Brésil

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Messagede Lila » 01 Avr 2018, 21:27

Brésil : Les femmes du Mouvement des sans Terre occupent Nestlé contre la privatisation de l’eau

(São Lourenço, le 20 mars 2018) En début de semaine, le siège de la multinationale Nestlé à São Lourenço, dans la région méridionale de Minas Gerais, était occupé par 600 femmes du mouvement des sans terre dans le prolongement des mobilisations ayant eu lieu au Brésil à l’occasion du 8 mars. Par cette occupation, elles voulaient dénoncer la privatisation des eaux par les entreprises internationales, privatisation fortement encouragée par le gouvernement issu du coup d’Etat de Michel Temer. Elles voulaient mettre en garde contre les principaux accords qui se prennent en ce moment à l’occasion du Forum mondial de l’eau à Brasilia.

à lire : https://entreleslignesentrelesmots.word ... n-de-leau/
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Messagede bipbip » 05 Avr 2018, 16:11

Bresil : Marielle Franco, Presente !

Dans la nuit du 14 mars dernier, Marielle Franco, a été brutalement exécutée par balles, à la sortie d’un débat avec d’autres femmes noires, dans le quartier de la Lapa à Rio de Janeiro. Anderson Pedro Gomes, le chauffeur de la voiture où elle se trouvait a lui aussi été assassiné.

Marielle Franco était une militante féministe, noire et lesbienne, née dans la favela de la Maré, particulièrement engagée contre le racisme, la répression et les violences policières. Depuis des années elle luttait contre les abus de la Police militaire de l’Etat de Rio. Conseillère municipale du Parti socialisme et liberté (PSOL, gauche radicale) elle était récemment devenue rapporteuse de la commission chargée d’enquêter sur l’intervention militaire fédérale décrétée par le gouvernement de Michel Temer pour « assurer la sécurité » dans l’Etat de Rio. Quatre jours avant sa mort, Marielle avait dénoncé une action violente du 41e bataillon de la Police Militaire dans la favela de l’Acari, où des policiers ont terrorisé les habitants et habitantes, pénétrant avec violences dans les habitations et jetant des jeunes gens dans une fosse pleine de détritus.

Décimer le peuple noir

Pour nos camarades de la Coordination anarchiste brésilienne (CAB), ces assassinats « représentent une action orchestrée par un État terroriste […] qui n’utilise pas de masques pour décimer le peuple noir et pour envoyer un message à tous ceux et toutes celles qui se dressent contre le massacre dans les banlieues. La mort de la camarade en pleine intervention militaire fédérale n’est pas une coïncidence ou une erreur de la politique de sécurité publique de l’Etat de Rio.

L’avancée de la répression, au travers de cette mesure, est ce qui autorise cette nouvelle et profonde étape dans le terrorisme d’État. Il s’agit d’une action clairement bien construite : neuf coups de feu contre le véhicule, un cas évident d’exécution sommaire d’une combattante du peuple. L’État, le capitalisme brésilien et ses institutions continuent à fonctionner, avec leur profil historique de maintien des inégalités structurelles et de perpétuation directe ou indirecte de la barbarie. Dans ce moment de douleur, de tristesse et de haine, il nous incombe d’apporter toute notre solidarité aux familles de Marielle et de Anderson, aux camarades du PSOL et à tous ceux et toutes celles qui luttent quotidiennement. […]

État terroriste ! Pour la fin de l’intervention militaire fédérale ! Pour la mémoire, la vérité et la justice ! Marielle Franco, avec nous ! »

Communiqué de la CAB du 19 mars 2018


http://www.alternativelibertaire.org/?B ... o-Presente
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Messagede bipbip » 07 Avr 2018, 15:36

A la mémoire de Marielle Franco et Anderson Gomes

Rio de Janeiro : l’intervention militaire et la criminalisation des mouvements sociaux

L’assassinat de Marielle Franco et Anderson Pedro Gomes, le 14 mars, symbolise le degré de criminalisation qui s’intensifie au Brésil contre tous ceux qui luttent contre les inégalités sociales, l’extermination des Noirs et des minorités LGBT et ceux qui luttent pour les droits civils, travaillistes et l’accès aux services publiques.

Militante de longue date auprès des populations les plus démunies, Marielle Franco, une des membres clés du PSOL1, a été violemment assassinée dans le centre-ville de Rio de Janeiro (RJ). Anderson Pedro Gomes, son chauffeur, a également été tué dans l’attaque. L’enquête de la police a identifié 9 coups de feu dans la vitre arrière de la voiture, montrant que les meurtriers avaient visé Marielle Franco.

Mère, lesbienne, noire et issue de la favela de Mare, Marielle a été la 5e candidate qui a eu le plus de voix au conseil de RJ. En tant que conseillère, elle a joué un rôle primordial dans la lutte contre les violences policières dont sont victimes les habitants des favelas.

Intervention militaire : Une fausse solution aux problèmes sociaux

La famine, le chômage, les dégradations de services publics - des enseignant.es et des fonctionnaires de santé qui ne reçoivent pas leur salaire depuis des mois - sont des exemples d’un état en faillite, où les violences urbaines sont en hausse et représentent une préoccupation émergente des cariocas.

Pour y répondre, le gouvernement Temer a décrété une intervention fédérale dans quatre états, dont celui de Rio de Janeiro au motif de répondre aux questions relatives à la sécurité publique. Il a nommé un général de l’armée en charge de la sécurité et a ordonné l’intervention militaire dans les favelas et les communautés, employant les mêmes stratégies que les troupes brésiliennes en Haïti.

En réalité, l’intervention militaire n’a pas solutionné les problèmes sociaux de la population, en termes d’accès aux droits basiques de citoyenneté, mais au contraire, les habitants et habitantes de l’état ont vu leur situation se détériorer, les humiliations, menaces de mort étant le quotidien de ces habitants.

Marielle Franco était une leader de l’opposition à cette intervention. Trois semaines auparavant, elle avait été nommée à la tête de la commission mise en place par le conseil municipal pour superviser l’intervention de l’armée.

Trois jours avant son assassinat, Marielle Franco avait dénoncé les actions arbitraires et abusives de la police militaire dans la favela Acari, où des résident.es ont été assassinés et tués par le 41e bataillon de la police militaire, connu sous le nom de « bataillon de la mort ».

La corruption, la violence et le racisme de la police militaire de Rio et ses liens avec les groupes d’extermination sont évidents. Il ne fait aucun doute que le meurtre de Marielle est lié à son engagement contre cette situation, au fait qu’elle soit un symbole de la lutte pour les droits des minorités, contre le racisme et la violence policière et militaire.

Au cours des dernières années, principalement après le coup d’Etat parlementaire qui a porté Michel Temer au pouvoir, le Brésil a vu une augmentation significative de la répression étatique et extra-institutionnelle contre les mouvements sociaux. Cette répression et la criminalisation des mouvements et de leurs dirigeant.es est en train de prendre un nouveau tournant avec l’application de nouvelles mesures institutionnelles de répression, introduites par le Parti des travailleurs (PT) lorsqu’il était au gouvernement, principalement pendant la Coupe du monde et les Jeux olympiques.

Des militant.es et des leaders sont systématiquement menacés, attaqués et tués. Deux jours avant l’assassinat de Marielle, un dirigeant du peuple amazonien, Paulo Sérgio Almeida Nascimento, a été tué de quatre balles à Barcarena (État de Para). Paolo menait une lutte contre la compagnie minière norvégienne, Hydro, qui voulait construire un bassin dans cette région, ce qui aurait un impact dramatique sur l’environnement et la vie de la population locale.

Après sa mort, ils cherchent à détruire sa réputation.

Des manifestations de soutien à Marielle Franco et Anderson Gomes ont eu lieu partout dans le monde. Cette tragédie a éveillée la fureur des populations et représente un défi pour les nouvelles élections de 2018. La bourgeoisie colonialiste et fasciste se sentant menacée, organise, sur les « réseaux sociaux », une campagne diffamatoire envers l’engagement militant de Marielle, afin de tenter de justifier ce crime.

Les vies des noir.es comptent !

Pour cette bourgeoisie colonialiste et fasciste, les noir.es et plus généralement les pauvres ne comptent pas dans la société, leur avis est clair : plus ils et elles meurent, moins il y a de problèmes, surtout s’il s’agit de ceux et celles qui osent à faire entendre leur voix face aux inégalités.

Ils peuvent arracher des fleurs, mais ils ne finiront pas avec le printemps

Les syndicalistes, les mouvements et les organisations sociales mènent une lutte acharnée, à la fois, contre les attaques faites aux travailleurs et travailleuses concernant leurs conditions de travail, et pour la mémoire de Marielle et sa lutte. Quand la vie d’une noire issue de la favela aura de l’importance au Brésil, cela sera le premier pas pour que toutes les vies aient de l’importance.

Résistance !

À la suite de la crise et des contre-réformes qui attaquent les conditions de vie de la classe ouvrière et de tous les pauvres, la résistance s’est organisée à tous les niveaux. Il est fondamental d’unifier ces luttes pour construire des stratégies qui mènent à la victoire contre la montée du fascisme dans le pays, ainsi que pour défendre nos vies, nos droits et cheminer vers la construction d’une société où nous sommes humainement différent, mais socialement égaux.

Marielle Franco et Paolo Sergio présentes !!


http://www.sudeducation.org/Bresil-A-la ... ielle.html
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La rébellion des camionneurs à la croisée des chemins

Messagede Blesk » 05 Juin 2018, 18:05

La rébellion des camionneurs à la croisée des chemins - Iniciativa Revolução Universal
https://libcom.org/library/la-r-bellion-des-camionneurs-la-crois-e-des-chemins-iniciativa-revolu-o-universal

Nous traduisons de l’espagnol ce matériel originellement publié en portugais par des camarades du Brésil organisés autour de l’Initiative Révolution Universelle. Il s’agit d’un tract distribué lors des luttes qui se déroulent actuellement, au printemps 2018, dans la région dominée par l’État brésilien.

LA RÉBELLION DES CAMIONNEURS À LA CROISÉE DES CHEMINS !
Barrez les routes pour ouvrir des voies !

Engagée dans la plus grande rébellion depuis 2013, la classe ouvrière brésilienne réapparaît aujourd’hui sur la scène historique. Les émeutes et protestations durant le Carnaval et la vague de manifestations après la mort de Maríelle Franco furent des signes avant-coureurs de la rébellion sociale actuelle. Les luttes que nous vivons aujourd’hui ont été ralenties par la manipulation/polarisation électorale, par le coup d’Etat de 2016, par la démagogie spectaculaire des journalistes et des juges, qui ont essayé de sauver le système avec de faux discours de « moralisation de la politique » (une tentative d’utiliser la classe ouvrière comme chair à canon dans le différend opposant des bourgeois entre eux, de la part de l’Etat et du siège du gouvernement qui est aujourd’hui la Cour suprême fédérale) et par la détérioration de nos conditions de survie. Tout cela, cependant, après diverses luttes au cours des dernières années contre la Coupe du Monde et les Jeux Olympiques, contre les privatisations, contre la répression, contre la militarisation, contre la précarisation de la fonction publique, contre la pollution, contre les réformes de l’éducation et après les grèves/émeutes de mars à juin 2017. Les faiblesses, d’une part, et le sabotage flagrant de ces luttes par les deux branches de l’État (« la droite » et « la gauche »), d’autre part, menacent à nouveau maintenant la rébellion exemplaire des camionneurs qui ont paralysé l’économie du pays et qui, en dépit de la persévérance et de la détermination avec lesquelles celle-ci fut menée, a besoin d’identifier ses obstacles et ses ennemis afin de pouvoir triompher. Tout le soutien aux travailleurs en lutte ! Pour la construction de la grève générale des insurgés !

Opportunités et menaces des luttes sociales actuelles au Brésil : la lutte des camionneurs montre un fort potentiel de transformation sociale et mobilise le soutien de l’ensemble de la classe ouvrière. Ses chances de succès apparaissent dans plusieurs caractéristiques :

* Spontanéité : contrairement aux mensonges de la presse et des politiciens qui veulent isoler le mouvement, la grève a commencé avant que les syndicats décrètent leur « soutien » à partir du 21 mai. Lorsque la hausse du prix des carburants a commencé, plusieurs camionneurs ont cessé de livrer leurs marchandises, et ils ont même commencé à bloquer les routes. Cette spontanéité empêche les syndicats et les partis électoraux de prendre le contrôle total de la lutte. Les décisions sont prises sur les piquets de grève et via les réseaux sociaux (Facebook et WhatsApp), en dehors des canaux électoraux et syndicaux, et remplacent la présence physique aux assemblées générales.

* Généralisation/action stratégique : la portée et l’impact du mouvement atteint le pays tout entier, ce qui fait de cette lutte la plus grande rébellion depuis 2013. Les routes commerciales et de distribution de carburant du pays ont été coupées, ce qui a étranglé l’économie capitaliste, forçant le gouvernement et les patrons à céder. Le gouvernement a l’intention de déplacer des effectifs militaires contre la lutte, et des actions sont proposées telles que de bloquer tous les accès à Brasilia. Au vu de l’intelligence tactique de la grève, démontrée par une catégorie de travailleurs qui connaissent les veines et les artères de la logistique de ce pays, ce mouvement de lutte s’avère indispensable pour arrêter et mettre l’Etat en déroute.

* Sympathie et solidarité de classe : comme lors de la rébellion de 2013, les luttes liées à la question des transports sont et seront décisives pour les luttes sociales de demain. Hier, la radicalisation sociale s’est produite autour des tarifs de transport urbain ; aujourd’hui, c’est à cause de l’essence de Temer. Le transport joue le rôle du méchant dans l’aggravation du coût de la vie, puisqu’il impacte directement les prix finaux et ronge les salaires. La classe ouvrière brésilienne a immédiatement soutenu le mouvement : dans plusieurs villes et états, des comités de soutien ont été créés, donnant de la nourriture et autres denrées aux grévistes. D’autres catégories, comme les conducteurs d’autobus scolaires, les motocyclistes, les pétroliers et les dockers, participent au soutien. La lutte des camionneurs devient la lutte de tous, elle crée une sympathie immédiate et ce qui déterminera ou non son succès, au-delà des barrages routiers, et sa persévérance ferme et non-négociable, ce sera la solidarité de la classe ouvrière dans son ensemble.

Il existe de nombreuses menaces contre le mouvement : les chefs d’entreprises du secteur du transport, les propriétaires de flottes de poids lourds essaient de l’utiliser pour obtenir le soutien financier du gouvernement et augmenter leurs profits, au détriment du travail pénible et ininterrompu des camionneurs. Les syndicats qui disent parler au nom des camionneurs font l’impossible pour arrêter la grève, essayant à deux reprises de conclure des accords avec Temer (les 25 et 27 mai), ce qui n’a donné aucun résultat seulement parce que les travailleurs, méfiants envers ces faux amis, ont rejeté les accords. L’infiltration de la droite militante patriotique-fasciste, les tentatives d’isoler la grève de la part de la presse et du secteur « gauchiste » du capitalisme sont les menaces les plus sérieuses et elles attaquent le mouvement à l’intérieur comme à l’extérieur. Elles font partie d’une stratégie unique.

* La stratégie pour démanteler le mouvement : en utilisant la tactique de ciseaux entre la « droite » et la « gauche » pour vaincre la lutte, l’Etat et les patrons ont initié une dynamique bien armée et articulée, avec les pseudo-gauchistes du PT [1], d’un côté, en totale solidarité avec les bolsonaristes[2]/défenseurs des dictatures militaires, de l’autre côté. Les principaux bénéficiaires de tout cela sont le gouvernement de Temer, le patronat et le cartel pétrolier national et international. Cela se passe ainsi parce que le mouvement n’a pas de direction claire, mais sa signification et son identité sont en conflit. L’usure de la « gauche » syndicale-électorale a empêché son implantation dans la grève, et une partie de celle-ci n’y contribue qu’avec un soutien rhétorique. L’utilisation théâtrale, intimidante mais limitée de l’armée, qu’on n’arrive pas encore à qualifier de putsch militaire, en rajoute à la farce, bien que les généraux lancent déjà des regards avides vers le pouvoir.

* L’action de la « droite » : devant le potentiel et la spontanéité du mouvement, les groupes de la droite militante s’infiltrent et se concentrent sur trois objectifs :

a) prendre le contrôle d’un mouvement de la classe ouvrière (ce que la droite a rarement réussi à faire dans l’histoire) et avoir ainsi un public fidèle à ses ambitions politiques : agitation pré-électorale et soutien à un éventuel coup d’état militaire ;

b) par-dessus tout, organiser une campagne électorale en faveur de Bolsonaro, en détournant et en retirant l’objectif du mouvement des mains des travailleurs ;

c) salir le mouvement et accélérer son isolement, puisque Bolsonaro et la droite patriotique-fasciste savent que l’ensemble de la classe ouvrière n’a pas beaucoup de sympathie pour leurs drapeaux, de sorte qu’en essayant d’apparaître comme les maîtres de la grève, on peut ainsi faire augmenter le rejet de la lutte des camionneurs.

La droite, cependant, est une minorité dans le mouvement et son action est plus venue de l’extérieur que de l’intérieur, à travers son supposé « soutien » pour rencontrer les camionneurs ou à travers des « protestations » qui imitent les marches réactionnaires de 2015-16. Les conseillers, les élus municipaux et étatiques tentent aussi de profiter de la grève et expriment leur soutien… à eux-mêmes, en réalité !

* Le sabotage « gauchiste » : organisé avec la « droite » et en alliance avec les médias, la « gauche » du capitalisme s’est consacrée dès le début à trois actions :

a) diffamer le mouvement, en affirmant qu’il s’agit d’une « grève de patrons » (lock-out) ou d’une grève de fascistes en soutien à un coup d’état militaire, qui résulterait du chaos intentionnellement provoqué par la grève – pour cela ils comptent sur la couverture médiatique qui, intentionnellement, ne montrent que les bannières et les drapeaux en faveur de Bolsonaro et d’un coup d’état militaire (en plus de montrer tout le temps des images de pénurie), réduisant ainsi la grève à ces éléments ;

b) par leurs centrales syndicales (CUT, UGT, etc.), ils tentent d’isoler la grève, en obligeant d’autres catégories professionnels de ne pas y adhérer, en essayant d’imposer un cordon sanitaire contre celle-ci… Cependant, cette stratégie est un échec : les métallurgistes de Ford ont entamé une grève, ainsi que les dockers à Santos et certains secteurs de la fonction publique (Unesp, préfectures, etc.). D’autre part, dans les périphéries du nord-est et de São Paulo, des expropriations/pillages ont lieu dans les supermarchés : c’est la lutte contre l’ordre bourgeois ;

c) retirer le 27 mai la consigne de « grève générale » (qui avait été esquissée le 25 par opportunisme), au nom de la « stabilité » du régime, ce qui montre comment la « gauche » électorale est le plus important pilier dans la défense du gouvernement de Temer, révélant sa soumission au gouvernement putschiste et en cachant que celui à être vraiment frappé [en 1964], ce fut la classe ouvrière (cette manœuvre a même été conseillée par Lula, qui depuis sa prison s’est entretenu avec le secteur du commerce – avec des représentants des syndicats et du gouvernement – sans aucun doute, en échange de sa libération et de la possibilité d’être candidat aux élections, puisqu’il reste en tête des sondages). Pour briser le lien entre les pétroliers et les camionneurs, la « grève » des pétroliers fut appelée pour le 30 (la veille des vacances, c’est-à-dire : une grève sans aucun effet), dans l’espoir que la grève sur les routes soit finie avant, et ce fut pour une durée définie : seulement trois jours, pour éviter d’autres résultats. Pendant ce temps, Temer envoie les forces armées aux raffineries et au port de Santos, il décrète l’intervention militaire dans tout le pays et ordonne le déblocage des routes, comme le veulent les faux « défenseurs » de la grève, Bolsonaro et Sérgio Moro, qui s’opposent à tout dommage économique causé par la grève. La « droite » défend directement le patronat, la « gauche » défend Temer, qu’elle accusait d’être un putschiste, et se lève contre un coup d’état militaire qui pourrait interrompre le processus électoral de 2018, ce même processus qu’elle déclarait être illégitime si Lula ne pouvait pas être candidat.

L’initiative de la classe déterminera la situation : les illusions qu’un coup d’état militaire soit une solution, avec l’espoir même que la grève sera vaincue par les troupes qui attaqueraient les piquets de grève et les barricades, ces illusions, la sécurité publique et le drapeau des fascistes sont devenus obsolètes après trois jours de grève des camionneurs et que l’approvisionnement en drogues ait été interrompu (ainsi que l’action des voleurs de cargaisons), liquidant dans la pratique le pouvoir des narcotrafiquants dans plusieurs villes ! L’action auto-organisée de la classe ouvrière sans autres personnages sur la scène doit être la grève générale insurrectionnelle, pour sa propre défense et pour attaquer l’Etat. Formons des comités indépendants de lutte, réunissant les différentes catégories en une seule lutte !

POUR LA RÉVOLUTION SOCIALE ! NI ÉLECTIONS NI MILITAIRES! L’INSOUMISSION EST LA SOLUTION !

SABOTONS LES LIGNES D’APPROVISIONNEMENT DES FORCES ARMÉES ! GRÈVE GÉNÉRALE !

Iniciativa Revolução Universal, mai 2018
revolucaouniversal@riseup.net // revolucaouniversal@protonmail.com
___________________

[1] [Note du traducteur] PT = Parti des Travailleurs, le parti de Lula et Dilma Roussef.

[2] [Note du traducteur] Jair Bolsonaro, homme politique brésilien, proche des milieux conservateurs et militaires.

Source en espagnol : http://barbaria.net/2018/06/02/iniciati ... crucijada/

Source originale en portugais : http://humanaesfera.blogspot.com/2018/0 ... os-na.html
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Re: Brésil

Messagede bipbip » 05 Juil 2018, 18:46

Brésil. 130 ans d’une abolition inachevée

Conservatrice et brève, contenant à peine plus de deux lignes, la loi n° 3353, appelée Lei Áurea [Loi d’or ou dorée], décréta, le 13 mai 1888, la fin légale de l’esclavage au Brésil [1]. Mais si l’esclavage fut aboli d’un point de vue légal et formel il y a 130 ans, sa dimension sociale et politique reste aujourd’hui présente. C’est là que porte la critique principale de chercheurs et de militants des mouvements noirs à la célébration du 13 mai comme jour de «la fin de l’esclavage».

La promulgation de la loi dorée se fit en grande pompe, ainsi qu’en témoigne la documentation photographique d’António Luiz Ferreira, où l’on peut voir une multitude qui attend la signature de la loi devant le Palais impérial, au centre de Rio de Janeiro.

L’empire portugais [jusqu’en 1889, le Brésil est gouverné par une branche de la famille royale portugaise qui avait trouvé refuge outre-Atlantique lors des guerres napoléoniennes] était l’objet de fortes pressions internationales pour qu’il rende illégale la possibilité de réduire les gens en esclavage. En outre, la montée des idées abolitionnistes ainsi que les fuites et insurrections d’esclaves permanentes faisaient de l’esclavage une affaire toujours moins rentable.

L’activiste du mouvement noir Katiara Oliveira s’exprime ainsi au sujet de cette période, en se fondant sur une historiographie peu explorée, bien qu’elle existe: «L’abolition n’est pas le produit d’une simple signature. Les révoltes et les rébellions, comme brûler les champs de canne à sucre [canavial], la fuite vers les quilombos [communauté d’esclaves en fuite], le suicide, l’infanticide, l’empoissonnement des senhores de engenho [les propriétaires des plantations et fabriques de sucre de canne] portèrent préjudice aux propriétaires d’esclaves. Les formes d’affrontement contre le pouvoir du seigneur étaient multiples.»

Malgré cela, le Brésil est le dernier pays occidental à avoir aboli l’esclavage [1833 dans les dépendances britanniques, 1848 pour la France, 1865 pour les Etats-Unis, 1886 pour Cuba]. La Loi d’or fut la loi la plus populaire et la dernière de l’Empire. Un an et demi après l’abolition, l’Empire tomba. Des historiens de cette période, comme Lilia Moritz Schwarcz, professeure du département d’anthropologie de l’Université de São Paulo (USP), souligne le fait que l’Etat différa autant que possible l’interdiction de l’esclavage, ce qui provoqua la mort du régime.

Une abolition inachevée

Depuis des décennies, les mouvements noirs ont baptisé cette date [du 13 mai 1888, qui devint très tôt une fête civile au Brésil] comme le jour de l’abolition inachevée, soulignant la lutte des Noirs pour leur liberté et démythifiant la figure de la princesse Isabel [de Bourbon et Bragance, fille de l’empereur Pedro II et à trois reprises régente du Brésil; elle reçut le qualificatif de «redentora» en raison de la loi d’or] comme bienfaitrice des Noirs.

Jussara Basso, membre de la coordination nationale du MTST, le Mouvement des travailleurs sans toit, commente ainsi cette abolition formelle et à ses débuts: «Cette situation d’abolition inachevée place en réalité le peuple noir dans une condition d’esclavage rémunéré.»

Un an après l’abolition, les théories racistes fondées sur des méthodes pseudo-scientifiques, qui visaient à présenter les Noirs comme des personnes biologiquement inférieures, prirent forme et gagnèrent en audience, des idéologies comme celle du blanchiment racial furent largement acceptées au Brésil entre 1889 et 1914. De ce fait, le blanchiment physique et culturel du pays devint le grand objectif d’un pouvoir qui devait dissimuler la présence noire, ce qui conduisit à l’encouragement de l’immigration européenne pour travailler dans l’agriculture, au détriment des travailleurs noirs.

Jusqu’à aujourd’hui la désinformation sur la période de l’esclavage est grande. La cohabitation harmonieuse racontée dans des ouvrages comme Casa Grande e senzala, le livre de Gilberto Freyre [1900-1987] publié en 1933 [dont la première édition en français date de 1952, chez Gallimard, avec pour titre Maîtres et esclaves. La formation de la société brésilienne], rendent compte d’un esclavage propre, sans grands conflits, comme si un système où un être humain peut posséder un autre pouvait être pacifique.

Un fait central défendu par les experts et les chercheurs à propos de cette loi qui libéra les descendants d’Africains est qu’elle n’incluait pas de réparations historiques et qu’à partir de ce jour les esclaves furent, simultanément, libérés et abandonnés, avant d’être marginalisés.

Raumi Souza partage cette idée. Il fait partie d’un groupe d’étude sur la question ethnico-raciale et la question agraire du MST [Mouvement des travailleurs sans terre]. «L’abolition de l’esclavage fut une illusion. L’esclave est sorti de la senzala [là où étaient cantonnés les esclaves], il a quitté les plantations et est devenu libre, mais une liberté qui ne donne pas accès à la terre ou aux biens matériels et financiers ne lui donne aucune dignité», se lamente-t-il.

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Re: Brésil

Messagede bipbip » 18 Aoû 2018, 16:30

Meurtre de Marielle Franco au Brésil : des hommes politiques impliqués

BRESIL - Cinq mois après l'assassinat de la militante brésilienne de gauche et féministe Marielle Franco à Rio de Janeiro, qui a avait suscité une vague de manifestations dans tout le pays, l'enquête avance. Des hommes politiques appartenant au Mouvement démocratique brésilien (UMD) - le parti du président Michel Temer - seraient mis en cause.

... https://www.lci.fr/international/meurtr ... 95470.html
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Re: Brésil

Messagede bipbip » 23 Aoû 2018, 17:40

Contre-réforme agraire: «sa colonne vertébrale, le massacre des pauvres»

C’était tôt le matin à Pau d’Arco, dans l’Etat du Pará, le plus dangereux du Brésil pour ceux qui se battent pour la terre. Des familles sans terre occupaient à nouveau l’hacienda de Santa Lucia. Ils furent massacrés. Neuf hommes et une femme ont été tués le 24 mai 2017 lors d’une action de la police militaire (MP) et de la police de l’Etat du Pará. Quinze policiers ont été arrêtés à titre préventif, puis relâchés. Rien de nouveau sous le soleil.

Selon l’ONG Global Witness, au cours de la dernière décennie, le Brésil a été le pays le plus dangereux au monde pour ceux qui défendent la terre ou l’environnement: il y a eu en moyenne 42 meurtres par an depuis 2012. En 2017, avec 57 assassinats, il est à nouveau en tête du classement mondial. La plupart des massacres ont été perpétrés par la police militaire (PM) ou par des hommes armés en collusion avec des agents de l’Etat.

... http://alencontre.org/ameriques/amelat/ ... uvres.html
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Re: Brésil

Messagede bipbip » 20 Sep 2018, 21:20

Face au sexisme

Au Brésil, un million de femmes s’unissent contre le candidat d’extrême-droite

Le Brésil va élire son prochain président de la République les 7 et 28 octobre prochain (premier et deuxième tour). Lula , qui a été président de 2002 à 2010, aurait été le candidat le plus populaire. Mais il est en prison, condamné en janvier à une peine de 12 ans de détention, et a été interdit de se présenter. Son dauphin, l’ancien maire de São Paulo Fernando Haddad, peine pour l’instant à dépasser les 10 % dans les sondages.

C’est le candidat de l’extrême droite, Jair Bolsonaro, qui mène la course en tête dans les enquêtes d’opinion, à plus de 20 % des voix au premier tour. L’homme, député au congrès, est ouvertement xénophobe, homophobe, prône l’usage de la violence, et exprime régulièrement sa nostalgie de la dictature militaire. Il est comparé à Donald Trump, il ressemble aussi à bien des égards à Rodrigo Dutarte, le président philippin élu en 2016.

(...)

Le 30 août, des électrices brésiliennes ont créé un groupe Facebook de « Femmes unies contre Bolsonaro ». 24 heures plus tard, le groupe comptait déjà 600 000 membres. Aujourd’hui, il approche le million ! « Mon mari est un colonel de l’armée. Il va voter pour lui, a écrit une enseignante de 62 ans sur la page du groupe. Je ne sais pas quoi faire, je réfléchis à déchirer sa carte électorale ou à cacher ses papiers pour qu’ils en puisse pas voter », racontait-elle. Le groupe facebook n’est pas seulement un lieu d’échange sur les réseaux sociaux. Il se veut aussi un levier d’actions hors d’Internet. Une manifestation des « femmes unies contre Bolsonaro » est déjà prévue pour le 29 septembre, à São Paulo.

... https://www.bastamag.net/Au-Bresil-un-m ... eme-droite
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Re: Brésil

Messagede Lila » 01 Oct 2018, 19:45

Au Brésil, les femmes dans la rue pour dire « jamais » au candidat d’extrême droite

En tête des intentions de vote du premier tour de la présidentielle, le candidat de 63 ans a multiplié les saillies misogynes, homophobes et racistes.

Les unes sont employées domestiques, de gauche et adoratrices du Parti des travailleurs (PT) et de son leader emprisonné, Luiz Inacio Lula da Silva. Les autres bourgeoises, architectes ou avocates, votent au centre droit.

Au-delà de divergences d’opinions politiques, de classes sociales, d’âge, de modes de vie et de couleur de peau, des dizaines, voire des centaines de milliers de femmes se sont rassemblées, samedi 29 septembre, à Sao Paulo, Rio de Janeiro, Brasilia, Belo Horizonte, Recife, Salvador et Porto Alegre, ainsi que dans une soixantaine de villes au Brésil pour dire #EleNao (Pas lui). Un hashtag lancé sur les réseaux sociaux par le mouvement Mulheres Unidas contro Jair Bolsonaro (les femmes unies contre Bolsonaro), opposé au candidat d’extrême droite ; ce dernier est en tête des sondages pour l’élection présidentielle avec 27 % à 28 % d’intentions de votes.

à lire : https://www.lemonde.fr/ameriques/articl ... _3222.html
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Re: Brésil

Messagede bipbip » 11 Oct 2018, 20:42

« Nous assistons en direct à la fascisation du Brésil »

Où va le Brésil ? 50 millions d’électeurs y ont soutenu, au premier tour, le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, arrivé largement en tête avec 46 % des voix, dans le cadre d’une campagne marquée par sa violence verbale et la diffusion massive de fausses informations. « Ce n’est pas seulement un vote lié à la désinformation, ni uniquement un vote de colère et de rejet, c’est aussi un vote d’adhésion à un discours ultra-conservateur qui vise à rétablir les hiérarchies sociales », analyse l’historienne Maud Chirio, spécialiste du Brésil, qui entrevoit un avenir sombre pour le pays et les 97 millions de Brésiliens qui n’ont pas voté pour l’extrême-droite. Entretien.

... https://www.bastamag.net/Nous-assistons ... -du-Bresil
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Re: Brésil

Messagede bipbip » 13 Oct 2018, 19:35

Au Brésil, le triomphe attendu de Bolsonaro déchaîne les violences homophobes

Les associations LGBT dénoncent une recrudescence des agressions depuis le succès au premier tour de la présidentielle du candidat d’extrême droite.

... https://www.lemonde.fr/ameriques/articl ... _3222.html
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Re: Brésil

Messagede bipbip » 16 Oct 2018, 16:57

Bolsonaro ameute ses soldats du crime

À l’appel du candidat d’extrême droite, ses partisans multiplient les agressions et les meurtres à l’encontre de militants de gauche et de la communauté LGBT. La police ferme les yeux.

Qu’importe, au fond, que les Nations unies dénoncent les violences massives qui agitent l’entre-deux-tours de la présidentielle au Brésil, le candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, n’exclut pas de quitter l’instance multilatérale, un repaire de « droits-de-l’hommistes » et, pire, de « communistes ». Alors que les crimes de ses partisans se multiplient depuis le premier tour, il y a une semaine, le représentant du Parti social-libéral (PSL) n’a pas jugé utile de condamner ces actes exclusivement dirigés contre des sympathisants de gauche et les minorités. Les résultats venaient de tomber quand une jeune femme de 19 ans qui portait un tee-shirt « Ele nao » (lui non), en référence à Jair Bolsonaro, a été rouée de coups à Porto Alegre. Les agresseurs ont achevé le travail en lui gravant une croix gammée sur le ventre. Symbole de la dérive du pays vers le fascisme, le chef de la police a affirmé au micro de la BBC que la croix gammée était un emblème de paix bouddhiste. Dans l’État de Bahia, le même soir, Romualdo Rosário da Costa, maître de capoeira et électeur du Parti des travailleurs (PT), a été tué de douze coups de couteau pour avoir exprimé en public son choix politique. Une vague de violences s’abat également sur les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT). À Curitiba, José Carlos de Oliveira Neto, un coiffeur de 57 ans, a ainsi été molesté jusqu’à la mort. L’un de ses assassins aurait crié : « Vive Bolsonaro ! » à l’annonce du décès, ce qui n’empêche pas la police d’enquêter pour un « vol ayant entraîné la mort ».
Jair Bolsonaro, favorable à une libéralisation du port d’armes

« Qu’est-ce que j’ai à voir avec cela ? » s’est contenté de balayer Jair Bolsonaro en appelant à ne pas inverser les rôles alors qu’il a lui-même passé plusieurs semaines à l’hôpital après une agression au couteau : « Qui a été poignardé ? C’est moi (…) Je demande aux gens d’arrêter, mais je n’ai pas le contrôle. La violence vient de l’autre côté, l’intolérance vient de l’autre côté. » Fermez le ban. À cet égard, l’hommage rendu dimanche par plusieurs milliers de personnes à la conseillère municipale Marielle Franco, avocate œuvrant à la défense des droits des personnes LGBT et des Noirs, assassinée il y a sept mois à Rio de Janeiro, avait valeur de symbole. Les manifestants ont brandi des plaques portant la mention « rue Marielle-Franco », en référence à une photo circulant sur les réseaux sociaux montrant des élus d’extrême droite brisant fièrement la même plaque. Quelques jours plus tard, le député Rodrigo Amorim (PSL), réélu dès le premier tour, menaçait : « Préparez-vous, les gauchistes, vos jours sont comptés. »

... https://www.humanite.fr/bresil-bolsonar ... ime-662177
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Re: Brésil

Messagede bipbip » 25 Oct 2018, 20:51

Bœuf, balles et Bible : ces puissants réseaux qui portent le candidat Bolsonaro au Brésil

Après le premier tour de l’élection présidentielle au Brésil, tout laisse supposer que Jair Bolsonaro, représentant de l’extrême droite, pourrait prendre la tête de la huitième puissance économique mondiale. Le candidat, porté par près de 50 millions d’électeurs (46 % des voix), est un adepte des déclarations à la Trump qui se dit fier de ses préjugés. Cet ancien militaire est un adorateur de la dictature (qui a dirigé le pays de 1964 à 1985), dont il dit que la seule erreur a été de torturer au lieu de tuer, sans oublier toutefois de préciser que la torture est une pratique légitime. Il s’oppose fermement au mariage entre personnes du même sexe, multiplie les attaques racistes, homophobes et misogynes. Il soutient la peine de mort, combat l’immigration et lutte contre l’avortement.

Ainsi, nombreux sont ceux qui s’inquiètent de sa probable arrivée au pouvoir. Mais derrière l’arbre gesticulant se cache une bien plus sombre forêt.

L’alliance des militaires, des évangélistes et des grands propriétaires terriens

... https://theconversation.com/boeuf-balle ... sil-105017
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Re: Brésil

Messagede bipbip » 27 Oct 2018, 18:17

Note sur la situation actuelle de la lutte des classes au Brésil

Coordination Anarchiste Brésilienne – Coordenação Anarquista Brasileira (CAB)

La séquence politique actuelle au Brésil exige beaucoup de lucidité et de sang-froid, de la part de l’ensemble des personnes impliquées dans les luttes populaires, pour analyser la réalité. En tant que Coordination Anarchiste Brésilienne (CAB), nous cherchons ici modestement à apporter notre contribution à la compréhension de cette séquence politico-sociale chaotique, dont la trame principale est à trouver dans le coup d’État juridico-parlementaire qui a renversé Dilma Rousseff alors qu’elle était aux commandes. Nous avons vécu récemment la soi-disant fin du pacte de la Nouvelle République de 1988. Ledit pacte organisait et faisait perdurer l’exclusion sociale des classes les plus basses de la société, tout en garantissant des droits juridiques minimaux, dans une coalition qui regroupait des politiciens bourgeois, le patronat, les militaires et une partie des secteurs réformistes de la gauche.
La construction de l’État brésilien, cela étant, a toujours été tournée vers les intérêts des puissances impérialistes plutôt que vers ceux de la majorité de la population. Un Etat répressif envers les pauvres a toujours été la norme des institutions de la démocratie bourgeoise. Les gouvernements du PT, depuis Lula, ont amélioré la machine criminelle de l’ordre publique avec la mise en place de tout un appareil législativo-judiciaire qui perpétue la sur-incarcération des pauvres et des noirs et la parafernália répressive qui s’attaque aux luttes sociales. Le pacte de conciliation de classes a été rompu et la collaboration mise en pièces pour faire place au programme agressif du capitalisme financier, au détriment des droits sociaux, des libertés partielles et des biens communs, qui étaient les fruits des victoires historiques du mouvement social.

L’impérialisme montre les crocs
On ne peut comprendre ce mouvement en cours dans notre pays sans prendre en compte la réalité géopolitique de notre continent latino-américain. Nous avons besoin, pour comprendre ce qui est en jeu, de calibrer nos outils d’analyse et de replacer un peu mieux le Brésil comme nation périphérique à l’intérieur du système-monde. Cette nation qui a continué à maintenir sa vocation agro-exportatrice (secteur primaire) et, dans les dernières années, s’est alignée sur la construction du plan IIRSA (Initiative d’Intégration de l’Infrastructure Régionale Sud-Américaine, actuel COSIPLAN). Ce plan cherchait à maximiser l’exploration de nos ressources naturelles, à accélerer le processus de satisfaction des marchés internationaux en leur mettant ces ressources à disposition et, au final, à favoriser les entreprises transnationales.
Un tel plan marquait une nouvelle offensive, qui concordait avec les traités de libre-échanche établis entre les Etats-Unis et certains pays de la région, dans le but d’étendre le modèle néolibéral en Amérique du Sud, même lors de la vague des gouvernements progressistes et de centre-gauche.
La crise économique de 2008 a créé de grandes difficultés pour les Etats-Unis dans leur objectif de maintien ce cap à l’échelle internationale. Depuis la chute des deux Tours Jumelles en 2001, la garantie de l’hégémonie globale est devenu leur objectif principal, comme en témoignent superbement les multiples interventions agressives menés par l’empire. Il existe, de la part de l’impéralisme, une vision qui stipule clairement que « là où va le Brésil, l’Amérique latine suit ». Dans ce sens, étant donné que notre continent latino-américain est perçu comme une réserve stratégique pour les Etats-Unis (en matière de ressources naturellese et énergétiques et en termes politiques), les développements de la séquence politique brésilienne sont de la plus haute importance pour Washington.

Le coup d’État de 2016 n’a pas seulement démantelé les petits gains de la période antérieure mais a également amplifié le contrôle financier et international de l’économie nationale, sous formes d’achats d’ « actifs ». Une austérité qui s’impose sur la scène à grands coups de toge, avec l’opération Lava Jato [1] sur laquelle l’impérialisme peut s’appuyer dans sa stratégie de lawfare [2]. Le contrôle des secteurs des infrastructures, des énergies renouvelables, des services, de la santé et de l’éducation par des entreprises nord-américaines et chinoises continue également d’augmenter. En ce qui concerne le pétrole, 13 multinationales se sont déjà approprié près de 75 % du capital [de Petrobras, jusque là entreprise d’État et première industrie du pays, NdT] en pré-vente, Shell et BP en tête. Les derniers rounds des ventes aux enchères ont eu lieu en octobre de cette année. D’un point de vue politique, l’action de l’impérialisme consiste à désorganiser toute possibilité que la situation brésilienne – même sous un éventuel gouvernement de centre-gauche réformiste – ne puisse représenter une quelconque menace contre ses intérêts au niveau continental. Il est important de rappeler que le déroulement du cirque électoral au Brésil aura un impact clair sur la crise du régime vénézuélien. Il se peut qu’à l’issue de ce processus, la contribution à la déstablisation politique du pays se fasse plus effective, voire même qu’une intervention militaire soit rendue possible.

La nouvelle DSN : les militaires font de la politique et menacent
Il faut se rappeler qu’il y a quelques années, à l’intérieur même du gouvernement du PT, une nouvelle Doctrine de Sécurité Nationale a vu le jour sous l’impulsion du général Etchegoyen au sein des forces armées brésiliennes. Une Doctrine qui fait des groupes liés au trafic de stupéfiants, des ONGs qui défendent l’environnement ou les droits humains, des organes gouvernementaux dits « idéologiques » ou encore des mouvements sociaux basés sur une analyse de gauche, les nouvaux ennemis intérieurs. Un des éléments de cette doctrine consiste à vider l’université et la recherche de leur rôle critique, à durcir le code pénal, à prolonger et amplifier la sur-incarcération et à adopter des mesures de contre-espionnage. Cette doctrine s’appuie sur le contrôle des moyens de communication sociale, sur la diffusion de rumeurs, la disqualification de celles et ceux qui la mettent en cause et l’usage de faux documents. Le fait de promouvoir les grèves, les blocages de rues, les occupations de terres ou de bâtiments et la lutte pour les droits sociaux des minorités politiques devient désormais caractérisé comme du soutien à des « actions terroristes ».
C’est cette nouvelle doctrine qui est responsable du lobby en faveur de la loi antiterroriste finalement approuvée par Dilma. Son objectif réside dans la création d’un nouveau pacte, une « nouvelle démocratie », où les militaires tiennent un rôle actif dans la géopolitique continentale et la politique nationale.
Pour résumer. « L’État démocratique de droit » forgé sur l’exception pour les « classes dangereuses » est actuellement en phase de reconfiguration comme un jeu de pouvoir des classes dominantes (dans certains endroits, narco-étatiques) et fait émerger de l’intérieur de lui-même les raisons d’État et leurs relations avec les intérêts de l’impérialisme. Les secteurs réactionnaires agissent dans cette conjoncture particulière comme Etat policier. Une austérité qui taille tellement loin dans la chair du peuple et fait exploser les ambitions de la classe capitaliste et de ses laquais entraine, tôt ou tard, la nécessité d’élargir ce qui relève de l’exception pour redéfinir la norme du système et assurer ainsi sa propre sécurité.

Le centre-gauche joue tout son jeu dans les urnes
La gauche et le centre-gauche brésiliens mise leurs atouts et place leur chance dans les urnes, comme s’ils espéraient que la démocratie bourgeoise vienne à leur secours, protège les droits, retienne le garot qui nous enserre le cou et mette en déroute l’impérialisme. Pendant ce temps, le sytème regarde déjà vers de nouveaux horizons et se pare de la toge ou de l’uniforme pour exercer le pouvoir, avec le soutien indéfectible du gouvernement nord-américain. Les mouvements d’opposition de gauche qui ont émergé depuis le coup d’État juridico-parlementaire et qui sont descendus dans la rue entrent malheureusement dans cette logique pragmatique, faite de raisons d’État et de gouvernement, où l’ennemi d’extrême-droite serait supposément battu par les urnes et le vote.
Le centre-gauche s’efforce de canaliser ces efforts et de les transformer en accumulation électorale, dépensant toute son énergie dans la bataille institutionnelle et le jeu pourri des partis électoralistes, au détriment de la lutte de classes. La scène politique brésilienne est maculée de la fraude d’une représentation qui, pour les bourgeois libéraux, a toujours été un mécanisme de légitimation pour usurper les forces collectives et les biens communs pour la soif de pouvoir d’une minorité. Mais nous savons que le système n’hésite pas à tordre la constitution ni à fondre l’état de droit quand il s’agit de défendre les intérêts de ses classes dominantes.
Nous devons nous efforcer de construire un travail prolongé vers les syndicats, les organisations populaires comme l’alternative la plus juste pour que le peuple défende ses droits et participe à la vie politique, en approfondissant la démocratie directe, en rejetant la conciliation de classe et en combattant sans trève le proto-fascisme.

Le proto-fascisme, comme un sur-dosage du programme des puissants
La configuration actuelle du pouvoir politique est également favorisée par des tactiques de propagande et d’action directe de secteurs réactionnaires et de groupes de filiations idéologiques diverses de l’extrême-droite, qui sont en général appuyés par les appareils juridico-policiers. C’est un facteur non négligeable, en cela qu’il impacte les conditions de possibilités de lutte dans la rue et parce que tout suggère qu’il est amené à augmenter, ce qui ouvrirait un espace pour que ses acteurs mettent la pression sur la scène politique nationale et s’alignent avec ce qui se passe ailleurs à l’échelle de notre continent.
Mais ce n’est pas tout. Cette configuration est aussi correlée à la frustration économique, à l’échec des solutions par la représentation politique et à la déstabilisation de valeurs associées aux positions de pouvoir dans la famille, à la culture et à l’éducation. Une production subjective conversatrice qui trouve chez les évangélistes et dans leur base populaire un parfait vecteur de capillarisation. Cette nouvelle droite est passée du discours traditionnel du PT à la radicalité du discours anti-politique et « anti-système », se plaçant ainsi comme une droite qui ne parle pas seulement aux élites mais également aux secteurs populaires et périphériques. Ils agissent dans le vide social laissé par le centre-gauche, qui ne se place plus que comme défenseur de la démocratie bourgeoise.
La figure abominable de Bolsonaro s’insère dans cette tentative d’approfondir la destruction des droits sociaux et et d’augmenter la violence patriarcale contre les femmes, les personnes LGBT, les indigènes, les noir-e-s et les quilombolas [3]. Autant de violences qui se matérialisent dans diverses attaques à travers tout le Brésil, menées entre autres par ses partisans, comme par exemple dans le brutal assassinat du Maître Moa del Katendê [4], à Salvador. Loin de minimiser la barbarie que représente Bolsonaro, il est nécessaire de la replacer dans une logique fonctionnelle de mise en application de l’austérité, de recolonisation impérialiste du pays à un rythme plus soutenu qu’elle ne se ferait sous un gouvernement de centre-gauche.

Les urnes ne mettront pas en échec l’impérialisme, l’austérité fiscale et le protofascisme
Le résultat des élections ne résoud donc pas le contexte compliqué, fait de la correlation de multiples forces antagonistes, contre la classe ouvrière. Tous les scénarios électoraux ont un point commun : l’approfondissement de la lutte de classes et des oppressions. Le « vote utile » contre la liste Bolsonaro, au mieux, offre un délai qui nous mène à un « troisième tour » très compliqué et qui ne se jouera pas dans les urnes. La lutte pour la construction d’une alternative de classe et de masse qui ne se soumet pas aux raisons d’État, à la gouvernabilité et aux accords subordonnés à l’empire est une lutte de longue haleine. Cette dernière doit se constituer comme une force sociale capable de mettre en déroute la bourgeoisie, l’impérialisme et ses attaques.
Nos drapeaux, ceux des classes opprimées, doivent être brandis haut en cette période d’attaque protofasciste et ultralibérale. Nous ne pouvons pas succomber à la panique qui est démobilisatrice et à la peur provoquée par les élites réactionnaires. Notre rôle est de résister activement, en renforçant la solidarité de classe, de garantir la lutte dans les rues et la mobilisation incessante de celles et ceux d’en bas !

Pour cela, nous défendons :
* Unité de l’antifascisme loin des urnes, à la rue et dans la rue. La lutte est seule à déterminer ce qu’il adviendra. L’unité se fera dans les actes, dans les mobilisations contre les attaques néolibérales et contre la barbarie promue par Bolsonaro et ses correligionnaires.
* Lutte pour la défense des droits sociaux. Luttes contre les privatisations et les attaques faites à celles et ceux d’en bas. Lutte contre les attaques à l’éducation, la réforme de la retraite. Lutte contre l’augmentation du cout de la vie, la criminalisation des mouvements sociaux et le processus génocidaire contre le peuple noir, périphérique et indigène.
* Construction d’une grève générale contre l’avancée du fascisme et les attaques contre les droits des travailleuses et des travailleurs qui sont dans les cartons à venir de l’impérialisme, des élites patronales et des politiques, indépendamment des élections
Un peuple fort pour faire barrage au fascisme !
Contre la barbarie néolibérale, lutte et organisation !


Traduction : Commission internationale de la CGA

Notes (toutes les notes sont du traducteur)
1. Opération juridico-policière ouverte en 2014 qui éclabousse une grande partie de la classe politique brésilienne, accusée de financements illégaux, de blanchiment d’argent et de corruption à grande échelle, impliquant notamment la société pétrolière Petrocobras. Cette opération a notamment permis la condamnation de l’ancien président (PT) Lula et la destitution de Dilma Rousseff et est l’une des causes majeures de l’instabilité politique du Brésil ces quatre dernières années.
2. Néologisme qui regroupe (mot-valise) les termes anglais law (droit) et warfare (guerre, lutte) et qui marque l’usage de l’instrument légal dans un but conflictuel, voire belliqueux, c’est-à-dire, par exemple, pour délégitimer un adversaire ou l’empêcher d’agir. En l’occurrence, le texte dénonce l’usage de la loi brésilienne par l’impérialisme étasunien et ses alliés au Brésil pour mettre à mal les dirigeants PT du pays.
3. Les quilombolas sont les habitant-e-s des quilombos, au Brésil. Ils et elles sont les descendant-e-s des esclaves afro-brésilien-ne-s qui se sont échappé-e-s des plantations esclavagistes qui existaient au Brésil jusqu’en 1888, date de l’abolition de l’esclavage.
4. Compositeur de musique et maître de capoiera, fervent défenseur de la « ré-africanisation » de la jeunesse de Bahia et des cultures afro-brésiliennes, Maître Moa del Katendê a été violemment poignardé par un partisan de Bolsonaro, peu après avoir déclaré qu’il voterait pour Fernando Haddad, le candidat du PT.


https://www.anarkismo.net/article/31173
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Re: Brésil

Messagede bipbip » 30 Oct 2018, 20:52

Laboratoire néofasciste
Brésil : ce que réserve Bolsonaro aux femmes, aux travailleurs, aux homos et aux noirs
Le miracle que les Brésiliens humanistes espéraient encore la veille du second tour ne s’est pas produit : le candidat d’extrême-droite Jair Bolsonaro a été élu président avec 55 % des voix. Si son programme de gouvernement et les mesures concrètes qu’il prendra demeurent encore flous, sa vision du Brésil – et du monde – ne l’est pas : il l’a déclinée tout au long de sa carrière politique, depuis trois décennies, par de multiples déclarations et provocations, que nous vous présentons ici. Le Brésil selon Bolsonaro, c’est un Brésil aux ordres, sous l’égide de Dieu, où ceux qui naissent riches et favorisés le demeurent, où tous les autres sont intimés de rester à la place que les dominants leur auront assignée.
... https://www.bastamag.net/Bresil-ce-que- ... mos-et-aux

Brésil: comprendre et tirer les leçons
Le dossier rassemblé face à la montée et la victoire électorale du candidat d'extrême droite permet de répondre à la question de tous: « Comment est-ce possible » et de commencer à tirer les leçons, pour le Brésil et bien au delà.
... https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/ ... les-lecons
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