Partout où va Sarkozy, on recrée disneyland.
La réalité se déforme, le monde se travestit jusqu'à atteindre la réalité souhaitée par le chef. Quand un journal sort pour le montrer cocu, il vire le patron. Alors qu'un préfet connu pour sa rigueur avait déployé les forces demandées et même bloqué un parcours à Saint-Lô, il est viré parce que résonnent des sifflets, près, trop près. A Montpellier, ville morte, seul un parterre de fanatiques UMP présents pour sourire, applaudir...
A Châtellerault où j'étais en manif lorsqu'il était venu, la ville était en état de siège, morte, impossible d'y accéder, un millier de CRS, un barrage de robocop pour nous empêcher d'aller discuter avec le chef. Juste où était le chef, même les gens qui bossaient à côté chez Thalès ont dû faire un grand tour, pour pas passer trop près du pôle emploi.
Mais des jolies images ont été tournées au pôle emploi, ambiance conviviale et détendue. Images diffusées à la télé ensuite...
Lorsqu'il visite une usine, le ménage est fait, tout sourit, l'Entrepreneur suprême guidera la main invisible de la réussite au mérite...

Partout, tout se plie à l'image que le chef se fait du monde. Des ors de l'Elysée au monde réel, où il se rendra désormais avec son nouvel avion personnel, auquel le nom de Carla sera donné...
Partout où il se rend, la réalité se déforme. Le monde s'enchante. Des fleurs poussent. Des gens sourient. Ecoutent la dive parole. En périphérie, des centaines de policiers repoussent, écartent l'ignoble réalité.
Encore un exemple de cette farce, de cette bulle, dont on se demande si elle sert une folie, une propagande totalitaire, ou les deux... on ne sait plus trop, en fait.
http://fr.reuters.com/article/topNews/i ... dChannel=0Faut-il mesurer moins d'1m70 pour être derrière Nicolas Sarkozy?
lundi 7 septembre 2009 16h52
(Reuters) - La télévision publique belge RTBF affirme qu'un casting a permis d'éliminer toutes les têtes dépassant celle du président lors d'une visite de Nicolas Sarkozy dans une usine de l'Orne, mais l'entreprise dément.
Cette affaire, qui survient après celle des "figurantes" lors d'une visite du ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, dans un magasin Intermarché, se serait déroulée il y a une semaine dans l'usine de l'équipementier automobile Faurecia.
Pour l'Elysée, "ces allégations sont ridicules et grotesques et décrédibilisent les journalistes".
Les services du président français accusent cette chaîne de télévision de récidiver, rappelant qu'elle avait accusé Nicolas Sarkozy d'être ivre au sommet du G8 de juin 2007 avant de se déjuger quand elle avait appris qu'il ne buvait jamais d'alcool.
Dans un communiqué, Faurecia a démenti lundi "les rumeurs faisant état 'd'exigences particulières de l'Elysée' quant au personnel Faurecia présent durant l'allocution du président".
L'entreprise affirme qu'elle avait "la maîtrise d'oeuvre de l'organisation générale de cette visite, à l'exception des mesures de sécurité" et que le personnel présent "appartenait bien aux quatre sites de Flers-Caligny".
Les informations de la RTBF ont été confirmées lundi à plusieurs médias par un représentant syndical.
"Tout a été extrêmement cadré et défini pour la visite du président, y compris la taille des personnes devant figurer derrière lui sur l'estrade", a déclaré José de Sa Moreira, délégué syndical central de Faurecia (CFDT), au Point.fr.
D'après lui, les employés ne devaient pas excéder une taille d'un mètre soixante-dix.
José de Sa Moreira a précisé à Rue89 qu'il y avait eu "des négociations avec les Renseignements généraux, la préfecture et le cabinet de l'Elysée" sur la tenue d'une manifestation, l'autorisation donnée au président et à son entourage de pénétrer dans l'usine sans équipement et le critère de taille.
"Toutes les personnes sollicitées par la DRH étaient d'accord", précise-t-il, ajoutant que cet épisode l'avait fait sourire. "Un ego si fort, franchement", dit-il.
Selon la RTBF, tout a été "mis en oeuvre pour ne pas laisser de place à l'imprévu : des questions ciblées, une usine difficile d'accès pour éviter les manifestants et des employés d'autres sites sélectionnés sur casting."
Dans son reportage diffusé samedi, une salariée vêtue d'un tablier blanc affirme avoir été retenue pour sa petite taille.
"On m'a dit que vous avez été choisie sur un critère de taille. Est-ce que c'est vrai ?", demande le journaliste belge. "Oui", répond cette femme. "Il ne faut pas être plus grand que le président ?", insiste le journaliste. "Voilà", répond-elle.
Pour Gérard Filoche, ancien inspecteur du travail et membre du Parti socialiste, "le problème ce n'est pas la petite taille des ouvriers choisis pour être derrière Sarkozy, c'est surtout la 'répétition', le casting, la mise en scène effectuée avec les figurants amenés artificiellement alors qu'ils ne sont pas de l'usine".
"On les voit bel et bien venir et descendre en car spécial. Ils sont déjà tous habillés en blouse blanche toutes marquées Faurecia dans le dos", dit-il dans un communiqué.
Gérard Bon, avec Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse