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Messagede altersocial » 22 Fév 2013, 23:08

Malbouffe : avec le cheval, combien d’autres couleuvres ?

Malbouffe : avec le cheval, combien d’autres couleuvres ?

L'actualité m'a donné l'envie de vous présenter trois exemples criants des couleuvres que l'industrie agroalimentaire nous fait avaler. Nous ne reviendrons que rapidement sur l'affaire des lasagnes Findus, elle fait la une des médias.

Mais on a moins bien retenu le circuit, assez complexe il est vrai... cheval roumain, passé par des traders hollandais puis chypriote, puis revendu à une holding française (passage dans deux entreprises) puis à un fabricant de surgelés sous-traitant de Findus, lui-même groupe suédois appartenant à un fonds anglais. Compliqué ? Mais non ! Ça s’appelle le marché communautaire... Ce que cette affaire démontre est sans appel : la traçabilité est un leurre ! Et les certifications de la poudre aux yeux. Rappelons que la traçabilité est censée permettre de suivre l’historique, la localisation, l’utilisation, de tous les contenus d’un produit, tout au long de sa chaîne de production et de distribution.
Mais en fait, qui définit les normes et les outils de la traçabilité et des certifications ? Les industriels bien sûr... Et qui les contrôlent ? En partie les industriels eux-mêmes ! Un vrai jeu de dupes dont sont complices les pouvoirs publics et dans lequel, une fois de plus, les consommateurs sont les perdants.

Après le boeuf « made in cheval », quid du saumon norvégien ?

Fut un temps, pas si lointain, le saumon était un produit de luxe. Aujourd’hui les étals des supermarchés regorgent de saumon en promo, fumé ou en poisson « frais » (car souvent décongelé). Que s’est-il passé ? La découverte de l’aquaculture ! D’immenses fermes d’élevage de saumon envahissent les fjords norvégiens, constituées de bassins où sont entassés et gavés de nourriture industrielle des milliers de saumons. Dans ces conditions d’élevage, par manque de place et d’oxygène beaucoup meurent ; mais ils sont aussi plus sensibles aux maladies : alors on les traite ! Le dernier problème est un pou, parasite naturel du saumon, mais qui dans ces conditions prolifère. Et quelle est la dernière invention pour s’en débarrasser ? Tout simplement balancer des pesticides dans l’eau ! Ça tue les poux, mais aussi beaucoup de saumons. Ceux qui résistent finiront dans nos assiettes... Encore plus grave : les bassins ne sont bien sûr pas étanches (ce sont des filets pour que l’eau circule) alors nos pesticides partent dans les eaux des fjords. Et on constate actuellement une très forte mortalité des autres poissons, voire des dégénérescences génétiques. Forcément une partie de la population et des associations se révoltent. Mais le pouvoir de l’industrie agro-alimentaire est tel que le gouvernement laisse faire et même autorise ce genre de traitement. Et évidemment aucune étude n’est faite sur la nocivité potentielle de ce pesticide une fois arrivé dans notre estomac, ni sur les impacts sur l’environnement.

Connaissez-vous le « fromage analogue » ?

Brevet du géant de l’industrie agroalimentaire Cargill, c’est son appellation officielle sauf qu’il n’y a pas de fromage dedans... mais trois amidons, un galactomannane, un carraghénane (deux gélifiants) et bien sûr des arômes.
Et où trouve-t’on cette « chose » ? Dans les plats cuisinés industriels, dans la grande majorité des pizzas en particulier celles de Pizza Hut. Ce produit a un avantage énorme pour les fabricants, il coûte 200 % moins cher qu’un vrai fromage !
Un autre « fromage analogue » existe, mais un peu mois intéressant au regard de son coût. Il est, lui, composé de 15 % de protéines laitières, d’huile de palme et d’exhausteurs de goût Il faut savoir que l’Allemagne, 1er pays producteur de pizzas industrielles surgelées en Europe, produit 100 000 tonnes de « fromage analogue » par an !
La Commission européenne a autorisé ces produits, à condition que la composition soit précisée sur l’étiquette (vous savez, ce petit coin de l’emballage pour lequel il faut une loupe)

Voilà donc trois exemples bien différents mais qui nous ramèment toujours au même point : le pouvoir exorbitant des multinationales de l’agro-industrie et leur collusion avec la grande distribution, le tout avec la caution plus ou moins directe des pouvoirs publics. Ceci au plus grand mépris des intérêts de la santé des populations et de la préservation de notre environnement. Au final, ce n’est qu’une démonstration, dans le secteur alimentaire, des conséquences sans limites et des ravages de la mondialisation, du capitalisme, de la course au profit.

Alors que pouvons-nous faire, nous simples citoyens ?

Dénoncer cela, bien sûr. C’est l’objet de ce texte. Mais aussi le faire savoir le plus largement possible autour de nous, et surtout refuser ces cochonneries !

Reprendre le pouvoir sur ce qu’on avale, beau programme, non ? Aller au marché acheter des produits locaux, s’inscire dans une AMAP ou un panier paysan, retourner chez l’épicier, le boulanger, le charcutier de notre quartier (quand il en reste...), aller dans les magasins bio, retrouver le plaisir du fait maison, la convivialité du repas partagé... Certains diront que ça prend du temps et que ça coûte plus cher, mais se préoccuper de sa santé et de celle de ses proches n’a pas de prix ! C’est défendre nos producteurs, nos commerçants, c’est aussi connaître l’origine de nos produits et les pratiques (fabricants, artisans) et si nous sommes suffisamment nombreux, c’est soutenir la création d’emplois non délocalisables.

Depuis longtemps déjà les Amis de la Terre prônent l’idée que dans des sociétés soutenables il faut produire local et consommer local. Bannir les activités néfastes aux individus et à leur environnement d’autant plus quand elles n’ont pour but que le profit de quelques uns au détriment du bien commun n’est pas qu’un droit, c’est un devoir. Ce défi nous appartient, allons-y !

Par Martine Laplante, présidente des Amis de la Terre
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Messagede Nyark nyark » 07 Mar 2013, 13:50

Je dévie un peu du sujet, mais à mon avis l'histoire du cheval n'est qu'une toute petite partie cachée de l'iceberg.
Image

À partir de 2 mn, émission à réécouter :
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=581261

Comme quoi, ça peut être intéressant France Inter des fois.
Précision utile : je ne fais pas non plus de prosélytisme, juste quelques infos pour aider à réfléchir. Essayez d'écouter en entier.
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Messagede altersocial » 08 Mar 2013, 11:13

Au début de l'entretien il parle plus du mode vie végétarien, et il a bien raison sur la différence entre la France et les pays anglo-saxon où j'ai pu y manger des plats végétariens gourmands alors qu'en France la cuisine de la restauration végétarienne est vraiment chiante, ascétique et dans une ambiance morose.

Pour le reste il faudrait lire le livre, l'entretien est court et l'auteur n'évoque aucun argument (sauf une référence vague sur les conditions d'abattage industriel).
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Re: Malbouffe

Messagede Pïérô » 11 Mar 2013, 00:53

Du fromage sans fromage
Merci qui ? Merci Cargill !

Du fromage sans fromage ?

Un communiqué d'un gros groupe d'agroalimentaire international, Cargill, suffisamment clair pour ne pas en rajouter. Daté de 2009. Pour compléter l'information donnée par les Amis de la Terre (voir post d'UtopLib, http://utoplib.blogspot.fr/2013/03/ques ... -soir.html) :

Image

« Cargill innove dans la production de fromages analogues, grâce au système fonctionnel Lygomme™ACH Optimum. Cargill lance une vraie innovation, qui permet de fabriquer un fromage analogue très économique et sans aucun ingrédient laitier, destiné au marché des pizzas et divers plats préparés. Le système fonctionnel Lygomme™ACH Optimum (en attente de brevet) reproduit la fonctionnalité des protéines du lait et les remplace totalement, offrant ainsi au producteur un avantage sans précédent en termes de coût.
Fabien Bouron, spécialiste des applications laitières chez Cargill, explique : « Le fromage représente environ 15 pour cent des ingrédients d’une pizza. Son prix élevé – et instable – peut avoir une incidence importante sur le coût de la fabrication des pizzas surgelées. Jusqu’à maintenant, pour protéger leurs marges, les fabricants avaient le choix entre: augmenter le prix du produit, limiter la taille des portions, ou mélanger plusieurs fromages en fonction de leur prix sur le marché. »
Le système fonctionnel Lygomme™ACH Optimum met fin à ces incertitudes. Le fabricant dispose maintenant d’une alternative économique au fromage pour pizza, grâce à ce nouveau produit qui remplace entièrement les protéines du lait dont le prix fluctue sans cesse. L’apparence, le goût et la texture reproduisent fidèlement ceux des fromages analogues obtenus à partir de protéines laitières. Le produit rappelle les fromages traditionnels à pâte dure tels que le gouda, le cheddar ou le gruyère. Quant au client, il y trouve le même plaisir et la même satisfaction.

Une solution sans ingrédients laitiers pour optimiser les coûts
En raison de sa composition spécifique, une combinaison de trois amidons, un galactomannane et un carraghénane gélifiant, le système fonctionnel Lygomme™ACH Optimum échappe à la volatilité des prix et à l’instabilité qui en résulte dans le coût de la recette. Même si l’on tient compte de la chute des prix du lait, le système reste très attrayant : il coûte jusqu’à 60 pour cent de moins qu’un fromage analogue standard comparable (qui contient en moyenne 15 pour cent de protéines de lait). Et l’économie atteint 200% si l’on compare avec des fromages traditionnels comme la mozzarella ou l’emmental.

Une solution sans ingrédients laitiers pour la performance
De plus, le système fonctionnel Lygomme™ACH Optimum surmonte les difficultés techniques liées au remplacement complet des protéines laitières. Les propriétés physiques et rhéologiques sont identiques à celles des fromages analogues pour pizza. Chaque ingrédient a été soigneusement sélectionné par les experts de l’équipe Cargill pour remplir un rôle particulier : faciliter et stabiliser l’émulsion, apporter une viscosité suffisante durant la production, absorber la phase aqueuse, prévenir le suintement et la synérèse, créer un réseau solide pour permettre la fragmentation ou le tranchage du produit fini, et permettre la refonte.

Une solution sans ingrédients laitiers pour la santé
Outre ses avantages notables en termes de coûts et de performance, le système fonctionnel Lygomme™ACH Optimum présente un intérêt sur le plan de la santé : il contient moins de calories (moins de matières grasses, pas de matières grasses saturées) et de phosphates (pas d’utilisation de sels de fonte). Le produit offre une alternative au fromage traditionnel pour les personnes souffrant d’intolérance au lactose. Les végétaliens disposeront d’un produit qui présente les caractéristiques et le goût du fromage, mais sans aucun ingrédient d’origine animale. Enfin et surtout, le système fonctionnel Lygomme™ACH Optimum permet de fabriquer un fromage analogue sans allergènes, qui peut aussi porter les labels ‘halal’ et ‘kasher’. Le produit est un des trois nominés aux Food Ingredients Excellence Awards 2009, catégorie Innovation de l’année pour la laiterie. »

Un certain nombre de réseaux de pizzerias utilisent déjà ce produit. Pour les plats préparés en boutique, vérifiez la liste des ingrédients. S'il n'est pas indiqué "fromage", c'est qu'il y a autre chose qui le "remplace". A bon entendeur, bon appétit !
Si vous allez jeter un œil sur le site web de Cargill, la page d'accueil fait l'apologie du développement durable, de la nature et des bonnes choses. Nous voilà rassurés.

http://utoplib.blogspot.fr/2013/03/du-f ... omage.html
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Messagede Nyark nyark » 11 Mar 2013, 11:32

Mais le fromage c'est bon au goût, mais pas du tout pour la santé ! 'fin voyons... :^^:
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Messagede L . Chopo » 11 Mar 2013, 17:51

Pïérô a écrit:Du fromage sans fromage
Merci qui ? Merci Cargill !


Cette ineptie qu'est le Cargill (j'apprécie le fromage, la viande de cheval et les vins de Bourgogne) me fait penser à une réflexion intéressante que publia Slavoj Zizek (philosophe slovène, est un des penseurs les plus originaux des dernières décennies) dans Le Monde du 26.01.07 (1), à propos de la couverture du Time du 18 décembre 2006.
Bien que portant sur le cyberespace, avec un raisonnement typiquement « Mitteleuropa », il se relie au propos de ce sujet.

Il peut aussi donner lieu à un nouveau sujet. Merci alors aux administrateurs du forum d'en juger, ou de le mettre "à la poubelle", s'ils jugent que cela ne participe pas au débat ambiant…

L'édition du magazine Time datée du 18 décembre 2006 a attribué le titre de "personnalité de l'année" 2006 non pas à Mahmoud Ahmadinejad, Hugo Chavez, Kim Jong-iI, ou un autre membre du palmarès habituel, mais à "vous", c'est-à-dire chacun d'entre nous qui utilisons ou créons des sites sur le Web. La couverture du magazine était illustrée d'un clavier blanc surmonté d'un miroir en guise d'écran d'ordinateur, dans lequel le lecteur pouvait apercevoir son propre reflet. Les rédacteurs ont justifié leur choix en évoquant le passage des institutions aux individus qui re-émergent aujourd'hui comme les citoyens de la nouvelle démocratie numérique.

Ce choix est plus complexe et insolite qu'il n'y paraît. S'il y eut jamais un choix idéologique, c'est bien celui-ci : le message du Time - la nouvelle cyberdémocratie dans laquelle des millions d'individus peuvent communiquer directement et s'auto-organiser, contournant ainsi le contrôle centralisé de l'Etat - dissimule un ensemble de préoccupantes disparités et tensions. L'ironie réside, en premier lieu, dans le fait que le lecteur qui regarde la couverture du Time ne voit pas ces autres personnes avec qui il est censé entretenir un rapport direct - il voit seulement son image renversée.

Il n'est donc pas étonnant que Leibniz soit l'une des principales références philosophiques des théoriciens du cyberespace : notre immersion dans le cyberespace ne va-t-elle pas de pair avec notre réduction au statut de monade leibnizienne qui, bien qu'elle soit "dépourvue de fenêtres" s'ouvrant directement sur la réalité extérieure, reflète en elle-même l'univers entier ? L'internaute contemporain typique, seul devant l'écran de son ordinateur, ne s'apparente-il pas de plus en plus à une monade sans fenêtre directe sur la réalité. Une monade qui ne rencontre que des simulacres virtuels, tout en étant plus que jamais immergé dans le réseau mondial, communiquant en temps réel avec la terre entière !

Mais ce n'est là qu'une partie de l'histoire. Il nous faut ajouter que le "vous" qui se reconnaît dans son image sur l'écran est profondément divisé. D'un côté, il y a le fait plutôt évident que la personne physique "réelle" que je suis excède ma cyberidentité : les marxistes et autres penseurs "critiques" aiment à souligner que l'égalité du cyberespace est trompeuse - elle fait abstraction de l'ensemble complexe des dispositions matérielles (ma richesse, ma position sociale, le pouvoir dont je jouis ou manque, etc.).

L'inertie propre à la réalité disparaît magiquement dans l'activité de navigation harmonieuse dans le cyberespace. Nous trouvons aujourd'hui sur le marché une multitude de produits privés de leur propriété maligne : du café sans caféine, de la crème sans matière grasse, de la bière sans alcool... La réalité virtuelle du cyberespace généralise simplement ce procédé : elle offre une réalité privée de sa substance. Tout comme le café décaféiné a le goût et l'odeur du café réel sans en être, ma cyberidentité, le "vous" que je vois là, est toujours déjà un moi décaféiné.

De l'autre côté, nous sommes confrontés à l'excès opposé bien plus déroutant : ma cyberidentité excède mon moi "réel". Notre identité sociale, la personne que nous prétendons être dans nos rapports sociaux, est déjà un "masque", elle présuppose déjà le refoulement de nos pulsions inadmissibles. Or, c'est précisément lorsque ce n'est "qu'un jeu", lorsque les normes réglementant nos échanges "réels" sont temporairement suspendues, que nous pouvons nous permettre de laisser apparaître ces attitudes refoulées.

Prenons l'exemple classique de l'individu timide et impuissant qui adopte l'identité d'un meurtrier sadique et d'un séducteur irrésistible quand il participe à un jeu interactif sur Internet. Il est bien trop simple de ne voir dans cette identité qu'un simple supplément imaginaire, une échappatoire temporaire à l'impuissance dont il souffre dans la réalité. L'idée est plutôt que le fait de savoir que le jeu interactif dans le cyberespace "n'est qu'un jeu" l'autorise à "montrer son vrai moi", à faire des choses qu'il n'aurait jamais accomplies dans ses interactions réelles : la vérité sur cette personne est exprimée sous la forme d'une fiction. Le fait même que je perçoive mon image virtuelle comme un simple jeu m'autorise à lever les obstacles habituels qui m'empêchent de laisser s'exprimer mon "côté obscur".

La contrepartie de la démocratie directe du cyberespace est cette abondance impénétrable et chaotique de messages et leurs circuits qu'il m'est impossible de comprendre, quel que soit l'effort d'imagination que je fasse - c'est ce qu'Emmanuel Kant aurait appelé un sublime cyberspatial.

Il y a une dizaine d'années environ, un excellent spot publicitaire anglais pour une marque de bière était diffusé à la télévision. La première partie met en scène un conte de fées bien connu : une fille marche le long d'un fleuve, elle aperçoit un crapaud, le prend doucement dans son giron, l'embrasse, et, bien sûr, le vilain crapaud se change comme par miracle en un beau jeune homme. Mais l'histoire n'est pas finie : le jeune homme lance un regard de convoitise à la jeune fille, il l'attire vers lui, l'embrasse, et la jeune fille se transforme en une bouteille de bière qu'il brandit triomphalement...

La jeune fille fantasme que le crapaud soit en réalité un jeune homme. Le jeune homme fantasme que la jeune fille soit en réalité une bouteille de bière : l'amour et l'affection de la femme (indiqués par le baiser) peuvent transformer un crapaud en bel homme, alors que l'homme réduit la femme à ce que la psychanalyse appelle un "objet partiel", ce qui en toi suscite mon désir. (Bien entendu, l'argument féministe évident consisterait à affirmer que l'expérience de l'amour que font les femmes dans leur vie quotidienne est plutôt la transformation inverse : on embrasse un beau jeune homme et quand on s'est trop approché de lui, c'est-à-dire quand il est trop tard, on s'aperçoit qu'en réalité c'est un crapaud...)

Le couple réel d'un homme et d'une femme est ainsi hanté par l'étrange représentation d'un crapaud embrassant une bouteille de bière. C'est précisément ce spectre sous-jacent que l'art contemporain met en scène : on peut très bien imaginer un tableau à la Magritte qui aurait pour titre "Un homme et une femme" ou "Le couple idéal". Là réside la menace la plus fondamentale du jeu cyberspatial : l'homme et la femme qui dialoguent sur la Toile peuvent être hantés par le spectre d'un crapaud embrassant une bouteille de bière.

Or le fait qu'aucun d'eux n'en soit conscient a pour conséquence que ce décalage entre ce que "vous" êtes réellement et ce que "vous" semblez être dans l'espace numérique peut mener à la violence meurtrière.



L. Chopo

(1) Démocratie ou barbarie numérique Slavoj Zizek- Le Monde 26.01.07

.
L. Chopo
Pour la Confédération Nationale des Travailleurs - Solidarité Ouvrière (CNT-SO)
http://www.cnt-so.org


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Messagede bipbip » 10 Oct 2016, 11:07

La vraie vie du poisson pané, de l’Arctique à l’assiette

Il est colin, cabillaud, merlu ou encore aiglefin. Pêché dans les eaux glacées par des chalutiers-usines, vendu aux industriels qui le recouvrent d’une chapelure à la composition peu naturelle, il parvient dans les rayons des supermarchés. Voici la chaîne du poisson pané, sur fond de ressource menacée et de conditions de travail dantesques.

... https://reporterre.net/La-vraie-vie-du- ... l-assiette
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Re: Malbouffe

Messagede Pïérô » 13 Oct 2016, 20:15

Muesli à l'amande

Du muesli chimique

Un enfant sur deux en avale au petit déjeuner. Le muesli a détrôné la tartine beurrée, pour le plus grand bonheur de l’américain Kellogg’s et du suisse Nestlé, qui croquent à eux deux 87 % du marché des céréales « prêtes à consommer ». Il faut dire que l’agroalimentaire en fait des tonnes sur les bienfaits pour la santé de ce mélange de céréales et de fruits secs. Grâce au muesli, les bambins ne font-ils pas le plein de fibres et de vitamines ?

Sauf qu’il y a comme un pépin dans le bol. L’association Générations Futures vient de nous le rappeler : le muesli déborde souvent de résidus chimiques. L’ONG a réalisé une petite enquête, avec analyses à la clé, sur le contenu des mueslis achetés en supermarché. Résultat des courses : hors rayon bio, tous les paquets recèlent des résidus de pesticides. Et pas qu’un peu : 9,4 molécules différentes, en moyenne, dont la moitié sont suspectées d’être des perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques qui s’attaquent au système endocrinien.

Si on trouve ces cochonneries dans les céréales du petit déjeuner, c’est encore la faute à notre agriculture intensive. Pour fabriquer le muesli, on utilise le plus souvent du blé tendre et de l’orge, qui comptent parmi les cultures les plus « pesticidées ». Ces céréales à paille aimantent à elles seules 80 % des fongicides. Avant d’être moissonné, le blé a ainsi été aspergé trois fois, en moyenne. Ajoutez-y les petits bouts de fruits, comme la pomme, (peu ou prou 35 traitements annuels), la pêche (19) ou le raisin (13). On s’en serait douté : Générations Futures n’a pas détecté de traces de pesticides dans les paquets de céréales bio.

Qu’on se rassure, si on trouve une pelletée de molécules chimiques dans le muesli classique, tout cela reste conforme à la réglementation. D’après les statistiques publiées chaque année par la Répression des Fraudes, seulement 1 % des « céréales transformées » affichent des quantités de résidus supérieures aux seuils autorisés. Il n’empêche, pour Kellogg’s, autoproclamé « expert du petit déjeuner », les analyses de l’association écolo la fichent mal, quand on découvre que l’un de ses produits phares, Country Store, contient neuf résidus de molécules chimiques.

La marque pourra toujours arguer que son slogan publicitaire « Pour faire le plein chaque matin » n’est pas mensonger, voilà quand même de quoi nous perturber !


Le Canard Enchaîné N° 5007 du 12 octobre 2016

Faux prendre en bio ! :)
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Re: Malbouffe

Messagede bipbip » 26 Juil 2017, 00:46

Mange, c’est du breveté

C’est le légume de l’été. Celui qui va vous accompagner à coup sûr pendant vos vacances. Le melon, évidemment. Chacun d’entre nous en avale en moyenne près de 4 kilos par an. Ce que l’on sait moins, c’est que plus de la moitié des 309 variétés autorisées à la vente en France, ont en fait été mises au point par les géants de l’agrochimie.

Désormais, la quasi-totalité des légumes de nos Caddie, y compris les bio, provient de semences appartenant à un champion de l’agrobusiness. Monsanto, le leader mondial des semences potagères, commercialise à lui seul, 3 000 variétés de 23 espèces. En Europe, Monsanto et Syngenta détiennent ensemble 71 % des variétés de choux fleurs, 62 % des tomates et 56 % des poivrons. En clair, quand vous réglez vos emplettes au rayon primeur, vous avez une chance sur deux de filer indirectement de l’oseille aux multinationales de la semence.

Comme il est interdit en Europe de breveter les variétés végétales, les entreprises de biotechnologie protègent leurs trouvailles par des COV (certificats d’obtention végétale), qui les autorisent à revendiquer un droit de propriété. Ce brevet allégé permet de réutiliser librement, et sans verser de royalties, ladite semence pour fabriquer une autre variété. Insupportable aux yeux de Monsanto et consorts, qui veulent raboter ce libre accès à des fins de recherche. Ces firmes pèsent de tout leur poids sur la redéfinition des COV actuellement en cours pour pouvoir breveter des légumes, comme aux États-Unis. Elles multiplient donc les demandes de brevet, non pas sur la variété mais sur l’information génétique.

Syngenta a, par exemple, tenté de décrocher auprès de l’Office européen des brevets (OEB) des droits de propriété sur un gène qui donne au melon un goût « amer-rafraîchissant-aigre-doux ». Un tour de passe-passe qui rend vertes de rage les ONG écolos, lesquelles multiplient les recours auprès de l’OEB. « L’agrochimie essaie de contourner les règles européennes. C’est rien de moins qu’une tentative de hold-up sur notre potager », s’alarme Patrick de Kochko, de Réseau Semences Paysannes. Selon un ex-chercheur de l’INRA, « les inventions revendiquées n’en sont pas. Les industriels se contentent de réintroduire artificiellement des gènes qui existent déjà à l’état naturel ».

L’enjeu est de taille : le détenteur d’un tel brevet pourrait réclamer sa dîme sur toutes la variétés dotées du gène qu’il a fait protéger.. En cuisinant cet argument, les ONG ont ainsi fait retoquer un brevet sur un melon Monsanto résistant à un virus dont le gène avait été récupéré dans une cucurbitacée indienne. Le roi de la semence potagère a fait chou blanc.

Le Canard Enchaîné N° 5047 du 19 juillet 2017
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Re: Malbouffe

Messagede bipbip » 01 Sep 2017, 19:31

Les aliments ultratransformés créent la mauvaise santé

Et si les conseils nutritionnels avaient tout faux ? Une fois ce sont les graisses qu’il faut éviter. Une autre fois les sucres. On colle des pastilles vertes, orange, rouges sur des emballages selon des critères surannés. Pendant ce temps, obésité, diabète et cancers progressent.

Selon Anthony Fardet, les vrais coupables ce sont les aliments ultratransformés qui ont envahi nos supermarchés depuis les années 1980.

Ces aliments sont conçus au sein des centres de recherche et développement de Big Food. Objectif : fabriquer à bas prix des produits qui ressemblent à des aliments, qui ont le goût d’aliments… mais qui n’ont plus rien d’un aliment.

L’ultratransformation déstructure l’aliment d’origine et lui fait perdre ses vertus santé. Elle nécessite aussi l’ajout d’une kyrielle d’additifs et d’agents « cosmétiques » suspects. Ces faux aliments, écrit Anthony Fardet, sont la première cause de de mortalité.

... https://reporterre.net/Les-aliments-ult ... aise-sante
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Re: Malbouffe

Messagede bipbip » 03 Sep 2017, 13:55

3 minutes pour comprendre les différences nutritives entre des tomates issues de semences PAYSANNES

Jean-Baptiste Malet décrit le recours au travail forcé pour la récolte de tomates en Chine, l'ajout d'additifs chez certains producteurs, mais aussi la taylorisation des chaînes de production par exemple chez Heinz.

vidéo Vimeo : https://vimeo.com/141903495
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Re: Malbouffe

Messagede bipbip » 16 Sep 2017, 14:50

Pourquoi l’industrie de la charcuterie s’entête à nous faire avaler des produits cancérogènes

En France, plus de 40 000 nouveaux cas de cancers colorectaux sont diagnostiqués chaque année. Parmi les causes de cette maladie : la consommation de charcuteries enrichies en nitrites. Ces additifs alimentaires, utilisés massivement par les industriels, donnent à la viande une jolie couleur rosée et augmentent leur durée de consommation. En dépit de leurs graves conséquences sanitaires, la plupart des fabricants rechignent à y renoncer. Et préfèrent gagner du temps en mettant en doute les preuves médicales et scientifiques. Une stratégie qui rappelle celles des industries du tabac ou des pesticides, affirme Guillaume Coudray, auteur de Cochonneries, une enquête sur le sujet. Entretien.

... https://www.bastamag.net/Pourquoi-l-ind ... avaler-des
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Re: Malbouffe

Messagede bipbip » 05 Déc 2017, 21:20

Viande et produits laitiers
Greenpeace dénonce l’influence des lobbies sur l’assiette de nos enfants

Entre deux et six fois trop de protéines sont servies dans les cantines scolaires par rapport aux recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES). Partant de ce constat accablant, Greenpeace France publie aujourd’hui une enquête qui démontre comment les représentants des filières viande et produits laitiers influencent les recommandations officielles de l’Etat en matière d’achat pour la restauration scolaire. Et surtout comment l’Etat laisse faire ces lobbies.

Les recommandations nutritionnelles officielles sont définies au sein du Programme National Nutrition Santé (PNNS). Ces recommandations sont ensuite traduites par le Groupe d’Etude des Marchés - Restauration Collective et Nutrition (GEM-RCN) qui conseille les acheteurs de la restauration collective sur la quantité de viande rouge, viande blanche, fromage, yaourts… que consomment chaque midi les enfants.

« Or, en regardant de plus près ce fameux GEM-RCN, on se rend compte que les représentants de l’Etat et les scientifiques sont absents, ceux des filières végétales et qualité, comme le bio, en minorité face aux représentants des filières viande et produits laitiers. Enfin, les nutritionnistes, la plupart bénévoles, pèsent bien peu par rapport aux lobbyistes professionnels de l’agroindustrie », déclare Laure Ducos, chargée de campagne agriculture chez Greenpeace France. « Résultat : Les enfants se retrouvent à la cantine avec des quantités de protéines animales démesurées, qui n'ont plus rien à voir avec les recommandations nutritionnelles scientifiques ».

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Re: Malbouffe

Messagede Pïérô » 24 Déc 2017, 15:00

Comment les géants de la malbouffe ont sapé (et continuent à saper) l’étiquetage nutritionnel

La France a finalement adopté, après une bataille de lobbying aux multiples rebondissements, un système officiel d’étiquetage nutritionnel des aliments, le NutriScore, avec pour objectif de commencer à lutter contre la malbouffe et ses impacts sanitaires. Mais les géants de l’agroalimentaire comme Mars, Nestlé et Coca-Cola ont réussi à obtenir que ce système reste facultatif et manoeuvrent aujourd’hui pour imposer un système d’étiquetage qu’ils ont eux-mêmes conçus, bien plus favorables à leurs intérêts.

C’est l’une de ces batailles de lobbying qui n’en finissent jamais, sans doute parce qu’elles touchent trop directement au coeur du modèle commercial de puissantes multinationales, et mettent ainsi en cause les profits mirobolants que celles-ci accumulent depuis des décennies. Tout comme avant eux les géants du tabac, et aujourd’hui les géants du pétrole, les géants de l’agroalimentaire refusent de voir questionné le modèle alimentaire qui fait leur prospérité, à coups de calories, de sucre, de sel et de gras, malgré sa faible qualité nutritive et ses impacts en termes de santé publique.

... http://multinationales.org/Comment-les- ... etiquetage
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Re: Malbouffe

Messagede Pïérô » 28 Déc 2017, 23:52

Menus de fête : le festival des tromperies alimentaires bat son plein

Les marchands de malbouffe ont gagné: les Etats Généraux de l'alimentation n'ont servi à rien. L'association Foodwatch dénonce quelques mensonges sur étiquettes, un recensement que nous avons complété. De quoi couper l'appétit.

Comme elle le fait de temps à autre, l’association Foodwatch vient de jeter son pavé dans les promesses de produits alimentaires de Noël et du jour de l’An. En pointant quelques tromperies sur la marchandise qui devraient normalement tomber sous le coup de la vieille loi de 1905 censée réprimer les tromperies sur la marchandise qui abondent dans les rayons de supermarchés. Lesquels devraient être plus attentifs à vérifier sur les étiquettes rédigées en lettres minuscules « la nature, l’espèce, l’origine, les qualités substantielles, la composition ou la teneur en principes utiles de toutes les marchandises ». À l’origine, cette loi cherchait à réprimer le « mouillage » des liquides offerts à la vente, pratiques consistant notamment à ajouter une certaine dose d’eau, plus ou moins pure, à du lait ou du vin en vente dans le commerce.

2 800 additifs alimentaires

Les arnaques se sont de nos jours largement « améliorées » grâce, en particulier, à la découverte d’environ 2 800 substances destinées à imiter les goûts et parfums. Depuis les additifs chimiques et le recours de plus en plus fréquent de « saveurs » qui ne peuvent êter présentées comme « naturelles » que grâce à des astuces permettant de considérer que les copeaux de bois ou le castoréum (une huile de castor) donnent « naturellement » un goût, ou plus exactement une saveur de fraise ou de vanille, à un yaourt, un dessert ou aux bouffées de cigarette électronique.

Dans sa dernière livraison, Foodwatch épingle la présentation imagée d’un suprême Coraya « au goût frais de homard » dont la recette ne comporte pas un gramme de homard. Préparation pas plus honnête que la bisque de homard et de langouste Tipiak qui ne contient que 1,2 % des deux crustacés annoncés. À peu près aussi « honnête » que les boudins blancs aux morilles Le Gaulois qui avouent en lettres minuscules offrir 1 % de morilles ; ou que l’huile d’olive aux truffes qui offre 0,25 % d’arôme de truffe. Dernier élément de fête un peu surprenant : du foie gras de canard de chez Fauchon assaisonné au E250, autrement dit du nitrite de sodium soupçonné depuis longtemps d’avoir des effets cancérigènes. Une bonne raison de ne pas abuser de ce met devenu aussi cher que controversé.

... https://www.politis.fr/articles/2017/12 ... ein-38124/
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