Migrants à la rue

Re: Migrants à la rue

Messagede bipbip » 02 Nov 2018, 23:41

Avant la trêve hivernale, expulsions et coupures d’électricité à la Cité Thorez à Bègles

Après l’expulsion de la famille Tocilla et la menace d’expulsion qui pèse sur la famille de Drita Kurtsmajlaj, les Albanais semblent particulièrement touchés par ces décisions préfectorales. La Cité Thorez en connaît un nouvel épisode.

... https://rue89bordeaux.com/2018/11/treve ... -a-begles/
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Re: Migrants à la rue

Messagede bipbip » 11 Nov 2018, 21:17

Entretien avec Rachid Oujdi

Mineurs isolés : « J’ai marché jusqu’à vous »

Lors d’un pique-nique de familles hébergeuses sur la plage du Prophète, à Marseille, CQFD a rencontré le réalisateur du film J’ai marché jusqu’à vous [1]. Rachid Oujdi parle d’adolescents voyageurs fragiles, d’abandon institutionnel et d’hospitalité réinventée au sein d’une société qu’on disait frileuse.

... http://cqfd-journal.org/J-ai-marche-jusqu-a-vous
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Re: Migrants à la rue

Messagede Pïérô » 12 Nov 2018, 11:11

Tours, matraque d’or de l’hôtellerie. Lettre ouverte au maire et au député

Le 2 novembre, avec méthode et acharnement, la police a jeté à la rue de jeunes migrants. Ce n’est pas une bavure mais un acte politique concerté.

Lettre ouverte à
Christophe Bouchet
Maire de Tours
Philippe Chalumeau
député de la première circonscription d’Indre-et-Loire

Messieurs,

Vendredi 2 novembre, rare violence dans notre ville. Une trentaine de policiers ont jeté à la rue plus de quarante personnes, essentiellement des jeunes migrants sans logis, ayant trouvé asile précaire dans un bâtiment vide.

Il ne s’agit pas d’une bavure, mais d’action concertée. Des fonctionnaires affectés à la protection et la défense des personnes ont reçu l’ordre de mettre à la rue des gens en détresse. Une femme enceinte, un enfant de 17 mois se trouvaient dans le groupe, aucune humanité n’est venue interrompre ces actes.

Sur les sacs jetés dans le froid trônait un lit de bébé, un petit lit, dit-on avec des mots de tendresse, autour, des policiers en armes, casqués, montaient une garde sinistre, indécente et grotesque. 30 policier(e)s armé(e)s ont triomphé de migrants mineurs et de quelques femmes transies. Comme dit l’autre, force reste à la loi.

Monsieur le Maire, Monsieur le député, cette scène révoltante se passe dans la ville où vous avez sollicité et obtenu les suffrages des citoyen(ne)s. 50 personnes équivalent à 3,6 pour mille de la population de Tours. Le danger et les risques étaient-ils donc si grands qu’il faille recourir aux forces de l’ordre pour remettre à la rue des personnes fragiles, sans ressources, et donc réaffecter au néant des bâtiment déserts ?

Une représentante de l’État était présente avec les forces de l’ordre, elle proposait une solution de relogement temporaire pour 25 personnes après la mise à la rue de plus de quarante autres. Quelqu’un a donc pensé déplacer des fonctionnaires, les uns expulsant, les autres tentant de reloger, dans le même mouvement, au même endroit.

Le coût du déploiement de pieds nickelés ne devait pas être assez conséquent puisqu’une société de gardiennage a été réaffectée, sur les deniers publics, en urgence, à la surveillance d’un bâtiment vide, pour que des gens démunis ne puissent s’y abriter.

Notre pays consacre de l’argent à la mort, un avion Rafale de 40 millions d’euros tire des missiles Exocet à 800 000 euros, mais on ne peut pas laisser dormir des jeunes gens dans un bâtiment vide depuis des lustres... La réponse, là également, passe par la violence de l’État.

Ce vendredi 2 novembre l’argent public a été dépensé pour combattre les pauvres et non la pauvreté. Les personnes en détresse ont été traitées en délinquants alors que c’est l’État français qui ne respecte pas la loi en laissant des mineurs à la rue.

Monsieur le Maire, Monsieur le Député, vous devez assumer que Tours soit la ville où la police jette les jeunes à la rue, ou faire en sorte que vos actes et décisions se démarquent de cette pratique barbare.

Ce n’est ni la colère ni la tristesse qui motivent cette lettre, mais la honte et le dégoût.

Recevez Messieurs mes salutations

Michel ANCE
Retraité
http://piquetdegreve.blogspot.com/


https://larotative.info/tours-matraque- ... -2982.html
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Migrants à la rue

Messagede bipbip » 12 Nov 2018, 21:33

Une histoire d’hospitalité
« J’ai hébergé un gamin hors la loi »

Ci-dessous un témoignage à vif, qui relate l’expérience d’une famille ayant hébergé un jeune Guinéen à la rue, en butte aux avanies de l’accueil des mineurs isolés étrangers. Où l’on questionne bien plus que la simple application du droit.

Un moment fort, rétrospectivement. Mais sur le coup, une scène plutôt banale. Karamba [1] nous quitte après avoir partagé un mafé en famille. On se dit à bientôt, quand il veut. Il le sait, notre porte est ouverte. Une balade en bateau est prévue à l’Estaque, si ça lui dit. Il refuse, dans un sourire : la navigation, ce n’est pas son truc. Notre fils lui demande s’il viendra voir le match de l’OM à la maison. Il ne sait pas, mais ils s’appelleront pour le gym. Des bises claquent. Un dimanche comme un autre. Sans histoire, sur terre, à Marseille.

Avec ses 17 ans tout neufs, ce pourrait être le plus jeune frère de nos deux enfants. Ou un de leurs amis. Mais Karamba n’est pas de la famille. Karamba, c’est autre chose : une aventure que ni lui ni nous n’aurions imaginée. Il est entré dans notre vie le 10 novembre 2017 via un mail SOS informant qu’un gosse a été jeté à la rue par l’aide sociale à l’enfance de la Creuse, alors que la température avoisine le zéro. Une unique nuit en accueil d’urgence pour adultes a été négociée depuis Marseille. Demain, plus rien.

... http://cqfd-journal.org/J-ai-heberge-un ... ors-la-loi
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Re: Migrants à la rue

Messagede bipbip » 27 Déc 2018, 17:39

Les citoyens doivent-il héberger les mineurs étrangers lorsque l’État défaille ?

Le 18 décembre, journée internationale des migrants, des dizaines de marches ont rassemblé celles et ceux qui défendent les droits de ces personnes. L’occasion pour la rédaction de Radio Parleur de parler d’un sujet difficile : celui de l’accueil des mineurs étrangers isolés. Depuis une dizaine d’années, les autorités ne cessent de s’alarmer de l’augmentation du nombre de ces jeunes. Une chose est sûre, les dispositifs départementaux d’accueil ne suffisent plus à les héberger. Des citoyens anonymes prennent le relai, ouvrant leurs portes. Mais elles et eux aussi sont de plus en plus débordés. Est-ce aux citoyens de protéger les mineurs quand les institutions défaillent ?

Nous en parlons avec des actrices de terrain. Pascale Boyer, militante, héberge des mineurs étrangers. Agathe Nadimi, du collectif des Midis du MIE, vient en aide aux mineurs à Paris. Catherine Delanoë-Daoud, avocate à l’antenne des mineurs, est co-responsable du pôle mineurs étrangers à Paris. Michel Peraldi, anthropologue, est l’auteur d’un ouvrage publié en 2013, « Mineurs non accompagnés, un défi pour l’Europe ».

Une émission à écouter : https://radioparleur.net/2018/12/19/emi ... nationale/
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Re: Migrants à la rue

Messagede bipbip » 02 Jan 2019, 22:44

Migrants à la rue : une politique inhumaine

Jacques Toubon, anciennement politicien de droite et maintenant Défenseur des droits, a dénoncé la dégradation sanitaire et sociale de la situation des migrants en France.

Alors que le froid de l’hiver s’installe, plusieurs milliers d’entre eux vivent dans la rue, sans hébergement ni lieu d’accueil. Ils seraient ainsi 800 à 1 200 à Paris et Saint-Denis, 500 à Calais, 400 à Grande-Synthe dans le Nord, 200 à Ouistreham dans le Calvados, et plusieurs dizaines dans d’autres ports de la Manche.

En journée, les migrants sans domicile se réfugient dans des bibliothèques, des fast-foods, des gares ; la nuit, ils dorment dans les parcs, sous les ponts, dans les recoins des échangeurs routiers, voire dans les bois. Les associations de soutien rapportent qu’il s’agit de plus en plus souvent de familles, et pas seulement d’hommes seuls. Selon Médecins du monde, la part des mineurs, âgés de 10 ans en moyenne, progresse pour représenter maintenant 14 % des migrants. Selon Toubon, ces migrants « se retrouvent dans un état de dénuement extrême, dépourvus de tout abri et ayant comme première préoccupation de subvenir à leurs besoins vitaux ». Il constate « une détérioration sans précédent de la santé des exilés, avec un développement inquiétant des troubles psychiques ».

L’hébergement d’urgence est saturé. En région parisienne, quelque 200 migrants arrivent chaque jour, et seulement 250 places sont libérées dans les Centres d’accueil et d’examen des situations. En outre, depuis la destruction de la « jungle » de Calais en octobre 2016, le gouvernement veut y empêcher tout campement. La police y enlève immédiatement les toiles de tente ou les duvets laissés à proximité des camionnettes où ont lieu les distributions de repas. À Grande-Synthe, le 31 octobre, 600 migrants ont été évacués d’un camp de fortune insalubre. Au nord-est de Paris, à la Porte de la Villette, un camp de 1 900 personnes a été détruit en mai. Mais détruire ces camps, souvent brutalement, tout en refusant le passage vers l’Angleterre aux migrants, revient à placer ceux-ci dans une situation impossible. Dès qu’ils se regroupent, les autorités les chassent, rendant leur vie infernale. Toubon dénonce les méthodes policières destinées « à empêcher tout nouveau point de fixation », ainsi que les attaques judiciaires contre les associations pour les empêcher de venir en aide aux migrants.

Non seulement les États leur refusent la liberté de circulation, mais ils leur refusent jusqu’au droit à un gîte et à des conditions élémentaires de survie.

Michel BONDELET


https://journal.lutte-ouvriere.org/2018 ... 15974.html
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Re: Migrants à la rue

Messagede bipbip » 15 Jan 2019, 22:25

À une heure de Lyon, « Certains [mineurs isolés] préfèrent mourir de froid plutôt que de rester au centre Alpha »

Un endroit loin de tout, avec du personnel trop peu nombreux et non qualifié et des conditions d’hygiène qui laissent à désirer. A Saint-Clément-les-Places, dans le Rhône à 1h de Lyon, le foyer destiné à l’accueil de 40 mineurs crée des tensions depuis quatre mois.

... https://rebellyon.info/A-une-heure-de-L ... eurs-20022
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