justice et démocratie

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Messagede ivo » 07 Juin 2012, 09:39

le portrait d'un redoutable tueur en série...
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Il n'a qu'une obsession : liquider. En presque quatre ans, il a déjà des dizaines de morts sur la conscience, sans doute plus. C'est un tueur redoutablement intelligent et organisé : avant de choisir une cible, il l'étudie soigneusement, et même dit-on avec un soin maniaque.

Ce psychopathe suit toujours le même rituel macabre : sur son bureau, il étale un jeu de cartes, on les appelle "les cartes de baseball". Sur chacune de ces cartes qui sont en fait des fiches, une biographie plus ou moins détaillée, une photo. Le bureau sur lequel sont posées ces fiches mortelles n'est pas n'importe quel bureau, il est sans doute ovale, le tueur s'appelle Barack Obama.

Ce portrait inattendu du président américain, il est dressé dans un livre qui vient de sortir aux Etats-Unis où il est en train de créer une onde de choc écrit Stéphane Trano sur marianne2.fr. Un livre titré "Tuer ou capturer", signé de Daniel Klaidman, journaliste d'investigation réputé qui est aussi l'un des meilleurs spécialistes américains du terrorisme.

Un livre où on trouve une foule de révélations sur les détails de la lutte anti-terroriste...

Il révèle comment le président en personne choisit une par une les cibles des attaques des drones américains en Afghanistan. C'est détaillé aussi dans un article du New York Times, repris dans Courrier International, on découvre le processus mis en place par Barack Obama : chaque semaine ou presque, une visioconférence top-secrète réunit une centaine de responsables des services de sécurité. Le New York Times parle d'un macabre "club de discussion" qui étudie une par une les cibles potentielles.

A la fin du processus, avec son jeu de "cartes de baseball", c'est Barack Obama qui a le dernier mot et qui désigne ceux qui entrent sur la "kill-list", la liste des cibles, ceux qui doivent mourir. A ce moment-là, des drones décollent à l'autre bout du monde, en Afghanistan, au Yemen ou en Somalie. Le dernier vol mortel d'un drone, au début de la semaine, a fait une quinzaine de morts, dont le numéro deux d'Al-Qaïda.

La revue Foreign Policy, citée dans Courrier International, consacre aussi son dernier numéro aux guerres secrètes d'Obama. Il souligne que le Barack Obama d'il y a quatre ans qui s'opposait à la torture et promettait d'en finir avec les méthodes sauvages, le Barack Obama Prix Nobel de la Paix, est maintenant le président amércain qui a approuvé le plus de frappes ciblées de toute l'histoire des Etats-Unis.

Et marianne2.fr ajoute en évoquant la face cachée de Barack Obama que jamais un président américain n'est allé aussi loin dans la pratique occulte du pouvoir dans la plus parfaite indifférence de l'opinion de son pays et des autres pays occidentaux.

"Barack Obama, le seigneur des drones" : c'est le surnom trouvé par un chroniqueur conservateur qui donne par ailleurs dans le Washington Post une lecture politique de toutes ces révélations qui se succèdent dans la presse américaine : il dénonce une opération de communication orchestrée par la Maison Blanche pour redonner une image de dur à un président affaibli sur le plan intérieur.

jesus is back. yes we can
..........

voir http://pavillonnoir.forumactif.org/t203 ... tice#19594
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Messagede Flo » 07 Juin 2012, 10:04

:shock:

L'époque me dépasse.
"La société à venir n'a pas d'autre choix que de reprendre et de développer les projets d'autogestion qui ont fondé sur l'autonomie des individus une quête d'harmonie où le bonheur de tous serait solidaire du bonheur de chacun". R. Vaneigem
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Messagede Flo » 07 Juin 2012, 10:21

"La société à venir n'a pas d'autre choix que de reprendre et de développer les projets d'autogestion qui ont fondé sur l'autonomie des individus une quête d'harmonie où le bonheur de tous serait solidaire du bonheur de chacun". R. Vaneigem
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Re: justice et démocratie

Messagede ivo » 05 Sep 2012, 13:28

Un livre contredit la version officielle de la mort de Ben Laden
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Un des membres du commando qui a participé au raid contre Oussama Ben Laden en 2011 au Pakistan va publier un livre. Il raconte sa version des faits, qui contredit certains détails révélés par les autorités américaines après cette opération phare de la présidence Obama.


C'est le site américain du Huffington Post qui publie des extraits de l'ouvrage No Easy Day, Pas de jour facile. Un livre qui sortira le 4 septembre écrit par un membre du commando des Navy Seal qui a lancé l'assaut contre la résidence d'Oussama Ben Laden, le 1er mai 2011 au Pakistan. Le chef d'Al-Qaïda est décédé dans l'attaque.

Au lendemain de la mort d'Oussama Ben Laden, l'administration américaine avait laissé filtrer des détails sur le raid. Dans la version officielle, Oussama Ben Laden avait tenté de résister et avait été abattu dans sa chambre. L'administration avait ensuite été obligée de faire marche arrière expliquant que Ben Laden était désarmé au moment de sa mort.

Des coups de feu tirés avec un silencieux

Dans son livre, Mark Bowen (un pseudonyme) livre une version différente. Selon lui l'ennemi numéro un des Etats-Unis n'a pas été abattu dans sa chambre. Le militaire affirme avoir monté les escaliers de la maison vers la chambre de Ben Laden derrière un autre Navy Seal. Il raconte ensuite "avoir entendu des coups de feu tirés avec un silencieux. Pop, pop" C'était son collègue qui a ouvert le feu.

L'homme visé est alors entré dans sa chambre. L'auteur du livre affirme y avoir pénétré quelques secondes après et avoir vu le corps de Ben Laden ensanglanté. Lui et un autre Seal ont alors "pointé leur visée laser sur sa poitrine et tiré plusieurs coups" jusqu'à ce que le corps de bouge plus.

Des responsables américains ont réagi à ces révélations expliquant notamment que Ben Laden était bien désarmé mais qu'il ne s'agissait en aucun cas d'une exécution. Un fusil d'assaut Kalachnikov et un pistolet russe non chargés ont été retrouvés dans la chambre.

Un militaire assis sur le corps

Tout aussi embarrassant pour les Etats-Unis, le corps d'Oussama Ben Laden n'aurait pas été aussi bien traité que les américains l'ont dit. Ainsi Mark Bowen raconte qu'un membre du commando était assis sur la poitrine du chef d'Al-Qaïda étendu sur le plancher de l'hélicoptère lors du vol de retour.

Une explication à cela : l'un des deux appareils qui avait amené les commandos ayant été accidenté lors de l'opération, les soldats ont dû se tasser dans l'appareil restant et il n'était pas question d'abandonner le corps d'Oussama Ben Laden qu'il fallait formellement identifier.

Cet ouvrage n'a pas reçu l'aval du Pentagone et de la CIA qui relisent normalement ce type de livres pour s'assurer qu'ils ne contiennent pas d'éléments classifiés. Ils sont, en ce moment, en train de l'éplucher.

....
commentaires
Oui, et alors ? Le fait qu'il soit mort, arrange tout le monde. Enfin surtout l'administration américaine. Comment il a été "homicidé", les détails de l'opération relèvent à mon avis de la curiosité morbide. L'important dans cette histoire étant que Ben Laden, originaire d'Arabie Saoudite, a été soutenu par les américains pendant la guerre contre les Russes. Ensuite, leur "création" leur a "explosé à la figure". Quand on dine avec le diable, il faut une longue cuiller. Apparemment, celle de l'administration américaine était un peu juste. C'est un peu comme en Libye. Khaddafi a été un peu trop rapidement supprimé ... Des fois, comme Ben Laden, qu'il aurait eu des choses à dire au monde.

Mais la différence est dans le traitement. S'il a été exécuté froidement, cela signifie qu'ils ne valent pas mieux que Ben Laden lui même
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Messagede ivo » 18 Oct 2012, 10:54

"Le président américain peut assassiner légalement au nom de la Sécurité nationale"
http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/a ... nale.dhtml
Le cerveau autoproclamé des attentats du 11-Septembre, Khaled Cheikh Mohammed, a déclaré mercredi devant un tribunal militaire de Guantanamo que le président américain pouvait "assassiner légalement au nom de la Sécurité nationale, pour les citoyens américains".

Le principal accusé des attaques qui ont fait près de 3.000 morts a exceptionnellement demandé la parole au troisième jour d'une audience préliminaire visant à préparer le procès où il encourt la peine de mort.

"Le président peut prendre quelqu'un et le jeter à la mer au nom de la sécurité nationale", a-t-il également déclaré, en référence au chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden, tué il y a un an au Pakistan.

Souvent considéré comme provocateur, M. Mohammed, appelé "KSM" pour ses initiales en anglais, a été autorisé à prendre la parole, après discussion entre les parties, sous la protection d'un différé de 40 secondes qui aurait permis à la censure de brouiller ses propos s'il avait abordé des questions sensibles.

Depuis sa détention dans une prison secrète de la CIA, de 2002 à 2006, où il a subi des mauvais traitements assimilés à de la torture, le gouvernement américain craint que KSM ne délivre des informations classifiées. Il a subi 183 simulations de noyade à cette époque, a reconnu le gouvernement.

"Au nom de Dieu", a-t-il commencé, "quand le gouvernement est triste parce que 3.000 personnes ont été tuées le 11-Septembre, on devrait se sentir désolé que le gouvernement américain... ait tué des millions de personnes au nom de la Sécurité nationale". "Chaque dictateur peut choisir sa définition" de la sécurité nationale, a-t-il prévenu.

.............


Six milliards de dollars pour les victimes du 11 Septembre
http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/a ... mbre.dhtml
Un juge fédéral américain a formellement ordonné mercredi que soient versés par l'Iran, le Hezbollah et d'autres entités dont les Talibans et Al-Qaïda, 6,048 milliards de dollars aux victimes du 11-Septembre.
L'Iran a toujours nié toute responsabilité dans les attentats qui ont fait près de 3.000 morts, mais il figure dans une liste d'accusés, avec le Guide suprême iranien (l'Ayatollah Ali Khamenei), le mouvement chiite libanais Hezbollah, Oussama ben Laden, les talibans et le réseau Al-Qaïda.

L'ordre du juge George Daniels, du tribunal de Manhattan, valide un jugement par défaut datant du 22 décembre dans la procédure "Havlish contre Ben Laden", du nom de Fiona Havlish, une femme ayant perdu son mari dans les attentats de New York.

Cette décision fixe le total des dommages et intérêts à 6,048 milliards de dollars, à répartir entre les familles de 47 victimes associées à cette plainte, selon des montants prenant en compte leur degré de parenté avec les personnes décédées.

Ils se décomposent notamment en dommages économiques (394,277 millions de dollars) dommages punitifs (4,6 milliards de dollars), et intérêts (968 millions).

commentaires
Et si les familles des victimes lybiennes, irakiennes et afghanes réclamaient les mêmes montants dans les proportions des nombreuses victimes des bombes américaines ? Et en parlant des irakiens, d'après Bush tout puissant, c'était l'Irak et non l'Iran qui étaient derrière les attentats

... vous etes en danger, vous attaquez les interets americains et vous insultez leur credibilte. Il n'y a pas que l'Irak que cette Nation de Meurtriers a detruit. Parlons du Chili, du Viet-Nam, Panama, Costa Rica, Indonesie, parlons de leur appartenance au Vatican, parlons de la deuxieme guerre mondiale qu'ils ont finances avec leurs cousins germains, les Anglais. Et, comme je connais les Musulmans, ils vont courrir demain a la Banque et vite payer cette facture. Ridicules qu'ils sont.
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Messagede ivo » 06 Fév 2013, 10:16

Prisons secrètes : 54 pays ont travaillé avec la CIA
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Un rapport publié par l'organisation humanitaire Open Society Justice Initiative dresse la liste des pays ayant collaboré avec la CIA dans son programme de détention secrète et de torture de suspects de terrorisme après le 11-Septembre. Au total, 54 gouvernements ont aidé l'agence de renseignement américaine.

Image
Une des prisons secrètes de la CIA en Lituanie © /AP/SIPA - Mindaugas Kulbis

Ce sont 54 pays qui sont cités dans le rapport de l'organisation humanitaire Open Society Justice Initiative. Des pays localisés sur tous les continents. Afghanistan, Yémen, Zimbabwe où Australie par exemple. Des pays européens comme l'Autriche, l'Allemagne, la Croatie. Plus étonnant, l'Iran a également apporté son aide en remettant dix personnes aux Etats-Unis en dépit de ses mauvaises relations avec Washington.

L'aide apportée à la CIA par ces pays est diverse selon le rapport de l'organisation. Certains ont aidé à la capture et aux transports des détenus. D'autres ont accueilli des prisons secrètes sur leur sol, ont torturé des suspects suivant un protocole précis. Quelques gouvernements ont apporté leur collaboration en fournissant des renseignements ou en ouvrant leur espace aérien pour permettre le transfert illégale des personnes d'un pays à l'autre.

Des opérations "illégales et immorales"

Les prisons secrètes se trouvaient en Thaïlande, en Roumanie, en Pologne et en Lituanie. Georges W. Bush y avait autorisé des simulations de noyade et des méthodes d'interrogatoires musclés qui ont ensuite été dénoncées par le président Obama.

Le rapport, intitulé "De la mondialisation de la torture" dénonce ces gouvernements "qui en participant à ces opérations ont violé aussi le droit intérieur et international et ont sapé les règles contre la torture" qui est "non seulement illégale et immorale mais aussi inefficace pour réunir des renseignements fiables".

Pour le moment, seule l'Italie a condamné des responsables pour leur implication dans ces opérations. Le Canada a présenté ses excuses à une victime.

La commission sénatoriale sur le renseignement a récemment rendu un rapport d'enquête sur ce programme mais celui-ci reste classifié. Sa présidente Dianne Feinstein avait qualifié "d'erreurs terribles" la création et l'utilisation à long terme des prisons secrètes ou "sites noirs" et le recours aux techniques d'interrogatoires musclés.


À télécharger

Le rapport de l'organisation humanitaire Open Society Justice Initiative (en Anglais)
http://www.franceinfo.fr/sites/default/ ... 120205.pdf

commentaires:
Je ne suis pas fier de cette Europe la: pays européens pamis la liste des 54 gouvernements: identified in this report span the continents of Africa, Asia, Australia, Europe, and North America, and include: Afghanistan, Albania, Algeria, Australia, Austria, Azerbaijan, Belgium, Bosnia-Herzegovina, Canada, Croatia, Cyprus, the Czech Republic, Denmark, Djibouti, Egypt, Ethiopia, Finland, Gambia, Georgia, Germany, Greece, Hong Kong, Iceland, Indonesia, Iran, Ireland, Italy, Jordan, Kenya, Libya, Lithuania, Macedonia, Malawi, Malaysia, Mauritania, Morocco, Pakistan, Poland, Portugal, Romania, Saudi Arabia, Somalia, South Africa, Spain, Sri Lanka, Sweden, Syria, Thailand, Turkey, United Arab Emirates, United Kingdom, Uzbekistan, Yemen, and Zimbabwe.



bienvenue dans un monde meilleur.
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Re: justice et démocratie

Messagede ivo » 12 Fév 2013, 10:08

"C'est lui, boum, c'est fait" : l'homme qui a tué Ben Laden s'exprime pour la première fois
fr onfo
Sous couvert d'anonymat, le Navy Seal qui a abattu Ben Laden de trois balles dans la tête en mai 2011 parle pour la première fois dans un entretien accordé à un magazine américain. Il raconte une opération qui s'est déroulée en à peine quelques minutes, alors que l'ordre de tuer l'ennemi public numéro un était "implicite".

Image
Selon l'ancien soldat qui s'exprime, il n'était pas question de ramener Ben Laden vivant. © Reuters - Russell Boyce

L'action aurait pris une quinzaine de secondes, tout au plus : dans la nuit du 1er au 2 mai 2011, les soldats de l'armée américaine entrent dans la maison d'Oussama Ben Laden, l'homme le plus recherché au monde. Le premier à entrer dans la chambre de Ben Laden, au troisième étage de la résidence, est un père de famille, âgé de 35 ans. Dans un long entretien accordé au magazine américain Esquire, il raconte :

"C'était comme un instantané d'une ciblé d'entraînement. C'est lui, sans aucun doute. C'est automatique, la mémoire musculaire. C'est lui, boum, c'est fait".

L'action se déroule dans le noir, raconte le Navy Seal, qui parle sous couvert d'anonymat. Ben Laden ne voit rien, alors que lui est équipé de lunettes infrarouge. "Il y avait Ben Laden là, debout" développe l'homme. "Il avait ses mains sur les épaules d'une femme, la poussant devant, pas exactement vers moi mais dans la direction du vacarme du couloir. C'était sa plus jeune femme, Amal". Trois balles dans la tête plus tard, l'ennemi numéro un est mort. "Je l'ai vu prendre ses dernières inspirations, juste une respiration réflexe", poursuit l'homme.

Aujourd'hui sans aucune protection sociale

Selon l'homme, il n'était pas question de ramener Ben Laden vivant. "Tout le monde le voulait mort mais personne ne voulait dire 'Hey, vous allez tuer ce mec'. C'était juste implicite". L'objet de la mission est resté secret jusqu'au dernier moment, y compris pour les soldats qui allaient y participer.

Depuis la mort de Ben Laden, le soldat a quitté l'armée (à l'été 2012) après 16 ans de services et est devenu consultant, payé à la pige. Il ne touche aucune retraite et ne bénéficie d'aucune couverture santé : en effet, dans l'armée américaine, il faut avoir servi 20 ans au minimum pour bénéficier d'une protection sociale à vie. En septembre dernier, un autre membre de l'opération avait déjà témoigné sous pseudonyme, dans le livre "No Easy Day". Sorti le mois dernier, le film Zero Dark Thirty a ravivé la polémique autour de la mort de Ben Laden.


Image
>>>
http://www.esquire.com/features/man-who ... laden-0313

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Re: justice et démocratie

Messagede ivo » 22 Fév 2013, 09:51

DOCUMENT • "J'ai tué Ben Laden", la vidéo en français
"The Shooter", le récit du soldat qui a tué Ben Laden. Un film d'animation choc produit par le Center of Investigating Reporting et traduit en français par Courrier international.

>>>
http://www.courrierinternational.com/ar ... -ben-laden

>>>
http://www.youtube.com/watch?v=pBxOWOje ... r_embedded
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Re: justice et démocratie

Messagede ivo » 09 Juin 2013, 11:47

De la fabrique des automates politiques
http://internetactu.blog.lemonde.fr/201 ... olitiques/
Le livre de Grégoire Chamayou, Théorie du drone, est passionnant. Bien sûr, il est passionnant pour son implacable analyse du drone armé et de la façon dont cet "instrument d'homicide mécanisé" transforme la conduite de la guerre. Mais pour ma part, je n'ai pas lu ce livre comme un ouvrage sur les questions éthiques, psychologiques, sociales, juridiques et politiques que posent cette nouvelle arme de guerre, mais bien comme un livre sur les nouvelles technologies et ce qu'elles transforment. Et cette lecture-là en change radicalement la portée. Car derrière la fabrique des "robots léthaux autonomes", cette chasse à l'homme moderne, on peut comprendre les transformations qu'induisent la fabrique des automates de notre monde moderne.

La police des schémas : l'activité, alternative à l'identité

Grégoire Chamayou ouvre son livre par des extraits d'échanges entre pilotes de drones, comme l'a raconté l'ancien pilote Brandon Bryant. Le style mis à part, on se croirait chez Tolstoï, Céline ou Claude Simon, décrivant le grand n'importe quoi de la guerre. Des gens tentant de raisonner, de rassembler des éléments d'analyses devant des images floues, illisibles, pour savoir si les formes qu'ils aperçoivent sur leurs écrans "méritent" d'être éliminées. En fait, nous sommes dans une bataille comme une autre, où les coups et les tirs pleuvent sans raison, déments par nature. Même derrière des écrans, même à des milliers de kilomètres des lieux de combats, la guerre reste la guerre.

Ce que souligne longuement le livre est bien que les drones nous font entrer dans une nouvelle forme de conflits, asymétrique par nature, unilatéral même, qui élimine tout rapport de réciprocité, qui fait de l'arme du lâche, l'arme "humanitaire" par excellence, mais qui surtout redéfinit le conflit, transforme le droit des conflits armés en droit à l'assassinat ciblé. La guerre n'est plus un duel, mais une chasse à l'homme, une campagne sans fin d'exécutions extrajudiciaires qui se font en dehors du droit de guerre.

L'essentiel des frappes ne visent pas des personnalités nommément identifiées, mais avant tout des "signatures", c'est-à-dire des individus dont l'identité demeure inconnue, mais dont le comportement laisse supposer, signale ou signe une appartenance à une organisation terroriste ou le port d'armes. L'armée se base sur les agissements, sur une "analyse des formes de vie" (pattern of life analysis), sur l'étude des modèles, des motifs, l'identification des schémas aberrants.

Vidéo : reportage sur les drones de Loïc de la Mornais, diffusé le 17 janvier 2012 sur France 2 dans le cadre de l l'émission Geopolis.

"Tout un chacun a une forme ou un motif de vie. Vos actions quotidiennes sont répétitives, votre comportement a ses régularités (...). Toute dérogation à la norme que vous avez vous-même établie par vos habitudes, tout écart avec les régularités de votre comportement passé peut sonner l'alerte : quelque chose d'anormal, et donc de potentiellement suspect, est en train de se produire. (...) Cette méthode relève du "renseignement fondé sur l'activité". De la masse de données collectées au sujet d'un individu, d'un groupe ou d'un lieu, émerge progressivement des "patterns", des motifs repérables. L'activité constitue une nouvelle alternative à l'identité."

Toute anomie, toute irrégularité dans notre comportement signale une menace, déclenche une alerte. Et, au-delà du drone, c'est bien cela qui est enjeu dans l'analyse du monde, de nos réseaux de relations, de nos comportements que promet l'analyse des grandes masses de données régies par les algorithmes, dont le drone est une forme d'instanciation. Comme le précise Grégoire Chamayou dans une interview pour Libération : "Votre mode de vie nous dit qu’il y a, mettons, 90% de chance que vous soyez un militant hostile, donc nous avons le droit de vous tuer. Mais là, on glisse dangereusement de la catégorie de combattants, à celle, très élastique, de militants présumés." Comme le souligne encore l'auteur, l'ennemi n'est plus le maillon d'une chaîne de commandement, mais un noeud, inséré dans des réseaux sociaux.

Le problème est que cette activité produit des images aussi floues que l'oeil surpuissant des drones. "Vu du ciel, rien ne ressemble plus à une réunion de militants qu'une réunion de village." Dans les corrélations dont nous sommes l'objet, nous sommes réduits à des produits de données, des profils imparfaits, un assemblage d'indices concordants "suffisamment bons" (good enough) pour déclencher une réponse... ou plus précisément ici, une destruction. Mais sont-ils "suffisamment bons" ?

Comme le souligne le philosophe, "la quantité des indices ne saurait se convertir en qualité" : "un même schème peut par définition correspondre à divers phénomènes hétérogènes". Comment pouvons-nous alors accepter que notre appartenance, que notre identité soient induites de modèles très imparfaits ? C'est pourtant bien que ce proposent les corrélations issues des Big Data dont nous sommes l'objet. Une très imparfaite police de nos activités, une surveillance sociale instruite par des machines, déclenchant des réponses automatisées, dont celle des drones n'est que la plus radicale.

En fait, le problème n'est pas l'imperfection de la surveillance de nos activités. Le problème n'est pas l'amélioration des algorithmes, des images, des modèles prédictifs, de l'identification des schémas... permettant d'atteindre et cibler des personnes d'une façon toujours plus "juste", plus "fine", plus "exacte ", plus "précise"... Le problème repose avant tout sur l'objet de ces surveillances : nos traces, nos activités, nos motifs de vie. Dans le glissement insidieux des opérations de guerre à des opérations de police extrajudiciaire, ce ne sont plus nos identités qui sont en cause, mais nos activités. Qu'importe si la corrélation remplace la causalité. Les erreurs commises par les frappes probabilistes sont silencieuses, tout comme ceux qui demain seront discriminés par les algorithmes dans leurs emplois par exemple - toute proportion gardée. A l'heure des drones, nous sommes nous-mêmes la cause de notre mort : ce sont les mouvements inappropriés de nos corps, les traces de nos activités qui enclenchent le mécanisme automatique de notre propre discrimination, de notre propre élimination.

Qui promeut l'automatisation du monde ?

"L'erreur politique serait en effet de croire que l'autonomisation est en elle-même automatique. Organiser le dessaisissement de la subjectivité politique devient aujourd'hui la tâche principale de cette subjectivité même. Dans ce mode de domination, qui procède par la conversion de ses ordres en programmes et de ses agents en automates, le pouvoir, de distant qu'il était, se rend insaisissable."

Où est le sujet du pouvoir ? interroge Grégoire Chamayou. "Il est précisément partout où il travaille très activement à se faire oublier". Et le philosophe de dresser la carte de la manière dont le pouvoir justifie sa transformation, en requalifiant, recatégorisant les activités à la lumière des évolutions technologiques, comme le dit très bien Christian Fauré dans son compte rendu du livre.

Chamayou souligne que présenter le processus d'automatisation du monde comme étant lui-même automatique, inéluctable, masque que ce processus à des agents actifs qui le promeuvent. Et d'évoquer l'histoire, la genèse des outils et de leur justification théorique et technique pour expliquer comment se met en place "un dispositif typique de fabrique de l’irresponsabilité". Comment la lâcheté de la non-présence au combat se transforme progressivement en justification humanitaire, faisant passer l'homicide mécanisé et unilatéral en machines qui "tuent humainement"...

"Plus se répand la légende du robot éthique, plus cèdent les barrières morales au déploiement du robot tueur"
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Chamayou nous invite à réfléchir à qui construit ce monde ? Qui construit la "la décision sur les paramètres de décision" ? Qui fixe la valeur des spécifications des programmes qui commandent aux drones ? A nouveau, le rapport du code à la loi, comme l'ont mis à jour les travaux de Lawrence Lessig et Jonathan Zittrain reste entier. La technologie a tendance à faire glisser l'applicabilité du droit dans nos outils, nous désistant de la fabrique de la loi, mais également de la justice des hommes.

Des outils pour déplacer l'applicabilité du droit

"Tant que celles-ci les tuent humainement, c'est-à-dire conformément aux principes du droit international humanitaire qui régit l'usage de la force armée, il n'y a aucun problème. Mais effectivement, où serait le problème ? Du point de vue de la philosophie du droit, on peut assez vite en repérer deux très importants - en réalité, rédhibitoires.

Premièrement : doter des agents machiniques du droit de tuer dont jouissent entre eux les combattants à la guerre équivaudrait à mettre l'homicide sur le même plan que la destruction d'une pure chose matérielle, ce qui constituerait assurément une négation radicale de la dignité humaine."

Comment retrouver dans les lignes de codes, la responsabilité d'un sujet en fuite ? Pour Chamayou la crise des catégories juridiques que pose la fusion de l'arme et du combattant induit une crise radicale de l'applicabilité du droit. Cette question des nouvelles formes de responsabilité ne concerne pas que le drone, elle concerne tous les outils technologiques capables de prendre des décisions à partir de données, comme la voiture autonome, les lunettes de réalité augmentée de Google, les échanges à très haute fréquence sur les machés financiers ou les fusils autonomes... Dans cette fabrique de l'irresponsabilité, ce qui est en jeu, "c'est le mode d'implémentation de la norme juridique" et de la norme sociale, une implémentation qui pose d'autant plus de questions que la technologie elle-même n'a cessé justement de perturber les catégorisations du droit et de la société.

"Pour faire respecter les limitations de vitesse du Code de la route, on peut soit fixer des amendes et poser des radars, soit installer des limitateurs automatiques de vitesse dans chaque véhicule. Ce sont là deux modes très différents d'instanciation de la norme : texte-sanction ou contrôle technique intégré. Ou bien dire le droit et sanctionner a posteriori, ou bien "incorporer les normes éthiques et légales dans le design des armes elles-mêmes". Mais là s'arrête l'analogie, car le robot tueur n'ayant plus aucun conducteur à son bord, il n'y aura plus aucun responsable direct à mettre en cause au cas où quelque chose se produirait."

Ce qui est en question dans ces machines est bien de mettre à mal la responsabilité individuelle... Et derrière elle, ce qui est en question, c'est le fondement même de notre justice. "La loi promettant de devenir machine, la justice humaine peut bien périr". Et c'est exactement ce qui se passe avec les drones et les questions qui se bousculent autour de la légalité des frappes américaines. La guerre contre le terrorisme ressemble à un programme d'assassinat d'Etat extralégal. Avec le drone, nous entrons dans une nouvelle forme de violence étatique, estime avec raison Grégoire Chamayou, qui ressemble plus à l'opération de police qu'à la guerre. Et le problème est que ces opérations de police ne sont plus délimitées ni par le droit, ni par la justice. "Prise dans une spirale sans fin, la stratégie d'éradication est paradoxalement vouée à ne jamais éradiquer." Bienvenue dans la guerre perpétuelle, sans bornes, ni dans le temps, ni dans l'espace. L'analyse politique se dissout "dans les catégories de l'entendement policier".

"Peut-être est-il temps de rappeler qu'en délimitant géographiquement l'exercice licite de la violence, la visée fondamentale du droit était de la circonscrire."

Comme l'optimisation fiscale ou les échanges à haute fréquence, les technologies s'immiscent dans les failles du droit et modifient non seulement le droit, mais la façon dont la justice s'établit.

"Le crime le plus substantiel ne réside pas dans une transgression ouverte de la loi, mais dans les replis de son application souveraine."

Qu'est-ce que l'Etat à l'heure de la police des schémas ?

La police des activités semble la première étape à l'instauration de la police de la pensée, chère à Georges Orwell. Nous entrons dans une chasse à l'homme préventive, où il s'agit moins de répondre à des attaques déterminées que de prévenir l'éclosion de menaces émergentes... Les automates politiques basés sur les Big Data et les algorithmes imparfaits sont appelés à policer nos sociétés, malgré leurs imperfections et leurs failles.

Nous entrons dans l'ère des panoptiques volants et armés, comme le soulignait les témoignages du rapport "Vivre dans la peur des drones", "un enfermement psychique dont le périmètre n'est plus défini par des grilles, des barrières ou des murs, mais par les cercles invisibles que tracent au-dessus des têtes les tournoiements sans fin de miradors volants".


Image : l'artiste new-yorkais Adam Harvey imagine des vêtements anti-drone, rapporte Courrier International. Pas sûr que cela suffise à nous protéger.

Mais ce ne sont pas que les drones qui sont en question à nouveau. Pensons à la vidéosurveillance qui, malgré ses imperfections comme le soulignent tous les rapports écrits sur ce sujet, n'empêche pas les tenants de la sécurité de proposer d’élargir leur utilisation pour réprimer des infractions punies par contravention : dépôt d’ordures sur la voie publique, stationnement gênant ou interdit, etc. L’enregistrement par caméra (si elle parvient à vous identifier) suffira à verbaliser… L'enjeu, ici comme ailleurs, est bien celui de l'autonomisation matérielle et politique de l'appareil d'Etat, de sa police qui, comme la CIA, s'affranchit de plus en plus des limites du droit en s'autorisant un espionnage sans entrave, sans mandats.

Nos technologies ne doivent pas transformer nos appareils d'Etat en appareil, nous recommande Grégoire Chamayou. Les technologies transforment les rapports de pouvoir, mais nous ne pouvons pas laisser des solutions technologiques résoudre nos problèmes politiques. Quelles limites devons-nous ériger à l'analyse de la criminalisation de nos comportements ? Quelle limite imposer au bras - armé ou pas - des Etats quand l'analyse de nos comportements devient sans limites ?

Hubert Guillaud

Pour aller plus loin, n'hésitez pas à réécoutez Grégoire Chamayou sur Place de la Toile.

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enjoy ...


Les drones : la "sale guerre" d'Obama
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http://www.lemonde.fr/ameriques/article ... _3222.html
ivo
 
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