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Messagede bipbip » 20 Sep 2018, 13:17

1 800 postes supprimés dans l’Education nationale à la rentrée 2019, une « catastrophe » jugent les enseignants

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, a annoncé ce lundi la suppression de 1 800 postes dans l'Education nationale à la rentrée 2019, dans le second degré et le personnel administratif. Interrogés, plusieurs enseignants dénoncent un "démantèlement du service public" qualifiant la décision de "catastrophe". Témoignages.

... https://www.bondyblog.fr/reportages/au- ... seignants/
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Messagede bipbip » 21 Sep 2018, 00:21

Avec le gouvernement, plus d’élèves = moins d’enseignants

Les effectifs d’élèves augmentent, pas ceux des enseignants. Alors que le ministre de l’Éducation nationale vient d’annoncer la suppression de 1 800 postes de son ministère sur le budget 2019, la CGT dénonce ces coupes et exige un service public d’éducation nationale de qualité, avec la création de postes statutaires en nombres suffisant et le dégel du point d’indice.

Les effectifs d’élèves du second degré sont en perpétuelle augmentation, que ce soit dans les lycées (d’enseignement général et professionnel) ou dans les collèges. Ainsi, selon le ministère, c’est environ 40 000 élèves supplémentaires qui seront attendus chaque rentrée entre 2019 et 2020. Pourtant, le ministre de l’Éducation nationale, Jean Michel Blanquer, vient d’annoncer la suppression de 1 800 postes dans son ministère sur le budget 2019. Quelles seront les conditions de travail tant pour les enseignants que pour les élèves, quand ces derniers seront plus de 40 par classe ? Le credo selon lequel il faut faire toujours plus avec toujours moins n’est plus tenable, surtout quand les cadeaux fiscaux fait aux entreprises (CICE) et aux plus riches (ISF) ne sont plus à démontrer.

Outre ces suppressions postes, qui seront sûrement palliées par le recrutement de contrats précaires, la CGT pointe aussi du doigt le pouvoir d’achat des personnels, qui fond d’année en année comme neige au soleil. En l’espèce, avec le gel du point d’indice, cette baisse s’élève à 14% depuis le début des années 2000 !

Ainsi, pour la CGT, qui est attachée à un service public d’éducation nationale de qualité, d’autres mesures sont indispensables, comme la création de postes statutaires en nombre suffisant et la titularisation des personnels précaires, le dégel du point d’indice et l’augmentation immédiate des salaires et des retraites de 400 euros pour toutes et tous.


http://cgt.fr/Avec-le-gouvernement-plus ... nants.html


Augmentation imposée du temps de travail et suppressions de postes : une politique contre les personnels et le service public.

Communiqué de la fédération SUD éducation

Comme SUD éducation le dénonçait dans les annonces budgétaires de la rentrée scolaire, l’éducation nationale sera bel et bien impactée par les coupes budgétaires.

Aujourd’hui le ministre Blanquer annonce donc la suppression de 1800 postes dans l’Éducation Nationale : 400 postes dans les services administratifs, 1200 postes d’enseignant-e-s dans le second degré.

Les services administratifs croulent déjà sous la surcharge de travail. De plus, le nombre de personnels contractuels embauchés sur de courtes périodes, peu formés, sous-payés a explosé ces dernières années.

Les 1200 suppressions de postes d’enseignant-e-s se concentreront massivement dans le second degré, où les manques d’effectifs sont déjà criants, et alors même que la hausse démographique importante impacte les collèges.

Le ministre prétend augmenter le pouvoir d’achat des enseignant-e-s. Pour cela, il reprend la rengaine du “travailler plus pour gagner plus”, annonçant notamment une baisse des cotisations sur les heures supplémentaires. Ces heures ne seront donc pas prises en compte dans leur totalité pour la retraite ou l’assurance-chômage, et ne constituent donc pas du salaire.

Plus grave, le ministre entend imposer une deuxième heure supplémentaire aux enseignant-e-s du second degré en fonction des besoins locaux. Il s’agit d’une énième attaque sur les statuts des personnels, qui touche directement leur temps de travail, et qui n’aura pour effet que d’épuiser les personnels.

La prétendue augmentation du pouvoir d’achat des enseignant-e-s n’est donc qu’un alibi de plus pour attaquer leurs droits et leurs conditions de travail, et rapprocher toujours plus le service public d’éducation des modes de management du monde de l’entreprise.
SUD éducation revendique des créations massives de postes statutaires, à la hauteur des besoins seul moyen d’avoir un service public d’éducation de qualité.


https://www.sudeducation.org/Augmentati ... s-une.html


2600 suppressions de postes dans le second degré, c’est non !



Jean-Michel Blanquer renoue avec les bonnes vieilles recettes héritées de ses années Sarkozy. Après avoir annoncé, lundi, la suppression de 1800 postes dans l’Éducation nationale, nous apprenons que ce solde cachait la réalité du nombre de suppressions dans le second degré : 2 600 postes y disparaîtront en 2019 par redéploiement entre premier et second degré.

Jean-Michel Blanquer a joué sur la présentation des chiffres pour dissimuler l’ampleur des coupes dans les lycées et les collèges qui vont contribuer à une nouvelle dégradation des conditions d’études des élèves et de travail des enseignants.

L’augmentation annoncée du budget de l’Éducation nationale de 830 millions d’euros, inférieure à l’inflation, entérine cette suppression de postes et fait des lycées et collèges les contributeurs majeurs à la réduction des dépenses publiques.

Le SNES-FSU exprime sa colère et son incompréhension devant de telles remises en cause et demande au gouvernement de renoncer à ce projet.

D’ores et déjà, le SNES, avec la FSU, prend contact avec les organisations syndicales de l’éducation pour construire une riposte rapide.


https://www.snes.edu/2600-suppressions- ... t-non.html
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Messagede bipbip » 22 Sep 2018, 22:49

Enseignants supprimés et lycées militarisés, l’éducation fait sa rentrée

Alors que Jean-Michel Blanquer a annoncé la suppression de 1 800 postes dans l’éducation nationale en 2019, Renaud Muselier, président de la région Sud-PACA, a relancé vendredi son plan de sécurisation des lycées, pour un montant de 50 millions d’euros, d’ici 2020...

Ce texte reprend quelques articles parus ces jours sur le sujet.

... https://mars-infos.org/enseignants-supp ... um=twitter
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Messagede bipbip » 27 Sep 2018, 15:09

#monlycéevacraquer…

Rentrée chaotique : dans les lycées pleins à craquer, la mobilisation s’étend

Des salles de classes bondées, des couloirs « comme à Châtelet », une cour de récré digne d’un quai de RER à l’heure de pointe… A trois semaines de la rentrée, de nombreux lycées se sont mobilisés contre la hausse des effectifs, des locaux inadaptés et étriqués, des conditions de reprise chaotiques. De son côté, Jean-Michel Blanquer parle de supprimer 2 600 postes dans le secondaire. L’éducation secondaire sacrifiée ?

... http://www.revolutionpermanente.fr/Rent ... on-s-etend
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Messagede bipbip » 27 Sep 2018, 20:41

Réforme du lycée : des « personnels à limiter » pour la rectrice de Lille

La réforme du lycée ne sera effective qu'à la rentrée 2019-2020 mais elle se prépare déjà dans les établissements. Outre l'instauration d'un lycée modulaire qui forcera les élèves à choisir une orientation de manière précoce dès la seconde, c'est la réduction des personnels qui est directement visée. La rectrice de Lille ne s'en cache pas dans sa lettre adressée aux chefs d'établissements.

Le détail de la réforme est expliqué de manière technique dans la lettre que la rectrice de Lille adresse aux proviseurs des lycées généraux et technologiques publics et privés sous contrat de l’académie. Aucun mot sur les effets désastreux de cette réforme concernant les conditions d’enseignement de plus en plus difficiles, ni sur la véritable sélection sociale que cette refonte totale du lycée va instaurer pour les élèves, sommés d’anticiper leur avenir dès l’âge de 15 ans...

Mais ce qui fait encore plus froid dans le dos dans cette lettre, c’est la manière dont, sans complexe et avec un art de l’euphémisme bien mesuré, on évoque sans broncher la réduction des postes. En effet, après avoir défini chaque spécialités et options pour chaque établissements, la rectrice enjoint de « prendre en compte les contraintes suivantes » parmi lesquelles, « les conséquences sur les personnels à limiter ».

... http://www.revolutionpermanente.fr/Refo ... e-de-Lille
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Messagede Pïérô » 01 Oct 2018, 11:03

Réforme du lycée : sans bruit et dans le brouillard

C’est dans le silence des procédures administratives que se met en place dès aujourd’hui la réforme du bac 2021, et du lycée qui doit le préparer. Choix des options, choix des spécialités pour chaque établissement, organisation des filières, prévisions d’effectifs… pour que la rentrée 2019 se passe au mieux. Ou plutôt : au moins mal.

Mais déjà, les discussions ont à peine commencé que les maux de la nouvelle organisation se font jour. Il s’agit de la mise en place d’une nouvelle brique qui, après la réforme du collège, de l’orientation (Parcoursup), et du premier cycle universitaire, vient couronner tout un système : celui d’une école bâtie désormais sur les valeurs individualistes de la société libérale.

... https://larotative.info/reforme-du-lyce ... -2917.html
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Messagede bipbip » 04 Oct 2018, 17:40

ASSEZ DE CONCERTATIONS : RETRAIT DES MESURES BLANQUER

L’annonce récente de la suppression de 2600 postes dans le second degré à la rentrée 2019, l’obligation possible de 2 heures supplémentaires, l’extension des postes à profil et du recrutement sur contrat participent de l’attaque frontale contre le statut annoncée par le Premier ministre. Dans un communiqué du 2 août, il décline les mesures du rapport CAP 22 dans le “Service de l’éducation”. Et Blanquer annonce une loi pour 2019.

UN BOULEVERSEMENT DU SYSTÈME ÉDUCATIF

Casser le cadre national de l’Enseignement public

La réforme du lycée et du bac, et celle du lycée professionnel, organisent la territorialisation de l’Éducation nationale. En effet, les spécialités vont être définies localement par bassin, en fonction des besoins en emplois. Ce dispositif mêlera établissements publics, privés et le CNED. Cela permettra une mutualisation des services entre établissements et leur mise en concurrence.... Ceci pour faire des économies et faire éclater le cadre de l’établissement scolaire qui structure la scolarité des élèves.

Pour les lycées professionnels, la réforme prévoit un regroupement de spécialités, une forte baisse des heures disciplinaires et l’introduction de l’apprentissage dans tous les établissements.

La fusion des académies à l’échelle de la région prévue pour 2021 va conduire à de fortes disparités entre les régions. Chaque région discute déjà des propositions d’organisation de l’enseignement à venir sur son territoire.

Des diplômes en miettes, attaques contre les droits collectifs

La territorialisation va fortement accroître les disparités entre les établissements. En outre, la réforme du bac aggrave ces inégalités puisqu’une partie des épreuves seront locales. Avec ce bac individualisé, dévalorisé et la sélection à l’entrée du supérieur, un grand nombre de jeunes seront éjectés du système universitaire : la sélection effectuée dès cette année avec Parcoursup sera encore accentuée. La réforme du lycée professionnel (L.P.) prévoit qu’un CAP pourra être préparé en un, deux ou trois ans : la valeur du diplôme deviendra locale et individualisée.

Avec ces diplômes à la carte, l’ensemble des conventions et statuts collectifs sont menacés de dislocation.

Une éducation “professionnalisante”

La réforme du lycée va conduire à une orientation précoce, dès quinze ans. Les choix des élèves détermineront les possibilités d’études supérieures. Mais, de plus, ces choix seront soumis à l’offre de spécialités générant un véritable tri social et territorial.
“Diffuser une culture de l’évaluation” (Blanquer)

La multiplication des évaluations nationales des élèves et des établissements doit permettre d’introduire un pilotage par les résultats. Une agence nationale “d’évaluation des établissements” serait mise en place dès 2019 (avec pour corollaires les contrats d’objectifs et in fine l’autonomie des établissements).

UNE ATTAQUE SANS PRÉCÉDENT CONTRE LES STATUTS

Réforme de la formation des enseignants

Blanquer présente la réforme de la formation des enseignants comme la mère de toutes les réformes. Sous couvert de rendre la formation “professionnalisante”, c’est un véritable formatage des nouveaux enseignants, qui est mis en place et c’est l’ensemble du métier et du statut qui sont ouvertement menacés (voir l’encart).

Attaques des Commissions Administratives Paritaires (CAP)

Les CAP se voient vidées de leur rôle de contrôle du respect des règles statutaires (mutation, avancement…). Le gouvernement pourra ainsi remplacer la gestion administrative des personnels par une“gestion des ressources humaines” à la main des chefs d’établissements. Postes à profil et recrutement sur contrat : tel est l’avenir.

Individualisation des salaires

L’évaluation permanente des élèves, des enseignants, des établissements va devenir le moyen d’individualiser les salaires, d’introduire un salaire au mérite.
Dès à présent, le Premier ministre a annoncé que le versement de la troisième tranche de la prime REP+ serait conditionné aux soi-disant progrès réalisés par les élèves et à la réalisation du projet d’établissement.

LEP : annualisation et apprentissage

La diminution drastique des heures d’enseignement, les nouvelles modalités de stage, le regroupement des spécialités par grandes familles de métiers, la transformation des diplômes en blocs de compétences et l’essor de l’apprentissage correspondent à la volonté de Macron de répondre aux demandes du patronat. Tout cela ouvre la voie à l’annualisation du temps de travail, à la polyvalence des enseignants et aux suppressions de postes.

Organiser la mobilisation contre l’application de la réforme du lycée implique de commencer par exiger le retrait des mesures annoncées par le gouvernement dans son communiqué du 2 août : ces mesures participent de la mise en œuvre des attaques de Macron et son gouvernement de la maternelle à l’université. L’unité contre ces attaques nécessite aussi que les directions syndicales quittent enfin les concertations qui se mènent, à tous les niveaux, dans la cadre de l’agenda de Blanquer et du gouvernement et que, sur ces bases, elles réalisent l’unité pour lancer une vaste campagne d’information auprès des personnels ouvrant la voie à la mobilisation unie.

* * * * * * * * * * * * *

Formation “plus professionnalisante” ?

Sous couvert de formation “plus professionnalisante”, le gouvernement prépare une réforme du recrutement et de la formation (initiale et continue).

Après son admissibilité au concours en L3, le candidat prendrait en charge des classes en étant “accompagné”. Il serait alors utilisé comme contractuel. L’admission au concours en master pourrait n’être que la validation de compétences et du master débouchant sur une “habilitation à enseigner”. Ce CAPES (ou CRPE) “allégé” prendrait en compte les savoirs faire acquis sur le terrain : l’évaluation serait largement soumise au chef d’établissement. Admis, le lauréat irait alors se “vendre” : trouver un établissement qui le recruterait. À terme, il pourra s’agir d’un recrutement en CDI (comme à la SNCF).

De plus, sous couvert de “pré recrutements”, des AED étudiants pourront participer à des activités pédagogiques, voire à des remplacements de professeurs. Ces futurs enseignants seraient formés sur le tas (au détriment de leurs études), et soumis au chef d’établissement (lequel signe le contrat des AED). Selon l’estimation du SNES, cela permettrait de récupérer 30 000 postes d’un seul coup.

C’est donc la disparition annoncée du concours national sur la base d’épreuves disciplinaires, de lauréats titulaires d’un poste attribué selon des règles statutaires nationales ; la fin de la formation initiale payée par l’État et de l’emploi à vie (avec un traitement continué pour le retraité).

Quant à la formation continue, elle serait “plus systématique” (soit imposée aux actuels titulaires en dehors de leur temps de service) et plus “ciblée” (imposée aux récalcitrants, ce qui d’ailleurs commence à se mettre en place suite aux nouvelles inspections/évaluations). D’autant que, “Être professeur toute sa vie n’est pas une obligation”. (Blanquer, le 2/09/18).

C’est l’ensemble du statut qui est, dès aujourd’hui, menacé : tous les enseignants sont concernés. Blanquer ouvre de nouvelles “concertations” en septembre en vue de son projet de loi, concertations dont le seul but est de désarmer les mobilisations.

La défense du statut, de la formation initiale et continue payée par l’employeur, du code des pensions impose d’exiger le retrait pur et simple du projet gouvernemental et donc de cesser immédiatement les concertations avec Blanquer.


http://69.emancipation.fr/spip.php?article526
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Re: Education

Messagede bipbip » 08 Oct 2018, 12:39

« Priorité à l’école primaire », qu’il avait dit…

Après les annonces décomplexées de 2 600 suppressions de postes dans l’Éducation nationale, Blanquer a osé affirmer que c’est parce qu’il donnait la priorité à l’école primaire qu’il supprimait des postes dans le secondaire !

De qui se moque-t-on ?

Comme dans l’ensemble de l’éducation, l’école primaire est en souffrance. Pour les élèves comme pour les personnels de l’éducation le quotidien se dégrade et la « politique spectacle » du gouvernement n’est là que pour cacher cette réalité.

Le quotidien de l’école primaire, ce sont des classes surchargées avec des effectifs dépassant les 30 élèves par classe dans nombre d’écoles. Pour masquer cette réalité, Blanquer mène une grande campagne de communication autour des CP et des CE1 à 12 en éducation prioritaire. Sauf qu’il oublie de mentionner que le dédoublement de ces classes s’est fait à moyens constants. Résultat : les effectifs dans les autres écoles, ainsi que les effectifs dans les autres niveaux de classe en éducation prioritaire, ont augmenté. En REP + ce sont des CP à 12 mais des CM2 à 29 ! De plus en plus, on a l’impression que ces « CP à 12 » sont devenus un simple argument de campagne du gouvernement pour faire croire qu’il agit pour l’école. Mais l’arbre ne parvient pas à masquer la forêt de la pénurie budgétaire qui règne à l’école : classes surchargées, manque d’enseignantEs, non-remplacements…

Sélection dès le primaire

La France reste un des pays européens dans lequel les effectifs des classes à l’école primaire sont les plus chargés. Les premières victimes sont bien évidemment les élèves le plus en difficulté qui se font broyer par les processus de sélection sociale qu’opère le système éducatif français. Au total, la mise en place de la sélection à l’entrée de l’université, avec Parcoursup, n’est que la dernière étape de cette sélection qui sévit depuis la maternelle. Mais les victimes sont aussi les enseignantEs, dont la souffrance au travail est prégnante et qui ont sans cesse l’impression du travail mal fait lorsqu’ils sont dans l’incapacité de s’occuper de l’ensemble de leurs élèves. Cette souffrance au travail, ainsi que les bas salaires, entraînent à la fois une augmentation des démissions et une « crise de vocations » : les concours de l’Éducation nationale peinent à recruter des candidatEs. Mais, pour le gouvernement, c’est loin d’être un problème. C’est même un rouage de son plan. Pas assez d’enseignantEs titulaires, qu’à cela ne tienne : embauchons des contractuelEs. Comme dans le secondaire, la précarité se généralise… Et pour le gouvernement, c’est tant mieux, puisqu’il veut en finir avec le statut de fonctionnaire ! C’est bien cela la logique du projet CAP 22 qui est annoncé.

Vers la casse du statut d’enseignantE

De même, la prime pour les enseignantEs exerçant en éducation prioritaire autour de laquelle Blanquer a fait sa pub à la rentrée, est bien loin du cadeau présenté. Contrairement à la promesse de campagne de Macron, qui prévoyait une prime de 3 000 euros à tous les enseignantEs en REP +, une partie de cette prime sera versée « au mérite » ! L’objectif pour le gouvernement n’est pas la reconnaissance de la pénibilité de l’exercice du métier en éducation prioritaire mais c’est un moyen pour lui d’introduire la rémunération au mérite. Un premier pas important dans la casse du statut !

Et comment seront évalués les enseignantEs les plus « méritants » ? Le gouvernement ne l’a pas encore dévoilé, mais on peut craindre notamment que le mérite des enseignantEs se mesure aux résultats de leurs élèves face aux nombreuses évaluations mises en place par Blanquer… Des évaluations fortement décriées par les professionnelEs de l’éducation comme étant largement en contradiction avec les besoins des élèves, ­favorisant l’échec…

Résistance(s)

Comme dans le reste de l’éducation, des nombreux enseignantEs du primaire ont choisi de ne pas accepter ni les injonctions du ministre ni la dégradation des conditions de travail et d’enseignement pour les enfants accueillis dans les écoles. En cette rentrée, de nombreuses résistances existent contre les fermetures de classes, contre les effectifs chargés, contre le manque d’ATSEM ou encore en choisissant le boycott des évaluations imposées par le ministère. L’enjeu maintenant est de fédérer ces différentes luttes, souvent très locales, de les lier aux autres combats dans les collèges et les lycées contre le manque de moyens, aux mobilisations des étudiantEs contre la sélection à l’entrée de la fac. C’est seulement en regroupant nos forces que nous pourrons obtenir des créations de postes dans l’éducation pour qu’enfin nous puissions imposer des revendications comme « pas plus de 25 élèves par classe et pas plus de 20 en éducation prioritaire », pour que nous puissions imposer des salaires décents pour les enseignantEs et, à l’encontre d’une école de la sélection sociale, une éducation de qualité pour toutes et tous y compris les enfants d’ouvrierEs.


https://www.anti-k.org/2018/10/02/%e2%8 ... avait-dit/
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Re: Education

Messagede bipbip » 11 Oct 2018, 17:24

Budget de l’éducation 2019 : le privé favorisé, le public lésé

Le gouvernement communique abondamment sur une prétendue augmentation de 850 millions d’euros du budget de l’éducation, soit 1,6 %.

Or le taux d’inflation attendu pour 2019 est de 1,5 %. Qui plus est, cette hausse de budget doit également absorber 213 millions d’euros de crédits alloués au versement du salaire des personnels Accompagnant-e-s des Élèves en Situation de Handicap (AESH). Le budget de l’Éducation nationale est donc en baisse.

Qui plus est, 7,6 milliards d’euros sont consacrés à l’enseignement privé (confessionnel à plus de 90 %) en 2018, et ce budget sera encore augmenté. En dix ans, ce sont près de 100 000 élèves de plus qui accomplissent leur scolarité dans le privé. L’administration favorise l’implantation d’établissements privés au détriment des écoles et établissements publics. Le ministère verse les salaires de 145 000 enseignant-e-s d’entreprises privées.

SUD éducation dénonce le scandale du subventionnement d’entreprises éducatives, et revendique la socialisation immédiate des établissements scolaires privés, pour un service public d’éducation laïque, gratuit, ouvert à tou-te-s et émancipateur.


https://www.sudeducation.org/Budget-de- ... -lese.html
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Re: Education

Messagede bipbip » 12 Oct 2018, 12:27

Lycées professionnels : une réforme qui ne passe pas

Des enseignants de dizaines de lycées professionnels se sont retrouvés en cortège dans la manifestation du 9 octobre à Paris pour déployer banderoles et pancartes contre la réforme Blanquer, du nom du ministre de l’Éducation nationale.

Celle-ci consiste à réduire les heures d’enseignement des lycéens qui préparent le CAP, le BEP et le baccalauréat professionnel, et à augmenter l’apprentissage dans les entreprises.

Les contenus des cours aussi bien généraux que professionnels sont revus à la baisse, ainsi que le nombre de semaines d’enseignement au lycée. La diminution du nombre d’heures de français et d’histoire fait déjà dire à certains élèves qui découvrent la réforme : « Mais ils veu-lent qu’on devienne bêtes ! » Et c’est ce mépris pour la jeunesse issue des milieux populaires et pour leurs professeurs qui suscite l’indignation dans les lycées professionnels.

La mobilisation a commencé le 27 septembre par une grève et une manifestation dynamique, qui a regroupé plus d’un millier d’enseignants.

Encouragés par cette manifestation et une participation à la grève plus importante que d’habi-tude, des réunions se sont poursuivies dans certains lycées pour que la journée du 9 soit un succès. Les discussions aujourd’hui continuent, et se pose la question de la suite du mouve-ment.

Si, dans quelques lycées, l’idée de la grève reconductible fait son chemin, dans bien d’autres, l’heure est encore à l’information et à l’explication de la réforme.

Le 12 novembre, après les vacances, des syndicats enseignants appellent à une journée de grève contre la suppression de 2 600 postes dans l’Éducation nationale. L’occasion d’être de nouveau dans la rue, plus nombreux encore contre la réforme Blanquer.

Hélène GRILLET 10 Octobre 2018


https://journal.lutte-ouvriere.org/2018 ... 14117.html
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Re: Education

Messagede bipbip » 12 Oct 2018, 18:39

Réforme de la voie pro : le Ministre passe en force !

Communiqué intersyndical

L’intersyndicale CGT Éduc’action - SNUEP FSU – SNEP FSU – SNALC – SUD Éducation – SNCL –SIES FAEN - CNT se félicite du succès des mobilisations du 27 septembre et du 9 octobre. Le succès de ces deux premières journées de mobilisation montre le profond rejet de la réforme par les PLP. Le niveau de mobilisation est d’autant plus impressionnant que le ministère n’a révélé son projet réglementaire de grilles horaires qu’à partir du 24 septembre, laissant aux organisations syndicales un délai très court pour informer, échanger avec la profession. Ces mobilisations ont d’ores-et-déjà contraint le Ministre à des premiers reculs !

Lors du Conseil Supérieur de l’Éducation (CSE) qui s’est tenu ce mercredi 10 octobre 2018, le Ministre a modifié ces projets de grilles de la façon suivante :

En Bac Pro : 0,5 heure hebdomadaire d’accompagnement personnalisé sont transférées vers les sciences physiques ou la LV2 ; le coefficient de calcul des volumes complémentaires « heures profs » passe de 12,5 à 13,5.

En CAP : le volume horaire élèves augmente d’une heure en première année : 0,5 heure en EPS et 0,5 heure en accompagnement personnalisé.

Ces avancées sont largement insuffisantes et ne permettent pas de compenser notamment les pertes en LV2 et en sciences physiques. L’augmentation du volume complémentaire sera rognée par les dispositifs pluridisciplinaires et n’améliorera pas les dédoublements notamment dans l’enseignement général. En CAP, la suppression de 4 semaines de cours pour les élèves les plus fragiles est une aberration… Cette réforme est toujours inacceptable.

L’intersyndicale a proposé au CSE des amendements pour augmenter les moyens de dédoublements dans toutes les disciplines, rétablir les volumes horaires disciplinaires, sortir la co-intervention des grilles horaires. L’administration a refusé de prendre en compte ces propositions.

Le projet du Ministre a été rejeté par le CSE. L’intersyndicale a proposé un amendement demandant le report de la réforme d’un an pour permettre de réelles discussions. Cet amendement a été très largement approuvé par le CSE, l’administration refuse pourtant d’en tenir compte et imposera cette réforme dès septembre 2019.

L’intersyndicale s’oppose aux familles de métiers qui vont générer une déspécialisation, un appauvrissement de la qualité de la formation professionnelle, et entraîneront des suppressions de postes. Ces projets de regroupement sont menés à marche forcée sans échange avec les enseignant·es de matières professionnelles.
L’intersyndicale s’engage à poser dans le courant de la semaine prochaine un calendrier d’actions pour obtenir le retrait de cette réforme. La mobilisation pour la défense de la voie professionnelle doit se mener dans le cadre unitaire le plus large possible.

CGT Éduc’action - SNUEP FSU – SNEP FSU – SNALC – SUD Éducation – SNCL –SIES FAEN - CNT

Montreuil, le 10 octobre 2018.


https://www.sudeducation.org/Reforme-de ... force.html
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Re: Education

Messagede bipbip » 14 Oct 2018, 13:49

:gun:

L'école publique remplacée par l'école privée hors contrat

La nature a horreur du vide, dit l'adage. Aussitôt fermée aussitôt rouverte : l'école publique a quitté Préchac-sur-Adour à la rentrée, quelques semaines plus tard une école privée hors contrat est venue la remplacer. Les cris de 14 enfants retentissent à nouveau dans la cour de «l'école communale». L'école privée ADOUR sera inaugurée ce jeudi à 18 heures.

(...)

«Je vous confirme que l'école privée a bien ouvert ses portes dans nos locaux», confirme sobrement la maire de la commune Marie-Martine Adler, se refusant à toute autre précision sur les modalités d'installation de l'école privée dans des locaux publics.

... https://www.ladepeche.fr/article/2018/1 ... ntrat.html
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Re: Education

Messagede bipbip » 16 Oct 2018, 15:58

Enseignement. Le projet de loi Blanquer met le système scolaire en rang
Le ministre présente aujourd’hui devant le Conseil supérieur de l’éducation un texte beaucoup plus ambitieux – et dangereux – que prévu, d’où émergent les contours de réformes libérales et une inquiétante volonté de reprise en main.
... https://www.humanite.fr/enseignement-le ... ang-662153

Quelques arnaques de Blanquer et de son projet de loi
Blanquer présente ce lundi devant le Conseil supérieur de l'éducation un projet de loi fourre-tout qui comporte quelques éléments a priori prometteurs, mais aussi à coup sûr quelques arnaques de taille qui valent qu'on s'y arrête.
... https://blogs.mediapart.fr/claude-lelie ... r=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-20181015&M_BT=1181239064418
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bipbip
 
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Re: Education

Messagede bipbip » 16 Oct 2018, 20:20

Sur l’évaluation des élèves, qui servira à celle des établissements et des enseignants et sur la future Agence nationale d’évaluation des établissements !

Supprimer la liberté pédagogique, tous les gouvernements en ont rêvé, Blanquer le fait !

Les évaluations nationales sont un outil majeur pour en finir avec l’indépendance des enseignants. Elles font partie de l’histoire de Blanquer. En tant que conseiller de Darcos, il a orchestré deux expérimentations généralisées en 2006 pour le CE1, et en 2007 pour le CM2. Leurs résultats sont utilisés 1 an plus tard pour un pilotage pédagogique du 1er degré. Quand JM Blanquer quitte le ministère en 2007, elles sont remplacées par d’autres qui vont faire encore plus de bruit. Retour de JM Blanquer, nommé DGESCO par Luc Chatel sous le président Sarkozy. Les "nouvelles évaluations en CE1-CM2, (…) sont présentées au départ comme (…) devant également servir à évaluer les enseignants (…) et pouvant servir à contrôler leur valeur professionnelle".

"La publication des résultats sur Internet, école par école, est annoncée". Mais deux instances les dénoncent. En 1er la DEPP (Direction de l’Évaluation, la prospective et de la performance) qui « a mis en garde, dès 2009 (d’après l’agence Copernic) contre les résultats faussés selon que les écoles avaient été ou non suivies par un inspecteur chargé du contrôle qualité et aussi selon les secteurs de scolarisation ». Ensuite le HCE (Haut Conseil de l’Éducation ou l’École, c’est selon) qui dénonce ces évaluations dans un rapport au vitriol paru le 16-09-2011, pour leur manque de fiabilité et la confusion entre évaluation du niveau d’une classe et évaluation du système éducatif. Le gouvernement Hollande les supprime en arrivant au pouvoir en 2012, pour mieux préparer leur retour avec la loi Peillon. Il est clair que JM Blanquer, revenu au pouvoir comme ministre, veut mener cette fois-ci sa réforme de l’évaluation jusqu’au bout. Quant à la DEPP, elle ne sera plus un problème car bientôt remplacée par une nouvelle instance début 2019.

Les objectifs de Blanquer, les mêmes qu’en 2007 ! contrôler les enseignants, de futurs OS !

Macron le président avait promis en août 2017 : "… au début de chaque année, des bilans personnalisés, de la classe de grande section à la troisième, ... pour mesurer les progrès de chaque élève, …". Blanquer le ministre, dans son livre de recommandations pour le CP applique. Il préconise une progression bi-mensuelle des apprentissages. Si des bilans nationaux sont décidés, et qu’en même temps des périodes d’apprentissage sont basées sur des progressions identiques au plan national, comme au CP, il est clair que les bilans se feront sur les éléments des progressions. France info le confirme au travers de commentaires sur des déclarations du nouveau CSP (Conseil Supérieur des Programmes) : « le CP est le seul niveau pour lequel des repères annuels sont donnés, les autres viendront plus tard, de même que des projets d’évaluations qui pourraient être trimestriels. (...) Les repères annuels, comme c’est le cas des repères donnés cette fois-ci pour le CP, viendront cadrer de manière très serrée les apprentissages sur l’année, enterrant la notion même de cycle et donnant une vision normative où tous les élèves sont peu ou prou censés réussir en même temps et de la même façon. Les projets d’évaluations trimestriels confortent cette vision d’un encadrement strict dans le temps. On voit bien le risque de dérive : les programmes sont pluriannuels (par cycles), les repères conduisent à des programmes annuels et les évaluations orientent vers des programmes trimestriels ! » (France Info du 1-09-18)

Des progressions aux évaluations, tout s’articule pour piloter et contrôler au plus près le travail des enseignants. Tout ceci participe du détricotage de la liberté pédagogique, l’essence même de la profession et donc, comme le dit le SNUipp, de faire glisser le métier d’enseignant d’un métier de conception vers un métier de simple exécution. »

Une menace pour les élèves que les évaluations vont contribuer à trier puis orienter !

Le ministre avance pas à pas, mesure après mesure de façon à ce qu’il n’y ait jamais de vision d’ensemble des mesures mises bout à bout. Il vise, pour commencer, les périodes charnières du cursus de l’élève, mais à terme, on l’a vu, tous les niveaux seront concernés. Et au bout de la logique des évaluations, il y a le tri des élèves. Il aura lieu dès que possible. Et il s’opérera sur les mêmes bases non fiables déjà décriées en 2007 ; puis le classement effectué se cristallisera, se pérennisera pour la simple raison que les remédiations prévues sont et resteront insuffisantes dans le contexte actuel d’austérité. C’est à dire beaucoup de numérique et très peu d’humain, trop coûteux.

D’évaluation en évaluation, les élèves seront triés, casés pour, au final, se voir orientés. Les critères de sélection et d’orientation sont dès à présent définis par des décideurs économiques qui décideront de la valeur marchande, de leur utilité au plan économique et du devenir de tous les élèves. C’est l’objectif des nouvelles réformes qui ont cours en ce moment de la maternelle à l’université.

Un carcan, une menace pour les enseignants et leur statut ! Et des moyens de pression !

Dans les évaluations standardisées annoncées par le ministère, beaucoup de facteurs autres que les acquisitions interviennent dans leur résultat. Qu’importe pour le ministère quand il s’agit de contrôler l’enseignement et les enseignants. Elles sont conçues pour donner une illusion de démocratie et aussi l’illusion d’un même traitement pour tous dans l’enseignement. Or dans notre société inégalitaire, tout ceci n’est qu’un leurre. Par contre elles vont servir à tromper l’opinion publique, mais aussi et surtout les nouveaux partenaires non enseignants de l’EN que sont les parents d’élèves. Car avec ces futures évaluations nationales, le gouvernement offre un moyen de pression extraordinaire et potentiellement redoutable pour le corps enseignant et l’enseignement des savoirs en voie d’être remplacé par celui des compétences. Ils vont devoir obéir aux exigences de l’usager, du consommateur que sont les parents.

Vers une culture de l’évaluation … par les futurs partenaires et par l’opinion publique !

Le Monde du 30 août dernier déclare que « Macron a lancé le projet d’une instance nationale dédiée à l’évaluation. »

Quelque temps auparavant, dans « L’école de la confiance », Blanquer nous confirmait que l’évaluation des établissements est « un enjeu majeur qui est devant nous ». Et Blanquer d’ajouter : « Cela sera fait pour être utile aux établissements, dans une logique de soutien aux personnels et de mise en réussite des élèves, de plus grande transparence et d’égalité. Tout ceci est fait pour que nos élèves progressent. » Ce qu’il dit confirme que la place des personnels est bien petite dans le projet Blanquer. Alors que l’enseignant est la clé de voûte de l’EN, il ne parle que de le soutenir, anticipant par ce fait qu’il est susceptible et logique qu’il soit la cible de l’opinion et des parents « usagers ». Ce qui ne manquera pas de se produire dès lors que tous les établissements scolaires seront classés et notés, et que tout sera déballé publiquement. La Cour des Comptes, va dans ce sens en préconisant dans son rapport de « développer la culture de l’évaluation, (…) développer les évaluations collectives, soit d’équipes enseignantes, soit d’établissements, en utilisant les évaluations des résultats des élèves ».

Pour inculquer l’esprit de compétition au travers de l’Éducation Nationale !

Dès lors, on comprend qu’il s’agit de faire accepter, non pas le contenu, mais le principe même de la passation. Donc se contenter de critiquer seulement le contenu est insuffisant. L’institutionnalisation de l’évaluation est en cours. son élévation au rang de principe incontournable de la société néolibérale doit s’effectuer avec l’aide de l’Éducation Nationale. Son rôle pour le néolibéralisme devient donc primordial. Il est donc prévu que dès 3 ans et jusqu’à la fin de leur scolarité, les élèves baignent dans l’esprit de compétition. Le tous contre tous, l’individualisme, le chacun pour soi.

Vers un pilotage pédagogique centralisé, avec indicateurs centralisés et nouveaux dispositifs !

Les résultats des évaluations nationales deviendront des indicateurs pour la note des enseignants et le classement des établissements. Et le gouvernement veut vite les instaurer avant que le lien évaluation des élèves, et « instance d’évaluation des établissements » ne soit établi clairement. L’objectif étant d’utiliser cet outil centralisé que constitue les résultats, pour amorcer les premiers dispositifs de pilotage pédagogique centralisé des enseignants. Et les dispositifs dont le gouvernement a besoin, pour la mise en place par les enseignants de cette « culture de l’évaluation », sont connus maintenant. C’est avant tout l’accompagnement qui fait partie de la nouvelle forme d’inspection, avec les inspecteurs entourés de leur nouvelles équipes. Le grand turnover actuel dans nos inspections est un signe. La fausse valse hésitation concernant le statut des directeurs en est un aussi. Les choix des futurs accompagnateurs des réformes est essentiel pour le gouvernement. Les pièces du puzzle se mettent en place, progressivement, en évitant de dévoiler l’ensemble. Le « en même temps » présidentiel est à son zénith. Est-ce là la confiance dont nous parle Blanquer ?

La « Valeur ajoutée » des enseignants et des établissements sur la base des évaluations !

Quant à ce terme de Valeur Ajoutée, qui en dit long sur les intentions de marchandisation du gouvernement, c’est Le Monde du 27-09-2018 qui dégaine le premier. Il aborde les évaluations sous un jour économique. Ainsi rapporte-t-il qu’ « une frange du corps enseignant redoute, déjà, que la réflexion au niveau gouvernemental n’aboutisse au calcul de la « valeur ajoutée » des professeurs. Une part du salaire serait, demain, soumise au mérite ou aux « bonnes pratiques ». Les évaluations aideront, cela a déjà été dit dans le rapport de la Cour des Comptes, au calcul de cette Valeur Ajoutée. Au travers de celle-ci, les professeurs acquerraient une valeur marchande et contribueraient à celle de leur établissement. Pour rappel, le retour sur investissement dans le champ éducatif est de 1 à 7 et déjà, des fonds de pension ont fait main basse sur l’enseignement privé. Bienvenu dans le monde de l’éducation au néolibéralisme !

En conséquence, pour Emancipation, compte tenu de l’enjeu et du rôle que doivent jouer les évaluations dans les réformes de Blanquer, les consignes des syndicats et des fédérations à ce sujet doivent être claires :

- Ni moratoire, ni suspension des passations mais exiger du ministre et du gouvernement qu’ils arrêtent et abrogent toutes les évaluations nationales en cours ou prévues ;

- Et qu’ils retirent le projet d’instance nationale d’évaluation (des établissements) en France prévu pour début 2019.


http://69.emancipation.fr/spip.php?article527
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Re: Education

Messagede bipbip » 17 Oct 2018, 16:31

Ordonnance sur les statuts : le démantèlement des universités est en marche

La loi « Pour un état au service d’une société de confiance » du 10 août 2018 permet au gouvernement de faire passer des ordonnances portant sur le statut des établissements de l’enseignement supérieur qui fusionnent ou des ComUE (Communautés d’Universités et d’Etablissements). Le gouvernement a décidé de travailler sur ces ordonnances avec quelques universités ayant reçu un IdEx (Initiative d’Excellence, budget alloué à « l’excellence » universitaire), c’est-à-dire celles qui seront les principales bénéficiaires de l’expérimentation de nouveaux statuts que les ordonnances permettront. La méthode en dit long sur le projet porté par ces ordonnances : les premier·es de cordée reçoivent la part du lion et les autres se contentent des miettes.

Le projet d’ordonnances permettra de créer, dans le cadre de fusions des établissements, des statuts expérimentaux qui dérogeront au code de l’Éducation. Ainsi la proportion de membres élu·es dans les conseils pourra descendre à un tiers contre deux tiers actuellement. De plus les établissements fusionnés pourront conserver leur personnalité morale mais seront de fait sous tutelle, avec leurs budgets, décisions et recrutements soumis à l’approbation de l’établissement expérimental issu d’une fusion. Il n’existe plus aucune limite de nombre de mandats ni d’âge pour les président·es d’établissements.

En plus des conséquences directes liées à des modifications réglementaires, on peut entrevoir des conséquences plus importantes pour les personnels et les étudiant·es : la « mutualisation » des formations entre les établissements fusionnés sera accélérée conduisant les étudiant·es à devoir suivre leurs formations sur des sites différents séparés parfois par une heure de transport si ce n’est plus. Il est aussi à craindre que les établissements les plus prestigieux au sein des fusions (comme Centrale dans le cas de Nantes, ou Science-Po dans le cas de Rennes) annexent les meilleures formations des autres établissements afin d’augmenter leur influence, leur prestige … ainsi que les frais d’inscription.

L’une de nos principales craintes tient aux frais d’inscription. Les établissements expérimentaux pourront se pérenniser sous la forme de « grands établissements ». Le statut de grand établissement permet de déroger à un certain nombre d’obligations comme celui de respecter le cadre national des diplômes en termes de frais d’inscription. Ce statut a permis à Paris-Dauphine d’élever ses frais d’inscription à 6000 € l’année pour certains de ses diplômes.

Pour ces raisons, Solidaires étudiant·es demande le retrait du projet d’ordonnances et l’abandon des fusions en cours. De plus l’abrogation des dispositions de la loi Fioraso portant sur les rapprochements est nécessaire. Enfin pour les établissements déjà fusionnés, Solidaires demande la tenue de référendums décisionnels des étudiant·es et personnels des anciennes universités fusionnées sur l’avenir de leurs établissements.

Cela ne peut être obtenu que grâce à la mobilisation de tou·te·s les étudiant·es et personnel s de l’Enseignement Supérieur.

Solidaires étudiant-e-s, syndicats de luttes

Porte-parolat : 06.86.80.24.45

http://www.solidaires-etudiant-e-s.org/

contact@solidaires-etudiant-e-s.org


http://www.solidaires-etudiant.org/blog ... en-marche/
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