Violence policière - violence d'Etat

Violence policière - violence d'Etat

Messagede Clown » 02 Sep 2008, 18:50

Violences policières à Avignon

Avec toutes les réserves par rapport au discours citoyenniste :


Violences policières courantes
par Patrick Mohr

Je suis né le 18 septembre 1962 à Genève. Je suis acteur, metteur en scène et auteur. A Genève, je dirige une compagnie, le théâtre Spirale, je co-dirige le théâtre de la Parfumerie et m’occupe également du
festival "De bouche à oreille". Dans le cadre de mes activités artistiques, je viens régulièrement au festival d’Avignon pour y découvrir des spectacles du " in " et du " off". Notre compagnie s’y est d’ailleurs produite à trois reprises. Cette année, je suis arrivé dans la région depuis le 10 juillet et j’ai assisté à de nombreux spectacles.


Le lundi 21 juillet, je sors avec mon amie, ma fille et trois de ses camarades, de la représentation d’une pièce très dure sur la guerre en ex-Yougoslavie et nous prenons le frais à l’ombre du Palais des Papes, en assistant avec plaisir à un spectacle donné par un couple d’acrobates.

A la fin de leur numéro, je m’avance pour mettre une pièce dans leur chapeau lorsque j’entends le son d’un Djembé (tambour africain) derrière moi. Etant passionné par la culture africaine, j’ ai monté plusieurs spectacles en Afrique et j’ai eu l’occasion d’y faire des tournées. Je m’apprête à écouter les musiciens. Le percussionniste est rejoint par un joueur de Kamele Ngoni (sorte de contrebasse surtout utilisée par les chasseurs en Afrique de l’Ouest.)

A peine commencent-ils à jouer, qu’un groupe de C.R.S se dirige vers eux pour les interrompre et contrôler leur identité. Contrarié, je me décide à intervenir. Ayant déjà subi des violences policières dans le même type de circonstances il y a une vingtaine d’année à Paris, je me suis adressé à eux avec calme et politesse, le souvenir de ma précédente mésaventure bien en tête. Mais je me suis dit que j’étais plus âgé, que l’on se trouvait dans un haut lieu culturel et touristique, dans une démocratie et que j’avais le droit de m’exprimer face à ce qui me semblait une injustice.

J’aborde donc un des C.R.S et lui demande :

« Pourquoi contrôler vous ces artistes en particulier et pas tous ceux qui se trouvent sur la place? »

Réponse immédiate : « Ta gueule, mêle-toi de ce qui te regarde !"

« Justement ça me regarde. Je trouve votre attitude discriminatoire. »

Regard incrédule. « Tes papiers ! »

« Je ne les ai pas sur moi, mais on peut aller les chercher dans la voiture. »

« Mets-lui les menottes ! »

« Mais vous n’avez pas le droit de… »

Ces mots semblent avoir mis le feu aux poudres.

« Tu vas voir si on n’a pas le droit.»

Et brusquement la scène a dérapé.

Ils se sont jetés sur moi avec une sauvagerie inouïe. Mon amie, ma fille, ses camarades et les curieux qui assistaient à la scène ont reculé, choqués, alors qu’ils me projetaient au sol, me plaquaient la tête contre les pavés, me tiraient de toutes leurs forces les bras en arrière comme un poulet désarticulé et m’enfilaient des menottes. Les bras dans le dos, ils m’ont relevé et m’ont jeté en avant en me retenant par la chaîne. La menotte gauche m’a tordu le poignet et a pénétré profondément mes chairs. J’ai hurlé :

« Vous n’avez pas le droit, arrêtez, vous me cassez le bras ! »

« Tu vas voir ce que tu vas voir espèce de tapette. Sur le dos ! Sur le ventre ! Sur le dos je te dis, plus vite, arrête de gémir ! »

Et ils me frottent la tête contre les pavés me tordent et me frappent, me traînent, me re-plaquent à terre.

La foule horrifiée s’écarte sur notre passage. Mon amie essaie de me venir en aide et se fait violemment repousser. Des gens s’indignent, sifflent, mais personne n’ose interrompre cette interpellation d’une
violence inouïe. Je suis traîné au sol et malmené jusqu’à leur fourgonnette qui se trouve à la place de l’horloge 500 m plus bas. Ils me jettent dans le véhicule, je tente de m’asseoir et le plus grand de mes agresseurs (je ne peux pas les appeler autrement), me donne un coup pour me faire tomber entre les sièges, face contre terre. Il me plaque un pied sur les côtes et l’autre sur la cheville, il appuie de tout son poids contre une barre de fer.

« S’il vous plait, n’appuyez pas comme ça, vous me coupez la circulation.»

« C’est pour ma sécurité. »

Et toute leur compagnie de rire de ce bon mot. Jusqu’au commissariat de St Roch.

Le trajet est court mais il me semble interminable. Tout mon corps est meurtri, j’ai l’impression d’avoir le poignet brisé, les épaules démises, je mange la poussière. On m’extrait du fourgon toujours avec autant de délicatesse.

Je vous passe les détails de l’interrogatoire que j’ai subi dans un état lamentable. Je me souviens seulement du maquillage bleu sur les paupières de la femme qui posait les questions.

« Vous êtes de quelle nationalité ? »

« Suisse. »

« Vous êtes un sacré fouteur de merde »

« Vous n’avez pas le droit de m’insulter »

« C’est pas une insulte, la merde » (Petit rire.)

C’est fou comme la mémoire fonctionne bien quand on subit de pareilles agressions. Toutes les paroles, tout les détails de cette arrestation et de ma garde à vue resteront gravés à vie dans mes souvenirs, comme
la douleur des coups subits dans ma chair. Je remarque que l’on me vouvoie depuis que je ne suis plus entre les griffes des CRS. Mais la violence physique a seulement fait place au mépris et à une forme d’inhumanité plus sournoise. Je demande que l’on m’ôte les menottes qui m’ont douloureusement entaillé les poignets et que l’on appelle un docteur. On me dit de cesser de pleurnicher et que j’aurais mieux fait de réfléchir avant de faire un scandale. Je tente de protester, on me coupe immédiatement la parole. Je comprends qu’ici on ne peut pas
s’exprimer librement. Ils font volontairement traîner avant de m’enlever les menottes. Font semblant de ne pas trouver les clés. Je ne sens plus ma main droite.

Fouille intégrale. On me retire ce que j’ai, bref inventaire, le tout
est mis dans une petite boîte.

« Enlevez vos vêtements ! » J’ai tellement mal que je n’y arrive presque pas.

« Dépêchez-vous, on n’a pas que ça à faire. La boucle d’oreille ! »

J’essaye de l’ôter sans y parvenir.

« Je ne l’ai pas enlevée depuis des années. Elle n’a plus de fermoir. »

« Ma patience à des limites vous vous débrouillez pour l’enlever, c’est tout ! »

Je force en tirant sur le lobe de l’oreille, la boucle lâche.

« Baissez la culotte ! »

Je m’exécute. Après la fouille ils m’amènent dans une petite cellule de garde à vue de 4m de long par 2m de large. Une petite couchette beige vissée au mur. Les parois sont taguées, grattées par les inscriptions griffonnées à la hâte par les détenus de passage. Au briquet ou gravé avec les ongles dans le crépis. Momo de Monclar, Ibrahim, Rachid…… chacun laisse sa marque.

L’attente commence. Pas d’eau, pas de nourriture. Je réclame en vain de la glace pour faire désenfler mon bras. Les murs et le sol sont souillés de tâches de sang, d’urine et d’excréments. Un méchant néon est allumé en permanence. Le temps s’étire. Rien ici qui permette de distinguer le jour de la nuit. La douleur lancinante m’empêche de dormir. J’ai l’impression d’avoir le cœur qui pulse dans ma main. D’ailleurs, alors que j’écris ces lignes une semaine plus tard, je ne parviens toujours pas à dormir normalement.

J’écris tout cela en détails, non pas pour me lamenter sur mon sort. Je suis malheureusement bien conscient que ce qui m’est arrivé est tristement banal, que plusieurs fois par jour et par nuit, dans chaque ville de France, des dizaines de personnes subissent des traitements bien pires que ce que j’ai enduré. Je sais aussi que si j’étais noir ou arabe, je me serais fait cogner avec encore moins de retenue. C’est pour cela que j’écris et porte plainte. Car j’estime que dans la police française et dans les CRS en particulier il existe de dangereux
individus qui, sous le couvert de l’uniforme, laissent libre cours à leurs plus bas instincts. Evidemment, il y a aussi des arrestations justifiées, et la police ne fait pas que des interventions abusives. Mais je parle des dérapages qui me semblent beaucoup trop fréquents. Que ces dangers publics sévissent en toute impunité au sein d’un service public qui serait censé protéger les citoyens est inadmissible dans un état de droit.

J’ai un casier judiciaire vierge et suis quelqu’un de profondément non violent, par conviction, ce type de mésaventure me renforce encore dans mes convictions, mais si je ne disposais pas des outils pour analyser la situation je pourrais aisément basculer dans la violence et l’envie de vengeance. Je suis persuadé que ce type d’action de la police nationale visant à instaurer la peur ne fait qu’augmenter l’insécurité en France et stimuler la suspicion et la haine d’une partie de la population (des jeunes en particulier) face à la police. En polarisant ainsi la population, on crée une tension perpétuelle extrêmement perverse.

Comme je suis un homme de culture et de communication je réponds à cette violence avec mes armes. L’écriture et la parole. Durant les 16h qu’a duré ma détention, (avec les nouvelles lois, on aurait même pu me garder 48h en garde à vue), je n’ai vu dans les cellules que des gens d’origine africaine et des gitans. Nous étions tous traité avec un mépris hallucinant. Un exemple, mon voisin de cellule avait besoin d’aller aux toilettes. Il appelait sans relâche depuis près d’une demi heure, personne ne venait. Il s’est mit à taper contre la porte pour se faire entendre, personne. Il cognait de plus en plus fort, finalement un gardien exaspéré surgit.

"Qu’est ce qu’il y a ? »

« J’ai besoin d’aller aux chiottes. »

« Y a une coupure d’eau. »

"Mais j’ai besoin. »

« Y a pas d’eau dans tout le commissariat, alors tu te la coinces, pigé. »

Mon voisin qui n’est pas seul dans sa cellule continue de se plaindre, disant qu’il est malade, qu’il va faire ses besoins dans la cellule.

« Si tu fais ça on te fait essuyer avec ton t-shirt. »

Les coups redoublent. Une voix féminine lance d’un air moqueur. « Vas-y avec la tête pendant que tu y es. Ca nous en fera un de moins. » Eclats de rire dans le couloir comme si elle avait fait une bonne plaisanterie.

Après une nuit blanche, vers 9h du matin,on vient me chercher pour prendre mon empreinte et faire ma photo. Face, profil, avec un petit écriteau, comme dans les films. La dame qui s’occupe de cela est la première personne qui me parle avec humanité et un peu de compassion depuis le début de ce cauchemar. « Hé bien, ils vous ont pas raté. C’est les CRS, bien sûr. Faut dire qu’on a aussi des sacrés cas sociaux chez nous. Mais ils sont pas tous comme ça. » J’aimerais la croire.

Un officier vient me chercher pour que je dépose ma version des faits et me faire connaître celle de ceux qui m’ont interpellé. J’apprends que je suis poursuivi pour : outrage, incitation à l’émeute et violence envers des dépositaires de l’autorité publique. C’est vraiment le comble. Je les aurais soi-disant agressés verbalement et physiquement. Comment ces fonctionnaires assermentés peuvent ils mentir aussi éhontement ? Je raconte ma version des faits à l’officier. Je sens que, sans vouloir l’admettre devant moi, il se rend compte qu’ils ont commis
une gaffe. Ma déposition est transmise au procureur et vers midi je suis finalement libéré. J’erre dans la ville comme un boxeur sonné. Je marche péniblement. Un mistral à décorner les bœufs souffle sur la ville. Je trouve un avocat qui me dit d’aller tout de suite à l’hôpital faire un constat médical. Je marche longuement pour parvenir aux
urgences ou je patiente plus de 4 heures pour recevoir des soins hâtifs. Dans la salle d’attente, je lis un journal qui m’apprend que le gouvernement veut supprimer 200 hôpitaux dans le pays, on parle de couper 6000 emplois dans l’éducation. Sur la façade du commissariat de St Roch, j’ai pu lire qu’il allait être rénové pour 19 millions
d’Euros. Les budgets de la sécurité sont à la hausse, on diminue la santé, le social et l’éducation. Pas de commentaires.

Je n’écris pas ces lignes pour me faire mousser, mais pour clamer mon indignation face à un système qui tolère ce type de violence. Sans doute suis-je naïf de m’indigner. La plupart des Français auxquels j’ai raconté cette histoire ne semblaient pas du tout surpris, et avaient connaissance de nombreuses anecdotes du genre. Cela me semble d’autant plus choquant. Ma naïveté, je la revendique, comme je revendique le droit de m’indigner face à l’injustice. Même si cela peut paraître de petites injustices. C’est la somme de nos petits silences et de nos
petites lâchetés qui peut conduire à une démission collective et en dernier recours aux pires systèmes totalitaires. Nous n’en sommes bien évidement heureusement pas encore là.

Depuis ma sortie, nous sommes retournés sur la place de Papes et nous avons réussi à trouver une douzaine de témoins qui ont accepté d’écrire leurs versions des faits qui corroborent toutes ce que j’ai dit. Ils certifient tous que je n’ai proféré aucune insulte ni commis aucune violence. Les témoignages soulignent l’incroyable brutalité de
l’intervention des CRS et la totale disproportion de leur réaction face à mon intervention. J’ai essayé de retrouver des images des faits, mais malheureusement les caméras qui surveillent la place sont gérées par la police et, comme par hasard, elles sont en panne depuis début juillet. Il y avait des centaines de personnes sur la place qui auraient pu témoigner, mais le temps de sortir de garde à vue, de me faire soigner et de récupérer suffisamment d’énergie pour pouvoir tenter de les retrouver, je n’ai pu en rassembler qu’une douzaine. J’espère toujours que peut-être quelqu’un a photographié ou même filmé la scène et que je parviendrai à récupérer ces images qui prouveraient de manière définitive ce qui c’est passé.

Après 5 jours, soudain, un Monsieur africain m’a abordé.,C’est l’un des musiciens qui avaient été interpellés. Il était tout content de me retrouver car il me cherchait depuis plusieurs jours. Il se sentait mal de n’avoir rien pu faire et de ne pas avoir pu me remercier d’être intervenu en leur faveur. Il était profondément touché et surpris par mon intervention et m’a dit qu’il habitait Grenoble, qu’il avait 3 enfants et qu’il était français. Qu’il viendrait témoigner pour moi. Qu’il s’appelait Moussa Sanou.

« Sanou , c’est un nom de l’ethnie Bobo. Vous êtes de Bobo-Dioulasso ? »

« Oui. »

Nous avons souri et je l’ai salué dans sa langue en Dioula.

Il se trouve que je vais justement créer un spectacle prochainement à Bobo-Dioulasso au Burkina-faso. La pièce qui est une adaptation de nouvelles de l’auteur Mozambicain Mia Couto s’appellera « Chaque homme est une race » et un des artistes avec lequel je vais collaborer se nomme justement Sanou.

Coïncidence ? Je ne crois pas.

Je suis content d’avoir défendu un ami, même si je ne le connaissais pas encore.

La pièce commence par ce dialogue prémonitoire.

Quand on lui demanda de quelle race il était, il répondit : « Ma race, c’est moi. »

Invité à s’expliquer il ajouta

« Ma race, c’est celui que je suis. Toute personne est à elle seule une humanité. Chaque homme est une race, Monsieur le policier. »
Clown
 

Violence policière

Messagede Clown » 09 Sep 2008, 11:21

Un sans-logis molesté par la police à la Part-Dieu

Encore un exemple (malheureusement presque banal) de violences policières qui se sont déroulées pendant l’été dans le quartier de la Part-Dieu. Le témoignage vient d’une personne ayant pris contact avec l’association Témoins.

Le 7 août 2008 vers 15h, je me rendais en vélo à la Part-Dieu où je devais rejoindre des amis. Après avoir remonté la piste cyclable de la rue de la Part-Dieu, je suis arrivé à la hauteur de la route anticycliste Garibaldi. J’ai dû attendre que le feu passe au vert pour traverser cet axe. À cet endroit se trouvait un sans-logis qui, vraisemblablement, avait lui aussi prévu de traverser la même route que moi (il était déjà là avant moi, mais le feu ici est assez long, supériorité voiture oblige). Lorsque le feu piétons/vélos est passé au vert, j’ai remarqué au premier rang des bagnoles arrêtées un véhicule de police qui venait d’arriver.

Le monsieur et moi nous engageons sur le passage soit-disant protégé lorsque je vois le monsieur happé vers l’arrière. Le temps que je me retourne, que je pose mon vélo sur l’ilôt au milieu de la route, et que je comprenne ce qui se passe, le sans-logis était attaqué par les deux policiers descendus de leur voiture (l’un était en civil, l’autre en uniforme). Des coups sont partis sur le sans-logis qu’ils ont bloqué contre la rambarde (il y a un tunnel sous-terrain pour voitures qui passe en dessous du carrefour et qui est protégé par de grosses rambardes en béton). J’ai essayé de dire simplement que chacun retrouve son calme.

Puis les policiers ont pris la poche où le monsieur mettait ses quelques euros et ils ont répandu les pièces sur la chaussée, en plein milieu des voitures, dont les occupants ne semblaient pas le moins du monde dérangés et attendaient seulement que le feu repasse au vert pour partir. Les policiers ont lancé bon nombre d’insultes pendant toute la durée du passage à tabac, du style "va travailler salle fégnasse", "trouve toi un boulot" ou "arrête de vivre sur le dos des gens honnêtes" ; mais aussi des injures beaucoup plus rudimentaires telles que "connard de clodo" ou "sale con", ainsi que bon nombre d’insultes s’apparentant pour la plupart à une homophobie latente.

Puis lorsque le feu est repassé au vert, les deux policiers sont remontés dans leur voiture et sont repartis toutes sirènes allumées. La vie a repris son cours, tout le monde dans sa voiture est parti comme si de rien n’était.

J’ai aidé le pauvre monsieur à retrouver ses pièces éparpillées sur le trottoir et sur la chaussée ; je lui ai donné un peu à boire et j’ai vérifié s’il n’avait pas de blessures apparentes.

Voilà, je suis non seulement révolté contre ce qu’a fait la police ici, en pleine ville, mais encore plus quand je vois que personne d’autre à part moi n’a eu le bon sens d’intervenir et d’aider la victime.

Une telle attitude de la part de la police et plus encore des citoyens laisse présager des temps bien noirs, où plus personne ne saura se mettre en colère.
Clown
 

Re: Un sans-logis molesté par la police à la Part-Dieu

Messagede poolpikan » 09 Sep 2008, 22:18

putain de flics et dans ces cas ya rien à faire si les gens autour s'en mêlent pas (bon là c'était des bagnoles) quelle honte . ça me fait me souvenir qu'il y avait pas un organisme qui recensait les bavures policières 'lme semble ..!??!

edit : trouvé ça : http://quefaitlapolice.samizdat.net/?page_id=108
Le problème n'est pas gauche-droite. Il est haut-bas.
poolpikan
 
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Re: Un sans-logis molesté par la police à la Part-Dieu

Messagede Taz » 13 Sep 2008, 19:51

Connerie de flicaille.
Ils font moins les malins en banlieue, quand ça pête ou pas. Plus facile de frapper sur un SDF qui crève la dalle que allez faire sa patrouille sous les jets de pierre.

Une telle attitude de la part de la police et plus encore des citoyens laisse présager des temps bien noirs, où plus personne ne saura se mettre en colère.


On a déjas vue des gars se faire embarquer juste pour avoir donner leur avie et se faire lyncher pendant la garde a vue. Ça refroidit pas mal.
Je comprend les personnes qui on pas bouger, mais je les méprisent pour ça.
Taz
 

Grasse - Hakim mort par étouffement

Messagede kuhing » 08 Oct 2008, 18:19

l'autopsie d'Abdelhakim Ajimi a démontré que la mort du jeune décédé à Grasse le 8 mai dernier après une interpellation de la BAC est bien mort par étouffement. (résultat de l'autopsie donnée seulement aujourd'hui)

journal du 13h france 2 du mercredi 8 octobre - cliquer sur le lien Grasse/Bavure policière
kuhing
 

Re: Grasse - Hakim mort par étouffement

Messagede kuhing » 14 Oct 2008, 16:09

Une camarade du CAam vient de m'informer que le maire de Grasse, JP Leleu, sénateur depuis peu, vient de limoger le chef de la police municipale suite aux résultats de l'autopsie d'Hakim.
kuhing
 

Sortie à l’Assemblée Nationale. Bilan : 10 élèves matraqués

Messagede Nico37 » 08 Mar 2009, 14:15

Bonjour, dernière info du président fcpe du collège Jean Jaurès de Cenon (Gironde)

Bonsoir

Certains d'entre vous le savent déjà mais je vous informe que la classe encadrée hier par Mmes PEBARTHE et BRETECHE pour une visite à Paris de l'Assemblée Nationale (entre autre) a subi l'assaut d'une charge de CRS sur le quai de la gare de Montparnasse en attendant la train du retour: bilan une douzaine de blessés dont Mme PEBARTHE et l'ensemble des élèves très choqué ainsi que Mme BRETECHE.
J'ai décidé en accord avec le personnel de direction et le personnel enseignant et aidé par les familles touchées par ces violences dignes d'un autre âge d'associer tous les parents FCPE à être solidaires avec les actions suivantes :
1) dépôt de plaintes contre l'Etat avec les enseignants et la direction du collège et les familles concernées (certaines se sont vues dissuadées de porter plainte...)
2) appel aux différents médias régionaux : SUD OUEST, TV7 (voir le journal de 19h en boucle sur le net), FRANCE 3 (ce soir déjà avec 3 jeunes interviewés) et nationaux (par le biais des syndicats d'enseignants et de la
FCPE 33).
3) appel aux différents élus: maires d'Artigues, de Cenon et de Floirac qui sont aussi respectivement sénatrice, conseiller général et députée.
4) appel au ministère de l'Educ.Nat., de l'Inspection Académie et du Rectorat
5) diffusion de la lettre jointe
6) appel généralisé pour une manifestation la plus large possible lundi 9 mars de 16h à 17h devant le collège.
Cette affaire risque de prendre une tournure "très politique" jusqu'au niveau national.
Merci de diffuser ces infos de manière la plus large possible et à lundi.

Les personnels et l’ensemble des parents d’élèves du collège Jean Jaurès de Cenon dénoncent les agressions subies par des élèves d’une classe de troisième et leurs enseignants. Ces faits se sont déroulés ce jeudi 5 mars au retour d’une sortie pédagogique à l’Assemblée Nationale dans le cadre de l’éducation à la citoyenneté. Alors que les élèves attendaient leur train, les CRS ont chargé dans la gare Montparnasse sans discernement les manifestants auxquels nos élèves ont été mêlés. Ils ont alors été traités avec la plus grande violence.
Ils constatent que plus de dix élèves ont été bousculés, frappés, jetés à terre, blessés comme en témoignent les certificats médicaux délivrés sur place.
Ils constatent également que tous les élèves gardent un souvenir terrorisé de cette expérience.
Ils constatent enfin que les enseignantes responsables et encadrant la sortie pédagogique ont été également malmenées au point de se voir délivrer un arrêt de travail.
Ils témoignent aux élèves et à leurs collègues victimes de ces violences policières inacceptables leur totale solidarité.
Ce comportement brutal met gravement en cause toutes les mesures éducatives et citoyennes mises en place par les personnels de l’établissement pour les élèves d’un collège situé par ailleurs en zone d’éducation prioritaire.
C’est pourquoi ils ne sauraient admettre ces violences policières et décident collectivement de déposer plainte pour coups et blessures.
Ils décident d’alerter leurs autorités de tutelles : Inspecteur d’Académie, Recteur, Ministre.
Ils se tournent également vers les élus afin que les responsables soient désignés et poursuivis, pour que de tels comportements ne se produisent plus jamais.
Ce lundi 9 mars l’ensemble du personnel et des parents d’élèves appelle la communauté scolaire à manifester son indignation en participant massivement à un rassemblement au collège de 16h à 17 h.


Violentés par des CRS à Paris, des collégiens portent plainte
CENON 33. Coincés à Paris entre étudiants et CRS, des collégiens de Cenon (33) ont été bousculés et frappés jeudi par les forces de l'ordre à la gare Montparnasse. Des enseignantes et des collégiens ont déposé plainte


Des enseignantes et des collégiens de Cenon (Gironde) ont déposé plainte, affirmant avoir été molestés par des CRS qui intervenaient jeudi soir à la gare Montparnasse pour une manifestation d'étudiants, a-t-on appris lundi auprès de l'établissement.
Les deux enseignantes ont déposé plainte à la gendarmerie de Tresses (Gironde) ainsi que la plupart des parents d'élèves ayant subi des coups, "une dizaine au total", a indiqué Mme Pébarthe. "Ce qui s'est passé est un déni de démocratie", a-t-elle jugé.
Le procureur adjoint de Bordeaux, Christian Lagarde, a précisé à l'AFP qu'aucune information judiciaire ne pouvait être ouverte à Bordeaux, les faits s'étant déroulés à Paris.
Sylvie Vedelago, principale du collège, a précisé que les élèves contusionnés étaient de retour normalement en cours lundi et que l'établissement ne portait pas plainte.
La préfecture de police à Paris a indiqué à l'AFP qu'elle avait saisi lundi matin l'Inspection générale des services (IGS) "pour déterminer les conditions d'interventions des forces de l'ordre". (AFP)

L'article paru dans notre édition de samedi:

Jusque-là, ce jeudi avait été plutôt chouette pour la classe de 3e C du collège Jean-Jaurès à Cenon. Arrivés tôt dans la capitale avec leurs professeurs de français et d'histoire-géo, ces adolescents de la banlieue bordelaise avaient commencé par l'objectif premier de cette journée-découverte : l'Assemblée nationale. Dans ce haut lieu de notre république, ils avaient assisté à une séance parlementaire. Mais après la tour Eiffel et le musée du Louvre, ils ont fait connaissance avec les Compagnies républicaines de sécurité (CRS). Impression radicalement différente.

« Il était 19 heures et nous attendions notre train devant les voies de la gare Montparnasse », raconte Corinne Pébarthe, l'une des deux enseignantes. « Après le passage d'un groupe de manifestants étudiants qui chantaient, les CRS ont surgi très vite. » Les témoignages semblent concorder : venus de plusieurs endroits à l'issue de la manifestation qui a eu lieu à l'extérieur, une trentaine de policiers chargent en direction des étudiants... sauf que cela se passe dans un hall de gare bondé à cette heure. « On s'est retrouvés coincés », raconte Jordan Torres. « On criait qu'on était des collégiens mais rien à faire : j'ai pris des coups de matraque aux jambes et au poignet. » Une dizaine d'autres élèves sont frappés. « J'ai été plaquée contre un distributeur de boissons », raconte Mme Pébarthe. Entorse cervicale. « Et pas une explication lorsque je suis allé voir le lieutenant. »

Dépôts de plainte

Dans le train qui les ramène enfin vers Bordeaux, les élèves et leurs accompagnatrices sont choqués. Une femme-médecin militaire de Mont-de-Marsan les examine et les réconforte. Les blessures ne sont pas graves mais les contusions réelles. « Mon fils voulait devenir gendarme », soupire José Torres. « Même si je lui ai expliqué que c'était exceptionnel, il est bouleversé. Ce qui s'est passé est incroyable. »

Hier vendredi, il a porté plainte pour violences sur mineur, comme plusieurs parents, comme les deux professeurs, comme le collège Jean-Jaurès. « Le choc était général », explique Sylvie Védélago, principal de l'établissement. Dans un communiqué, le Snes (Syndicat national des enseignements de second degré) s'insurge contre « la violence gratuite des forces de l'ordre », réclamant que toute la lumière soit faite sur ces événements. La sénatrice-maire d'Artigues, commune voisine, a écrit au Premier ministre et à la ministre de l'Intérieur. Des gendarmes sont venus auditionner enseignants et enfants présents. Les plus touchés étaient restés chez eux. Jordan est au repos pour huit jours.
Auteur : Yannick Delneste


Frappés lors d'une sortie scolaire, des collégiens portent plainte contre les forces de l’ordre

VIOLENCES - Ils allaient visiter l’Assemblée nationale, le Louvre et la tour Eiffel, mais c’est sans doute les matraques des CRS qui leur laisseront le plus de souvenirs. Molestés par les forces de l’ordre qui intervenaient vendredi soir à la gare Montparnasse pour une manifestation d'étudiants, les élèves d’une classe de 3e du lycée Jean Jaurès de Cenon, ainsi que leurs enseignants ont déposé plainte pour violences sur mineur.

Venus pour la journée à Paris à l'occasion d'une sortie scolaire, ces collégiens de la banlieue bordelaise, attendaient à la gare le train du retour lorsqu'ils se sont retrouvés coincés entre les manifestants et une trentaine de CRS en train de charger. Certains des élèves ont alors reçu des coups de matraque et de bouclier, et l’une des accompagnatrices a été victime d'une entorse cervicale qui lui a valu trois jours d'interruption temporaire de travail (ITT).

«Nous étions près des panneaux d'affichage lorsqu'on nous a annoncé que des étudiants bloquaient les voies. Un groupe d'étudiants est passé près de nous, puis des gens ont commencé à courir et on a vu derrière des CRS qui chargeaient. Tout s'est passé très vite. Les CRS m'ont projetée contre un distributeur, des élèves ont reçu des coups de matraque dans le ventre, sur la jambe, le visage», décrit-elle, ajoutant que «les élèves essayaient de se protéger derrière des poubelles».

Les deux enseignantes présentes ont déposé plainte à la gendarmerie, ainsi qu’une dizaine de parents d'élèves ayant subi des coups. Sylvie Vedelago, principale du collège, a précisé que les élèves contusionnés étaient de retour normalement en cours lundi et que l'établissement ne portait pas plainte.

La préfecture de police à Paris a indiqué pour sa part qu'elle avait saisi lundi matin l'Inspection générale des services (IGS) «pour déterminer les conditions d'interventions des forces de l'ordre».

(Avec AFP)
Nico37
 
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Un retraité algérien tué par la police à Argenteuil

Messagede Nico37 » 20 Juin 2009, 22:09

"Un retraité algérien tué par la police à Argenteuil”, a titré, dans une déclaration rendue publique par le syndicat de défense des Algériens en Europe. (La Dépêche de Kabylie)

Son fils Mohand, encore sous le choc, à l’instar de toute la famille, nous déclare : “Si c’est cela le mérite qu’on a rendu à mon père, un homme qui a donné 40 ans de sa vie à la France ? !”. En effet, Ali Ziri, natif d’Ouled Rached, wilaya de Bouira, a émigré à l’âge de 19 ans en France. Il s’était installé à Argenteuil dans une très forte communauté kabyle (et) y vit depuis plusieurs décennies. Il a travaillé près de 40 ans dans une même société, basée à Paris, habitué à se rendre régulièrement en Algérie où réside sa famille composée de deux filles et de deux garçons. Il était connu pour sa gentillesse et sa générosité, ses compatriotes et jeunes du quartier, le surnommaient affectueusement “Ammi Ali”.

Le jour fatidique

Ammi Ali s’apprêtait à rentrer dans son pays le 15 juin, à 14h, pour assister au mariage de son fils aîné, Rachid. Cependant, les choses ne vont pas toujours telles qu’on le souhaite ! En effet, le 9 juin, vers 20h 45, à Argenteuil, trois policiers dont une femme, ont arrêté un conducteur d’un véhicule, Arezki Kerfali, un Algérien de 61 ans au niveau du carrefour des boulevards Jeanne-d’Arc et Leon-Feix. L’homme, qui selon le rapport de la police était sous l’effet de l’alcool (0,80 g), était accompagné de son ami, Ali Ziri, 69 ans. Ce dernier était assis du côté passager. Pour motif de contrôle d’identité, les trois policiers ont d’abord demandé au conducteur ses papiers. Mais celui-ci “a eu le tort de ne pas les sortir “assez vite” comme il lui a été demandé par conséquent, il s’en est suivi des menaces afin de l’emmener au poste, puis des insultes...” et enfin, “des menottes et des coups, une fois que le conducteur a été arraché de force de son siège !” Tandis que son ami, Ali Ziri, était jusqu’à cet instant assis gentiment sur le siège avant du véhicule, et voyant son ami, Arezki, “se faire traîner parterre et se faire insulter de tous les noms”, il descend du véhicule pour calmer les policiers. “Laissez-le tranquille, vous n’avez pas le droit de le frapper et de le traîner par terre. Je connais la loi”, dira Ali aux policiers. Pis encore, les policiers se saisirent de lui et le menottèrent à son tour ! Les deux individus sont alors “traînés et poussés avec violence” à l’intérieur du fourgon policier. Malheureusement, “c’est ici (au fourgon) que le drame ayant traîné la mort du retraité Ali Ziri, s’est apparemment produit”. Selon son ami, Arezki le défunt Ali avait dit aux policiers : “Vous n’avez pas honte de me frapper, je suis plus âgé que vous. Je connais la loi, je vais vous le faire payr.” Comme pour achever leur sale besonge, deux des trois policiers, dont la femme, le rouent de coups de poings et de pieds jusqu’à ce qu’il s’évanouisse. A chaque coup, les policiers rajoutaient à l’adresse du défunt : “Tu connais la loi salle bougnoule, tiens ceci, etc.” Après quoi, transporté à l’hôpital d’Argenteuil pour subir une prise de sang, c’était trop tard ! Les médecins ont constaté que Ammi Ali était “déjà mort”.

Mis en garde à vue, Arezki n’apprendra le décès de son ami que le 11 juin par la police du commissariat d’Argenteuil. “Mon ami se portait bien, c’est vous qui l’avez tué,” leur a répondu Arezki. A l’initiative du syndicat de défense des Algériens en Europe, une réunion s’est tenue le 14 juin au foyer Sonacotra, les Remparts (rue Karl Marx à Argenteuil) où résidait le défunt. Sous le choc encore, les 300 habitants de cet établissement ont condamné avec force “la violence raciste utilisée par les policiers à l’encontre d’une personne âgée, dont le seul tort est de s’appeler Ali”. Les participants ont demandé à ce que toute la lumière soit faite pour élucider les circonstances du drame. A cela, une délégation, formée des proches de la victime et des résidants du foyers des Remparts devait “être reçue incessamment” par le maire d’Argenteuil. Egalement, une marche pacifique pour réclamer la vérité sur ce drame doit avoir lieu dans la même ville.

Quant à sa famille en Algérie, elle ne comprend pas cette haine gratuite et demeure toujours sous le choc. La population d’Ouled Rached, en attendant le rapatriement de la dépouille, ne compte pas en rester à ce stade de l’incompréhension et pourrait se montrer solidaire d’un des leurs en exigeant du gouvernement français des explications rationnelles si elles peuvent toutefois être fournies. Le corps du défunt se trouve actuellement à l’institut médico-légal de Paris pour les besoins de l’autopsie et des investigations sont menées par les enquêteurs. L’enterrement doit avoir lieu au courant de cette semaine.

L. M.


Syndicat de Défense des Algériens en Europe

Un retraité Algérien est décédé suite à une intervention de la police d’Argenteuil, Un contrôle d'identité a mal tourné le mardi 9 juin à Argenteuil.

Un Algérien de 69 ans, Ali Ziri, du village d’Ouled Rached commune de Lakseur wilaya de Bouira
a été décédé à la suite des coups de pied par les 3 policiers du commissariat d'Argenteuil dans la val d'oise selon le temoignage de Monsieur K. Arezki.
Selon les premiers témoignages, le mardi 9 juin, vers 20h45, trois policiers, dont une femme, ont arrêté un conducteur d'un véhicule, Monsieur K. Arezki, algerien aussi agé de 61 ans accompagné de Monsieur Ziri Ali (le défunt) au niveau du carrefour des boulevards Jeanne-d'Arc et Léon-Feix. L'homme, qui selon le rapport de la police était sous l'effet de l'alcool 1.9 g/l selon le rapport de la police), était accompagné de son ami, Ali Ziri, 69 ans, assis du côté passager. Les trois policiers ont d'abord demandé au conducteur ses papiers, mais celui-ci a eu le tort de ne pas les sortir «assez vite» comme il lui a été demandé. Suivent alors des menaces de l'emmener au poste, puis des insultes «pas toujours très républicaines» et enfin des menottes et des coups, une fois que le conducteur était « arraché» de force de son siège. Jusqu'à cet instant, le passager, Ali Ziri, était assis gentiment sur le siège avant du véhicule.
Voyant son ami, Arezki K., se faire traîner par terre et se faire insulter de tous les noms discriminatoire, il descend du véhicule pour calmer les policiers, en leur adressant cette phrase :
« Laissez-le tranquille, vous n'avez pas le droit de le frapper et de le traîner par terre. Je connais la loi ». C'est alors que les policiers se saisissent de lui et le menottent à son tour.
Les deux individus sont alors traînés et mis avec violence à l'intérieur du véhicule policier.
C'est ici que le drame, ayant traîné la mort du retraité Ali Ziri, s'est apparemment produit.
Selon K. Arezki, le défunt Ali Ziri avait dit ceci aux policiers: «Vous n'avez pas honte de me frapper, je suis une personne âgé. Je connais la loi, je vais vous le fairè payer ».
Deux des trois policiers, dont une femme, le rouent, de coups de poings et de pieds jusqu'à ce qu'il s'évanouisse. A chaque coup, les policiers rajoutaient à l'adresse du défunt cette phrase : « Tu connais la loi sale bougnoule, tiens ceci, etc. ».
Transportés à l'hôpital d'Argenteuil pour subir une prise de sang, les médecins n'ont malheureusement pu que constater que le retraité Ali Ziri était «déjà mort». Cela s'est passé le mardi, 9 juin vers 20h30 heures à Argenteuil, à quelques mètres de la mairie, alors qu'il faisait encore jour et que les rues étaient remplies de monde.
Mis en garde-à-vue, pendant 24 heures, K. Arezki, n'apprendra le décès de son ami que le jeudi 11 juin par des policiers du commissariat d'Argenteuil qui l'ont convoqué pour lui annoncer la nouvelle. « Mon ami se portait bien, c'est vous qui l'avait tué », leur a-t-il répondu.A l'initiative du Syndicat de Défense des Algériens en Europe, une réunion s'est tenue le dimanche 14 juin au foyer Sonacotra, Les Remparts, (rue Karl Marx à Argenteuil), où résidait le défunt. Sous le choc encore, les représentants des 300 résidents de cet établissement, dont une majorité de retraités, ont condamné avec force la violence utilisée par les policiers à l'encontre d'une personne « âgée », Les participants ont demandé à ce que toute la lumière soit faite pour élucider les circonstances exactes qui ont conduit à la mort de cet Algérien, dont le corps est actuellement en autopsie à l'Institut médico-légal de Paris. En attendant les résultats, une délégation, formée des proches de la victime et des résidents du Foyer Les Remparts.
Le SDAE attend les résultats de l’autopsie pour déterminer sa position et engager le cas échéant une procédure judiciaire contre les personnes qui ont été la cause de sa mort.


Qui est Ali Ziri ?

Ali Ziri est né en 1940 à Ouled Rached, un village dans la wilaya de Bouira, en Algérie, dont une très forte communauté vit depuis plusieurs décennies à Argenteuil. Arrivé en France à l'âge de 19 ans, il a travaillé près de 40 ans dans une même société basée à Paris 17ème et vécu près de 50 ans à Argenteuil, sans avoir eu aucun problème avec la police. En retraite depuis quelques années, il passait son temps à faire des allers-retours entre la France et
l'Algérie où résidait sa famille composée de 2 filles et deux garçons. Connu pour sa gentillesse et sa disponibilité à aider les autres, les gens du foyer et les jeunes des quartiers le surnommaient affectueusement «Ammi Ali », c'est-à-dire « Oncle ou Tonton Ali ». Il s'apprêtait à retourner dans son pays ce lundi 15 juin à 14 heures pour assister au mariage de son fils aîné. Seulement voilà ...

SDAE, 13 allée Henri Wallon 95100 Argenteuil, Contact: M. Mouffok BADAOUI,président, Tél: 0627 85 78 45.
Lakhdar MENASRIA secrétaire: 00336 80 08 66 68 émail: lmenasria@yahoo.fr
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Re: Un retraité algérien tué par la police à Argenteuil

Messagede Polack » 21 Juin 2009, 15:21

flippant... et pas de bruit dans les mass médias français bien sûr ?
Polack
 

Re: Un retraité algérien tué par la police à Argenteuil

Messagede Johan » 21 Juin 2009, 15:33

Polack a écrit:flippant... et pas de bruit dans les mass médias français bien sûr ?

J'ai vu l'information à la télé, je sais plus sur quelle chaine. En tout cas c'était beaucoup plus lissé dans leur version des faits. Ils présentaient ça comme un passage à tabac qui aurait mal tourné, en occultant complètement le caractère raciste de ce meurtre).
Johan
 

Re: Un retraité algérien tué par la police à Argenteuil

Messagede Nico37 » 22 Juin 2009, 20:48

Communiqué du Mouvement des Quartiers (MQJS) :

MARCHE PACIFIQUE LE MERCREDI 24 JUIN A 18H

pour la Vérité et Justice sur la mort de Monsieur Ali ZIRI à Argentueil,

suite à une intervention policière musclée et raciste !

Monsieur Ali ZIRI, âgé de 69 ans, retraité, est mort à l'hôîtal d'Argentueil suite à une intervention policière musclée et raciste à son encontre le 9 juin aux alentours de 9h. Monsieur Ali ZIRI a été battu à coup de pieds et de poings, par des policiers de la commune, ainsi que son ami encore hôspitalisé à ce jour.

Le Mouvement des Quartiers tient à exprimer son indignation et sa condamnation des faits relatés, qui témoignent une fois de plus des pratiques policières arbitraires et racistes dans les quartiers populaires.Le Mouvement des Quartiers tient à exprimer toutes les condoléances à la famille de la victime, et entend bien agir pour que la Vérité et la Justice soit faite sur cette affaire impliquée des policiers de la ville.

Le Mouvement des Quartiers se joint à l'appel unitaire des organisations associatives, politiques, à la marche pacifique pour obtenir avec la famille et ces proches la Vérité et la Justice pour Ali ZIRI,


MARCHE PACIFIQUE
Ce mercredi 24 juin à 18h
RDV au foyer du 4 Boulevard Karl Marx
A côté de la Gare d'Argentueil



Pour plus d'information ou nous joindre:
mqjs.contact@yahoo.fr
www.justicesocialepourlesquartiers.org
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

Rappel des faits : article de Politis.

Un retraité Algérien, de la Région de kabylie, est décédé dans le cadre d’une interpellation à Argenteuil. Ses proches accusent la police, qui évoque de son côté des problèmes cardiaques ayant entraînés la mort.

Ali Ziri est décédé le 9 juin 2009, suite à un contrôle de police. L’Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF) résume ainsi la mort suspecte de ce retraité Algérien, de la région de Kabylie, de 69 ans, résidant à Argenteuil (95). Ce soir là, Arezki K., 61 ans, est au volant, avec Ali Ziri à ses côtés. Les deux amis ont bu. Beaucoup, selon le procureur adjoint au parquet de Cergy-Pontoise, Bernard Farret, joint par Politis.fr : 2,04 g/l pour Ali Ziri et 1,94 pour Arezki K. Le contrôle de police sera houleux, les versions divergent. Le procureur adjoint parle d’« outrages et rébellion », de refus de descendre du véhicule : « Ils sont tous les deux emmenés » en garde-à-vue. Selon le témoignage de monsieur K., recueilli par l’AMTF, il s’agit au contraire d’un simple contrôle de routine envenimé par l’agressivité et la violence des policiers. Toujours selon la version du conducteur, les coups pleuvent dans le camion qui emmène les deux interpellés en garde-à-vue.

Ali Ziri ne s’en remettra pas. Il meurt quelques heures après son arrivée à l’hôpital d’Argenteuil. Où le service des urgences refuse de nous indiquer, secret médical oblige, si le malheureux portait ou non des traces de coups à son admission. Maurice Toullalan, directeur de l’hôpital d’Argenteuil, confirme cependant que le patient « est arrivé le 9 juin à 22h09, accompagné des forces de police. Il a été vu immédiatement par l’infirmière d’accueil. Celle-ci a jugé que le patient ne présentait pas de problème de gravité immédiat. Il a ensuite été allongé sur un brancard, dans la salle d’attente, en vue d’un examen médical. Il a été vu par un médecin à 22h45, qui a constaté un arrêt cardiaque. La tentative de réanimation a été un succès puisque le cœur est reparti, sans pour autant que le patient se réveille. Un scanner cérébral a été fait à 2h du matin, donc le 10 juin. Le patient est finalement décédé le 11 juin, à 7h30. »Pour Ali El Baz, coordinateur de l’ATMF, « il s’agit clairement d’un dérapage de la police. Le conducteur a lui-même des traces de coups sur le corps. Ils ont été tabassés jusqu’à perdre connaissance ! »

Le parquet met en avant les résultats de l’autopsie pour dédouaner le commissariat d’Argenteuil, où l’on ne souhaite pas s’exprimer sur l’affaire : « La cause du décès est liée à des problèmes cardiaques ainsi qu’à l’absorption d’alcool, avance Bernard Farret. Il n’a pas été violenté par la police ». Du côté des proches de la victime, on a une toute autre analyse de la situation. D’autant que la chemise et la veste du défunt n’auraient pas été restitués après l’autopsie... Une plainte sera déposée prochainement par la famille, tandis que l’ATMF veut saisir le procureur pour ouvrir une information judiciaire et se porter partie civile. L’affaire aura au moins eu le mérite de délier les langues dans la ville : « En parlant de la mort de Ali Ziri avec les gens, on a eu beaucoup de témoignages qui évoquent des problèmes avec la police d’Argenteuil, explique Ali El Baz. On dirait que ça se passe assez mal avec eux. »
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Bavure policière...

Messagede lou » 25 Juin 2009, 13:55

Communiqué du NPA. Bavure policière à Argenteuil.mardi 23 juin 2009Le 9 juin, Ali Ziri, âgé de 69 ans et Arezki Kerfali, âgé de 61 ans et invalide à 60%, sont interpellés par la police nationale à Argenteuil. Trois policiers vont menotter, immobiliser au sol et rouer de coups ces deux retraités.Arezki perdra connaissance et Ali mourra à l’hôpital d’Argenteuil. A ce jour, d’après l’avocat de la famille, le commissariat refuse, comme le procureur, tout dépôt de plainte.Personne ne veut entendre le témoignage d’Arezki, voir les photos des différentes contusions sur son corps, ni tenir compte du témoignage de la famille d’Ali qui fait état de traces de coups sur sa nuque,son visage et ses membres. En l’état, la famille comme l’avocat n’ont toujours pas accès au dossier.Les pouvoirs publics espèrent sans doute que le corps d’Ali retourne rapidement vers l’Algérie pour éviter toute expertise médicale.Le NPA, dans le cadre du collectif « Vérité et Justice pour M. Ali Ziri et M. Arezki Kerfali », exige toute la transparence sur ce décès et l'ouverture d'une instruction à l'égard des policiers impliqués.Pour la famille en particulier, il est insupportable de savoir ces derniers toujours en fonction à Argenteuil, tout comme le sont encore les policiers de Grasse responsables de la mort d’Hakim Ajimi après utilisation de la clef d’étranglement.En pleine période d’une crise sociale qui touche prioritairement les quartiers populaires, la seule réponse de Sarkozy est la répression et l’impunité pour les policiers en cause.Le collectif appelle à une manifestation le mercredi 24 juin qui partira à 18h du foyer de résidence d’Ali et Arezki, 4 rueKarl Marx, rejoindra le lieu de l'interpellation de Ali Ziri et finira devant le commissariat d’Argenteuil.Le 23 juin 2009.
je serai post-féministe quand nous en serons au stade du post-patriarcat.
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Re: Bavure policière...

Messagede Pïérô » 25 Juin 2009, 14:05

tu dois pas être en "haut débit", l'info est passée de date, était dans l'agenda, et il y avait en plus un topic là dessus en "actualités" : viewtopic.php?f=65&t=704#p35668 :wink:
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Re: Bavure policière...

Messagede lou » 25 Juin 2009, 16:19

OUPPPPSSS :oops:
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Re: Un retraité algérien tué par la police à Argenteuil

Messagede Nico37 » 30 Juin 2009, 14:58

Rassemblement mardi 30 juin à 18h30 devant la sous-préfecture d’Argenteuil

Ali Ziri, âgé de 69 ans, est mort le 11 juin, deux jours après son interpellation par la police à Argenteuil. Malgré les doutes sur les circonstances de sa mort et l’émotion intense qu’a soulevée ce drame, l’enquête n’est toujours pas diligentée pour savoir si ce décès fait suite à des violences policières ou non.

Les membres du collectif s’étonnent du manque de réaction des autorités gouvernementales confortant l’idée qu’en France, selon que l’on soit issu de banlieue ou des « beaux quartiers », les droits et le traitement policier ne sont pas les mêmes.

Ils demandent à ce que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce drame et expriment toute leur solidarité à la famille du défunt Ali Ziri.

Ils exigent également la désignation dans les heures qui viennent d’un juge d’instruction qui se chargera d’élucider les circonstances exactes qui ont conduit à la mort de ce retraité algérien qui vit en France depuis 50 ans.

Ils considèrent que l’enquête préliminaire, qui a été diligentée par le Parquet de Pontoise, ne peut suffire à faire toute la lumière sur cette affaire.

Les membres du collectif sont troublés par un certain nombre de faits que cette enquête préliminaire a sciemment ou non éludés. De nombreuses questions restent, en effet, sans réponses, plus de deux semaines après ce drame. Devant tous ces dysfonctionnements et faits graves, le collectif est décidé plus que jamais à porter l’affaire en haut lieu et sur la place publique pour exiger :
- La désignation, sans délai, d’un juge d’instruction.
- L’ouverture d’une enquête médicale avec expertise.
- La suspension provisoire des trois policiers de leurs fonctions en attendant les résultats de l’enquête.

Le collectif s’étonne, par ailleurs, du refus de la gendarmerie et de la police de prendre la plainte de M. Arezki K. Il déplore également le refus de la sous-préfète d’Argenteuil de recevoir une délégation du collectif qui a souhaité la rencontrer peu après la marche pacifique du 24 juin.

Un courrier a été envoyé au garde des Sceaux pour lui demander d’intervenir très rapidement auprès du Procureur de la République de Pontoise afin qu’il revienne sur sa décision et accepte de diligenter une enquête dans les meilleurs délais.

Nous vous rappelons que le corps du défunt se trouve toujours à la maison funéraire, rue Henri-Barbusse à Argenteuil. Sa famille attend les résultats d’une enquête médicale impartiale pour enfin décider de son rapatriement en Algérie.

Le refus de répondre favorablement à notre doléance est de nature à accentuer le sentiment d’exclusion et d’injustice au sein d’une bonne partie de la population d’Argenteuil ; ce qui pourrait provoquer une fracture irrémédiable dans l’équilibre social des quartiers et, pire encore, fragiliser le vivre-ensemble et la tranquillité publique.

Un rassemblement est prévu le mardi 30 juin à 18h30 devant la sous-préfecture d’Argenteuil.
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