Environnement

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Messagede bipbip » 01 Fév 2012, 01:51

La partie immergée du nucléaire

article sur blog Alternative Libertaire 22

Image . . La partie immergée du nucléaire

Quand nos gouvernements se donnent carte blanche pour empoisonner les océans.

Seulement quelques mois se sont écoulés et les principaux médias se détournent d'une catastrophe nucléaire toujours en cours. La catastrophe nucléaire de Fukushima de mars 2011 causée par la conjugaison de deux phénomènes naturels:un séisme de magnitude 9 et le tsunami qui a suivi, empoisonne le peuple japonais,la terre , l'air ,les cours d'eau et l'océan Pacifique.

Le 11 mars, le tremblement de terre ainsi qu'un défaut de refroidissement provoquent des fusions partielles de cœur de trois réacteurs nucléaires puis d'importants rejets radioactifs dans l’atmosphère puis dans la mer. Dès le 12 mars Tokyo Electric Power tente de refroidir des réacteurs avec de l'eau de mer. Toute l'eau déversée se charge alors en radioactivité. Tepco tente de la contenir mais entre le 1 er et le 6 avril environ 520 m3 d'eau contaminée s'écoulent dans l'océan via des tranchées. Du 4 au 10 avril Tepco est autorisée à déverser dans l’océan 10400 m3 d'eau « légèrement » contaminée. Plus tard des usines de traitement de l'eau de refroidissement contaminée sont installées co- développées par Areva et Véolia.

Des relevés sur l'eau de mer au large de la centrale de Fukushima Daïchi sont annoncés par Tepco le 22 mai:l'iode 131 est d'un niveau 126,7 fois supérieur à la norme idem pour le césium 134 le niveau est 24,8 plus élevé que la normale. Au sud de la centrale Daïchi l’océan connaît un taux de radioactivité croissant à grande vitesse. A moyen terme tout le littoral oriental situé entre les latitudes 35°30 nord et 38°30 nord est concerné par la dispersion de radionucléides à période longue (ils peuvent « subsister » 10 à 20 ans). Ces derniers sont appelés à gagner le centre et l'ouest du Pacifique. De plus un flot de milliers de tonnes de débris solides sans doute eux aussi pour la plupart contaminés traverse le Pacifique vers les USA...

Une étude publiée dans le n° 45 du « Environmental Science and Technologie »confirme la contamination prolongée de l'Océan pacifique.

Ici on a affaire à une contamination imprévisible (?) de l'océan .Elle est aussi due à l'incompétence , l'irresponsabilité de Tepco et à l' inconscience des gouvernements successifs japonais. Exploiter des centrales nucléaires c'est déjà suicidaire alors dans un pays victime régulièrement de catastrophes naturelles ... Mais après la seconde guerre mondiale avec le développement de l'éléctro nucléaire et de l'armement atomique la gestion des déchets nucléaires devient rapidement problématique les gouvernements européens ,américains et soviétiques décident de s'en débarrasser délibérément en mer !La contamination devient volontaire !

En raison de son étendu et de son immense volume les gouvernements et les scientifiques dans un délire scientiste considèrent l'océan comme la décharge idéale où tout se disperse,s'élimine ,se dilue. Les premiers déversements volontaires remontent à 1946 non loin des côtes de la Californie,le dernier officiellement aurait eu lieu en 1982 à un millier de kms environ des côtes françaises.

L' »évacuation » des déchets solides et liquides est progressivement réglementé. Résultat :des centaines de milliers de fûts de déchets enrobés dans du bitume ou du ciment parfois dans des containers reposent au fond des mers. Certains containers prévus pour rester étanches pendant 500 ans fuient au bout de 29 ans...En Europe de l'Ouest ,le Royaume uni devient le champion des rejets en mer. Entre 1950 et 1963 l'autorité britannique de l'énergie nucléaire immerge par 60 à 160 m de profondeur à 20 kms de la Hague 17 000 tonnes de déchets dans des fûts métalliques. La radioactivité globale serait de l'ordre de 58 000 gigabecquerels. D’après Institut de Protection et de Sûreté Nucléaire,la radioactivité de ces eaux est imputable aux rejets de retraitement de la Hague et de son homologue Sellafield et aux essais nucléaires atmosphériques .Les fûts ne sont même pas mentionnés ,pourtant la fosse des Casquets est une poubelle nucléaire connue.

Les déchets liquides sont déversés le long des lignes de ferries en mer d'Irlande par exemple pour ce qui concerne le centre de Windscale .Le centre nucléaire hollandais de Petten se débarrasse selon la même méthode de ses effluents radioactifs en mer du Nord. La France préfère vite rejeter ces liquides contaminés dans la Manche par un pipeline long de 2 kms à partir de la Hague.

Dans les années 60 des pêcheurs de la Rochelle,de Concarneau ,du Guillevinec remontent régulièrement dans leurs chaluts des fûts de déchets radioactifs...Parallèlement l'inquiétude monte ,les ong environnementales ,les mouvements antinucléaires se développent en Occident, les rejets sont de plus en plus encadrés à un niveau national puis international.

La convention sur la prévention sur la pollution des mers résultant de l'immersion de déchets et autres matières,dite « Convention de Londres de 1972 » est mise en vigueur dès 1975.Le secrétariat de la Convention siège à l'Organisation Maritime International. La Convention confie à l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (sous l'égide de l'ONU) un rôle consultatif. Les pays signataires de la Convention doivent avant de délivrer un permis d'immersion suivre les recommandations de l'AIEA. Jusqu'en 1977,l' »évacuation »dans la mer de déchets radioactifs n'a lieu qu'avec l'aval des autorités nationales,l'OCDE prend le dessus crée un mécanisme multilatéral de consultation et de surveillance pour coordonner les opérations d'immersions préparés par ses états membres .L’URSS continue dans le cadre de sa réglementation nationale a pollué secrètement les mers arctiques le nord ouest du Pacifique.

Pendant la réunion consultative de 1983 des parties contractantes de la Convention un vote adopte un moratoire volontaire sur l'évacuation en mer de tout type de déchets radioactifs en attendant l'avis d'un groupe d’experts. En 1985 un groupe élargi d'experts conclut que l'immersion de déchets faiblement radioactifs n'est pas dangereux pour l'environnement mais qu'elle n'est pas forcément inoffensive(!).Au cours de ses 7 ans d'existence aucun rapport du groupe international d'experts sur l'évacuation de déchets radioactifs en mer (IGPRA) n'indique l'existence d'un fort impact radioactif sur l'environnement résultant de l'immersion de poubelles radioactives.

Progressivement l'immersion de déchets radioactifs est interdit dans la Baltique (1992),dans la Méditerranée (1976),dans la Mer Noire,(1992) et dans certaines zones du Pacifique le sud en 1985 le sud est en 1989.Tout immersion de déchets est interdite par les Etats liés à la Convention de Londres depuis un vote en 1993.Ce vote est effectif à partir de février 1994.En 2003 78 pays ratifient la Convention de Londres.

Après l'accident nucléaire de Fukushima, à l'occasion de la conférence internationale de radio écologie et de radioactivité environnementale du 20 juin à Hamilton est crée l'Alliance Européenne de Radio-écologie. Espérons que cet énième organisme international (qui regroupe entre autre l'IRSN) se penchera sur la pollution délibérée par les états européens de l'Atlantique Nord ,de la Manche,de la mer du Nord...

Même si l'une des particularités des déchets radioactifs réside dans l'épuisement progressif de leur dangerosité à mesure que les sources de leur rayonnement s'éteignent,on sait que cet épuisement peut être très long ,que la bio concentration de certains nucléides est possible en mer chez les invertébrés fouisseurs et les animaux filtreurs. Par la bio accumulation toute une partie de la chaîne alimentaire peut être contaminée.

Alors qu'on sait depuis longtemps que tout exposition directe ou indirecte à des produits nucléaires induit des risques,les gouvernements de tout bord ont sciemment empoisonné l'océan au mépris des populations ,pour développer le nucléaire civil et militaire en toute tranquillité. Malheureusement pour eux se développent partout une conscience écologique internationale qui s'amplifie après chaque « accident »,...Les mensonges du lobby nucléaire trompent de moins en moins il est temps pour éviter que notre planète deviennent invivable de nous débarrasser de cette industrie mortifère et de tout ce qui l'a engendrée : capitalisme,centralisme ,État,productivisme,armée,nationalisme.

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Messagede alcibiade » 27 Juin 2012, 17:57

Enquête
Quand l’agriculture sert à nourrir les machines aux dépens des humains

Par Agnès Rousseaux (22 juin 2011)

Basta ! a enquêté sur un empire méconnu mais tentaculaire, du nom de Sofiprotéol, leader français dans les huiles de colza, de tournesol ou de soja. Fonds d’investissement aux multiples filiales, Sofiprotéol préfigure une agriculture au service quasi exclusif de l’industrie pétrolière et chimique. Cette « pieuvre verte » est dirigée par Xavier Beulin, actuel président de la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire, qui a l’oreille du pouvoir. Si ce modèle se développe, l’agriculture de demain servira-t-elle encore à nourrir le monde ?



Le modèle agricole français servira-t-il encore à nourrir les êtres humains ? En ces temps de spéculation sur les matières premières, notamment alimentaires, c’est la question que l’on peut se poser, alors que s’est ouvert à Paris le G20 agricole. « Nous voulons donner la parole aux paysans du monde entier. Nous avons des choses à dire en matière de lutte contre les variations de cours, l’arrivée des fonds spéculatifs, ou la constitution des stocks d’intervention », a lancé Xavier Beulin, président du premier syndicat agricole français, la FNSEA. Sous son égide, la puissante organisation compte bien apparaître comme un interlocuteur de premier choix, après avoir largement influencé la politique agricole française depuis un demi-siècle.

Mais qui est Xavier Beulin, le nouveau leader de la FNSEA ? Quelle vision de l’agriculture incarne-t-il ? À la tête du fonds d’investissement Sofiprotéol, l’homme ressemble davantage à un businessman qu’à un agriculteur. Sofiprotéol ? C’est l’établissement financier de la filière des oléoprotéagineux (colza, tournesol, soja). La société possède un vaste empire : leader de la production d’agrocarburants en France, impliqué dans le développement des OGM, la sélection génétique animale et végétale, dans la « chimie verte », propriétaire de la marque d’huiles Lesieur et du groupe Glon Sanders, leader français de nutrition animale. C’est fou le nombre de produits que l’on peut fabriquer à partir de fleurs de colza ou de tournesol : du carburant, de la glycérine (pour la pharmacie ou l’armement), du plastique, des détergents, des produits cosmétiques... Et accessoirement des huiles alimentaires. Résultat : sur un chiffre d’affaires de 5,6 milliards d’euros en 2010 pour Sofiprotéol, plus de la moitié est réalisé dans des débouchés industriels qui n’ont plus rien à voir avec l’alimentation humaine ou animale, dont 2,3 milliards pour les seuls agrocarburants. Quand les champs de colza commencent à ressembler à des gisements pétroliers...

Le monde selon Sofiprotéol préfigure-t-il l’agriculture du futur ? Est-ce un modèle partagé par ceux qui ont élu le businessman à la tête de la FNSEA ? Son élection en décembre dernier a suscité de nombreuses réactions. L’homme défend une « agriculture moderne, vivante et conquérante ». Pour Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne, il incarne surtout « une agriculture où les paysans sont sous l’emprise croissante des industries agroalimentaires. Une agriculture intégrée dans l’appareil économico-financier. En dehors des rouages macro-économiques, pas de possibilité pour les paysans d’exister. » Et Sofiprotéol, dont il est président ? « Une pieuvre, aux énormes tentacules », décrit Christian Berdot, responsable agrocarburants pour l’ONG Les Amis de la Terre.

Les manipulations génétiques, solution à la malnutrition ?

Sofiprotéol est actionnaire de Biogemma, une société qui contribue à « augmenter la biodiversité » par ses travaux sur les OGM... Biogemma a mis au point un « maïs résistant à la sècheresse », grâce à l’introduction par transgénèse d’un gène de sorgho. Et la société a multiplié ces dernières années les procédures judiciaires à l’encontre de faucheurs volontaires d’OGM. Côté génétique, Sofiprotéol figure également au sein du capital de Hendrix Genetics, un des leaders mondiaux de la génétique animale. L’entreprise basée aux Pays-Bas a notamment développé des « souches de poules pondeuses qui peuvent se nourrir de tourteaux de colza sans que le goût de leurs œufs ne soit modifié ». Un débouché supplémentaire pour les producteurs d’oléagineux.

Hendrix Genetics possède des entreprises et « joint-ventures » dans 22 pays, elle est spécialiste des fusions-acquisitions, comme le montre son spot publicitaire. Elle se rêve en sauveuse de l’humanité. Grâce à la sélection génétique, on pourra demain nourrir 9 milliards d’humains. Fini la malnutrition. Par sa filiale ISA (Institut de sélection animale), Hendrix Genetics est l’héritier de l’entreprise bretonne Studler, qui avec l’Institut national de recherche agronomique (INRA), a fabriqué dans les années 1970 la poule « Vedette 2 » : une poule naine aux besoins alimentaires réduits, après sélection génétique, qui en 1985 représentait 58 % du marché avicole national. La biodiversité ne fait pas partie des priorités de l’entreprise ! « Au fond, nous sommes encore des agriculteurs » [1], précise ISA sur son site. Comme si on pouvait en douter...

Une côte de porc FH100 ou un rôti Galaxy 300 ?

En échange de sa participation au capital, Sofiprotéol a cédé à Hendrix Genetics sa filiale France Hybrides [2], la « plus importante société privée de génétique porcine en France ». Celle-ci propose une gamme complète de porcs, créés par amélioration génétique, et triés selon leurs qualités : la Galaxy 300 vantée pour sa « douceur maternelle », la truie FH100, dont « les options choisies » pour sa création « ont pour but d’assurer l’homogénéité du produit terminal ». On ne sait pas trop s’il est question de jambon ou du porcelet à naître... Hendrix Genetics utilise la bio-informatique pour prévoir la « valeur génétique » de ses produits. Et stocke pour ses programmes d’amélioration génétique « des millions d’informations relatives aux performances individuelles de [ses] pedigrees ». Selon Hendrix Genetics et Sofiprotéol, l’agriculture du futur se gère dans des centres de données informatiques.

Pourquoi Sofiprotéol, concernée par les oléagineux, s’est-elle embarquée dans l’amélioration génétique animale ? Parce que les filières animales représentent le premier débouché des productions végétales. Sofiprotéol renforce donc sa présence dans ce secteur « par des prises de participation stratégiques ». C’est cette même logique qui conduit Sofiprotéol à la prise de contrôle en 2007 du groupe agroalimentaire Glon Sanders, leader français des aliments composés pour animaux. En dominant toute la filière, de la production d’oleagineux jusqu’à la sélection des animaux qui mangeront ces produits, Sofiprotéol étend ses tentacules.

Sofiprotéol, champion de la « chimie verte »

Sofiprotéol fait aussi des affaires avec l’entreprise InVivo, dans le secteur des semences, grâce à une holding commune. InVivo, premier groupe « coopératif » agricole français, s’occupe du stockage de céréales et du commerce international des grains, délivre ses conseils à l’agriculture intensive, ou investit la grande distribution (magasins Gamm Vert). L’entreprise commercialise aussi plus de la moitié des pesticides épandus en France, et consacre un milliard d’euros à la « santé végétale », par des accords de distribution avec les grandes firmes de l’agropharmacie – Syngenta, Bayer Cropscience, BASF, DuPont de Nemours [3]. Un partenariat stratégique de plus pour la pieuvre Sofiprotéol.

Parmi les filiales de Sofiprotéol, on trouve également deux sociétés spécialisées dans « l’oléochimie », Novance et Oléon. Cette dernière est une ancienne filiale de TotalFinaElf. Leaders du secteur en Europe, ces sociétés commercialisent des produits industriels d’origine végétale, utilisés dans les secteurs des lubrifiants, lessives, peintures ou cosmétiques... Une « chimie renouvelable », comme le décrit Sofiprotéol. Et qui protège l’environnement, précise le site du groupe. Avec le Grenelle de l’environnement, l’Union des industries chimiques s’est engagée à utiliser 15% de matières premières renouvelables dans ses approvisionnements d’ici à 2017. Sofiprotéol ne pouvait manquer d’investir dans un domaine qui constitue un débouché de plus pour la filière oléagineux. Le groupe a également lancé en Picardie un projet de bioraffinerie « Pivert », qui doit produire, à partir de colza et du tournesol, des biomatériaux pour l’emballage ou le bâtiment.

Des agrocarburants financés par le contribuable

Et quand les cultures de colza, soja ou tournesol ne finissent pas transformées en lessives, cosmétiques ou emballages, on les retrouve dans les carburants. Car le fleuron de Sofiprotéol, c’est Diester Industrie, numéro un mondial du « biodiesel ». Une entreprise productrice d’agrocarburants, en situation de quasi monopole en France. Comment Sofiprotéol s’est-elle taillée la part du lion dans la production de carburants ? Dans les années 1990, transformer le colza et le tournesol en agrocarburant est 2 à 3 fois moins rentable que le débouché alimentaire. Avec sa filière Diester, Sofiprotéol va réussi un tour de force, explique Patrick Sadones, agriculteur en Seine-maritime et ingénieur agronome, qui a produit un rapport très détaillé sur le sujet. Des aides de la PAC, une attitude bienveillante des pétroliers [4], des études de l’Ademe garantissant l’efficacité énergétique de la filière... Autant d’éléments favorables qui vont lancer la production à grande échelle.

Mais quand Xavier Beulin arrive à la tête de Sofiprotéol, les agrocarburants ne sont pas encore compétitifs. Il faut trouver une solution pour vendre le Diester®. La recette ? L’obtention d’une défiscalisation des agrocarburants : l’État reverse une partie des taxes perçues sur la vente de carburants aux producteurs d’agrocarburants. En 2003, Sofiprotéol bénéficie ainsi d’une « défiscalisation » de 0,35 euros par litre de Diester® [5]. Une facture payée par le contribuable. Vient ensuite la Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) en 2005 : l’incorporation d’agrocarburants (esthers d’huile) devient obligatoire dans le gasoil vendu à la pompe. Les distributeurs de carburants sont contraints d’acheter ces esthers d’huile à des sites de productions bénéficiant d’un agrément. Et jusqu’en 2007, comme par hasard, seuls les sites de Sofiprotéol/Diester industries bénéficient d’un agrément… C’est ce qu’on appelle la concurrence libre et non faussée.

Le Diester®, une « arnaque écologique au bilan catastrophique »

« Sofiprotéol ne tolère aucun concurrent sur le territoire national », explique Patrick Sadones. « Et les distributeurs de carburants ont dû payer 880 euros le mètre cube de Diester® vendu par Sofiprotéol, contre 360 euros pour un mètre cube de gasoil ». L’affaire est juteuse. Au point que selon Henri Prévost, ingénieur général du Corps des mines et auteur d’un rapport pour le gouvernement en 2005, les nouvelles usines d’estérification sont amorties en deux ans… « Sofiprotéol est extrêmement puissant. Les pétroliers sont aujourd’hui captifs, et Sofiprotéol ne prend pas de gants pour fixer les prix », estime Patrick Sadones. Le monopole s’est depuis fissuré, mais Sofiprotéol fournit encore les trois quarts du marché. Même le groupe Total, associé au géant Neste Oil qui exploite la plus grosse unité d’estérification du monde à Singapour, n’a pas obtenu du gouvernement l’agrément pour les 200.000 tonnes qu’il prévoyait de produire à Dunkerque. Résultat ? « Tous les ans, les distributeurs de carburants sont face à un seul opérateur, qui a juste ce qu’il faut à vendre, et ils sont obligés d’acheter », accuse l’ingénieur agronome. Et « Sofiprotéol continue son racket » : pour chaque litre de diesel vendu à la pompe, les automobilistes payent 3,5 centimes et l’État verse 0,5 centime (coût de la défiscalisation) pour les agrocarburants de Sofiprotéol.

Un surcoût qui pourrait avoir du sens, s’il contribuait à développer une énergie renouvelable et à diminuer les gaz à effet de serre. Mais pour Patrick Sadones et la Confédération paysanne, aucun doute : le Diester® est une « arnaque écologique » et son bilan est « catastrophique ». Une nouvelle étude de l’Ademe, publiée en 2010, rectifie les résultats de l’étude précédente (2002) concernant l’efficacité énergétique de cet agrocarburant. Malgré les progrès techniques, les chiffres sont bien moins favorables au Diester® [6]. « Même l’augmentation du pétrole au-delà de 150 dollars le baril ne rendra pas le Diester® compétitif », conclut Patrick Sadones.

Surtout, le Diester® pollue. L’étude de l’Ademe estime que l’utilisation de Diester® réduit de 57% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à l’équivalent en gasoil. « Mais il faut raisonner à production alimentaire constante : un agriculteur qui signe un contrat avec Diester industrie, cela signifie une déforestation à l’autre bout du monde pour maintenir la production mondiale en huile alimentaire, explique Patrick Sadones. Si on inclut ce changement d’affectation des sols, sur 20 ans, le Diester® est 2 fois plus mauvais que le gazole en terme d’émissions de gaz à effet de serre. »

Estérification ou désertification

Qu’importe, la pieuvre verte cherche aussi à étendre ses tentacules en Afrique. Le rachat de l’ex-Compagnie française de développement du textile (Sodaco), présente en Afrique de l’Ouest, au Maroc ou à Madagascar a échoué. Mais l’ancien président fondateur de Sofiprotéol, Jean-Claude Sabin, préside le conseil de surveillance de la société française Agro Energie Développement (Agroed), qui mène des projets de développement des agrocarburants au Mali, au Burkina Faso, ou en Guinée [7]. L’éventuelle expansion de Sofiprotéol en Afrique pourrait avoir de lourdes conséquences pour les agriculteurs locaux.

En 2010, les agrocarburants représentent en France l’équivalent de 109% de la production nationale de graines oléagineuses [8]. La production d’huile végétale est entièrement détournée de l’alimentation vers les carburants, ce qui entraîne des importations d’huile. Saipol, filiale de Sofiprotéol et propriétaire de Lesieur, en a d’ailleurs fait les frais en 2008 : 40.000 tonnes d’huile de tournesol, importées d’Ukraine, avaient été coupées au lubrifiant pour moteur. Saipol se déclare victime d’une fraude organisée, mais sa gestion de la crise a été très critiquée.

Surtout, l’importation notamment d’huile de palme provoque des déforestations importantes. « Ce changement d‘utilisation des sols provoque des émissions de CO2 considérables et l’utilisation de Diester® en substitution au gasoil, au lieu de réduire les émissions de gaz à effet de serre, pourraient les augmenter d’approximativement de 8 millions de tonnes d’équivalent CO2 ! », expliquent, dans un communiqué commun, Greenpeace, Les Amis de la Terre et le Réseau action climat. Sans oublier que la demande européenne en agrocarburants participe à la flambée des prix des matières premières agricoles et contribue à la spéculation sur les denrées alimentaires. Au total, on est loin des promesses écologiques de Sofiprotéol !

« La réussite de Sofiprotéol repose sur une imposture », résume Patrick Sadones. « Et l’élection de Xavier Beulin à la tête de la FNSEA est révélateur d’un syndicat qui ne sait plus quoi faire. Il comptait sur son poids politique, et, aujourd’hui, l’État n’a plus de marges de manœuvre pour satisfaire ses revendications. Alors on va se jeter dans les bras de ce gars-là, en se disant que c’est un modèle pour les autres filières. » La logique tentaculaire et l’intégration de la filière, des semences jusqu’aux produits de consommation finale, seraient-ils la solution d’avenir pour les acteurs agricoles ? Sofiproteol est sur tous les fronts : de ses 30.000 tonnes de sauces et mayonnaises, à la promotion de l’Isio ActiStérol, « première sauce salade qui réduit le cholestérol », en passant par les œufs Matines, Ovipac, Ovifrance (oeufs en poudre), la viande de porc, ou les conseils à l’élevage (« Sanders, 30 ans d’innovations en lapin »), les produits vétérinaires et médicaments pour animaux de compagnie (Sogeval), les produits phytosanitaires (« TH5, le désinfectant méchamment concentré »)... On s’éloigne de la filière des oléagineux.

Le « pouvoir des fleurs » de Sofiprotéol

Les ambitions de Sofiprotéol ne se limitent pas à la production agricole. Avec le groupe d’informatique agricole Isagri, il vient de racheter le groupe de presse France Agricole. Celui-ci édite notamment la revue du même nom, hebdomadaire professionnel le plus diffusé en Europe, tiré à 150.000 exemplaires. France Agricole gère aussi le réseau communautaire du monde agricole, Agrilink. « Contrôler la presse agricole est un bon moyen pour remporter les élections professionnelles », souligne Patrick Sadones. Et l’excédent brut d’exploitation de 300 millions d’euros prévu en 2011, comme pour les années précédentes, laisse quelques marges de manœuvre à Sofiprotéol pour investir dans des secteurs encore inexplorés.

L’avenir de l’agriculture sera-t-il à l’image de Sofiprotéol ? Xavier Beulin sera en première ligne dans les actuelles négociations du G20 agricole, dans celles sur la réforme de la PAC de 2013, dans les discussions de l’OMC, dans la mise en œuvre de la loi de modernisation de l’agriculture… « Qui aurait imaginé que le pouvoir des fleurs deviendrait un modèle économique d’avenir ? », titre la nouvelle campagne de pub de Sofiprotéol. Le « flower power » ? Sans doute pour montrer qu’avec quelques fleurs de colza, on peut construire un rapport de force qui fait plier gouvernement et multinationales. Mais les agriculteurs en profitent-ils vraiment ? Pas sûr. Entre OGM, agrocarburants et chimie verte, l’agriculture que nous prépare Sofiprotéol ne fait pas vraiment envie.

Agnès Rousseaux
Notes

[1] (« At heart we still are farmers »)

[2] Filiale génétique porcine de Glon Sanders

[3] Et le pôle fertilisants d’InVivo traite chaque année 1,2 million de tonnes de « produits de nutrition du sol et des plantes ». Source : http://www.invivo-group.com/activit...

[4] Ils préfèrent intégrer du Diester® à leur gasoil plutôt que d’importer du gasoil de Russie

[5] Ce qui équivaut à une subvention publique de 153 euros par tonne de graines de colza produites pour le Diester®. Source : Patrick Sadones, Xavier Beulin et le Diester : petite histoire d’une grosse arnaque

[6] Selon l’Ademe, on passe d’une « efficacité énergétique » de 2,99 à 2,16 entre les deux études, bien loin du chiffre annoncé par Xavier Beulin de 3,5

[7] L’ancien ministre de la Défense Charles Millon est également actionnaire et membre du conseil de surveillance d’Agroed. Il a été l’objet en 2008 d’une enquête préliminaire pour « abus de biens sociaux », « faux » et « recel » concernant un détournement présumé de fonds de cette société

[8] En 2010, selon l’USDA, la capacité d’estérification en France était de 2,9 Mt d’huile alors que la production française était de 2,646 Mt (6,3 Mt de graines d’oléagineux contenant 42% d’huile). Source : Agreste - Bilan conjoncturel 2010 - n°7-Octobre- Novembre 2010
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Re: Environnement

Messagede alcibiade » 30 Juin 2012, 09:44

Pollution minière : article tiré du site Bastamag.net qui est un bon site d'info écolo .

Au Chili, des villageois affrontent l’une des plus grandes fortunes mondiales
Par Elif Karakartal (6 juin 2012)

C’est l’histoire de villageois qui osent s’opposer à la plus riche famille du Chili. Après avoir asséché une vallée avec la construction d’une mégadécharge, le consortium minier Antofagasta, domicilié à Londres mais appartenant à la famille chilienne Luksic, intente un procès contre le comité de défense du village des Caimanes. Les villageois sont accusés d’ « association illicite » pour s’être opposés à la dévastation environnementale. Le procès débute le 7 juin.
Le réservoir-décharge atteint près de 300 mètres de hauteur. Il est constitué de boue compactée recelant 2 700 millions de tonnes de déchets produits par la mine Los Pelambres au Chili. À tout moment, cet immense édifice de déchets miniers risque d’ensevelir la vallée, mettant en péril la vie de ses habitants. Alors que les villageois de Caimanes dénoncent depuis des années la pollution et la spoliation de l’eau, les dirigeants de l’entreprise minière Los Pelambres ont choisi de mobiliser pouvoirs et moyens financiers afin de museler les voix qui ont osé se lever contre elle et tenter de mettre en prison ceux qu’elle n’a pu acheter. L’objectif, asseoir impunément le droit de contaminer librement au nom de la course au profit, en attaquant les défenseurs de l’environnement et des droits humains.

Derrière ce procès peu banal, des villageois vont s’affronter à la toute-puissance de géants financiers. Los Pelambres fait partie du consortium minier Antofagasta Minerals, propriété des Luksic, la plus riche famille du Chili. Le groupe Luksic, classé 27e fortune mondiale selon la revue Forbes en 2011, est propriétaire de différents secteurs d’activité clefs du pays et exerce une influence certaine sur les milieux politiques, dominant des gouvernements locaux et la plupart des médias. Lorsque onze habitants de Caimanes entament une grève de la faim qui durera 80 jours, l’action passe sous un silence médiatique quasi complet.

Aux origines de la mégadécharge

L’affaire commence il y a un peu plus d’une dizaine d’années lorsque l’entreprise minière Los Pelambres cherche un nouveau terrain pour entreposer les millions de tonnes de déchets toxiques produits par son extraction minière dans la province du Choapa, à 200 km au nord de Santiago. La vallée du Mauro, qui était jusqu’alors une vallée agricole tranquille, est choisie pour ses versants montagneux facilement aménageables en mégadécharge. Le fait que l’emplacement désigné se situe sur les nappes phréatiques qui alimentent la vallée n’embarrasse pas le moins du monde l’entreprise. Selon un processus qui jette le doute sur le sérieux des études d’impact environnemental, le permis d’installation de la décharge est accordé. La seule logique est celle des gains, en allant le plus vite possible dans l’extraction des matières premières.


Les habitants d’El Mauro reçoivent à la fin des années 1990 une invitation à déguerpir. Indemnisés une misère, ils sont déplacés de manière quasi forcée. Le mur, composé de boue toxique non solide, est érigé à partir de 2008. En quatre ans, il atteint la taille prévue après vingt-cinq ans, et mesure aujourd’hui 270 mètres de hauteur, 1,5 km de large, 7 km de long, accumulant 2 700 millions de tonnes de déchets toxiques. Sa construction a enseveli au passage des centaines de vestiges archéologiques, d’autres ont été déplacés et entreposés dans des cartons où ils gisent toujours aujourd’hui. Outre cette destruction du patrimoine archéologique, dénoncée depuis des années comme l’une des plus grandes de l’histoire du Chili par Patricio Bustamante [1], la vie du village est complètement bouleversée.

Pollution des eaux et risques sismiques

Les sources naissantes d’eau, obstruées par les milliers de tonnes de déchets toxiques, ne peuvent plus s’écouler. Elles ont formé un lac derrière les déchets, empêchant le processus de séchage des boues toxiques, ce qui engendre une contamination perpétuelle. Obstrué par le mur de contention des déchets toxiques, l’écoulement des eaux a fortement diminué, provoquant un assèchement quasi total. Le peu d’eau qui reste, pollué [2], prive les agriculteurs de leur moyen de vivre.


En outre, la mégadécharge peut s’effondrer à tout moment. Des pluies trop violentes menacent de faire déborder les eaux et de faire se déverser des milliers de tonnes de déchets toxiques qui enseveliraient le village. Dans un des pays les plus sismiques du monde, un tremblement de terre de force 9 sur l’échelle de Richter est une probabilité notable. La décharge a été construite sur des failles géologiques et son activité risque d’engendrer le phénomène aujourd’hui reconnu de « sismicité induite ». En cas de séisme dépassant 8,5 ou de pluies violentes, le mur ne résisterait pas et les habitants n’auraient alors que cinq minutes pour fuir. Cinq minutes. C’est peu, surtout lorsqu’il n’existe ni système d’alarme ni plan d’évacuation malgré le danger prévu et les réclamations réitérées des habitants. Installer des systèmes d’alarme reviendrait à reconnaître l’existence d’un danger, ce que les dirigeants de la mine veulent éviter à tout prix. Mais où est l’État ?

Corruption et conflits

Face à cette situation, bien loin de tenter de réparer les dommages causés, l’entreprise s’emploie à diviser pour mieux régner, distribuant emplois précaires et menus bénéfices à tous ceux qui vont dans son sens et les refusant aux autres. Elle décharge ainsi l’État de ses responsabilités sociales, en offrant par exemple en grande pompe une ambulance au village. Elle réussit ainsi à créer de fortes divisions au sein même des familles, la logique de la survie au quotidien entrant en conflit avec dignité et identité. Pour la jeune génération, il s’agit souvent d’opter entre donner sa force de travail à la mine, en ignorant dès lors tous les dégâts et destructions des terres de leurs parents et aïeux, ou quitter leur village. Le complexe de la décharge du Mauro ne laisse en effet travailler que « les bons éléments » [3].

En 2006, un recours à la cour d’appel de Santiago a été gagné par les villageois permettant l’annulation du permis de construire de la mégadécharge. Mais l’entreprise a alors versé 25 millions de dollars pour corrompre l’avocat s’occupant de l’affaire, acheter le terrain d’un agriculteur puissant et soudoyer une poignée de dirigeants du village, réussissant à négocier frauduleusement un accord visant à annuler l’annulation du recours précédemment décrété [4]. Bien qu’il n’ait pas été validé par les habitants, cet accord réalisé en catimini acquiert pourtant valeur de permis et la mégadécharge est bel et bien construite, en dépit du refus des habitants.


Défense des communs

Bien que les dommages soient causés, les habitants n’ont jamais baissé les bras. Constituant le Comité de défense personnel de Caimanes, ils se sont toujours mobilisés comme le montrent les nombreuses occupations, marches et pancartes, visibles dans tout le village. Dénonçant l’illégalité de l’accord enfreignant la résolution de la cour d’appel de justice, ils exigent son annulation. Ils demandent également que soient reconnus les dommages environnementaux commis, la contamination et l’appropriation illégale de l’eau, ainsi que les pratiques abusives de la méga-entreprise.

Pour avoir osé dénoncer les ravages environnementaux que l’entreprise minière nie jusqu’à aujourd’hui, et avoir mis en cause les pratiques de corruption qui ont permis l’obtention d’accords illégaux, les défenseurs de Caimanes se retrouvent aujourd’hui sur le banc des accusés et encourent des peines de prison. Jusqu’où ira la force du pouvoir et de l’argent ? Jusqu’où iront l’impunité et la privation de droits aussi fondamentaux que le droit à l’eau reconnu par l’ONU depuis le 28 juillet 2010, le droit à vivre dans un environnement sûr et sain, et le droit à s’exprimer et à dénoncer les crimes environnementaux ?

Quel modèle de développement ?

Le 7 juin prochain, commence un procès qui fera date. Il aura lieu à Ovalle (Chili), à près de 200 km de Santiago, et verra s’affronter un petit village contre la plus grande fortune du pays disposant d’une centaine d’avocats et de ressources financières illimitées. Les dirigeants de la mine Los Pelambres accusent le dirigeant du Comité de défense de Caimanes et ses avocats « d’association illicite ». Oui, s’opposer à la dévastation environnementale aujourd’hui est considéré comme une association illicite ! Le droit à vivre dans un environnement sûr et non contaminé, et le droit à se défendre sont aujourd’hui menacés.

Outre les conséquences directes sur les parties attaquées, les peines de prison et la perte de titres pour les avocats, le groupe Luksic vise à empêcher que le véritable procès, intenté par les avocats contre la mine, se réalise. L’objectif est d’intimider, voire de museler la défense pour que les délits environnementaux et la privation de droits des habitants de Caimanes soient étouffés. Espérons qu’au contraire ce procès sera l’occasion de mettre à nu les pratiques prédatrices et illégales de telles entreprises. Si, aujourd’hui, dénoncer les conséquences d’un mode de développement prédateur est susceptible d’être puni par des peines de prison, alors qu’en est-il de la justice ? On comprend que derrière cette histoire locale, ce sont les choix aveugles d’un modèle de développement accéléré qui se jouera ici.

Elif Karakartal, réalisatrice de films documentaires, membre du Collectif de films documentaires pour la mémoire historique de Caimanes, du collectif ALDEAH, de l’association France Amérique Latine, de la Coordination Eau Ile-de-France.

Photos : Collectif films documentaires pour la mémoire historique de Caimanes

Affiche : Patricio Bustamante

[Mise à jour du 8 juin 2012] : le procès contre Caimanes a été reporté. La nouvelle date sera fixée le 28 juin.

Notes
[1] Patricio Bustamante, chercheur archéo-astronome chilien, qui étudie le patrimoine archéologique de la vallée depuis plusieurs années, mentionne que les normes concernant le patrimoine archéologiques ont été violées (RCA 038 de 2004).

[2] Lire à ce sujet le rapport n° 3 du 7 avril 2012 sur la pollution de l’eau de Caimanes, du docteur Andrei Tchernitchin, professeur titulaire à la faculté de médecine, Université du Chili, dont le résultat a été validé par le Collège des médecins du Chili.

[3] Voir à ce sujet « Témoignages de Caimanes »

[4] Voir à ce sujet « Caimanes testimonios ».
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Re: Environnement

Messagede jackpot » 05 Sep 2012, 15:09

Et comme la plus grosse majorité des céréales servent a engraisser,boeuf,cochon et volailles, je vous invite toutes et tous a devenir végétarien,le plus tot sera le mieux...car les prix des viandes vont s'enflammer,manger de la viande une fois par semaine,compléter avec des proteines végétales,voila peut etre une solution pour inverser la tendance et éviter des famines et des emeutes de la faim...mais bon je me dis que tout cela arrange bien certains groupes qui boursicote sur les cours des céréales...500 millions de morts de faim les arrangeraient bien, car les pauvres,ça consomment pas et ça sert a rien..c'est surement leur doctrine...
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Re: Environnement

Messagede Ulfo25 » 07 Sep 2012, 21:36

Devenir végétarien pourquoi pas mais après j'ai du mal à franchir le pas j'avoue. C'est surement débile mais je me vois mal me passer d'un bon plat de bidoche de temps en temps. Puis je ne connais que peu le mode de remplacement pour garder un "taux" de protéine adéquate. Car s'i on supprime la viande faut bien la remplacer par autre chose.
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Re: Environnement

Messagede jackpot » 08 Sep 2012, 13:37

bah il y a pleins de proteines autre part que dans la viande...mais suis d'accord avec toi;moi j'aime aussi manger une belle entrecote,mais j'en mange une fois par semaine,le reste du temps quinoa,toffu et surtout du poisson et des huitres puisque je suis sur la cote..apres chacun vois midi a son horloge..l'équilibre alimentaire est un truc assez personnel,apres il faut etre curieux et savoir aussi ce que l'on ingurgite,pourquoi on le fait et les conséquences sur sa santé...
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Re: Environnement

Messagede ivo » 11 Sep 2012, 20:26

Du caméléon "tarzan" au paresseux nain de l'île d'Escudo : la liste des cent espèces en voie de disparition
fr info
Un inventaire dévoilé ce mardi révèle la liste des cent espèces d'animaux, de plantes ou de champignons menacées d'extinction. Le rapport a été présenté conjointement par la Zoological Society of London (ZSL) et l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), d'après une étude menée par plus de 8.000 scientifiques.

Image
Le triton du Luristan (Iran) fait partie des cent espèces menacées d'extinction © © R D Bartlett

Les noms sont exotiques, mais la réalité, elle, est moins agréable à entendre : le caméléon "Calumma tarzan" de Madagascar, le bécasseau-spatule ou le rhinocéros de Java font désormais partie des cent espèces menacées de disparaitre de la surface du globe. Une liste dressée par la Commission de survie des espèces de l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), qui tient son congrès mondial en ce moment à Jéju (Corée du Sud).

Malheureuse gagnante de ce classement : la tortue "Rafetus swinhoei", dont il ne resterait que 4 individus sur terre, et qui arrive en tête des espèces menacées dans plus de 48 pays de la planète. Toujours selon ce rapport établi par l'IUCN et la Zoological Society of London (ZSL) , plus de 63.800 espèces vivantes risquent aujourd'hui l'extinction à plus ou moins long terme.

Le texte a pour but de mettre l'accent sur l'effort de conservation : permettre à ces espèces souvent méconnues de ne pas disparaître, même si elles ne remplacent aucunes fonctions essentielles : "Toutes les espèces de cette liste sont uniques et irremplaçables. Si elles disparaissent, rien ne pourra les faire revenir. Mais si nous agissons immédiatement, nous pouvons leur donner une chance de survie", a prévenu la co-auteure du rapport, Ellen Butcher.

Parmi ces espèces, 41% des amphibiens, 13% des oiseaux et 25% des mammifères sont menacés d'extinction au niveau mondial. C'est également le cas pour 31% des requins et raies, ou 33% des récifs coraliens.

Dans cet état des lieux, la France figure parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d'espèces menacées : au total, 983 espèces menacées au niveau mondial sont présentes sur son territoire, en métropole et en outre-mer.

>>>
http://www.uicn.fr/
http://static.zsl.org/files/priceless-o ... q-2040.pdf
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Re: Environnement

Messagede ivo » 12 Sep 2012, 18:54

La France va demander une pause dans les biocarburants
fr info
Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a présenté son plan d'action pour l'agriculture devant le conseil des ministres. Pour venir en aide aux agriculteurs confrontés à une hausse des prix des céréales, il propose notamment une pause dans les biocarburants concurrents de l'usage alimentaire.

François Hollande l'avait promis mardi à Rennes, Stéphane Le Foll l'a présenté devant le Conseil des ministres mercredi. Le ministre de l'Agriculture a dévoilé son plan d'action pour l'agriculture. Il s'agit de venir en aide au secteur touché en ce moment par une flambée des prix. Stéphane Le Foll a notamment proposé une pause dans les biocarburants.

Le problème qui se pose pour ces biocarburants concerne ceux dits de "première génération". Des carburants issus de cultures de maïs, de canne à sucre, de céréales ou encore de soja, de colza et de tournesol. Dans ces cas-là, l'usage de ces plantations à des fins énergétiques entre directement en concurrence avec les cultures à vocation alimentaire.

Difficilement acceptable alors que les agriculteurs en général et les éleveurs en particulier sont confrontés à une hausse du prix des céréales. Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture a donc proposé une pause dans le développement des biocarburants. Cela va se traduire pas la limitation à 7% du taux d'incorporation de ces biocarburants de première génération dans les carburants.

La FAO veut la suspension de bioéthanol

Par ailleurs, la France va faire une proposition collective au niveau européen concernant cette pause. Elle la prônera également devant le G20.La FAO (organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) a déjà fait des préconisations allant dans ce sens. Cet été son directeur général avait demandé aux États-Unis de suspendre leur production de bioéthanol à partir de maïs pour éviter une crise alimentaire.

Néanmoins, l'espoir des biocarburants réside dans ceux dits de deuxième génération. Ils utilisent de la matière organique n'entrant pas en conflit avec l'alimentation ou des végétaux poussant sur des terres agricoles de mauvaise qualité. Paris entend s'en servir pour atteindre l'objectif européen de 10% d'énergies renouvelables dans les carburants.
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Re: Environnement

Messagede ivo » 13 Sep 2012, 09:30

Les anguilles de l'Ariège, pleines de PCB, interdites à la consommation
http://www.lemonde.fr/planete/article/2 ... _3244.html
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Le scandale de l'amiante / Eternit

Messagede Béatrice » 14 Sep 2012, 00:38

Scandale / Eternit s’attaque à l’avocat des victimes de l’amiante

BASTA !
Scandale / Eternit s’attaque à l’avocat des victimes de l’amiante
Par Ivan du Roy

http://www.bastamag.net/article2610.html

6 septembre 2012

C’est le monde à l’envers. Le procès de Jean-Paul Teissonnière, avocat « historique » des travailleurs victimes de l’amiante et de leurs familles s’ouvre aujourd’hui à Paris. Il est accusé de diffamation par l’entreprise de BTP Eternit, celle-là même qui fut le premier producteur d’amiante-ciment en France, jusqu’à l’interdiction de ce matériau très cancérogène en 1997. Eternit avait porté plainte suite à un entretien paru dans Télérama où l’avocat comparait les méthodes d’Eternit France et d’Eternit Italie.

En Italie, deux ex-dirigeants de la firme, le belge Louis Cartier de Marchiene et le suisse Stéphane Schmidheiny ont été condamnés, le 13 février 2012, à 16 ans d’emprisonnement ferme par le tribunal de Turin, lors d’un procès pénal sans précédent. Eternit France se défend d’avoir appliqué les mêmes conditions de travail que sa voisine italienne.

« La contribution des dirigeants français d’Eternit à la dissimulation des effets sanitaires de l’amiante est à l’égal de celle des condamnés de Turin », estiment au contraire plusieurs syndicats et associations de défense des victimes de l’amiante (Fondation Henri Pézerat, CGT Eternit Albi…) qui rappellent que Louis Cartier de Marchiene était également membre du conseil d’administration d’Eternit France de 1977 à 1992.

Eternit France a d’ailleurs été condamnée maintes fois pour « faute inexcusable de l’employeur » dans le cadre des procédures de reconnaissance en maladie professionnelle ouverte par des salariés – ou leurs familles en cas de décès – victime d’un cancer ou d’une maladie respiratoire liés aux poussières d’amiante. L’Inserm estime que l’amiante causera 100 000 morts en France entre 1995 et 2025. « La délinquance industrielle a encore quelques beaux jours devant elle », nous expliquait Jean-Paul Teissonnière, qui est aussi l’avocat des syndicats de France-Télécom dans la procédure ouverte après la série de suicides, lors d’un entretien accordé à Basta !...

Dans le scandale de l’amiante, la première plainte a été déposée en 1996. 16 ans plus tard, les victimes attendent toujours un procès pénal de ce côté-ci des Alpes.

Voir aussi notre reportage vidéo : Scandale de l’amiante : des vies réduites en poussière

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs
pour poursuivre son travail, faites un don.


http://www.millebabords.org/spip.php?article21458
« Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée. »
Louise Michel
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Re: Environnement

Messagede ivo » 14 Sep 2012, 12:50

La grand-messe écolo du gouvernement Ayrault
http://www.franceinfo.fr/politique/l-in ... 2012-09-14

Hollande annonce que la centrale de Fessenheim sera fermée fin 2016 et tous les emplois préservés
http://www.franceinfo.fr/politique/holl ... 2012-09-14
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Re: Environnement

Messagede ivo » 14 Sep 2012, 20:00

Conférence environnementale : satisfaction, attentes et déception
http://www.franceinfo.fr/politique/conf ... 2012-09-14
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Re: Environnement

Messagede ivo » 15 Sep 2012, 19:24

Le gouvernement présente les points clés de sa "transition écologique"
http://www.franceinfo.fr/environnement/ ... 2012-09-15
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Re: Environnement

Messagede K.O.A.L.A » 15 Sep 2012, 21:47

Pour franchir le/un cap, ou au moins se rendre compte qu'il existe des alternatives aux produits d'origine animale

http://vgn.me/zl

http://laterredabord.fr/articles2/vivreveganauquotidien.html

Et puis sur le net, les sites de recettes ne manquent pas
*Go veg' youpeee
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Re: Environnement

Messagede Ulfo25 » 18 Sep 2012, 14:10

Article de Pierre Bathélémy intitulé "Doit-on modifier génétiquement l'homme pour lutter contre le réchauffement climatique ?" paru dans la revue Usbek et Rica et reproduite pour l'occasion pour Le Monde.

L' article ci-dessous paraît ce lundi 17 septembre dans le nouveau numéro de la revue trimestrielle Usbek & Rica – à laquelle je collabore régulièrement – sous le titre "Tu seras un lilliputien végétalien, mon fils". Je remercie chaleureusement ce magazine de m'avoir autorisé à le reproduire ici. Usbek & Rica, dont le sous-titre est "Le magazine qui explore le futur", se trouve dans tous les bons kiosques et maisons de la presse au prix de 5 euros.


L'égoïsme est l'avenir de l'homme. Face au réchauffement climatique qui constitue un des plus grands défis collectifs de notre temps, la réponse des nations est un grand jeu de la patate chaude. Chacun a une excellente raison de demander à son voisin de faire l'effort le premier, qui parce qu'il a un niveau de vie à préserver, qui parce qu'il a une économie à faire décoller, qui parce qu'il a du pétrole à exploiter. Le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre a échoué et son successeur est mort-né. Chacun préserve ses intérêts particuliers et tous foncent vers une fin de siècle à +2 ou +3°C et des siècles suivants encore plus chauds. A moins que...

Le scientisme est l'avenir de l'homme. Le sauveur s'appelle ingénieur. Nous avons (involontairement) manipulé le climat dans un sens, nous pourrions le manipuler dans l'autre. D'où la tentation de la géo-ingénierie, cette idée qui consiste à contrebalancer le changement climatique soit en ensemençant les océans en fer pour stimuler le plancton et lui faire engloutir plus encore de dioxyde de carbone, soit en vaporisant du soufre dans l'atmosphère afin qu'elle renvoie une partie des rayons solaires, ce qui aurait pour effet de faire baisser la température planétaire. Mais, outre que l'on voit difficilement qui pourrait décider, au nom de l'humanité entière, de mettre en œuvre ce genre de solution, les réticents sont nombreux qui se demandent si la potion ne s'avèrerait pas pire que le mal. Mais l'apprenti sorcier a d'autres tours dans son sac...

Le post-humanisme est l'avenir de l'homme. Pourquoi ne pas tenter la même démarche, non plus sur le système océan-atmosphère mais sur nous-mêmes ? La question a été posée au début de l'année dans un texte de trois philosophes-éthiciens publié sur Internet. S. Matthew Liao, Anders Sandberg et Rebecca Roache y expliquent que, dans la lutte contre le réchauffement climatique, il faut songer à une tierce voie : l'homo-ingénierie. Faisons évoluer artificiellement l'être humain pour qu'il consomme moins de ressources et que soit ainsi diminué son impact écologique. Première voie à explorer : tout comme le professeur Tournesol rend, dans Tintin et les Picaros, le capitaine Archibald Haddock allergique à toute forme d'alcool, on peut chimiquement faire en sorte de rendre écœurantes les protéines animales. Exit les élevages intensifs et leur cruauté, les pets et rots de vaches pleins de méthane, le défrichement de la forêt amazonienne pour faire pousser du soja transgénique destiné à nourrir les bêtes, le détournement des cultures et de l'eau au profit des animaux de boucherie. Mais il y a mieux encore...

Le nanisme est l'avenir de l'homme. Le métabolisme de base étant directement proportionnel à la taille, les petits consomment et dépensent moins de calories que les grands. Sélectionnons donc, par le biais du diagnostic pré-implantatoire, les embryons génétiquement prédestinés à devenir de petits adultes. Tu seras un lilliputien végétalien mon fils. Tu conduiras un pot de yaourt, tu vivras dans une maison de poupée, tu boiras moins, tu pisseras moins, tu feras tout moins. On baissera les panneaux de basket, la hauteur des filets de tennis, on réduira la taille des buts au football et la longueur des pistes d'athlétisme pour que le sprint dure toujours moins de 10 secondes. Le petit sera beau, exemplaire, sexy et les conseillers du président de la République se débrouilleront pour entourer le chef de l'Etat d'ouvriers plus grands que lui lors de ses visites dans les usines. Dans leur article, Liao, Sandberg et Roache imaginent aussi des traitements hormonaux destinés à susciter plus d'empathie et de comportements altruistes chez Homo sapiens, ce afin de l'inciter à penser davantage aux êtres vivants, humains ou pas, qui souffrent des agressions qu'il perpètre contre la nature. L'heure serait-elle donc aux hommes et femmes améliorés ?

Le darwinisme est l'avenir de l'homme. Pour Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France, le concept d'homo-ingénierie « part du présupposé qu'on est arrivé à une espèce de terme, que l'homme ne peut plus évoluer. Elle oublie que l'évolution met en exergue des ressorts insoupçonnés, qui ne se sont pas encore révélés mais sont présents dans les potentialités de nos gènes. Cette approche de démiurge ou d'ingénieur veut améliorer l'homme au-delà de son état de nature mais elle risque surtout de conduire à une perte de diversité de notre espèce. » Même si on parvient à écarter la tentation eugéniste sous-jacente à l'homo-ingénierie, reste que cette démarche dans laquelle l'homme veut prendre en main de manière artificielle sa propre évolution témoigne d'une crainte troublante : nous avons peur de ne pas pouvoir nous adapter au monde que nous avons nous-mêmes créé.

Pierre Barthélémy
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