De fait, et il en est de même que pour abel chemoul, je voudrais bien savoir ce qui te mène réellement, luco, d'autant que par ailleurs, dans le débat autour du souverainisme et du protectionnisme, tu remets en question la libre circulation des personnes : viewtopic.php?f=69&t=12680&start=15#p226163.
Rien ne "me mène" qui serait "caché". Arrêtons la paranoïa : ni vipère lubrique au service du Grand Capital Impérialiste, ni agent-double au service de la Bête immonde.
Il me semble que je prends assez peu de gants quand j'ai quelque chose à dire pour qu'on ne me reproche pas d'avoir des "visées cachées". Ni aigreur spécifique. Je m'exprime et le débat continue c'est tout. Et si je m'exprime pas sur tous les sujets c'est parce que ces derniers font consensus pour moi que ce soit l'écologie, le féminisme universaliste, la lutte contre les discriminations sexuelles et évidemment les luttes sociales.
Je dis ce que je pense sur certaine orientations avec lesquelles je suis en profond désaccord. Ce désaccord vient en partie de mon évolution propre sur certains sujets, c'est indéniable, mais aussi parce que la "mouvance" anticapitaliste à laquelle j'ai participé a évolué de son côté.
Je me souviens très bien des première affaires du "voile". Seuls deux groupuscules défendaient à l'époque les positions qui sont devenues le langage courant de presque toute l'EG actuelle. Presque leur seconde nature.
Les JCR-Egalité et Socialisme International. Avec SI cela allait jusqu'au "soutien critique au FIS" face à l'appareil d'Etat algérien (alors que dans le même temps des militantes féministes et révolutionnaires algériennes étaient assassinées par les islamistes).
Depuis, le culturalisme libéral-libertaire, le différentialisme et l'essentialisme ont ravagé l'extrême-gauche. la critique religieuse s'est tue face au terrorisme intellectuel des partisans de "l'islamophobie"...
Et même ceux qui n'y basculent pas complètement en sont affectés.
Pour en revenir au sujet, oui, j'ai déjà critiqué à plusieurs reprises l'inversion des priorités que représente le fait de prendre des positions "pro-immigration", "pro-circulation des personnes et des biens" comme si cela pouvait être le marquer de la radicalité anti-capitaliste : c'est l'inverse qui est vrai. La libre circulation des personnes et des biens est l'horizon à atteindre du capitalisme mondialisé : les masses de prolétaires sans feu ni lieu doivent suivre les besoins de main-d'oeuvre et d'accumulation des capitalistes. Parfois c'est le Capital qui vient à eux, parfois c'est le Capital qui les appelle.
Le capitalisme poursuit son rôle "révolutionnaire" qui est de réduire tous les aspects de la vie humaine aux seules lois de l'économie. Les prolétaires sont interchangeables. Les productions sont standardisées. Et tout ce qui entrave cette fluidité au service de l'économie capitaliste est un frein qu'il faut réduire.
Le reste étant traité comme autant de niches commerciales à conquérir (le mecca Cola, ou le burger au roquefort bien français, les gammes de produits de beauté hallal, casher ou "raciaux").
Pour moi, ce qui est anti-capitaliste c'est de pouvoir vivre et travailler au pays. C'est la souveraineté politique (et non le gouvernement mondial ou l'UE qui ne font que déposséder les peuples du peu qu'ils avaient conquis dans le cadre des états nations). C'est la prise en compte des équilibres culturels (pas l'essentialisation, mais sa prise en compte pragmatique...). C'est la relocalisation de l'économie seule manière d'avoir prise sur la politique concrète et bien sûr d'aller vers une société plus écologique (circuits courts, respect de la diversité des terroirs, des productions, des paysages...).
Pas le fantasme d'une révolution communiste internationale qui n'est que l'achèvement du délire économiciste du libéralisme capitaliste augmenté de l'illusion ultra-rationaliste du "marxisme".