Hopital, service utile au public à l’agonie

Re: Hopital, service utile au public à l’agonie

Messagede bipbip » 29 Sep 2018, 14:15

La santé des patients et du personnel en danger

Poitiers : regroupement d’hôpitaux publics pour contrainte budgétaire

La loi Touraine de 2016, qui commande aux hôpitaux publics de se regrouper en groupements hospitaliers de territoire (GHT) pour des raisons de contrainte budgétaire, commence à prendre effet dans la Vienne (86) avec la réunion du CHU de Poitiers et de l’hôpital de Châtellerault.

Les maires de Poitiers et de Châtellerault, respectivement Alain Claeys (PS) et Jean-Pierre Abelin (UDI), en présence de la directrice adjointe de l’Agence régionale de Santé (ARS) ont officiellement annoncé ce mercredi la future fusion des deux centres hospitaliers.

Le but des GHT est d’assurer une « rationalisation des modes de gestion par une mise en commun de fonctions ou par des transferts d’activités entre établissements » (loi n°2016-41). Concrètement, cette rationalisation s’accompagne d’une aggravation des conditions de travail des personnels hospitaliers, qui sont déjà catastrophiques dans bon nombre d’établissements, ainsi que de difficultés supplémentaires dans l’accès aux soins des patients. Le GHT va notamment conduire les personnels à accepter une mobilité sur les établissements concernés, en fonction des décisions de la direction de l’établissement support. Les patients, eux, ne trouveront pas tous les services de soins dans leur hôpital de proximité, puisque ceux-ci vont être répartis entre les établissements, et devront donc soit se déplacer par leurs propres moyens pour aller à l’hôpital – pour une intervention courte – soit accepter d’aller d’un service à l’autre, c’est-à-dire d’un établissement à l’autre, en fonction des services nécessaires, dans le cadre d’une hospitalisation longue durée.

C’est donc la santé des patients et la santé des personnels de l’hôpital eux-mêmes qui est mise en danger, au nom d’une « économie de moyens » : à Poitiers, le déficit budgétaire tourne autour des 4 millions d’euros, que l’ARS compte bien réduire à grands coups d’économie et d’externalisation des fonctions « support ». Depuis un an, le CHU a par exemple décidé de faire payer le parking aux visiteurs qui viennent à l’hôpital.

Le GHT ouvre donc l’hôpital à la norme du capitalisme néo-libéral, où l’humain doit plier face aux exigences des gestionnaires et du budget, jusqu’à y laisser sa santé et peut-être sa vie.


http://www.revolutionpermanente.fr/Poit ... budgetaire
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Re: Hopital, service utile au public à l’agonie

Messagede bipbip » 29 Sep 2018, 20:17

VIDEO. Edouard Philippe aux urgences : "Je ne suis pas magicien"

Le Premier ministre Edouard Philippe a accompagné Guillaume Daret au service des urgences de l’hôpital Robert-Ballanger, à Aulnay-sous-Bois, pour une rencontre "sans filet" avec le personnel soignant. Un reportage diffusé dans "L’Emission politique" jeudi 27 septembre.

Construit en 1999, le service des urgences de l’hôpital Robert-Ballanger, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), devait à l’origine accueillir 35 000 malades par an. En réalité, il en voit passer "plus de 72 000" selon Pierre Charestan, le médecin chef du service. Le jour de sa visite, le Premier ministre peut en mesurer les conséquences concrètes : de nombreux malades attendent leur tour sur des brancards dans le couloir. "C’est une situation que vous connaissez, j’imagine, au Havre ?", lui demande le chef de service. "Là, c’est du costaud", concède Edouard Philippe.

Au détour d’un couloir, une infirmière explique les difficultés auxquelles son service fait face tous les jours : il n’y a par exemple pas de lits en chirurgie infantile pour l’ensemble du week-end. Comment faire quand un enfant arrive avec une appendicite à opérer ? "On est asphyxié, tous les jours, on nous demande de faire des efforts", fait observer le docteur Charestan. "Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?"

... https://mobile.francetvinfo.fr/sante/ho ... ebook.com/
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Re: Hopital, service utile au public à l’agonie

Messagede bipbip » 09 Oct 2018, 15:54

Les bouleversements de l’hôpital

Vous avez dit « hôpitaux de proximité » ?

Macron affirme qu’il n’y aura plus de fermetures d’hôpitaux, et donne le label de proximité pour 500 à 600 d’entre eux. Ses prédécesseurs avaient labouré le terrain. Selon le décret du 20 mai 2016, les hôpitaux de proximité sont des établissements publics ou privés qui contribuent, par des coopérations avec les structures et professionnelEs de médecine ambulatoire et avec les établissements et services médico-sociaux, à l’offre de soins dans les territoires qu’ils desservent. L’exercice de la chirurgie et de la gynécologie est interdite dans ces établissements, et pour ouvrir en leur sein d’autres spécialités il faut l’autorisation de l’agence régionale de santé (ARS). Ils doivent se situer sur un territoire d’hospitalisation à domicile. Ils ne disposent pas partout de lits. Les praticienEs peuvent être des libéraux ou des salariéEs.

Le plan « Ma santé 2022 » précise que leurs fonctions seront « réorientées sur des priorités » : rééducation, imagerie, biologie, télémédecine… Les ARS doivent veiller à ce que leurs activités se limitent aux soins de premierrecours qui sont en principe du ressort des médecins généralistes, des pharmacienEs et des paramédicaux.

Pour être hospitalisés, les malades devront se déplacer, parfois loin de leur domicile, dans un hôpital de 2e niveau pour les soins spécialisés (chirurgie, maternité, médecine spécialisée), ou de 3e niveau dans des hôpitaux « dotés de plateaux techniques de pointe » (les CHU). Les agentEs hospitaliers subiront les suppressions de postes, la mobilité, la déqualification. Les patientEs ne disposeront pas d’un véritable hôpital mais en réalité d’une maison de santé avec des praticiens libéraux ou d’un centre de santé avec des salariéEs.

Les urgences publiques en surcharge… les urgences privées se développent

Les patientEs doivent fréquemment attendre des heures aux urgences des hôpitaux publics, les soignantEs sont souvent débordés, il y a un afflux de patientEs qui ne peuvent pas se soigner en ville pour des raisons économiques, ou avoir un rendez-vous en ville, ou à une date trop lointaine. Ces services ne sont pas dotés de moyens suffisants. Mais pourquoi ? Selon le Monde du 29 juillet 2018, entre 1995 et 2016, 95 services d’urgences ont fermé, et 173 ont ouvert leurs portes. Trois quarts de ces derniers font partie du secteur privé à but lucratif.

Usines à bébés et usines à soins

Dans son édition du 1er février 2018, le Monde indiquait que les deux tiers des maternités ont fermé depuis 40 ans, alors que le nombre d’accouchements reste stable (environ 800 000 par an). La presse locale rapporte souvent des accouchements qui ont lieu dans les ambulances, avec des conséquences parfois dramatiques.

L’objectif du gouvernement est de supprimer davantage de services, de postes, de lits, d’orienter à tout prix vers les soins ambulatoires afin de rentabiliser, de faire des économies et de privatiser. Les groupements hospitaliers de territoire (GHT) ou les supra-GHT auront un rôle prépondérant pour restructurer et fusionner les structures hospitalières qui deviendront des usines à soins, et des usines à bébés, chargées de « produire des soins » à moindre coût.


https://npa2009.org/arguments/sante/les ... e-lhopital
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Re: Hopital, service utile au public à l’agonie

Messagede bipbip » 12 Oct 2018, 13:46

Indre : la fermeture de la maternité du Blanc est le résultat d'une "machination" des autorités dénonce la maire

Jeudi soir, 69 élus locaux de la région du Blanc ont remis leur démission à la préfecture de l'Indre pour protester contre la fermeture annoncée de la maternité de la commune. À leur tête, la maire du Blanc, Annick Gombert, qui déplore les arguments "grotesques" des autorités.

Pour protester contre la fermeture de la maternité du Blanc, dans l'Indre, des dizaines d'élus locaux ont remis leur démission à la préfecture jeudi 11 octobre au soir. Au total 19 maires et 50 adjoints ont rendus leur tablier, dont la maire du Blanc, Annick Gombert, invitée de franceinfo le lendemain. Elle redoute l'absence de toute autre maternité à moins de "soixante minutes" de voiture sur des "routes de campagne". L'activité de la maternité du Blanc est suspendue depuis le mois de juin et la décision définitive sera prise d'ici une semaine.

... https://www.francetvinfo.fr/sante/gross ... 82211.html
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Re: Hopital, service utile au public à l’agonie

Messagede bipbip » 18 Oct 2018, 22:02

Les députés votent une prime pour inciter les hôpitaux à ne pas traiter les patients

L’amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale adopté hier par l’assemblée générale. Adopté sous le joug de la rentabilité, l’amendement constitue dans la lignée du plan « Ma Santé 2022 », une véritable attaque contre l’hôpital public et le droit à la santé.

Ce mardi 16 octobre, les députés ont adopté un amendement, loin d’être anodin, au Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale. En outre, l’amendement présenté par le député LaREM Olivier Véran, établit une prime versée aux hôpitaux qui accepteront de réorienter des patients qui se présentent aux urgences pour de « petites urgences », vers un cabinet de médecine générale, spécialisée ou bien une maison de garde. Les patients atteints de fièvres aigues ou victime d’un accident domestique seraient ainsi redirigés par les médecins urgentistes vers de des professionnels de leur choix. Conçue et justifiée comme une réponse au problème de la surpopulation des urgences, Olivier Véran et les députés LaREM s’appuient notamment, pour justifier cette mesure, sur un rapport du Sénat de 2017 qui révèle que le nombre de patients n’a eu cesse de croître de deux à trois pourcents chaque année depuis dix ans. Toujours selon le rapport, un quart des patients auraient pu être pris en charge par un médecin généraliste. L’amendement permettra donc de réorienter chaque année six millions de malades hors des urgences, vers des médecins généralistes, contre quoi les hôpitaux recevront entre vingt et soixante euros par patients (entre cent-vingt et trois-cent-soixante millions d’euros par ans donc). Si l’on suit cette logique, les hôpitaux ont tout à gagner à adopter cette mesure ; plus de temps et plus de moyens pour traiter les patients. Sauf que…

Sauf que loin d’apporter une réponse évidente au problème bien réel de la surpopulation des urgences, l’amendement risque plus encore d’approfondir les inégalités de santé au sein de la population. La situation des urgences est indéniablement critique comme l’a révélé un article du monde du 25 juin. Le manque de moyens et d’effectif a entraîné un nombre important de burnouts et suicides au sein du personnel hospitalier, et une dégradation générale des services qui impacte directement les patients. Toutefois, il est plus que probable que cet amendement se situe en réalité dans une stratégie de privatisation de la santé qui vise à faire fuir les classes moyennes et tous ceux qui pourront se le permettre des hôpitaux publics vers des centres de soin privés. En effet, il est vital de rappeler le contexte dans lequel se situe le domaine de la santé aujourd’hui en France. Les hôpitaux sont financés au moyen d’une tarification à l’acte. Des critères tels que la qualité du soin sont abandonnés dans cette logique comptable qui s’appuie purement sur le nombre de patients qui ont fréquenté l’hôpital. Logique meurtrière, qui a notamment couté la vie à Naomi Musenga le 29 décembre 2017. Traité comme un cas isolé, fait d’une seule et unique employée du Samu, par les autorités hospitalières, il est judicieux ici, de rediriger l’attention vers les conditions de travail des employés du domaine hospitalier. Dans un environnement qui valorise le nombre au détriment de la qualité, il paraît évident qu’il s’en suivra une détérioration de la qualité des soins prodiguée. Ceux qui en auront les moyens se dirigeront vers des cliniques privées, et le reste de la population devra pâtir de soins à la chaîne et déshumanisés. L’amendement, qui prévoit que les hôpitaux pourront tirer profit de la redirection des patients vers d’autres services instaure ainsi une compensation au manque à gagner que la redirection entraînerait. Là encore les avantages d’une telle mesure sont loin d’être avérés. En effet, cet argument est basé sur l’idée que les urgences ont un intérêt financier à encourager un niveau d’activité élevé. Ce qui en réalité est faux : plusieurs directeurs d’hôpitaux ont communiqué perdre entre treize et vingt euros par patients. Les urgences ne sont qu’indirectement source de « bénéfices » pour les hôpitaux, dans la mesure où elles constituent la « porte d’entrée » vers les services d’hospitalisation (60% des patients hospitalisés viennent des urgences). La relative « rentabilité » des hôpitaux n’est pas basée sur les services d’urgences, elle ne l’a jamais été.

... http://www.revolutionpermanente.fr/Les- ... s-patients
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Re: Hopital, service utile au public à l’agonie

Messagede bipbip » 19 Oct 2018, 20:42

Indre. L’hôpital de Châteauroux vote la fermeture de la maternité du Blanc

Dix voix pour la fermeture, quatre contre. Le conseil de surveillance de l’hôpital de Chateauroux a voté ce vendredi matin la fermeture de la maternité du Blanc, quelques jours après les propos polémiques d’Agnès Buzyn, la ministre de la Santé.

Le conseil de surveillance du centre hospitalier de Châteauroux a voté vendredi la fermeture de la maternité du Blanc (Indre), trois jours après les déclarations de la ministre de la Santé qui avait qualifié la maternité de « dangereuse ».

Votée par le conseil de surveillance de l’hôpital de Châteauroux réuni à 11 h, et dont dépend la maternité, la fermeture de la maternité a recueilli dix voix pour, quatre contre. Le feu vert de l’hôpital a attisé la colère des élus locaux et des défenseurs de la maternité rassemblés en nombre dans la cour de l’établissement.
Quelque 200 manifestants présents

Environ 200 manifestants - des membres du collectif « C’est pas demain la veille », des militants syndicaux et politiques - ont été bloqués par des CRS qui protégeaient l’entrée.

... https://www.ouest-france.fr/sante/indre ... nc-6026800
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