Hopital, service utile au public à l’agonie

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Messagede bipbip » 20 Juin 2018, 23:48

"L'hôpital brûle et le président regarde ailleurs"

Déjà sous tension cet hiver, les urgences abordent l'été avec un manque persistant de médecins. La réserve sanitaire pourrait être déclenchée, alors que des jeunes praticiens menacent de faire la grève des gardes, et des intérimaires de boycotter les hôpitaux. Alerte rouge sur l'hôpital public !

Depuis l'entrée en vigueur de la loi Bachelot en 2008, les conditions de travail des médecins et des personnels soignants se dégradent. Depuis dix ans, les réformes se succèdent, touchant le mode de financement des hôpitaux et celle de leur gouvernance. La rentabilité est devenue le maître mot et l'hôpital public aujourd'hui dysfonctionne, assurent tous les syndicats de santé. Partout en France éclatent des conflits de personnels avec leur direction. Comme à l'hôpital de Vierzon où le personnel soignant est en grève illimitée depuis lundi pour protester contre la menace de fermeture de certains services et où la maternité est en danger. Le syndicat Samu Urgences de France dénonce "un scandale sanitaire". Au moins 100 000 patients ont dû passer la nuit sur un brancard dans un service d'urgences depuis début janvier, faute de lits d'hospitalisation disponibles, a-t-il annoncé cette semaine. Des études scientifiques ont montré qu'une surcharge des urgences entraîne "une augmentation de la morbi-mortalité de 9% à trois jours, et de plus de 30% pour les patients les plus graves, et nous ne pouvons pas l'accepter", a déclaré la présidente de la SFMU, la Société française de médecine d'urgence, Agnès Ricard-Hibon. Pour Samu-Urgences de France, cette surcharge est "multifactorielle". Le syndicat pointe du doigt, "en amont" des urgences, la "défaillance de la médecine de ville à assurer la continuité des soins" mais aussi, "en aval", l'impossibilité "d'hospitaliser facilement des patients devant la surcharge des services de médecine, chirurgie et obstétrique (MCO), et l'incapacité d'obtenir des lits disponibles".

Témoignages recueillis par Annabelle Grelier, avec la collaboration d'Eric Chaverou.

... https://www.franceculture.fr/emissions/ ... leurs#xtor
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Messagede bipbip » 28 Juin 2018, 19:39

"On laisse les gens des heures sur des brancards dans leur urine"

Leur grève dure depuis plus de 120 jours. Le service des urgences de l'Hôpital de la Croix-Rousse à Lyon fonctionne au ralenti depuis le 15 février dernier. Comme dans de très nombreux établissements, les personnels en souffrance réclament davantage de moyens pour accueillir dignement les patients.

L'heure, on le sait, est à la diète dans les hôpitaux publics. 960 millions d'euros viennent peser directement sur les établissements de santé en 2018. Cadences infernales, journées qui durent 14, 15, ou 16h, impossibilité de prendre correctement en charge les patients... Le personnel soignant souffre de conditions de travail de plus en plus pénibles, à l'image de très nombreux établissements actuellement et comme en atteste la récente grève du Rouvray, un établissement public de santé spécialisé dans la lutte contre les maladies mentales situé près de Rouen, un seul exemple parmi tant d'autres. A l'hôpital de la Croix-Rousse, la fréquentation "a progressé de 30% en 10 ans alors même qu'il n'y a pas eu d'embauches et avec moins d'aides extérieures", raconte une infirmière au micro de France Culture, qui est allé à la rencontre des grévistes.

... https://www.infirmiers.com/actualites/a ... urine.html
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Messagede bipbip » 09 Juil 2018, 14:50

Annonce de la suppression de 400 postes au CHRU de Nancy

Ce lundi a été confirmée une nouvelle suppression de postes au CHRU de Nancy, 400 selon les premiers chiffres.
Cette mauvaise nouvelle, une de plus, intervient alors que les aides promise par l’Etat dans le cadre du COPERMO (Comité interministériel de PERformance et de Modernisation des offres de soin) en début d’année ne sont toujours pas arrivées, la commission devant valider les 120 M€ d’aides étant de nouveau repoussée à octobre ou novembre.

Cette annonce incompréhensible intervient alors même que le CHRU enregistre une hausse d’activité de 1,2 % depuis le début de l’année et après quatre ans d’austérité à l’hôpital. En effet, de 2014 à 2017 celui-ci a subi pas moins de 40 restructurations, supprimant 400 postes au total et fermant 284 lits [1].

Sur le terrain, de nombreux services sont au bort de la rupture.

Le service de blanchisserie en est un bon exemple. Depuis fin 2017, le CHRU a amorcé la prise en charge progressive du linge de St Nicolas de Port, de Toul, de Lunéville et d’autres établissements du Groupement Hospitalier de Territoire (GHT) ce qui engendre une augmentation de la charge de travail de plus de 4 tonnes de linge par jour ! Cette surcharge d’activité devait s’accompagner d’un renouvellement des équipements ainsi que d’un renfort de personnel.

... https://manif-est.info/Annonce-de-la-su ... y-686.html
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Messagede bipbip » 14 Juil 2018, 21:23

L’hôpital sous la rigueur : un gestionnaire témoigne d’un quotidien ubuesqu

Il y a la réalité des chiffres, la rigueur des bilans et ce que vit au quotidien le personnel des hôpitaux. Marsactu a recueilli le témoignage d'un gestionnaire qui explique le casse-tête d'un service de santé public, réduit à gérer la pénurie.

... https://marsactu.fr/lhopital-sous-la-ri ... -ubuesque/
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Messagede bipbip » 15 Juil 2018, 21:28

Fermeture de la maternité du Blanc : des femmes se préparent à accoucher dans leur voiture

Alors que la maternité du Blanc (36) est fermée pour l'été, le collectif "cpasdemainlaveille" organisait un cours d'accouchement en voiture. Une action symbolique mais à prendre au sérieux assure le collectif.

Elles sont une demi-douzaine de futures mamans regroupées chez Christelle, qui doit elle-même accoucher dans 3 semaines. Aurélie, sage-femme libérale, s'installe au centre : "Vous vous souvenez ce que l'on a dit à propos des contractions ? Attendre d'avoir des contractions depuis deux heures pour partir à la maternité ? Vous oubliez ! Maintenant que vous êtes à une heure de route, vous partez tout de suite! "

Aurélie a même prévu un sac avec ce qu'il faut avoir dans la voiture (voiture dont on aura fait le plein, évidemment !) au cas où : "Prenez une bâche ou des sacs-poubelles, pour ne pas imbiber les sièges de liquide amniotique et de sang. Il faut une couverture, un chargeur de portable qui marche sur l'allume-cigare, un bonnet pour le bébé, la liste des numéros d'urgence, de la ficelle de cuisine pour serrer le cordon et si possible des ciseaux propres pour le couper. Et dites au Papa de toujours savoir précisément où il est, pour que les secours vous trouvent...Si vous sentez que vous allez accoucher, arrêtez-vous en sécurité sur le bas côté."

... https://www.francebleu.fr/infos/societe ... 4CHRONIQUE
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Messagede bipbip » 16 Juil 2018, 15:29

Fermetures de lits estivales : le CHU d’Angers pompier pyromane !

CHU d’Angers : COMMENT CASSER LE SERVICE PUBLIC DE SANTÉ ?

La direction du CHU annonce dans plusieurs services de médecine et de chirurgie la fermeture de lits supplémentaires au-delà des fermetures prévues afin de « redéployer » le personnel sur les remplacements d’été.

... https://ulcgtangers.wordpress.com/2018/ ... -pyromane/
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Messagede bipbip » 17 Juil 2018, 13:39

Toulouse

Hôpital des enfants : moins de lits pour les bébés prématurés

Les soignants du service de néonatologie du CHU de Toulouse tirent la sonnette d'alarme. Épuisement, manque de matériel, de personnel et de médecins : depuis un mois, 8 lits pour soigner les bébés prématurés ont été fermés.

Pas en grève mais mobilisé et inquiet, le personnel du service de néonatalogie s'est rassemblé hier après-midi à l'Hôtel-Dieu pour solliciter l'attention de la direction du CHU de Toulouse. Infirmières et auxiliaires de puériculture dénoncent une charge de travail croissante qui les oblige à revenir sur leurs jours de repos, à annuler des formations et à réduire leurs congés estivaux. «Malgré ces rappels, nos efforts et le pool de remplacement qualifié, ça ne suffit plus. La réanimation a compté jusqu'à 160 % de taux d'occupation. La norme n'est plus respectée, on ne peut plus s'occuper correctement des bébés. Il nous manque même des couveuses et des machines d'assistance respiratoire », souligne une puéricultrice.

... https://www.ladepeche.fr/article/2018/0 ... tures.html
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Messagede bipbip » 20 Juil 2018, 10:30

La directrice de l’ARS annonce la fermeture de la maternité à Bernay : les syndicats s’insurgent

Lors d'une conférence de presse, la directrice de l'ARS a annoncé l'arrêt des accouchements à la maternité de Bernay (Eure). Face à ces déclarations, les syndicats s'insurgent.

... https://actu.fr/normandie/bernay_27056/ ... 54718.html
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Messagede bipbip » 21 Juil 2018, 08:48

Urgences : « Un désastre pur et simple »

La situation dans les urgences des hôpitaux ne cesse de se dégrader depuis une vingtaine d’années, Cet été, « la situation des urgences est totalement chaotique », comme l’affirme l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF).

Quinze jours après le début des vacances, des services d’urgences sont déjà fermés par manque d’effectifs soignants, d’autres n’assurent plus leur service 24 heures sur 24, des milliers de lits sont fermés, et l’urgentiste Patrick Pelloux accuse le ministère « de planquer les chiffres ».

« Mise en danger de la vie d’autrui »

175 médecins ont écrit au Premier ministre : « On est dans le désastre pur et simple, nous vous alertons sur une mise en danger de la vie d’autrui et non-assistance à personne en danger, mise en danger de la population et mise en danger des professionnels qui doivent remplir cette tâche sans en avoir les moyens […]. Les décès médiatisés survenus récemment ne sont pas des faits isolés, ils sont les signes patents de la dégradation nationale des services hospitaliers. »

L’agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France reconnait que 600 plages horaires de 24 heures manqueront d’un médecin durant les deux mois de vacances, tous établissements confondus. Le ministère fait discrètement appel à la réserve sanitaire, des professionnels de santé retraités volontaires censés intervenir seulement lors de situations sanitaires exceptionnelles (épidémies, catastrophes, attentats), mais reconnaît que « les ressources de la réserve sanitaire peuvent ne pas être en adéquation avec les besoins exprimés ».

Les réponses à la crise : affligeant !

Thomas Mesnier, médecin urgentiste et député LREM, a été chargé d’un rapport par le gouvernement afin d’apporter des propositions. Il propose d’impliquer les médecins et les autres professionnels de santé (infirmiers, kinés, pharmaciens) dans la prise en charge de soins non programmés et de mettre en place un « numéro de santé » unique, le 15. Son analyse : « L’accès aux médecins généralistes est parfois difficile, et les urgences offrent l’accès aux soins pour tous, sans avance des frais, avec la possibilité de consulter des spécialistes. » Il n’envisage pas la gratuité des soins sans avances des frais mais « plus de pédagogie à l’attention des patients pour expliquer comment bien utiliser le système de soins, et une réflexion sur une meilleure coordination en ambulatoire afin d’accueillir plus de patients ». Et il refuse de soumettre les médecins libéraux à la moindre obligation (gardes, installations…).

Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, le conforte : « Il faut que les citoyens soient raisonnables, qu’ils aillent aux urgences pour les vraies urgences vitales, et que dès qu’ils peuvent être pris en charge par un médecin généraliste, qu’ils fassent le choix d’aller le voir plutôt que d’arriver directement aux urgences. »

Le gouvernement est dans l’incapacité d’apporter des solutions car il refuse de reconnaître que la crise des urgences est le reflet de la crise des hôpitaux (fermetures de 100 000 lits en vingt ans), et de l’ensemble du système de soins rongé par des politiques de santé qui n’ont pour logique que la rentabilité et le profit.

S. Bernard


https://npa2009.org/actualite/sante/urg ... -et-simple
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Re: Hopital, service utile au public à l’agonie

Messagede bipbip » 29 Juil 2018, 23:15

« Pour aller toujours plus vite, on les rend grabataires » :
ettre des infirmières du CHU de Grenoble

Alerte. Les infirmières et infirmiers du CHU de Grenoble font part de leur désespoir dans une lettre ouverte à destination de leur direction mais également de la France entière et des autorités. La situation critique qu’ils et elles décrivent en EHPAD et USLD fait froid dans le dos. La dynamique managériale appliquée aux soins de santé – où le chiffre passe avant tout – s’attaque au sens même du travail d’infirmier, rendant les soins de moins en moins efficaces, éventuellement, au profit du secteur privé. Selon eux, le danger pour les patients est manifeste et les accidents risquent de se multiplier. Les hôpitaux, une entreprise comme les autres ?

« Lettre à la direction du CHU de Grenoble Alpes concernant la situation catastrophique en gériatrie » (Soins de Longue Durée et EHPAD)

Ceci est un cri d’alarme, un cri de désespoir, car nous n’avons plus le temps. Nous n’avons plus le temps de soigner ni de prendre soin, nous n’avons plus le temps d’exercer notre métier. En tant que soignants, nous sommes en première ligne. Nous subissons nous meme et voyons les patients subir les conséquences délétères de la politique du chiffre qui est menée partout au CHU. L’EHPAD et le SLD sont des lieux de vie, les gens qui y vivent y subissent au quotidien, et ce jusqu’à leur mort, les conséquences de cette politique gestionnaire.

Régulièrement, mes collègues se retrouvent seul infirmier·ère pour 40 résidents. Avez-vous une idée de ce que cela signifie de travailler dans ces conditions ? À l’aide d’un calcul simple on se rend compte que, sur un service de 7h30, une fois retirées les 30 minutes de transmissions orales, il ne reste à l’ infirmier·ère que 10,5 minutes par patient.

Mais ces 10,5 minutes ne sont meme pas du temps de présence consacré à chaque patient, car il faut déduire le temps que l’infirmier·ère passe à : Vérifier les prescriptions, piler les médicaments si nécessaire (environ 1/4 des patients), valider les actes dans le logiciel, faire les transmissions avec le médecin, préparer les perfusions, faire les transmissions écrites, gérer les imprévus, répondre au téléphone et aux familles, ranger la pharmacie, etc.

La situation des aides-soignants.es n’est pas plus enviable, d’autant plus que si l’infirmier·ère n’a que peu de temps pour réaliser les soins qui lui sont propres alors il/elle n’en n’aura pas pour réaliser les soins d’hygiène et de confort avec les aides-soignants.es.

Les conséquences de ce manque de temps sur les patients ? De la douleur et de la souffrance provoquées par des gestes trop rapides des soignants, une douche par semaine au mieux, des pansements non renouvelés à temps, des escarres qui se développent par manque de temps avec les patients pour les mobiliser, des résidents réveillés très tot pour pouvoir finir nos tours de soin, au détriment de leur santé et de leur confort, des pertes d’autonomie accélérées par manque de temps pour les accompagner dans les gestes de la vie quotidienne, gestes qu’on fait à leur place pour gagner du temps. Pour aller toujours plus vite, on les rend grabataires. Même d’un point de vue purement comptable cela n’a pas de sens : une fois grabataires, ces patients nécessitent encore plus de temps et de moyens.

Si on ne se fie qu’aux plannings, si on ne se fie qu’aux actes de soin dont la case « validé » a bien été cochée, alors on pourrait penser (le pensez-vous d’ailleurs?) que tout va pour le mieux puisque « le travail est fait ». Alors oui, les cases, sont bien cochées, les médicaments sont donnés, les corps sont lavés mais à quel prix ? Au prix d’une maltraitance institutionnalisée qui est dirigée bien évidement contre les patients mais également contre les soignants qui se voient, malgré eux, collabo de cette politique du chiffre.

Ce sont nous, les ouvriers du soin, qui en arrivons, malgré nous, à maltraiter ces corps, à malmener ces gens pour qui le quotidien de leurs dernières années consiste à ne croiser que des personnes pressées, des personnes stressées qui n’ont pas le temps de prendre soin d’eux correctement.

Le jour où il y aura des morts, des morts prématurées, chez les patients comme chez le personnel, ce jour-là il faudra assumer, c’est à dire répondre de vos actes et en accepter les conséquences. Je dis cela non comme une menace mais comme une triste prémonition d’une conséquence de la politique actuelle.

Aujourd’hui, quelques voix se lèvent mais globalement pourquoi ca continue de tourner ? Tout simplement parce que les principaux intéressés n’osent rien dire :

– Les patients sont bien souvent trop faibles pour dire quoi que ce soit et quand bien même : seraient-ils entendus ?

– Les familles quant à elles, se plaignent régulièrement auprès des soignants mais ne vont pas plus haut dans la hiérarchie, et de toute facon, ont elles d’autres choix : qui est capable d’assumer à domicile un parent grabataire ? L’institution est pour eux la seule solution.

– Enfin, les soignants : complices malgré eux, ont bien souvent honte ou alors sont résignés. Épuisés par les efforts permanents qui leurs sont demandés (finir en retard, faire des heures supplémentaires, revenir sur les jours de repos, travailler en 12h, faire des « soirs-matins »…) et lorsque la colère éclate, malheureusement elle ne dépasse que rarement les murs des offices de soin.

Aujourd’hui, si je vous écris cette lettre, c’est parce que je ne me reconnais plus dans la soignante que l’institution me force à etre et je ne supporte plus l’impact que cela a sur ma vie. Je souhaite qu’un jour, je n’aille plus travailler en gériatrie avec « la boule au ventre » mais avec plaisir. Plaisir généré par la satisfaction de prendre soin, la satisfaction de faire le travail que j’aime et de le faire bien, la satisfaction d’apporter un peu de sourire, un peu de bonheur à ces personnes qui vivent leurs dernières années.

On ne compte plus les arrets de travail et les départ pour Burn-out, vous poussez le personnel à bout en ne leur donnant pas les moyens d’exercer leur métier correctement. Métier exigeant qui demande de l’attention et des responsabilités, la spécificité de chaque service requiert une expertise qui n’est plus reconnue. Le recours massif à l’interim le montre bien et crée un désengagement de la part du personnel.

Je ne cherche pas votre compassion, je ne me bats pas pour mon confort mais pour défendre un traitement digne des patients, une qualité de soin, cette meme qualité qui fait tant votre fierté lorsqu’on voit apparaitre le CHUGA dans le classement des meilleurs hôpitaux. Cette qualité dont vous vous vantez mais qui est illusoire, à force de réduction de personnel, elle n’existe plus à l’hôpital et en gériatrie encore moins qu’ailleurs.

DU PERSONNEL ET DES MOYENS VITE !!!!!





https://www.anti-k.org/2018/07/29/pour- ... -grenoble/
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Re: Hopital, service utile au public à l’agonie

Messagede bipbip » 31 Juil 2018, 16:32

Brest : une sexagénaire meurt d'une péritonite après plus de 10 heures d'attente aux urgences

Cette pauvre femme devait sans doute payer ses impôts pour bénéficier d'un service public digne de ce nom.

... https://blogs.mediapart.fr/agnes-gouing ... -et-effroi
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Re: Hopital, service utile au public à l’agonie

Messagede bipbip » 02 Aoû 2018, 17:18

"Le jour où il y aura des morts prématurées, chez les patients comme chez le personnel, il faudra assumer"

Alors que le manque de moyens ne cesse de s’accroître dans les hôpitaux, nous publions ci-dessous le témoignage accablant d'un infirmier relayé la semaine dernière par la CGT du CHU de Grenoble.

TEMOIGNAGE : DES INFIRMIERES DU CHU DE GRENOBLE FONT PART DE LEUR DESESPOIR FACE A LA SITUATION EN USLD et EHPAD

« Lettre à la direction du CHU de Grenoble Alpes concernant la situation catastrophique en gériatrie (Soins de Longue Durée et EHPAD)

Ceci est un cri d’alarme, un cri de désespoir, car nous n’avons plus le temps. Nous n’avons plus le temps de soigner ni de prendre soin, nous n’avons plus le temps d’exercer notre métier. En tant que soignants, nous sommes en première ligne. Nous subissons nous même et voyons les patients subir les conséquences délétères de la politique du chiffre qui est menée partout au CHU. L’EHPAD et le SLD sont des lieux de vie, les gens qui y vivent y subissent au quotidien, et ce jusqu’à leur mort, les conséquences de cette politique gestionnaire.

Régulièrement, mes collègues se retrouvent seul infirmier·ère pour 40 résidents. Avez-vous une idée de ce que cela signifie de travailler dans ces conditions ? A l’aide d’un calcul simple on se rend compte que, sur un service de 7 h30, une fois retirées les 30 minutes de transmissions orales, il ne reste à l’ infirmier·ère que 10,5 minutes par patient.

Mais ces 10,5 minutes ne sont même pas du temps de présence consacré à chaque patient, car il faut déduire le temps que l’infirmier-ère passe à : Vérifier les prescriptions, piler les médicaments si nécessaire (environ 1/4 des patients), valider les actes dans le logiciel, faire les transmissions avec le médecin, préparer les perfusions, faire les transmissions écrites, gérer les imprévus, répondre au téléphone et aux familles, ranger la pharmacie, etc. La situation des aides-soignants es n’est pas plus enviable, d’autant plus que si l’infirmier-ère n’a que peu de temps pour réaliser les soins qui lui sont propres alors il/elle n’en n’aura pas pour réaliser les soins d’hygiène et de confort avec les aides-soignants.

Les conséquences de ce manque de temps sur les patients ? De la douleur et de la souffrance provoquées par des gestes trop rapides des soignants, une douche par semaine au mieux, des pansements non renouvelés à temps, des escarres qui se développent par manque de temps avec les patients pour les mobiliser, des résidents réveillés très tôt pour pouvoir finir nos tours de soin, au détriment de leur santé et de leur confort, des pertes d’autonomie accélérées par manque de temps pour les accompagner dans les gestes de la vie quotidienne, gestes qu’on fait à leur place pour gagner du temps. Pour aller toujours plus vite, on les rend grabataires. Même d’un point de vue purement comptable cela n’a pas de sens : une fois grabataires, ces patients nécessitent encore plus de temps et de moyens.

Si on ne se fie qu’aux plannings, si on ne se fie qu’aux actes de soin dont la case « validé » a bien été cochée, alors on pourrait penser (le pensez-vous d’ailleurs ?) que tout va pour le mieux puisque « le travail est fait ». Alors oui, les cases, sont bien cochées, les médicaments sont donnés, les corps sont lavés mais à quel prix ? Au prix d’une maltraitance institutionnalisée qui est dirigée bien évidement contre les patients mais également contre les soignants qui se voient, malgré eux, collabo de cette politique du chiffre.

Ce sont nous, les ouvriers du soin qui en arrivons, malgré nous à maltraiter ces corps, à malmener ces gens pour qui le quotidien de leurs dernières années consiste à ne croiser que des personnes pressées, des personnes stressées qui n’ont pas le temps de prendre soin d’eux correctement.

Le jour où il y aura des morts, des morts prématurées, chez les patients comme chez le personnel, ce jour-là il faudra assumer, c’est-à-dire répondre de vos actes et en accepter les conséquences. Je dis cela non comme une menace mais comme une triste prémonition d’une conséquence de la politique actuelle.

Aujourd’hui quelques voix se lèvent mais globalement pourquoi ça continue de tourner ? Tout simplement parce que les principaux intéressés n’osent rien dire :

- Les patients sont bien souvent trop faibles pour dire quoi que ce soit et quand bien même : seraient-ils entendus ?
- Les familles quant à elles, se plaignent régulièrement auprès des soignants mais ne vont pas plus haut dans la hiérarchie, et de toute façon, ont-elles d’autres choix : qui est capable d’assumer à domicile un parent grabataire ? L’institution est pour eux la seule solution.
- Enfin, les soignants : complices malgré eux, ont bien souvent honte ou alors sont résignés. Epuisés par les efforts permanents qui leurs sont demandés (finir en retard, faire des heures supplémentaires, revenir sur les jours de repos, travailler en 12h, faire des « soirs-matins »...) et lorsque la colère éclate, malheureusement elle ne dépasse que rarement les murs des offices de soin.

Aujourd’hui si je vous écris cette lettre, c’est parce que je ne me reconnais plus dans la soignante que l’institution me force à être et je ne supporte plus l’impact que cela a sur ma vie. Je souhaite qu’un jour, je n’aille plus travailler en gériatrie avec « la boule au ventre » mais avec plaisir. Plaisir généré par la satisfaction de prendre soin, la satisfaction de faire le travail que j’aime et de le faire bien, la satisfaction d’apporter un peu de sourire, un peu de bonheur à ces personnes qui vivent leurs dernières années.

On ne compte plus les arrêts de travail et les départ pour Burn out, vous poussez le personnel à bout en ne leur donnant pas les moyens d’exercer leur métier correctement. Métier exigeant qui demande de l’attention et des responsabilités, la spécificité de chaque service requiert une expertise qui n’est plus reconnue. Le recours massif à l’interim le montre bien et crée un désengagement de la part du personnel.

Je ne cherche pas votre compassion, je ne me bats pas pour mon confort mais pour défendre un traitement digne des patients, une qualité de soin, cette même qualité qui fait tant votre fierté lorsqu’on voit apparaître le CHUGA dans le classement des meilleurs hôpitaux. Cette qualité dont vous vous vantez mais qui est illusoire, à force de réduction de personnel elle n’existe plus à l’hôpital et en gériatrie encore moins qu’ailleurs. »

DU PERSONNEL ET DES MOYENS VITE !!!!

La CGT du CHU de Grenoble – 04.76.76.51.03 – syndicatcgt@chu-grenoble.fr


http://www.revolutionpermanente.fr/Le-j ... -il-faudra
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Re: Hopital, service utile au public à l’agonie

Messagede bipbip » 03 Aoû 2018, 19:46

Canicule: Les hôpitaux sont déjà en situation «de saturation», alerte l'urgentiste Patrick Pelloux

Selon Météo France, l’Hexagone va connaître en cette fin de semaine l’épisode de canicule le plus intense depuis 2006…

De longues files d’attente. Et des médecins désemparés. Les hôpitaux sont déjà en « état d’alerte » et de « saturation » face à la canicule, a prévenu, jeudi, Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF). Et cela, alors que 34 départements sont placés en vigilance orange.

« On est déjà à flux tendu, a prévenu l’urgentiste sur l’antenne de RMC/BFM TV. Ce qui se passe là, avec les afflux supplémentaires dus à la canicule, ça aggrave une situation déjà compliquée de travail dans les hôpitaux. » Interrogé pour savoir si les établissements pourraient faire face si la canicule se prolongeait comme en 2003, Patrick Pelloux a répondu par la négative.

"On a fermé trop de lits." L'urgentiste Patrick Pelloux déplore un manque de moyens dans les hôpitaux #BourdinDirect pic.twitter.com/Rmh5vU0FgT
— BFMTV (@BFMTV) August 2, 2018

« Non, il y a déjà une saturation notamment dans des services d’urgence qui ne sont pas touchés [par la canicule] » comme Paris ou le Sud-Est de la France. « Nous allons saturer très très vite la filière de l’aval, c’est-à-dire de l’hospitalisation. Ça veut dire que les gens vont attendre aux urgences. »

... https://www.20minutes.fr/sante/2316647- ... ck-pelloux
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Re: Hopital, service utile au public à l’agonie

Messagede bipbip » 05 Aoû 2018, 14:56

Canicule : les services d’urgence déjà au bord de la rupture
Entre fermeture de lits et congés estivaux, les services d’urgences fonctionnent déjà à flux tendu. De quoi inquiéter alors qu’un épisode de canicule s’abat sur presque toute la France.
"J’espère qu’ils vont réussir à tenir." Avec les fermetures de lits et les congés, le personnel des urgences, en sous-effectif, peine à correctement soigner des malades qui perdent leurs nerfs. En découlent stress et grande fatigue, le tout aggravé par la canicule.
... https://www.sudouest.fr/2018/08/03/cani ... 3-4696.php

Canicule : situation "maîtrisée" pour la ministre de la santé, alarmante pour les soignants
La Ministre de la Santé affirme que les hôpitaux pourront faire face à la canicule... Mais leurs effectifs limités en période d'été rend déjà difficile la prise en charge des premiers patients touchés.
La situation sanitaire liée à la canicule était "maîtrisée" jeudi sur l'essentiel de la France avec cependant "des tensions" dans le Grand Est, selon la ministre de la santé, Agnès Buzyn, interrogée lors d'une visite aux urgences du CHU de Nîmes.
Un diagnostic en partie confirmé par Zyanab Riet, déléguée générale de la Fédération Hospitalière de France (FHF) : "Il n'y a pas d'inquiétude particulière, estime-t-elle. Tous les moyens sont mis en place pour que les soignants puissent travailler dans de bonnes conditions. Les temps de pause et les rotations d'équipes sont adaptés à la chaleur."
Pourtant, des voix discordantes se font entendre ces derniers jours, et pas seulement dans les services d'urgences. Les sous effectifs sont généralisés et entraînent des risques pour les patients. Thierry Amouroux, Porte parole du Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI), fait le point sur la situation.
... https://www.allodocteurs.fr/bien-etre-p ... 25212.html

« Nous nous sentons maltraitants » : l'alerte d’une infirmière des urgences d'un hôpital marseillais
En grève depuis jeudi soir, le service de nuit des urgences de l’hôpital de la Timone à Marseille est en surchauffe.
Avec ses 5000 m2, c’est l’un des services d’urgences hospitalières les plus importants de France. Mais face à l’afflux de patients ces dernières semaines aux urgences de la Timone à Marseille, le manque de personnel ne s’est jamais autant fait ressentir. Humainement, la situation est devenue intenable. Inquiète pour les patients, une infirmière de nuit témoigne.
... https://mobile.francetvinfo.fr/sante/so ... cebook.com
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Re: Hopital, service utile au public à l’agonie

Messagede bipbip » 11 Aoû 2018, 22:29

Vannes-Auray. Par manque de personnel, l’hôpital ferme un service

Confronté à un déficit de remplaçants aides-soignants le Centre hospitalier Bretagne Atlantique est contraint de fermer, sur le site du Pratel à Auray, un service de soins de suite de 15 lits. Et à Vannes, le week-end dernier, les urgences ont été déclarées en tension avec des délais très élevés d’attente.

... https://www.ouest-france.fr/bretagne/va ... ce-5913640
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