Violence policière - violence d'Etat

Re: Violence policière - violence d'Etat

Messagede Pïérô » 12 Jan 2018, 11:54

Justice pour Selom et Mathis

qu’il s’est passé vendredi 15 décembre à la cité Saint-Maurice à Fives

Il y a des textes qu’on aimerait ne pas devoir écrire. Vendredi 15 décembre vers 21 heures, quatre jeunes ont été happés par un Train Express Régional (TER) sur la ligne Lille-Calais-Dunkerque au niveau de la cité Saint-Maurice, à la frontière des quartiers de Fives et de Saint-Maurice Pellevoisin. Deux d’entre eux sont morts. Malgré le choc et les blessures, les deux rescapés témoignent. Et démentent dignement la version de la police et de la presse locale.

Lundi dernier, à 20h45, une centaine de personnes se rassemblent sur la place Degeyter à Fives pour rendre hommage à Selom et Mathis, morts pendant le week-end. Quelques heures plus tôt, le procureur de la République explique que la version d’une course poursuite avec la police n’est qu’une « rumeur » et que les quatre jeunes auraient voulu prendre un « raccourci » le long des lignes SNCF... Les médias – La Voix du Nord en tête – se contentent de relayer cette version. Affaire classée.

Un accident, vraiment ?

Pour Ashraf et Aurélien, les deux rescapés que nous avons rencontrés, il ne s’agit pourtant pas d’un accident. Leurs témoignages se recoupent alors qu’ils n’avaient pas encore eu l’occasion de se parler. Ashraf, dans une chambre de l’hôpital Roger Salengro où il est encore en observation pour quelques jours, revient sur les faits : « C’est allé hyper vite, entre trois et cinq minutes. On était assis dans la cité, ils sont entrés à six en uniformes avec leurs matraques. Ils ont couru vers nous, ils voulaient nous attraper. On a eu peur et on est partis en courant ». « Ils », ce sont les nouvelles unités de la police nationales déployées en grand nombre dans le quartier depuis septembre, tout particulièrement autour de la cité Saint-Maurice et de la place Degeyter. Le résultat ? Un net regain de tensions entre jeunes et forces de l’ordre. « Depuis deux-trois semaines, c’est vraiment tendu dans le quartier. »

« On ne voulait pas se faire éclater encore une fois »

Pourquoi ont-ils eu peur ? « C’est ceux qui nous frappent tout le temps, pour rien, explique Aurélien, blessé au bassin et au visage et obligé de se déplacer en fauteuil roulant. Encore hier, ils ont frappé quelqu’un. On ne voulait pas se faire éclater encore une fois. Tu sais combien de fois je me suis fait frappé ? Tu sais comment ils m’appellent ? Par mon nom de famille. Ils nous connaissent très bien et c’est toujours la même histoire. La nationale, ils te lâchent seulement quand tu cries et tu pleures... »

Arrivés sur la voie ferrée, les jeunes ont à peine eu le temps de comprendre. « On a entendu un gros coup klaxon, raconte Ashraf. J’ai volé et je suis retombé plus loin. J’ai vu que les deux autres étaient tombés. Les secours me mettaient des claques pour pas que je m’endorme et m’obligeaient à regarder vers les buissons pour ne pas voir mes potes. Et après je me suis évanoui. Ça a été très violent : quand je me suis réveillé ici [à l’hôpital], je courrais encore, dans ma tête, j’étais encore dans la poursuite. » Si Ashraf perd rapidement connaissance, Aurélien se souvient : « C’est un passager du train qui est venu faire les premiers secours et ensuite les contrôleurs et la sécu [la sûreté générale, la police de la SNCF] sont arrivés. » Contrairement à ce qui est dit dans la presse, le groupe de « CRS » arrivé sur place n’intervient pas suite au drame mais semble être celui qui a entrainé toute cette histoire.

Les flics qui les poursuivaient ont-ils pu savoir ce qu’il leur est arrivé par la suite ? « Quand on a sauté vers les rails, ils étaient à cinq mètres derrière nous », explique Ashraf. Pour Aurélien, c’est sûr, « ils ont vu le train passer deux secondes après nous. Ils nous ont coursés jusqu’au bout. » Concernant la thèse du raccourci relayé dans la presse : « On va pas prendre un raccourci pour aller sur les rails ! s’exclame Ashraf. Un raccourci pour aller où ? »

Intox

On se pose donc la question : d’où vient cette version des faits ? Peut-être a-t-elle été recueillie lors d’interrogatoires réalisés le soir même, sur le lieu de l’accident (avec Aurélien) ou à l’hôpital (avec Ashraf), ce dernier ayant dû signer des documents pré-remplis et sans les lire. Au-delà du fait de témoigner contre la police auprès de la police, on imagine aussi ce que signifie ce genre de témoignage lorsqu’on vient de connaitre un traumatisme aussi important. « C’est que hier [lundi 18 décembre] que j’ai vraiment réalisé ce qui s’est passé », explique Ashraf.

On comprend mieux ce qui a entrainé les feux de voitures de ce week-end à Fives. Et pourquoi les versions officielles de la justice, de la police et de la presse ont toujours autant de mal à passer aujourd’hui. L’affaire n’est donc pas classé. C’est tout un quartier qui réclame vérité et justice pour Selom et Mathis.

Le C.R.I.M.E Lille (collectif anti-repression de Lille)
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Une Marche Blanche pour réclamer la vérité et la justice pour nos enfants Sélom et Matisse décédés dans le tragique accident du TER dans la nuit du 15 décembre.

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Re: Violence policière - violence d'Etat

Messagede bipbip » 13 Jan 2018, 17:14

[Argenteuil] Même la justice ne croit pas à la version policière

Le tribunal de Pontoise a décidé aujourd’hui de reporter le procès de deux jeunes accusés des classiques « outrage, rébellion, violence sur dépositaire de l’autorité publique », souvent utilisés par les flics pour arrondir leurs fins de mois sans trop se fouler.

Suite à une tentative de contrôle d’un gamin de huit ans une grosse baston a eu lieu, les flics ont eu des ITT mais un des jeunes en a eu pour 47 jours !

Sauf que pour une fois leur avocat (probablement pas commis d’office) a fait son taf et la comparution immédiate a été refusée !

Ils ne sont pas sortis de l’auberge mais il est assez rare dans ce genre d’affaire que la condamnation ne tombe pas tout de suite pour que ça vaille la peine d’être noté.

Les médias bourgeois sont évidemment assez radins sur cette info, la source la plus complète est Europe1
FranceTVInfo rapporte également que la mairie s’est constituée partie civile !

On pourra aussi se demander si l’article d’Europe1 mettait autant de guillemets à la version policière avant que le procès ne soit reporté...

Pas de justice pas de paix !

https://paris-luttes.info/argenteuil-me ... ce-ne-9327
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Re: Violence policière - violence d'Etat

Messagede bipbip » 13 Jan 2018, 17:45

Mantes-la-Jolie : ouverture d’une enquête contre X suite à une arrestation barbare au Val-Fourré

Le 7 novembre dernier un habitant de 27 ans du Val-Fourré est interpellé et embarqué sans raison, habituel en banlieue... Sauf que là menotté, ce jeune homme est coincé contre un radiateur qui le brûle aux mains et aux bras... aux 2e et 3e degré ! Face à la gravité des faits, il port plainte contre X pour « violences policières à caractère raciste » et une enquête est immédiatement confiée à l’Inspection Générale de la Police Nationale. Malgré des ITT supérieures à 3 mois, des photos insoutenables (diffusées sur les réseaux sociaux) et une couverture médiatique correcte, l’enquête était au point mort malgré les évidences ! Alors que ce soit les résolutions de l’année 2018 le parquet a fini par ouvrir une enquête contre X nous apprend Calvin Job (avocat à la Cour de Paris) qui est aussi en charge de l’affaire Liu Shaoyo mais « les blessures volontaires et les insultes à caractère raciste » n’ont pas été retenues...

Divers médias cités par l’Observatoire des bavures au Commissariat de Mantes-la-Jolie, observatoire lancé par Urgence notre police assassine

... https://paris-luttes.info/mantes-la-jol ... d-une-9338
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Re: Violence policière - violence d'Etat

Messagede bipbip » 14 Jan 2018, 23:23

Bure : le pied déchiqueté par une grenade

Lors des affrontements en août dernier qui ont opposé militants antinucléaires et forces de l’ordre, un jeune Dijonnais a eu un pied pulvérisé. Trois mois après le dépôt de sa plainte, cette dernière n’a toujours pas été examinée.

... http://www.estrepublicain.fr/actualite/ ... ne-grenade
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Re: Violence policière - violence d'Etat

Messagede bipbip » 17 Jan 2018, 18:31

Que cela vous plaise ou non

Monsieur Macron, nous continuerons à dénoncer les violences des policiers sur les migrants

En déplacement à Calais, le président de la République a annoncé vouloir durcir la répression de l’État contre les migrants jusqu'à menacer de poursuites judiciaires toute personne osant parler des violences policières contre les réfugiés.

Monsieur le président,

Vous aimeriez nous foudroyer parce que nous dénonçons la répression que les gendarmes et les policiers exercent contre les réfugiés. A Calais,vous avez affirmé que vous ne « laisserai personne caricaturer le travail [des policiers] ». Une attaque en règle contre toutes les associations, partis et syndicats qui dénoncent régulièrement les coups et insultes des policiers, les destructions de couvertures et de tentes par les forces de l’ordre. Il y a moins d’un an, à Calais, ces policiers empoisonnaient l’eau de la « jungle » pour empêcher les réfugiés de s’hydrater. Et vous voudriez que l’on se taise !

Lundi dernier, le Secours catholique et l’Auberge des migrants portaient plainte contre X (contre des policiers) pour destruction et dégradation de biens prêtés par les associations. Face à cela, et aux autres associations qui aident ces personnes parmi les plus démunies, vous leur avez répondu qu’elles « encouragent les femmes et les hommes à rester là, voire à passer clandestinement de l’autre côté de la frontière, elles prennent une responsabilité immense. Jamais l’Etat ne sera à leurs côtés. » Ces mêmes associations que Collomb accusait la semaine dernière dans Le Canard Enchaîné d’être « noyautées par les gauchistes ».

Finalement, Monsieur le Président, vous nous prévenez que vous n’hésiterez pas à poursuivre pour diffamation toutes les personnes qui parlent des violences policières envers les migrants sans preuves. Quelles seront vos prochaines propositions ? Poursuivre en diffamation les collectifs qui dénoncent les violences policières dans les quartiers populaires ? Dans les manifestations ? Voulez-vous envoyer Assa Traoré en prison parce qu’elle dénonce depuis un an et demi un crime commis par vos gendarmes ? Je vous prie de m’excuser, vous avez déjà envoyé en prison deux de ses frères…

Nous le redisons ici : les violences policières existent. Contre les migrants, contre les personnes racisées, contre les manifestants, qu’ils soient militants politiques ou syndicaux. Elles ne sont pas l’œuvre de « brebis galeuses » dans la police ; elles ne sont pas des « bavures ». Elles sont l’œuvre d’une politique gouvernementale qui décide, quand bon lui semble, d’utiliser les forces de répression pour mater les indésirables, quitte à prendre le risque d’en tuer un ou deux.

Finalement, vous précisez que vous ne poursuivrez en diffamation que celles et ceux qui accusent « sans preuves ». Comme si les preuves, que l’on peut trouver par centaines dans tous les médias, étaient un quelconque moyen d’obtenir justice quand un police tue ou mutile. Il y a quelques jours, l’assassin de Rémi Fraisse a été acquitté. Avec lui, c’est toute sa hiérarchie qui a été jugée non coupable d’un homicide, qui, loin d’être accidentel, n’a été que la conséquences des 400 grenades que votre prédécesseur avait fait lancer sur les manifestants. Qu’en est-il du gendarme qui a tué Adama Traoré ? Qu’en est-il de ce syndicaliste qui a perdu un œil place de la République ? Votre justice vous protège, vous et vos policiers, et si l’existence de preuve devient trop évidente, vous les effacez. Doit-on rappeler les mensonges qui ont suivi la mort d’Adama Traoré et des tentatives du tribunal d’effacer les preuves ?

Votre police, votre justice et vos prisons tuent, blessent et mutilent. Nous ne tairons pas ces violences, que cela vous plaise ou non.


http://www.revolutionpermanente.fr/Mons ... s-migrants
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Re: Violence policière - violence d'Etat

Messagede Pïérô » 19 Jan 2018, 14:40

Epinay : Un homme entre la vie et la mort après des tirs policiers
Encore une « bavure » policière en région parisienne. Une nouvelle qui provoque la colère des habitants d’Epinay qui se sont rassemblée.s le 18 Janvier devant la mairie de la commune du 93.
... https://paris-luttes.info/epinay-un-hom ... et-la-9390


Recherche témoins : agression par la RATP lors d’un contrôle à « Mairie de Montreuil »
Appel a témoin :
Ce mercredi 17 janvier 2018 à 23h50, Mairie de Montreuil, des agents de la RATP Contrôle ont malmené violemment une personne (probablement un réfugié). Interventions de personnes présentes = Amendes pour prise de vue.
... https://paris-luttes.info/recherche-tem ... n-par-9384
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