Surveillance généralisée, Big Brother

Re: Surveillance généralisée, Big Brother

Messagede bipbip » 12 Juin 2018, 22:34

Surveillance : le réseau français "intelligent" d'identification par caméras arrive

La reconnaissance faciale "intelligente" est annoncée comme une nécessité pour le ministère de l'Intérieur. Le modèle chinois de contrôle et surveillance de la population par des caméras et des algorithmes d'identification des personnes semble inspirer le gouvernement et l'administration française qui lance des expérimentations et des partenariats. Explications.

... https://information.tv5monde.com/info/s ... ive-242520
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Re: Surveillance généralisée, Big Brother

Messagede bipbip » 09 Juil 2018, 16:56

La Smart City policière se répand comme traînée de poudre

En mars, nous levions un bout du voile qui entoure encore le projet orwellien de la « Smart City™ » marseillaise. Mais force est de constater que le cas de Marseille n'est que l'arbre qui cache la forêt. Car la police prédictive et les centres de surveillance policière dopés aux Big Data pullulent désormais sur le territoire français. Une dérive qu'illustre très bien le cas de Nice : la ville de Christian Estrosi, grand obsédé sécuritaire, a fait appel à Engie Inéo et Thalès, par ailleurs concurrents sur ce marché en plein essor, pour deux projets censés faire advenir la « Safe City™ » niçoise. Or, face à cette fuite en avant dans les technologies de contrôle social que nos élus assument sans rougir, la présidente de la CNIL semble trouver qu'il urgent de... suivre la situation. Ce qui revient à laisser faire.

Cet hiver, Christian Estrosi, maire de Nice, a encore fait parler de lui. Il paradait, tout fier du contrat passé avec une entreprise israëlienne pour permettre, via une application smartphone, aux citoyens de se faire auxiliaires de police. Sollicitée par le conseil municipal de la ville, la CNIL a fait savoir fin mars son opposition, pointant le manque de base légale du dispositif ainsi que l'atteinte « disproportionnée » au droit à la vie privée qui en résultait.

Mais cette controverse relayée dans les médias a masqué l'essentiel. Car depuis l'an dernier, Nice aussi se prépare à devenir la Smart City™ du turfu en misant sur des partenariats avec de grandes entreprises des technologies de contrôle. Et on ne parle pas d'une petite boîte israélienne. On parle de Thales, bien connue, ou d'Engie-Inéo, une filiale Big Data du groupe Engie (Suez) (dans lesquelles l'État français détient respectivement 26,4% et 32,76% de parts). On ne parle pas non plus d'une simple « app » permettant de faire entrer le vigilantisme et la délation à l'ère 3.0, non. On parle de centres de contrôle-commande équipés de tout l'attirail moderne pour sonder quantités de bases de données issues des services publics ou d'entreprises privées, surveiller en temps réel l'espace public urbain et ce qui se dit sur les réseaux sociaux, faire de la police « prédictive »...

... https://www.laquadrature.net/fr/nice-sm ... rveillance
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Re: Surveillance généralisée, Big Brother

Messagede bipbip » 09 Juil 2018, 19:40

Reconnaissance faciale dans les aéroports parisiens

Des sas équipés d’un système de reconnaissance faciale sont désormais déployés dans les aéroports parisiens. Le durcissement des contrôles aux frontières avait provoqué à l’été 2017 une situation chaotique dans les aéroports français, en pleine saison touristique, avec de longues files d’attente. Le déploiement du systèmes Parafe (Passage Automatisé Rapide aux Frontières Extérieures), mais aussi de 300 policiers supplémentaires à Roissy et Orly, devrait fluidifier les contrôles tout en les maintenant au plus haut niveau.

Ces nouveaux sas, dans lesquels le visage du passager est scanné afin d’être comparé à la photo de son passeport, permettent un contrôle plus rapide que les précédents "Parafe" à contrôle digital : 10 à 15 secondes, contre 30 à 45 pour le contrôle des empreintes. De plus, 45% des passagers des aéroports parisiens sont éligibles à ce système de reconnaissance faciale -les ressortissants majeurs des pays de l’Union européenne, de Norvège, de Suisse ou encore du Liechtenstein-, alors que seuls 10% peuvent emprunter les sas de reconnaissance digitale. Quinze sas sont désormais opérationnels à Orly et 21 à Roissy. Il y en aura 95 à la fin de l’année.

https://secoursrouge.org/France-Reconna ... -parisiens
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Re: Surveillance généralisée, Big Brother

Messagede bipbip » 02 Aoû 2018, 00:05

Un collège-lycée contraint illégalement des enfants à être traçables en permanence

Il y a dix jours, une lycéenne de l'établissement scolaire privé Rocroy Saint-Vincent de Paul, à Paris, a révélé un changement du règlement intérieur de l'établissement. À compter de la rentrée, chaque collégien et lycéen devra porter sur lui un porte-clef fourni à l'établissement par la start-up française New School et qui permettra de localiser l'élève via une puce Bluetooth intégrée. Voici le résultat de notre analyse juridique et technique de ce système, concluant à son illégalité.

... https://www.laquadrature.net/fr/new_school
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Re: Surveillance généralisée, Big Brother

Messagede bipbip » 09 Sep 2018, 19:00

Big Brother : Un vrai partenariat public-privé

Les terrifiantes capacités de surveillance qu’ont les États contemporains serait nulle sans le secteur commercial. Réseaux sociaux, ordiphones, cartes bancaires, géolocalisation... Ils constituent l’infrastructure de la surveillance étatique. Pour la déjouer, il faut commencer par prendre ses distances, tant que faire se peut, avec cet univers.

Nous vivons dans une société de surveillance : disons-le clairement, une fois pour toutes. Il s’agit d’une mutation majeure du capitalisme moderne, fruit d’avancées scientifiques, de choix technologiques et de reculs démocratiques, qui aboutit à l’émergence d’un assemblage entre États et géants de l’Internet. Le danger que fait peser la surveillance sur les populations (et a fortiori les contestataires) ne vient pas de l’État, ni de Google-Alphabet ou autre Facebook, mais de la symbiose de ces deux types d’acteurs.

Sur le plan scientifique, la surveillance repose sur des découvertes en mathématiques et en informatique théorique (algorithmique, logique), dans la théorie des graphes notamment, ou encore dans le traitement du signal, les statistiques ou les mégadonnées (big data en anglais). Les progrès dans ces domaines permettent de traiter des données toujours plus lourdes, nombreuses, et structurées de manière complexe.

Ces découvertes peuvent être appliquées à la technologie de bien des manières différentes, mais dans la Silicon Valley, le progrès humain est évidemment loin d’être une priorité ; c’est l’enrichissement qui motive les choix de développement, tandis que les applications progressistes sont mises au placard.

C’est ainsi qu’Internet est envahi par des publicités toujours plus ciblées. C’est également ce qui explique les investissements colossaux pour rénover la charte graphique des dernières versions de Windows ou de l’iPhone, pendant que les chercheurs et chercheuses en cryptographie, capables d’aider la population à protéger sa vie privée, peinent à obtenir des financements.

Parallèlement à cette course au profit des entreprises, les États agitent l’épouvantail du terrorisme pour justifier un arsenal de lois sécuritaires toujours plus menaçant, qu’il s’appelle Patriot Act aux États-Unis ou « loi de programmation militaire » en France [1]. Les garde-fous démocratiques contre les abus du renseignement, souvent gravés dans la loi au sortir de la Seconde Guerre mondiale, tombent certes un à un, mais il ne faut pas s’y tromper : ces lois sécuritaires ne font que rendre légales des pratiques d’ores et déjà courantes des services secrets, jusque-là illégales mais rendues publiques par des lanceurs d’alerte comme Edward Snowden.

Apple s’achète une vertu à bon compte

C’est au croisement de ces deux dynamiques – logique du profit et surveillance commerciale d’un côté, contrôle étatique des populations de l’autre – que se construit la société de surveillance capitaliste et autoritaire, avec les moyens techniques des uns et la volonté politique des autres. La collaboration est avérée (on se souvient des révélations Snowden) et, pire encore, parfois proactive : certaines entreprises ne se contentent pas d’obéir aux injonctions légales, mais anticipent les attentes des États et fournissent leurs données sans y être contraintes, en usant très souvent d’un double discours.

Pensons à Apple qui, fin 2017, s’est publiquement opposée à l’injonction du FBI de lui livrer les clés de chiffrement de certains iPhone, et a pu ainsi se faire passer à peu de frais pour une ardente défenseure du droit à la vie privée… après avoir été impliquée jusqu’au cou dans PRISM, ce formidable programme américain de surveillance de masse qu’a rejoint Apple en octobre 2012, en donnant au FBI et à la NSA un accès libre à toutes les données que l’entreprise pouvait posséder sur ses utilisateurs et utilisatrices.

Une telle mutation du capitalisme n’aurait pas pu être mise en œuvre par un seul de ces deux acteurs. Bien que les patrons de Google-Alphabet ou de Facebook se soient publiquement positionnés pour la fin de l’anonymat sur Internet, ils n’ont pas la capacité politique d’imposer ce type de changement. Inversement, sans ordiphones (smartphones, en anglais) dans nos poches pour nous géolocaliser ou écouter nos conversations, sans cartes bancaires pour suivre nos déplacements et nos achats, sans sites web financés par la pub pour pister notre navigation et sans réseaux sociaux pour déterminer nos profils de consommateurs, les capacités de surveillance de masse seraient très limitées.

Petit exercice d’imagination : la Résistance, pendant la Seconde Guerre mondiale, aurait-elle pu tenir plus de quelques mois dans un quotidien envahi de caméras, d’ordiphones, et où chaque interaction avec un dispositif numérique laisse une trace potentiellement compromettante ?

Se dégager de l’emprise des Gafam

Si cette perspective est inquiétante, il est pourtant possible d’agir collectivement pour nous protéger. Même si le risque zéro n’existe pas, on réduira significativement la menace qui pèse sur nous, nos proches et les camarades avec qui nous sommes en contact en se dégageant autant que possible de l’emprise des Gafam et autres dispositifs commerciaux de capture de données : ne pas créer de compte Facebook, utiliser des logiciels libres, opter pour des fournisseurs d’accès libristes et autogérés, mais également privilégier les paiements en liquide, voire même empêcher l’installation du compteur Linky, etc.

Mais la démarche ne peut pas, et ne doit pas être qu’individuelle : à un problème politique, il faut opposer une solution politique. C’est pour cela qu’Alternative libertaire, lors de son dernier congrès, s’est résolument engagée en faveur du logiciel libre et des alternatives aux Gafam et a créé en son sein un groupe de travail dédié.

Le groupe de travail libriste d’AL


PÉKIN VEUT PASSER DE LA FICTION À LA RÉALITÉ

Les fans de la série télévisée Black Mirror sont habitués aux projections dans un futur technologique glissant doucereusement vers un totalitarisme ouaté, parfois brutal. L’épisode « Nosedive », par exemple, met en scène un déploiement de l’emprise de l’État au plus profond de la vie des citoyennes et des citoyens par l’enrôlement des réseaux sociaux et de l’industrie de la surveillance commerciale.

Cela n’a rien de fictionnel  : c’est très exactement ce qu’entend mettre en œuvre le gouvernement chinois avec son projet de Système de crédit social (SCS), d’ici à 2020. Au commencement, le groupe Alibaba (l’équivalent chinois d’Amazon) a développé pour le site de rencontre Baihe un système de notation consistant à calculer, pour chaque individu, un score de santé financière et d’intégration sociale afin d’objectiver numériquement qui est un « bon parti »… et qui ne l’est pas.

L’idée de l’État chinois est d’élargir ce système à toute la société, donc d’attribuer à chaque habitante et habitant un score global calculé en fonction de ses diplômes, de son assiduité à s’acquitter de l’impôt, des infractions commises, de ses habitudes de consommation, de ses prises de positions politiques, du score de ses fréquentations, etc.

Ce score conditionnera l’accès à certaines écoles, à certains postes dans l’administration, au crédit, voire aux transports en commun et autres services publics. Pour se saisir de toutes les données générées par le secteur commercial en ligne, la bureaucratie du Parti communiste chinois n’aura eu qu’à tendre la main.


https://www.alternativelibertaire.org/? ... blic-prive
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Re: Surveillance généralisée, Big Brother

Messagede bipbip » 18 Sep 2018, 03:42

Le bras long de la répression : rencontre avec Matthias Monroy

infotour

Ou « Comment l’Europe traque la dissidence ».
Rencontre et discussion avec Matthias Monroy, journaliste et membre de la revue CILIP (« Droits civiques et police ») dans le cadre d’un info-tour sur la coopération des polices en Europe.

Image

Jeudi 20 septembre à 20h00, rencontre et discussion au Snack Friche (8 rue Amiral Pierre, Quartier Libre des Lentilleres, Dijon) avec Matthias Monroy, journaliste et membre de la revue CILIP (« Droits civiques et police ») dans le cadre d’un info-tour sur la coopération des polices en Europe. Entrée libre.

Au sein de l’Union Européenne, les Etats Membres ont mis en place de nombreux outils leur permettant de poursuivre des personnes au-delà des frontières. Dans le cadre de la coopération pénale européenne, les institutions répressives peuvent prendre des « décisions d’enquête européenne en matière pénale », et ainsi ordonner à chaque Etat Membre, de procéder à des perquisitions, à des écoutes téléphoniques ou encore de placer des logiciels espions sur des ordinateurs.

Actuellement, la collecte de données personnelles sur des serveurs internet est facilitée dans le monde entier. Cela concerne également les banques de données de la police et des douanes qui sont en train d’être renouvelées. Les empreintes digitales sont rassemblées dans un fichier dit de « stockage biométrique ». L’ensemble des données des personnes exilé.e.s sont déjà examinées au moyen de la reconnaissance faciale. Le système informatique de Schengen, dont la Suisse fait aussi partie, est la plus grosse banque de données de police en Europe. De plus en plus de personnes y sont inscrites dans le cadre de poursuites secrètes ou de mandats d’arrêts européens.

Cela signifie en outre qu’un mandat d’arrêt national peut être diffusé à travers Interpol à 190 Etats. Enfin, il existe d’autres réseaux policiers et de services de renseignements en dehors de l’Union Européenne au sein desquels les décideurs se concertent sur les opérations à mettre en place et sur le développement de stratégies.

Matthias Monroy, journaliste berlinois, est membre de la rédaction de la revue CILIP (« Droits civiques et police ») qui propose des analyses sur la politique de sécurité intérieure en Allemagne et en Europe depuis 1978. Au cours de notre tour-info qui fait étape en Suisse, en France et en Allemagne, Matthias contribuera à notre réflexion sur l’étendue des prérogatives policières et judiciaires en Europe, sur leur impact sur nos mouvements sociaux et sur les stratégies d’autodéfense collectives à imaginer.

Les autres dates de l’info-tour :

le 19 septembre, 19h : Anarchist Infotheque Furia, Bern (Suisse)
le 20 Septembre 19h : CCAN Nancy
le 22 septembre, 20h : KTS, Freiburg (Allemagne)

https://dijoncter.info/?le-bras-long-de ... er-des-530
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