Les chiffres "tronqués" du chômage !

Les chiffres "tronqués" du chômage !

Messagede Béatrice » 29 Jan 2012, 18:08

Réédition : les chiffres "tronqués" du chômage !

De tout l'art de tromper " son monde " :

S'il était tenu compte : des allocataires du RSA non inscrits à Pôle Emploi , des chômeurs arrivés en fin de droits ( et exclus du régime du RSA , etc..; ) , des handicapés ,
des salariés au chômage partiel : le chiffre de 7 millions de chômeurs serait dépassé !

( Le président " Sarko-Berlusconien" français , qui s'est arrogé les pleins pouvoirs sur la plus grande partie des chaînes de télévision française et en très bon "autocrate"
investit ce soir la plus plupart d'entre elles , afin d'y porter son discours " encore plus de rigueur ! " nous révélera-t-il le vrai chiffre ? ( la question reste posée , mais
d'ores et déjà , il est aisé d'en connaître la réponse ! ) :


Actu-chômage
Chômage : ses "invisibles" et son "halo"
Officiellement, ils sont 3 millions (seule catégorie A). Officieusement, plus de 5 millions si l’on englobe tous les inscrits à Pôle Emploi. En rajoutant une bonne partie des sans emploi qui ne sont pas comptabilisés (RSA, AAH…), on dépasse 7 millions.

A lire avec tous les liens :

Samedi, 28 Janvier 2012

Fin décembre, il y avait 2.874.500 inscrits dans la catégorie A (chômeurs officiels, sans activité aucune) en métropole, 3.111.400 avec les DOM. Toutes catégories confondues (ABCDE), chômeurs âgés "dispensés de recherche d’emploi" et DOM compris, ils était 5.327.500.

Et les RSAstes ?

On sait qu’à fin décembre, Pôle Emploi comptait 694.800 inscrits percevant le Revenu de solidarité active. Mais, sur un total de 1,55 million d’allocataires du RSA "socle" ou "socle+activité", il en reste environ 860.000 qui sont suivis par des référents RSA désignés par les Conseils généraux : ils ne sont pas inscrits à Pôle Emploi, donc pas comptabilisés.

Certes, on pourrait contester le niveau d’"aptitude à l’emploi" de la plupart, certains ayant de lourds problèmes de santé, de logement, de famille… mais cela n’a pas semblé déranger le gouvernement qui a créé à leur intention des mini-contrats visant à favoriser leur « réapprentissage de la vie »... La majorité des allocataires du RSA qui bénéficient d’un accompagnement social plutôt que professionnel entrent dans la définition du "halo" du chômage [1] : inactifs de 15 à 64 ans qui souhaitent travailler mais ne sont pas comptés comme chômeurs au sens du BIT, soit parce qu’ils ne sont pas disponibles rapidement pour travailler, soit parce qu’ils ne recherchent pas d’emploi.

Les sans droits

Inscrits nulle part non plus mais en recherche active d’un travail, signalons une nébuleuse de chômeurs arrivés en fin de droits qui, n’ayant accès à aucun revenu de remplacement — ASS, RSA… — parce que leur conjoint(e) travaille et "gagne trop", ne voit pas l’intérêt de faire partie d’une liste. Obligé(e)s de vivre aux crochets de leur époux/se, ces personnes, dont on ne connaît pas le nombre, ne font pas partie du "halo" du chômage.

Les chômeurs en fin de droits étaient 850.000 en 2009 et 1 million en 2010. Le gouvernement, alors en train de concocter son "plan rebond" foireux, estima à 325.000 le nombre de ceux qui n’auraient droit à rien.

Les handicapés

Il y a aussi le cas des bénéficiaires de l’AAH, l’allocation adulte handicapé — près de 900.000, selon les derniers chiffres de la Dares — dont une grande partie est suffisamment valide [2] pour prétendre à l’emploi et, d’ailleurs, extrêmement désireuse de travailler (les salons de l’emploi réservés aux handicapés sont toujours pleins à craquer). Certains réussissent parfois à décrocher un petit job, cumulant leur AAH avec un revenu d’activité. Mais le taux de chômage de ces personnes, particulièrement discriminées à l’embauche, demeure le double de la moyenne nationale : il est régulièrement évoqué dans la presse.

Les bénéficiaires de l’AAH, comme les allocataires du RSA, sont payés par la CAF. Suivis par diverses associations spécialisées, ils ne sont pas comptabilisés dans les chiffres officiels.

Et le chômage partiel ?

Il a eu ses heures de gloire au début de la crise, entre octobre 2008 et septembre 2009. De 12.300 salariés par mois en moyenne entre janvier 2007 et septembre 2008, ils étaient 103.000 au dernier trimestre 2008, 220.000 au 1er trimestre 2009, pour atteindre un pic à 270.000 personnes au 2e trimestre 2009. Le nombre de salariés en chômage partiel est ensuite redescendu à 78.000 fin 2010.

La crise ayant entamé sa deuxième phase de dévastation et la réactivation des dispositifs de chômage partiel faisant l’unanimité, il est à attendre une nouvelle poussée de ce côté-ci du chômage caché.

SH

[1] La dernière étude de l’Insee sur le "halo" du chômage date de 2009 et portait sur l’année 2007. Elle chiffrait alors à 770.000 le nombre d’actifs le composant.

[2] Au Royaume-Uni, où il est plus facile de décrocher le statut d’invalide, il y a environ 2,5 millions de personnes qui échappent ainsi aux statistiques officielles...


http://www.actuchomage.org/20120128...
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Re: Réédition : les chiffres "tronqués" du chômage !

Messagede Béatrice » 22 Fév 2012, 19:39

Selon François Chérèque , le ministère du Travail ferait pression sur certaines directions d'entreprises afin que ces dernières repoussent les plans de licenciements
après la prochaine échéance électorale ...

( Si Chérèque se croit obligé de faire une telle déclaration publique , c'est sûr : le pire reste à venir ! )



Actuchomage

Le gouvernement fait pression pour reporter les plans sociaux après les élections
Mercredi, 22 Février 2012 15:49
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François Chérèque confirme que le ministère du Travail enjoint certaines directions d'entreprises de repousser leurs annonces de plans de licenciements après le 6 Mai.

Cette manœuvre met à mal la posture de "défenseur de l'emploi" que le candidat Nicolas Sarkozy tente de développer lors de sa campagne et au gré de ses déplacements.

Mardi soir, dans l'émission Preuves par 3 sur Public Sénat, le leader de la CFDT explique : “Je rencontre régulièrement des chefs d’entreprises et des DRH. Certains me disent que, toutes les semaines, le ministère du Travail leur téléphone pour leur demander leurs intentions vis-à-vis de l’emploi et leur dire que s’ils avaient des intentions de licencier, qu’ils les reportent à plus tard. Il y en a plusieurs qui me l’ont dit, je le dis avec une grande franchise, c’est une réalité”.

“Moi, ce que me disent ces chefs d’entreprise, c’est qu’ils reçoivent régulièrement des coups de téléphone du ministère sur ce sujet là et je trouve ça relativement déplacé”, commente-t-il par la suite.

Areva et Peugeot visés

Questionné sur les noms des entreprises visées par le gouvernement, François Chérèque développe : “De toute façon, Areva, le patron d’Areva, et c’était public, […] a été convoqué chez le ministre en disant : "Vous ne faites pas de plan social". Le patron de chez Peugeot a été convoqué chez le président”. Et de commenter : “La grande nouveauté en France, c’est qu’on fait des plans sociaux sans licenciements. C’est quand même des pertes d'emplois”.

Les entreprises en difficulté, des éléments de communication

François Chérèque va plus loin dans les derniers épisodes d'instrumentalisation politique du président-candidat des drames que vivent des entreprises comme Lejaby, Photowatt ou Arcelor-Mittal : “Ce que je dis là, ça veut dire que tout ce qui est fait vis-à-vis des entreprises qui sont en difficulté, c’est quelque part aussi un élément de communication. Je crois qu’il faut déconnecter le rythme de la vie politique de la vie sociale. Quand il y a un problème dans une entreprise, il faut le traiter. Quand il se pose, pas plus tard parce que c’est toujours pire”.

(Source : L'Humanité)
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Re: Réédition : les chiffres "tronqués" du chômage !

Messagede Béatrice » 25 Fév 2012, 12:47

Selon Xavier Bertrand , les résultats du mois de janvier sont encourageants :
14 000 chômeurs ( seulement ! ) en plus , au lieu des 30 000 habituels !


http://www.actuchomage.org/201202251957 ... tionr.html
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Re: Réédition : les chiffres "tronqués" du chômage !

Messagede Béatrice » 29 Fév 2012, 09:49

Les salariés précaires de l'Insee sont en grève : sans l'Enquête sur l' Emploi , les chiffres du chômage sont erronés .

Communiqué de presse :


Indice numéro 1
Sans l’Enquête emploi, les chiffres du chômage sont erronés, sans relevé des prix l’indice des prix est mort.

Communiqué de presse

Les précaires bloquent les enquêtes à l’Insee

Les précaires de l’Insee sont en grève : plus d’un millier de vacataires sont concernés par l’arrêt des enquêtes

Les grévistes arrêteront une partie de leur travail tout au long du mois de mars. En effet, étant payé-e-s à la pige ils ne peuvent faire grève ensemble sur un ou plusieurs jours déterminés. Depuis janvier un mouvement de rétention concerne déjà une grande partie des enquêtes, mais suite à un revirement de la direction de l’Insee mi-février, cette fois-ci des enquêtes ne seront pas réalisées du tout.

Des enquêtes auprès des ménages, notamment l’enquête emploi qui détermine le taux de chômage, sont d’ores et déjà largement touchées. Le taux de chômage publiable début juin sera sujet à caution.

Mi-février, la direction de l’Insee a soudainement rompu les négociations engagées depuis deux ans sur le futur statut d’enquêteur. Elle a justifié être contrainte d’appliquer immédiatement la loi Sauvadet de résorption de la précarité dans la fonction publique.

Or cette loi, appliquée de manière immédiate aux enquêtrices et enquêteurs de l’Insee les précarisera davantage et risquera de pérenniser un « CDI de pigiste » déjà en place pour une trentaine d’enquêtrices et d’enquêteurs.

En effet, depuis 10 ans, cette trentaine de CDI pigistes ont déjà pu tester le peu de garanties offertes par leur contrat : baisse de la charge de travail, expulsion du réseau comme des vacataires, pas de congés payés, indemnisation maladie, maternité ou accident de travail dérisoires, etc.

C’est donc un refus catégorique à cette mesure, qu’oppose le réseau de pigistes de l’Insee. Ils demandent la validation immédiate des avancées déjà obtenues sur leur futur cadre d’emploi, et la garantie d’une rémunération au niveau des autres agents de l’Insee, sans gel de salaire.

Ils ont rejoint leurs collègues qui réalisent les relevés pour l’indice des prix La négociation en cours pour le futur statut est source de conflit à l’Insee depuis plusieurs mois : depuis novembre 2011 les enquêtrices et enquêteurs prix mènent un mouvement qui s’est transformé en grève en décembre 2011. Depuis cette date en effet certains prix ne sont pas relevés, notamment des prix volatils comme les carburants et certains produits frais. Dans un premier temps cela n’empêche pas la publication de l’Indice des prix, toutefois au fil des semaines, sa qualité en est de plus en plus dégradée.

Les enquêtrices et enquêteurs demandent des comptes à leurs autorités en région A Toulouse, des enquêteurs se sont rassemblés à la direction régionale de l’Insee. Avec des agents fonctionnaires, ils ont interpellé ce matin le directeur régional sur ce conflit et les blocages des carrières à l’Insee. Le directeur régional n’a pu répondre, ce qui ne va pas contribuer à l’apaisement du réseau.

A Paris le 28 février 2012
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Re: Réédition : les chiffres "tronqués" du chômage !

Messagede Béatrice » 25 Mar 2012, 00:39

Chômage partiel : comment le gouvernement subventionne de futurs licenciements :

BASTA !
Chômage partiel : comment le gouvernement subventionne de futurs licenciements
Par Nolwenn Weiler

Politique de l’emploi

http://www.bastamag.net/article2124.html

22 mars 2012

Présenté comme un instrument de lutte contre le chômage et un moyen pour les entreprises françaises de faire face à la compétition mondiale, le dispositif de chômage partiel concerne 90 000 salariés chaque mois et coûte au moins 600 millions d’euros par an. Si ce chômage temporaire subventionné permet de retarder des licenciements, le revers de la médaille est moins reluisant : promesses de maintien dans l’emploi non tenues, absence de formations pour les salariés concernés… Bilan d’une des principales mesures anti-crise.

Mettre à pied les salariés plutôt que de les licencier, quand les carnets de commande se dégarnissent : c’est le principe du chômage partiel, appelé aussi chômage technique, qui concerne chaque mois 90 000 employés. Arrivé dans les politiques de l’emploi françaises dès les années 1920, cet outil dit de régulation a été réactivé et assoupli en 2008, pour absorber le choc de la crise. Lors du sommet social du 18 janvier, le chômage partiel a fait l’objet d’un large consensus. Patrons, syndicats de salariés et gouvernement se sont globalement accordés pour simplifier l’utilisation de ce dispositif afin d’en faciliter le recours. Abus de financements publics, promesses de maintien dans l’emploi et de formations non tenues par les entreprises, absence de contrôle : le dispositif pose pourtant de nombreuses questions. Et avant tout son efficacité relative à son coût.

600 millions d’euros pour sauver 18 000 emplois ?

La note publique a augmenté au fil des années. Dans un rapport publié en 2011, la Cour des comptes indique que de 11 millions d’euros en 2007, les dépenses passent à 38 millions d’euros en 2008 pour atteindre 349 millions d’euros en 2009. En ajoutant le manque à gagner des exonérations de cotisations sociales portant sur les indemnités de chômage partiel, on arrive à un coût de 600 millions d’euros. Depuis le 1er mars 2012, l’État s’est engagé à payer encore plus : 4,84 €/heure pour les entreprises employant jusqu’à 250 salariés et 4,33 €/heure pour les plus grandes. Soit un euro de plus par heure chômée à la charge de l’État. Problème : lors du sommet social du 18 janvier, Nicolas Sarkozy a annoncé une enveloppe de 140 millions d’euros pour financer le chômage partiel. Soit cinq fois moins que ce qui est déjà pratiqué [1].

Le jeu en vaut-il la chandelle ? Ses défenseurs assurent qu’il a sauvé l’économie allemande du naufrage. Selon l’OCDE, il a sauvé 221 500 emplois outre-Rhin en 2010. Et 18 000 seulement en France. Le fait que le secteur industriel, principal bénéficiaire du dispositif, occupe une part moins importante dans l’économie française – 20 % de l’emploi marchand en 2010, contre 25 % en Allemagne – explique en partie ce déséquilibre.

Des formes extrêmes de flexibilité

Également en cause : le manque de contrôle sur l’obligation faite aux entreprises ayant recours au chômage partiel de maintenir l’emploi des salariés concernés. Les textes stipulent que lorsqu’une entreprise a recours à l’activité partielle de longue durée (APLD), qui permet au salarié de toucher 90 % de son salaire net, elle s’engage à préserver les emplois le double du temps pendant lequel ses salariés ont été au chômage partiel. Pour une inactivité de trois mois, l’entreprise s’engage à garder son salarié au moins six mois. Cela ne semble malheureusement pas automatique de ce côté-ci du Rhin.

Prévu en cas de graves menaces sur l’emploi, le chômage partiel n’est pas toujours utilisé à bon escient. « Entre deux semaines de chômage partiel, ça tourne tellement vite que les personnes qui ont des problèmes physiques n’arrivent plus à suivre et finissent par être licenciés pour inaptitudes au travail ! », s’insurge Fabrice Lucas, élu CGT à l’usine PSA de Rennes. « On pourrait clairement calmer les cadences, et réduire le nombre de jours chômés. » Les moments de moindre cadence pourraient être utilisés pour le nettoyage, le rangement, les réparations, ou les échanges entre production et maintenance, pour diminuer le nombre de pannes. Mais ce n’est pas le choix privilégié. Certaines entreprises, telle Renault, utilisent même le dispositif de chômage partiel afin de tester des formes extrêmes de flexibilité.

Chômage partiel d’un côté, heures supplémentaires de l’autre

À l’usine Peugeot de Sochaux, « il arrive fréquemment que la chaîne soit arrêtée mais que les salariés en bout d’usine, chargés des révisions, fassent des heures sup », assure Bruno Lemerle, délégué CGT, interviewé par Le Monde. Résultat : l’entreprise perçoit les subventions liées au chômage partiel (grâce à l’arrêt de la chaîne de production) tout en imposant des heures supplémentaires défiscalisées aux salariés en poste. Ce cumul, qui permet de toucher deux fois les aides publiques, est évidemment interdit, et normalement sanctionné. Mais le ministère du Travail ne semble pas au courant de la pratique.

Prévu pour éviter la perte d’emploi, le chômage partiel est parfois carrément contre-productif. Il annoncerait les licenciements plus qu’il ne les éviterait. Dans une publication de mars 2009, le Centre d’études de l’emploi (CEE) note ainsi que « le recours au chômage partiel ne réduit pas les licenciements économiques mais semble en être annonciateur ».

Et dans ses perspectives 2009 pour l’emploi en France, l’OCDE souligne qu’il serait « important de fixer des limites temporelles, claires et crédibles, à l’utilisation du chômage partiel, afin de ne pas subventionner de "mauvais" emplois (voués à disparaître) ». En 2009, le CEE notait par ailleurs que le « législateur stipule explicitement qu’il ne doit être utilisé que dans des circonstances exceptionnelles, ce qui n’est pas toujours le cas dans certains secteurs comme l’automobile et l’industrie textile ».

Absence des formations promises

Autre entorse aux textes de loi : le très faible recours à la formation pendant les périodes chômées, alors qu’il est normalement obligatoire. Depuis le 7 février 2012, les entreprises qui s’engagent à former leur chômeurs techniques pourraient les payer à 100 % de leur salaire, via des finances publiques. Dans les couloirs des entreprises, tout le monde s’accorde pour dire que ce sera des « formations bidons, courtes, sans intérêt et inutilisables par la suite ».

Les salariés concernés en auraient pourtant bien besoin : 20 % d’entre eux n’ont aucun diplôme, et 48 % ont un diplôme de niveau inférieur au baccalauréat [2], selon l’enquête emploi de l’Insee de 2010. Les salariés ayant un CAP ou un BEP sont fortement surreprésentés parmi les personnes concernées par le chômage partiel (35 % contre 27 % pour l’ensemble des salariés du privé). Les ouvriers et les salariés ayant des emplois à temps partiel ou des horaires atypiques sont aussi les premiers à subir ce dispositif.

Suppression du contrôle exercé par la direction du travail

Les négociations qui ont eu lieu dans la foulée du sommet social du 18 janvier n’ont guère prévu de régler ces différents problèmes. Il a surtout été question de simplifier et d’assouplir les possibilités de recours au chômage partiel. Avant, l’employeur devait justifier de la période de chômage auprès du délégué du personnel avant d’envoyer sa demande à la direction du travail dont il dépendait. C’est terminé. Désormais, le préfet sera simplement tenu informé de la période de chômage, après consultation du comité d’entreprise.

La réalité des difficultés économiques de l’entreprise ne sera plus vérifiée avant que le dispositif ne soit enclenché. « C’est la porte ouverte à de nouveaux abus, c’est évident », confient à Basta ! des délégués CGT, à l’usine PSA de Rennes. C’est l’une des raisons pour lesquelles le syndicat, au niveau national, a refusé de signer les derniers accords relatifs au chômage partiel, « dont seules les entreprises vont tirer profit ».

Qu’en pensent les salariés ?

Présenté comme un instrument de lutte contre le chômage et la solution pour accroître la sacro-sainte « compétitivité », le chômage partiel est parfois appréhendé sans grand enthousiasme par les premiers concernés : les salariés eux-mêmes. Si certains apprécient de chômer, d’autres déplorent ces temps d’inactivité, qui, de surcroît, sont souvent annonciateurs de mauvaises nouvelles. De plus, les « chômeurs intermittents » voient s’envoler les primes, notamment celles qui sont liées au travail de nuit. Certains mois, cela peut représenter jusqu’à 500 euros de perte, sur des salaires d’environ 1 500 euros.

S’il peut ponctuellement éviter les licenciements, le chômage partiel ne peut pas grand-chose face à la crise profonde et durable. D’autant que ces dernières années la précarisation du marché du travail concerne essentiellement des contrats d’intérim ou des CDD non renouvelés. Un problème auquel le chômage partiel ne répond pas, ne concernant que les emplois pérennes. Il est en plus beaucoup plus facile à mettre en place dans les grandes entreprises. Partager le temps de travail avec seulement cinq salariés, c’est compliqué. De fait, entre 2007 et 2010, l’industrie a utilisé près de 85 % des heures de chômage partiel en France métropolitaine, dont plus de 25 % pour le seul secteur automobile.

Acheter la paix sociale en période électorale

Pourquoi les employeurs, et notamment les très grosses entreprises, ne feraient-ils pas comme leurs salariés : piocher dans leurs économies quand la conjoncture est moins rose ? En novembre dernier, alors que 39 jours de chômage partiel sont annoncés aux salariés de General Motors de Strasbourg, la CGT « exigeait le maintien des salaires à 100 % » pendant les journées chômées, alors que le site strasbourgeois a dégagé « plus de 40 millions d’euros de bénéfices » en 2010. Les efforts consentis les mois précédents par les salariés (gel de leurs salaires sur deux ans, pas d’intéressement jusqu’en 2013 et renonciation à plus d’un tiers des 16 jours de RTT) n’y étant sans doute pas pour rien.

Un financement public pour des bénéfices 100 % privés ? « C’est compliqué pour les syndicats de se prononcer contre le chômage partiel, reconnaît un responsable syndical de la métallurgie, puisqu’il s’agit d’éviter à des gars de se retrouver sans boulot. Mais, en même temps, c’est clairement du financement public d’entreprises privées. Qui nous assure que ce dispositif ne leur permet pas d’augmenter encore leurs bénéfices ? »

D’un côté, le chômage partiel est imposé. De l’autre, des salariés, en particulier les femmes, sont obligés de cumuler plusieurs emplois pour arriver à un revenu minimum, regrette Éric Beynel, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires.« Nous sommes assez réservés sur la manière dont le chômage partiel est utilisé et financé : les entreprises transfèrent une partie de leurs dépenses sur la collectivité », estime-t-il. Solidaires est à l’initiative d’une manifestation « pour le droit à l’emploi » le 24 mars pour reposer, en pleine campagne présidentielle, les questions du partage du temps de travail, de la santé des travailleurs, de la précarité et du niveau des salaires. Car en sauvant temporairement des emplois, le chômage partiel permet au système de perdurer sans remise en cause fondamentale. D’acheter la paix sociale, en pleine période électorale.

Nolwenn Weiler

Notes

[1] D’après la Dares, entre 2007 et 2010, 130 millions d’heures de chômage partiel ont été consommées en France métropolitaine. Ce qui fait une moyenne de 90 000 salariés concernés, chaque mois, par ces périodes chômées contraintes avec une réduction mensuelle d’activité de 30 heures.

[2] Contre respectivement 14 % et 38 % pour l’ensemble des salariés du secteur privé.
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Re: Réédition : les chiffres "tronqués" du chômage !

Messagede Béatrice » 30 Mar 2012, 19:14

Convoquer plus pour radier plus :


SUD-Emploi dénonce les convocations en masse et l'instrumentalisation de Pôle Emploi à des fins électoralistes


Les chiffres du chômage, en constante augmentation, ont été dévoilés dix heures avant l’heure officielle de leur publication par le candidat/président Nicolas Sarkozy. Ce dernier les a commentés, y voyant “une baisse tendancielle de l'augmentation du nombre de chômeurs”.

En réalité, le chômage continue inexorablement de s’aggraver alors que le patronat met en suspend des plans de licenciement (500.000 salariés seraient concernés) pour ne pas affaiblir politiquement celui qui leur a tant donné depuis 5 ans.

La supposée baisse “tendancielle” est l’arbre qui cache la forêt. Cette “légère modération” de l’augmentation du chômage résulte de l’instrumentalisation sans précédent de Pôle Emploi pour défendre les intérêts de l’actuel président.

Les moyens utilisés

Pour bien comprendre, il faut avoir en tête que plus on augmente le nombre de convocations, plus on génère de radiations pour absence à convocation. La procédure est automatique et générée par défaut. L’effet est mécanique, et bien connu des politiques.

Nous dénonçons la pratique consistant à multiplier les convocations de demandeurs d’emploi à l'approche d'une échéance électorale, dans un contexte de rareté des offres d’emploi et de formation.

Ainsi, depuis le début de l’année, des programmes de réception ciblés ont été mis en place suite au mini “sommet pour l’emploi” mis en scène par le gouvernement en janvier :

• La réception des “jeunes” privés d’emploi dans un programme nommé “ANI” a pour objectif d’en placer un maximum (afin de les faire disparaître des statistiques du chômage) sur des contrats précaires type CAE financés par l’Etat pour suppléer le besoin en main d’œuvre des entreprises et services publics pour lesquels de l’argent des contribuables a été mobilisé.

• La réception systématisée des demandeurs d’emploi de “très longue durée” (DETLD) avant le mois de juin fleure bon l’opération préélectorale. Là aussi, des radiations vont partir automatiquement pour les absents, sachant que le but de l’opération est de les envoyer pour la énième fois sur des prestations sous-traitées. Les directions régionales ont donné des ordres pour que ces prestations soient réservées aux privés d'emploi étiquetés “plan DETLD”. De ce fait, les autres demandeurs d'emploi se trouvent exclus des ces mêmes prestations, victimes d'une discrimination pleinement assumée.

• En même temps, et alors que la nouvelle convention tripartite applicable au 01/01/2012 signe la fin du suivi mensuel personnalisé (SMP), celui-ci est toujours d’actualité, avec une pression colossale exercée par les directions régionales afin de tenir des objectifs de réception infernaux pour lesquels sont utilisés les rendez-vous “téléphoniques” (illégaux), voire la réception par groupes entier ! Objectif : convoquer plus pour radier plus...

Du temps de l’ANPE, une certaine forme de manipulation existait en période électorale. Mais cette fois-ci cela dépasse, et de loin, tout ce que l’on a connu.

Une pression inacceptable

SUD-Emploi dénonce cette instrumentalisation de Pôle Emploi qui s’exerce au détriment des intérêts fondamentaux des privés d’emploi et des agents de l'organisme, usés par trois années de fusion ANPE/Assedic à marche forcée, mis sous pression de manière inacceptable par la direction.

La politique insensée de radiation systématique a manqué de peu de provoquer un drame sans précédent à Dieppe (Seine-Maritime) où un privé d’emploi a menacé de s’immoler par le feu après s'être aspergé d'essence dans son agence. Il avait reçu une radiation pour absence… à entretien téléphonique. C’est grâce à la réaction professionnelle et courageuse de l’équipe de Dieppe, direction et agents, que le pire a été évité.

Cette instrumentalisation sans précédent de Pôle Emploi et des privés d'emploi à des fins électoralistes est inacceptable. Elle est dangereuse pour la démocratie et les droits des citoyens. Cette utilisation détournée de Pôle Emploi est aujourd'hui facilitée par le fait que plus de 80% du personnel est sous statut privé.

Nous revendiquons le retour à un statut public de l'ensemble du personnel de Pôle Emploi, seul garant d'un service public neutre, au service de ses usagers et non de l'intérêt d'un candidat à la présidence de la République.

SUD-Emploi
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Re: Réédition : les chiffres "tronqués" du chômage !

Messagede Béatrice » 27 Avr 2012, 19:55

Chômage de mars : les derniers mauvais chiffres du quinquennat
Vendredi, 27 Avril 2012 02:17
Mon dieu, quelle horreur : le mois dernier, 16.600 «vrais travailleurs» sont devenus… des «assistés» !

Image

Ceux-là, le 1er mai, n'iront certainement pas au Trocadéro fêter avec le président du Vrai Chômage et du Diviser-Plus-Pour-Régner-Plus un «vrai travail» qui n'a plus voulu d'eux et les a «libérés»...

Oui, libérés ! Mardi, dans son discours à Longjumeau, Nicolas Sarkozy, en grand admirateur de l'Allemagne, a rappelé que «le travail libère» l'homme… surtout quand il le licencie ! Il a aussi dit : «C’est le chômage qui aliène». Effectivement, quand on vous serine à longueurs de temps que vous êtes un «assisté», un parasite, un fainéant profiteur et fraudeur, à force, il y a de quoi finir à l'asile !

Le «chômage qui aliène», depuis cinq ans, Nicolas Sarkozy en a fait sa spécialité. Depuis son élection en 2007, on compte 1.077.800 privés d'emploi de plus (+33,4%) dans les catégories A, B et C, DOM inclus : au total, à ce jour, cela fait 5 millions de citoyens constamment insultés, maltraités et réduits à la pauvreté. Du côté des jeunes, depuis 2007, un sur deux a été au moins une fois au chômage au cours de ses trois premières années de vie active, et l'emploi précaire est devenu la norme pour les premiers postes occupés. Chapeau l'artiste !

L'homme qui s'était engagé à revenir au «plein emploi» avec 5% de chômeurs à la fin de son mandat a bel et bien échoué, et les Français en tireront les conséquences.

Maintenant, passons à notre décryptage mensuel...

La note Dares/Pôle Emploi d'avril 2012 à télécharger en pdf

Catégorie A (chômeurs officiels, sans activité aucune) : +16.600
Ils sont 2.884.500 en métropole, 3.125.200 avec les DOM.
Progression annuelle : +7,2% en métropole, +7% en France

Du côté des chômeurs qui restent inscrits tout en exerçant des petits boulots, faute d'emplois véritables, on note une stabilité de l'activité précaire :

Catégorie B (chômeurs en activité réduite inférieure à 78h/mois) : -2.100
Ils sont 568.700 en France métropolitaine.
Progression annuelle : +4,7%

Catégorie C (chômeurs en activité réduite supérieure à 78h/mois) : +16.200
Ils sont 856.100 en France métropolitaine.
Progression annuelle : +4,8%

Au total, le nombre des inscrits en catégories ABC — c'est-à-dire l'ensemble des demandeurs d'emploi «tenus d'accomplir des actes positifs de recherche» — a crû de 30.700 en métropole.
Ils sont désormais 4.309.300 en France métropolitaine, 4.582.000 avec les DOM.
La hausse annuelle s'élève à 6,4%.

Maintenant, les voies de garage...

Catégorie D (chômeurs non disponibles car en arrêt maladie ou en maternité, en stage, formation ou convention de reclassement) : +800
Fin février, ils sont 239.400 en France métropolitaine.
Variation annuelle : +0,4%

Catégorie E (chômeurs non disponibles car en contrat aidé) : +1.600
En France métropolitaine, ils sont 371.700 ainsi occupés.
Variation annuelle : +5,5%

On note que, malgré le «Plan chômeurs de très longue durée» annoncé en janvier par Nicolas Sarkozy, les entrées en stage ou en formation n'ont pas eu le temps de décoller. Même chose pour les contrats aidés, dont les deux-tiers du stock prévu pour 2012 devaient être prescrits sur le premier semestre afin d'embellir les chiffres avant les élections... Loupé !

Au total, fin mars 2012, toutes catégories confondues (ABCDE), le nombre de chômeurs inscrits à Pôle Emploi en métropole s'élève à 4.920.400 (+6% sur un an). Avec les DOM, on arrive à 5.216.500, soit 36.600 personnes en plus par rapport à février.

A ces 5.216.500 inscrits, il convient d'ajouter les 142.600 "seniors" indemnisés de métropole (chiffre non précisé pour les DOM) bénéficiant d'une "dispense de recherche d'emploi" (désormais supprimée), non catégorisés.
Ainsi, on arrive à 5,35 millions.

Dans le détail...

L'ancienneté moyenne des inscrits des catégories ABC continue inexorablement de battre des records, atteignant 464 jours (contre 442 il y a un an) soit plus de 15 mois. La moyenne d'inscription des sortants explose à 257 jours (248 le mois dernier, 231 il y a un an).

Du côté des chômeurs de longue durée, c'est de pire en pire. Ils sont désormais 1.644.000 rien que dans les catégories ABC de métropole (+9.400 en un mois !), auxquels on peut rajouter les 370.000 chômeurs de catégorie E et les 142.600 seniors en DRE. Ainsi le volume des "DELD" — comme on les appelle — dépasse toujours 40% de l'ensemble des inscrits à Pôle Emploi.

Parmi eux, toutes catégories confondues, 747.700 perçoivent le RSA (+8,6% sur un an) et 347.500 perçoivent l'ASS (chiffres Unedic de février, +5% sur un an). Ces personnes survivent donc avec 15 € par jour.

En glissement annuel, le volume des inscrits depuis plus d'un an a augmenté de 7%. Celui des inscrits depuis plus de 3 ans — enkystés dans la crise depuis 2008 — est stable à 22,8%. Entre les deux (2 à 3 ans d'inscription), la progression recule à 2,4%.

Du côté des seniors, les inscriptions de chômeurs de plus de 50 ans dans les catégories ABC de métropole se poursuivent : +9.700 par rapport à février.
Ils sont 882.800 dont plus de la moitié (459.500) sont des femmes.
Progression annuelle : +14,6% (+15,2% pour les femmes)

Du côté des sorties, on note une baisse importante des «cessations d'inscriptions pour défaut d'actualisation» : -25.000 pour un total de 178.500, en recul de 11,5% sur un an. Les radiations administratives augmentent : +2.700 pour un total de 42.900, en recul de 5,5% sur un an. Même chose pour les «autres cas» : +1.500 pour un total de 51.000, en recul de 5,4% sur un an.
Ces trois motifs représentent 61,5% du volume des sorties. En comparaison, les reprises d'emploi déclarées n'en pèsent que 22,3%.

Du côté des offres, que dire ? En mars, Pôle Emploi n'en a collecté que 267.300, DOM compris (-5,8% sur un an). Quant au compteur d'offres en ligne du site pole-emploi.fr, au moment où j'écris ces lignes, il a disparu de la page d'accueil… comme le mois dernier.

Si Nicolas Sarkozy devait se retrouver au chômage après le 6 mai, nous lui souhaitons bien du plaisir. C'est sans regret que nous le verrons partir.

Image

SH




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Re: Réédition : les chiffres "tronqués" du chômage !

Messagede ivo » 07 Juin 2012, 10:08

Le chômage poursuit sa hausse et atteint les 10 %
fr info
Avec une progression de 0,3 point au premier trimestre 2012, le taux de chômage grimpe à 9,6 % de la population active en métropole, et même 10 % si l'on inclut les départements d'Outre-mer, selon les chiffres de l'Insee.

En France métropolitaine, 3,5 millions de personnes n'avait pas d'emploi à la fin du premier trimestre, selon les normes du Bureau international du travail.

Sur un an, le taux de chômage des hommes augmente fortement : +0,5 point sur le trimestre, +1 point sur un an. Alors qu'il stagne pour les femmes sur le trimestre, et recule même sur un an : -0,2 point.
Chez les 15-24 ans, il s'établit à 22,5 %, en légère hausse par rapport au trimestre précédent, mais en légère baisse par rapport au premier trimestre 2011. Le chômage des plus de 50 ans, qui avait légèrement baissé fin 2011, repart à la hausse : +0,2 point par rapport au trimestre précédent, +0,4 sur un an.

Le temps partiel subi, qui touche surtout les femmes, baisse légèrement pour représenter désormais 4,8 % des personnes sans emploi.

Sur France Info ce matin, le ministre du Travail Michel Sapin a déclaré qu'il y avait "urgence" sur le front du chômage. Et dans Les Echos, il a promis des moyens supplémentaires pour Pôle emploi.


reconnu, sans compter le reste ...
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Re: Réédition : les chiffres "tronqués" du chômage !

Messagede Béatrice » 09 Juin 2012, 18:37

Taux de chômage : les derniers chiffres de l'Insee sont-ils fiables ?

En février, mars et avril, les enquêteurs-trices précaires de l'Insee ont mené une grève dure qui a forcément impacté les résultats de l'Enquête Emploi.

Chaque trimestre, via son Enquête Emploi, l'Insee dévoile le taux de chômage officiel du pays au sens du BIT. Celui de fin mars vient d'être publié : c'est 9,6% en métropole et 10% avec les DOM. Nous ne nous éterniserons pas sur ce fait, estimant que ces taux sont non seulement l'arbre qui cache la forêt, mais que la barre symbolique des 10% de chômage en métropole sera vite franchie.

Ce qui nous intéresse ici, c'est la fiabilité des chiffres. Car, comme nous l'avions relayé ici en février puis en mars, la majorité des 1.000 enquêteurs et enquêtrices de l'Insee réalisant ce travail en continu dans des conditions indignes ont mené une grève dure et massive qui en a, inévitablement, affecté le résultat.

En effet, de février à avril, au lieu de saisir normalement les données fraîchement recueillies auprès de leurs panels (aussi appelés «aires emploi»), afin de marquer leur combat, les grévistes ont systématiquement coché dans leurs questionnaires la case «IAJ pour cause de grève» (IAJ = Impossible A Joindre). De quoi fausser lourdement les calculs. Pourtant, les chiffres de mars ont été publiés comme si de rien n'était... Pour retomber sur ses pattes, l'Insee a-t-il cantonné son étude aux données fournies par des non grévistes ?

Le mouvement s'est adouci mais persiste, avec des «IAJ pour cause de grève» qui continuent d'apparaître dans nombre de questionnaires, de surcroît retenus jusqu'au dernier moment afin d'en retarder l'exploitation. Depuis le 6 mai, les grévistes attendent que le ministère de l'Économie et des Finances, dont l'Insee dépend, soit réorganisé pour reprendre les négociations; mais ils restent mobilisés et prêts à durcir à nouveau leur action.

Ils espèrent aussi que le nouveau ministre du Travail Michel Sapin, qui avait tenté une déprécarisation des vacataires (loi Sapin n°2001-2 du 3 janvier 2001), ira jusqu'au bout sur ce sujet. Car le contingent d'enquêteurs de l'Insee est à 80% féminin, à temps partiel en CDD ou en «CDI pigiste» avec une couverture sociale minimaliste; le salaire médian pour leur activité est de 850 € brut par mois, sur lequel elles doivent avancer tous leurs frais.

Donc, les chiffres du premier trimestre sont faussés et ceux du deuxième trimestre, quoique dans une moindre mesure, le seront aussi. Nous écrivons à l'Insee pour leur demander comment ils ont mené leur affaire.


http://www.actuchomage.org/201206082114 ... ables.html
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Re: Réédition : les chiffres "tronqués" du chômage !

Messagede Béatrice » 01 Juil 2012, 12:45

Plan stratégique 2012-2015 Une danse Sarkozienne contre les chômeurs. Cherchez l’erreur !

Bordeaux le 25 juin 2012

Communiqué de presse d’AC ! http://www.ac-chomage.org/

La convention tripartite ( Etat, Unedic, Pôle emploi ) qui décline le plan stratégique 2012-2015 à Pôle emploi a été négociée avec le gouvernement de Nicolas Sarkozy ayant pour volonté de faire des économies à tous les niveaux dans la gestion du chômage ainsi qu’une politique de baisse des chiffres du chômage par le contrôle et la radiation.

En l’état cette convention est inacceptable pour des millions de chômeurs et précaires. C’est pourquoi AC ! dénonce l’acharnement du directeur général de Pôle emploi, Jean Bassères, de vouloir absolument mettre en place ce plan stratégique. De même, nous nous interrogeons sur des décisions bien tardives qui ont été votés le 21 juin 2012 lors du conseil d’administration de Pôle emploi. Ces décisions vont à l’encontre des droits des sans emploi. Il est donc évident qu’ils ont convenu de la perpétuation des schémas répressifs avec la stigmatisation des victimes du patronat. Ce plan est contesté par la majorité des syndicats de Pôle emploi ( SNU,CGT, FO,SUD). Cette convention n’a absolument pas été négociée avec les représentants des organisations de chômeurs. Elle est l’expression d’une orientation politique où la volonté affichée est de radier non pas 2% des demandeurs d’emploi mais 8%, en optimisant la peur, le désespoir et la culpabilisation. Au moyen du contrôle, de la répression, de la sanction, du traçage et de la radiation.

De plus, on apprend que ce plan stratégique propose des suivis différenciés en fonction de l’éloignement dans l’emploi des chômeurs. Les demandeurs d’emploi seront classés dans des cases selon les méthodes aléatoires de Pôle emploi. Si bien qu’un chômeur pourra être reçu autant de fois que nécessaire ou pas du tout en fonction de ce classement. Certains pourraient être alors harcelés par "leur" pôle emploi tandis que les autres ne seraient jamais reçus car en suivi 100% web. Où est l’égalité républicaine de traitement ? Ce volet « suivi » est bien évidemment dénoncé par AC ! et nous exigeons que soit respectée l’égalité républicaine de traitement. Cela suppose un vrai service public de l’emploi qui répond à la demande des chômeurs et non l’inverse.

Pire, dans la convention tripartite , il est écrit que le conseiller à l’emploi pourra dénoncer le chômeur qu’il suit à une commission préfectorale du contrôle de la recherche d’emploi. Cette commission composée d’un représentant de l’état, d’un représentant de pôle emploi, d’un représentant du Medef et d’un représentant syndical statuera toujours à charge et sera chargée de supprimer les allocations du fautif ainsi que de le radier. En conséquence la confiance qui doit s’installer naturellement entre un conseiller de pôle emploi et un demandeur d’emploi sera rompue. Le Conseil Constitutionnel a décidé que l’on ne pouvait -être juge et partie. Où se trouve la défense des demandeurs d’emploi et la représentation de nos organisations ?

Mais le summum sur le contrôle est atteint par une proposition de Jean Bassères, qui seul, fait valider l’expérimentation de la création d’un corps de contrôleurs. Il le dit lui même : « ils pourront aller jusqu’à contrôler un demandeur d’emploi chez lui et même tracer ses connexions Internet"Ce qui est totalement illégal. C’est donc bien une volonté répressive qui est organisée par Pôle emploi.

AC ! Dénonce ici le viol de la vie privée (article 9 du code civil) des demandeurs d’emploi et exige que l’organisation politique répressive à Pôle emploi s’arrête immédiatement.

Il faut comprendre que derrière la mise en place de ce plan stratégique, il y a la volonté par pôle emploi d’occulter sa propre impuissance. Incapable qu’ils sont de suivre réellement un demandeur d’emploi depuis la massification du chômage. Leur rôle de placement et d’indemnisation étant totalement dénaturé et démystifié depuis une crise qui date depuis 1974, On comprend qu’il est plus simple pour eux d’organiser la chasse aux chômeurs en nettoyant par le vide afin de faire baisser artificiellement les portefeuilles des agents et ainsi de faire des économies dans le paiement des allocations. D’autant plus que l’Unedic se plaint d’un déficit abyssal. Ce ne sont pas aux chômeurs de payer la crise du capital.

AC ! rappelle des droits fondamentaux eu égard au préambule de la constitution. Ce plan "stratégique" n’a pas d’avenir et ne résoudra pas les problèmes liés au chômage C’est pourquoi nous demandons au gouvernement actuel, qui fait prévaloir la justice sociale, l’abrogation pure et simple de cette convention. Nous demandons aussi le retour de la dispense de la recherche d’emploi à 55ans et le retour de l’Allocation Équivalent Retraite. Deux acquis sociaux détruits par Sarkozy. AC !

Email contact national :contact@ac-chomage.org
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Re: Réédition : les chiffres "tronqués" du chômage !

Messagede Flo » 02 Juil 2012, 22:17

Toujours plus de chômage pour la zone euro en mai

Triste nouveau record. Le taux de chômage dans la zone euro a atteint en mai un seuil inédit en s'établissant à 11,1 % de la population active, contre 11 % en avril. Selon les estimations d'Eurostat, l'office européen de statistiques, 17,561 millions de personnes étaient au chômage dans la zone euro en mai, soit 88 000 de plus que le mois précédent.

Le taux de chômage s'établit pour la première fois depuis la création de la zone euro au-dessus du seuil de 11 %, pallier qu'il avait atteint, pour la première fois également, en mars. Les analystes interrogés par DowJones Newswires s'attendaient à ce qu'il reste à 11 % en mai.

Il s'agit aussi du treizième mois consécutif au cours duquel le chômage a atteint ou dépassé le seuil de 10 % dans la zone euro. Par rapport à mai 2011, le nombre de chômeurs s'est accru de 1,82 million de personnes dans l'union monétaire.

L'ESPAGNE, PLUS MAUVAIS ÉLÈVE DES 27

Dans l'ensemble de l'Union européenne, le taux de chômage a atteint 10,3 % en mai, un niveau record là aussi, contre 10,2 % en avril (chiffre révisé). L'Espagne, plus mauvais élève des 27 en matière de taux de chômage, voit encore son niveau augmenter en mai, à 24,6 %. Le chômage touche plus d'un jeune sur deux dans ce pays (52,1 % des moins de 25 ans).

La Grèce, dont les données disponibles datent de mars, arrive juste derrière avec un taux de chômage de 21,9 % (contre 15,7 % un an plus tôt). A l'inverse, les taux de chômage les plus bas ont été enregistrés en Autriche (4,1 %), aux Pays-Bas (5,1 %), au Luxembourg (5,4 %) et en Allemagne (5,6 %)

http://www.lemonde.fr/economie/article/ ... _3234.html

.
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Re: Réédition : les chiffres "tronqués" du chômage !

Messagede Béatrice » 17 Juil 2012, 09:56

Le chômage de longue durée se banalise

359 jours : c'est la durée moyenne à laquelle un chômeur peut s'attendre à rester sur le carreau, selon un nouvel indicateur publié lundi par Pôle Emploi.

Voici ce que dit le document de 4 pages que vous pouvez télécharger ici en pdf :

«L’indicateur conjoncturel de durée au chômage (ICDC) est un nouvel outil proposé par Pôle emploi dans le but de synthétiser l’incidence de la conjoncture économique sur l’état du marché du travail, et les opportunités qu’il offre pour trouver rapidement un emploi. Il consiste à évaluer la durée moyenne de chômage d’une cohorte fictive de demandeurs d’emplois qui connaîtraient durant toute leur période de chômage les mêmes conditions sur le marché du travail que celles du trimestre considéré. Les résultats détaillés de cet indicateur feront l’objet d’une publication trimestrielle.
L’ICDC présente l’intérêt de refléter très rapidement les modifications de la conjoncture économique. À titre d’illustration, il a très fortement augmenté dès l’éclatement de la crise économique en 2008 : à son plus bas niveau au 1er trimestre 2007 avec une durée attendue de 7,5 mois, il avoisine les 12 mois au 2e trimestre 2009. Depuis, la persistance d’un niveau de chômage élevé n’a pas permis à cet indicateur de baisser. Avec le repli de la croissance depuis le 2e trimestre 2011, il atteint un nouveau pic au 4e trimestre 2011, à 359 jours.»

359 jours soit 12 mois, c'est une moyenne : on peut donc considérer que, parmi ceux qui s'inscrivent en ce moment à Pôle Emploi, un sur deux deviendra chômeur de longue durée.

Pour les chômeurs de 50 ans et plus, l'ICDC est nettement plus élevé, atteignant 560 jours pour les hommes et jusqu'à 650 jours pour les femmes ! Une catastrophe qui devrait s'amplifier avec cette nouvelle phase de la crise qui s'amorce et son cortège de licenciements massifs annoncés. D'ici la fin de l'année, la durée moyenne au chômage va encore s'allonger.

Ainsi, inexorablement, les nouveaux chômeurs se rajoutent aux anciens, sachant que plus l'on tarde à retrouver un emploi, plus les recruteurs vous jugent "inemployable"... Fin mai, toutes catégories confondues, Pôle Emploi comptait déjà quelque 2,2 millions de chômeurs de longue/très longue durée, tandis que l'ancienneté moyenne d'inscription des catégories ABC s'élevait à 468 jours, soit 15 mois. Parmi eux, arrivés en fin de droits et survivant avec moins de 16 € par jour, 733.400 inscrits percevaient le RSA (+7,2% sur un an) et 345.300 l'ASS (+4,7% sur un an) ; sans compter la nébuleuse de ceux qui, n'ayant droit à aucune allocation de remplacement parce que leur conjoint(e) travaille, ne voient plus l'utilité de pointer.

Enfin, le document de Pôle Emploi nous rappelle qu'«entre 2001 et 2004, l’économie française a connu une période de croissance économique sans création nette d’emplois». C'était le fameux "retournement conjoncturel 2001-2003" qui, en deux ans, avait mis au chômage quelque 450.000 personnes. Résultat, fin 2003, le solde des créations nettes était historiquement négatif (-73.000) et le taux de chômage s'élevait déjà à 10,1%. Comme quoi les crises se suivent et, souvent, se ressemblent...

SH


http://www.actuchomage.org/201207172161 ... alise.html
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Re: Réédition : les chiffres "tronqués" du chômage !

Messagede Béatrice » 22 Aoû 2012, 13:02

Radiations abusives : un exemple de convocation de masse à l'aveugle et complètement hors délai


La radiation estivale, hantise de chômeurs paranos ? Pas vraiment ! Voici le témoignage de Laurent, privé d'emploi à Metz.

Tout a commencé samedi 18 août quand, dans sa boîte aux lettres, Laurent [1] a trouvé une "invitation" en provenance de Pôle Emploi, datée du 14 et expédiée le 16 (le cachet de la poste faisant foi), pour une réunion d'information concernant un recrutement en cours pour un centre d'appels dans sa région... Réunion qui avait lieu ce matin, mardi 21 août. Cette "invitation" — qui n'en était pas une [2] — se concluait par la menace de radiation habituelle, «conformément aux articles L.5412-1 et R.5412-1 à R.5412-8 du code du travail».

Or, selon l'article R.5411-8 du code du travail, le demandeur d'emploi n'est pas tenu de signaler à Pôle Emploi une absence d'une durée inférieure à 7 jours. De même, Pôle Emploi doit adresser toute convocation au moins 8 jours avant la date de l'entretien. Dans ce cas, Laurent n'ayant été averti de cette réunion obligatoire que trois jours à l'avance, le hors-délai est manifeste. Quand bien même aurait-il voulu neutraliser cette convocation en posant des jours de congés dessus comme il a le droit de le faire 72 heures à l'avance, il ne le pouvait pas [3].

Autre bizarrerie, Laurent avait accepté la dématérialisation de ses courriers. Or, cette convocation hors-délai lui a été adressée par voie postale, et il n'en a trouvé aucune trace sur son «espace personnel»... Allez comprendre !

Heureusement, Laurent n'était pas parti s'aérer quelques jours loin de son domicile. Si, par exemple, mal lui en avait pris de partir samedi matin avant le passage du facteur rendre visite à son cousin du côté de Lille pour rentrer à Metz dans l'après-midi de mardi, il aurait raté cette réunion… et aurait été bon pour recevoir, une semaine plus tard, un «avertissement avant radiation» pour «absence à convocation» qui lui aurait accordé 15 jours pour se justifier [4] — frais de REC+AR à sa charge — alors qu'il était 100% en règle avec Pôle Emploi !

Disponible, il s'est donc pointé au rendez-vous, étonné que Pôle Emploi ait organisé cette réunion d'information en plein mois d'août, quand la France entière dort et que les postes en question sont à pourvoir… fin 2012.

Cette "infocoll" (réunion d'information collective) avait lieu dans les locaux de la Chambre de Commerce de Metz. Sur place, Laurent s'est rendu compte qu'il s'agissait d'une véritable machine à radier, à échelle industrielle.

La société Ecomouv, qui a décroché le contrat de collecte de l'éco-taxe des poids lourds de plus de 3,5 tonnes qui circulent sur les routes françaises à partir de juillet 2013, doit établir son service clientèle dans la banlieue messine et cherche 200 chargés de clientèle. Laurent a d'ailleurs remarqué que ses affiches traînent dans les agences Pôle Emploi du bassin lorrain depuis plusieurs mois. A l'«invitation» pressante de sa conseillère, il avait même postulé fin juillet sans discuter, bien que son PPAE ne corresponde pas vraiment car il est traducteur. Pour info, Laurent m'a également adressé ce lien trouvé sur internet et daté du 31 mai où, au cinquième paragraphe, il est signalé qu'Ecomouv a bien du mal à recruter, les futurs collaborateurs devant être bilingues (anglais + au moins une autre langue européenne).

Dans les couloirs de la CCI Formation de Metz, cherchant le lieu de la réunion, Laurent croise une "candidate" un peu perdue et venant de Nancy, qui a reçu sa convocation le même jour que lui. Puis une autre, des environs, qui leur a dit avoir reçu la sienne la veille !

Arrivés dans la salle qui était bien remplie, ils se sont installés au fond. On leur a d'abord passé un film sur la nouvelle taxe et la société Ecomouv. Ensuite, une animatrice leur a fait un topo sur les postes à pourvoir, les qualités requises, les tests, etc… tandis que circulait la fiche de présence. Laurent a remarqué que certains participants mettaient un temps fou à la remplir : en effet, ces petits malins comptaient le nombre de blancs ! Il faut dire qu'il y avait pas mal de lignes vierges tandis que la salle était bondée — très agréable un jour de canicule ! A l'évidence, les organisateurs avaient déjà prévu un taux d'absence considérable...

Le public était largement féminin, beaucoup de "petits jeunes" à la recherche d'un premier emploi — n'importe lequel — et un nombre substantiel de vieux fossiles comme lui (Laurent a 52 ans), dont une dame à cheveux blancs avec une allure on ne peut plus classe. L'assistance comprenait aussi une bonne dizaine de personnes qui, visiblement, semblaient avoir des «difficultés d'insertion sociale et professionnelle», comme on dit. Peu importe : malgré leurs stigmates de la pauvreté, Pôle Emploi les a quand même convoquées, quitte à les envoyer au "casse-pipe". A la fin de la réunion, une pauvre dame un peu affolée et qui ne parlait pas un mot d'anglais croyait qu'Ecomouv était une entreprise de transports.

Plusieurs convoqués — dont certains étaient les personnes «fragiles» évoquées ci-dessus —, ayant compris que les emplois proposés ne correspondaient pas du tout à leur profil, sont partis. Mal leur en a pris... Car il ne suffisait pas de signer la feuille de présence. A la fin de la réunion, ceux qui ne voulaient pas poursuivre le processus de recrutement étaient "invités" à remplir une fiche exprimant les motifs de leur refus. Laurent, lui, a docilement remis son CV à la "gentille" animatrice en lui disant qu'il voulait bien passer les tests. Le poste ne l'emballe pas, les horaires non plus (le centre d'appels va fonctionner 24h/24 et 7j/7) et le salaire indicatif est inférieur à son allocation chômage mais avec Pôle Emploi, il estime qu'il vaut mieux ne pas faire de vague — il dit «faire le roseau plutôt que le chêne» — et aviser par la suite, ne souhaitant pas être classé parmi les "réfractaires" et orienté vers une prestation punitive.

Surtout, Laurent se demande ce qu'il va arriver aux absents et à ceux qui, en toute bonne foi, sont partis avant la fin de la réunion. S'ils sont radiés, il suppose que ces convocations précipitées et cette "infocoll" à rallonge pour enrôlés de force vont grandement soulager les listes de l'agence Metz–Taison, qui gère le recrutement. Et grâce à cette "rafle", il pense que les agences de Nancy-Metz-Longwy vont décrocher la palme d'or des radiations estivales.

C'est avec un nœud au ventre qu'il est rentré chez lui et nous a fait part de cette expérience. Laurent en est convaincu — et nous aussi : les radiations estivales ne sont pas une légende urbaine.

SH


[1] Souhaitant rester anonyme, son prénom a été changé.

[2] Les "invitations" qui ne se concluent pas par une menace de radiation faisant référence au code du travail ne sont aucunement obligatoires. Par contre, celles qui se concluent par cette mention sont des convocations obligatoires : en cas d'absence injustifiée, elles induisent une sanction.

[3] On le dit et on le redit : dans ce contexte, toute absence inférieure à 7 jours, même s'il n'est pas obligatoire de la signaler, doit être déclarée à Pôle Emploi afin d'éviter les tracasseries inhérentes aux envois de convocations hors-délai, qui sont de plus en plus fréquentes. Toute absence déclarée ne serait-ce que 72 heures à l'avance neutralise la convocation générée à l'insu du chômeur, qui échappe ainsi à la menace de radiation. Qu'on se le dise !

[4] Pour contrer le hors-délai, il faut absolument joindre une photocopie de la convocation et son enveloppe.

http://www.actuchomage.org/201208212205 ... delai.html
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Re: Réédition : les chiffres "tronqués" du chômage !

Messagede ivo » 02 Sep 2012, 20:19

Le seuil symbolique des trois millions de demandeurs d'emploi a été franchi
http://www.franceinfo.fr/economie/le-se ... 2012-09-02
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Re: Réédition : les chiffres "tronqués" du chômage !

Messagede Béatrice » 28 Sep 2012, 10:04

La France découvre, horrifiée, ses 3 millions de chômeurs

"Le seuil des 3 millions de chômeurs est dépassé », Non c’est ce système économique qui, lui, est vraiment dépassé.

Image

A lire avec les illustrations et tous les liens
http://www.actuchomage.org/201209272253 ... meurs.html

Jeudi, 27 Septembre 2012

C’est, effectivement, un « choc psychologique » : quand il y en a 2,5 millions, on peut toujours s’en foutre et les traiter d’assistés. Mais à partir de 3 millions, là, ça devient difficile... Quoique.

Aujourd’hui fut une « journée spéciale chômage ». Partout, dans la presse et à la télévision, chacun y a été de son petit dossier truffé de solutions éculées dont voici les plus récurrentes :

• baisser le « coût du travail » alors que, depuis trente ans, grâce au chômage de masse et à la précarisation de l’emploi, étrangement, plus le travail a été érigé en « valeur », plus son prix n’a cessé de chuter. Et nous voici au dernier stade du cercle vicieux : plus les salariés s’appauvrissent, plus ils s’endettent, moins ils consomment et plus l’activité du pays ralentit, plus on détruit des emplois et plus le chômage augmente... Mais, voyez-vous, pas question d’inverser la tendance : on nous martèle qu’il faut continuer à s’aligner sur les salaires chinois ou bulgares et dire adieu à nos acquis sociaux.

• introduire plus de « flexibilité » et « déréglementer » : en clair, pouvoir faire travailler les gens à la carte (c’est le but des futurs accords compétitivité-emploi), en finir avec notre CDI trop protecteur (vive la précarité pour tous !) et les licencier encore plus facilement… comme si virer ses collaborateurs était si compliqué que ça alors que nous voyons bien que non !

• « partager le chômage le travail » : du chômage partiel pour les uns, des mini-jobs pour les autres. Et tant pis si personne n’y trouve son compte, et tant pis si cela continue de nuire à la demande intérieure.

• et, pourquoi pas, réduire les allocations chômage. Comme ça, on pointera aussi aux Restos du cœur.

Ici, les "options" aussi imbéciles que contradictoires de BFMTV (sortez vos sacs à vomir) :
http://www.dailymotion.com/video/xtw9vy ... from=embed
Il va sans dire que tous ces éditorialistes et autres « experts » encravatés qui tentent à longueurs d’antennes de nous faire avaler leurs potions ultralibérales ne font pas partie des 50% de Français qui vivent avec moins de 1.600 €/mois, encore moins des 9 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, ni de nos 5 millions d’inscrits à Pôle Emploi. Qu’ils soient aveugles ou dénués de scrupules, ces privilégiés du PAF préconisent aux autres ce qu’ils ne voudraient pas qu’on leur fasse. Surtout, ils nous déballent des recettes déjà appliquées depuis trente ans et qui n’ont aucunement fait leurs preuves, puisque nous en sommes là ! Qu’à cela ne tienne, ils assurent qu’il faut aller encore plus loin, quitte à nous plonger dans le chaos social.

Tous ont titré : « Le seuil des 3 millions de chômeurs est dépassé » alors que c’est ce système économique qui, lui, est vraiment dépassé.

Les plus pathétiques ont osé ressortir le vieil argument des 250.000 offres non pourvues (à noter qu’en mars, selon le candidat Sarkozy, il y en avait 500.000). Or, démonstration a maintes fois été faite : cette légende, hormis l’intérêt qu’elle présente pour dénigrer les victimes de ces politiques ineptes, ne s’appuie sur rien http://www.actuchomage.org/201203091978 ... rvusr.html Et 250.000 ou 500.000 misérables emplois encore disponibles ne font résolument pas le poids quand il faut satisfaire au minimum 3 millions de personnes.

« Si on arrive à convaincre les chômeurs qu’ils sont responsables de leur situation, que c’est de leur faute s’ils ne trouvent pas d’emploi, on débarrasse du coup les politiques et les entreprises d’une responsabilité écrasante », disait l’économiste Thomas Coutrot dans l’excellent documentaire d’Anne Kunvari diffusé sur Arte en février dernier, “Le travail malade du chômage”. La vérité est celle-ci : le chômage est le meilleur ami du patronat, de la finance et des hommes politiques. Pour vous en persuader, voici trois saines lectures :

• La lutte contre le chômage est une escroquerie intellectuelle
Ou comment le chômage, outil économique par excellence, est voulu et organisé.
• La précarité a une histoire
Ou comment et pourquoi la précarisation de l’emploi a été, elle aussi, patiemment instaurée avec l’absolution de nos gouvernants.
• Chômeurs « fainéants » et « fraudeurs » : la fabrique d’un discours d’Etat
Quand les victimes sont érigées en coupables, les vrais responsables peuvent dormir tranquilles !

Pour finir, voyons un peu ce qui se cache derrière ce « choc psychologique »...

Nombre de nos concitoyens, abreuvés de mensonges mille fois répétés qui deviennent une vérité, comme disait feu Joseph Goebbels, tombent dans le panneau. Il suffit de lire les commentaires d’articles insultants à l’encontre des chômeurs postés un peu partout sur internet au cours de cette « journée spéciale ». L’épouvantail du chômage agité auprès d’individus aussi ignorants que peureux fonctionne à merveille. Ignorants, ils gobent ce qu’on leur dit et s’imprègnent de fantasmes qui nourrissent leur hantise. Peureux, parce qu’ils n’osent plus tenir tête à leur patron — d’ailleurs, ils ne l’ont certainement jamais fait… — et préfèrent justifier leur servitude en la faisant passer pour du courage (ça s’appelle le masochisme des esclaves), puis déverser leur stress et leur angoisse sur ceux qui personnifient une réalité effrayante : le chômeur et le SDF, c’est "cachez-moi cet avenir que je ne saurais voir" !

Aussi lâche que cela paraisse, se défouler sur le plus faible et cracher sur celui qui incarne ses pires frayeurs est banalement humain. L’égoïsme, aussi, est banalement humain. C’est, d’ailleurs, sur ces pulsions primales qu’a toujours prospéré le capitalisme. Et c’est pourquoi nos oligarques — patronat, financiers et rentiers, politiques complices et médias aux ordres — se frottent les mains : tandis que la majorité du petit peuple passe son temps à se taper dessus, la minorité qui a l’intelligence de regarder en haut ne leur inspire aucune crainte.

Mais le vrai « choc psychologique », il est éprouvé par les chômeurs et les précaires eux-mêmes, qu’on insulte et qu’on laisse crever à petit feu en rajoutant des vigiles et des extincteurs dans les administrations déprimantes qu’ils sont obligés de fréquenter. Le désastre sanitaire qui se profile à l’horizon indiffère les pouvoirs publics : au contraire, si, à la mort sociale, peut se rajouter une mort physique, ça fera autant d’économies pour l’Unedic et la Sécu. Vive l’euthanasie sociale !

C’est pourquoi, dans un dernier élan de cynisme, nous ne pouvons que souhaiter à tous ces ignorants, égoïstes et lâches qui persistent à cracher sur les chômeurs et leur préconiser l’enfer, de faire partie de la prochaine charrette. Ils croupissaient dans la bassesse intellectuelle : tomber bien bas dans l’échelle sociale sera peut-être pour eux une expérience aussi inoubliable qu’enrichissante.

Et vous, chômeurs, n’ayez pas peur ! Vous n’êtes pas seuls, puisque vous êtes des millions.
Profitez de ce temps libéré pour voir les choses autrement.
Et s’il vous reste de la colère, alors battez-vous : c’est dans le combat qu’on se rend utile et qu’on retrouve sa dignité.

SH


http://www.millebabords.org/spip.php?article21576
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