Révolte populaire, gilets jaunes

Révolte populaire, gilets jaunes

Messagede bipbip » 27 Oct 2018, 17:44

Hausse des prix du carburant : la grogne monte

Excédés par la hausse des prix du carburant, les automobilistes passent à l'action. Opérations escargot, appels à manifester le 17 novembre, la colère des usagers grandit.

Des prix à la pompe qui s'envolent. Et dans les stations-service, le ras-le-bol des automobilistes qui s'emballe. "Je suis à plus de 100 euros par mois, c'est énorme", témoigne une conductrice. "C'est du racket, c'est du vol, c'est tout ce qu'on peut dire", ajoute un autre usager. Cette colère enfle sur internet, où des pages appellent à bloquer les routes le 17 novembre.

Dans la région de Rennes (Ille-et-Vilaine), Amélie Ouf tente de mobiliser via une page qu'elle a créée. Sur internet, son appel à manifester est suivi par 10 000 personnes. "Je ne pensais pas que tant de personnes se mobiliseraient pour la hausse du carburant", avoue la jeune femme, salariée dans l'agroalimentaire.
Le gilet jaune en signe de ralliement

Difficile de savoir d'où le mouvement est parti. Mais d'une ville à l'autre, la mobilisation citoyenne s'organise avec un signe distinctif, posé bien en vue à l'avant des véhicules. "Le gilet jaune, c'est un signe de ralliement pour tous ceux qui veulent participer à la journée de blocage du 17 novembre", explique Stéphane Foulon, imprimeur investi dans le mouvement. Sur internet, une autre pétition citoyenne lancée il y a quelques mois pour une baisse des prix du carburant à la pompe dépasse vendredi 26 octobre les 330 000 signatures.

... https://www.francetvinfo.fr/economie/au ... 06315.html



Qui sont les internautes à l’origine de l’appel aux blocages contre la hausse du prix du carburant ?

Le compteur augmente de seconde en seconde. Ces derniers jours, la pétition en ligne appelant le gouvernement à baisser les prix du carburant a rencontré un succès fulgurant, jusqu'à atteindre les 225 000 signatures, jeudi 25 octobre. Le texte pointe du doigt une "forte hausse du prix du carburant" depuis le 1er janvier, imputée à une augmentation de la fiscalité. Avant d'embrayer : "Nous sommes déjà dépendants des cours du pétrole, il n'est pas question qu'en plus nous subissions une augmentation des taxes."

Priscillia Ludosky, la femme de 32 ans à l'initiative de cette pétition, ne s'attendait pas à un tel écho. "Ce n'est pas que les gens soient si mécontents qui m'étonne. Toutes les personnes qui vivent en banlieue ou dans des zones rurales et qui prennent leur voiture tous les jours n'en peuvent plus de ces augmentations, explique cette habitante de Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne). Par contre, ce qui me surprend, c'est que tous ces gens décident de se mobiliser en signant ma pétition."

D'autant que, depuis, la pétition est devenu le moteur d'un mouvement national de contestation. Sur Facebook, un groupe a été créé pour appeler les automobilistes en colère à bloquer le périphérique parisien le 17 novembre. Plus de 228 000 personnes se disent intéressées ou prêtes à participer à ce blocage. "Je ne suis pas l'organisatrice de cette mobilisation, mais j'y ai été associée, explique Priscillia Ludosky. Au départ, cet événement était localisé uniquement à Paris, mais maintenant, partout en France, les gens sont prêts à se mobiliser."
"Ça devient invivable"

... https://www.francetvinfo.fr/economie/au ... 03467.html
Modifié en dernier par bipbip le 21 Nov 2018, 01:57, modifié 1 fois.
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Re: Révolte populaire, gilets jaunes

Messagede bipbip » 27 Oct 2018, 19:41

Hausse des prix de l’essence, blocage du pays le 17 novembre et manipulation de l’extrême droite

Depuis quelques jours un appel à bloquer le pays contre la hausse du prix de l’essence le 17 novembre circule sur internet et sur les réseaux sociaux. La vidéo virale vue plus de 2 millions de fois a été réalisée par « Frank Buhler » de la « Patriosphère » qui relaie des positions politiques les plus réactionnaires. Derrière cette vidéo, il y a une extrême droite opportuniste dont le souci n’est ni la défense des intérêts des travailleuses et des travailleurs, ni la politique d’aménagement du territoire, ni l’écologie. Nous refusons de relayer ses messages et vidéos et nous informons ceux et celles qui relaient ces appels de bonne foi de leur origine et de la manipulation qu’ils constituent.

Le nombre de personnes qui relaient cet appel montre bien l’importance que prennent aujourd’hui ces augmentations du prix de l’essence dans beaucoup de budgets. Il révèle la volonté croissante du salariat de dénoncer les politiques antisociales et d’agir. Nous partageons cette préoccupation et sommes opposé-es à ce que les personnes aux revenus les plus faibles soient celles qui paient, que ce soit les politiques énergétiques ou à cause des conflits internationaux qui font monter les cours du pétrole.

Nous voulons des augmentations de salaires !

Ce qu’il faut obtenir dans l’immédiat, ce sont des augmentations de salaire : +400 euros pour toutes et tous et le SMIC à 1 700 euros net ! Et nous ne l’obtiendrons qu’en nous mobilisant massivement, avec nos organisations syndicales, comme le font par exemple les salarié-es d’Air France.

Au-delà, nous savons bien qu’il faut apporter des réponses de fond à la question des énergies, en particulier dans le domaine du transport. Le modèle actuel n’est pas écologiquement soutenable. Il faut travailler sur les alternatives énergétiques mais aussi sur l’accroissement des réseaux de transport en commun. Ce qui implique notamment de défendre les petites lignes de trains menacées par le gouvernement actuel, d’arrêter la concentration des entreprises, des services et des administrations principalement autour des grandes agglomérations qui oblige les salarié-es à travailler de plus en plus loin de chez eux-elles.

C’est en agissant et en nous organisant collectivement que nous changerons les choses, à la fois contre ce gouvernement antisocial mais aussi sur le long terme, en particulier pour imposer une transition écologique nécessaire.


https://solidaires.org/Hausse-des-prix- ... ulation-de


Sur le 17 novembre 2018

Un (ou des) appels(s) circulent sur les réseaux sociaux pour une journée de blocage des sites de vente de carburants pour protester contre la hausse des taxes sur les carburants.

Rappel : le prix sortie raffinerie des carburants représente environ 30% du prix payé par le consommateur. Les coûts associés aux frais de logistique et de distribution : transport et stockage, exploitation et fonctionnement des stations-service, amélioration du carburant par additifs de performance… impactent également le prix mais dans de bien moindres proportions.
L’ensemble de ces frais représentaient environ 8 % du prix du sans plomb et 10 % du prix du diesel en 2017.

Les taxes perçues par l’Etat représentaient en 2017 la part la plus importante du prix du carburant (63 % du sans plomb 95-E10 et 60 % du gazole). Elles se découpent ainsi :

la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques (TICPE). Son montant est défini chaque année par la loi de Finances et peut être majoré par les Conseils Régionaux pouvant aboutir à des TICPE différentes selon les régions
la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) qui s’applique sur l’ensemble et donc également sur la TICPE. La TVA en 2017 est de 20% et peut varier d’une année à l’autre. (A noter, la TVA s’applique sur une taxe???)

D’autres taxes, dites indirectes, sont également appliquées sur les carburants, comme par exemple le Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP) ..

Dès 2018, la fiscalité du diesel s’alignera sur celle de l’essence. Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a confirmé, lundi 25 septembre, une hausse de 10 % des taxes sur le diesel prévue dans le projet de loi de finances 2018. Le prix à la pompe augmentera donc de 7,6 centimes par litre.

Aujourd’hui, les taxes sur le carburant représentent plus de 60 % du prix du diesel. Avec une hausse de 10 %, la baisse du prix du pétrole de ces derniers mois devrait être complètement annihilée, selon Les Echos. Entre janvier et septembre 2017, le prix moyen à la pompe a baissé de 8 centimes.

3,9 centimes de hausse du prix de l’essence

Le diesel n’est pas le seul concerné. Interrogé sur une information des Echos, qui évoquaient une hausse de 3,9 centimes du prix de l’essence, M. Castaner a répondu :

« On est dans ces eaux-là, je ne vais pas vous dire que vous vous trompez. »

Jusqu’à présent, les taxes augmentaient sur le diesel et baissaient sur l’essence. A partir de 2018, elles devraient augmenter sur les deux, mais plus vite sur le diesel que sur l’essence, pour aligner les deux fiscalités.

D’après les calculs de l’Union française des industries pétrolières (UFIP) donnés par Les Echos, les taxes sur le diesel pourraient augmenter de 31 centimes par litre d’ici à 2022, si la progression prévue dans le projet de loi de finances est bien mise en œuvre. Pour l’essence, la hausse serait de 15 centimes.

« Délire fiscal »

L’association d’usagers Automobile club association (ACA) a fortement critiqué cette nouvelle hausse de la fiscalité du diesel, évoquant un « délire fiscal ». Le gouvernement « veut augmenter le diesel pour le mettre au prix de l’essence, mais on va quand même remonter le prix de l’essence… il y a quelque chose d’ahurissant ! », s’est exclamé Yves Carra, porte-parole de l’association, auprès de l’Agence France-Presse (AFP).

« Pourquoi le gouvernement ne baisse pas le prix de l’essence au prix du diesel ? », a-t-il interrogé, dénonçant un rattrapage « par le haut ». (…)

Qui sont les utilisateurs. Il est clair qu’en province, en régions comme ils disent à la Télé, l’usage d’une voiture individuelle est quasi-nécessaire : situation plus ou moins enclavée pour le travail, pour faire les courses, pour l’accès aux écoles. La politique de l’état de liquider certaines liaisons ferrées contribue à adopter cette solution. Enfin, la généralisation du travail posté impose souvent l’achat d’une voiture afin de pouvoir se rendre au travail aux horaires prescrits.

De plus, l’ état français a soutenu le diesel pendant des années. D’où un stock de voitures d’occasion diesel. Plus le département est rural, plus l’usage d’une voiture s’impose. De plus, l’accès à des transports en commun est quasi-impossible dès que l’on habite ailleurs que dans une grande ville.

Enfin, l’argument écologique est faux la taxe sur les produits pétroliers et la TVA qui est collée dessus représente chaque année 10 584 millions d’euros chargé par la TVA. Les dépenses « écologiques » ne représente qu’une fraction de cette somme.

Recettes fiscales brutes 401 182 en millions d’Euros

Impôt sur le revenu 78 328 (19,5%)
Impôt sur les sociétés 60 297 (15,0%)
Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques 10 584 (2,6%)
Taxe sur la valeur ajoutée 203 885(50,8%)
Autres contributions fiscales 48 087(11,9%)

Nous avons décidé de nous associer à cette action. Elle pose des problèmes, mais avant nous, les « bonnets rouges » l’avaient fait.

D’autre solutions sont possibles :

interdiction ou limitation des flottes de voitures diesel progressivement (par taille des établissement et/ou par chiffre d’affaires)
gel des augmentations de taxes. Ajustement des taux diesel et essence.
L’établissement d’un budget essentiellement basé sur des taxes (TVA +TICPE = 53,4% du budget recettes fiscales de l’état

Il serait politiquement utile que les camarades se saisissent de cette occasions pour faire de l’agitation contre le gouvernement des riches.

Denis


https://www.anti-k.org/2018/10/26/qui-s ... carburant/

Marine Le Pen et Dupont Aignant viennent d'appeler au 17 novembre...
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Re: Révolte populaire, gilets jaunes

Messagede Pïérô » 28 Oct 2018, 15:21

Il n'y a pas que l'augmentation des carburants qui touche aux poches, il faudrait établir une liste de ce que ce gouvernement claironne de donner d'une main, en bousillant la sécurité sociale, l'assurance chômage, etc... et ce qu'il retaxte dans différents domaines.

Le mensonge et la manipulation sont complètement érigés en ligne de communication, car personne ne croit plus que ce gouvernement soit vraiment préoccupé par la dimension écologique pour exemple. Et il y aurait là matière à dénoncer aussi cette manière de prendre la majorité de la population pour des imbéciles.

Évidemment la question de l'augmentation des salaires permettrait de repasser à l'offensive avec une revendication qui ne peut être que partagée et fédératrice.

En tout cas il me parait impensable de regarder ce train passer et laisser la rue aux confus et à l'extrême droite.
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Révolte populaire, gilets jaunes

Messagede bipbip » 30 Oct 2018, 00:38

La colère monte contre la hausse des prix du carburant

Il faut réduire l’usage du diesel, nuisible à la santé. Mais, en faisant peser l’effort sur le consommateur via la hausse des taxes, le gouvernement cherche plus à résoudre son équation budgétaire qu’à répondre à l’urgence écologique.

La colère monte. Hier la pétition contre la hausse des prix du carburant, lancée depuis une semaine par une automobiliste, a atteint 400 000 signatures. En un an, les prix à la pompe ont grimpé de 23 % pour le diesel et de 14 % pour l’essence, dépassant dans les deux cas 1,50 euro le litre.

Cette hausse est en partie imputable à l’augmentation du prix du pétrole sur les marchés mondiaux, passé de 65 à 86 dollars entre janvier et octobre. Mais c’est surtout l’augmentation des taxes sur les carburants, décidée en septembre par le gouvernement, qui explique la flambée des prix : 7,6 centimes de taxe de plus par litre de diesel et 3,90 centimes par litre d’essence. « En dix ans, la facture énergétique liée aux taxes a augmenté de 13 % pour un automobiliste possédant un véhicule essence et de 26 % pour un automobiliste possédant un véhicule diesel », a alerté l’association de consommateurs CLCV. Et la tendance devrait se confirmer en 2019 avec une nouvelle hausse des taxes, prévue dans la loi de finances, de 6 centimes pour le diesel et de 3 centimes pour l’essence.

Le gouvernement veut engranger des taxes plutôt qu’encourager la transition écologique

« On peut comprendre la colère des Français devant les difficultés de la vie quotidienne », a reconnu hier sur Europe 1 Gérald Darmanin, le ministre des Comptes publics, arguant que la hausse des taxes est destinée à ne « pas être complice d’un scandale sanitaire. Le diesel et les particules fines, c’est des milliers de morts par an ». L’argument de santé publique est pertinent. Depuis 2012, les gaz d’échappement des moteurs diesel, qui émettent beaucoup de particules fines, ont été classés comme « cancérogènes avérés pour l’homme » par le Centre international de recherche sur le cancer, l’autorité reconnue en la matière. Longtemps minimisées, leurs émissions totales de gaz à effet de serre ont aussi été reconnues supérieures à celles de l’essence.

Mais, en utilisant la taxe comme seul instrument, le gouvernement prend en otage des millions de Français, qui pendant des années ont été encouragés à investir dans des véhicules diesel. Avec le développement progressif du parc de centrales nucléaires dans les années 1970, les besoins en fioul, jusque-là utilisé massivement pour le chauffage, ont chuté. Pour écouler les surplus, l’État a alors encouragé par des baisses fiscales l’utilisation du diesel comme carburant. Les constructeurs français ont accompagné le mouvement pour devenir les premiers producteurs mondiaux de voitures à gazole. Résultats, la part des voitures roulant au diesel est passée d’à peine 5 % au début des années 1980 à 70 % aujourd’hui. Un chiffre qui, malgré un premier recul cette année, place la France en tête des pays européens où les véhicules diesel sont majoritaires.

Avec cet héritage historique, la transition sera forcément longue. Et nécessite des mesures d’accompagnement pour le pouvoir d’achat des ménages. À cet égard, entre le refus par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, de créer un chèque carburant, pourtant proposé par sa majorité, et la baisse de 10 000 euros à 6 000 euros de la prime pour l’achat d’une voiture électrique, le compte n’y est pas. Et ce n’est pas l’appel du ministre aux constructeurs automobiles pour qu’ils contribuent au financement de la prime à la conversion, versée pour l’achat d’une voiture plus propre, qui va faire la différence. Malgré les discours, le gouvernement semble plus guidé par la volonté de faire des économies que par celle d’amorcer la transition écologique. En 2019, il va consacrer 3 milliards d’euros à des mesures en faveur de l’environnement… et empocher 23 milliards d’euros de taxes sur les énergies fossiles.

Camille Bauer




Face à la hausse du prix des carburants, les travailleurs doivent se faire entendre
Augmentation des salaires, des pensions et des allocations !

Le prix du carburant ne cesse d’augmenter et des appels à bloquer samedi 17 novembre les routes ou à signer des pétitions en ligne pour exiger la baisse des taxes sur le carburant sont dans bien des conversations.

Les travailleurs ont toutes les raisons de se mobiliser pour ne pas voir leur pouvoir d’achat s’effondrer. Mais ils doivent le faire en défendant leurs intérêts de classe, en formulant leurs propres revendications. Ils ne doivent pas manifester simplement en tant que « usagers de la route », un terme qui recoupe des catégories aux intérêts opposés.

Si les transporteurs routiers, les chauffeurs de taxis ou les entreprises de travaux publics protestent contre la hausse du carburant, ils sauront la répercuter sur leurs clients. Les travailleurs, eux, n’ont que leur salaire pour vivre. Ils paient en faisant le plein, en faisant leurs courses, en payant leurs factures de chauffage, sans jamais pouvoir répercuter ces hausses.

Cherchant à rassembler largement, se disant apolitiques, certains initiateurs du 17 novembre envisagent des blocages en voiture, sans slogans ni banderoles. Mais manifester sans slogans ou derrière un mot d’ordre aussi vague que « à bas les taxes », c’est laisser les porte-paroles des patrons du transport tirer les marrons du feu, obtenir pour eux-mêmes exonérations ou compensations. Outre les taxes, il y a la hausse du cours du pétrole et de la marge des distributeurs.

Ne pas s’en prendre aux profits capitalistes, cela va bien aux politiciens bourgeois qui cherchent les voix des travailleurs pour gouverner demain au service des puissants. Déjà, Le Pen ou Dupont-Aignan ont appelé à « bloquer le pays le 17 novembre » car, disent-ils, « les français en ont marre des taxes ». Mais quel point commun y-a-t-il entre les grands patrons qui estiment toujours payer trop de charges ou d’impôts et les travailleurs dont le budget est grevé par les pleins d’essence ou les factures de chauffage ?

Face aux augmentations des prix, ceux du carburant comme tous les autres, il faut exiger l’augmentation générale des salaires, des pensions de retraite, et leur revalorisation automatique quand les prix augmentent ; autrement dit, l’indexation des salaires sur les prix.


https://www.anti-k.org/2018/10/29/face- ... -entendre/
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Re: Révolte populaire, gilets jaunes

Messagede bipbip » 30 Oct 2018, 19:36

La pétition a 550 000 signatures
[Mis à jour le 30 octobre 2018 à 16h22] Des dizaines de milliers d'automobilistes mécontents signent chaque jour la pétition contre la hausse du prix de l'essence. Lancée en mai 2018, cette pétition qui milite pour la baisse des taxes sur le prix de l'essence fait le buzz actuellement. Elle a atteint mardi 30 octobre 2018 plus de 550 000 signatures ! L'objectif annoncé pour la pétition contre la hausse du prix de l'essence est maintenant d'atteindre le million de signatures. La pétition contre la hausse du prix de l'essence est bien partie pour : avec la hausse du prix du litre de gazole, et la journée de mobilisation le 17 novembre, la colère des automobilistes ne semble pas prête de s'arrêter.
... https://www.linternaute.com/auto/magazi ... ignatures/

Prix de l'essence : Priscillia Ludosky a lancé la pétition contre la hausse des prix à la pompe
La pétition lancée par Priscillia Ludosky, habitante de Savigny-le-Temple en Seine-et-Marne, a atteint plus de 500 000 signatures. Elle réclame la baisse des prix de l'essence et du diesel à la pompe. Elle doit être remise au ministre de la Transition écologique et solidaire.
Un coup d'oeil sur le site de la pétition lancée il y a 2 semaines par cette habitante de Savigny-le-Temple suffit pour constater le succès. Le compteur ne cesse d'augmenter. Elle enregistre ce matin du 30 octobre plus de 540.000 signataires.
... https://france3-regions.francetvinfo.fr ... 66558.html

Manif contre la hausse du prix de l'essence : supprimée des réseaux sociaux
Des dizaines de pages postées sur les réseaux sociaux et appelant à la mobilisation le 17 novembre prochain pour protester contre la hausse des carburants, ont été supprimées...
Des dizaines de pages créées sur les réseaux sociaux qui lançaient un appel à la mobilisation le 17 novembre prochain pour protester contre la hausse massive et brutale du prix des carburants en France, auraient « disparu » à l'insu de leurs propriétaires. A ce propos, de nombreux messages de particuliers font ainsi état de la suppression de ces pages et s'insurgent d'une telle mesure.
Plusieurs raisons à l'enlèvement de ces pages sont envisageables. Les administrateurs des réseaux eux-mêmes peuvent parfaitement le décider (ils sont chez eux), à moins que l'ordre ne vienne de plus haut (préfecture, voire davantage...)
... http://www.autonews.fr/actualite/appel- ... book-82542

Dans certaines villes, les appels à la mobilisation ont disparu du réseau social Facebook. L’événement intitulé « (Toulouse) Blocage national contre la hausse du carburant » a mystérieusement disparu de Facebook mercredi après-midi. Sans explication. Sur les réseaux sociaux, les organisateurs disaient vouloir en organiser un autre. À noter qu’un événement Facebook similaire a également été supprimé du côté de Rodez (Aveyron), comme le rapporte Centre Presse https://www.centrepresseaveyron.fr/2018 ... 743949.php.
https://actu.fr/societe/prix-carburants ... 66561.html
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Re: Révolte populaire, gilets jaunes

Messagede bipbip » 30 Oct 2018, 23:13

Manifestation. Le détournement des colères, carburant de l’extrême droite

Lancé par des usagers de la route anonymes, le mouvement de contestation contre la hausse des carburants, avec en point d’orgue la manifestation du 17 novembre, est sous le coup d’une OPA politicienne brune qui pourrait l’affadir.

https://www.humanite.fr/manifestation-l ... xtor=RSS-1



CGT
17 NOVEMBRE
Entre exaspération et instrumentalisation


Depuis quelques jours, les réseaux sociaux comme les grands médias se font l’écho d’un appel à « bloquer » le pays pour condamner la hausse du prix des carburants.
Si la colère peut s’entendre car le prix des produits pétroliers devient exorbitant et intenable, il est nécessaire de regarder de près les contours de cette initiative.
Il faut examiner, aussi, avec attention les enjeux réels liés au pouvoir d’achat des Français, en lien avec les dispositifs et autres prélèvements assurant notre modèle social et la solidarité nationale.
L’appel lancé un samedi, sans réelle ambition de bloquer l’économie, s’appuie sur une colère légitime mais dont les ressorts sont obscurs et les solutions préconisées pour sortir de cet engrenage sur le long terme demeurent floues, voire dangereuses pour le monde du travail.
Plusieurs partis d’extrême droite semblent être à la manœuvre. Ils se font le relais d’une action qui, au final, encouragera à mettre taxes, impôts et peut-être demain cotisations sociales dans une même logique, alors que chaque dispositif joue un rôle différent et déterminant dans le cadre de notre modèle social et républicain.
Nous sommes clairement dans une instrumentalisation de l’exaspération !
Effectivement, depuis un an, les prix à la pompe ont grimpé de 23 % pour le diesel et de 14 % pour l’essence, dépassant dans les deux cas 1,50 euro le litre ; des taxes qui, à l’image de la TVA, sont les impôts les plus injustes, frappant, sans discernement, nos concitoyens comme les travailleurs de ce pays. Le patronat des sociétés de transport, pourtant exonéré de certaines taxes, joue un rôle sournois, espérant à terme de nouvelles concessions profitant aux lobbies routiers.
Il est évident que le gouvernement veut trouver une manne financière importante après plusieurs mois de cadeaux fiscaux aux plus fortunés, faisant suite à de nombreux allégements et autres aides au patronat qui ne donnent, par ailleurs, aucun résultat économique. Le gouvernement cherche donc plus à boucler son budget qu’à répondre à l’urgence de transition énergétique face aux enjeux environnementaux.
Le gouvernement met en difficulté des millions de Français qui, pendant des années, ont été encouragés à investir dans des véhicules diesel. Il semble plus guidé par la volonté de ponctionner que de préparer la transition écologique, il va empocher d’ailleurs plus de 23 milliards d’euros de taxes sur les énergies fossiles, alors qu’il va consacrer seulement 3 milliards d’investissement aux énergies renouvelables.
Nous le savons, les salariés, les retraités, les privés d’emploi aux revenus les plus faibles sont les premières victimes aujourd’hui des stratégies géopolitiques des pays riches, des spéculations sur les produits pétroliers. Et, il nous faut apporter des réponses précises – avec des financements adéquats – aux questions énergétiques et de transport mettant à contribution les entreprises, en créant un pôle public de l’énergie, notamment pour piloter les ressources et les matières premières en vue de répondre aux besoins humains et au respect de l’environnement.
Dans le même temps, il faut impérativement ouvrir partout des négociations salariales, gagner l’augmentation des pensions, des minimas sociaux, en se mobilisant massivement dans les entreprises et établissements et relever le smic à 1800 euros.
Des ambitions peut-être moins tapageuses mais plus à même de répondre durablement aux besoins des travailleurs !

Montreuil, le 29 octobre 2018


http://www.cgt.fr/Entre-exasperation-et ... ation.html
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Re: Révolte populaire, gilets jaunes

Messagede bipbip » 01 Nov 2018, 16:42

Les taxes sur les carburants

LR: L’argument écologique est une pure hypocrisie quand on sait qu’un super porte-containeurs consomme jusqu’à 300 tonnes de fioul lourd par Jour, dont, quand il naviguent au large, une qualité très polluante chargée en souffre, colossale subvention à la mondialisation et aux délocalisations, car un seul (et le plus gros est français, le Saint Saint-Exupéry de la CMA-CGM) peut transporter 20 600 containeurs de 20 pieds, 250 000 tonnes de marchandises inutiles et parfois nuisibles. Quant au transport aérien aidé et promotionné partout, c’est 100 tonnes de kérosène qi sont brûlées pour un Paris/New-York en Airbus A380. Une folie…

... https://www.anti-k.org/2018/10/30/les-t ... arburants/
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Re: Révolte populaire, gilets jaunes

Messagede bipbip » 02 Nov 2018, 01:44

Prix des carburants : 78% des Français soutiennent l'appel au blocage des routes le 17 novembre
Ce soutien à la mobilisation contre la hausse du prix des carburants est partagé quelle que soit la sensibilité politique, selon un sondage pour franceinfo.
... https://www.francetvinfo.fr/economie/au ... 14055.html

Hausse des prix des carburants: Les "gilets jaunes" seront-ils les bonnets rouges de Macron ?
Cinq ans presque jour pour jour après le fiasco de l'écotaxe, les "gilets jaunes" veulent faire reculer le gouvernement Philippe.
... https://www.huffingtonpost.fr/2018/10/2 ... _23574892/
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Re: Révolte populaire, gilets jaunes

Messagede bipbip » 02 Nov 2018, 19:21

Au sujet des appels à la « mobilisation » le 17 novembre contre la hausse des prix des carburants, et pourquoi le NPA ne s’y joindra pas

NOTE SUR LE 17 NOVEMBRE

La manière dont se sont répandus sur les réseaux sociaux les appels à « manifester » le 17 novembre, à « bloquer des routes ou des ronds-points », ou à « mettre un gilet jaune sur son tableau de bord » est sans aucun doute la traduction sur internet d’un mécontentement social contre ce qui est perçu comme « le gouvernement des riches ». Par contre nul ne peut savoir à ce jour quelle sera la traduction concrète d’une telle agitation virtuelle.

Un ras-le-bol compréhensible

La hausse des prix des carburants, notamment celui du diesel, fait effectivement beaucoup râler ces derniers temps dans les milieux populaires, car elle est perçue comme une mesure de racket à l’égard de toutes celles et ceux qui n’ont souvent pas d’autre choix que d’utiliser leur voiture pour aller travailler ou circuler pour les besoins de la vie quotidienne. Mais il ne faut pas oublier que la baisse des taxes sur les carburants est une vieille revendication du patronat routier pour qui le volume des profits se mesure à l’aune des tonnes de carburant mises dans les cuves de ses camions qu’il répand en masse sur le réseau routier, en contradiction avec toutes les mesures les plus élémentaires de préservation de l’environnement.

Derrière ce ras-le-bol concernant l’augmentation du carburant vient se greffer tout le ras-le-bol contre l’augmentation des prix en général, conséquence du décrochage de plus en plus important entre les salaires (ou les pensions) et l’inflation. Comme l’impopularité du gouvernement est de plus en plus forte, que les réponses proposées par les directions syndicales et le mouvement ouvrier ne sont pas à la hauteur de la colère sociale (aucune suite proposée au 9 octobre mais plus généralement absence de campagne ou d’initiatives concernant la nécessité de prendre sur les profits pour augmenter les salaires ), des appels à une mobilisation « citoyenne », « populaire », «apolitique »… dont l’origine est plutôt « gazeuse », ont permis aux droites extrêmes de s’engouffrer derrière, à défaut de les avoir fomentés directement.

L’extrême droite à la manœuvre

Le premier de la fachosphère à avoir surfé sur ces appels est Franck Buhler, qui a annoncé le 23 octobre sur sa page FB « Patriosphère Infos » ne pas savoir qui avait lancé la «mobilisation générale du peuple français », mais appelle lui aussi à « bloquer tous les axes de circulation principaux pour protester contre les hausses du prix de l’essence ». Sa page est suivie par environ 16 000 personnes mais ses vidéos sur le sujet ont totalisé 3,6 millions de vues. Buhler est un ancien membre fondateur et secrétaire départemental du MPF (et représentant-mandataire de Villiers pour ses campagnes), ancien responsable communication du FN 82 et maintenant délégué de circonscription Debout la France (DLF). Il a joué donc un rôle de relais de cette initiative vers les milieux de droite et d’extrême droite. À ce jour, appellent clairement au 17 novembre : le RN de Le Pen, Debout la France de Dupont-Aignan, mais aussi les (très à droite) Jeunes Républicains.

Pourquoi l’extrême droite est-elle à l’aise sur ces sujets ? Le RN est est déjà en campagne sur la question du prix des carburants depuis début octobre et a juste actualisé son matériel avec l’appel au 17 novembre. En juin dernier, il annonçait que, le 16 juin, « des cortèges de voitures RN se formeront et récolteront étape après étape la signature des citoyens révoltés par l’entêtement du gouvernement. ». Le RN se mobilise contre la « hausse des tarifs des péages, les radars privés embarqués, la réforme du contrôle technique désormais plus cher et plus contraignant et l’abaissement de la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires ». Dupont-Aignan rejette les « mesures prises par des gens qui prennent le vélo et le métro et ne connaissent pas la vie des Français ». Le Pen déclare : « Avec cette hausse spectaculaire des prix du carburant, les Français n’en peuvent plus ! La plupart d’entre eux, notamment dans la ruralité, ont besoin de leur voiture pour travailler ». On retrouve là des bases du classique discours sur la déconnexion peuple-élite. S’ajoute la dénonciation d’un racket sous couvert d’écologie. C’est d’ailleurs sous cet argument que le FN pourra aussi dénoncer « l’idéologie fiscaliste du GIEC », à travers les taxes carbone. La fiscalité est toujours une thématique de choix pour l’extrême droite.

Après, rien n’indique que RN et DLF aient vraiment l’intention, voire la capacité, de construire une mobilisation massive dans la rue. L’ex-FN ne fait plus descendre ses militants dans la rue (même plus pour leur 1er mai). Comme Debout la France, les partis « institutionnels » d’extrême droite ne sont pas beaucoup à l’aise avec ce type de manifestation. Un recul du gouvernement serait perçu comme la « victoire du peuple français » face à ses élites. Mais pour DLF et le RN, peu importe l’issue. Dans la mesure où ce sont les seules organisations politiques qui soutiennent, le seul débouché évident sera : « votez bien » (pour nous qui étions à vos côtés). DLF et RN n’ont aucun intérêt que cette mobilisation, en perdurant, se construise sur des bases politiques qui risqueraient leur échapper (faute de militants capable de proposer et orienter une ligne).

Quelle position pour le NPA ?

D’abord, on ne peut pas faire comme si on ignorait que ceux qui relaient politiquement les appels et qui chercheront à en tirer profit politiquement sont les principaux partis d’extrême droite dont le RN de Marine Le Pen. Et du coup il faut le dire, l’expliquer autour de nous, essayer de convaincre celles et ceux qui disent le contraire : l’extrême droite est un ennemi, ce n’est pas une alliée de circonstance avec laquelle on partagerait des revendications communes de manière ponctuelle. Ce n’est pas anodin de risquer d’apparaître dans la rue mélangés avec des gens portant les couleurs d’organisations d’extrême droite… La confusion entretenue par l’extrême droite autour de certaines « valeurs » qui seraient « proches du peuple » est justement une des armes essentielles qui permettent à celle-ci de progresser et de s’implanter.

C’est pour cette raison que les syndicats CGT et Solidaires ont très vite tenu à se démarquer de ces appels au 17 novembre. Leur prise de position contre le 17 novembre font maintenant partie du paysage, et il faut donc faire connaître leurs communiqués, notamment dans les milieux populaires qui pourraient être sensible à la démagogie de l’extrême droite 1.

De plus, l’argument qui consiste à dire qu’il ne faut pas laisser le terrain du 17 novembre à l’extrême droite parce que le 17 novembre part d’un appel « apolitique et sincère »ou de « milieux populaires frappés par la crise » n’est pas un bon argument, car il n’enlève en rien l’absence de délimitation de classe d’une revendication qui peut satisfaire du gros patron routier à « l’usager de la route ». L’extrême droite y est à l’aise parce que l’appel à la base est problématique : on ne fait pas grève, on n’apparaît pas comme « travailleur » mais comme « usager » ou « consommateur ». Conclusion : on ne peut pas faire comme si le mouvement du 17 novembre était juste « insatisfaisant » dans ses revendications, et y aller tranquillement en rajoutant les nôtres, en pensant qu’on va rallier les gens qui seront dans la rue ce jour-là avec la justesse de nos mots d’ordre.

Loin des « Bonnets rouges »…

L’appel au 17 novembre n’a rien à voir avec ce qui était né avec le mouvement des « Bonnets rouges » en Bretagne, qui mêlait dès le départ revendications patronales et ouvrières certes contradictoires (mais dont justement la particularité était de se mêler) et donc où existait la possibilité de défendre les unes ou les autres. Il était donc possible d’essayer de favoriser celles de la classe ouvrière de manière indépendante avec la politique « du pôle ouvrier », en particulier parce qu’une mobilisation des travailleurs préexistait au mouvement et que celui-ci a démarré par une manifestation de masse à Quimper (un lieu unique qui permettait aussi l’expression claire des revendications de notre camp social dans un cortège identifié). Ce n’est pas le cas pour ce 17 novembre. Rappelons d’ailleurs que le NPA n’était pas le « pôle ouvrier » mais un des éléments de celui-ci, et qu’il s’appuyait sur une véritable présence de travailleurs identifiés et regroupés par lieux de travail/de production.

Bien sûr que la question du prix des marchandises, des taxes injustes (et notamment la TVA, qui grève une bonne part du prix de l’essence mais aussi de tous les produits de grande consommation), devrait relever des préoccupations premières des organisations du mouvement ouvrier, notamment des organisations syndicales. Si celles-ci étaient à la hauteur de la situation, elles pourraient proposer et construire des initiatives larges autour de revendications pour le monde du travail, sans laisser le terrain à nos pires ennemis. Car nous partageons la colère des classes populaires par rapport à leur niveau de vie qui s’étrangle, et il faut dénoncer à la fois le blocage/le gel des salaires/des pensions et la non-indexation de ceux-ci sur le coût de la vie. Cela nécessite de mettre en avant la nécessité et d’une augmentation générale des salaires et de l’échelle mobile des salaires, ainsi que la disparition de toutes les taxes les plus injustes, notamment la TVA. Tout ce que ne dit pas ce 17 novembre, et les organisateurs et organisations qui y appellent…

Des choses à dire, mais pas dans les rassemblements du 17 novembre

Nos revendications ne peuvent pas s’arrêter aux taxes sur l’essence. Il faut défendre une perspective écosocialiste, avec le développement des transports en commun et leur gratuité ! Il faut défendre la nécessité de prendre sur les profits des capitalistes pour augmenter nos salaires et financer le développement des moyens de transports utilisant des énergies non polluantes et renouvelables. Et il faut bien sûr défendre le modèle d’une autre société où nous n’aurons pas à nous serrer la ceinture pour mettre 10 litres de plus dans le réservoir de notre bagnole pour aller bosser pour des salaires de misère. Oui, il faut revoir l’organisation de la société toute entière. Ce ne sont pas seulement les taxes qui nous mettent à genou mais l’ensemble du système capitaliste…

Et ce n’est pas seulement un samedi par an, sur la base de mots d’ordre interclassistes, que l’on « veut emmerder le gouvernement ». Ce que nous voulons, c’est bloquer l’économie du pays pour faire reculer les patrons et le gouvernement, leur disputer la marche de la société. Pour y arriver nous devrons faire grève, construire un mouvement d’ensemble, dans la durée, nous organiser de manière démocratique, défendre nos intérêts de classe, travailleurs français et immigrés, unis face au patronat, et à tous ses serviteurs, qu’ils soient actuellement au gouvernement ou qu’ils rêvent d’y accéder demain.

Tout cela, nous allons le dire et le redire autour de nous ces prochaines semaines. Mais nous ne pourrons pas le dire le samedi 17 novembre, dans ces rassemblements « citoyens » (qui marcheront ou pas d’ailleurs, mais ce n’est pas notre critère pour savoir si on doit y aller) aux allures de foire poujadiste, dans lesquels nous nous retrouverions au côté des ennemis les plus farouches du mouvement ouvrier. Des rassemblements que nous ne pourrons pas, en outre, étant donné leur nature et au vu des rapports de forces réellement existants, numériques et idéologiques, vis-à-vis de l’extrême droite, « transformer » comme par magie en rassemblements ayant un réel contenu de classe, porteurs d’une colère saine et non dévoyée contre ce système.

1- Solidaires : https://solidaires.org/Hausse-des-prix- ... ulation-de

CGT : http://cgt.fr/Entre-exasperation-et-ins ... ation.html


https://www.anti-k.org/2018/11/01/au-su ... indra-pas/

Justice sociale : ce n’est pas le 17 novembre que nous pourrons nous faire entendre !

Depuis une semaine, circulent largement des appels à « manifester » le samedi 17 novembre, à « bloquer des routes ou des ronds-points », ou à « mettre un gilet jaune sur son tableau de bord ». Ces appels ont été largement relayés par les médias et les réseaux sociaux, et trouvent un écho dans les milieux populaires.

Le ras-le-bol que ces appels expriment est compréhensible. La hausse des prix des carburants, notamment celui du diesel, fait effectivement beaucoup râler dans les milieux populaires, car elle est perçue comme une mesure de racket à l'égard de toutes celles et ceux qui n'ont souvent pas d'autre choix que d'utiliser leur voiture pour aller travailler ou circuler pour les besoins de la vie quotidienne. Tout cela traduit pour partie un mécontentement social contre un pouvoir fort justement perçu comme un « gouvernement des riches ».

Pour autant, cette mobilisation est problématique. D’abord parce qu’avant d’être l’expression d’un mécontentement populaire, cette mobilisation est surtout porteuse d’une vieille revendication du patronat routier, pour qui les profits se mesurent à l'aune des tonnes de carburant mises dans les cuves de ses camions qu'il répand en masse sur le réseau routier, en contradiction avec les mesures les plus élémentaires de préservation de l’environnement. De plus, à l’origine et en soutien à ces appels présentés comme « citoyens » et « apolitique », on retrouve la droite extrême et l’extrême droite à la manœuvre : vidéo virale d’un dénommé Franck Buhler, militant d’extrême droite (dont les vidéos ont totalisées des millions de vue sur internet), soutiens immédiats de Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan, rejoint ensuite par les (très à droite) Jeunes Républicains, relais dans la « fachosphère »…

On ne s’y trompera donc pas. Tout comme les syndicats CGT et Solidaires, samedi 17 novembre, nous ne mêlerons pas nos colères aux manœuvres des patrons et aux récupérations de l’extrême droite qui n'est pas une alliée de circonstance mais reste notre ennemie mortelle. Oui, tout augmente sauf les salaires, et les classes populaires ont bien raison d’avoir ras-le-bol de l'augmentation du carburant et des prix en général, conséquence du décrochage de plus en plus important entre les salaires (ou les pensions) et l'inflation. Oui, Il faut prendre sur les profits des capitalistes pour augmenter nos salaires. Oui, nous avons besoin de transports en commun gratuits. Et oui, une nouvelle organisation sociale est nécessaire, où nous n'aurions pas à nous serrer la ceinture pour mettre 10 litres de plus dans le réservoir de notre véhicule pour aller bosser pour des salaires de misère…

Tout cela, il faudrait pouvoir le dire, touTEs ensemble, dans la rue, par la grève, en bloquant le pays. Mais nous ne pourrons pas le dire le samedi 17 novembre dans des actions ou des rassemblements prétendument « citoyens »aux allures de foire poujadiste, dans lesquels nous nous retrouverions au côté des ennemis les plus farouches du mouvement ouvrier.

Montreuil, le 31 octobre 2018


https://npa2009.org/communique/justice- ... e-entendre
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Re: Révolte populaire, gilets jaunes

Messagede bipbip » 02 Nov 2018, 23:36

LO
Face à la hausse des prix des carburants : augmentation générale des salaires, des pensions et des allocations !

Des appels à manifester contre la hausse des carburants et à bloquer les axes routiers dans tout le pays le 17 novembre prochain circulent sur les réseaux sociaux. Des pétitions en ligne ont recueilli des centaines de milliers de signatures en quelques jours. La rapidité avec laquelle ces initiatives ont rencontré un écho montre la colère suscitée dans une grande partie de la population par la décision du gouvernement d’augmenter les taxes qui représentent 60 % du prix de l’essence et du gazole.

Ceux qu’on appelle les professionnels de la route, les patrons du transport, les artisans taxis, ont pris la tête de cette fronde anti-taxes. C’est vrai qu’eux aussi subissent les conséquences de la politique menée par Macron en faveur de la minorité la plus riche de la société.

Mais les millions de salariés qui sont obligés de prendre leur véhicule tous les jours pour aller travailler sont frappés eux aussi de plein fouet par ces hausses. En un an, les prix à la pompe ont grimpé de 23 % pour le diesel et de 14 % pour l’essence. Quels sont les travailleurs qui ont vu leur salaire augmenter dans une telle proportion ? Au contraire, depuis des années, dans la grande majorité des entreprises, pour s’assurer des profits en augmentation dans cette période de crise, le patronat n’a cessé de tirer tous les salaires vers le bas. Alors que de plus en plus de travailleurs ont du mal à finir le mois, le gouvernement a déjà annoncé que les taxes continueraient d’augmenter chaque année, au moins jusqu’en 2022. Face à ces attaques et au mépris gouvernemental, les travailleurs ont vraiment toutes les raisons de protester !

Macron et ses ministres prétendent vouloir instaurer une fiscalité écologique. Il faudrait être bien naïf pour croire à ces mensonges. L’augmentation des produits pétroliers permet à des sociétés comme Total d’engranger des bénéfices record ; les constructeurs automobiles ont développé le diesel sans se préoccuper des conséquences sur la santé publique ; et ce sont les travailleurs que le gouvernement fait payer, au nom de la lutte contre la pollution !

En réalité, l’écologie sert de prétexte pour se livrer à un racket de grande ampleur sur la population : l’association de consommateurs CLCV a calculé que la taxation des carburants, du fioul et du gaz rapportera à l’État 23 milliards d’euros cette année. À quoi servira cette recette considérable ? Certainement pas à améliorer le sort des travailleurs, car l’État ne cesse de s’attaquer à leurs conditions de vie, en gelant les allocations logement et les pensions, en supprimant des milliers d’emplois aidés… Cet argent n’ira pas non plus dans les services publics, où le gouvernement ne cesse de supprimer des moyens matériels et humains, provoquant la dégradation de la situation des hôpitaux, des Ehpad, de l’éducation, de tout ce qui est le plus essentiel pour la population. Tous ces milliards prélevés sur la population ou économisés à ses dépens sont destinés à répondre aux exigences de la partie la plus riche de la bourgeoisie qui domine la vie économique.

Les travailleurs ne pourront défendre leur pouvoir d’achat et leurs conditions d’existence qu’en se mobilisant. Mais s’ils se contentent de mots d’ordre aussi vagues que « À bas les taxes ! », ils se retrouveront forcément à être les dindons de la farce. Si la contestation se développe, le gouvernement fera peut-être des concessions au patronat du transport et du BTP, car ils font partie de sa clientèle électorale. Il leur accordera peut-être des exonérations de taxes ou une forme de crédit d’impôt. Mais les concessions que le gouvernement pourrait être amené à leur faire, il les fera payer aux travailleurs d’une manière ou d’une autre.

Pour faire prévaloir leurs intérêts, il est indispensable que les travailleurs se mobilisent en mettant en avant leurs propres revendications, qui vont au-delà du problème de l’essence. Face aux augmentations des prix, ceux du carburant comme tous les autres, il faut exiger l’augmentation des salaires et des pensions de retraite, et leur revalorisation automatique quand les prix augmentent ; autrement dit, leur indexation sur les prix.

En se mobilisant sur leur terrain de classe, les travailleurs, qui produisent toutes les richesses, ont les moyens d’imposer leurs exigences. Grâce à leur force collective et à l’arme de la grève, ils pourront bloquer l’économie plus sûrement que ne pourront le faire des barrages routiers.

Éditorial des bulletins d’entreprise du 29 octobre 2018


https://journal.lutte-ouvriere.org/2018 ... 14564.html


Dole : 500 voitures en opération escargot pour dire non à la hausse des prix des carburants
À Dole, une opération escargot a rassemblé 500 véhicules ce vendredi matin pour lutter contre la hausse des prix des carburants.
La grogne contre la hausse des prix des carburants monte partout en France depuis plusieurs semaines. Une pétition pour la baisse des prix a même rassemblé plus de 700 000 signatures et une journée nationale de mobilisation sur le sujet est prévue le 17 novembre prochain.
Dans le Jura, des automobilistes ont décidé d'accélérer les choses. Ils organisaient ce vendredi matin une opération escargot avait lieu dans les rues de Dole. L'événement aurait rassemblé plus de 500 véhicules selon ces organiseurs.
... https://france3-regions.francetvinfo.fr ... 67892.html
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Re: Révolte populaire, gilets jaunes

Messagede bipbip » 04 Nov 2018, 18:59

La France insoumise

Déclaration du groupe Parlementaire La France insoumise sur l’action citoyenne du 17 novembre :

17 novembre : une indignation légitime contre la hausse des prix

La hausse des prix du carburant engendre à juste titre l’indignation de ceux à qui elle s’applique. Elle provoque, dans le grand nombre qui ne se résigne pas, une volonté de résister contre le gouvernement Macron.

S’il y a indignation c’est parce que cette hausse intervient parmi tant d’autres sur les produits de première nécessité de la vie courante. Elle appauvrit sévèrement les personnes mises à contribution car elles n’ont aucune alternative a l’usage de leur véhicule personnel. Elles n’ont pas le choix entre des modes de transport aussi longtemps que des alternatives à la voiture et à ses carburants n’existent pas. Ni pour les déplacements de la vie quotidienne de leur famille ni pour aller travailler ou accéder aux services dont dépend leur existence.

S’il y a indignation c’est aussi parce que les personnes principalement frappées sont montrées du doigt comme irresponsables face à la crise écologique. Que peut une personne au SMIC qui doit faire des dizaines de kilomètres par jour pour aller travailler alors que Emmanuel Macron continue à fermer les gares et à détruire le maillage des transports publics ? Comment accepter l’appauvrissement de millions de gens alors que les plus gros pollueurs et notamment le secteur aérien ne sont pas taxés sur le carburant ? Comment peut-on donner des leçons aux personnes en milieu rural alors que le gouvernement Macron continue de les empoisonner en soutenant une agriculture glyphosatée et liée au lobby de la chimie ?

Pour « la France insoumise » il ne saurait être admis que les gens soient punis et appauvris en prenant hypocritement l’écologie comme prétexte. Toutes ces taxes ne vont servir qu’à financer les cadeaux aux plus riches. Rien ne sera fait pour lutter contre le dérèglement climatique. Pour nous la défense de l’éco-système est un tout qui doit être traité globalement par une politique qui offre des solutions d’ensemble aux problèmes posés par le mode actuel de production d’échange et de consommation. C’est cette politique d’ensemble que nous nommons « la planification écologique » car chaque aspect doit être traité en relation avec les autres et leur gestion doit être organisée dans la durée.

Une initiative auto-organisée est proposée pour le 17 novembre prochain. Des forces politiques tentent de la récupérer au profit de la droite extrême. On ne saurait en rendre responsables celles et ceux qui ont engagé cette initiative ou qui s’apprêtent à s’y joindre.

Pourtant les avis divergent. Certains participeront, d’autres non en raison de cette tentative de récupération politique. Il en va de même parmi les insoumis•es : si certains refusent de s’y joindre en raison de l’appel de l’extrême droite, d’autres pensent que cette action ne formule pas de demandes par rapport aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’autres enfin agiront pour s’opposer à la politique du gouvernement sans réserve ni condition. Ces deux points de vue ont leur dignité.

Dans ces conditions nous, le groupe parlementaire insoumis, nous saluons l’initiative citoyenne et les personnes qui y participeront. Nous ne la confondons pas avec la tentative de récupération politique par l’extrême-droite. Comme les initiateurs, nous la condamnons. Ainsi nous ne lancerons aucun appel distinct qui donne l’impression d’une nouvelle tentative de récupération en sens inverse faisant de l’initiative un enjeu d’influence politique qui n’a pas lieu d’être. Car rien de tel ne renforcerait le mouvement contre la vie chère et les revenus insuffisants que nous voyons naître dans cette action. Et c’est ce mouvement que nous voulons encourager.


https://lafranceinsoumise.fr/2018/10/31 ... T1qpx0t6Ts
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Re: Révolte populaire, gilets jaunes

Messagede bipbip » 05 Nov 2018, 00:31

Mickael Wamen: "Ne laissons pas cette colère aux mains des fachos" (vidéo)
https://www.facebook.com/sudposte.hauts ... 2925380960


Sur le 17 novembre, contribution de membres du NPA à Saint Etienne

Lettre aux organisations syndicales, politiques et associatives

Camarades,

nous prenons la liberté de vous écrire pour vous présenter ce que nous contribuons de faire avec le « mouvement » La Loire en Colère en appelant au blocage le 17 novembre 2018.

Tout d'abord, quelques arguments contre le 17 novembre à évacuer.

La première infox (c'est le nouveau nom des fake news), c'est un appel lancé par la fachosphère. Non. Comme vous pouvez le lire en allant sur Pour une Baisse des Prix du Carburant à la Pompe, le site sur lequel est posé la pétition. Que des partisans de l'extrême droite essaie de récupérer cet appel, c'est un signe que cet appel fait mal.

Et ce n'est pas le ralliement daté du 26 octobre de Le Pen Marine et de Dupont-Aignan Nicolas qui change à l'affaire. Pour certains d'entre-nous, nous nous y intéressons depuis un peu avant le 20 octobre.

La deuxième infox, c'est le patronat des Transports qui aurait lancé cet appel. Ce qui est sûrement vrai, c'est qu'il a profité de l'appel au 17 novembre pour avancer ses billes. Pour eux, et il faut distinguer les grands groupes et les propriétaires d'un seul camion ou de deux, l'inquiétude c'est la suppression des avantages fiscaux liés à l'utilisation du Diesel. La taxe est passée de 44,19% en 2012 à 60,75% en 2018, soit + 37%. Les ristournes consenties représentent environ 900 millions d'euros pour le gazole routier. Ces ristournes font environ un peu moins de 20% de la note TVA+TCIPP. Ce qui est sûr, c'est qu'une très faible partie des taxes issues de la vente de produits pétroliers (60% sur le diesel ou 63% sur l'essence) est et sera consacrée à la lutte contre le réchauffement climatique.

Le but de cette taxe, c'est de faire rentrer des thunes dans les caisses de l'État pour pouvoir sponsoriser le patronat et les riches. Et cet aspect n'est qu'une illustration de la politique du gouvernement qui vise à marginaliser l'impôt sur le revenu, qui est progressif et théoriquement redistributif, par des taxes qui, elles, touchent tout le monde. Pour un salarié au SMIC, entre 10% et 20% de son revenu passe dans la TVA et autres taxes. Notez en passant que dans le cas de l'essence ou du diesel, la TVA (20%) s'applique sur la taxe sur produits pétroliers !

Certains nous reprochent d'avoir choisi le samedi pour notre action. Désolé, nous n'avons pas choisi. De plus, il me semble qu'une partie du mouvement syndical s'était rallié à la « marée populaire » au mois de mai, même si ça n'a pas été une « grande marée ».

Nous ne nous étendons pas sur le caractère nécessaire, « en région » comme ils disent, de disposer d'une voiture. La politique de l'État de fermeture des lignes SNCF non-rentables selon les décideurs, les difficultés des transports en commun par autobus, rendent quasi-impossible le fait de se passer de voiture. Et pour tous les salariés travaillant avec des horaires atypiques (travail de nuit, travail posté, astreintes, travail itinérant chez des clients, …), ne pas avoir de voiture signifie un renoncement quasiment certain à tout travail.

Eh oui, il y a eu des grèves, des manifestations, des rassemblements. Et ils sont loin d'avoir fait le plein. C'est exact. Une des causes, c'est la précarité, l'éclatement des salariés en plusieurs « entreprises » travaillant dans la même usine. D'abord les « intérimaires », ensuite les prestataires de service (maintenance, gardiennage, accueil, nettoyage, restauration, secrétariat et je pense que j'en oublie). Enfin, les sous-traitants dans de petites boites en général soumise à la volonté des donneurs d'ordre (et dans la Loire, il y en a beaucoup). Dernière roue du char du capital : les stagiaires... Cet éclatement du travail, la précarité, les contrats courts ou très courts, l'intérim à répétition n'aide pas à l'organisation ouvrière. Et dans la Fonction Publique le précariat a des formes souvent plus violentes.

Toutes les causes précédemment évoquées ne sont pas des excuses. C'est la réalité. Mais refuser de participer au 17 novembre en prétextant que « quand il fallait faire quelque chose vous n'avez rien fait », c'est un peu hypothéquer l'avenir.

Sur les marchés, dans la rue, les gens expriment deux choses. A la fois, leur colère et leur impuissance. Il faut s'appuyer sur la colère pour vaincre le sentiment d'impuissance. Le 17 novembre, nous proposons quelque chose de concret, qui engage, qui motive.

Nous n'avons pas plus de propositions à vous faire. Il vous appartient de vous déterminer et déterminer les modalités de votre inscription dans cette « marée » populaire. Pour notre part, nous nous tenons à votre disposition pour toute rencontre ou demande d'information.

Salutations camarades.

Saint Etienne, le 28 octobre 2018

Brice Telki, Denis Rivier


https://tendanceclaire.org/breve.php?id=30716
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Re: Révolte populaire, gilets jaunes

Messagede bipbip » 09 Nov 2018, 20:04

Hausse des carburants : le point de vue de la Fédération CGT de la chimie

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https://tendanceclaire.org/breve.php?id=30762



17 novembre. Les syndicats doivent opposer un véritable plan de bataille pour une augmentation générale des salaires

L’appel à bloquer les axes routiers le 17 novembre prochain pour protester contre la hausse du prix des carburants a agité les réseaux sociaux ces derniers jours. Si le fort engouement autour de ce mouvement exprime une colère légitime de la population face à l’énième mesure de « matraquage fiscal » de ce gouvernement, rognant toujours plus sur le pouvoir d’achat, il est cependant indispensable, pour ne pas se tromper de colère, de préciser les contours, pour le moins nébuleux, de ce 17 novembre.

En un an, le prix du gazole a progressé d’environ 23 % et celui de l’essence, de 15 %. En un mois, le premier a pris 5%. Une hausse en partie imputable à l’augmentation du prix du pétrole sur les marchés mondiaux, passé de 65 à 86 dollars entre janvier et octobre. Pour autant, c’est surtout la décision du gouvernement d’augmenter les taxes sur le carburant qui explique la flambée des prix. Dans le cadre de la hausse de la contribution climat énergie et sous prétexte d’un « rattrapage fiscal » par rapport à l’essence, les taxes sur le gazole et l’essence, représentant 60 % du prix, ont respectivement augmenté de 14 % (7,6 centimes par litre) et de 7,5 % (3,90 centimes par litre) en un an. Cette tendance devrait se confirmer avec une nouvelle hausse des taxes, prévue dans la loi de finances 2019, de 6 centimes pour le diesel et de 3 centimes pour l’essence et ce jusqu’en 2022.

Au premier titre, ce sont des millions de salariés, les plus isolés géographiquement et obligés de prendre leur véhicule tous les jours pour aller travailler, qui sont frappés de plein fouet par ces nouvelles hausses de taxes. Ces hausses sont à inscrire dans le « matraquage fiscal » généralisé que le gouvernement ne cesse d’opérer sous divers prétexte (écologie, santé, etc…) comme dernièrement, celle des tarifs réglementés du gaz qui vont augmenter pour des millions de foyers de 5,8% hors taxe au 1er novembre, les hausses des taxes sur le tabac, la hausse du forfait hospitalier, ou encore la pseudo baisse de la taxe d’habitation qui s’est finalement transformée concrètement en hausse !

Ce sont aussi, les artisans taxis et autres VTC et autoentrepreneurs qui sont pleinement impactés par ces hausses du prix du carburant. Les petites entreprises en pâtissent elles-aussi, dans une moindre mesure, dans le sens où elles peuvent répercuter dans leur prix ces hausses, même si elles sont soumises à des pressions à la baisse des prix par les grandes entreprises.

Chacun subit ainsi, à un degré différent, les conséquences de la politique menée par Macron en faveur de la minorité la plus riche, au service des grandes multinationales.

Pendant ce temps, loin d’être augmentés en proportion, les salaires ne cessent d’être tirés vers le bas, sans parler de la généralisation de la précarité qui va avec. Les profits des grands patrons français du CAC 40 flambent de leur côté à un niveau inédit, tandis que ceux des pétroliers s’envolent et retrouvent des niveaux de bénéfices qu’ils n’avaient pas enregistrés depuis quatre ans. Le gouvernement sait soigner leur pouvoir d’achat.

Un engouement éclair, expression d’une colère légitime

Dans ce contexte, des appels à manifester contre la hausse des carburants et à bloquer les axes routiers dans tout le pays le 17 novembre prochain circulent sur les réseaux sociaux. Des pétitions en ligne ont recueilli des centaines de milliers de signatures en quelques jours. La rapidité avec laquelle ces initiatives ont rencontré un écho montre la colère suscitée dans une grande partie de la population suite à cette nouvelle augmentation de taxe. Comme une goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Tout est parti de la pétition d’une « habitante de Savigny », révoltée par la hausse continuelle du prix des carburants. Lancée avant l’été, la pétition a connu un succès phénoménal ces dernières semaines dans le sillage de l’annonce d’Elisabeth Borne d’une nouvelle augmentation de la TICPE, une taxe qui affecte le prix des carburants.

A la suite du succès de cette pétition, on a ensuite vu émerger la proposition d’un blocage du périphérique parisien le 17 novembre, à l’appel de deux chauffeurs routiers en concertation avec leur patron. La mobilisation s’est dotée depuis de son signe distinctif en appelant les futurs participants à arborer un gilet jaune sur leur tableau de bord. Sur les événements, les photos de voitures arborant ce symbole se multiplient ainsi chaque jour.

Le patronat du transport routier surfe sur la vague !

Très rapidement, la mobilisation a trouvé de l’écho dans une partie du patronat routier. En effet, la revendication de « baisse des taxes sur le pétrole et le gazole » est une revendication historique de ce secteur des classes dominantes, qui ont appuyé par le passé des grèves de routiers, comme en 1992. Ce mouvement apparaît comme une aubaine pour les transporteurs qui cherchent à faire pression sur Elisabeth Borne contre l’augmentation de la TICPE. C’est pour protester contre cette mesure que des entreprises du transport et du BTP organisaient par exemple une « opération escargot » en Haute-Savoie ce lundi, entre Annemasse et La Roche-sur-Foron.

Soucieuses de ne pas refroidir la dynamique du mouvement, les organisations patronales du transport telles que l’UNOSTRA ou l’UNOTRE sont restées prudentes sur la mobilisation, refusant d’appeler à la mobilisation pour la laisser entre les mains de « tous les automobilistes ». Pourtant, le soutien tacite au mouvement est évident, comme en témoigne le discours de Catherine Pons, déléguée générale de l’UNOSTRA reçue par BFM TV.

Une colère légitime mais pour quel débouché ? L’extrême-droite en embuscade

À l’origine, le mouvement a été lancé par deux chauffeurs routiers, Éric Drouet et Bruno Lefevre, soutenue « à fond » par leur entreprise de transport routier. Si sur BFM TV, Eric Drouet, revendique un mouvement « populaire et citoyen » affirmant n’avoir aucune étiquette politique, il est évident qu’en s’opposant à un énième « matraquage fiscal » du gouvernement, le mouvement est éminemment politique et il n’a pas fallu attendre longtemps pour que l’extrême-droite s’y intéresse.

Visualisée plusieurs millions de fois, c’est une vidéo postée sur les réseaux sociaux par Franck Bruhler, se revendiquant ouvertement de la « patriosphère », ancien responsable communication du FN 82, qui a donné une visibilité massive à la mobilisation. Comme l’affirme L’Humanité, celui qui est maintenant secrétaire départemental de Debout La France était jusqu’ici plutôt connu pour ses tweets xénophobes et son admiration de la théorie du grand remplacement que pour ses connaissances en fiscalité pétrolière.

Dès lors, Nicolas Dupont-Aignan se positionnait en faveur de la mobilisation quelques jours plus tard. Le même jour, Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National, appelait « l’ensemble de (ses) élus et délégués départementaux, de (ses) fédérations à rejoindre la contestation qui est en train d’émerger ». Son trésorier, Wallerand de Saint-Just y voit une « révolte citoyenne ». Le patron du Parti de la France, Carl Lang, d’extrême-droite, soutient lui aussi l’appel, de même que les Jeunes Républicains.

La lutte contre la hausse des prix des carburants passe nécessairement par l’augmentation générale des salaires, des pensions et des allocations !

Rarement l’on avait vu autant les médias, comme BFM TV s’intéresser à un mouvement de blocage. Pour l’occasion les accusations de « prise d’otage », si habituelles dans le cadre des mouvements de grève, ont été rangées au placard, au profit de reportages et d’interviews sur une liste interminable de plateaux TV, notamment pour Priscillia Ludosky, qui a lancé la pétition, et qui appelle ouvertement à se joindre au blocage du 17 novembre.

Si la colère d’une partie de la population face à cette énième mesure de « matraquage fiscal » est légitime, s’y arrêter comme le revendiquait par ailleurs l’un des routiers initiateurs du mouvement dans une vidéo sur Facebook ne peut être une issue à la question du pouvoir d’achat qui mine l’existence de nombreux travailleurs. Il ne faut, par ailleurs, pas oublier que la baisse des taxes sur les carburants est une vieille revendication du patronat routier pour qui le volume des profits se mesure à l’aune des tonnes de carburant mises dans les cuves de ses camions qu’il répand en masse sur le réseau routier. Le tout en contradiction évidente avec toutes les mesures les plus élémentaires de préservation de l’environnement.

En ce sens, il n’est pas anodin que les initiateurs du mouvement aient expliqué sur BFM TV disposer du soutien affiché de leur patron, une entreprise de transport routier. Dans une de ses vidéos, Éric Drouet explique même son refus, in fine, d’élargir les revendications en dehors de la question de la hausse du carburant, prétextant qu’il s’agit d’une première étape à franchir et qu’on verra ensuite... Les initiateurs, comme l’ensemble des organisations de droites, et d’extrême droite omettent voire contournent volontairement la question-clé qui devrait structurer tout mouvement à même d’offrir une issue progressiste à cette question du pouvoir d’achat, celle de l’augmentation des salaires et du niveau des pensions et des allocations, qui doivent être indexées sur l’inflation.

La colère est certaine. Qu’attendent les directions syndicales pour lui donner un réel débouché ?

Le succès des appels à « manifester » le 17 novembre, à « bloquer des routes ou des ronds-points », ou à « mettre un gilet jaune sur son tableau de bord », pour le moment virtuel, exprime ainsi une colère légitime de la population cachée sous le vocable d’ « automobiliste » par les initiateurs ou encore le patronat routier et par le « peuple français » par ceux, la droite et l’extrême-droite, qui instrumentalisent la colère pour la retourner en définitive contre le monde du travail.

C’est en ce sens que se sont positionnés correctement la CGT et Solidaires en dénonçant l’instrumentalisation de la mobilisation par l’extrême-droite, et en rappelant l’enjeu central de la question des salaires face à une revendication centrée sur le prix du carburant. Pour autant, si l’on peut rejoindre la position des directions syndicales quant au caractère « gazeux » du mouvement, il est pour le moins commode pour Martinez et consort de pouvoir s’opposer à ce mouvement par pur principe, sans questionner une seule seconde leurs propres responsabilités dans la période : à savoir celle, centrale, de proposer un réel plan de bataille à la hauteur pour faire face aux attaques menées par Macron ou encore celle de penser un programme à même d’englober l’ensemble des préoccupations qu’une partie du salariat revendique dans ce mouvement.

Hormis, la journée de manifestation du 9 octobre, nouvelle journée sans lendemain, qui malgré son impréparation a montré que la « vapeur » était bien là, la direction confédérale de la CGT ne propose qu’une nouvelle manifestation nationale le 1er décembre, à Paris contre le chômage et la précarité. Une nouvelle journée, un samedi, qui est loin d’opposer un quelconque plan de bataille à même de donner des perspectives à une colère sous-jacente, à même de construire un réel « tous ensemble » du monde du travail et de la jeunesse pour faire face à cette préoccupation centrale, celle du pouvoir d’achat.

C’est ce qui fait, que certaines structures CGT ou SUD expriment la préoccupation de dialoguer avec ce mouvement du 17 novembre pour ne pas laisser la place à l’extrême-droite. Ces remous en interne ont obligé la direction confédérale à justifier auprès de ces structures pour masquer sa responsabilité de l’absence de plan de bataille alternatif.

Pour autant, si la préoccupation de ces structures à dialoguer avec cette colère est juste, le raccourci est cependant incorrect, de par la caractérisation même du mouvement, à moins de se diluer derrière l’extrême-droite qui compte théoriquement défiler avec l’ensemble de leurs représentants. Mais pour faire valoir ces positions, il s’agirait pour ces structures syndicales de batailler en interne pour exiger que la direction confédérale puisse donner un débouché sur la gauche à cette colère, par nos méthodes de luttes, les grèves et les manifestations, ce qui passe par un véritable plan de bataille alternatif face à Macron.

Il n’y aura pas de raccourci le 17 novembre : pour lutter, il faudra exiger des directions syndicales un véritable plan de bataille

En l’absence de grandes mobilisations capables de poser la question du pouvoir d’achat sur le terrain progressiste de l’augmentation des salaires, il est pour le moins, logique que le rejet du « matraquage fiscal » du gouvernement et de ses contre-réformes débouche sur des initiatives « floues » et protéiformes, avec un caractère marqué de conciliation de classe, loin des bonnets-rouges notamment, réunissant de manière indistincte salariés, autoentrepreneur, taxis, VTC, représentant le monde du travail de manière indifférenciée, mais aussi des secteurs du patronat routier, ou encore... des secteurs des forces de polices, plutôt habitué à réprimer les manifestants et à casser des grèves.

Si l’on peut pointer les limites des revendications du mouvement, ce sont aussi les méthodes d’action qu’il faut questionner à savoir les blocages qui, s’ils ne sont pas combinés aux grèves, à savoir s’ils sont construits en totale extériorité du mouvement ouvrier, ne permettent pas de construire un rapport de force.

S’il n’y aura pas de raccourci le samedi 17 novembre, un mouvement que le patronat routier comme les organisations politiques de droite et d’extrême-droite comptent bien utiliser et sur lequel elles cherchent à capitaliser, on ne peut cependant contempler cette colère qui monte sans pointer la responsabilité des directions syndicales dans l’absence de plan de bataille sérieux à opposer en « échange ».

Face à la vie chère, il serait ainsi possible de s’adresser à l’ensemble des secteurs subissant de plein fouet les politiques du gouvernement, d’articuler les revendications de lutte contre l’augmentation des taxes à une lutte globale pour donner une réelle réponse à la question du pouvoir d’achat au travers d’une augmentation de 300 euros par mois pour tous en urgence pour ensuite déboucher sur la nécessité d’une indexation automatique des salaires sur l’inflation, une hausse du SMIC ou encore la répartition du temps de travail pour mettre fin au chômage. La question de l’augmentation du prix du carburant, qui touche au pouvoir d’achat des classes populaires, pose également la question du transport et du service public.

Le refus de l’augmentation du prix du carburant doit être articulé avec la lutte pour la gratuité des transports et pour un service public de qualité, avec le développement des lignes de train et des transports publics dans l’ensemble du territoire, dans les villes et les campagnes, pour que les millions de travailleurs puissent se déplacer sans être obligés de prendre la voiture. Là encore, cela passerait par une lutte conséquente contre la politique du gouvernement de casse du service public, à commencer par le mot d’ordre d’abrogation de la réforme ferroviaire.

Plutôt qu’à « négocier » le « dialogue social » à l’Élysée avec Macron sur la question de la casse de l’assurance chômage, ou encore à ne préparer que les élections professionnelles qui auront lieu prochainement c’est ce dont les directions syndicales devraient commencer à discuter et à préparer, en toute indépendance de classe. C’est indispensable pour opposer une réelle réponse quant à la question de la vie chère, et donner un débouché sur la gauche à la colère qui ne veut plus s’exprimer de manière souterraine.


http://www.revolutionpermanente.fr/17-N ... gmentation
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Re: Révolte populaire, gilets jaunes

Messagede bipbip » 09 Nov 2018, 21:33

«Gilets jaunes» : arrêtons avec la théorie du complot de l’extrême droite

Ce qui frappe dans ce mouvement, c’est l’absence de chef, l’absence de structure formelle qui chapeaute la lutte, très loin de cette certitude bien ancrée qu'un mouvement de citoyens ne peut être que manipulé par des gens plus aguerris.

Est-il seulement possible qu’un mouvement de citoyens se crée sur Internet sans avoir été manipulé par des partis politiques ? A lire les médias, à entendre les politiques cette dernière semaine, le mouvement des «gilets jaunes», ces Français excédés par la hausse du prix du carburant, est suspecté d’être un faux nez de l’extrême droite. Avant de se demander que disent ces internautes en colère, la question prioritaire a été de savoir à qui profite le mouvement, qui instrumentalise la cause.

S’il ne fait pas de doute que cette grogne fiscale réunit de nombreux sympathisants d’extrême droite (qui constituent 20% de l’électorat français et sont surreprésentés dans les zones périurbaines et rurales), sa genèse n’a rien à voir avec Marine Le Pen ou Nicolas Dupont-Aignan, qui ont annoncé soutenir la cause. C’est un ras-le-bol qui est parti de l’Internet vrai : une pétition change.org, des événements Facebook, des groupes Facebook et des vidéos virales filmées en mode selfie. Bien davantage que la «fachosphère», le carburant de cette mobilisation aura été le nouvel algorithme Facebook. Depuis un changement majeur effectué au début de l’année, le news feed survalorise les contenus issus des groupes au détriment des contenus des médias. Il suffit de deux ou trois likes sur les publications d’un groupe Facebook pour voir immédiatement son fil inondé de publications issues de ce groupe.

Mouvements «grassroots»

Voir la marque de l’extrême droite derrière le mouvement relève d’une forme de théorie du complot très courante dans le discours médiatique et politique. Un mouvement de citoyens ne peut être que manipulé par des gens plus intelligents et aguerris qu’eux, les fameux corps intermédiaires. Ce qui frappe justement chez les «gilets jaunes», c’est l’absence de chef, l’absence de structure formelle qui chapeaute la lutte, ou pour le dire autrement, l’absence des syndicats, des associations et des partis politiques. Le mouvement s’est littéralement constitué au fur et à mesure de la discussion sur Facebook. Comme l’a expliqué CheckNews, ce sont deux chauffeurs routiers trentenaires originaires de Seine-et-Marne qui ont lancé l’idée d’une action le 17 novembre en créant un événement «Blocage national contre la hausse du carburant». Dans ces mouvements grassroots venus d’Internet, le chef, c’est l’admin de la page Facebook. Rien de plus.

... https://www.liberation.fr/debats/2018/1 ... te_1691002



Nantes Révoltée

QUE FAIRE LE 17 NOVEMBRE ?

Début octobre, une jeune femme, Priscilla, lance une pétition contre l'augmentation du prix de l'essence, partant d'un constat simple : «toutes les personnes qui vivent en banlieue ou dans des zones rurales et qui prennent leur voiture tous les jours n’en peuvent plus de ces augmentations». La pétition se répand comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, et recueille des centaines de milliers de signatures. Elle devient le moteur d'une journée d'action le 17 novembre. De nombreux internautes appellent alors à faire de cette date un moment de blocage des voies. Parmi les plus influents, deux routiers dont les vidéos sont vues des millions de fois. Et dans un second temps, des récupérateurs d'extrême droite apparaissent, notamment un certain Franck B., militant proche du Front National, qui publie des vidéos relayant l'appel. Les notables d'extrême droite, Le Pen et Dupont Aignan, lui emboîtent le pas. Entre temps, la mobilisation sur facebook pour le 17 novembre a réuni plusieurs centaines de milliers de personnes. Des groupes s'organisent dans chaque ville, avec l'intention de ralentir ou d'arrêter la circulation. Leur slogan ? « Bloquons tout ». Un sondage vient de paraître : « 78% des français soutiennent le mouvement ». Le gouvernement tente déjà d'y répondre dans les médias. Quel que soit l'impact réel de cette journée, elle aura déjà beaucoup plus fait parler d'elle que les jours de grève inutiles, sans perspective ni énergie, décidés par les centrales syndicales depuis deux ans. Tentative d'analyse de cette mobilisation inclassable.

Quelles revendications ?

La revendication première paraît très limitée : la lutte contre l'augmentation du prix du carburant, qui atteint effectivement des sommets ces dernières semaines, à cause de l'augmentation des taxes. Au delà de l'hypocrisie d'un gouvernement qui prétend taxer l'essence pour raisons «écologiques » tout en faisant des cadeaux faramineux aux plus riches et au multinationales qui détruisent la planète, cette revendication pose une question bien réelle. Celle des formes de vies contemporaines. Celle des existences gâchées à passer des heures chaque jour au volant pour aller subir des jobs précaires et inutiles, toujours plus éloignés de nos lieux de vie. Les métropoles s'étendent, le béton dévore le paysage, et de plus en plus de personnes sont contraintes de se loger toujours plus loin, dans des zones péri-urbaines sans âmes, pour des raisons économiques. Les mêmes doivent rouler toujours plus longtemps pour aller rejoindre leurs lieux de travail. Cette France périphérique, éloignée des centre-villes, est celle des perdants de la mondialisation, des perdants de la métropole, des exclus de la gentrification. Celle qui ne peut pas aller au travail en vélo, en transports en commun, voire en taxi. Balayer cette réalité en traitant simplement les organisateurs du 17 novembre de « fachos » est un non-sens et une erreur politique.

Oui, l'appel au 17 novembre est insatisfaisant, mais il part du réel. Il part des conditions objectives d’existence déplorables subies par des millions de personnes. De la même manière, le mouvement contre la loi travail en 2016 était parti du réel, avec des recueils de témoignages en ligne contre la précarité, les humiliations des petits-chefs, les salaires de misère ...

Une initiative d'extrême droite ?

En regardant les groupes facebook d'appel au 17 novembre, on ne peut que constater une grande confusion. Des appels à chanter la Marseillaise côtoient des appels à « refaire Mai 68 ». On y débat pour savoir s'il faut avoir le soutien des policiers, ou au contraire les attaquer. D'autres veulent « élargir les revendications » plutôt que se concentrer sur le prix de l'essence. Ces groupes ne sont pas d'extrême droite, mais il est incontestable que des militants d'extrême droite tentent de faire de l'entrisme sur ces réseaux. On y trouve aussi des syndicalistes, des militants de gauche, voire d'extrême-gauche. Mais pour l'immense majorité, il s'agit d'une France périphérique sans références précises, qui se revendique « apolitique ». A l'image de la situation du pays : instable et atomisé, mais en colère.

Sur le fond, les protestations contre les taxes rappellent effectivement des mouvements réactionnaires, comme celui de Pierre Poujade dans les années 1950, ou plus récemment le mouvement confus des Bonnets Rouges en Bretagne. D'autant plus qu'on trouve aussi bien des travailleurs précaires que des patrons d'entreprise dans ces différents appels : autant de mondes qui n'ont aucun intérêt commun, et qui se retrouvent ligués ensemble contre le prix de l'essence.

Mais si l'on remonte plus loin, les révoltes anti fiscales font aussi écho aux Jacqueries paysannes de l'Ancien Régime, qui ont mené à des situations insurrectionnelles contre les injustices. On a aussi vu ces dernières années en Espagne des refus collectifs de payer les loyers ou les taxes. Dans un climat où le président s'affiche comme un monarque aux goûts luxueux, et crache ouvertement sur la plèbe, ce refus de payer plus de taxes se comprend largement.

En bref, il est difficile de classer ces revendications sur l'échiquier politique traditionnel, même si, redisons le, elles ne sont pas suffisantes pour en faire un véritable mouvement social. Il s'agit pour l'instant d'un agrégat de colères.

« On bloque tout ». Un moyen d'action efficace ?

C'est là le plus important, et aussi le plus douloureux. Nous avons tous constaté l’inefficacité des seules manifestations. Nous savons tous qu'une victoire sociale passe par le blocage de l'économie. Alors que les mouvements sociaux appellent depuis des années à « tout bloquer » sans jamais y parvenir, ni à organiser sérieusement les blocages, le mouvement du 17 novembre lui, a l'air de vouloir se donner les moyens de paralyser les flux.

Les directions syndicales ont fait preuve de leur totale inefficacité alors que les attaques de Macron sont d'une violence sans précédent : tout au plus quelques manifestations minables, isolées, sans volonté d'engager le rapport de force. Les «cortèges de tête» non plus, ne sont pas parvenu à aller au delà des actions spectaculaires et des slogans radicaux. Pendant tout le printemps 2016, nous avons crié «on bloque tout» sans effet. Au printemps 2018, nous n'avons pas été capables de dépasser le calendrier syndical qui nous a mené à l'échec, malgré une multitude de luttes.

En s'organisant sur facebook, le mouvement du 17 novembre a imposé sa propre date, son propre calendrier, avec l'objectif affiché de tout bloquer. Ce mouvement que beaucoup insultent, ou traitent avec mépris, serait-il en passe de réussir ce que les révolutionnaires n'ont pas réussi à mettre en œuvre ? Nous aurons la réponse dans une dizaine de jour.

Que faire ?

Si notre seule réaction face aux dizaines de milliers de personnes qui s'organisent pour bloquer effectivement l'économie, se cantonne à les traiter de fascistes, alors nous avons déjà perdu. Rejoindre sans regard critique cet agrégat de colères n'est pas non plus la solution. Si ces colères confuses n'émergent ni dans les manif classiques, ni dans les cortèges de tête, posons nous les bonnes questions. Les centrales syndicales font échouer toutes les luttes depuis 10 ans, les mouvements radicaux se font isoler par la répression, la propagande, et les logiques d'entre-soi puristes. Comment dépasser ces contradictions ? En organisant des blocages parallèles ? En ciblant des multinationales comme Total ? En allant soutenir ces blocage tout en affichant des revendications anticapitalistes ? La question reste ouverte.


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Re: Révolte populaire, gilets jaunes

Messagede bipbip » 09 Nov 2018, 21:51

Le 10 novembre, face à Macron et l'extrême droite, prenons l'initiative

La leçon du Brésil ne suffit pas aux politiciens et bureaucrates. Ils restent les bras croisés devant la colère populaire, refusant toute feuille de route pour le tous ensemble. Dans ces conditions, les secteurs en lutte appellent à une réunion nationale le 10 novembre pour mettre au point ce plan de lutte: 10 h salle Henaff à la Bourse du Travail, 29 Bd du Temple, Paris 75011.

Appel pour la réunion nationale de ce samedi « Faire entendre la voix de notre camp » mis à jour avec des nouveaux signataires dont les grévistes de Park Hyatt, la CGT Monoprix Gambetta, les agents des hôpitaux psy de la PPU, des Lillois du travail social déchaîné, Émancipation tendance Intersyndicale, la CNT-SO, etc. Ils rejoignent donc les Geodis, les livreurs Deliveroo du CLAP, les Mac Do et leur intersyndicale Paris Nord, les postiers en grève du 92, les Goodyear et des étudiants en lutte contre la sélection à la fac qui avaient, entre autres, lancé cet appel. D’autres équipes ont déjà aussi annoncé leur présence. Il y a urgence… Pour signer l’appel, il suffit d’écrire à notrecamp@gmail.com

... https://www.frontsocialuni.fr/faire-ent ... otre-camp/

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