Les "plans sociaux" pour les mois prochains

Les "plans sociaux" pour les mois prochains

Messagede Flo » 08 Juil 2012, 11:53

Plans sociaux : près de 60 000 emplois visés
Le Monde.fr | 06.07.2012 à 19h36 • Mis à jour le 06.07.2012 à 19h36

Remis à l'après-présidentielle, les "plans d'allègement de masse salariale", selon la pudique acception des départements de ressources humaines, viennent peser sur le dialogue social en ce début d'été. Selon nos calculs, 84 entreprises sont concernées et près de 60 000 emplois menacés à travers toute la France (tableau consultable sur le site du Monde.fr), plans sociaux, plans de départ volontaires et départs en retraite anticipée confondus.

Pour plus de clarté, nous n'avons pas comptabilisé le non-renouvellement de contrats de sous-traitance ou les ruptures conventionnelles, auxquels les entreprises ont de plus en plus recours.

Nous n'avons pas compté non plus les entreprises où les départs sont inférieurs à 20, et nous avons donné les estimations des syndicats quand des chiffres publics n'étaient pas disponibles. Enfin, nous avons exclu les entreprises dont les dirigeants niaient officiellement l'existence d'un plan social (Areva, TF1...).

UN BILAN LOURD POUR LES SALARIÉS

Mais, au-delà de tout calcul d'apothicaire, le bilan sera lourd pour les salariés. Le secteur qui paie le plus lourd tribu est l'automobile, avec plus de 13 000 emplois menacés, en particulier chez les équimentiers, comme chez Honeywell à Condé-sur-Noireau – déjà tristement célèbre pour avoir abrité une usine Valéo, devenue symbole de la contamination à l'amiante. Mais le record revient au constructeur PSA, dont un délégué syndical Force ouvrière a évoqué la possibilité d'un plan comptant 8 à 10 000 suppressions de postes.

Dans le textile, autre secteur touché, les chiffres posent également la même question lancinante : peut-on encore produire français ? Après Lejaby, c'est Dim, Playtex et Wonderbra qui sont visés, le fonds d'investissement américain propriétaire de DBApparel ayant décidé de céder le groupe. En balance, plus de 900 personnes à Autun, en Saône-et-Loire, où les employés ont déjà essuyé un plan social.

Autre dossier chaud, les transports (8 600 départs craints par les syndicats) sont entraînés par le poids lourd Air France, qui a présenté son projet "Transform 2015" pour les personnels au sol, prévoyant 5 122 suppressions de postes sans départs contraints.

Enfin, le commerce et la distribution s'illustrent dans ce sombre palmarès avec plus de 8 500 emplois en danger.

Tous ne sont pas logés à la même enseigne : les banques et les assurances devraient subir presque moitié moins de coupes que l'agroalimentaire (environ 4 600 emplois). Et, là où 800 départs volontaires sont proposés chez Société générale, les 3 400 employés de Doux, sans compter les 700 éleveurs qui dépendent de l'avenir de l'entreprise, attendent de savoir s'ils seront repris ou envoyés vers Pôle emploi.

ALSACE ET PACA EN LIGNE DE MIRE


Ville emblématique de ces tensions sur le travail, Reichstett, bourg alsacien de 4 000 habitants, voit deux entreprises majeures disparaître : Coop Alsace, qui emploie plus de 300 personnes sur sa plateforme logistique, et Petroplus, qui emploie encore 70 personnes, et dont l'avenir semble bouclé sur ce site, contrairement à celui de Petit-Couronne, qui a repris de l'activité depuis mi-juin pour honorer un contrat avec Shell.

En Alsace, la CGT estime que plus de 6 000 emplois sont menacés dans l'industrie, pointant des entreprises comme Lohr (740 emplois), General Motors (1 000) ou encore Caddie (124). Autre région particulièrement affectée, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, avec près de 1 800 emplois visés, dont 800 à la SNCM (Marseille).

Certaines de ces menaces semblent planer de façon inéluctable sur des entreprises où la question n'est plus que celle de l'échéance. C'est le cas de la métallurgie, qui pâtit du retrait des grands groupes mondiaux, comme Rio Tinto, qui ne possède plus que deux usines en France, Dunkerque et Saint-Jean-de-Maurienne (le géant minier cherche un repreneur pour cette dernière). Le groupe a en outre vendu trois usines, en mars dernier, à un fonds d'investissement ; les sites de Gardanne, Beyrède et La Bâthie emploient quelque 700 personnes.

Arcelor Mittal aussi limite ses activités, à l'image des hauts fourneaux de Florange, en Moselle. Ces derniers restent suspendus aux actions médiatiques des métallos lorrains. Le sidérurgiste, qui a déjà annoncé la fermeture définitive de hauts fourneaux à Liège, en Belgique, et à Madrid, assure cependant qu'il ne s'agit que d'une mise en veille temporaire, liée à une baisse de la demande.

Mais, parfois, l'espoir reste de mise : ainsi, chez Fralib, les employés préparent un projet de reprise depuis que la multinationale Unilever a accepté de se rasseoir à la table des négociations. D'autres projets pour l'usine de fabrication de tisanes et ses employés sont encore évoqués.

LES LICENCIEMENTS ABUSIFS EN QUESTION

La conférence pour l'emploi sera-t-elle l'occasion d'évoquer l'idée chère à Michel Sapin : l'interdiction des licenciements abusifs et par extension, peut-être, la mise en place d'une autorisation judiciaire des licenciements ?

Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, a pour sa part indiqué que le sujet d'un meilleur encadrement des plans sociaux, en cas de fermeture d'un site rentable, serait discuté avant qu'un texte ne soit proposé.

Ce principe n'est pas acquis : la Cour de cassation a invalidé mardi dernier la décision de la cour d'appel de Reims de mars 2011 et estimé que la liquidation judiciaire de Sodimédical, fabricant de matériel médical de Plancy-l'Abbaye (dans l'Aube) et filiale du groupe austro-allemand Lauhman et Raucher, était possible indépendamment de la bonne santé financière du groupe.


Mathilde Damgé

http://www.lemonde.fr/economie/article/ ... _3234.html
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Messagede Flo » 09 Juil 2012, 11:33

Ca continue avec Sanofi Aventis :

Sanofi : l’essentiel c’est la santé ... financière

L'été sera chaud pour le numéro 1 français de la pharmacie. Christian Lajoux se lance dans un spectacle de marionnettes qui à défaut de faire rire les enfants, fait pleurer les parents. Sa main droite explique via le LEEM qu'il dirige (le syndicat représentant toutes les firmes pharmaceutiques) que la situation du médicament est grave et sa main gauche met en oeuvre un gigantesque plan social au sein du groupe Sanofi qu'il dirige également. Pour le plus grand bonheur des actionnaires !

Dans la Lettre Pharma du 29 juin 2012 n°402, nous pouvions lire :

Le président du LEEM n'est pas seulement un acteur du médicament, il représente aussi une entreprise. Et c'est d'ailleurs grâce à elle qu'il occupe ses fonctions de président. "Je pense sincèrement que le président de l'organisation doit être issu d'un laboratoire qui n'est pas seulement une entité commerciale. Dans l'idéal, il faut que cette entreprise ait sur la France un site de production, un site de R&D, et qu'il entretienne des partenariats avec des organismes publics dans la recherche. Dans le cas contraire, il me semble difficile de pouvoir anticiper et connaître parfaitement les problématiques liées à ces activités et incarner d'éventuelles solutions".

"Il ne faut pas croire que je passe 80% de mon temps au Leem et que je ne suis chez Sanofi que pour récupérer mon courrier ! Loin s'en faut. et je serais prêt à sortir mes emplois du temps des 10 derniers mois si cela pouvait lever certaines réticences".

Bref, un patron qui assume, un patron qui bosse, un patron un vrai !

Mais ses prises de positions "prudentes" vis à vis de l'ancien ministre de la santé Xavier Bertrand ont fragilisé le secteur. (Lire : Gueule de bois pour les Entreprises du Médicament).

Une semaine plus tard, non sans un certain cynisme, la Direction Générale de "Sanofi qui n'est pas seulement une entité commerciale" annonce une réorganisation de ses activités.

Selon les syndicats, entre 1200 et 2500 postes sont concernés chez Sanofi France par cette restructuration.

Selon Thierry Bodin, responsable CGT, entre 2009 et 2011 4.000 postes ont déjà été supprimés en France. « Economiquement, il n'y a pas de justification puisque la direction reconnaît que Sanofi fait 8,8 milliards de profits et va verser 4,5 milliards aux actionnaires », a conclu, amer, le responsable CGT.

4,5 milliards d'euros, il faut les trouver ! Ce plan d'économies de 2 milliards devrait mettre du beurre dans épinards ... des actionnaires.

"L'entreprise qui doit avoir un centre de production en France, un site de R&D" selon les propres mots de son président France, mais cette fois-ci prononcés en tant que patron du LEEM, devrait fermer notamment son centre de recherche amont et son unité vaccin.

Quelle réaction du président Lajoux "qui n'est pas chez Sanofi que pour récupérer son courrier" ?

"Nous voulons faire en sorte que notre recherche produise plus de nouveaux médicaments qu'elle ne le fait actuellement et donner une nouvelle dynamique à la recherche de Sanofi en France", a expliqué à l'AFP Christian Lajoux, ce qui passerait "sûrement par une spécialisation des sites". [Comprendre : A défaut de chercher de nouvelles molécules, nos chercheurs gavés de 35 heures et de RTT vont aller se chercher un nouveau job !]

"La question des effectifs n'est pas du tout abordée, car, à ce stade, ce serait prématuré". [Comprendre : Allez bosser, ce ne sont pas vos oignons, on viendra bientôt vous dire qui reste, et qui dégage !]

Interrogé sur les conséquences sociales d'un tel projet, M. Lajoux a affirmé qu'une fermeture de centre de recherche "n'est pas à l'ordre du jour", tout en parlant de "réflexions". [Comprendre : nous vous gardons le temps de finaliser quelques accords avec des biotechs.]

Indiquant n'avoir pas encore de "plan finalisé", Christian Lajoux compte aborder des discussions plus précises en septembre. [Comprendre : il me reste 3 semaines avant de partir en vacances, ne venez pas me pourrir mon mois de juillet]

Il y a quelques jours, en tant que patron du LEEM, Christian Lajoux préparait le terrain (mauvaise conjoncture, crise grecque, la gauche au pouvoir, le Médiator et pourquoi pas le divorce de DSK...) à l'immense plan social qu'il organisait au sein de l'autre structure qu'il dirige : Sanofi.

Déjà les syndicats se retournent vers le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg. Mais y a-t-il seulement quelque chose à redresser dans une entreprise qui dégage près de 9 milliards de profit ? La morale peut-être.

http://www.agoravox.fr/actualites/socie ... nte-119596

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Messagede Flo » 13 Juil 2012, 14:02

Et ça continue ...


Les travaux publics basculent dans le rouge et perdront 6.000 emplois cette année

Le secteur a déjà perdu 2.000 emplois hors intérim à fin mai et s'attend même à en perdre 15.000 d'ici à mi-2013 si l'accès des collectivités locales aux financements n'est pas réglé.

« L'ensemble des indicateurs des travaux publics ont basculé dans le rouge », a alerté jeudi le président de leur fédération nationale (FNTP), Patrick Bernasconi. A fin mai, le secteur, qui compte 260.000 emplois (hors intérim), en a perdu 2.000 par rapport aux cinq premiers mois de 2011 et a enregistré une chute de près de 8% de ses heures travaillées, ce qui s'est traduit par une baisse de 2,7 % de son chiffre d'affaires en euros constants.

La FNTP s'attend à ce que la situation empire car, toujours en euros constants, les marchés conclus depuis cinq mois ont décliné de 13 %. Les commandes des départements, aux finances particulièrement mal en point, se sont effondrées. Certes, les derniers chiffres d'Altares montrent un recul des défaillances d'entreprises du BTP au deuxième trimestre par rapport à la même période en 2011 (-6 % en nombre d'entreprises) mais celles défaillantes sont plus grosses que l'an dernier, montrant une fragilité accrue de sociétés jusqu'à présent solides et chaque défaillance implique un nombre d'emplois perdus plus important.

Retards de paiement

Sur l'ensemble de l'année, la FNTP s'attend donc maintenant à une baisse de 6,5 % du chiffre d'affaires du secteur (qui représentait 38 milliards l'an dernier) et à la perte de 6.000 emplois (après en avoir déjà perdu 20.000 en cinq ans) et « cela pourrait aller jusqu'à 15.000 emplois de moins d'ici à mi-2013 si le problème du financement des collectivités locales n'est pas réglé », poursuit Patrick Bernasconi. Du fait de la disparition de Dexia, le prêteur traditionnel des collectivités locales, Patrick Bernasconi estime qu'il manque aujourd'hui à ces dernières 10 milliards d'euros de financement, ce qui se répercute en priorité sur les commandes de travaux publics. Or 75 % de l'activité des travaux publics dépend des clients publics et la moitié, plus précisément, des collectivités locales.

Le manque de financement entraîne des retards de paiement des clients publics et une hausse de 18 % des emprunts bancaires à court terme des entreprises de BTP, prises à la gorge par les problèmes de trésorerie. Plus surprenant, le fonds d'amortissement des charges d'électrification (Face) est à sec, empêchant le financement des travaux sur ce segment. Le Face est alimenté par 500 millions d'euros provenant d'une cotisation sur la facture d'électricité des usagers, versé par EDF à l'Etat qui reverse au fonds, or « depuis début 2012, l'Etat ne l'a pas reversé ! », dénonce le président de la FNTP.

Un « monstre à deux têtes »

L'actuel projet d'une banque des collectivités par alliance de la Banque Postale et de la Caisse des Dépôts n'est pas jugé crédible par la FNTP, persuadée que ce « monstre à deux têtes », ayant pour actionnaires deux organismes rivaux refusant de travailler ensemble, ne verra jamais le jour, aucun des deux n'en ayant envie. De fait, sa création a déjà été reportée à fin 2012. « La Banque Postale a embauché à aujourd'hui seulement 20 salariés de Dexia et ouvre 6 agences, pour le financement de 36.000 communes », a raillé Patrick Bernasconi. Autre problème, il est prévu que Dexia figure, de façon marginale, au capitale de la future entité, ce qui suscite l'ire de Bruxelles. Les instances européennes, n'ont pas pris officiellement position sur la nouvelle banque, mais « elles sont contre ce montage et sa concrétisation entraînerait leur veto », ajoute t-il. Bref, pour la FNTP ce projet mal ficelé est mort-né.

Il y a urgence à trouver une autre formule et la fédération milite pour que l'Etat crée plutôt une vraie banque publique de financement des collectivités locales, à l'instar de la Caisse d'aide à l'équipement des collectivités (CAEC) qui existait dans le passé et avait fait ses preuves jusqu'à ce qu'elle soit sortie de la Caisse des Dépôts en 1987 pour devenir le Crédit Local de France puis devienne Dexia en 1996. Une structure strictement publique, via la Caisse des Dépôts, aurait l'avantage de pourvoir se financer à bas coût sur les marchés financiers car son profil de risque serait celui de l'Etat, plaide la FNTP. Elle devrait, pour fonctionner correctement, reprendre les équipes commerciales de Dexia, sans que cette dernière figure au capital. Il faut se dépêcher, car « quand Dexia sera sous plan de sauvegarde, récupérer les équipes sera nettement plus compliqué », prévient Patrick Bernasconi.
Marché fermé

La fédération a le sentiment de prêcher dans le désert, le financement des travaux des collectivités n'étant pas perçu comme une priorité. « Bercy pense que des financements plus difficiles rendront les collectivités plus vertueuses, mais c'est au détriment de l'emploi, critique Patrick Bernasconi. Sans compter que la Banque Postale a dit qu'elle ne prêterait pas aux syndicats d'économies mixtes ni aux syndicats d'eau et d'assainissement ni aux contrats de partenariat ni aux communes ayant des produits structurés, or 60 % des 36.000 communes de France en ont ! »

Les sources de crédit alternatives sont très limitées. Il y a bien les financements européens car « l'Europe a mis en place 120 milliards d'euros, notamment pour les infrastructures de transport, mais pour l'instant, alors que l'Allemagne et la Grande-Bretagne ont des projets candidats à ces crédits, on ne voit aucun projet français. Que fait la France ? », s'interroge Patrick Bernasconi. L'Etat devrait davantage se mobiliser sur ce front mais encore faut-il que ses projets de transport soient en adéquation avec le schéma de transport européen, c'est-à-dire répondent aux problématiques de liaisons transfrontalières, or sur les 260 milliards d'euros de projets du schéma national des infrastructures de transport (Snit), peu remplissent ce critère hormis la liaison ferroviaire Lyon-Turin, ou encore la prolongation du réseau actuel en direction d'Hendaye et le canal Seine Nord.

Quant au recours direct des collectivités locales au marché obligataire, c'est peine perdue. « Depuis septembre, le marché obligataire est fermé, le projet de ligne à grande vitesse de Bretagne-Pays de Loire, entre Rennes et Le Mans, a été le dernier a lever un financement, observe Patrick Bernasconi. Depuis le début de l'année, quelques grandes agglomérations ont réussi, à titre individuel, à lever une centaine de millions d'euros seulement sur le milliard qu'elles visent, et le pool de 70 collectivités créé il y a un mois pour tenter un placement obligataire privé n'a rien levé

http://www.lesechos.fr/entreprises-sect ... 343532.php
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Messagede altersocial » 24 Aoû 2012, 13:53

Technicolor à Angers. Les salariés manifestent devant la préfecture

Image

Le dossier de l’usine Technicolor d’Angers poursuit son chemin, même si l’avenir ne semble pas des plus enthousiasmant pour les 350 salariés.

Ce jeudi après-midi, une réunion initiée par des représentants du ministère de l’économie numérique a eu lieu à la préfecture.

Elle a rassemblé le préfet, l’intersyndicale de Thomson Angers, Technicolor, la direction du travail et de l’industrie et plusieurs élus.

Selon Odile Coquereau, de l’intersyndicale CGT, CFDT et CGC, « nous ne sommes plus qu’à neuf jours de la décision du tribunal de commerce, qui pourrait décider une liquidation judiciaire. Il faut donner un coup de collier et mettre la pression. »

Afin, selon les syndicats, d’accompagner dignement les salariés qui pourraient être touchés par une éventuelle fermeture.
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Messagede Béatrice » 30 Aoû 2012, 12:52

Carrefour : 500 à 600 emplois administratifs doivent être supprimés :

Carrefour : suppressions de postes annoncées, l'action bondit à la bourse de Paris

La direction du groupe Carrefour a annoncé mercredi aux organisations syndicales la suppression de 500 à 600 postes administratifs en France, via un plan de départs volontaires. Des syndicalistes de la CFDT et de la CGT, qui avaient des craintes, ont diffusé la nouvelle.

Ce jeudi, le PDG de Carrefour Georges Plassat a officiellement confirmé l'existence de ce plan, sans préciser le nombre de personnes concernées, insistant sur le fait qu'il n'y aura pas d'autre vague de départs au sein du groupe.

SUR LE MÊME SUJET

Carrefour à l'amende pour des salaires sous le SmicCarrefour à l'amende pour des salaires sous le Smic

Les sites touchés sont les neuf sièges du groupe, et principalement les plus gros comme ceux de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), Massy-Palaiseau (Essonne) et Evry-Courcouronnes (Essonne), selon les syndicats. «Le poids de ces structures est devenu incohérent avec le métier que nous faisons», s'est justifié le PDG.

L'action a bondi de 8% ce jeudi matin à la Bourse de Paris

Ce jeudi, le groupe a dans le même temps annoncé des résultats moins décevants que prévus au premier semestre grâce notamment à la croissance de ses ventes en Amérique latine. Le groupe a enregistré une perte nette de 31 millions au premier semestre, fortement réduite par rapport à celle essuyée un an plus tôt (249 millions d'euros). Fort de cette publication solide, Carrefour a confirmé son objectif de résultat opérationnel courant (Ebit) compris entre 2,03 et 2,09 milliards d'euros pour l'ensemble de l'exercice.

Conséquence : après 10h30, l'action gagnait 8% à 17,01 euros, signant la plus forte progression de la bourse de Paris.

La CGT dénonce des «nouveaux licenciements boursiers»

«La réduction des effectifs se fera uniquement par un plan de départs volontaires», avait indiqué mercredi un responsable syndical, selon lequel les comités d'entreprise des sites touchés seront «plus informés dans les semaines qui viennent». Pour Dejan Terglav, secrétaire fédéral FO en charge du commerce, il faut ajouter «300 à 400 postes déjà supprimés en douce avec le non-renouvellement des CDD et des intérimaires ce qui porte la réduction totale dans l'immédiat à un millier d'emplois».

La direction de Carrefour s'était refusée à tout commentaire «pour le moment» sur le plan de restructuration. Le projet de suppression de 500 à 600 postes avait déjà été annoncé dans la presse la semaine dernière par les syndicats du groupe. Le PDG du numéro deux mondial de la distribution, en difficulté en France, avait donné quelques pistes lors de sa première prise de parole devant les actionnaires, en juin, évoquant une réduction des frais généraux et des coûts liés aux structures centrales, et des arbitrages à l'international. De son côté, la CGT a dénoncé «avec force» dans un communiqué «ces nouveaux licenciements boursiers».


http://www.leparisien.fr/economie/emplo ... 141997.php
« Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée. »
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Re: Les "plans sociaux" pour les mois prochains

Messagede altersocial » 23 Oct 2012, 07:29

Les salariés d'Alcatel-Lucent en assemblée générale, en Bretagne

Source et vidéos:
http://bretagne.france3.fr/2012/10/19/l ... 23165.html

A Lannion (22) et Brest (29), les salariés d'Alcatel-Lucent tenaient aujourd'hui des assemblées générales. L'équipementier télécoms veut réduire ses effectifs de 1 430 postes en France.

A Lannion (22) et à Brest (29), les salariés d'Alcatel Lucent tenaient des assemblées générales aujourd'hui. L'équipementier télécoms veut réduire ses effectifs de 5 000 postes dans le monde. En France, 1430 postes seraient supprimés.

Les département de Recherche et Développement devraient être épargnés. La réduction d'effectifs doit se concentrer sur les personnels administratifs et les fonctions 'Support' du groupe. Les détails de ce plan de réduction d'effectifs doivent être présentés fin novembre.

Selon les syndicats, le site de Brest ne devrait pas être touché par cette restructuration :

vidéo

Depuis la fusion entre Alcatel et Lucent en 2006, les salariés de Lannion ont déjà connu quatre plans sociaux avec à la clef 300 emplois envolés. En 2006, 20 000 postes ont été supprimés dans le monde, 12 500 en 2007, 4 000 en 2008, 1 000 en 2009, avant de nouvelles suppressions en 2009-2010.

vidéo
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Messagede Denis » 25 Oct 2012, 18:50

Saint-Alban-Leysse (Savoie), des syndicalistes évacués du site "CAMIVA"

Jeudi 25 octobre peu avant 9H, le préfet de la Savoie et les forces de l'ordre sont intervenus pour déloger des syndicalistes de la région, principalement de la CGT, venus soutenir leurs collègues de l'usine "CAMIVA" menacée de fermeture.

Au petit matin, des cheminots notamment, sont venus prêter main forte aux "CAMIVA" pour empêcher l'entrée des poids lourds à plate-forme sur le site d'assemblage des camions de pompiers. Les salariés de "CAMIVA", sous la menace d'une astreinte de 1.000 euros en cas de blocage, avaient fait appel à tous les syndicalistes de la région pour mener ce piquet devant le site. Eux se tenaient à l'écart, la plupart était à l'intérieur.

Finalement, après l'intervention de CRS, huit camions ont pu entrer. Les salariés ont l'impression qu'on "déménage" leur usine.

Claude Collombet, Secrétaire Général de l'Union Locale CGT de Chambéry, a été interpellé par la police pour une audition au commissariat de Chambéry.

http://alpes.france3.fr/2012/10/24/sain ... 30211.html

à regarder : les deux vidéos de FR3 régionale concernant l'évacuation






"Mais en gros, l'histoire est la même que partout : le groupe est lié à Fiat, l'Etat et les collectivités locales leur ont donné du fric pour s'installer bien confortablement, ils ont fait plein de bénèfes, donc, maintenant, ils délocalisent laissant 171 salariés sur la paille."

me dit un contact sur place.
Qu'y'en a pas un sur cent et qu'pourtant ils existent, Et qu'ils se tiennent bien bras dessus bras dessous, Joyeux, et c'est pour ça qu'ils sont toujours debout !

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Messagede Denis » 25 Oct 2012, 23:03

tudjuuh l'actualité n'attend pas







(il est balèze mon contact )
Qu'y'en a pas un sur cent et qu'pourtant ils existent, Et qu'ils se tiennent bien bras dessus bras dessous, Joyeux, et c'est pour ça qu'ils sont toujours debout !

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Messagede altersocial » 26 Oct 2012, 20:11

Sisteron : la CGT provoque un mouvement de grève à Sanofi

La CGT a provoqué un mouvement de grève à l'usine de SANOFI jeudi 25 octobre, toujours contre la restructuration annoncée.

Mouvement de grève à Sisteron à l’usine Sanofi le jeudi 25 octobre. Le syndicat CGT souhaite exprimer ainsi son inquiétude face au plan de restructuration annoncé depuis le mois de juillet. Des grévistes syndiqués CGT et des salariés sont partis le jeudi très tôt le matin en direction de Lyon, où une manifestation va se dérouler au sein de la ville. La restructuration toucherait de nombreux emplois. 900 départs volontaires seraient prévus d’ici 2015 en France. Le syndicat considère que le nombre d’emplois qui ne seraient pas remplacés serait près de 2 500 salariés.

"Le plan ne se justifie pas d’un point de vue économique, et aurait des conséquences désastreuses pour les salariés et les sous-traitants", selon la CGT. Les secteurs concernés seraient l’infectiologie et des fonctions de support. "Nous avons rencontré le député Christophe Castaner et les conseillers de Michel Vauzelle pour leur exposer les faits et nos actions. Nous voudrions qu’une loi sur les licenciements boursiers soit votée à l’Assemblée Nationale. Ils ne sont pas enthousiastes sur ce sujet, mais ils seraient plus favorables sur l’idée de faire évoluer le code du travail. Les grands groupes qui font de gros bénéfices font des licenciements qui nous semblent infondés."

Devant le petit nombre de grévistes devant le poste de garde de l’usine, on peut se demander si le mouvement de grève est bien suivi. Johan Raz, délégué CGT sur le site de Sisteron, explique : "On ne peut pas comptabiliser le nombre de grévistes pour l’instant car nous avons fait un appel à la grève entre 2h et 8h. Certains ont peut-être fait la grève durant la journée et ne sont pas venus." Le CGT a fait un appel intersyndical, mais les organismes syndicaux ont refusé de suivre le mouvement. "Ceux qui luttent peuvent gagner, ceux qui ne se battent pas ont déjà perdu", dit encore Johan Raz.

Deux représentants du Front de Gauche du Sisteronais sont venus soutenir le mouvement : "Il faut soutenir la Recherche en France."


Laiterie Novandie : 130 salariés réunis à Marcillé-Raoul

nviron 130 salariés de l’entreprise Novandie de Marcillé-Raoul, dans le canton d’Antrain (Ille-et-Vilaine), se sont réunis, cet après-midi, en assemblée générale.

Ils en savent désormais un peu plus au sujet du plan social qui figurait à l’ordre du jour du dernier Comité central d’entreprise, qui s’est tenu mardi au siège d’Andros, groupe auquel Novandie (cinq sites en France) appartient.

Pour rappel, la laiterie de Marcillé-Raoul fait aujourd’hui travailler 168 personnes. Elle produit des yaourts pour Mamie Nova et des marques de distributeur. En juin, la direction avait déjà annoncé sa décision de supprimer 76 postes (dont deux départs à la retraite).

Indemnités

« Nous négocions actuellement les mesures de reclassement et de départs volontaires, les aides à la mobilité, à la formation et aux créations d’activité, a révélé Émile Marion, délégué syndicat CFDT. Nous aimerions aussi que les salariés puissent partir en préretraite en raison de la pénibilité de nos métiers. » Également au cœur des débats avec la direction, les indemnités au titre du préjudice subi par ce plan social.
Ouest-France

Cecab va fermer deux conserveries de légumes

Le groupe coopératif vient d'annoncer à ses partenaires sociaux qu'il allait fermer entre 2013 et 2015 les usines de Ciel (Saône-et-Loire) et de Rosporden (Finistère), 244 emplois seront supprimés.

Le groupe Cecab, qui a son siège à Theix (Morbihan) réalise 30 % de ses activités dans les conserves de légumes (haricots, carottes, petits-pois, maïs...). Ce créneau est très concurrencé en France et dans l'ensemble de l'Europe. Pour gagner en productivité, le groupe coopératif (2 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2011) a décidé de diminuer le nombre de ses usines et de fermer, entre 2013 et 2015, celles de Ciel (Saône-et-Loire) et de Rosporden (Finistère). Elles emploient respectivement 102 et 142 salariés.

Le groupe Cecab précise dans un communiqué qu'il proposera des possibilités de reclassement interne. "403 postes seraient prévus sur les sites qui verraient leur activité augmenter. Des mesures d'accompagnement à la mobilité géographique et professionnelle seraient proposées aux salariés concernés par des reclassements et transferts." Parallèlement, le groupe va investir 50 millions d'euros dans ses conserveries non concernées par la restructuration afin d'en optimiser les productions. Elles sont toutes situées en Bretagne. Cecab, qui emploie 9.000 salariés, est aussi présent dans la transformation porcine, les légumes surgelés et la transformation des oeufs et des dindes.


Angers. Nouveau choc pour les salariés de Thomson

Les lettres de licenciement arrivent, depuis ce vendredi, dans les boîtes aux lettres. Nouvelle épreuve pour les 343 salariés.

« Je sais que ça va me faire un coup, témoigne ce salarié. Je savais bien que j’allais être licencié mais ouvrir l’enveloppe et lire la lettre, c’est autre chose… » Ils seront finalement 343 à recevoir ce funeste message, en recommandé. Pour un licenciement immédiat. « C’est dès jeudi soir que nous n’étions plus salariés de Thomson, la date du courrier. »

L’intersyndicale incite les salariés à ne pas rester chez eux et à venir à l’usine, pour partager et s’épauler. Comme chaque matin, une assemblée générale est prévue à 9 h. « Les salariés sont toujours là et le seront encore demain, tant que leur situation ne sera pas réglée, martèle Odile Coquereau, de l’intersyndicale. La désespérance n’a pas sa place aujourd’hui. Il y aura des lendemains douloureux. Raison de plus pour rester ensemble, solidaires, pour se soutenir et poursuivre le combat. »
Collecte de solidarité

Dans un communiqué, FO rappelle qu’elle réclamait la prise de contrôle majoritaire par l’État de Thomson Angers, pour le maintien du site et de ses 350 emplois. La responsabilité des pouvoirs publics est engagée puisque le groupe Thomson a été progressivement privatisé depuis les années 1990. « La politique de l’État doit garantir le plein-emploi aux salariés et non servir la politique d’austérité imposée par l’Union Européenne. »

De son côté, le PCF va organiser une collecte de solidarité. Sa fête départementale se tient ce samedi, salle Aragon, à Trélazé. Un débat est prévu, à 11 h, avec Didier Le Reste, animateur national du front des luttes pour le Front de Gauche. Il y sera notamment question des Technicolor. « Nous discuterons des propositions concrètes à faire pour sauvegarder l’emploi industriel. »
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Re: Les "plans sociaux" pour les mois prochains

Messagede Denis » 27 Oct 2012, 16:55

8 heures de garde à vue pour avoir soutenu les Camiva


Qu'y'en a pas un sur cent et qu'pourtant ils existent, Et qu'ils se tiennent bien bras dessus bras dessous, Joyeux, et c'est pour ça qu'ils sont toujours debout !

Les Anarchistes !
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Re: Les "plans sociaux" pour les mois prochains

Messagede altersocial » 28 Oct 2012, 09:35

Merci Denis de nous parler de cette lutte complètement méconnue ! Image

Solidarité et encouragements aux salariés en lutte de Camiva ... et à leurs soutiens locaux !!! Image
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Re: Les "plans sociaux" pour les mois prochains

Messagede altersocial » 09 Nov 2012, 21:38

afp a écrit:Sanofi: les salariés brûlent des documents de "propagande"

Dans le cadre de leur manifestation rituelle du jeudi, les salariés ont apporté "les documents d'entreprise qu'ils trouvent fallacieux" et les ont fait brûler dans un bidon de 200 litres, a précisé à l'AFP le délégué de la CFDT, Pascal Delmas.

Quelque 300 salariés de Sanofi selon les syndicats (200 selon la police) ont manifesté jeudi à Toulouse contre les plans de restructuration de leur entreprise, en brûlant les "encombrants, (...) tous les documents que la direction diffuse pour faire sa propagande".

Dans le cadre de leur manifestation rituelle du jeudi, les salariés ont apporté "les documents d'entreprise qu'ils trouvent fallacieux" et les ont fait brûler dans un bidon de 200 litres, a précisé à l'AFP le délégué de la CFDT, Pascal Delmas.

Ils ont ainsi détruit notamment des exemplaires du "code d'éthique, car les salariés doivent le respecter et la direction le bafoue".

Selon un document de la direction, transmis au CCE SAR&D (Sanofi-Aventis Recherche et Développement), les activités anti-infectieux de Toulouse seraient transférées dans la région lyonnaise, celles consacrées à la chimie liée aux anti-infectieux à Vitry-Alfortville (Val-de-Marne). Soit 96 postes, selon des sources syndicales.

Des sénateurs socialistes, dont leur chef de file, François Rebsamen, ont demandé mercredi dans une lettre au président François Hollande la nomination d'un médiateur chargé d'évaluer la situation économique du groupe pharmaceutique, qui projette de supprimer 914 postes en France d'ici 2015.
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Re: Les "plans sociaux" pour les mois prochains

Messagede altersocial » 18 Nov 2012, 12:08

Les salariés de Conforama mobilisés contre la suppression de 288 postes

Les salariés de Conforama se sont mobilisés jeudi, notamment lors d'un rassemblement à Paris, pour protester contre un plan de suppression de 288 postes dans le service après-vente, a constaté une journaliste de l'AFP, la direction indiquant "regretter" ce mouvement.
A l'appel d'une intersyndicale CGT, CFDT, FO, CGC, quelque 200 salariés se sont rassemblés devant un magasin à proximité des Champs-Elysées, inauguré le jour même.

Le secrétaire du Comité central d'entreprise et délégué syndical CGT Manuel Marini a dénoncé devant les salariés un "investissement pharaonique" de la direction dans ce magasin parisien alors que dans le même temps le groupe est "en train de détruire des centaines d'emplois".
Selon la CGT, au moins une trentaine de magasins de province, sur les quelque 200 que compte le groupe, étaient touchés par le mouvement, notamment via des débrayages.
La direction de Conforama a déclaré à l'AFP "regretter ce mouvement". Elle souligne que "la restructuration du service après-vente est liée à une baisse d'activité de 40% depuis 2006". Elle met également en avant le fait que 70 créations de postes sont prévues dans le cadre du plan de réorganisation, portant le solde net des suppressions de postes à 218, et indique que "420 postes sont disponibles pour des reclassements au sein de Conforama France".
L'entreprise prévoit de fermer sept centres de service après-vente sur les douze qu'elle possède et de supprimer 288 postes. Le tribunal de grande instance (TGI) de Meaux (Seine-et-Marne) a annulé ce plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) fin septembre, mais la direction a présenté un nouveau plan le 17 octobre, prévoyant le même nombre de suppressions de postes, complété en matière de reclassement, a expliqué à l'AFP M. Marini.
Les syndicats ont de nouveau assigné Conforama devant le TGI et une procédure est également en cours devant la cour d'appel de Paris sur le motif économique du plan.
"Ils reviennent par la fenêtre avec un nouveau PSE. On ne les laissera pas faire", a déclaré M. Marini.
Outre la lutte contre ce plan social, les syndicats contestent de façon plus générale la politique sociale et salariale de l'entreprise, évoquant des conditions de travail "déplorables" et des augmentations de salaires "ridicules" (de l'ordre de 10 euros en 2012, selon M. Marini).
Les syndicats font valoir que le groupe se porte bien, avec un chiffre d'affaires de plus de 3 milliards d'euros en 2011.
Ils relèvent également que l'enseigne a déjà supprimé plus de 1.500 postes entre 2008 et 2010 via des plans de départ volontaires.
Conforama emploie 9.170 personnes en France. L'enseigne a été rachetée l'an dernier au groupe de luxe français PPR par le groupe de distribution sud-africain Steinhoff.


Je propose une petite revue de presse sur les scops afin d'alimenter le débat. Après les plans sociaux, les scops ? Renfort ou brêche dans le Capital ? Les deux ? Entre nécessité pratique immédiate et possibilité d'un au-delà du capital ....

:arrow: Les Scop ont un niveau de fonds propres cinq fois plus élevé que les entreprises classiques

:arrow: Fralib: les salariés remettent leur projet de Scop au ministre Benoît Hamon

:arrow: La reprise d'entreprise par les salariés doit être favorisée

:arrow: La colère monte chez les salariés de la future SCOP Fontanille au Puy-en-Velay

:arrow: Scop : Salariés et propriétaires !

:arrow: A Corbeil-Essonnes, les relations ambiguës de la mairie et de l’imprimerie

Je pense qu'il serait intéressant d'articuler plans sociaux et scops dans ce sujet ? :wink:
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Re: Les "plans sociaux" pour les mois prochains

Messagede altersocial » 22 Nov 2012, 18:18

Les brêches sont-elles ouvertes , de la production coopérative à la critique de l'économie de marché .... ?

:arrow: Les salariés de Fontanille manifestent pour reprendre leur entreprise

:arrow: Buroform : 75 salariés disent " oui " à une Scop
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Coopératives, marché et transformation sociale

Messagede altersocial » 29 Nov 2012, 22:56

Coopératives, marché et transformation sociale

Face au laminage des emplois et des conditions de travail, la question de l'appropriation sociale des moyens de production "se pointe". Dans ce contexte, Benoît Borrits interroge les succès et revers des formes coopératives, depuis leur apparition jusqu'aux plus récentes, et les potentialités d'une sécurité sociale professionnelle.

Alors qu'apparaissent quelques projets de reprises d'entreprises par les salariés, le marché se pose souvent comme l'obstacle principal. Confronté depuis longtemps à cette question, le mouvement coopératif commence à trouver des débuts de solution. La mise en place d'une sécurité sociale professionnelle à l'échelle de ce secteur serait un élément déterminant d'une stratégie de transformation sociale.

Au plus fort de la crise économique de 2009, les luttes sociales se sont multipliées contre les suppressions d'emplois, souvent très combatives, comme cela a été le cas des Conti à Amiens. Cependant, cela ne débouchait que sur des indemnités de licenciement, parfois conséquentes, mais qui ne résolvaient nullement le problème de fond : une fois les indemnités dépensées, l'emploi n'est pas forcément à l'horizon et la spirale de la misère commence.

Les années 2011 et 2012 ont marqué un tournant significatif dans la conscience collective : plutôt que de négocier des indemnités ou de s'en remettre à un hypothétique repreneur, autant contrôler et gérer soi-même l'entreprise.

Cela a été le cas à SeaFrance où les salariés ont, dès l'automne 2011, constitué une SCOP qui s'est portée candidate au rachat des actifs de l'entreprise en garantissant la continuité des contrats de travail des 880 salariés. Par ses déclarations démagogiques sur des indemnités «supra-légales», Sarko a mis en lumière ce conflit tout en accélérant la liquidation de SeaFrance, enterrant ainsi la perspective d'une continuité de l'entreprise. Toutefois, en partenariat avec EuroTunnel qui a acheté les navires, les salariés ont relancé la navigation sous la marque MyFerryLink.com le 20 août 2012.

Autre conflit très médiatisé, cette fois-ci grâce à l'action résolue de ses salariés : Fralib, usine de conditionnement de thés et d'infusions. Depuis maintenant plus de deux ans, les salariés ont réussi à annuler en justice deux PSE (Plan de "sauvegarde" de l'emploi) et à obtenir d'Unilever, propriétaire de Fralib, que s'ouvrent enfin des négociations sur un plan alternatif de reprise de l'entreprise par les salariés. Le 6 février 2012, le projet de reprise en SCOP de l'imprimerie Helio-Corbeil est accepté par le tribunal de commerce. Dans le Nord, des anciens salariés de la Comareg, la société d'édition du journal de petites annonces Paru-Vendu, filiale du groupe Hersant, reprennent leur imprimerie et fondent la SCOP Inter 59.

Le point commun de l'ensemble de ces projets est la défense de l'emploi, toujours accompagnée d'une critique de l'orientation et de la gestion de la direction inféodée aux actionnaires. La reprise de l'entreprise par les salariés est vécue comme la solution concrète de maintien des emplois. A Fralib, cela s'accompagne d'une volonté clairement affichée de se débarrasser des patrons et de reprendre en main son destin dans une perspective d'émancipation sociale.

Pour autant, les échecs existent : la forme SCOP est tout sauf une baguette magique ! Le film Entre nos mains de Mariana Otero nous a montré l'abandon du projet de reprise de Starissima, entreprise de lingerie féminine, projet qui avait fini par enthousiasmer la quasi-totalité des salariées. La faute au déférencement de la marque chez un gros distributeur. Autre exemple : Merceron SA, entreprise de carrosserie industrielle de la région de Châtellerault, reprise en SCOP en 2005 pour être en faillite deux ans plus tard. La faute au marché, bien sûr, mais aussi au poids de l'idéologie dominante qui a reproduit à l'intérieur de la nouvelle structure les rapports de domination existants préalablement : la nouvelle direction s'est posée comme "hiérarchie" et les coopérateurs, en désaccord, n'ont pas osé aller contre...

De l'autre côté des Pyrénées, au Pays Basque, un ensemble de 125 coopératives dirigées par ses travailleurs, Mondragón, prospère depuis presque 60 ans au point de constituer le premier groupe industriel et financier d'Euskadi et le cinquième de l'État espagnol. On a ici l'inverse des deux exemples précédents : une réussite absolument insolente, preuve, s'il en manquait, que des travailleurs sont largement à même de diriger des entreprises de taille importante et de tenir la dragée haute à des concurrents capitalistes. Pourtant, tout n'est pas rose dans cette réussite. La concurrence mondiale a imposé au groupe une ambitieuse stratégie d'acquisition d'entreprises à l'international, lesquelles demeurent des filiales des coopératives du groupe : les travailleurs y restent salariés, peuvent être licenciés et n'ont aucune possibilité de devenir coopérateur. Dans la ville même de Mondragón-Arasate, où se trouve le siège du groupe, de nombreuses voix se font entendre (notamment Ahots Kooperatibista) pour contester la pression exercée sur les travailleurs pour maintenir la productivité...

Dans les cas d'échec comme dans les cas de réussite, on voit que les lois du marché s'imposent à ces expériences. En cas d'échec, elles signifient la fin de l'expérience coopérative, en cas de succès, un phénomène de "dégénérescence" qui tend à banaliser le caractère autogestionnaire de l'entreprise.

Ce constat n'est pas neuf, et c'est sans doute la raison pour laquelle les coopératives ont souvent été conçues comme des coopératives d'usagers et non de salariés. Cette forme de coopérative a été initiée par les "Pionniers équitables de Rochdale" en 1844, dans la banlieue de Manchester, qui ont été à l'origine du puissant mouvement coopératif britannique. En France, ce mouvement a inspiré Charles Gide et l'École dite "de Nîmes", qui défendait la construction progressive d'une société socialiste (la "république coopérative") par l'extension des coopératives d'usagers, celles-ci contrôlant petit à petit toutes les branches de l'industrie. « Qu'est-ce que le consommateur, disent-ils ? Rien ; que doit-il être ? Tout... l'ordre social actuel est organisé en vue de la production et nullement en vue de la consommation ou si vous aimez mieux, en vue du gain individuel et nullement en vue des besoins sociaux... La production, au lieu d'être maîtresse du marché, redeviendra ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être, servante, obéissant docilement aux ordres de la consommation » (1), nous disait Charles Gide, description qui entre furieusement en résonnance avec cette déclaration de Lénine : «La société socialiste est une immense coopérative de consommation dont la production est rationnellement organisée en vue de la consommation » (2). Se débarrasser de la dictature du marché, voilà qui explique la participation active de nombreux militants ouvriers et syndicaux aux coopératives de consommation dans le cadre de la FNCC (3) durant la première moitié du XXe siècle, alors que l'hostilité était de mise à l'égard des Associations ouvrières de production, ancêtres de nos actuelles SCOP.

Pour autant, les rêves de transformation sociale par les coopératives de consommation tourneront rapidement court. La parution en 1935 de l'ouvrage de Georges Fauquet Le secteur coopératif sonnera le glas de la stratégie de "république coopérative" chère à Charles Gide : l'économie sociale est désormais présentée comme étant un secteur de l'économie coexistant avec les secteurs privé et public. En Grande-Bretagne, le puissant mouvement coopératif, très lié au Parti travailliste (4) sera littéralement trahi par celui-ci durant les années 1950, les « refondateurs » de l'époque préférant le modernisme du consommateur atomisé au socialisme austère des coopératives... Doit-on voir dans le premier principe du mouvement coopératif (5), l'adhésion volontaire, son talon d'Achille ? Dans l'univers de la concurrence à tout va, le consommateur a vite fait d'oublier son adhésion à la coopérative pour lui préférer les sirènes du marketing d'une multinationale : en 1954, Unilever dépensait 320 000 livres pour imposer la lessive Persil alors que la CWS (6) a été contrainte et n'a pu aligner que 15 000 livres pour défendre sa lessive Spel (7). Alors que la coopérative d'usagers a été vue comme le moyen de dépasser les relations marchandes, il est apparu cruellement qu'elle n'échappait pas non plus à la pression du marché.

L'autre inconvénient de cette forme de coopérative est la place réservée aux travailleurs. A l'inverse des SCOP où les travailleurs détiennent la majorité du capital et des voix et contrôlent donc l'avenir de leur entreprise, ceux-ci n'ont qu'un statut de salariés assujettis, exactement comme dans une société de capitaux. On se retrouve dans les mêmes conflits que dans les entreprises classiques où l'opinion des salariés est rarement prise en compte, l'exemple de la CAMIF en étant l'illustration la plus flagrante (8). Récemment, des coopératives à collèges multiples associant usagers et salariés ont été créées un peu partout dans le monde (Eroski au sein du groupe Mondragón, Coopératives sociales en Italie, SCIC en France...). Est-ce le début d'une solution à ce problème ? Plutôt que de partager le pouvoir en pourcentage de voix entre collèges, ne devrait-on pas innover en donnant des champs de pouvoir différents pour chaque collège ? Ainsi, comme dans une SCOP, les salariés seraient en mesure d'élire leur direction alors que les usagers et les pouvoirs publics se verraient confier un rôle de supervision et d'orientation de l'entreprise vers l'intérêt général. Une réflexion qui n'est pas étrangère à celle des Fralib qui souhaitent associer leurs fournisseurs (producteurs de thés et d'arôme) et leurs clients (chaines de distribution de commerce équitable) à la gestion de leur entreprise...

Si l'intégration des usagers et des autres parties prenantes de l'unité de production est un élément-clé qui permettra de dépasser les relations marchandes, elle n'est cependant pas la recette miracle qui garantira et stabilisera les revenus des travailleurs associés. Un autre débat traverse fréquemment l'espace politique : la sécurité sociale professionnelle. N'y aurait-il pas là l'amorce d'une solution pour les projets de reprise par les salariés ?

Cette idée a été initialement émise par Paul Boccara sous le nom de "sécurité d'emploi et de formation". Partant du constat que l'évolution de plus en plus rapide de la technologie rend rapidement obsolète les savoirs acquis, il observe que les contrats de travail deviennent de plus en plus courts et qu'un déroulement de carrière au sein d'une ou de deux entreprises deviennent l'exception alors qu'il s'agissait d'une situation courante dans les années d'après-guerre. C'est la raison pour laquelle il préconise de créer un nouveau type de contrat de travail dépassant le cadre de la seule entreprise, alternant périodes de travail et de formation. C'est dans cet esprit que la CGT a défini le "nouveau statut du travailleur salarié" (NSTS) dans lequel, en cas de licenciement, un salarié conserverait son salaire et les droits associés tout en bénéficiant de formations jusqu'à ce qu'il obtienne un emploi à des conditions aux moins égales aux précédentes.

Ces propositions de Sécurité sociale professionnelle ont été rapidement récupérées par les libéraux de tout poil qui vont tâcher de pervertir le côté subversif de la déconnexion entre les revenus et le travail fourni.

La première offensive est venue du rapport Cahuc-Kramarz qui s'intitule "De la précarité à la mobilité : vers une Sécurité sociale professionnelle" (9). Alors que dans l'esprit de ses concepteurs initiaux, la sécurité sociale professionnelle devait ouvrir un nouvel espace de droits, de déconnexion du contrat de travail avec l'entreprise qui emploie, ce rapport ne porte que sur la redéfinition de la politique d'accompagnement des chômeurs et la mise en œuvre du contrat de travail unique en remplacement des actuels CDI et CDD. Un peu plus tard, en 2007, le candidat Sarkozy prônera la proposition de "sécurité sociale professionnelle" en référence au modèle danois de flexisécurité. De même, du côté du Parti socialiste, une note de 2005 de la Fondation Jean Jaurès sur la "sécurité des parcours professionnels" est conçue comme un catalogue à la Prévert d'une trentaine de propositions pour le moins vagues dont la mise en œuvre devrait améliorer la situation de l'emploi et le traitement du chômage...

C'est dans ce dépérissement du concept de sécurité sociale professionnelle que le gouvernement urge aujourd'hui les "partenaires" sociaux à conclure un accord "gagnant-gagnant" avant la fin de l'année. La feuille de route y est tracée : sanction des contrats de courte durée (CDD, Intérim) en échange de l'acceptation des accords compétitivité-emplois qui constituent en eux-même une remise en cause du CDI. Le patronat a ouvert le bal en expliquant qu'il ne démarrerait aucune négociation sur la dissuasion des contrats de courte durée sans connaître les intentions des syndicats en matière de flexibilité. Ça démarre fort ...

Quelques questions méritent cependant d'être posées avant d'aller plus loin. La première porte sur le champs d'application du Nouveau Statut du Travailleur Salarié. S'il est juste de revendiquer que le patronat dans son ensemble assure la continuité d'un contrat de travail, on peut se demander s'il est fondé que la société toute entière soit engagée par un niveau de salaire accordé à un individu par une entreprise isolée ? On pourrait tout à fait imaginer une entreprise au bord de la faillite qui augmente ses salariés avant le dépôt de bilan. En quoi la société toute entière devrait-elle être engagée par une telle décision ? Allons plus loin. Est-ce que la valorisation de la force de travail qu'a donnée le capital à une personne a une valeur pour la société toute entièr ? S'il est fondé d'exiger que le capital garantisse ce salaire, il est difficile de le revendiquer de la collectivité, notamment lorsqu'il s'agit d'un haut salaire qui ne trouve sa justification que dans l'organisation de l'exploitation capitaliste. C'est pourquoi le NSTS a une valeur essentiellement revendicative à l'égard du capital en ce sens qu'il apporte aux salariés des avancées supérieures à la seule interdiction des licenciements. Il ne peut, hélas, pas être utilisé pour préfigurer une autre société.

Reste que cette idée de sécurité sociale professionnelle ouvre des horizons de rupture autres que la flexisécurité chère à nos libéraux : un statut du travailleur qui dépasse les frontières de l'unité de production ainsi qu'une déconnexion partielle entre les revenus et la valorisation marchande de la force de travail. Ne pourrions nous pas commencer à l'appliquer avec des entreprises dont la valorisation du capital n'est pas l'objectif ? Ces entreprises existent : ce sont celles de l'économie sociale et solidaire où travaillent déjà 2,8 millions de personnes. Certes, il y a à boire et à manger dans ce secteur. Les associations représentent presque les deux-tiers de ces emplois. Dans le secteur des coopératives et mutuelles, la coopération agricole et les grosses banques mutualistes se comportent parfois en véritables multinationales dont l'objectif est la maximisation du revenu. Dans tous les cas, l'intervention des salariés dans la gestion des associations comme des coopératives devra être imposée (10). Mais ce secteur a une originalité propre : ce n'est pas la valorisation du capital qui est à l'origine de l'activité mais la réponse à un besoin social exprimé. Cette économie sociale et solidaire ne préfigure-t-elle pas l'essentiel de la société de demain ? Ne peut-on pas dès maintenant travailler à l'élaboration d'un statut du travailleur associé qui cohabiterait avec le statut de la fonction publique et, pour un temps, avec celui du secteur privé ?

Dans les années 1960, le régime franquiste écartait les travailleurs des coopératives des bénéfices du régime de la sécurité sociale des salariés. Les coopératives de Mondragón répliqueront en créant Lagun-Aro en 1967, société de secours mutuel qui assure toujours les travailleurs associés du groupe pour la santé et la vieillesse. Aujourd'hui, le travailleur associé d'une coopérative de Mondragón est assuré d'avoir un emploi à vie au sein du groupe. En cas de difficulté d'une entreprise, le travailleur peut être employé dans une autre coopérative ou passer en formation au sein d'un établissement d'enseignement du groupe. Pourquoi ce qui a été possible dans le cadre d'un groupe soumis aux rigueurs du marché ne le serait-il pas à l'échelle du secteur de l'économie sociale et solidaire d'un pays ?

Ce secteur de l'économie sociale et solidaire, auquel appartient le mouvement des SCOP, est un secteur économique à mi-chemin du privé et du public, un secteur dont le caractère marchand reste présent sans être essentiel. Tout comme la fonction publique est de facto financée par le privé, ce secteur devra aussi être financé en partie par le privé pour que les revenus de ce secteur soient en ligne avec le reste de l'économie.C'est en offrant une telle sécurisation des revenus que nous donnerons le goût de l'initiative collective, que nous multiplierons les reprises d'entreprises, que nous nous engagerons réellement dans la transformation sociale.

Benoît Borrits, 28 septembre 2012

Benoît Borrits est membre des Alternatifs et du comité de rédaction de Regards. Il est l'auteur de Vers la démocratie économique, l'Harmattan, 2005.

(1) Extraits de La coopération, Des transformations que la Coopération est appelée à réaliser dans l'ordre économique de Charles Gide

(2) Extrait des Oeuvres 4e éd. IX, Editions sociales, Paris

(3) Fédération Nationale des Coopératives de Consommation.

(4) Un Co-operative Party était et est toujours existant et intégré au Parti travailliste.

(5) Les 7 principes de l'Alliance coopérative internationale 1995.

(6) Co-operative Wholesale Society. La plus grande coopérative de consommation britannique

(7) "La coopération de consommateurs en Grande-Bretagne", Peter Gurney, RECMA n° 318, octobre 2010.

(8) La direction s'était lancée dans une diversification catastrophique ayant abouti à des licenciements massifs.

(9) La Documentation française 2004.

(10) Une règle de base qu'imposait José Arizmendiarrieta, le fondateur de Mondragón, était qu'une coopérative devait toujours comporter un collège de travailleurs, même si la coopérative était initialement de consommation ou de second niveau (coopérative de coopératives).
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