La novlangue se dévoile !

Re: La novlangue se dévoile !

Messagede bipbip » 12 Sep 2017, 08:25

Nous sommes tous des passeurs

« On comprend l’immense bénéfice tiré par nos adversaires de ce détournement de sens : il nous prive de notre langage. »

Lorsque les mots sont ambigus, il y a deux solutions pour ne pas laisser la confusion l’emporter : soit l’on distingue deux sens que l’on associe à deux mots différents ; soit l’on identifie clairement l’ambiguité en assumant qu’elle est le produit d’une guerre sémantique, et l’on mène le combat. L’avantage de la deuxième solution est de ne jamais fuir le champ de bataille. Un lecteur de lundimatin s’est livré à cet exercice à propos du mot passeur, voici sa contribution.

Le doux mot de « passeur » nous a été subtilisé : il est l’euphémisme désormais couramment employé pour désigner des trafiquants d’humains. Le mot s’est ainsi chargé d’horreur, d’un opprobre général. Il n’y a pas si longtemps, avant les années 2000, c’est la Résistance qui lui était d’abord associée : le réseau Georges Garel pour les Juifs, le réseau Pat O’Leary ou « Françoise » pour les militaires britanniques, etc. Il n’est pas indifférent, en ces nouveaux temps de chasse à l’homme, que nos ennemis de langue française aient préféré pirater ce vocable plutôt que de piocher dans un lexique plus compromettant pour eux. C’est qu’à évoquer le commerce de clandestins, ou bien les marchands d’êtres humains, bien grand est le risque de laisser percevoir la filiation entre l’idéologie capitaliste dominante et l’une de ses manifestations, d’en révéler l’accord de fond, le partage des mêmes « valeurs » de cupidité. Car l’activité n’est intrinsèquement rien d’autre que le prolongement d’un ordre établi fondé sur la volonté généralisée d’accumuler les richesses, sur la destruction créatrice et la production de valeurs. Baptiser d’un nom puisé dans un registre plus lointain permet de dissimuler la proximité idéologique des acteurs, dont la logique et les motivations correspondent parfaitement à celle portée par le système. Il est vrai que ce dernier sécrète une législation supposément « régulatrice », destinée à contenir deux dangers : les ennemis de l’ordre en place et les collaborateurs qui exagèrent. Les seconds sont des alliés objectifs du capitalisme et ne font que prospérer sur l’engrais déjà déversé. L’esclavage, l’asservissement des femmes, le colonialisme, l’exploitation d’autrui, l’impérialisme, le pillage de la nature ne sont pas des excroissances étrangères au mode de fonctionnement du capitalisme, ils en sont au contraire l’aliment. De même, le trafic, quel qu’il soit, n’est pas une dérive quand partout est promue la marchandisation du monde, il exprime au contraire l’essence d’un mouvement général, d’ailleurs assez tranquille pour se permettre de criminaliser les solidarités. Car l’opération ne s’arrête pas au camouflage des intérêts communs et des causes de l’objet désigné : on a recours à cette qualification pour poursuivre et condamner quiconque accueille ou aide les migrants, le mot est devenu un acte d’accusation, une arme servant par exemple à dissuader le sauvetage en mer par les ONG ou à faire comparaître les Claire Marsol et les Cédric Herrou. Le piratage est parfait : masquer le forfait, et faire porter le chapeau à d’autres. C’est à peine si l’on se souvient ce que le mot « passeur » peut drainer de fraternité et d’humanité : le passeur est pourtant celui qui transmet, celui qui traduit. Par la force des choses, c’est le passeur de frontières, le lien entre les peuples, les générations, les individus, celui qui relie les hommes, l’ambassadeur de paix. C’est aussi le passeur de savoir, le fil entre les morts et les vivants, c’est la mémoire, la générosité, l’amour, la gratuité, c’est donc un mot de notre camp. On comprend dès lors l’immense bénéfice tiré par nos adversaires de ce détournement de sens : il nous prive de notre langage. Il faut à tout prix les en empêcher et se réapproprier ce mot, lui rendre sa noblesse et son humanité. Nous sommes tous des passeurs !


https://lundi.am/Nous-sommes-tous-des-passeurs
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Messagede bipbip » 07 Oct 2017, 17:19

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Messagede bipbip » 30 Oct 2017, 20:23

38 ans de promesses d’Europe sociale

Dès son élection, Macron a promis de remettre l’Europe sociale au coeur du projet européen, sous les applaudissements de Jean-Claude Juncker qui a fait mine de trouver ça innovant. En octobre 2017, il prétend d’ailleurs avoir réglé le sujet des travailleurs détachés, tout comme Hollande prétendait en 2012 avoir réorienté l’Europe. En fait, Macron ne fait que reprendre le flambeau de près de 40 ans de promesses non tenues et de compromis mineurs arrachés sur le social aux autres pays ou à la Commission. Petit florilège en moins de 5 minutes !

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Re: La novlangue se dévoile !

Messagede bipbip » 09 Jan 2018, 02:30

L’arnaque de l’énarque – Les salaires nets vont augmenter à la fin du mois- Vidéo

En plus des ordonnances pour la casse d’un siècle de droit du travail, Macron prépare la plus terrible attaque contre nos salaires de toute l’histoire de notre pays.

Du jamais vu. Il va supprimer le salaire brut. Ce n’est pas une politique « du centre » c’est une politique à la Margaret Thatcher qui menace.

Il veut nous faire croire que seul compte le salaire net en bas de la feuille de paie. Mais non, c’est le salaire brut qui compte !

Le salaire net c’est pour payer la force de travail. Le salaire brut c’est pour payer la reproduction de la force de travail. Le salaire net on vit avec au mois le mois Le salaire brut on vit avec tout au long de la vie.

Le salaire net vous permet de consommer et de vivre quotidiennement. Le salaire brut vous permet de faire face à tous les aléas de la vie, quand vous avez besoin de logement, quand vous êtes en charge de famille, quand vous êtes malades, quand vous avez un accident du travail ou une maladie professionnelle, quand vous êtes au chômage, et quand vous êtes en retraite. Les cotisations ne sont pas des impôts, elles sont obligatoirement pré affectées à ce pourquoi elles sont collectées.

C’est le capital, l’actionnaire, l’employeur qui paient votre protection sociale, le salaire brut, chaque mois, en même temps que votre salaire. Macron a déjà supprimé les cotisations familiales, il a baissé les cotisations parfois jusqu’à 1,6 ou 1,9 fois le SMIC.

L’arnaque de l’énarque c’est que lui, il supprime et remplace tout par l’impôt. C’est nous, par nos impôts, qui paieront dorénavant à la place de notre patron. Un hold-up de 470 milliards contre nous et Un cadeau géant de 470 milliards pour le Medef.




http://www.anti-k.org/2018/01/07/larnaq ... -fin-mois/
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Re: La novlangue se dévoile !

Messagede bipbip » 11 Jan 2018, 20:09

Augmentation de salaires ? Attention à l’arnaque !

Augmentation de salaires ? Attention à l'arnaque ! from Union Syndicale SOLIDAIRES on Vimeo.

Solidaires national - 2017 - durée 4 mn

Nos cotisations sociales ne sont pas une charge !
Le gouvernement tente de plus en plus d’attaquer nos cotisations en nous faisant croire qu’en les réduisant on aura plus de salaires net à la fin du mois. Mais attention à l’arnaque !

Vidéo réalisée dans le cadre des émissions "Expression directe" diffusées sur les chaînes du service public : diffusion sur France 2 le 19 décembre 2017 vers 00h30 et sur France 5 le 21 décembre 2017 vers 8h50.

Série Expression Directe 2017 n°6
Réalisation : Canal Marches / Union syndicale Solidaires

vidéo : https://vimeo.com/244666467

https://www.solidaires.org/video-Augmen ... -l-arnaque
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Re: La novlangue se dévoile !

Messagede bipbip » 11 Jan 2018, 22:00

Dans les paradis fiscaux, le blanchiment concerne aussi les mots

« Trust », « fondation caritative », « filiale d’entreprise »… Dans le monde de la finance offshore, le vocabulaire sert à dissimuler des réalités peu avouables.

Pour dissimuler des opérations inavouables, les paradis fiscaux ont une arme efficace – le secret bancaire –, qui en cache une autre, non moins redoutable : le secret sémantique. Sur le papier, aucune anomalie économique n’est à signaler. Les termes employés pour décrire l’activité des Bahamas, du Lichtenstein ou du Luxembourg sont des plus standards. Dans ces « Etats » gouvernés par des « lois permissives », les sociétés peuvent faire des « investissements directs à l’étranger », comme partout ailleurs. On y trouve aussi des « trusts », des « fondations caritatives » et des « filiales d’entreprises ».
Pays crapuleux
Pourtant, « ce lexique emprunté à l’économie réelle ne permet ni de comprendre ni de décrire ce qui a effectivement cours offshore. Il donne aux paradis fiscaux tous les dehors d’une législation normale, sans jamais laisser paraître qu’il s’agit de pays crapuleux qui permettent le blanchiment d’argent », souligne le philosophe canadien Alain Deneault, qui a publié Une escroquerie légalisée, précis sur les « paradis fiscaux » (Ecosociété, 2016).

... http://www.lemonde.fr/idees/article/201 ... rBfq0Q8.99
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Re: La novlangue se dévoile !

Messagede bipbip » 13 Jan 2018, 17:16

Propagandes silencieuses ?

Jeux d'influence, ruses sémantiques et dissimulations calculées sont à l'œuvre dans l'appareil médiatique, qui distille une idéologie insaisissable, dans laquelle chacun d'entre nous se trouve englué, et un discours sur le monde contribuant à légitimer, en douce, une domination.

... https://teleobs.nouvelobs.com/polemique ... euses.html
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Re: La novlangue se dévoile !

Messagede bipbip » 25 Jan 2018, 13:44

« Je ne vous licencie pas, je vous libère... »

Le processus de néo-euphémisation qui touche le monde de l’entreprise a atteint son paroxysme grâce au fondateur de la start-up Udacity. Sebastian Thrun ne licencie pas ses collaborateurs, il les « libère ».

Chargé de vous faire rester jusqu’à 23 h 30 au travail sans même que vous vous en rendiez compte, le Chief Happiness Officer (CHO) se trouve au cœur d’un vaste processus de néo-euphémisation qui frappe de plein fouet l’entreprise moderne. Ainsi ne dit-on plus : ­ « Arghhh, je ne peux pas encore partir sinon je risque de me faire griller par la pointeuse », mais : « Allez, je reste encore un peu, le CHO a organisé en fin de journée un tournoi de baby-foot avec des crocodiles Haribo ». Dans ce monde merveilleux, chaque réalité problématique se voit envisagée sous un jour terminologique nouveau. C’est ­notamment le cas du terrible entretien annuel, dont la dynamique coercitive tend aujourd’hui à être remplacée par le feed forward, une évaluation en amont se concentrant sur les aspects positifs de l’activité du salarié.
Là où le licenciement s’abat sur vous de manière unilatérale tel un implacable couperet, la « libération » vous invite au contraire à devenir proactif dans le processus exotique consistant à aller voir ailleurs

... http://www.lemonde.fr/m-perso/article/2 ... 6D7wJvB.99
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Re: La novlangue se dévoile !

Messagede bipbip » 10 Fév 2018, 22:01

Le double discours ou la réalité chassée

Si l’on devait résumer le macronisme en une seule expression, je pense que beaucoup opterait pour le double discours (ou le double langage au choix). Depuis le lancement de sa campagne présidentielle jusqu’à la politique menée par son gouvernement, Emmanuel Macron a effectivement porté à un niveau jamais vu le cynisme et le mensonge. Il ne s’agit évidemment pas de dire que ces deux plaies sont nées avec Monsieur Macron mais il ne me semble toutefois pas absurde de dire qu’il les a portées, avec une constance certaine, à un certain paroxysme. Le successeur de François Hollande a même théorisé ce double discours tout au fil de sa campagne avec sa désormais fameuse expression de « l’en même temps ». Présentée comme moderne et novatrice, la doctrine de l’en même-temps-isme n’est rien d’autre que la normalisation du mensonge et du double discours.

Durant la campagne présidentielle, c’est sans doute sur la question de la colonisation que ce double langage s’est le plus fait ressentir. En Algérie, Monsieur Macron avait parlé de crime contre l’humanité avant de rapidement venir rassurer les tenants d’une France qui ne se « repent pas » et ne cède pas aux sirènes du sanglot de l’homme blanc comme dirait un essayiste identitaire. Depuis son élection, Emmanuel Macron ou les membres de sa majorité (gouvernement et députés) n’ont eu de cesse de pratiquer ce double discours. Sur les migrants, sur les violences faites aux femmes ou encore sur les inégalités pour ne citer que quelques exemples, ce double discours a vite atteint ses limites. Nul n’est dupe des actions menées par ce gouvernement et, de facto, du fait que lesdites actions ne répondent en rien au discours présidentiel et gouvernemental. Néanmoins, loin d’être une fin en soi, ce double discours est selon moi une manière de chasser la réalité pour mieux imposer le Réel.

La réalité congédiée de l’Assemblée

Cette volonté farouche et forcenée d’expulser la réalité, de la cacher sous le tapis n’épargne bien évidemment pas l’Assemblée nationale. Ce qui devrait être le lieu de la représentation nationale est régulièrement expurgé de tout rapport à la réalité des Français. C’est un fait qui a déjà été étudié mais parmi les nombreux députés de La République en Marche, il n’y a pas de personnes issues de milieux modestes et dominés de notre société. J’en avais déjà longuement parlé mais la société civile si chère à Macron n’est pas réellement le peuple français dans sa diversité et sa complexité. Ladite société civile n’est en réalité qu’un nouveau masque posé sur le Vieux Monde. Le président de la République applique à merveille les préceptes du marquis de Lampedusa dans Le Guépard : « pour que tout reste comme avant il faut que tout change », souvent transformé en « il faut que tout change pour que rien ne change ».

Cette chasse acharnée de la réalité au sein de l’Assemblée nationale ne s’arrête bien évidemment pas aux simples députés de la majorité. Dans un récent entretien au média en ligne Brut, François de Rugy le président de l’Assemblée nationale a fustigé les députés de la France Insoumise, en particulier François Ruffin, pour leur propension à, selon lui, faire le spectacle et être dans la course aux likes. Ce cher monsieur, qui semble avoir autant d’honneur que de cohérence politique, n’a pas l’air de s’apercevoir qu’il n’est pas question de likes sur facebook ou de retweet sur Twitter quand François Ruffin vient en maillot de foot dans l’Assemblée nationale – chose pour laquelle il a écopé d’une amende – mais qu’il s’agit bien plus d’un moyen de refaire entrer la réalité dans le Palais Bourbon, là où elle ne devrait jamais être absente.

Le Réel plutôt que la réalité

Au-delà de la question de l’Assemblée nationale, c’est toute la ligne politique et idéologique de la majorité présidentielle qui a quelques problèmes avec la notion de réalité. Evidemment, personne parmi eux ne le dira aussi frontalement. En bons adeptes de Machiavel ils ont compris qu’il valait mieux user de ruse quand il s’agit de ce genre de combat. S’ils expulsent la réalité – sans le dire clairement – c’est au nom du Réel. Il faut ici comprendre qu’il s’agit du concept de Réel et non pas du réel comme on l’entend dans le sens courant. Convoquer le Réel de manière grave et péremptoire est la marque de fabrique de ce capitalisme néolibéral qui affirme être rationnel alors même qu’il est l’un des systèmes les plus fous qui soit. Le Réel c’est lorsque la députée Aurore Bergé signe un rapport affirmant que les professeurs sont éloignés de toutes les réalités sociales du pays.

Cette espèce de novlangue n’a pas d’autre but que d’imposer ses idées et de les faire passer pour rationnelles, irréfutables, en bref de tuer la politique et la démocratie qui sont, par essence, conflictuelles. Expulser la réalité des situations sociales affreuses de notre pays et la remplacer par le Réel des chiffres bidonnés et autres rapports grotesques se présentant sous l’apparat de l’expertise et de la rationalité est assurément la manière la plus pertinente qu’ils aient trouvé pour faire avancer leurs idées et justifier leurs politiques innommables. Parler du Réel revient à éviter de dire que la politique menée est une politique inégalitaire au possible, faite au service des plus riches de notre société et qui heurtera de plein fouet les plus dominés. En face de cette volonté forcenée de parler du Réel pour mieux expulser la réalité, il est, je crois, de notre devoir d’agir comme Orwell le journaliste et montrer, patiemment et avec détermination, la froide réalité, l’odieuse réalité, l’affreuse réalité du monde qu’ils veulent.

Le mythe du Réel est à déconstruire urgemment. Dans la Grèce Antique, le mythe – qui dérive de muthos – définissait le domaine de l’opinion fausse, de la rumeur, du discours de circonstance. En somme, le mythe est le discours non-raisonné, qui se veut être une forme de fable. Par opposition, le logos était, lui, le discours raisonné. C’est précisément le passage du muthos au logos qui a posé la pierre fondatrice des philosophes de la Grèce Antique. Il est grand temps de sortir collectivement de la caverne.


https://marwen-belkaid.com/2018/02/09/l ... e-chassee/
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