La place du militaire en France

Re: La place du militaire en France

Messagede bipbip » 28 Fév 2018, 00:34

Malgré « des preuves accablantes de crimes de guerre », la France continue de vendre des armes

« Qui pouvait imaginer la survenance de ce conflit au Yémen ? » se justifie la ministre des Armées, Florence Parly, quand un journaliste la questionne sur les ventes d’armes de la France aux participants au conflit au Yémen, en particulier l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis. Sa ligne de défense semble suggérer que Paris n’a approuvé les exportations militaires vers ces pays qu’avant le conflit. Sans pouvoir se douter qu’en 2017, le Yémen serait devenu l’une des pires crises humanitaires au monde, terrain de potentielles violations graves du droit international. L’affirmation de la ministre de la Défense résiste mal à une vérification des faits. Une ONG demande d’ailleurs aujourd’hui une enquête parlementaire.

« La France a continué à exporter des équipements militaires même après le début du conflit », pointe Hélène Legeay, membre de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat). La campagne militaire de la coalition menée par l’Arabie Saoudite au Yémen a commencé en mars 2015. Dès août 2015, Amnesty international exposait des cas de victimes civiles des frappes de la coalitions, ainsi que des violations commises dans le cadre de la bataille d’Aden - ville où des chars Leclerc vendus par la France aux Émirats ont été déployés. En octobre 2015, difficile de douter du risque d’abus : Amnesty appelle alors à suspendre les transferts d’armes à la coalition en raison des « preuves accablantes de crimes de guerre » qui lui étaient imputables.

Des blindés de combat et des systèmes d’artillerie livrés en 2016 aux Saoudiens

Ces informations sont-elles de nature à troubler le gouvernement – socialiste – de l’époque, dont l’autorisation est nécessaire pour exporter des armes françaises ? A lire les rapports envoyés par la France à l’Union européenne (UE) ou au secrétariat du Traité sur le commerce des armes, l’indifférence règne à l’Élysée et Matignon. Ni les livraisons d’armes, ni les accords d’exportation n’ont été suspendus depuis le début du conflit yéménite.

Ainsi, selon les informations fournies à l’Union européenne, dans la catégorie « Bombes, torpilles, roquettes, missiles, autres dispositifs et charges explosifs et équipement et accessoires connexes, spécialement conçus pour l’usage militaire », la France a approuvé 14 licences d’exportations vers l’Arabie Saoudite en 2016, pour une valeur de 3,7 milliards d’euros. Au total cette année là, 215 licences d’exportation vers l’Arabie Saoudite sont autorisées et 189 pour les Émirats. Quant au rapport remis au secrétariat du Traité sur le commerce des armes, il nous apprend que, toujours en 2016, 276 véhicules blindés de combat sont livrés par la France aux Saoudiens, ainsi que des systèmes d’artillerie de gros calibres.

... https://www.bastamag.net/Malgre-des-pre ... -de-vendre
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Re: La place du militaire en France

Messagede bipbip » 01 Mar 2018, 20:58

Le tango des joyeux militaires

Avec Macron, le tango des joyeux militaires

C’est le tango des joyeux militaires

Des gais vainqueurs de partout et d’ailleurs

C’est le tango des fameux va-t-en-guerre

C’est le tango de tous les fossoyeurs

On se souvient de la « crise » de l’été entre Macron et le chef d’état-major des armées, le général de Villiers. La brouille est bien terminée. Le 8 février 2018, le gouvernement a adopté le projet de loi de programmation militaire 2019-2025 qui définit les moyens accordés à l’armée pour les sept années à venir. Au total, il s’agit de près de 295 milliards d’euros dont 198 milliards jusqu’à la fin de la présidence Macron, soit en moyenne 39,6 milliards par an, à comparer aux 34,2 milliards du budget pour 2018. Le gouvernement souligne que sur les cinq années à venir, l’effort pour les armées sera de 23 % supérieur à celui des années 2014-2018.

Tous les commentateurs ont souligné cette hausse, qui contraste de manière grossière avec l’austérité généralisée et les suppressions de poste alors que, par exemple, la ministre de la santé Agnès Buzyn qualifie d’« énormément d’argent » les 50 millions d’euros accordés aux EPHAD. Tous, sauf les Républicains qui ont pinaillé sur le calendrier et, de façon plus inattendue, La France insoumise. Le jour même du conseil des ministres, Jean-Luc Mélenchon, accompagné de deux députés, convoquait une conférence de presse où (citation du site LFI) « ils ont dénoncé le manque de moyens pour l’armée et la faible vision stratégique du pouvoir macroniste. » En évoquant une « faible vision stratégique » Mélenchon semble parler des interventions en Afrique, négligeant le fait qu’il s’agit au contraire d’une stratégie bien établie : depuis 1978, l’armée française est intervenue près de 70 fois à l’extérieur, essentiellement en Afrique et, comme le souligne l’économiste Claude Serfati, l’activisme militaire vise à maintenir vis-à-vis de l’Allemagne le « rang » d’une France économiquement en recul.

Le discours sur le « manque de moyens » traduit une fois de plus le fait que la manie de la FI de brandir à tout bout de champ le drapeau tricolore n’est pas une simple tactique pour se rendre plus présentable (comme le croient ou font semblant de le croire certains), mais une adhésion profonde de Mélenchon à un « social-impérialisme » qui exalte la France « universelle » car « présente sur les cinq continents ». On peut accorder à Jean-Luc Mélenchon le bénéfice de la franchise : traditionnellement, PS et PCF lorsqu’ils étaient dans l’opposition avaient tendance à critiquer le montant des dépenses militaires, avant de les voter une fois au pouvoir. La FI montre dès maintenant son « sens des responsabilités » vis-à-vis de l’armée.

La presse économique donne pour sa part quitus à Macron : « Budget de la défense : les armées et les industriels rassurés », titrent ainsi Les Echos du 9 février, rappelant sans précaution que le budget militaire est un gigantesque fromage pour les capitalistes, marchands de canons en tête. En effet, les dépenses militaires donnent un débouché garanti aux fabricants d’armements dont l’utilisation effective par « notre » armée est perçue comme un gage de qualité sur les marchés internationaux. Ainsi, Dassault n’avait pas réussi à vendre un seul Rafale pendant quinze ans jusqu’à ce que l’avion fût utilisé au Mali (les aides financières aux acheteurs y ont aussi contribué).

La France est le troisième vendeur d’armes dans le monde et ces armes tuent. On se doit de le rappeler face à l’hypocrisie de la ministre des Armées Florence Parly qui, interrogée sur le Yémen, écrasé notamment sous des bombes « made in France » vendues aux Saoudiens et aux Emirats arabes unis, n’a pas craint de répondre : « beaucoup de pays sont confrontés à cette situation d’avoir le cas échéant livré des armes à d’autres pays alors que ces armes n’étaient pas censées être utilisées. »

La politique française s’inscrit dans une dangereuse tendance générale à la militarisation dans le monde. Les dépenses militaires sont en hausse et l’utilisation d’armes nucléaires revient dans le champ du possible. Début février, l’administration Trump a dévoilé sa nouvelle posture : Washington entend créer trois nouvelles armes nucléaires dites tactiques qui pourront être utilisées à partir de bombardiers furtifs et de sous-marins. Ces nouvelles ogives permettront aux USA de soutenir qu’ils continuent de respecter les traités de non-prolifération.

Face à cette situation, la dénonciation et, quand cela a une réalité de masse, la lutte contre le militarisme et l’arme nucléaire font bien partie des tâches des anticapitalistes et révolutionnaires. S’inscrire dans de telles mobilisations, tout en dénonçant les menées de son propre impérialisme, ne revient pas à semer des illusions, ni à croire que l’on puisse mettre fin à la course guerrière sans remettre en cause le système capitaliste, selon la critique malvenue que Lutte ouvrière fait, de façon intemporelle, aux actions pacifistes en écrivant vers la fin d’une brochure, « pacifisme ou militarisme, un faux choix politique ».


http://www.anti-k.org/2018/03/01/macron ... ilitaires/
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Re: La place du militaire en France

Messagede bipbip » 10 Mar 2018, 22:38

BNP Paribas et le Crédit agricole parmi les plus gros « sponsors » européens de l’arme atomique

D’après un rapport de l’ONG néerlandaise Pax publié aujourd’hui, les institutions financières privées ont investi 525 milliards de dollars dans des entreprises participant à la production d’armes nucléaire, entre janvier 2014 et octobre 2017. 329 banques, sociétés d’assurance, fonds de pension et gestionnaires d’actifs sont concernées dans 24 États.

Si le top 10 de ces investisseurs se situe aux États-Unis, Pax identifie BNP Paribas et le Crédit agricole parmi les plus gros financeurs européens, ainsi que la banque britannique Barclays. Les entreprises financées ciblées par l’étude sont les 20 premières société privées produisant des systèmes d’armement nucléaire. On retrouve par exemple Airbus, Safran ou Thalès, qui sont impliqués dans la production, l’entretien et le renouvellement des missiles balistiques M51 de la marine française, lancés à partir de sous-marins. L’entreprise britannique BAE Systems contribue également à l’arsenal français via la joint-venture MBDA (systèmes de propulseurs) et en fournissant des missiles air-sol à armement nucléaire pour la France.

... https://www.bastamag.net/BNP-Paribas-et ... peens-de-l
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Re: La place du militaire en France

Messagede bipbip » 14 Mar 2018, 16:32

L'Armée française et les « valeurs de la république »

Un état des lieux

Paris mercredi 14 mars 2018
à 18h, EHESS, École des hautes études en sciences sociales
Amphithéâtre François Furet, 105 boulevard Raspail

En juin 2017, les élèves passant le Brevet des collèges devaient, lors de leur épreuve d'éducation morale et citoyenne, montrer « en quelques lignes que l'armée française est au service des valeurs de la République et de l'Union européenne ». Le sujet n'est sans doute pas aussi simple qu'il n'y paraît. Qu'ont à dire les sciences sociales et les citoyens ayant creusé la question ? La Ligue des Droits de l'Homme de l'EHESS et l'association "Survie" proposent de faire le tour des publications récentes sur le sujet en présence de plusieurs spécialistes.

Modération et introduction :
• Sylvain Laurens, maître de conférences à l'EHESS et
• Julien Moisan, coordinateur national de l'association Survie

Contributions :
• Claude Serfati - « La centralité du militaire en France : quelques hypothèses ». Claude Serfati est chercheur associé au CEMOTEV (UVSQ) et IRES - Auteur de "Le militaire, une histoire française", Editions Amsterdam, 2017
• Christel Coton - « Le mythe méritocratique en uniforme ». Christel Coton est Maîtresse de conférences, Paris I - CESSP -Auteure de "Officiers. Des classes en lutte sous l'uniforme", Editions Agone, Marseille, 2017
• Raphaël Granvaud - « Crimes et complicité de crimes de l'armée française en Afrique au XXIe siècle ». Raphaël Granvaud est enseignant, porte-parole de l'association Survie - Auteur de "Que fait l'armée française en Afrique ?" Editions Agone, 2009
• Marielle Debos et Nathaniel Powell - « L'autre pays des guerres sans fin : relire l'histoire de la France militaire à partir du Tchad ». Marielle Debos est Maîtresse de conférences Paris Nanterre/ IUF / ISP/CNRS - Auteure de « Living by the gun in Chad », Zed Books, 2016 et Nathaniel Powell - Research and Teaching Associate au King's College London's Department of War Studies.

https://paris.demosphere.eu/rv/60122
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Re: La place du militaire en France

Messagede bipbip » 18 Mar 2018, 16:56

Dossier : Au grand bazar de l’armement

paru dans CQFD n°139 (janvier 2016)

Attendu depuis janvier 2016, voici enfin en ligne l’intégralité du dossier "Au grand bazar de l’armement" du CQFD n°139.

Intro, sommaire et liens vers les articles.

... http://cqfd-journal.org/Dossier-Au-grand-bazar-de-l
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Re: La place du militaire en France

Messagede bipbip » 22 Mar 2018, 17:30

Yémen : la France viole vraisemblablement le traité sur le commerce des armes et s’expose à des poursuites

Un rapport pointe la responsabilité juridique du gouvernement français et de plusieurs entreprises de défense pour leurs ventes d’armes à l’Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes Unis, deux pays fortement impliqués dans la guerre au Yémen. Ces équipements militaires, employés pour le blocus, serviraient à affamer les populations yéménites, et, utilisés pour les bombardements aériens, contribueraient au lourd bilan des civils tués. Or, exporter des armes dans un tel contexte, est interdit par les traités signés par la France et l’Union européenne.

Dassault, Thales, Safran (ex-Sagem), Naval Group (ex-DCNS), les constructions mécaniques de Normandie, Airbus, Nexter, Renault Trucks Defense… La liste des entreprises françaises citées pour avoir profité directement ou via leur filiales des contrats d’armement avec l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis est longue. Problème : depuis mars 2015, ces deux États, gros clients de l’industrie d’armement française, sont les plus actifs de la coalition arabe engagée au Yémen pour combattre une rébellion, dans le cadre d’un conflit qui s’enlise et tourne à la catastrophe humanitaire.

... https://www.bastamag.net/Yemen-la-Franc ... s-armes-et
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Re: La place du militaire en France

Messagede bipbip » 27 Mar 2018, 23:58

Loi de programmation militaire : pas d’austérité pour la guerre

« Le temps des sacrifices est révolu », annonçait ce mardi la ministre des Armées Florence Parly devant les députés qui entamaient l’examen de la nouvelle loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025. Avec 294,8 milliards d’euros, celle-ci promet une hausse inédite des crédits de la défense : « Le renouveau de nos armées commence ». La France était-elle à la traîne en terme de dépenses militaires ? L’armée le parent pauvre du budget de l’État ? Pas si sûr, si l’on s’en tient aux chiffres. Mais dans le pays européen qui consacre le plus d’argent au militaire, il semble déplacé de questionner les dépenses et les guerres dans le contexte d’instabilité géopolitique actuel et de menace terroriste.

La défense « sacrifiée » ?

Il l’avait promis : Emmanuel Macron allait consentir un effort budgétaire inédit pour mettre fin à « la lente érosion de nos capacités militaires ». Mais y a-t-il eu érosion budgétaire ? Selon les chiffres de l’économiste Claude Serfati, entre 2009 et 2016, le budget de la défense a augmenté de 11,6 %, soit davantage que le budget total de l’État (+10,4%). Dans la loi de finance 2018, la défense a obtenu 1,76 milliards d’euros supplémentaires, quand la mission « travail emploi » perdait 1,5 milliards.

Avec 34,2 milliards d’euros pour 2018, la défense reste le troisième budget de l’État après l’éducation et le service de la dette. A titre de comparaison, le ministère de la transition écologique ne dispose que de 10,4 milliards d’euros. La loi de programmation militaire prévoit d’aller encore plus loin, avec 1,7 milliards d’euros supplémentaires par an jusqu’en 2022 puis 3 milliards par an jusqu’en 2025. Jusqu’à atteindre 50 milliards d’euros… soit pratiquement autant que le ministère de l’Éducation.

2 % du PIB pour la défense : un objectif déjà atteint selon la Cour des Comptes

Un niveau de dépense militaire équivalent à 2 % du PIB, comme exigé par l’Otan, voilà l’objectif. Un objectif assez abstrait, voire dogmatique, puisqu’il est plus facilement atteint par des économies en crise : avec 4,1 milliards de budget militaire par an la Grèce y consacre ainsi 2,38% de son PIB. Pour les États à l’économie florissante, cette exigence est pharaonique. En Allemagne, cela reviendrait ainsi à passer d’un budget de 37 milliards à près de 70 milliards d’euros par an. « Une idée un peu folle », selon l’ancien ministre des Affaires étrangères social-démocrate Sigmar Gabriel, qui plaisante sur la quantité de porte-avions que Berlin devrait acheter pour atteindre ce montant.

S’agissant de la France, pendant que les députés débattent pour savoir si la loi de programmation militaire permettra d’arriver ou non à ces 2 %, la Cour des Comptes estime que, même si les crédits budgétaires votés n’atteignent pas ce seuil, celui-ci est déjà atteint quand on inclut la totalité des dépenses réalisées effectivement. Un dépassement notamment lié aux surcoûts des "opérations extérieures", les interventions de l’armée française à l’étranger, ou OPEX.

... https://www.bastamag.net/Loi-de-program ... -la-guerre
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Re: La place du militaire en France

Messagede bipbip » 12 Juin 2018, 20:01

Eurosatory : L’erreur de com’ du juteux marché de la mort

Aux portes de Paris, du 11 au 15 juin le salon de l’armement s’ouvre au business de la mort . La communication reste cantonnée aux initiés peu scrupuleux des conséquences quand il s’agit d’affaires.

Tapez “Salons à Paris” sur votre moteur de recherche : vous y trouverez tout, du salon du mariage au salon lesbien en passant par l’aviation ou la nourriture vegan. Tout sauf Eurosatory, le salon international de l’armement, pas même sous l’onglet “professionnels”. Etonnant oubli, non, pour un salon qui se déroule du 11 au 15 juin à Paris nord Villepinte ?

Sur son site, Eurosatory est pourtant bien fier de rassembler Thalès, Safran, Arsenal et 1500 autres professionnels d’armement exposant sur plus de 167 000m2. Fier d’ accueillir 212 délégations officielles des représentants des forces armées de 94 pays et plus de 700 « journalistes » promouvant les derniers gadgets ! Bien fier de ses conférences et shows, des démonstrations de GIGN, BRI, ou BSPP [1] de la venue de 80 nouvelles start-up. L’inauguration donnerait même lieu à un grand banquet : les armes, ça se fête !

Le COGES, commissariat général qui organise ce salon, aurait-il peur de s’adresser à un large public ? Il pourrait craindre que dans d’autres sphères on s’insurge de ce business florissant qui s’épanouit sur les morts, les blessés, les déportés sous couvert de maintien de la paix. Il pourrait redouter qu’on évente les milliers de victimes civiles non comptabilisées de ces armes si professionnellement « testées sur le terrain » en Syrie, au Yémen, en Palestine, en Afghanistan, au Mali ou en Irak, parmi lesquelles se trouvaient beaucoup d’enfants. Il pourrait vouloir cacher au grand public le désastre écologique et climatique que tout cela entraîne.
Communiquer, ce serait permettre qu’on réfléchisse :

Assurer « notre sécurité » à grands renforts de grenades « sub-létales ( !) » et de surveillance par drones n’est–ce-pas empêcher toute contestation populaire et glisser vers un régime dictatorial ?
Vendre des armes pour « supprimer le risque terroriste » au lieu de lutter contre ses causes, n’est-ce-pas un pur prétexte pour pérenniser l’exploitation des ressources et la colonisation de régions … et provoquer plus de terrorisme en retour, et donc plus de répression, et encore plus de ventes d’armes ?
Vendre des armes pour « maintenir l’ordre » dans les quartiers populaires, les ZADs ou la rue, n’est-ce-pas monter policiers et militaires contre les victimes d’une politique favorable à quelques puissants ?
Communiquer, ce serait risquer d’étendre la colère de quelques humanistes et écolos à la frange plus large de simples contribuables : et s’ils découvraient que le montant du budget national 2018 de la Défense s’élève à 32,44 milliards d’euros quand celui accordé à la Santé plafonne à 1,24 milliard [2]. Le COGES ne peut quand même pas dire aux Français : « votre argent a bien une odeur, c’est celle de la mort ».

On se dit alors que ce n’est sûrement pas une erreur de com’ mais un silence stratégique.
Et qu’il faut le dénoncer, sur place, maintenant. Nous, Français et conscients de ce que la France fait subir aux populations à l’étranger, nous leur ferons front pour demander l’arrêt définitif de ce business mortifère et scandaleux.
Notes

[1] Groupe d’Intervention de la Gendarmerie nationale, Brigade de Recherche et d’Intervention, Base des Répertoires des Personnes Physiques.

[2] Sources : Desobeir.net


https://paris-luttes.info/eurosatory-l- ... m-du-10450
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Re: La place du militaire en France

Messagede bipbip » 20 Juin 2018, 22:41

Une fois de plus, la France manque à ses engagements de transparence sur le commerce des armes

Près de trois semaines après la date limite, les autorités françaises n’ont toujours pas rendu publics leurs rapports sur les exportations d’armement en 2017. Pour la première fois, la France n’a pas, à la date imposée, remis au secrétariat du Traité sur le commerce des armes (TCA) son rapport annuel sur ses livraisons d’armes en 2017. Elle n’a pas non plus remis au Parlement son rapport annuel sur les exportations.

« Le non-respect par la France de ses obligations, nationales et internationales, nuit non seulement à la crédibilité du pays mais aussi à celle du Traité sur le commerce des armes (TCA) », ont déclaré l’Acat, Amnesty International France (AIF) et l’Observatoire des armements. Les trois organisations appellent la France à respecter ses engagements en matière de transparence sur ses transferts d’armes, transparence exigée par un nombre croissant de députés et citoyens français, qui mettent notamment en cause les exportations d’armements français à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, belligérants du conflit yéménite.

La transparence renforcée du commerce des armes, objectif central du traité sur le commerce des armes (TCA)

« À l’international, la France a été le fer de lance du TCA. L’objectif central du Traité étant d’imposer plus de transparence sur les exportations de matériel militaire, la France est désormais loin de montrer l’exemple », dénoncent l’Acat, AIF et l’Observatoire des armements. « Elle compromet aujourd’hui clairement l’universalisation du traité. »

Le Traité prévoit l’obligation d’établir chaque année un rapport sur les importations et exportations d’armes classiques. C’est la première fois depuis l’entrée en vigueur du TCA en 2014 que le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ne transmet pas dans les délais son rapport annuel au secrétariat du Traité. Le fait de manquer à cette obligation compromet sévèrement les efforts déployés pour instaurer la confiance entre les États.

« Le Traité ne dispose pas de mécanisme indépendant de contrôle pour garantir le respect des règles en matière de transferts », a déclaré Aymeric Elluin, chargé de plaidoyer armes et justice internationale chez AIF. « Les rapports annuels prévus par le TCA sont primordiaux pour permettre aux parlementaires, aux médias et à la société civile d'examiner la conduite des gouvernements, dès lors qu’ils sont rendus publics. Jusqu’à maintenant, non seulement la France les a transmis à temps, mais elle les a aussi rendus publics. »

En parallèle, le ministère des Armées devait transmettre au Parlement, le 1er juin au plus tard, son rapport annuel sur les exportations d’armement de la France pour l’année 2017. Comme l’an dernier, le ministère n’a toujours pas remis, à la mi-juin, son rapport. Il s’agit d’une obligation fixée par la Loi n° 2013-1168 du 18 décembre 2013.

Le retard de publication des deux rapports vient renforcer l’opacité qui entoure les exportations d’armes françaises. L’Observatoire économique de la défense (OED) indique qu’en 2017 la France a livré à l’international des matériels de guerre et des matériels assimilés pour une valeur totale de 8,3 milliards d’euros, comme en 2016. L’OED ajoute que le Proche et le Moyen-Orient sont l’une des deux zones à avoir contribué à la croissance des exportations françaises.

« Quelles licences d’exportation ont été délivrées, quelles armes ont été livrées à l’Arabie saoudite et aux EAU, pays accusés par la communauté internationale de commettre des crimes de guerre au Yémen ? », interroge Hélène Legeay, responsable Maghreb/Moyen-Orient à l’ACAT. « Quels sont les destinataires finaux et les utilisations finales de ces armes ? C’est précisément ce que l’on ne sait pas. »

... https://www.humanite.fr/une-fois-de-plu ... mes-656938
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Re: La place du militaire en France

Messagede bipbip » 04 Juil 2018, 22:54

Contre-feux. « Pognon » pour les armées, pas pour les facs ?

Le parlement a adopté, jeudi, une loi de programmation militaire qui prévoit 295 milliards de dépenses dans les sept ans. À faire pâlir de nombreux ministères…

... https://www.humanite.fr/contre-feux-pog ... acs-657518
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Re: La place du militaire en France

Messagede bipbip » 05 Juil 2018, 22:40

Ventes d’armes : un nouveau rapport dénonce la coopération des entreprises françaises avec le régime égyptien
Depuis son arrivée au pouvoir en Égypte en 2013, le général al-Sissi a installé un régime de répression sanglante et de surveillance généralisée. Un nouveau rapport de la Fédération internationale des droits humains (FIDH) dénonce la manière dont l’État français et plusieurs entreprises nationales y participent en fournissant au régime d’al-Sissi du matériel militaire et de surveillance.
... https://www.bastamag.net/Ventes-d-armem ... ntreprises

Malgré la guerre au Yémen, la France a livré plus d’1,3 milliard d’euros d’armements à l’Arabie saoudite en 2017
Avec plus d’un mois de retard par rapport à son obligation légale, le ministère des Armées vient de transmettre aux députés son rapport annuel sur les exportations d’armes de la France. Ils ont pu y découvrir qu’en 2017, alors que les conséquences humanitaires de la guerre au Yémen sont dramatiques, les industriels français ont livré pour plus d’1,3 milliard d’euros d’armements à l’Arabie Saoudite, le pays qui mène la coalition internationale engagée dans ce conflit. Cette coalition est régulièrement accusée d’entraver l’aide aux populations et de bombarder des civils. Mais les Saoudiens restent en 2017 parmi nos cinq meilleurs clients en termes de prise de commandes d’armements (plus de 600 millions d’euros en 2017), derrière les Émirats Arabes Unis (700 millions), eux aussi engagés dans la guerre yéménite.
Au total, l’année dernière, les livraisons d’armes françaises partout dans le monde se sont élevées à 6,7 milliards d’euros, dont plus de la moitié (51 %) au Proche et Moyen-Orient. Une tendance qui devrait se maintenir puisque la région représente près de 60 % des prises de commandes pour cette année 2018. Si les prises de commande globales auprès des industriels français sont en baisse – une tendance sans doute liée au poids des ventes de Rafales qui ont gonflé les chiffres des années précédentes – elles restent très supérieures au niveau de 2012. Sur la période 2013-2017, la France est devenue le troisième pays vendeur d’armes au monde.
... https://www.bastamag.net/Malgre-la-guer ... -d-euros-d
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Re: La place du militaire en France

Messagede bipbip » 09 Juil 2018, 17:04

Vente d’armes : la France toujours au top

En mars 2015, une coalition internationale, financée et dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU), intervient dans les querelles politiques internes du Yémen, le plus pauvre des pays arabes. Depuis, c’est la descente aux enfers pour la population civile. À l’occasion de la dernière conférence des donateurs d’aide humanitaire pour le Yémen, en avril 2018, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, tire ainsi le signal d’alarme : « Aujourd’hui, la situation du Yémen est catastrophique. »

Parmi les maux qui accablent la population, l’effondrement du système de santé et la famine sont les plus terribles. Selon Guterres, un enfant yéménite de moins de 5 ans meurt toutes les dix minutes de maladies qui auraient pu être soignées en temps normal. Et près de la moitié des enfants âgés de six mois à cinq ans souffrent de malnutrition chronique, laquelle provoque des retards de croissance et réduit leurs capacités d’apprentissage pour le reste de leur vie.

Les causes principales du désastre sont connues : les bombardements aériens, ainsi que le blocus maritime et aérien des zones contrôlées par les rebelles houtis. Mais en bon faux cul de diplomate, Guterres se garde bien de dénoncer les coupables. Au contraire, il félicite sans vergogne l’Arabie saoudite et les EAU pour leur aumône de 930 millions de dollars au pays qu’ils ravagent. Un moyen bon marché de s’acheter l’impunité.

Quant aux autorités françaises, elles versent des larmes de crocodile sur les victimes tout en assurant un soutien sans faille à leurs bourreaux. Pendant les massacres, les affaires continuent... En 2016, la France a ainsi vendu pour un milliard de dollars d’armement à l’Arabie saoudite et pour 400 millions aux EAU. Des associations humanitaires ont cherché à en savoir plus sur les complicités françaises [1]. Un exercice difficile, car le secret qui entoure les questions militaires est une tradition bien ancrée. Malgré ces limites, leur travail est riche de renseignements sur les turpitudes de nos dirigeants.

Les associations font notamment état de nombreux indices d’utilisation de matériel français dans le conflit, comme des Mirage 2000 (émiratis) et des Airbus A330-MRTT (saoudiens), qui ravitaillent en vol les avions de combat et transportent des troupes. Certes, ces avions ont été livrés avant le déclenchement de la guerre. Mais la France aurait pu décider de suspendre les contrats de maintenance, sans lesquels ils ne pourraient voler. Elle n’en a rien fait. Pis, elle a même conclu depuis de nouvelles transactions avec les belligérants. Ainsi de cet contrat fin 2015 avec l’Arabie saoudite, qui finalise l’achat de trois navires patrouilleurs pour 250 millions d’euros. Ou de cet autre en novembre 2017 avec les EAU portant sur la vente de deux corvettes pour environ 400 millions d’euros. Enfin, en vertu d’accords de coopération militaire, l’armée française participe directement aux opérations, en effectuant des vols de reconnaissance et en fournissant des images satellites. Elle continue même d’entraîner les forces émirates et saoudiennes, et participe avec elles à des manœuvres communes.

Pour résumer dans un langage plus brutal que celui utilisé dans le rapport : la France est un État voyou qui se torche avec les engagements qu’il a pris. À l’image du Traité sur le commerce des armes (TCA), interdisant toute vente d’arme susceptible de servir à commettre des violations des droits de l’homme. L’État français se trouve ainsi clairement complice de crimes contre l’humanité au Yémen. Et n’en a cure. La dernière loi de programmation militaire le souligne à sa manière : les « programmes d’armement de la France sont soutenables grâce aux exportations ». Dit autrement : on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs (yéménites)...

Notes

[1] « Ventes d’armes françaises : “ indices de présence ” au Yémen et nécessaire refonte des mécanismes de contrôle des exportations », rapport notamment signé de la Fédération internationale des droits de l’homme et de l’Observatoire des armements, rendu public le 9 avril 2018.


http://cqfd-journal.org/Vente-d-armes-l ... e-toujours
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Re: La place du militaire en France

Messagede bipbip » 14 Juil 2018, 17:50

L’impérialisme français et son armée. À propos de « Le militaire » de C. Serfati

La discussion sur le financement de l’OTAN rend utile cette re-publication…

L’impérialisme français et son armée.
À propos de « Le militaire » de C. Serfati

... https://www.anti-k.org/2018/07/11/limpe ... c-serfati/
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Re: La place du militaire en France

Messagede bipbip » 14 Juil 2018, 18:13

Egypte : une répression made in France

Un nouveau rapport dévoile aujourd’hui comment l’État et plusieurs entreprises françaises ont participé à la sanglante répression égyptienne des cinq dernières années, en fournissant au régime d’Abdel Fattah al-Sissi du matériel militaire et de surveillance. Dotant les services de sécurité et de répression égyptiens de puissants outils numériques, elles ont participé à la mise en place d’une architecture de surveillance et de contrôle orwellienne, utilisée pour briser toute velléité de dissidence et de mobilisation. Face à ce nouveau scandale touchant les exportations d’armement et de « biens à double usage » français, nos organisations demandent la mise en place d’une enquête parlementaire et l’arrêt immédiat de ces exportations.

... https://www.fidh.org/fr/regions/maghreb ... -in-france
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Re: La place du militaire en France

Messagede bipbip » 17 Juil 2018, 16:41

Ventes d’armes à la coalition engagée au Yémen : nous avons le droit de savoir

Le 6 avril 2018, le député Sébastien Nadot, a déposé une proposition de résolution pour la création d’une commission d’enquête sur les ventes d’armes françaises à l’étranger et plus particulièrement à la coalition internationale engagée dans le conflit au Yémen. Une initiative bienvenue mais qui est bloquée par la Présidente de la Commission des Affaires étrangères. Explications.

... https://www.amnesty.fr/controle-des-arm ... e-au-yemen
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