Tous fichés , tous fliqués !

Tous fichés , tous fliqués !

Messagede Béatrice » 17 Déc 2011, 11:07

Danger pour les libertés publiques :

Aux ordres du pouvoir exécutif , un amendement autorise désormais la création d'un fichier électronique centralisé des nouvelles cartes d'identité dotées
de puces électroniques : une disposition unique dans les pays démocratiques !




communiqué du 16 décembre 2011
Communiqué commun LDH / SAF/ SM :
Tous fichés !
Ne vous en fichez pas !

Communiqué commun

Paris, le 16 décembre 2012

Tous fichés !

Alors que le Sénat l’avait supprimée, la majorité présidentielle de l’Assemblée nationale, toujours aux ordres du pouvoir exécutif, a, par un amendement, rétabli une disposition qui autorise la création d’un fichier centralisé des nouvelles cartes d’identité dotées de puces électroniques.

A terme, l’ensemble de la population française verra donc ses données biographiques et biométriques d’identité (état civil, adresse, taille, couleur des yeux, empreintes digitales, photographie) fichées au ministère de l’Intérieur. Une disposition démesurée et dangereuse pour les libertés publiques, unique dans les pays démocratiques et qui laisse la porte ouverte à toutes les dérives.

Ce choix, sans justification raisonnable, est dans la continuité de la politique de surveillance généralisée des citoyens menée par les gouvernements de droite successifs qui, en moins de dix ans, ont fait voter pas moins de 42 lois sécuritaires et doublé le nombre de fichiers de police.

Nous ne pouvons accepter cette politique de fuite en avant irrationnelle et nous militerons pour l’abrogation de cette disposition autoritaire.

Ligue des droits de l’Homme http://www.ldh-france.org/

Syndicat des Avocats de France http://www.lesaf.org/
« Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée. »
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Re: Tous fichés , tous fliqués !

Messagede Béatrice » 28 Déc 2011, 21:27

La France , championne du fichage illégal :


BASTA !
La France, championne du fichage illégal
+ L’État va ficher 45 millions de Français
+ La future carte d’identité biométrique : entre fichage généralisé et business juteux
Par Agnès Rousseaux

Lire avec tous les liens sur http://www.bastamag.net/

http://www.bastamag.net/article2014.html

Libertés publiques

La France, championne du fichage illégal

Par Agnès Rousseaux

23 décembre 2011

La France compte actuellement 80 fichiers de police, dont 62 sont effectivement utilisés. Un décompte effectué par les députés Delphine Batho (PS) et Jacques-Alain Bénisti (UMP), dans un rapport d’information parlementaire déposé le 21 décembre (http://www.senat.fr/rap/l10-432/l10...). 45% de ces fichiers n’ont pas encore de base légale : « Parmi les fichiers actuellement utilisés, 28 n’ont fait l’objet ni d’une déclaration à la CNIL, ni d’un texte législatif ou réglementaire », souligne le rapport. En 2009, le précédent rapport parlementaire faisait état de 58 fichiers, dont « seulement » un quart en attente d’être légalisés.

Le nombre de personnes fichées est en constante augmentation. Exemple : le fichier national des empreintes génétiques (FNAEG) est passé de 800 000 profils à 1,79 million, entre 2008



et 2011. Soit, en trois ans, un doublement de ce fichier, qui recense tous les auteurs de délits, mais aussi les personnes simplement « mises en cause » dans une affaire et encore non condamnées. Autre fichier pointé par le rapport : le système de traitement des infractions constatées (STIC), qui recense aujourd’hui 6,5 millions de personnes mises en cause (contre 3,9 millions en 2009), mais aussi 38 millions de victimes, soit 10 millions de plus qu’en 2009 ! Un rapport de la CNIL en 2009 montrait que seules 17 % des fiches du STIC comportaient des informations exactes. La CNIL constatait des erreurs de saisie du motif pour lequel une personne figure dans le STIC, et des pratiques très peu sécurisées concernant l’accès aux mots de passe ou l’utilisation du fichier [1].

Delphine Batho et Jacques-Alain Bénisti critiquent l’illégalité de certains fichiers, mais aussi le manque de moyens et d’encadrement, qui rend difficiles leur mise à jour effective et le contrôle de leur utilisation. Ils préconisaient dans leur précédent rapport une soixantaine de mesures. Une quarantaine d’entre elles n’ont toujours pas été prises en compte, et la proposition de loi sur l’encadrement des fichiers est tombée dans les oubliettes. Depuis, le ministère continue de créer de nouveaux fichiers, sans se préoccuper de leur donner au préalable une base légale.

Notes

[1] Le rapport de la CNIL relevait « des mots de passe inscrits sur des papiers à côté de l’ordinateur, la transmission des mots de passe par écrit dans des plis non cachetés », et le fait qu’« aucun système d’alerte en temps ne permet de détecter des utilisations anormales de cet énorme fichier auquel 100 000 fonctionnaires peuvent accéder et qui donne lieu à 20 millions de consultations par an. »
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Re: Tous fichés , tous fliqués !

Messagede Béatrice » 23 Jan 2012, 23:58

Interview de Marie-Laure Dufresne-Castets militante contre le fichage ADN , qui a défendu les "Conti" et plus récemment Xavier Mathieu ,
pour son refus de prélèvement ADN :

________________________________________________________________


mis en ligne le
23/01/2012
FORUM EN LIGNE
Bellaciao
Vidéo de l’interview de M° Marie-Laure Dufresne-Castets (video)
qui a défendu notamment les "Conti" et parle ici de la lutte nécessaire contre les fichiers

Image

A regarder sur :
http://bellaciao.org/fr/spip.php ?article124567

Avocate du mouvement social (syndicats, militants politiques), ML Dufresne-Castets a défendu notamment les "Conti" dans le cadre de leur licenciement mais également dans le cadre de "l’affaire de la sous-préfecture", et plus récemment , Xavier Mathieu, le porte- parole des "Conti", dans le cadre des poursuites engagées contre lui pour son refus de prélèvement d’ADN.

Elle-même militante engagée depuis de nombreuses années, elle revient pour nous dans cette interview sur le fichage ADN en particulier, mais aussi sur le fichage en général, et également, sur certains aspects de la politique répressive qui frappe notamment ( mais pas seulement ), les syndicalistes et les militants politiques.

Elle nous donne ainsi son avis d’experte sur le durcissement et l’augmentation des lois policières depuis 10 ans, lois qui s’inscrivent désormais dans le cadre plus général de la crise économique et sociale, et deviennent à ce titre encore plus dangereuses.

Une interview qui pourrait sonner comme un avertissement.

http://blip.tv/bellaciao/marie-laure-du ... ts-5903394
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Re: Tous fichés , tous fliqués !

Messagede bipbip » 05 Avr 2012, 10:30

Un article sur Bastamag au sujet de la loi « relative à la protection de l’identité » :
"Le fichage des Français est anticonstitutionnel" : http://www.bastamag.net/article2238.html
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Re: Tous fichés , tous fliqués !

Messagede Béatrice » 19 Mai 2012, 22:44

L’héritage empoisonné de Claude Guéant, serial ficheur

L’ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant a fait passer en douce des décrets renforçant le fichage de la population française. Des fichiers qui compilent des éléments sur l’origine ethnique, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses et même la vie sexuelle des individus ! Revue de détail sur ces fichiers Stic, Judex et TPJ dont beaucoup ignore l’existence mais qui, eux, ne vous oublient pas.

http://www.bastamag.net/article2390.html

Avant son départ, Claude Guéant a lancé une dernière salve, sur le front du fichage. Plusieurs décrets ont été publiés en hâte pour venir parachever son œuvre sécuritaire. Dimanche 6 mai, un décret publié au Journal Officiel entérine la fusion des fichiers d’antécédents judiciaires de la police et de la gendarmerie. Le nouveau fichier – TPJ, pour « Traitements de Procédures Judiciaires » – mis en place d’ici le 31 décembre 2013, recensera les auteurs et les victimes des délits. Dans ce fichier : nom, adresse, sexe, photo, date et lieu de naissance… Mais aussi des menus déroulants permettant de préciser : « aspect visage », « aspects cheveux », « longueur cheveux », « type pilosité », « accent », « défaut prononciation »... Et des données sensibles, « laissant apparaître les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses ou l’appartenance syndicale des personnes, ou qui sont relatives à la santé ou à la vie sexuelle de celles-ci », prévient la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil).

Le fichier permettra également la « comparaison automatisée de photographies, notamment la comparaison biométrique de l’image du visage des personnes, » décrit la Cnil, qui relève que « c’est la première fois qu’elle est saisie par un service de l’État d’une demande d’avis sur un traitement reposant sur cette technologie. » Dans son avis, la Cnil conclut que « cette fonctionnalité d’identification (par reconnaissance faciale, ndlr), voire de localisation, des personnes à partir de l’analyse biométrique de la morphologie de leur visage, présente des risques importants pour les libertés individuelles, notamment dans le contexte actuel de multiplication du nombre des systèmes de vidéoprotection. » La durée de conservation des données est précisée : 5 ans pour les contraventions, jusqu’à 40 ans pour les délits les plus importants, 15 ans maximum pour les victimes. Des durées supérieures aux délais de prescription de l’action publique...

Des fichiers plein d’erreurs et non sécurisés

La fusion du Système de traitement des infractions constatées de la police nationale (STIC) et du système Judiciaire de documentation et d’exploitation de la gendarmerie (JUDEX) a été décidé dans le cadre de la Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi 2). Ces fichiers font depuis longtemps l’objet de critiques de la Cnil. Le fonctionnement du Stic a fait l’objet d’un contrôle de la Cnil pour la première fois en 2009. Le rapport fait état de nombreuses erreurs et usages non sécurisés : la commission a ainsi constaté « des pratiques peu sécurisées telles des mots de passe inscrits sur des papiers à côté de l’ordinateur, la transmission des mots de passe par écrit dans des plis non cachetés, l’absence de tenue de registre des changements de mot de passe au sein des commissariats ou des SRPJ. » Ainsi que l’absence totale de système d’alerte permettant « de détecter des utilisations anormales de cet énorme fichier auquel 100 000 fonctionnaires peuvent accéder et qui donne lieu à 20 millions de consultations par an. »

La fiabilité-même du fichier est remise en cause : la Cnil rapporte « des erreurs de saisie du motif pour lequel une personne figure dans le Stic (victime / mise en cause) » ! 17 % seulement des fiches consultées à la demande des personnes concernées sont exactes, pointe encore la Cnil [1]. 6,5 millions de personnes mises en cause figuraient au Stic en 2011, contre 3,96 en 2009. Et 38 millions de fiches relatives à des victimes d’infraction, contre 28 millions en 2009, selon un rapport publié en décembre dernier par les députés Delphine Batho (PS) et Jacques Alain Bénisti (UMP). Une grande partie de la population française y est donc fichée !

Des fichiers revendus à des entreprises privées

Les députés déplorent que leurs précédentes recommandations sur ces fichiers soient « à de rares exceptions près, restées lettre morte ». « Les droits de personnes inscrites au sein des fichiers d’antécédents judiciaires [Judex et Stic] n’ont connu que peu d’avancées ces deux dernières années », déplorent-ils. La sécurisation du fichier de gendarmerie Judex laisse autant à désirer. Le groupe Eurodisney et trois ex-gendarmes, dont deux retraités reconvertis en détectives privés, ont été renvoyés en mars 2012 devant le tribunal correctionnel pour enquête illégale sur des candidats à l’embauche. Les gendarmes sont accusés d’avoir consulté et revendu des milliers de fiches Stic et Judex entre 1998 et 2004. Des informations exploitées par Eurodisney lors de ses recrutements.

« TPJ sera le Stic et Judex en pire, car il procède à la fusion de ces deux fichiers, sans mise à jour préalable des données personnelles déjà enregistrées ni réelle modification structurelle. TPJ devient invraisemblablement un méga casier d’antécédents policiers intimes », estime Philippe Pichon, commandant (honoraire) de la Police nationale, dans une chronique publiée sur Mediapart. « Il a été indiqué par la Cnil que certains policiers qui reçoivent la plainte d’une personne se disant victime dans une affaire, consultaient préalablement le fichier Stic pour vérifier si celle-ci n’était pas déjà « connue des services » en tant que « mise en cause » dans une affaire précédente », décrit-il.

Des fichiers alimentés par Facebook ou Twitter

À quoi servira le fichier géant TPJ ? Pas seulement aux investigations judiciaires. Il pourra être consulté « dans le cadre des enquêtes administratives préalables à une décision de recrutement, d’autorisation, d’agrément ou d’habilitation concernant certains emplois, à l’occasion de l’instruction des demandes d’acquisition de la nationalité française et de délivrance de titres de séjour », précise la Cnil, qui rappelle à nouveau « l’existence de risques graves d’exclusion sociale et d’atteinte aux libertés individuelles, ainsi qu’au respect des droits des personnes que comporte cette utilisation administrative des fichiers de police judiciaire ». Ce type de consultation est susceptible de concerner plus d’un million d’emplois, estime la Cnil.

Autre héritage laissé par Claude Guéant : le « fichier d’analyse sérielle », prévu par la loi Loppsi 2. Et publié au JO. du 8 mai, après la défaite électorale de Nicolas Sarkozy. Un fichier qui permet de comparer tous les éléments liés à une infraction – si celle-ci est passible d’au moins cinq ans d’emprisonnement, qu’elle implique une mort inexpliquée ou bien une disparition. Un processus très étendu, puisqu’il est « alimenté par les appels téléphoniques, mais aussi les logs ou toutes les activités sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter dans le périmètre de l’infraction. Des sources ouvertes, donc, ou fermées comme les IP, numéros de téléphone, données détenues par les FAI (fournisseur d’accès à internet, ndlr) », explique le site PC Inpact.

Un fichier qui n’oublie rien

Là encore, la Cnil n’a pas dû apprécier le décret du 8 mai, qui vient définir les modalités du droit d’accès indirect et du droit de rectification de ces fichiers d’analyse sérielle : « Aucune disposition ne précise les conditions de décision du procureur de la République en matière de maintien, dans les traitements concernés, des données des personnes en cas de décision de relaxe ou d’acquittement devenue définitive, en cas d’effacement ou de décision définitive de non-lieu et de classement sans suite pour insuffisance de charges », estime la Cnil dans son avis.

En cas d’acquittement ou de non-lieu, impossible de faire valoir ses droits de rectification directement auprès du gestionnaire du fichier. Selon la loi du 6 janvier 1978, tout citoyen a un droit d’accès direct et de rectification à son éventuelle fiche, sauf s’il s’agit d’informations intéressant « la sûreté de l’État, la défense ou la sécurité publique ». Claude Guéant a étendu cette dérogation aux fichiers d’analyse sérielle. Pour consulter ce qui figure sur sa fiche, pour savoir si l’État vous considère comme musulman gay avec un accent auvergnat ayant un jour acheté une broutille à l’épicerie de Tarnac, il faudra désormais passer par… la Cnil [2] !

40 millions d’empreintes digitales doivent être effacées

Pour la Ligue des droits de l’Homme, la publication de ces deux décrets est « un nouveau mauvais coup contre les libertés publiques. L’ex-ministre de l’Intérieur est parti, mais en tentant de parachever son œuvre de contrôleur généralisé. » Reste à savoir ce que fera le nouveau gouvernement face à ces décrets. Claude Guéant, quant à lui, a été assigné pour « voie de fait » par cinq personnes, qui n’ont pas pu recevoir de passeport biométrique, après avoir refusé de laisser huit empreintes digitales lors du dépôt de demande (lire également cet article). La puce du passeport ne contient que deux empreintes, mais huit empreintes sont toujours demandées... et collectées dans un fichier. Le Conseil d’État a donné raison aux plaignants en octobre dernier, jugeant le passeport biométrique français non conforme avec la législation européenne. Mais l’État a tardé à modifier la loi.

Le ministère de l’Intérieur a finalement publié le décret d’application mi-avril. « Le ministère s’était engagé à détruire les empreintes collectées. Mais nous n’en avons pas la preuve, » explique leur avocat. L’audience a eu lieu le 15 mai, pour obtenir une réponse sur le sort réservé aux 40 millions d’empreintes recueillies illégalement. L’État a enclenché une procédure pour gagner un délai... Le temps de faire oublier les décisions sécuritaires prises par l’ancien gouvernement ?

Agnès Rousseaux

Notes [1] « Sur le nombre des investigations effectuées dans le cadre du droit d’accès indirect à la demande de particuliers, il est vrai, entre le 1er janvier et le 31 octobre 2008, il s’avère que seules 17 % des fiches de personnes mises en cause étaient exactes ; 66 % ont fait l’objet d’une modification de portée variable (changement de durée de conservation, de qualification pénale, etc.) ; 17 % ont été purement et simplement supprimées du fichier. » Source : Cnil

[2] Art. R. 40-36.-Les demandes de rectification ou d’effacement des données émanant des personnes concernées peuvent être adressées soit directement au procureur de la République territorialement compétent ou à un magistrat désigné conformément aux articles 230-9 et 230-14, soit, par l’intermédiaire de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, au responsable du traitement.
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