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Messagede bipbip » 08 Avr 2017, 14:55

Armand Gatti: la mort d’un révolutionnaire du théâtre

Armand Gatti, de son vrai nom Dante Sauveur Gatti, est né le 26 janvier 1924 à Monaco. Il passe son enfance dans le bidonville de Tonkin avec son père, Augusto Reiner Gatti, balayeur, et sa mère, Laetitia Luzano, femme de ménage. Il suit ses études au séminaire Saint-Paul à Cannes. Fils d’un anarchiste italien et d’une franciscaine, Armand Gatti poète, auteur, dramaturge, metteur en scène, scénariste aura marqué l’histoire de théâtre français du 20ème siècle. En témoigne son impressionnante biographie ci dessous.

.... http://www.sceneweb.fr/armand-gatti-la- ... kOzUH5x.99
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Messagede bipbip » 10 Avr 2017, 16:51

Gatti est mort. A la Parole Errante ses mots résonnent encore !

Ce dimanche, le collectif Q2C a une pensé émue pour Dante Sauveur Gatti dit Armand, mort ce jeudi 6 avril.
Nous tenons une table au Salon du Livre antifasciste qui a déposé ses tréteaux à la Parole Errante, le lieu qu’il a créé et animé depuis des décennies, dans les anciens ateliers de Georges Méliès à Montreuil
.

Il ne s’agit pas seulement aujourd’hui de remercier de façon posthume Gatti pour sa générosité, jamais démentie, mais surtout de saluer un camarade engagé politiquement, artistiquement et socialement dans une entreprise d’émancipation collective de la créativité et de la conscience que nous partageons. Nous voulons nous souvenir de son accueil et de son intérêt sincère pour la démarche de la revue de N’autre école. Alors que nous n’étions encore que le comité de rédaction de la revue de la CNT-FTE, Gatti nous avait invité à rencontrer Jacques Rancière dans ses murs et nous avait fait la proposition de tenir, à la Parole Errante, des réunions régulières.

Beaucoup célèbrent à raison le dramaturge, le poète et le créateur d’un théâtre engagé et agitateur1. "Le théâtre est une mensonge qui dit la vérité !" Cette citation attribuée à Jean Cocteau, Dante ou Armand aurait pu la faire sienne, tant il avait foi dans la capacité performative de la représentation.

Certains insisteront sur l’originalité de son cinéma, charnière peu commune, en France, entre le documentaire et la fiction. Une articulation qu’il qualifierait de poétique et dont il ne cessa d’user en pratique pour provoquer la passivité du spectateur : pour éveiller les consciences comme dans le film l’Enclos qui en 1961, dans une des premières fictions consacrées au sujet, fait des camps de concentration une allégorie des sociétés industrielles ; pour libérer acteurs et spectateurs de l’aliénation sociale et culturelle en proposant à différents ouvriers des usines Peugeot de se raconter dans Le Lion, sa cage et ses ailes, au travers d’un portrait collectif en perpétuel remontage de 1975 à 1977 ; ou encore, pour révolter en évoquant la guerre d’Espagne dans Le passage de l’Ebre , un téléfilm réalisé pour la télé allemande en 1970.

D’autres, enfin se souviendront d’une personnalité hors norme se revendiquant dans ses pratiques et sa culture, de Bakounine, de Durrutti, de Lao Tseu ou de Saint François d’Assise. Il avait le projet poétique (au sens étymologique) de réunir des pensées sociales et mystiques qui au delà de leurs contradictions idéologiques, ont en commun l’attention portée aux plus faibles, aux exclus, et, la foi dans leur capacité de générer ou d’inventer, dans la révolte et le partage, hors des institutions autoritaires ou des églises établies, de nouvelles formes de vie collective.

L’autogestion de la Parole Errante et son ancrage dans la vie sociale et culturelle de Montreuil étaient (jusqu’alors) le témoignage de la réussite de son pari et de son pragmatisme. Et il faut espérer que sa disparition ne va pas accélérer l’action du conseil général de Seine St Denis qui cherche à récupérer le lieu.
Ce, en dépit de la volonté des usagers et des acteurs de poursuivre l’expérience de lieu culturel ouvert qu’il avait initiée 2.

Était-ce une leçon retenue dans le maquis lorsqu’il était résistant 3 ? Était-ce l’expérience plus intime de l’acteur ressentant la force de l’incarnation au travers de son personnage ? Toujours est-il qu’Armand Gatti accordait en matière d’action sociale et politique, beaucoup d’importance à l’impulsion de l’individu ou d’un petit groupe d’individus. Voyait-il l’agit-prop, l’action culturelle à visée sociale comme une pratique d’avant-garde ? Nous nous hasarderons à dire qu’il admirait des personnalités conscientes de ce que leur vertus et courage devaient à la volonté et la construction collective. Sans tirer la couverture, nous voulons conclure ce bref hommage en redisant que nous partagions avec lui ce qu’il faut bien qualifier de foi dans la pédagogie de l’action collective...


(1) : Armand Gatti commence sa "carrière" de dramaturge en faisant scandale avec Le crapaud buffle, pièce "anarchiste" montée par Jean Vilar en 1959.

(2) : Les locaux de la Parole Errante appartiennent au conseil départemental (CD) de Seine-Saint-Denis. Gatti et sa troupe y sont installés depuis 1997. Le bail se termine toutefois, et non sans lien avec la transformation en cours de la ville : le CD veut récupérer les lieux et faire de cet espace un lieu culturel de plus.
Ces dix dernières années, la Parole Errante a accueilli un grand nombre d’initiatives politiques, sociales et culturelles. Un accueil presque inconditionnel et une grande liberté d’usage y a été possible. À partir de cette histoire, de ces usages et des collectifs qui occupent ce lieu quotidiennement ou régulièrement, nous avons construit le collectif de la parole demain pour imposer des suites à la parole errante qui repartent de l’existant.
Le CD, en réponse, ne cesse de repousser la fin du bail, ou de contourner le problème en lançant notamment un appel d’offres pour la reprise du lieu. Deux projets ont été pré-selectionnés : celui des Jeunesses Musicales de France (JMF) et celui de l’Envol (« centre d’art et de transformation sociale ») d’Arras. L’avis de la Mairie de Montreuil pèse dans cette décision, et la mairie soutient a priori l’installation de ces projets.
Nous voulons que les suites de la Parole Errante continuent de s’inventer à partir de l’existant et de la multiplicité d’initiatives accueillies dans ce lieu, nous exigeons une expérimentation sur 3 ans dans cette perspective. Nous avons besoin d’être nombreux, venez donc ! passez nous voir à la librairie, au Centre Social Autogéré, écrivez-nous, organisez des choses, organisons-nous, nous avons besoin de lieux partagés, ouvert, défendons-les ! Continuons de prendre la parole !
lien : laparoledemain chez gmail.com, //laparoleerrantedemain.org

(3) : Suite à la mort de son père tabassé lors d’une grève d’éboueurs, il part alors en Corrèze, dans le maquis, avec la recommandation du père gramscien d’un de ses amis. En 1943, il est arrêté à Tarnac, emprisonné à Tulle, puis transféré à Bordeaux où il travaille à la construction de la base sous-marine. Transféré à Hambourg, à l’entreprise Lindemann, il s’en évade et rejoint en Corrèze l’un des nombreux maquis dépendant de Georges Guingouin.

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Messagede bipbip » 13 Avr 2017, 15:04

Luc Douillard

Décédé mercredi 12 avril 2017 à l’âge de 57 ans, des suites d’une maladie dont il se savait atteint depuis septembre dernier, Luc Douillard était une figure forte et atypique de la vie politique nantaise depuis une quarantaine d’années.

Militant de gauche, libertaire, non-violent, antiautoritaire et anticapitaliste, il était également soucieux de la dimension affinitaire et amicale, sinon festive, de toute action politique.

Luc Douillard était marié à Emmanuelle Lefebvre et père de trois enfants : Pierre, Marc et Félix. Il était par ailleurs professeur d’histoire-géographie au lycée professionnel Michelet. Cet homme d’une grande courtoisie, humaniste attentif à son semblable, cultivé, passionné de presse locale et nationale, grand lecteur et fin lettré, admirateur d’Albert Camus était féru d’histoire, et en particulier de l’histoire nantaise dont il avait une connaissance précise et étendue.

Ses derniers actes et prises de positions publiques concernent en particulier deux mouvements collectifs qu’il avait coanimés : « Nuit debout » à Nantes au printemps 2016, ainsi que l’Assemblée des blessés, association nantaise rassemblant des victimes de violences policières.

Épilogue d’un long parcours politique, souvent médiatisé bien que mené en marge des organisations politiques traditionnelles, et qui avait commencé à la fin des années 1970.
Issu d’un milieu catholique de gauche, fils d’un enseignant, il se souvenait avoir assisté en compagnie de ce dernier, dès 1973 à l’âge de 13 ans, à un meeting en faveur des ouvriers de Lip. Épisode de l’histoire sociale française qu’il citait régulièrement en référence, déplorant l’évolution de « la CFDT autogestionnaire, passé de syndicat le plus à gauche à celui le plus à droite. »

Mais c’est en 1979 qu’il s’engage véritablement dans une vie militante, à l’occasion des grèves à l’université de Nantes en faveur des droits des étrangers, qui aboutira à la naissance de HOU (Hors d’œuvre universitaire), groupe affinitaire d’étudiants libertaires qui connut des succès aux élections universitaires. « Le groupe HOU eut un rayonnement réel à Nantes, mais qui ne dura pas après nous […] Ce fut la matrice irremplaçable d’amitiés agissantes qui durent toujours », écrira-t-il dans son « Modeste bilan de ma vie publique » publié à Noël 2016.

Ce récapitulatif d’un itinéraire politique très dense, surtitré d’une citation de Samuel Beckett (« Essaie encore. Échoue encore. Échoue mieux ») est accompagné d’une abondante documentation et iconographie visible sur le blog docnant.blogspot.fr

Il y est question du rapprochement avec le Partito radicale italien, alors dirigé par le député européen Marco Panella, du mouvement contre l’apartheid sud-africain ; des actions avec le Partito radicale derrière le rideau de fer qui valurent à Luc Douillard d’être emprisonné en Pologne ; de l’Apéro du 1er mai pour la taxe Tobin ; de la fête des langues de Nantes avec l’association Nantes est une fête (NEUF), inventée pour « résister, dans la fête et par l’amitié, à tous les replis nationalistes et ethnicistes, et pour remercier les immigrés qui nous apportent ici même leur plus beau cadeau : une culture à partager ensemble, pour s’enrichir sans s’appauvrir ! » ; etc. Mais un événement ressort, entre tous, de cette énumération. C’est celui qui, le 27 novembre 2007, valut à son fils alors âgé de 16 ans, atteint par le tir de flash-ball d’un policier lors d’une manifestation lycéenne, d’être privé de la vue d’un œil. Comme son enfant, Luc Douillard en fut meurtri pour toujours et n’eut ensuite de cesse, avec son épouse, d’épauler durant de longues années le combat du jeune homme devant les tribunaux, jusqu’à obtenir réparation partielle devant le tribunal administratif, dix ans plus tard (cf l’essai de Pierre Douillard-Lefevre, L'arme à L'oeil. Violences d'État et militarisation de la police (2016, Éditions du Bord de l’eau).

Luc Douillard avait aussi la particularité de fédérer autour de lui, et pas seulement via les réseaux sociaux, de très nombreux amis aux divergences parfois marquées, mais qui se retrouvaient tous quelque part en lui, discutant parfois âprement ses fréquents commentaires sur l’actualité locale, nationale et internationale. Par leur finesse et, souvent, leur originalité, ses analyses politiques emportaient l’adhésion ou donnaient pour le moins à débattre.

Professeur de français-histoire-géographie au lycée Michelet, il a mené avec ses élèves de nombreux projets débouchant sur des publications consacrées aux bombardements à Nantes, à la Résistance, il avait aussi lancé un mouvement de solidarité avec le peuple grec : « je suis grec » dans le cadre d'une « internationale Adelphique ».

Sa toute dernière contribution sur son compte Facebook fut un texte sur la bonté, notamment en politique .
Un épisode, enfin, pourrait évoquer ce qu’était la personnalité politique de Luc Douillard. Lors de la campagne présidentielle de 1981, avec une poignée d’autres militants antifascistes pourvus d’un solide courage physique, il investit un meeting de Jean-Marie Le Pen à Nantes, plutôt que de manifester à proximité, pour y distribuer 400 exemplaires d’un tract reproduisant l’Édit de Nantes de 1598, texte historique qui proclamait la tolérance, l’égalité des droits et le respect des différences.
Tel était notre frère, ami et camarade Luc Douillard."

Des proches et amis de Luc Douillard.

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Messagede bipbip » 15 Avr 2017, 18:53

Luc Douillard avait publié en décembre un "modeste bilan" de sa vie publique, dans lequel il retraçait les nombreux combats libertaires et émancipateurs qu'il avait mené au cours de ces trente dernières années. Ce texte est consultable ici : http://docnant.blogspot.fr/2016/12/mode ... 5.html?m=1
Il avait également compilé une documentation précieuse et dense relative à la vie publique de Nantes et du pays nantais sur le même blog : http://docnant.blogspot.fr/
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Messagede bipbip » 15 Avr 2017, 18:57

Armand Gatti, anarchiste, poète, journaliste, dramaturge et écrivain, est décédé le 6 avril dernier.
Ci-dessous un texte-hommage.

Armand Gatti : l’éternité par les mots

C’était en 2001, la ville de Montreuil avait été le théâtre d’une magnifique lutte contre la reprise en main et en régie municipale du Cinéma Méliès. La lutte avait donné lieu à un front large, uni et combattif. C’est dans le sillage de ce combat, que le Forum Libertaire de l’Est Parisien avait germé dans les fraternités et sororités joyeuses des camarades libertaires montreuillois. Militant.e.s d’Alternative Libertaire, de la Fédération Anarchiste et de la CNT, nous avions imaginé ce Forum pour prolonger nos combats. Nos pas nous avaient naturellement menés vers la Parole Errante, dans cette Maison de l’Arbre que Gatti avait sauvé de l’abattage, lui qui rêvait d’ériger un « observatoire des étoiles » [1]. La Maison de l’Arbre, dans le jardin de Georges Méliès où il était en résidence, était devenue notre maison. Armand se plaisait à nous le répéter « Ici, vous êtes chez vous, c’est la maison des anarchistes ». Comme en Espagne libertaire, il avait aboli l’argent de toutes les transactions qui nous liaient, comme de toutes les représentations qu’il donnait. Serge Utgé-Royo était venu chanter « La Confederacion », et « Les ami.e.s de sous la cendre » avaient ressurgi de nos mémoires assassinées et pourtant si vivantes. Comme autant de Paroles Errantes venues se rassembler pour nous l’espace d’un soir étoilé...

C’est dans cette Maison de l’Arbre que nous avions rencontré Hélène Châtelain, sa compagne, qui nous avait guidé.e.s sur les traces de l’immense Nestor Makhno. A qui nous sommes lié.e.s à jamais.

Gatti avait rassemblé les mots du libertaire cosaque et nous les offrait comme autant de gouttes de pluie miraculeuse, régénérante, quand la sécheresse du capitalisme n’était pas loin d’avoir raison de nos espoirs. Gatti nous rapportait inlassablement ses mots « Prolétaires de tous les pays, plongez dans vos propres profondeurs, cherchez-y la vérité, inventez-la (il appuyait toujours sur cette injonction !), vous ne la trouverez nulle part ailleurs » [2].

Cette pluie régénérante, source de vie, il se plaisait encore à nous en rappeler le cycle ! Car le cycle de l’eau était pour lui une invitation à penser, à rêver, à imaginer que les gouttes de pluie qui tombaient sur nous étaient les mêmes qui étaient tombées -et avaient touché- les marins de Kronstadt. Une manière encore de retenir pour un instant ces Paroles errantes... Cette mémoire des vaincu.e.s.

Il marchait plus vite que nous. Ses mots de géant, nous aidaient à l’accompagner. Et pourtant, parfois, il nous parlait de manière inattendue comme lors de cette soirée à la Villette où il avait d’abord asséné que tant que les humains tueraient les baleines, il n’y avait aucun espoir pour l’humanité. Puis il nous avait tenu.e.s serrés autour d’un feu nourri par sa passion de la physique quantique, que nous découvrions alors grâce à lui… Inquiet, il répétait souvent que pendant que nous parlions, des trains entiers sillonnaient l’Europe, remplis d’animaux qui allaient à l’abattoir... Cette industrie de la mort ne lui laissait pas de répit.

Nos pas dans les siens, nous avons arpenté jusqu’aux rues de St Benoît du Sault, dans l’Indre, où grâce à Jean-Marc Luneau, fidèle et infatigable compagnon de route, Gatti fut l’invité en 2007 du 9è festival de ce bout du monde. Nous y avons vu, entre autres, un de ses films sous les étoiles (les vraies !) « Les arbres de Ville-Evrard ». L’occasion de nous redire combien la nature nous dépasse et combien les arbres sont grands. Tellement, qu’ils peuvent résister à la bombe atomique. À l’instar de l’incroyable Gingko Biloba ! Il était toujours à la recherche de ce qui résiste à la mort et à la destruction capitalistes contre toute vraisemblance !

Les arbres salvateurs, ce furent d’abord ceux de la forêt de la Berbeyrolle qui le protégèrent alors qu’il était dans la Résistance. Lui, le maquisard, fut sauvé par son arme qu’il ne chargeait jamais. Irrésolu à tuer qui que ce soit, c’est dans cette forêt qu’ il enracinait son combat des mots. Ah ! Que maudite soit la guerre ! [3]

On se souvient de ces journées à la Maison de l’Arbre pour des lectures, rencontres, échanges, expos, pièces de théâtre, avec Hélène Châtelain, Jean-Jacques Hocquard, Stéphane Gatti… Cette maison de l’Arbre où chaque année depuis dix ans, la CNT dessine un Autre futur...
Et contre toute vraisemblance, Gatti nous disait que la révolution espagnole était une victoire, que nous n’avions pas perdu mais gagné ! C’était parfois dur à comprendre, mais Gatti refaisait le combat des mots pour nous...
C’est alors que vêtu de la veste de Durruti, le poing (gauche, il y tenait !) levé, il partageait avec nous sa pensée et ses lectures du monde présent, ses espoirs immédiats et ses utopies concrètes. Son auberge était à la Grande Ourse.

Gatti, l’éternité par les mots.

NADA
à Montreuil, le 10 avril 2017.


Notes

[1] « L’éternité par les astres » de Louis-Auguste Blanqui.

[2] Citation de Nestor Makhno.

[3] Refrain d’une chanson pacifiste de Gustave Nadaud « Le soldat de Marsala ».


https://paris-luttes.info/armand-gatti- ... 15?lang=fr
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Messagede bipbip » 12 Mai 2017, 18:59

Mort d'un combattant

"Avant de s'endormir, il a retiré son masque à oxygène pour articuler clairement "il faut s'organiser": c'est ainsi que ses amis rapportent la mort de Jean-Pierre Petit, le fondateur de l'association "Souriez vous êtes filmés", créée en réaction à l'apparition voilà une vingtaine d'années, de la vidéo-surveillance et dans les toutes premières à s'être battue contre elle, y compris en s'attaquant directement aux caméras. Voilà près de vingt ans qu'on se connaissait un peu, et on s'était encore récemment croisés à NDDL et dans les manifs de l'autre printemps. En dehors de sa détermination sans faille, quelque chose nous manquera particulièrement de lui, c'est qu'il était toujours resté fidèle à la première partie de son slogan. Son sourire mélancolique tranchait agréablement avec la tronche obligatoire dans les milieux radicaux des années 90 (les ingouvernables, heureusement, on retrouvé l'arme de la joie). Oui, Jean-Pierre, on va s'organiser.

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http://quadruppani.blogspot.fr/2017/05/ ... ttant.html
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Messagede bipbip » 14 Mai 2017, 14:43

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Messagede Pïérô » 16 Mai 2017, 20:18

Adieu Jean Pierre Petit

Jean Pierre Petit, vieux camarade et copain de lutte, nous a quitté subitement la semaine dernière. Quelques images, quelques souvenirs... L’enterrement a lieu jeudi après midi et nous pourrons nous retrouver pour boire des verres le soir.

images https://paris-luttes.info/adieu-jean-pierre-petit-8152
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Messagede bipbip » 17 Mai 2017, 19:39

Les funérailles de Jean-Pierre auront lieu jeudi 18 mai à 14h30 à l'église Saint-Antoine des Quinze Vingt (souhait de la famille...), 66, avenue Ledru-Rollin Paris 12, Métro Bastille ou Ledru-Rollin.

Enterrement au cimetière parisien de Pantin (164, avenue Jean-Jaurès 93500 Pantin, entrée principale), à 15h45.

Pour aller voir Jean-Pierre une dernière fois à l'hôpital Tenon (http://tenon.aphp.fr/), tous les jours de 9 h à 16 h, secteur Achard, Porte 4 (entrée par le 3 rue Belgrand), jusqu'au 18 mai en matinée.

Rassemblement amical en son honneur jeudi 18 mai à 19h au café associatif de la Commune libre d'Aligre, 3, rue d'Aligre, Paris 12. (Merci aux ami.e.s de l'association d'avoir décalé l'événement qui devait se produire ce soir-là !).

La Commune prend en charge les boissons et le plat de résistance [coups de main bienvenus jeudi à partir de midi pour la préparation]. Chacun-e peut aussi apporter à boire et à manger (fromages ou desserts), il adorait les repas partagés à l'impro, mais aussi photos, films (vidéoprojecteur sur place), CD et vinyles qui lui ressemblent, pour faire encore une fois la chouille avec lui. Car Jean-Pierre sera là avec nous puisque nous serons tous ensemble !

L'émission "Les amis d'Orwell" du vendredi 19 mai (21h sur Radio libertaire, 89.4 MHz en région parisienne ou sur internet) sera consacrée aux ami-e-s de Jean-Pierre.
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Messagede Pïérô » 21 Mai 2017, 01:02

Rolland Hénault - Guimou de La Tronche

Rolland Hénault est né le 25 mai 1940 à Saint-Valentin dans l'Indre. Il a été professeur de lettres en collège, à l'université et en maison d'arrêt. C'est aussi un écrivain et un journaliste pacifiste et anarchiste. ---- En 1976, il est le co-fondateur et le rédacteur en chef du mensuel Le Provisoire. C'est un journal de contre-information publié dans le Berry. Dénonçant notamment les pouvoirs politiques locaux, il a rencontré un grand succès (le tirage a atteint 7 500 exemplaires) mais a du subir cinq procès en diffamation (à la suite de plaintes du ministre de la Défense nationale, d'un prêtre exorciste, d'un notaire et deux sbires d'un élu local) qui ont tous été perdus. En 1993, un dernier procès lui a été fatal. ---- Dans un tout autre genre, il est le co-fondateur de la revue régionale La Bouinotte en 1984. Il a tenu aussi des rubriques dans la presse de la région.

Il a écrit de nombreux articles dans la presse militante: Le Libertaire, Le Monde libertaire, L'Union pacifiste, L'École émancipée, La Révolution prolétarienne...
C'est un auteur prolifique. Il a publié 37 ouvrages: romans, poèmes, essais, pastiches de livres scolaires, de polars ou de grands classiques. L'humour est souvent au rendez-vous. Voici quelques exemples de ses livres. Les mots pour le dire (Éditions de l'Impossible, 2004) rassemble un choix de textes parus dans le journal L'Écho. Il y aborde des sujets d'actualité et prend la défense des plus déshérités. Le blues d'Eugène (A à Z patrimoine, 2004) est un pastiche de polar rural. Dans la Creuse, un taulard et un flic retraités mènent l'enquête sur des vieillards mystérieusement disparus. Il raconte sa vie d'enseignant dans deux volumes: L'école et moi: 1: un demi- siècle dans les geôles de l'Éducation nationale (Éditions de l'Impossible, 2009) et L'école et moi: 2: un demi-siècle d'anarchie douce dans l'Éducation nationale (Éditions de l'Impossible, 2009). L'histoire de Marie (La Bouinotte, 2010) raconte le destin d'une paysanne qui a du quitter la Bretagne pour venir travailler dans la Champagne berrichonne. Ce récit est aussi un hommage à une région qui s'est profondément transformée au cours du XXe siècle. Ses Œuvres presque posthumes (Éditions de l'Impossible, 2013) évoquent avec humour la guerre et sa hantise de la mort.
Depuis 1976, il est le parolier de la chanteuse anarchiste Elizabeth. Il a participé avec elle à des spectacles sous le nom de Guimou de La Tronche.

Rolland était membre du CIRA de Marseille depuis 2005. À plusieurs reprises, il nous avait offert plusieurs exemplaires de ses livres. Il est décédé le 5 avril 2017 à Déols dans l'Indre.

Le CIRA de Marseille

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Messagede bipbip » 05 Juin 2017, 17:37

Pour Jihel
https://manif-est.info/Pour-Jihel-236.html

À la revoyotte le Miche !
Avril 2017. Mois pourri pour le mouvement social à Nancy, mois exécrable pour les luttes, mois douloureux pour la résistance au capitalisme et au fascisme, mois de souffrances pour nous, amis, camarades, militants aux convictions communes… derrière les militants, il y a des êtres humains !
Quinze jours avant Jihel, Michel Cuny dit Lemiche a déposé banderoles et drapeaux. Il a coupé le micro de sa sono. Il a quitté le volant du vieux camion jaune de Sud Solidaires, qui polluait les rues de Nancy à chaque manif. Ne rechignant à aucune tâche de la vie militante, Lemiche n’était pas qu’un colleur d’affiches, qu’un rédacteur-imprimeur-diffuseur de tracts, qu’un redouté négociateur, qu’un habile conducteur de camion jaune, c’était un engagé, un enragé à lutter contre toutes les formes d’injustices, comme le rappelle cet extrait de l’intervention d’Annick Coupé, secrétaire générale de la fédération Sud PTT de 1989 à 1999 et porte-parole de Solidaires de 2002 à 2014.
... https://manif-est.info/A-la-revoyotte-le-Miche-239.html
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Messagede bipbip » 02 Juil 2017, 12:32

Pourquoi l’hommage unanime à Simone Veil est-il hypocrite et mensonger ?

L'annonce de la mort de Simone Veil, figure de la loi de 1975 instaurant pour la première fois en France le droit à l'avortement, a été l'occasion de nombreux hommages, de part et d'autre du champ politique.

« Icône de la lutte pour les droits des femmes », d’après Le Monde, « Une femme debout », pour Libération, « une femme de conviction » au « destin hors norme », se rappelle Le Figaro, « le meilleur de la France », pour Emmanuel Macron, et même « une femme qui aura marqué son empreinte sur la vie politique française », selon...Marine Le Pen. Dès l’annonce de son décès, l’ensemble du champ médiatique et politique s’est exprimé pour rendre hommage à l’ancienne ministre de la Santé de Giscard d’Estaing, rescapée des camps de concentration pendant la Seconde Guerre Mondiale et défenseure de l’Union Européenne. Une telle unanimité pour une femme politique et pour les droits des femmes à disposer de leur corps ne peut guère passer inaperçue. Que nous vaut donc cet élan de sympathie pour les droits des femmes ? Retour sur l’histoire de cette loi de 1975, sur la figure de Simone Veil, et sur son instrumentalisation.

... http://www.revolutionpermanente.fr/Pour ... -mensonger
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Messagede Lila » 05 Aoû 2017, 20:55

Jeanne Moreau, les combats d'une femme

Féministe sans en revendiquer l'étiquette, l'actrice s’était engagée pour le droit à l'avortement en signant le «manifeste des 343». En 2013, elle avait publiquement soutenu les deux membres du groupe Pussy Riot emprisonnées en Russie.

à lire : http://next.liberation.fr/culture-next/ ... me_1587317
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Messagede Lila » 20 Aoû 2017, 18:03

Fadwa Suleiman : mort de celle qui a dit non à Bachar al Assad

Fadwa Suleiman, 47 ans, est décédée jeudi 17 août en France. C’est là qu’elle avait trouvé refuge depuis 2012, après avoir dû fuir la Syrie, où elle était menacée de mort. Cette actrice célèbre avait été condamnée à se taire par le président syrien pour avoir organisé des manifestations pacifistes contre le régime à Homs.

à lire : http://information.tv5monde.com/terrien ... sad-186564
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Re: R.I.P.

Messagede Lila » 10 Sep 2017, 17:30

Kate Millett, figure du féminisme, s'est éteinte

L'auteur de la «Politique du mâle» qui a milité toute sa vie pour les droits des femmes, les droits de l'homme et l'antipsychiatrie est morte à Paris mercredi.

à lire : http://next.liberation.fr/culture-next/ ... te_1594748
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