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Messagede bipbip » 19 Mar 2018, 20:48

Trois syndicats de journalistes s’insurgent contre « un appel à l’autocensure » du Quai d’Orsay

Communiqués de presse
[SNJ - SNJ-CGT - CFDT-Journalistes]
Liberté de la presse : à quoi joue le Quai d’Orsay ?

Cachez cette guerre que nous ne saurions voir. Dans une note adressée ce vendredi aux rédactions, le ministère français des Affaires étrangères demande aux médias de « bien vouloir renoncer à tout projet éventuel » d’envoyer des équipes de reportages en Syrie, en raison d’une « recrudescence de la violence », particulièrement dans la Ghouta orientale et le canton d’Afrin, théâtre d’une offensive de l’armée turque.

Sous l’apparence de simples « recommandations », cette note du Quai d’Orsay consiste en réalité à inciter les rédactions à rester à distance, et pire, à les inciter à ne pas acquérir et diffuser les reportages des journalistes indépendants qui couvrent le conflit sur place. « Une vigilance particulière devrait s’exercer lors de l’acquisition des reportages de journalistes indépendants s’ils ont été réalisés dans des conditions les exposant à des risques disproportionnés » précise en effet dans sa note la porte-parole du Quai d’Orsay Agnès Von der Mühll.

Ce faisant, le ministère fragilise la position de ces reporters, et ouvre la voie à une culpabilisation des confrères qui seraient tentés de faire leur travail, dans les conditions extrêmes qui sont toujours celles des conflits armés.

Les syndicats français de journalistes SNJ, SNJ-CGT et CFDT-Journalistes, membres de la fédération internationale des journalistes (FIJ), dénoncent cet appel à l’autocensure, et une vision rétrograde d’une profession qui serait condamnée, au nom de la sécurité, à se cantonner aux sentiers bien balisés de la communication et du journalisme embarqué.

Le Quai d’Orsay va jusqu’à rappeler aux rédactions « la nécessité de respecter les conditions juridiques d’entrée sur le territoire et d’exercice du métier de journaliste des pays voisins de la Syrie », comme pour donner raison aux autocrates qui ne cherchent qu’à cacher leurs exactions aux yeux du monde, qui emprisonnent et condamnent des journalistes coupables d’avoir voulu simplement exercer leur profession.

Les syndicats SNJ, SNJ-CGT et CFDT-Journalistes appellent les rédactions françaises à prendre leurs responsabilités, comme elles l’ont toujours fait, pour informer au mieux les citoyens, sur la situation très complexe de ce conflit au long cours dans le nord-ouest syrien.


http://www.snj.fr/article/libert%C3%A9- ... y-64189651
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Messagede bipbip » 19 Mar 2018, 23:35

Suicides à la SNCF : la chronique d’Audrey Vernon censurée sur France Inter

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Messagede bipbip » 25 Mar 2018, 14:31

Des nouveautés sur Basta ! en 2018 grâce à la participation des lecteurs

Voici les premiers enseignements de l’enquête que nous avons lancée en décembre et janvier auprès de nos lecteurs et lectrices. Vous êtes plus d’un millier à avoir répondu ! Panorama des améliorations que vous souhaitez, de ce qui vous intéresse le plus, et de la manière de soutenir Basta ! et ses autres publications.

... https://www.bastamag.net/Des-nouveautes ... s-lecteurs
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Messagede bipbip » 30 Mar 2018, 22:13

Les multinationales vont dicter l’info ?

Il existe plusieurs façons de pratiquer la censure.

Il existe plusieurs façons de pratiquer la censure. La plus pernicieuse consiste à décourager les auteurs eux-mêmes de publier une information dérangeante pour le pouvoir, politique ou économique. La fulgurante concentration des médias, aspirés par une poignée de milliardaires, avait déjà commencé le boulot. La loi sur le secret des affaires, si elle était votée, affaiblirait encore la liberté d’informer. Celle qui ne tremble pas des retours de bâtons politiques ou financiers. Or, si le texte examiné aujourd’hui à l’Assemblée nationale représente une arme de dissuasion massive pour les journalistes, syndicalistes et lanceurs d’alerte, c’est bien parce qu’il va les attaquer au portefeuille. Le cas du magazine Challenges, le 6 février dernier, a déjà offert une terrible illustration des dangers de ce texte. Le tribunal de commerce de Paris avait en effet condamné l’hebdomadaire pour avoir publié une information du groupe Conforama, avec une « astreinte de 10 000 euros par infraction constatée ». Qui acceptera encore de prendre des risques face à une telle menace financière ?

« Prière de ne pas déranger ». Voilà l’écriteau que les multinationales comptent sceller aux portes des entreprises, pour empêcher que la société ne vienne mettre son nez dans leurs affaires et leurs juteux profits. Qu’en serait-il des Panama Papers, ou du scandale sanitaire du Mediator si une telle loi avait été en vigueur ? Contrairement à ce que prétendent les défenseurs du texte, élaboré par les lobbies des multinationales, il s’agit moins de protéger les entreprises de l’espionnage industriel que de réduire au silence les résistances citoyennes. D’autant que le vol de documents et la propriété intellectuelle sont déjà encadrés par la loi. C’est ce qui explique sans doute la discrétion sur le sujet de la majorité, qui a courageusement choisi une procédure accélérée pour transposer en catimini cette directive européenne. Mais il n’est pas trop tard pour faire infléchir la majorité. La France dispose de marges de manœuvre importantes pour la transposition de cette directive, qui pourraient préserver les libertés fondamentales. Un nouveau bras de fer commence.

Maud Vergnol


https://humanite.fr/les-multinationales ... nfo-652639
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Messagede bipbip » 31 Mar 2018, 23:30

Le secret des affaires repart à l’assaut contre le droit d’informer

En accordant la primauté au secret des affaires par rapport au droit d’informer, la transposition française de la directive européenne risque de favoriser davantage les procès abusifs pour bâillonner l’information. (photo © GPouzin)

Deux ans avant son élection à la présidence de la République, Emmanuel Macron avait montré sa préférence pour le secret des affaires au détriment du droit à l’information des citoyens, rempart de la démocratie contre l’obscurantisme des affaires louches, fraudes et corruptions. Malheureusement la tendance ne semble pas très favorable à l’amélioration de la transparence au sein des grandes puissances mondiales. La proposition de loi sur la transposition de la directive « Secret des affaires » (directive 2016/943/UE du 8 juin 2016), déposée à l’Assemblée nationale le 19 février 2018 par les députés de la majorité présidentielle, dont Richard Ferrand, lui-même mouillé dans une affaire de prise d’intérêts et d’enrichissement personnel par abus de ses mandats mutualistes, relance la chasse aux lanceurs d’alerte et aux articles d’investigation, pour mieux protéger les affaires louches.

http://www.anti-k.org/2018/03/30/le-sec ... dinformer/
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Messagede Pïérô » 12 Avr 2018, 19:37

Secret des affaires : les voies impénétrables du pouvoir et de l’argent

Alors qu’a été adoptée mardi 3 avril, en première lecture à l’Assemblée nationale, une proposition de loi LREM visant à protéger le secret des affaires, journalistes, syndicats et associations continuent de dénoncer un texte qui remet gravement en cause l’intérêt général et le droit des citoyens à l’information.

... http://www.regards.fr/politique/article ... ir-et-de-l
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Messagede bipbip » 15 Avr 2018, 13:47

Notre-Dame-des-Landes : Circulez y’a rien à voir ! (SNJ)

Nous reproduisons ci-dessous un communiqué du SNJ de France Télévisions publié le 11 avril, condamnant la tentative du ministère de l’intérieur de monopoliser la production d’images de l’expulsion de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, en substituant un bataillon gendarmesque spécialisé aux journalistes interdits de séjour sur place.

« 200 caméras de la gendarmerie sur le terrain », annonce fièrement Gérard Collomb sur LCI.

Tranquillement, le ministre de l’intérieur assume le fait d’avoir écarté des journalistes professionnels pour montrer au public des images « contrôlées » de l’évacuation des Zadistes de Notre-Dame-des-Landes.

« Ce que nous voulions, c’est qu’il puisse y avoir de la part des spectateurs un jugement qui soit objectif », déclare notamment le premier flic de France pour justifier cette atteinte à la liberté de la presse.

Sur place nos confrères ont vu ces « collègues » filmer des équipes de journalistes professionnels. Equipés de leurs tenues de sécurité, comme tous les autres CRS, certains de ces gendarmes arboraient des dossards de presse. Ne reculant devant aucun moyen, les gendarmes ont également utilisé des drones qui ont fourni des vues aériennes, mises gracieusement à la disposition des médias.

Lors de leur arrivée sur les lieux, nos confrères (les vrais) ont été parqués en bord de route puis évacués de la zone, sous escorte, avec interdiction de filmer. Certains sont parvenus à regagner la ZAD par des chemins de traverse, ils ont été contrôlés, menacés, interdits d’accès.

Le SNJ France Télévisions condamne très fermement cette dérive qui consiste à fournir, sous prétexte de sécurité, des images « clés en main » et totalement aseptisées des opérations « sensibles » du gouvernement.

Le SNJ France Télévisions regrette qu’en diffusant les images de la gendarmerie, la direction de France Télévisions cautionne indirectement cette censure imposée à nos équipes sur le terrain.

L’Elysée a fait le choix d’une information contrôlée, au mépris de la profession de journaliste, au mépris des citoyens qui ont droit à une information libre et indépendante.

Au moment où le gouvernement lance un projet de loi contre les « fake news », il serait nettement contradictoire qu’il en fabrique lui-même.

Paris, le 11 avril 2018


http://www.acrimed.org/Notre-Dame-des-L ... ien-a-voir
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Messagede bipbip » 03 Mai 2018, 15:20

Qui est l’oligarque tchèque qui rachète les magazines Elle et Marianne ?

Après les grandes fortunes françaises, voilà que la presse hexagonale intéresse les oligarques est-européens. Daniel Kretinsky, milliardaire tchèque – dont le patrimoine s’élève à deux milliards d’euros selon le classement Forbes – propriétaire d’un groupe énergétique, est en train de racheter une partie des titres de presse de Lagardère – dont Elle et France Dimanche – ainsi que l’hebdomadaire Marianne [1]. Daniel Kretinsky a déjà racheté à Lagardère les radios que le groupe français possédait en République tchèque, en Slovaquie, en Pologne et en Roumanie.

... https://www.bastamag.net/Qui-est-l-olig ... t-Marianne
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Messagede bipbip » 10 Mai 2018, 15:30

Poursuites-bâillons

Bolloré perd définitivement son premier procès en diffamation intenté à Bastamag

Après cinq ans de procédure contre notre site d’information, la Cour de cassation vient de désavouer totalement et définitivement le groupe Bolloré qui nous attaquait en diffamation. Ce harcèlement judiciaire n’est pas pour autant terminé de la part de Bolloré : une seconde plainte sera jugée cet automne.

Après cinq ans de procédure, Bolloré a définitivement perdu le premier procès en diffamation qu’il intentait à Bastamag. Ce 7 mai, la chambre criminelle de la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de la multinationale présidée par Vincent Bolloré. Celle-ci avait déjà été déboutée de sa plainte en première instance, jugement qui avait été confirmé en appel, avant de se pourvoir en cassation.

Pour rappel, le groupe Bolloré a attaqué en diffamation un article publié en octobre 2012, intitulé « Bolloré, Crédit agricole, Louis Dreyfus : ces groupes français, champions de l’accaparement de terres ». Notre article pointait le rôle de grandes entreprises françaises dans le phénomène d’accaparement des terres en Afrique, en Amérique latine et en Asie. Il mentionnait, entre autres, les activités du groupe Bolloré, via une holding luxembourgeoise, la Socfin. Celle-ci possède une trentaine de filiales, dont plusieurs gèrent des plantations d’hévéas et de palmiers à huile en Afrique et en Asie. Ses pratiques font l’objet de nombreuses critiques de la part des populations locales et d’organisations internationales de défense des droits humains.

... https://www.bastamag.net/Bollore-perd-d ... -intente-a
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Messagede bipbip » 17 Mai 2018, 08:19

RSF ET CRITIQUE DES MÉDIAS : AUDE LANCELIN ACCUSE

Aude Lancelin revient avec force sur les arguments de Christophe Deloire, Secrétaire Général de RSF, contre la critique des médias.

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Messagede bipbip » 24 Mai 2018, 21:10

Le secret des affaires revient à l’Assemblée
Le projet de loi sur le Secret des affaires sera examiné par une commission parlementaire jeudi 24 mai. Voici le communiqué rédigé à ce propos par une coalition de médias et d’organisations :
... https://reporterre.net/Le-secret-des-af ... -Assemblee

Le parti de M. Macron risque d’imposer le secret des affaires, qui restreint la liberté d’informer
Au pas de course, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à protéger le « secret des affaires ». La loi a étendu ce « secret » au-delà du strict cadre commercial, menaçant journalistes et lanceurs d’alerte, et donc la liberté d’informer.
... https://reporterre.net/Le-parti-de-M-Ma ... streint-la
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Messagede bipbip » 26 Mai 2018, 21:07

Soutien au collectif de photojournalistes LaMeute

Mardi 22 mai, l’un des membres du collectif de photojournalistes LaMeute a été interpellé, parmi une centaine de lycéens et d’étudiants, au lycée Arago à Paris où il réalisait images et vidéos de l’occupation en cours. Il a comparu ce jour devant le procureur du Tribunal de grande instance de Paris.

Mardi 22 mai, l’un des membres du collectif de photojournalistes LaMeute a été interpellé, parmi une centaine de lycéens et d’étudiants, au lycée Arago à Paris où il réalisait images et vidéos de l’occupation en cours, comme le fait depuis plusieurs mois ce collectif lors de différentes manifestations et actions citoyennes. D’abord enfermé de longues heures, avec l’ensemble des personnes interpellées, dans un bus garé sur le parking d’un commissariat, il s’est vu notifier sa mise en garde à vue à 20h20 ; reconduite pour 24h le mercredi au soir, cette garde à vue a légalement pris fin jeudi à 20h20.

Le jeune photojournaliste âgé de 21 ans a toutefois été maintenu en détention (sous « main de justice, bien que gardé par la police » selon une formule inimitable du ministère de l’intérieur) pour une troisième nuit, la justice disposant de 24h supplémentaires pour le déférer devant le procureur au Tribunal de grande instance de Paris. La comparution devrait avoir lieu ce jour.

Si l’ampleur, les conditions et la durée exceptionnelle de mise en garde à vue de dizaines de jeunes mineurs suscite une indignation légitime, le cas de ce jeune photographe y ajoute le mépris, le harcèlement et les mauvais traitements dont font l’objet, depuis 2016 au moins, les photographes et reporters indépendants, dont l’activité est jugée par les forces de police à la fois illégitime (alors que la possession d’une carte de presse n’est nullement une condition pour exercer le métier de journaliste) et gênante, par leur manière de documenter, au plus près du terrain, la manière dont s’exerce aujourd’hui le maintien de l’ordre.

Pendant trois jours et trois nuits, donc, un reporter pris parmi d’autres jeunes s’est vu priver de liberté, de tout contact avec ses proches et sa famille - mise au secret telle qu’il fut impossible, durant 48h, de le localiser précisément, la répartition de dizaines d’interpellés entre différents commissariats causant une situation désordonnée et illisible. Mince anomalie dans la confusion générale ?

En réalité, ce cas témoigne d’une logique qu’il révèle en la redoublant : arrêter des dizaines de jeunes dans le but de les faire taire, méconnaître le statut d’un journaliste indépendant et en profiter pour prolonger un brin sa détention, c’est dans chaque cas avoir l’esprit étroit et la main lourde : témoigner, d’un côté, d’une conception fort stricte des lois qui encadrent l’exercice démocratique d’expression et d’information, de l’autre d’une tolérance bien large à l’égard des moyens de les réprimer, d’une manière de prendre ses aises dans les petites et grandes brimades infligées à des jeunes, et d’une totale absence de discernement dans la décision grave de les priver de liberté.

Aux côtés des professionnels, le travail des journalistes indépendants témoigne aujourd’hui d’une vitalité importante et précieuse dans l’envie de montrer, de décrire et de donner son point de vue. Les traiter ainsi, c’est méconnaître leur apport à la vie démocratique - de même que mater le désir de se réunir, c’est mépriser l’envie de la jeunesse de contribuer à la vie démocratique. On ne saurait indéfiniment réprimer le présent sans insulter l’avenir.

Signataires :
Pouria Amirshahi, directeur de Politis
Raphaël Bourgois, journaliste
Sylvain Bourmeau, journaliste, directeur d’AOC
Laurence de Cock, historienne
Catherine de Coppet, chroniqueuse à France Culture
Jean-Marie Durand, journaliste, Les Inrockuptibles
Nassira El Moaddem, journaliste
Laura-Maï Gaveriaux, journaliste indépendante
Quentin Girard, journaliste, Libération
Tristan Goldbronn, journaliste et directeur de la rédaction de Radio Parleur
Mathilde Larrère, Historienne
Eric Loret, journaliste, Libération
Rosa Moussaoui, grand reporter à l’Humanité
Vincent Ollivier, avocat
Catherine Portevin, journaliste à Philosophie Magazine
Marion Rousset, journaliste indépendante
Louise Tourret, Productrice à France Culture
Michaël Zumstein, Photographe, Agence VU'
La rédaction de Causette
La rédaction de Fumigène magazine
La Société des journalistes de Mediapart
La Société des journalistes de Tv5monde
La rédaction de la revue Vacarme
Le collectif Les Journalopes
Le collectif LaMeute
La rédaction de la Revue du Crieur


https://blogs.mediapart.fr/la-sdj-de-me ... es-lameute
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Messagede Lila » 27 Mai 2018, 21:31

Contre la suppression des émissions d'Elise Lucet

À l'attention : de France Télévisions, du gouvernement français.

Ne pas supprimer l'info sur france 2 et éviter que la gouvernement supprime les émissions d'Elise Lucet, pour, soit disant, faire des économies.

On paie une redevance pour ne pas avoir du tf1.

https://www.mesopinions.com/petition/me ... ucet/36388
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Re: Medias

Messagede bipbip » 28 Mai 2018, 11:58

Journalisme des luttes et luttes des journalismes

« Si leur monde continue de tourner, nos caméras aussi »

Il y a des journalistes qui parlent trop, que l’on voit trop et que l’on entend trop, et il y a des journalistes qui font des nuits de garde à vue dans l’indifférence de leurs collègues. C’est alors que se fait la rencontre de deux mondes. L’un qui parle des réalités sans jamais trop s’en approcher, et l’autre qui les subit et les raconte désormais.

Houleux dans les coeurs et dans la rue, les jours que nous vivons sont rythmés par des manifestations plus ou moins volontaires, où le rapport de force tente inlassablement d’être inversé en faveur de celles et ceux qui dépavent. Depuis 2016 et le mouvement contre la Loi Travail, qui avait vu émerger de nouvelles manières de penser la manifestation comme active, une thématique plus discrète ne cesse de faire réfléchir des dizaines de journalistes, étudiants, manifestants, militants, vidéastes, lycéens, photographes, engagés ou non, affiliés à des rédactions ou non : la couverture médiatique de ces luttes.

On ne sait plus bien pourquoi ni surtout depuis quand, dans les cortèges, des centaines d’yeux numériques - tant amis qu’ennemis - scrutent les moindres faits et gestes de ceux qui agissent. L’imagerie émeutière qui excite et réveille les désirs de flammes ? Il y a de ça. Le désir d’informer le plus grand monde, l’habituelle rengaine du « on ne nous dit pas tout », la volonté de casser un récit médiatique unique sur les mouvements sociaux et leurs subtilités ? C’est peut-être plus de ce côté là qu’il faut creuser, de Calais à Vintimille et de Nanterre à Notre-Dame-des-Landes.

Avant d’aller plus loin, deux choses sont à noter. D’une part, la tendance de la presse toute entière à de plus en plus s’appuyer sur des images de journalistes indépendants, de lycéens, d’étudiants et de travailleurs qui s’emparent d’outils tels que la caméra ou l’appareil photo. Ces images – nos images -, ils s’en servent pour illustrer leurs journaux, réaliser leurs documentaires et leurs JT. Et d’autre part, la fâcheuse tendance de cette même presse à détourner prudemment le regard dès lors que ces petits reporters, témoins engagés des évènements, finissent derrière les barreaux pendant plus de soixante heures. En cause, le simple fait d’avoir été présents et d’avoir montré des réalités que la presse traditionnelle n’est plus en mesure de constater par elle même, minée par ses idéologies, ses budgets exsangues et son parisianisme maladif.

Ces derniers jours ont vu poindre des interrogations légitimes à la suite de la garde à vue de plusieurs personnes, arrêtées aux abords de manifestations pour les avoir simplement racontées. Apparemment très virulents, ces individus étaient armés d’appareils photos voire pire, de caméras vidéo. Ces dangereuses personnes, subversifs du négatif et du film animé, se sont vues pour certaines confisquer leur matériel, gênant pour qui est censé vivre de ses images. Plusieurs exemples viennent étayer ces affirmations et le plus récent est sans doute celui du jeune photographe du collectif parisien La Meute, arrêté avec les occupants du lycée Arago pour avoir photographié cette action. Il sera jugé en octobre. Un autre photographe indépendant témoigne d’une garde-à-vue de 7H pour « participation à un groupement en vue de commettre des dégradations », un autre encore raconte son fichage par la police qui a photographié sa carte d’identité afin de « vérifier la diffusion des images après manifestation ». Dans la bouche des policiers, des phrases trahissent qu’ils suivent tout autant que les manifestants les images diffusées en ligne. « Nous, on veut pas retrouver nos têtes sur vos pages » soufflait l’un d’eux à un journaliste au détour d’un contrôle. Cela va plus loin encore pour certains. Fin avril, un photographe parisien était envoyé aux urgences, un doigt partiellement sectionné par un tir de grenade de désencerclement. D’autres ont vu leur matériel réduit en miettes sous les coups des matraques ou des flashballs, sans indignation particulière de leurs confrères et de leurs consoeurs.

En 2016, lorsque François Hollande était encore à l’Elysée, plusieurs journalistes avaient été agressés par des policiers alors qu’ils rendaient compte du malaise social. Une action avait été entreprise par Reporters Sans Frontières, puis l’ONG avait saisi le Défenseur des droits Jacques Toubon. Les dossiers n’avancent plus, la police des polices traîne la patte. Depuis les arrestations des derniers jours, le silence de ces instances et de l’ensemble de la presse est une réalité, pointée du doigt par quelques uns sur les réseaux sociaux. Ce sont ces questions qui aujourd’hui doivent se poser entre photographes, vidéastes, journalistes, raconteurs, et se confronter aux rédactions pour qui ils ne sont que de simples fournisseurs de contenus : « Qui sommes-nous, que voulons-nous raconter et comment pouvons nous le faire sans avoir besoin de leur prétendue reconnaissance ? »

Il n’est et ne sera jamais question de séparer cette violence de celle vécue par les gens qui luttent et qui agissent concrètement, ou de hiérarchiser laquelle serait la plus tolérable ou bien la plus légitime. Tout simplement car cette violence est la même. Elle tient de la même essence, est née de la même république, de la même démocratie, se nourrit des mêmes théories et se concrétise toujours dans le sentiment d’impunité ressenti par la police une fois leurs numéros de matricule planqués et leurs cagoules relevées sur le bout de leurs nez.

Alors, étonnant ce silence ? Pas vraiment. Peut-être n’est-ce pas une information assez importante ? Ou plutôt, ces jeunes aux casques siglés TV qui vont de boulevards en avenues et de ZAD en ZAD ne sont-ils pas reconnus comme des pairs par ceux qui exercent pourtant le même métier ? Qu’importe, ils sont là, eux. Ils continuent de raconter les luttes d’aujourd’hui, dans les facs, auprès des exilé-e-s, de jour comme de nuit, à déclencher quand les matraques entrent dans le viseur et quand des chants d’espoir sont entonnés par la foule dans la grisaille d’un jeudi nantais. C’est ce rôle qui est attaqué quand ils finissent au trou et c’est sans aucun doute ce rôle que certains voudront les empêcher de tenir demain. Ils ne se doutent pas qu’à chaque caméra brisée, de nouvelles s’allument et ce sont alors des vocations qui naissent.

Si leur monde continue de tourner, nos caméras aussi.

Elzéard Bouffier


https://lundi.am/Journalisme-des-luttes ... urnalismes
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Re: Medias

Messagede bipbip » 31 Mai 2018, 21:25

DOC du réel en garde à vue

Après 44h de garde à vue, suite à l’occupation du lycée Arago, « l’entièreté de mon matériel de vidéaste est sous scellé, à l’heure actuelle, je ne possède plus rien. En octobre 2018, je serai jugée. »

DOC du réel est vidéaste et documentariste, elle contribue régulièrement à lundimatin, en nous faisant parvenir des reportages qui, du mouvement contre la loi travail en 2016 aux expulsions récentes à la zad, nous ont toujours parus pertinents, décalés (dans le bon sens du terme), et échappant à certains écueils (notamment le sensationnalisme) de la vague actuelle de journalisme alternatif et documentarisme citoyen. Le 22 mai 2018, alors qu’elle était présente dans le cortège de la fonction publique pour filmer, elle a suivi les groupes de manifestants qui se sont rendus dans le lycée Arago pour y tenir une assemblée. Avec tous les autres occupants elle a été arrêtée.

Voici les images qu’elle a tournées, juste avant son arrestation et la confiscation de son matériel, et montées après la garde à vue.

... https://lundi.am/DOC-du-reel-en-garde-a-vue-1380
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