce qui me faisait mal, c’était de voir persécuter des femmes qui me sont proches. Le lieutenant-colonel Kouprianov m’a dit alors en ricanant: «Il ne doit plus te rester beaucoup d’amies!» Et il a expliqué que, tout cela, c’était à cause de la plainte de mon avocat.

A présent, je comprends que j’aurais déjà dû déclarer ma grève de la faim dès le mois de mai, dans la situation d’alors. Mais devant la pression terrible que l’administration mettait sur les autres détenues, j’avais suspendu mes plaintes contre la colonie.

Il y a trois semaines, le 30 août, j’ai adressé au lieutenant-colonel Kouprianov une requête pour qu’il accorde à toutes les détenues de ma brigade 8 heures de sommeil. Il s’agissait de réduire la journée de travail de 16 à 12 heures. «Très bien, à partir de lundi la brigade ne va travailler que huit heures», a-t-il répondu. Je sais que c’est un piège parce qu’en huit heures, il est physiquement impossible de remplir notre quota de couture. Et du coup la brigade n’y arrivera pas et sera punie.

«Et si elles apprennent que tout ça, c’est de ta faute, a continué le lieutenant-colonel, plus jamais tu ne te sentiras mal, parce que, dans l’autre monde, on se sent toujours bien.» Le lieutenant-colonel a fait une pause et a ajouté: «Dernière chose: ne demande jamais pour les autres. Demande seulement pour toi. Ca fait des années que je travaille dans les camps, et tous ceux qui viennent me demander quelque chose pour quelqu’un d’autre, ils vont directement au cachot en sortant de mon bureau. Toi, tu seras la première à qui ça n’arrivera pas.»

Les semaines qui ont suivi, dans l’unité et à l’atelier, les conditions ont été insupportables pour moi. Les détenues proches de l’administration ont commencé à inciter les autres à la vengeance: «Voilà, vous êtes punies pour une semaine: interdiction de prendre le thé et de manger en dehors du réfectoire, suppression des pauses toilettes et cigarettes. A partir de maintenant, vous serez punies tout le temps si vous ne changez pas de comportement envers les nouvelles et Tolokonnikova en particulier; faites leur ce qu’on vous a fait, à vous. On vous a bien cognées, non? On vous a bien cassé la gueule? Eh bien, défoncez-les, elles aussi. Pour ça, personne ne vous dira rien.»

Plus d’une fois on a essayé de provoquer des conflits et des rixes avec moi, mais quel sens ça aurait d’entrer en conflit avec des femmes qui ne sont pas libres de leurs actes et agissent sur ordre de l’administration ?

Les détenues de Mordovie ont peur de leur ombre. Elles sont terrorisées. Et si hier encore elles étaient bien disposées à mon égard et imploraient «Fais quelque chose pour les 16 heures de travail!», après la pression que la direction a fait peser sur moi, elles ont peur même de m’adresser la parole.

J’ai proposé à l’administration d’apaiser ce conflit, de mettre fin à la tension artificiellement entretenue contre moi par les détenues soumises à l’administration, ainsi qu’à l’esclavage de la colonie tout entière en réduisant la journée de travail, et en ramenant le quota de production à la norme prévue par la loi. Mais en réponse la pression est encore montée d’un cran. C’est pourquoi, à partir de ce lundi 23 septembre, j’entame une grève de la faim et je refuse de participer au travail d’esclave dans le camp, tant que la direction ne respectera pas les lois et ne traitera pas les détenues non plus comme du bétail offert à tous les arbitraires pour les besoins de la production textile, mais comme des personnes humaines.

(Remerciements à Marie N. Pane pour sa traduction du russe. Publié sur le site Mediapart)
http://alencontre.org/laune/russie-le-d ... niste.html
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Messagede Pïérô » 10 Oct 2013, 13:47

Inquiétude à propos de la santé d'une Pussy Riot emprisonnée

Les proches de Nadejda Tolokonnikova, la Pussy Riot emprisonnée, s'inquiètent. Sans nouvelle de la jeune femme de 23 ans, hospitalisée après neuf jours de grève de la faim, ils ont demandé des informations sur son état de santé.

"Cela fait onze jours que les autorités pénitentiaires nous interdisent de rendre visite à Tolokonnikova, officiellement à cause de son état de santé insatisfaisant", a indiqué Dmitri Dinze, l'un des avocats de la jeune femme.

"Nous avons réclamé un document sur son état de santé, mais nous avons essuyé un nouveau refus", a précisé par téléphone son avocat, qui se trouvait lundi 7 octobre en Mordovie, à 500 kilomètres à l'est de Moscou, où la jeune femme purge sa peine.

"Nous ne savons pas dans quel état elle est, quel est le diagnostic de son état et quels soins elle reçoit", a indiqué Pavel Tchikov, chef de l'ONG russe Agora qui apporte une assistance juridique aux Pussy Riot. L'époux de Nadejda Tolokonnikova, Piotr Verzilov, a également affirmé qu'il était interdit de visite.


POSSIBLE VENGEANCE DES AUTORITÉS PÉNITENTIAIRES

Pour certains de ses proches, il s'agirait d'une vengeance des autorités pénitentiaires, après que la jeune femme a dénoncé dans une lettre ouverte des conditions de détention très sombres.

Nadejda Tolokonnikova avait interrompu le 1er octobre sa grève de la faim après avoir été hospitalisée. Selon un membre d'une commission de surveillance qui lui a rendu visite le lendemain, Tolokonnikova, qui a été mise sous perfusion, avait beaucoup maigri, "était sous contrôle médical et son état était stable".

Cette information a été confirmée par le député Ilia Ponomarev et le délégué du Kremlin aux droits de l'homme, Vladimir Loukine, qui ont été en contact avec la jeune femme. Nadejda Tolokonnikova purge avec une autre jeune femme une peine de deux ans pour avoir chanté début 2012 une "prière punk" contre le président russe Vladimir Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou.

http://www.lemonde.fr/europe/article/20 ... _3214.html
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Messagede bipbip » 05 Nov 2013, 12:32

Aucune nouvelle
Aucune nouvelle de la Pussy Riot Nadejda Tolokonnikova depuis 13 jours

L'époux de Nadejda Tolokonnikova, l'une des deux jeunes femmes emprisonnées du groupe contestataire russe Pussy Riot, est sans nouvelle de sa femme depuis treize jours et l'annonce de son transfert vers un nouveau centre d'internement. "Nous pensons que le service pénitentiaire a choisi cette méthode particulière pour la punir", a déclaré Piotr Verzilov.

La jeune femme a quitté le 22 octobre le camp de travail n° 14 de Mordovie, à 600 kilomètres à l'est de Moscou. Cette décision de la transférer avait été prise après qu'elle eut repris une grève de la faim, se disant menacée de mort en raison de la publication d'une lettre où elle dénonçait les conditions de détention dans son camp, rappelant le goulag soviétique.

Le mari de la militante a indiqué que selon certaines sources, elle avait été vue à Tcheliabinsk, dans l'Oural, le mois dernier. Lors de l'annonce de son transfert le 18 octobre, l'administration pénitentiaire (FSIN) avait précisé qu'aux termes de la législation russe, l'un des proches de la détenue serait informé de son nouveau lieu de détention "au plus tard dix jours après son arrivée dans cet endroit".

Nadejda Tolokonnikova purge avec une autre jeune femme du groupe Pussy Riot une peine de deux ans de camp pour avoir chanté début 2012 une "prière punk" contre le président russe Vladimir Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou. Sa peine est censée se terminer en mars 2014.

http://www.lemonde.fr/europe/article/20 ... _3214.html
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Re: FREE PUSSY RIOT !

Messagede bipbip » 19 Nov 2013, 12:30

Nadejda Tolokonnikova retrouvée dans un hôpital en Sibérie
Une Pussy Riot envoyée dans un camp en Sibérie

Nadejda Tolokonnikova, l'une des deux jeunes femmes emprisonnées du groupe contestataire russe Pussy Riot, est arrivée en Sibérie où elle doit rejoindre un nouveau camp de travail. Sa famille n'avait plus eu de ses nouvelles depuis fin octobre.

Après plusieurs jours d’incertitudes, les autorités pénitentiaires russes ont confirmé que Nadejda Tolokonnikova, une des membres du groupe Pussy Riot actuellement emprisonnées, a rejoint la Sibérie pour intégrer un nouveau camp de travail.

"Tolokonnikova est arrivée dans l'un des établissements pénitentiaires de la région de Krasnoïarsk (Sibérie orientale)", ont indiqué les autorités dans un communiqué.

Le sort de la jeune femme de 24 ans, mère de famille, avait fait l’objet de nombreuses spéculations au cours des dernières semaines. Sa famille n’avait en effet plus eu de ses nouvelles depuis le 22 octobre dernier. Son mari Piotr Verzilov a pu lui parler jeudi au téléphone pour la première fois depuis vingt jours, mais il a constaté qu’elle était affaiblie par sa récente grève de la faim. La Pussy Riot avait cessé de s’alimenter en septembre pour protester contre ses conditions de détention dans un centre pour femmes situé en Mordovie, à 600 kilomètres de Moscou, et demander son transfert.

Dans un hôpital pour tuberculeux

En attendant de rejoindre son nouveau camp, Nadeja Tolokonnikova est actuellement dans un hôpital pour tuberculeux à Krasnoïarsk, à 4000 km de Moscou. Selon un responsable local de l’administration pénitentiaire, cité par l’agence Ria Novosti, la prisonnière ne présente pas ces symptômes, mais elle y effectue un bilan médical.

"Elle va bien. Elle m’a dit que les conditions dans l’hôpital était bonnes et qu’elle était soignée pour des problèmes médicaux qu’elle a contractés lors de son passage dans son ancienne prison", a expliqué son mari au journal britannique "The Telegraph", tout en ajoutant qu’il espérait être autorisé à lui rendre visite vendredi.

Tout comme Maria Aliokhina, une autre membre des Pussy Riot, Nadeja Tolokonnikova purge une peine de deux ans de prison pour avoir chanté en 2012 "une prière punk" de contestation contre le président russe Vladimir Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou. Alors que toutes leurs demandes de remise en liberté ont été rejetées, les deux jeunes femmes doivent sortir de prison en mars 2014. Ekaterina Samoutsevitch, la troisième membre du groupe, a bénéficié en octobre 2012 d'une suspension de sa condamnation en appel.

http://www.france24.com/fr/20131114-pus ... ie-poutine
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Re: FREE PUSSY RIOT !

Messagede Denis » 04 Déc 2013, 21:53

Qu'y'en a pas un sur cent et qu'pourtant ils existent, Et qu'ils se tiennent bien bras dessus bras dessous, Joyeux, et c'est pour ça qu'ils sont toujours debout !

Les Anarchistes !
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Re: FREE PUSSY RIOT !

Messagede Pïérô » 27 Déc 2013, 02:38

Maria Alekhina et Nadejda Tolokonnikova ont été libérées lundi 23 décembre de leurs centres de détention respectifs après avoir été amnistiées.
. http://www.lemonde.fr/europe/article/20 ... _3214.html
. http://www.lemonde.fr/europe/article/20 ... _3214.html

On aurait pu penser que les Pussy Riot se tiendraient à carreau. On redoutait qu’elles remercient le tsar Poutine et enfilent des bas de contrition. Au lieu de ça, elles ont rouvert les hostilités. Punk un jour, punk toujours. Elles donnent une bonne leçon de persévérance.

http://www.rue89.com/2013/12/24/lecon-p ... iot-248575
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Re: FREE PUSSY RIOT !

Messagede bipbip » 31 Déc 2013, 01:18

Deux des Pussy Riot persistent à vouloir « chasser » Vladimir Poutine du pouvoir

Nadejda Tolokonnikova, l'une des deux jeunes femmes du groupe contestataire russe Pussy Riot libérées le 23 décembre, a dit vouloir « chasser » le président Vladimir Poutine du pouvoir, lors d'une conférence de presse donnée à Moscou. La jeune femme a ajouté qu'elle souhaitait que l'ex-oligarque Mikhaïl Khodorkovski, gracié par le président russe après dix ans de détention, brigue la présidence et remplace Vladimir Poutine.

« En ce qui concerne Vladimir Poutine, nous n'avons pas changé de position. Nous voudrions continuer à faire ce pour quoi on nous a mises en prison », a-t-elle précisé. « Je suis solidaire de cela », a assuré Maria Alekhina aux côtés de Nadejda Tolokonnikova.

« Poutine est un tchékiste [un terme de l'époque soviétique pour évoquer des membres des services de sécurité, la Tcheka étant l'ancêtre du KGB] fermé, opaque, avec une multitude de craintes, il a vraiment peur de beaucoup de choses », a précisé Mme Tolokonniva. Pour M. Poutine, « il y a en permanence des conspirations, des soupçons », a renchéri Mme Alekhina.

« COLONIE PÉNITENTIAIRE »

Dès leur libération, les deux jeunes femmes, devenues le symbole de l'opposition à Vladimir Poutine, avaient dénoncé une « opération de communication ». « La Russie est construite sur le modèle d'une colonie pénitentiaire », avait confié Nadejda Tolokonnikova, ajoutant avoir « vu cette petite machine totalitaire de l'intérieur ».

Les deux jeunes femmes, condamnées en août 2012 pour avoir chanté une prière « anti-Poutine » dans la cathédrale Saint-Sauveur de Moscou, ont été remises en liberté après avoir été amnistiées en vertu d'une loi approuvée par le Parlement russe la semaine dernière. Elles devaient initialement sortir de détention en mars 2014.

Mikhaïl Khodorkovski, l'ancien homme le plus riche de Russie, a quant à lui été libéré le 20 décembre d'une colonie pénitentiaire en Carélie, dans le Grand Nord russe, à la suite d'une grâce accordée par Vladimir Poutine. L'ancien patron du groupe pétrolier Ioukos a été incarcéré pendant dix ans pour « fraude fiscale » puis pour « détournement ». Il a assuré, dimanche à Berlin, ne pas vouloir s'impliquer dans « la bataille pour le pouvoir ».

http://www.lemonde.fr/europe/article/20 ... _3214.html

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