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Messagede digger » 07 Avr 2018, 07:41

Et comment on récupère et ré-écrit l'histoire....Si Higelin appréciait Trénet, qui lui même à une certaine époque, avait bousculé le ronron de la chanson française, il ne peut pas y être comparé ,ce qu'ont fait les médias à longueur de journées hier, avec ses quelques morceaux qui passaient à la radio. (Champagne ,Tête enl'air....)

Higelin était un révolté, un des seuls ici qui avait compris dans les années 60 et 70, le rôle de la musique (souvent rock) chez une jeunesse qui étouffait. (BBH 75 ) Mais il ne copiait pas les anglo-saxon et avait sa touche personnelle (qui lui interdisait tout passage aux mêmes radios qui l'encensent aujourd'hui) Imagine t'on le premier ministre écouter Attentat à la pudeur ou l'Hymne aux paumés ? )

Il a été un rayon de soleil dans la grisaille d'une époque, et il n'appartient sûrement pas à celles et ceux qui représentent la grisaille d'aujourd'hui.

Je ne mets pas les morceaux mais ma playlist qu'on trouve facilement : Aujourd'hui la crise ; Trois tonnes de TNT, Avec la rage en d'dans ; L'hymne aux paumés, L'attentat à la pudeur ; Trou noir ; Banlieue boogie blues, Electro cardiogramme plat ; Paris New York Paris (en live avec Bertignac à la guitare) ; Dans mon aéroplane blindé....
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Messagede bipbip » 08 Mai 2018, 21:04

A notre camarade Bernard Pensiot

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Triste journée pour le militantisme lyonnais avec le décès de Bernard Pensiot ce dimanche 6 mai 2018.
Petit texte de « ses camarades de la Plume Noire »

Bernard Pensiot, militant anarchiste de longue date, est décédé ce dimanche 6 mai 2018 d’une crise cardiaque.
Bernard avait 20 ans en Mai 1968.

C’est en 1971 qu’il adhère au groupe Louise Michel de la Fédération Anarchiste après avoir acheté le Monde libertaire à la criée sur le boulevard St.Germain. Le début d’un long et profond engagement.

Maçon de profession, il part finalement s’installer à Perpignan en septembre 73 afin d’apporter son soutien à « l’espagne libertaire » en ces années de fin de franquisme tout en étant délégué syndical dans une entreprise du bâtiment où il travaille.
Avec les militants de Frente libertario, il participe à différents réseaux de passeurs à travers les Pyrénées. Des tracts, de l’argent, des armes, des femmes et des hommes. Dans un sens et dans l’autre, organisant notamment l’accueil des réfugiés et militant-e-s à Perpignan et dans sa région.

Cet engagement et cette solidarité lui a valu d’être arrêté à Barcelone en 1978 lors de la période dite de « transition démocratique », période où il était nécessaire de criminaliser la CNT, ses soutiens et le mouvement libertaire en général.
Bernard passe alors sans aucun procès huit mois derrière les barreaux à La Modelo. Il participa à une mutinerie avec « autogestion » de la taule durant 15 jours (!) ainsi que deux tentatives d’évasion, dont l’une où il contribua grandement au creusement d’un tunnel, avant d’être libéré et expulsé en France suite à une grève de la faim de 28 jours.
De retour sur Perpignan, il participe à toutes les luttes libertaires des années 70, syndicalisme avec un syndicat d’intérimaire du bâtiment, antimilitarisme, féminisme, radio pirate et lutte contre le nucléaire qui le mena à la grande manifestation sur le site de Creys-Malville.

En 1986, il décide avec sa compagne Nicole de venir s’installer à Lyon suite à la possibilité de profiter d’une formation de mettreur dans le bâtiment.
Il adhère rapidement au CUL (Collectif Utilitaire Lyonnais) au 44, rue Burdeau de la Croix-Rousse, quartier où il s’installe. Il participe aussi au comité de soutien aux insoumis, aux mobilisations contre la visite du Pape Jean-Paul II et puis au mouvement des squatt de la Croix-rousse.

En 1990, Bernard décide de rejoindre le groupe de la Fédération anarchiste tout fraichement créée. Cette adhésion occupera la très grande partie de son activité militante, autour notamment de la librairie la Plume noire, rue Pierre Blanc tout d’abord puis rue Rivet puis de nouveau rue Pierre Blanc de 1993 à 2010. Durant ces années il participe pleinement à la vie militante des groupes de l’Union locale de la FA mais aussi à son émission Idées noires sur Radio Canut, tous les mercredi durant près de 15 ans. A la fin des années 90 il est aussi durant deux ans mandaté au comité de rédaction du Monde libertaire alors hebdomadaire.

En 2003, il fut un des éléments moteurs du groupe militant qui organisa la contestation contre la tenue du G8 à Evian en participant à la coordination anti-autoritaire CLAAAC et du village alternatif VAAAG à Annemasse.

En juin 2004, il quitte la FA dans le cadre d’une démission collective des groupes de Lyon puis adhère quelques années à la Coordination des Groupes Anarchistes (CGA) avant de prendre sa retraite professionnelle vers 2010 et de se retirer dans l’Ain dans sa maison de l’Abergement-de-varey où il expérimenta une certaine forme de municipalisme libertaire en participant au conseil municipal de son village d’un peu moins de 200 habitants.
Jusqu’à ce jour il resta néanmoins président de l’association La Plume noire et participait au Collectif Libertaire de l’Ain (CLA) et au collectif les Joyeux.

Aujourd’hui, c’est un pan entier de l’histoire militante de beaucoup d’entre nous qui se tourne.
Nous adressons tout notre soutien à Nicole sa compagne et à Marina la fille de cette dernière qui a grandi aux côtés de Bernard.
Bernard aimait le bon vin, la convivialité, le débat par dessus tout et les lumières d’espoir en un autre futur qui brillent dans les yeux.

On t’oubliera pas.

Ses camarades de La Plume noire


https://rebellyon.info/A-notre-camarade ... siot-19161
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Messagede bipbip » 13 Mai 2018, 16:12

Pot en souvenir de Bernard Pensiot à la Plume Noire

Rendez-vous le mercredi 16 mai à partir de 18h à la librairie la Plume Noire pour se retrouver, se rappeler, se souvenir et surtout ne rien lâcher pour lui et pour toutes et tous les autres.

Pour se retrouver, se souvenir, se rappeler..., les camarades de Bernard vous invitent à un pot le mercredi 16 mai à partir de 18h à la librairie la Plume Noire.

Bernard a laissé de tels souvenirs à tant de monde qu’on ne pouvait le laisser partir sans se retrouver une nouvelle fois !

Ce sera donc le cas à la librairie le Plume Noire, lieu qu’il a fréquenté pendant tant d’années et association dont il était le Président ; et un mercredi, jour de l’émission « Idées Noires » qu’il anima pendant près de 15 ans sur Radio Canut.

Venez avec vos souvenirs, vos anecdotes, vos chansons...
Le mercredi 16 mai à partir de 18h
au 8 rue Diderot dans les pentes de la Croix-Rousse

Et alors quoi ? dirait Bernard !

Et alors on refera certainement le monde, on reprendra des forces pour envisager la suite pour lui et pour toutes et tous les autres.
On continuera de rien lâcher pour l’anarchisme qu’il portait dans son cœur et ses luttes !

https://rebellyon.info/Pot-en-souvenir- ... a-la-19183
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Messagede bipbip » 02 Sep 2018, 15:42

Olivier Fulcrand n’est plus : adieu camarade !

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Notre camarade Olivier Fulcrand, militant communiste libertaire au long cours vient de tirer sa révérence après un engagement au service de la révolution libertaire de plus de 45 ans. Voici un petit texte écrit à sa mémoire par un camarade de Toulouse.

"Le milieu militant de l’Hérault était habitué à sa grande silhouette, à sa conversation enjouée, à son phrasé nerveux, à ses coups de sang aussi, parfois. Car Olivier était un camarade entier.

Il avait fait ses premières armes en 1973, dans le mouvement lycéen contre la loi Debré. Il était alors un des animateurs de la contestation au lycée Robert-Schuman de Colombes, dans les Hauts-de-Seine. Peu de temps après, ils rejoignait l’Organisation révolutionnaire anarchiste, ancêtre d’Alternative libertaire.

Dans les années 1980-1990, Olivier s’était éloigné du mouvement libertaire. Il y fit son retour vers 2003, en adhérant à AL, à Montpellier. Travailleur précaire, le plus souvent dans le bâtiment, vivant chichement, il déployait son action solidaire sur de multiples fronts : avec les sans-papiers, au sein des faucheurs volontaires d’OGM, au pied de la prison de Villeneuve-lès-Maguelone lorsque Jové Bové y était incarcéré, pour la Palestine… Ces deux dernières années, un cancer l’avait éloigné des luttes, mais il était encore présent en juillet 2018 aux Rencontres d’été d’AL, dans l’Aveyron. La maladie a finalement eu raison de lui, le 30 août Il aurait tellement aimé voir grandir son petit-fils, Milo."

JM-Izrine (AL Toulouse)

http://al-montpellier.over-blog.com/201 ... arade.html
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Messagede bipbip » 12 Sep 2018, 23:46

Rachid Taha, le feu feulé

Ebouriffé, à vif et jouisseur, le chanteur à la fois punk et poétique, ni d’Algérie ni de France et pionnier du mélange Occident-Orient, est mort mercredi à 59 ans d’une crise cardiaque.

«La musique de Rachid greffe la formulation et la texture du rock sur la complexité mélodique et rythmique de la musique arabe moderne. J’aime cette musique parce que c’est la voix fière et futuriste du jeune monde arabe. Quelque chose qui se dresse, comme un reniement direct aux stupides idées du choc des civilisations que Bush et Blair n’ont cessé de promouvoir. En travaillant avec Rachid, j’espère suggérer aux gens que ce soi-disant choc peut être quelque chose de fructueux et créateur.» Tel était en 2007 l’avis de Brian Eno, l’éminent producteur qui fait référence outre-Manche, comme partout ailleurs chez les mélangeurs de genres. Cela aurait dû suffire à apprécier à sa juste valeur le tranchant du rock de Taha au moins autant que son verbe haut, un parler franc et direct, une voix rauque pleine d’une vie attisée par le désir de vivre, justement, pleinement. Il était sans doute un des plus authentiques rockeurs qu’ait abrités la France depuis les années 80. A ce sujet, lui s’autodéfinissait non sans humour «soufi anarchiste», voire «Kabyle mental», en tout cas un fin lettré qui cultivait sa différence avec style.

... http://next.liberation.fr/musique/2018/ ... le_1678317
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Re: R.I.P.

Messagede bipbip » 13 Sep 2018, 20:59

Rachid Taha : qui se souvient ?

Se souvenir de Rachid Taha, qui nous a quittés mercredi, c'est se souvenir de celui qui a fait émerger sur la scène publique ceux qui n’étaient pas encore français, ni même encore beurs, juste des immigrés dans leur propre pays.

... http://www.liberation.fr/debats/2018/09 ... nt_1678485
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Re: R.I.P.

Messagede bipbip » 15 Sep 2018, 20:13

« Rachid Taha a donné chair aux combats d’une génération »

Naïma Huber-Yahi est historienne, spécialiste de la musique algérienne et maghrébine en France. Elle revient sur le parcours de Rachid Taha et son apport à la chanson française.

... https://www.humanite.fr/rachid-taha-don ... ion-660600
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Re: R.I.P.

Messagede bipbip » 17 Sep 2018, 10:31

VIDEOS. Retour sur la carrière de Rachid Taha en cinq chansons inoubliables

Le leader du groupe Carte de séjour, qui s'était lancé dans une carrière solo à la fin des années 1980, est mort d'une crise cardiaque, mardi 12 septembre, à Paris.

Rachid Taha est mort. Le chanteur d'origine algérienne s'est éteint, dans la nuit de mardi à mercredi 12 septembre, à l'âge de 59 ans d'une crise cardiaque. "Son fils Lyes, sa famille, ses proches, tous ses amis et son label Naïve, ont le regret et l'immense tristesse d'annoncer le décès de l'artiste Rachid Taha, survenu cette nuit suite à un arrêt cardiaque à son domicile des Lilas", indique le communiqué transmis à l'AFP. Leader du groupe Carte de séjour dans les années 1980, cette figure du rock français était notamment connue pour le titre Douce France. Mais son répertoire ne se limitait pas cette reprise de la chanson de Charles Trenet.

Franceinfo vous propose de revenir sur sa carrière en cinq chansons.

... https://www.francetvinfo.fr/economie/em ... 37049.html
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Re: R.I.P.

Messagede bipbip » 22 Sep 2018, 11:26

[ZAD NDDL] En mémoire de steffen et tout les autres !

Mecredi, 19 septembre, un militant automedia décède d'une chute de 15m du haut d'une des passerelles qui reliait une cinquantaine de cabanes dans les arbres de la forêt de Hambach. Des cabanes construites dans le cadre d'une occupation qui a debuté il y a 6 ans. Une occupation visat à empecher la destruction de la forêt de hambach par RWE. Une foret cetenaire devrait faire place à l'extesion de la mine de charbon qui a deja devoré presque 4000 ha en 40 ans.

Image

Comme l'Etat français l'a fait pour la ZAD de NDDL, l'etat allemand a choisi d'utiliser une répression impressionantes afin d'expulser les 150 occupantes. Plus de 3000 robocops, certains a cheval, canons a eau, plusieurs blindés et helicoptéres ont été déployés afin d'accomplir la destruction.
Une enième fois la présence répressive dela flicaille a fauché la vie d'un militant.

Nous avons en réponse exprimé un feu de rage sur la route D281 dans la zone a défendre de NDDL a feu lama faché, construite avec des camarades de hambach et detruite en avril 2018 par les forces repressive de l'état.

Nous ne voulons ni des flics ni du capitalisme destructeur et oppresif. Ni içi à notre-dame-des-landes, ni a Hambach, nullepart !

Contre l'exploitation par le capitalisme ! Contre la destruction du naturel ! Contre la répression par l'etat et ses robocops !
Nous continuons la lutte pour un lendemain solidaire qui nous plaît !
ZAD PARTOUT !

En mémoire de Rémi, Steffen et toutes les autres !
Solidarité internationale !
#ZAD #NDDL #HambiBleibt
#ACAB


https://nantes.indymedia.org/articles/42694
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Re: R.I.P.

Messagede bipbip » 27 Sep 2018, 16:14

Salam ya Gisèle !

Alternative libertaire et la cause anticolonialiste perdent une camarade, une amie, une militante dont la force, l’humour et la révolte étaient communicatifs.

Gisèle Felhendler est partie. Nous avions fait sa connaissance en 2007, à Paris dans le XIXe arrondissement. Avec son compagnon Alban, elle rejoignait alors la Ligue communiste révolutionnaire, portée par la dynamique de la campagne présidentielle.

Gisèle ne faisait pas de politique avec une calculatrice. Ce qui l’intéressait alors ce n’était pas l’attente d’un grand soir électoral, mais la recherche d’outils permettant de fédérer les luttes et de renforcer un projet global d’émancipation de toutes les dominations. Le projet de création du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) souleva ensuite beaucoup d’espoirs. Aussi participa-t-elle à la construction des comités NPA dans le XIXe arrondissement et à l’animation de son secteur international.

En 2008-2009, les militantes et militants d’AL la retrouvaient dans les luttes de solidarité avec les grèves de travailleurs et travailleuses sans papiers. Elle soutint le piquet de grève des salarié-e-s de Fabio Lucci, près de la porte de Pantin. Présente dans la solidarité internationale avec la Palestine ou avec la Tunisie pendant les révolutions arabes (2011), elle aidait les exilé.es qui devaient faire face au harcèlement policier dans les squares du XIXe. Elle était de celles et ceux qui firent le lien entre les exilé.es, les organisations tunisiennes de l’immigration et les organisations françaises.

Elle joua un rôle important pour favoriser les regroupements unitaires dans le XIXe et participa notamment au réseau anticapitaliste local qui regroupait des militantes et militants du NPA, d’AL, des Alternatifs, des communistes unitaires et des camarades de Solidaires. Ce collectif impulsa des luttes, en relaya d’autres et obtint par exemple le retour de la gratuité du festival du cinéma en plein air du Parc de la Villette, qui attire chaque été des dizaines de milliers de personnes. Elle participa aussi au développement des cafés politiques que le réseau impulsa à travers tout l’arrondissement.

Entre deux luttes nous aimions nous retrouver avec elle dans un des bars qu’elle appréciait pour boire un verre ou pour écouter Trio de Janeiro, le groupe de jazz-bossa d’Alban.

C’est durant ces années qu’elle cofonda l’association Sortir du colonialisme, et devint une des chevilles ouvrières de la Semaine anticoloniale et du Salon anticolonial de Paris, qui se tiennent chaque année. Elle anima également une émission pour le compte de Sortir du colonialisme sur Radio libertaire, puis sur Fréquence Paris Paris Plurielle.

Militante à AL Paris nord-est

En 2012, la crise qui déchira le NPA rendit difficile la lutte collective et le débat sur la stratégie d’action et de transformation sociale. C’est à ce moment-là qu’elle se rapprocha d’Alternative libertaire et qu’elle rejoignit le collectif AL Paris Nord-Est, où nous profitions au fil des réunions de ses connaissances, de son envie de nourrir le projet communiste libertaire et de sa joie de vivre.

Elle prit part à l’activité du groupe AL Paris Nord-Est, de la commission antiraciste et de la commission international, notamment en relayant appels, manifs, rencontres et autres initiatives qui lui semblaient importants, notamment quand elles émanaient de Sortir du colonialisme ou de l’Union juive française pour la paix.

Jusqu’en 2018, Gisèle demeura très active. Elle s’est battue jusqu’au bout. Nous perdons une camarade, une amie, une militante dont la force, l’humour et la révolte étaient communicatifs.

Toutes nos pensées vont à Alban, son compagnon, et à Élodie, sa fille, à qui nous faisons part de notre solidarité.

Ses ami.es et camarades d’Alternative libertaire

Un hommage collectif sera rendu à Gisèle Felhendler le 20 octobre, à 19 heures, au CICP, 21 ter rue Voltaire, Paris 11e.


https://www.alternativelibertaire.org/?Salam-ya-Gisele
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Re: R.I.P.

Messagede bipbip » 11 Oct 2018, 18:47

Un Marseillais est mort en combattant auprès des YPG en Syrie

Le 6 octobre 2018, Farid Medjahed, originaire de Marseille, est mort en combattant Daech dans la région de Deir ez Zor. Quelques mots en mémoire de ce militant internationaliste qui avait rejoint les YPG pour soutenir la révolution, combattre l’Etat islamique et lutter pour un monde de solidarité.

Les YPG ont rendu hommage à Farid, connu sous le nom de Şahin Qereçox, dans un communiqué reproduit en français par Rojinfo et que voici ci-dessous :

« Depuis le 10 septembre, les forces des YPG et YPJ participent à l’opération Tempête de Cizire, qui vise le dernier bastion de l’Etat islamique sur le territoire nord-syrien, à savoir la ville de Hajin dans la province de Deir ez-Zor. Notre camarade Şahin Qereçox (Farid Medjahed) s’est bravement battu dans cette opération avant de perdre la vie au cours d’affrontements intenses entre nos forces et les terroristes de l’EI, dans un village des environs de Hajin, en date du 6 octobre.

La révolution du Rojava attire de plus en plus de personnes convaincues par cette lutte pour une société meilleure. Outre la population de la région, de nombreux jeunes hommes et femmes du monde entier ont rejoint ce combat pour la démocratie et la liberté au Moyen-Orient, et des dizaines y ont perdu la vie. Şahin Qereçox était l’un d’entre eux. Au cours de son séjour au Rojava, Şahin a montré une capacité d’adaptation rapide. Bien qu’il n’ait eu aucune expérience militaire, il a appris rapidement et s’est constamment efforcé de s’améliorer. Il était consciencieux dans son dévouement, un travailleur acharné, dénué de toute arrogance et très conscient de ses responsabilités. Depuis le jour de son arrivée et jusqu’à son martyre, il a toujours mené à bien ses missions.

Nous, combattants des YPG et YPJ, honorons nos martyrs héroïques. Nous présentons nos plus sincères condoléances à la famille et aux proches de notre camarade Şahin Qereçox. Nous réitérons notre promesse de continuer à lutter contre toutes les manifestations du terrorisme et à assurer la sécurité et l’avenir de cette région. »



Par ailleurs, Davide Grasso, militant autonome italien qui a lui aussi combattu avec les YPG, rend aussi hommage à Farid sur sa page facebook, dans un texte que nous traduisons ici en français :

« La mort du combattant Français des YPG Farid Medjahed, originaire de Marseille, connu sous le nom de bataille de Şahin Qereçox, pourrait peut-être nous réveiller en ce qui concerne la guerre sanguinaire qui a lieu en Syrie contre Daech. Bien que les médias occidentaux aient plus été attirés par l’ascension de Daech que par leur difficile mise en déroute par un mouvement organisé depuis la base, indépendant de tout État et voué à une perspective anticapitaliste et confédérale, la lutte contre le califat est tout sauf achevée.

Il y a exactement un mois, le 10 septembre, débutait l’offensive sur Hajin, une ville dont personne ne parle. C’est une petite ville des bords de l’Euphrate à la frontière avec l’Irak, dans la province de Deir-ez-Zor. Savez-vous combien de combattants des Forces démocratiques syriennes sont morts en un mois seulement ? 330, selon les chiffres officiels. 330 morts en un seul mois équivaut aux pertes de l’opération sur Manbij ou de Raqqa, peut-être même plus. La grande majorité des combattants ne font pas partie des YPG et ne sont pas Kurdes, mais Arabes, enrôlés dans les divers bataillons des FDS, provenant souvent des villages et des familles de la région.

Ces combattants tombent comme des mouches. Comment cela est-il possible ? Hajin est devenue la tanière de tous les miliciens survivants de l’État islamique, qui sont plusieurs milliers. Les chiffres varient de 4000 à 8000 ; ce qui est sûr, c’est qu’ils sont nombreux et sont pour la plupart des internationaux, c’est-à-dire des gens qui n’ont pas grand chose à perdre et dont le seul but est de trouver la mort en donnant la mort en retour. Encore une fois, les populations locales sont prises au piège, quand bien même une partie des habitants ont pu être évacués grâce aux FDS qui assuraient leur sécurité.

Les combattants de Daech dont bien armés et ciblent nos forces de puissants missiles, souvent à guidage thermique. C’est le cas de celui qui a tué Farid. Difficile aujourd’hui d’être certains de qui leur fournit leurs armes, après la chute de Raqqa et la perte de nombreux arsenaux des zones environnantes. Ils se cachent dans les broussailles le long du fleuve et lancent de puissantes contre-offensives, provoquant un nombre extrêmement élevé de pertes. Avec un peu de recul, non seulement le califat n’intéresse plus les médias et les gouvernements occidentaux, tant qu’il n’y a pas d’attentats en Europe, mais on voit par ailleurs qu’il ne manque pas de gens qui ne voient pas d’un bon œil la disparition totale de l’EI : son existence est toujours une bonne excuse pour les prétentions interventionnistes dans cette région du monde, si stratégique pour le futur.

Cependant, la rationalité révolutionnaire est différente de celle du pouvoir. Avant tout, pour les amies et les amis des FDS, le plus important sont les populations locales, opprimées depuis cinq longues années, après avoir subi d’horribles massacres, justement au moment de la conquête de Daech : des clans entiers et des centaines de personnes avaient été trucidées. De plus, pour les gens du coin, ce bout de désert, c’est chez eux, et c’est pour cela qu’ils continuent d’avancer avec le peu d’armes à disposition (avec, heureusement, la couverture aérienne de la Coalition) contre le mur noir qui cherche de nouveau de s’intégrer sans pitié à la population civile et refuse d’abandonner la Syrie malgré sa défaite politique totale.

Ce n’était pas le cas de Farid, naturellement. Lui ne venait pas de Deir-ez-Zor, ni de Hajin. Il a quitté Marseille et l’Europe, où il était déjà un militant politique, parce qu’il était convaincu que même un bout de désert en Syrie valait toute l’amitié entre révolutionnaires du monde et, chose au moins aussi importante, entre tous les peuples du monde, parce que les deux choses ne peuvent être séparées.

Honneur à toi, Farid.
La partie de l’Europe qui est encore en vie ne t’oubliera pas.

N’oublions jamais les martyrs internationaux des FDS-YPG »

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Solidarité avec la famille de Farid. Ne l’oublions pas.

https://mars-infos.org/un-marseillais-est-mort-en-3408
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