Québec, l'UCL, Union Communiste Libertaire

Re: «vidéo» de l'UCL-Québec

Messagede kuhing » 08 Avr 2009, 08:53

Phébus a écrit:Malheureusement, tout le monde n'est pas aussi concis et éloquent que Mathieu... Tu verra que je suis beaucoup plus moyen!

Pour les interventions de la salle, c'est à la fin que ça se fait. En fait, je n'avais pas prévu les inclure dans le montage parce que, bon... :baille:

Mais peut-être que je ferai un petit effort juste pour toi.


je l'apprécierais.
c'est à mon avis, même si pour vous ça vous semble être des "niaiseries" qui ont été dites par les participant-e-s, la partie la plus intéressante de votre réunion.
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Re: «vidéo» de l'UCL-Québec

Messagede Phébus » 03 Juin 2009, 14:28



La quatrième partie, sur notre perspective révolutionnaire.
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Usines sans patron - tournée organisée par l'UCL au Québec

Messagede Pïérô » 05 Oct 2009, 23:53

çà rejoint le débat et la volonté de faire campagne de discussions publiques là dessus que l'on affiche dans ce topic : viewtopic.php?f=72&t=2552#p42625
Il serait interessant que les camarades Quebéquois puissent nous en faire un petit compte rendu... :wink:

Usines sans patron - une tournée organisée par l'UCL

Usines sans patron : la réponse des classes populaires argentines à la crise économique de 2000 - Tournée panquébécoise de conférences

Nous traversons l’une des pires crises économiques de l’histoire du capitalisme et les réponses fournies par l'État et ses laquais sont illusoires. En plus, face à cette impasse nos dirigeant-e-s tentent de faire porter tout le fardeau de la crise aux travailleurs et travailleuses.

. . . . . . . . . Image

Comment pouvons-nous répondre autrement à cette crise économique? Pouvons-nous s’inspirer des expériences de luttes qui se sont passées ailleurs dans le monde?

Pour réfléchir à ces questions, l'Union communiste libertaire (UCL) organise cet automne une tournée panquébécoise de conférences sur la réponse des classes populaires argentines face à la grave crise économique qui secoua le pays au début des années 2000.

Du 19 octobre au 15 novembre prochain, un militant anarchiste de l’organisation Red Libertaria (Argentine) parcourra différentes villes du Québec pour nous entretenir sur ce sujet. Il traitera des différentes formes de résistance développées par le peuple argentin pour contrer les effets de la crise: récupération d'usine, création de coopératives autogérées, etc. ainsi que de l'implication des anarchistes dans ces différentes luttes.

La tournée s'arrêtera dans plusieurs villes : Montréal, Saint-Jérôme, Québec, Saguenay, Saint-Félicien, Drummondville, Sherbrooke, etc. Soyez alerte! Les lieux et dates de chaque conférence seront publicisés très bientôt.

Pour plus d'informations : ucl@causecommune.net

U.C.L.
55051 CP Langelier
Québec (Qc) G1K 9A4

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Re: Usines sans patron - tournée organisée par l'UCL au Québec

Messagede luco » 09 Oct 2009, 15:05

Oui, on aimerait des précisions.

Il me semble qu'il y a deux aspects importants :

- faire connaître les expériences concrètes qui ont lieu notamment en Argentine au moment de la crise politique et économique radicale qu'ils ont subi

- en tirer les enseignements de l'échec relatifs de ces expériences : car quand même : un pays en faillite complète, des dirigeants politiques totalement discrédités, une bourgeoisie qui se tire avec les meubles, des banques qui ne fonctionnent plus, des services sociaux quasiement à l'abandon... et... quand même... pas de révolution. Les mêmes qui reviennent au pouvoir quelques temps plus tard. Même s'il y a de "beaux restes" (entreprises autogérées, coordinations populaires, mouvements de chômeurs...).
Qu'a-t-il manqué pour aller plus loin, pour en finir avec cette classe corrompue, avec ce système injuste, avec le capitalisme ?

Trop souvent, les libertaires se "contentent" de décrire ce qui s'est passé ce qui nous laisse tout aussi désarmé pour tracer des perspectives pour demain.

Qu'est-ce qui a cloché ?
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Re: Usines sans patron - tournée organisée par l'UCL au Québec

Messagede leo » 09 Oct 2009, 22:35

Il y aurait tant à dire sur l’Argentine…

Ce qui a été un échec, c’était l’idée que d’un effondrement économique quasi-total aux dramatiques conséquences sociales allait naître une situation quasi-révolutionnaire.
Il n’en a rien été.
La mécanique déterministe n’a, une fois de plus, pas fonctionné.

Dans les jours et semaines qui ont suivi le 20 décembre 2001, on a pu penser que quelque chose d’important se passait. Manifs quotidiennes, naissance de multiples assemblées de quartiers, renforcement du mouvement des chômeurs malgré des divisions incroyables, quelques entreprises occupées et "récupérées"…


Mais voilà, cela n’a pas été plus loin.

Une donnée importante pour essayer de comprendre.
Le mouvement social, populaire (appelons le comme on veut) était, certes important et profond par endroits, mais n’a jamais acquis une position majoritaire dans la société ou même donnant l’illusion de la majorité. Les plus grandes manifs à Buenos Aires dépassaient rarement 50 000 personnes, ce qui, dans une ville-agglomération de plusieurs millions, est très peu…
Socialement, à part les mouvements de chômeurs importants et une partie de la petite bourgeoisie citadine, les « masses » étaient absentes des mobilisations : les dites masses étant la classe ouvrière historique (base du péronisme) et son ennemi de toujours, la classe moyenne anti-peronniste (base du parti radical et…de la dictature)

Qu'a-t-il manqué pour aller plus loin, pour en finir avec cette classe corrompue, avec ce système injuste, avec le capitalisme ?


En tous cas pas les “partis révolutionnaires” qui sont en nombre en Argentine : des dizaines de groupes trotskistes, guévaristes, péronistes de gauche, ML, PC, inclassables, etc…

Ce qui a manqué est sans doute une situation révolutionnaire. Donc la question est plutôt : qu’a-t-il manqué pour qu’il y ait une situation révolutionnaire ?

- Vingt ans de politiques capitalistes libérales ont mis à genou la classe ouvrière historique, encore nombreuse à l’époque mais dans une quasi-totale apathie (pas une seule grève importante pendant toute cette période !) Classe ouvrière par ailleurs encadrée par la CGT péroniste qui n’avait d’autres objectifs que de défendre sa ou plutôt ses différentes bureaucraties, toujours liées aux différents courants régionaux du parti.

- 20 ans de reculs, de montée du chômage et de la pauvreté, à la suite d’une dictature qui avait quand même décimé une grande partie des forces de la contestation sociale (30 000 disparus). Plein de survivants ont relevé la tête mais le traumatisme est encore là.

- Les nouveaux mouvements issus de ces politiques libérales au cours des années 90 et notamment celui des piqueteros, bien que beaucoup plus forts qu’en France par exemple, n’ont jamais pu représenter une alternative sociale-politique.

- Le maintien d’une tradition politique partidaire de type clientéliste surtout en direction catégories, ouvrières. Le péronisme était en crise (plusieurs factions liées à plusieurs leaders) mais, ce qui subsistait de lui avait encore une forte capacité de nuisance localement, là où sont les gens. Le quadrillage des quartiers ouvriers par le parti péroniste, avec ses punteros, ses organisations féminines, ses clubs d’entraide, sa gestion des aides sociales à la tête client, a continué de fonctionner comme élément stabilisateur.

La question du pouvoir ne s’est posé que de manière négative : que se vayan todos !

Aussi bien les partisans d’une constituante (en gros une partie de l’extrême gauche) que ceux qui défendait l’idée d’un autre pouvoir (de la base, des assemblées, etc…) n’ont pas été entendus et sans doute pas assez de gens y croyaient vraiment. Le pays était paralysé mais pas du fait d'un mouvement social : l'économie ne fonctionnait plus et les gens étaient finalement plus choqués et incrédules que révoltés. Tous les politiques semblaient discrédités… mais en l’absence d’autre chose, le paysage politicien s’est recomposé doucement, le lieu du pouvoir a été occupé en janvier 2002 par le vaincu des élections de 1999 (Duhalde).
Son discours, en légère rupture avec le credo libéral de ses prédécesseurs (le bling-bling péroniste Menem, le radical De La Rua) et ses mesures économiques d’urgence a dû faire suffisamment illusion pour calmer les protestations au bout de quelques mois.

La reprise économique à partir de 2003, l’élection de Kirchner et sa politique de cooptation de beaucoup de mouvements sociaux (pas seulement les mouvements proche du péronisme historique ou de la gauche sociale mais aussi des courant plus combatifs, y compris des anarchistes dans la ville de La Plata par exemple) ont conduit à un reflux des mouvements sociaux.

Alors, « Qu'a-t-il manqué pour aller plus loin » ?
Je donne ma langue au chat. Pourquoi un effondrement économique provoque plus d’abattement que de colère ?
Pourquoi cette colère, existante mais minoritaire, ne mord pas plus, alors qu’il y avait une sorte de vide (symbolique) du pouvoir ? Pourquoi ce mouvement de colère n'est pas parvenu à s’élargir, ni à se donner des perspectives de rupture avec l’ordre social ?
La crise de l'idée de révolution, et donc des "modèles" ou même un imaginaire qui pourraient y être associés, jouent ici à fond.

Paradoxalement, les entreprises récupérées sont le secteur qui a le mieux résisté au fil des ans, et qui s’est même renforcé numériquement. Ce qui s’est traduit par une certaine pérennisation de ces expériences au niveau économique. Au point que le modèle “coopérativiste” est devenu le nouveau slogan de la président Cristina Kirchner depuis sa défaite électorale de juin dernier, qui veut développer un tiers secteur économique et la création de 100 000 postes de travail, coopératives qui seront contrôlées par les diverses institutions étatiques, et donc par les systèmes clientélistes locaux, dans le cadre de sa politique de relance (relance économique mais aussi pour essayer de récupérer des électeurs).

Trop souvent, les libertaires se "contentent" de décrire ce qui s'est passé ce qui nous laisse tout aussi désarmé pour tracer des perspectives pour demain.


C’est vrai. Mais je ne suis pas sûr que les libertaires doivent « tracer des perspectives » de manière générale. Ou alors, s’ils essaient de le faire, ils singent les gauchistes qui ne font que ça de parler de perspectives, pour le résultat que l’on sait.
Les slogans, les mots d’ordre ne manquaient pas dans les rues et les assemblées de Buenos Aires, ni les prises de positions des différents groupes politiques dits révolutionnaires qui n'avaient de cesse de "tracer des perspectives". Cela n’a été utile en rien. Il y a eu même, notamment dans les assemblées de quartier, un rejet de cette politicaillerie des groupes d’extrême gauche qui se disputaient la plus grosse occupation du terrain. Et les assemblées qui ont survécu le plus longtemps sont celles qui se sont orientées vers des formes d'intervention concrètes, par exemple en occupant un immeuble vide et en en faisant des espèces de centre sociaux.
Sur un plan général, à part dire, crier, chanter, répéter pendant des semaines : "que se vayan todos y que no quede ni un solo"" et qu'"ils" sont encore là : que faire ?

Les perspectives, c’est-à-dire le futur, n’est pas prédictible, par définition.
Au mieux, on peut essayer de faire des hypothèses.
Déjà, comprendre la situation que l’on vit, faire des bilans, construire une réflexion des évènements en cours, apparaissent souvent comme bien problématique. Dans les faits, les perspectives sont alors celles qui se définissent à court terme, sur ce qui paraît avant tout comme possible dans la situation. Les mouvements sociaux n’ont pas souvent de "perspectives" au delà de la revendication et de la colère et celles-ci se donnent au fur et à mesure.

Ce que peuvent faire les révolutionnaires qui ne veulent pas diriger les mouvements, c’est d’avancer des éléments de contenus, pour peser sur tel ou tel point, pour aider à ce que ces mouvements se radicalisent, se renforcent, se “politisent”, gagnent en autonomie et en capacité d’avancer dans telle direction plutôt qu’une autre.

La question du "saut" révolutionnaire, de sa formulation, de ses conditions de possibilités, des processus par lesquels des mouvements de révoltes se saisissent de la globalité et donc de la politique, tout cela reste en tout cas tout a fait ouvert.

Faire en sorte qu'une issue révolutionnaire apparaissent à beaucoup comme une option possible et non une incongruité me semble déjà être une bonne perspective de travail. Qui mérite autant l'action, la réflexion et le débat.
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Re: Usines sans patron - tournée organisée par l'UCL au Québec

Messagede chaperon rouge » 11 Oct 2009, 15:10

C'est une tournée de conférence sur "la réponse des classes populaires argentines face à la crise économique de 2001" donc assez large. La tournée s'arrête à quelques endroits au Québec et en Ontario. Au Québec, il y a Montréal Québec St-Jérôme Drummondville Sherbrooke Trois-Rivières Chicoutimi St-Félicien et peut-être Rimouski. L'affiche est vraiment très belle, c'était la volonté de celle qui l'a fait de sortir des logos militants habituels plutôt masculins comme le poing et le marteau. Couper la cravate contient plusieurs sens. Des tshirts ont été produit sur l'argentine et la grèce(mais, à moins que mathieu en ait apporté, je ne crois pas qu'il en est disponible outremer).
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Re: Usines sans patron - tournée organisée par l'UCL au Québec

Messagede Phébus » 20 Oct 2009, 13:43

Mauvaise nouvelle

L'Union Communiste Libertaire planifiait depuis un certain temps déjà la venue d'un camarade argentin, de l'organisation Red Libertaria, pour « Usines sans patrons! », une tournée de conférences dans plusieurs villes du Québec et de l'Ontario. Alors que des centaines d'affiches ont été posées à travers la province et que plusieurs personnes de divers milieux nous ont déjà confirmé leur intérêt, nous sommes, pour des raisons hors de notre contrôle, dans l'obligation d'annuler la tournée qui devait débuter cette semaine. Nous demeurons évidemment en contact avec Red Libertaria et évaluons conjointement la possibilité de reporter l'événement.
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