SNCF service public en abandon

Re: SNCF service public en abandon

Messagede bipbip » 06 Mai 2018, 16:53

Les gens du rail racontent leur travail, suite

Le prévu et l’imprévisible
Damien, agent de circulation à la gare de Savenay – Propos recueillis et mis en récit par Pierre Madiot, coopérative Dire Le Travail
Je viens de tracer l’itinéraire d’un TGV qui va se diriger vers Le Croisic et qui croisera un train de marchandises venant de Redon. Deux lignes en provenance de Nantes se séparent au niveau de la gare de bifurcation de Savenay où je suis en poste. L’une va vers St-Nazaire et Le Croisic – une des lignes les plus fréquentées du département –, l’autre file vers Redon et l’ensemble de la Bretagne. Depuis ma table de commande et de contrôle du poste d’aiguillage, mon rôle est de gérer le trafic des trains qui divergent ou se rejoignent à cet endroit. Je suis ce qu’on appelle un agent de circulation, autrement dit : un aiguilleur.
https://blogs.mediapart.fr/edition/les- ... previsible

Les cheminots: un savoir-faire collectif
Damien, agent de circulation à la gare de Savenay – propos recueillis et mis en récit par Pierre Madiot, coopérative Dire Le Travail.
Depuis mon poste d’aiguillage, j’ai à communiquer tous les jours avec les conducteurs que je vois passer dans leurs machines, s’arrêter le temps de la halte en gare de Savenay et repartir… Je ne les rencontrerai probablement jamais. Et je ne peux dialoguer avec eux autrement que par l’intermédiaire des signaux que je ferme ou que j’ouvre pour leur dire « Stop ! » ou « Ça va, tu peux continuer… ». C’est une communication non verbale. Ce n’est que dans les situations perturbées, ou en cas de doute, que j’utilise la radio pour m’adresser à eux ainsi qu’aux agents des autres postes d’aiguillage.
... https://blogs.mediapart.fr/edition/les- ... -collectif
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Re: SNCF service public en abandon

Messagede bipbip » 10 Mai 2018, 15:45

Un sabotage organisé du rail

Votre révélation. Thomas Portes, Montauban (Tarn-et-Garonne). Équipements non réalisés, ou jamais utilisés, engagements non tenus, argent public gaspillé… À Montauban, les cheminots CGT révèlent l’inadmissible casse organisée du transport de marchandises par train tandis que des déferlantes de camions prennent le relais d’un service public défaillant, au mépris des engagements écologiques des pouvoirs publics. À Montbartier, un raccordement ferroviaire à la zone d’activité, dont la réalisation confiée au privé n’a pas été achevée, rouille au soleil. D’autres lignes sont à l’abandon ou mal entretenues, malgré de lourds investissements publics de rénovation.

Une desserte ferroviaire financée et entretenue publiquement sans un train sur ses rails. Une autre qui butte contre un tas de ballast, quelques dizaines de mètres à peine après la gare de raccordement. Une ligne rénovée pour le fret par la SNCF avant d’être cédée au privé et, depuis, sous le coup de dysfonctionnements et de pannes…

Au mépris des promesses du Grenelle de l’environnement, malgré les engagements et le financement des collectivités territoriales en faveur du fret ferroviaire, la réalité sur le terrain est lamentable. Prenant pour exemple cette partie du Tarn-et-Garonne qui jouxte le nord-ouest de l’agglomération toulousaine, les cheminots CGT de Montauban, en lutte avec leurs collègues pour le service public et l’intérêt général, ont décidé de révéler des situations qu’ils qualifient de scandaleuses. Ils dénoncent un sabotage organisé du fret ferroviaire.

... https://www.humanite.fr/un-sabotage-org ... ail-655096
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Re: SNCF service public en abandon

Messagede bipbip » 11 Mai 2018, 00:27

SNCF Privatisation du rail

Accident ferroviaire en Allemagne : collision entre deux trains. 2 morts et 14 blessés

Un train de voyageurs est entré en collision avec un train de marchandises à quelques centaines de mètres avant la gare de Aichach, indique le groupe ferroviaire Deutsche Bahn (compagnie des chemins de fer allemand), alors que les deux trains étaient sur le même voie ferrée. La compagnie ferroviaire se garde bien de donner plus amples informations sur les circonstances de l'accident faisant deux morts et 14 blessés.

Le réseau ferroviaire allemand, un « modèle » pour le gouvernement Macron

La compagnie allemande, la Deutsche Bahn (DB), a subi la privatisation depuis 20 ans, en 1994, peu après la réunification entre la RFA et la RDA. L’unification a été une aubaine pour engager une profonde mutation du système ferroviaire : ouverture à la concurrence, privatisation partielle et dégradation des conditions de travail et de circulation pour les usagers.

Aujourd’hui, DB conserve le monopole sur les grandes lignes mais les lignes régionales sont passées sous contrat privé. Il existe en Allemagne 450 entreprises de transport ferroviaire.

Ainsi, pour être rentable et attirer sur le marché privé, suite à la réforme du rail allemand, 130 000 emplois sont supprimés passant d’un effectif de 350 000 cheminots à 220 000.

La réforme a également eu des répercussions importantes sur le statut des salariés car les entreprises privées embauchent sous contrat de droit privé. Ainsi, le statut de fonctionnaire cheminot est supprimé pour les nouveaux entrants. Les salariés sont moins payés, le temps de travail s’est allongé et les pressions des chefs ont augmenté.

Pour les usagers, la galère s’est aussi installée. Nombreux sont les allemands à se plaindre des retards excessifs, des ruptures de stock régulière de nourritures dans les wagons, des prix excessifs et surtout du manque de personnel. « Ils connaissent des problèmes en toute saison ! Pendant des décennies, les investissements dans nos infrastructures ferroviaires ont été négligés et les effectifs si drastiquement réduits que les trains allemands ont perdu tous leurs avantages sur les autres modes de transport », explique Claus Weselsky, président du GDL (syndicat allemand) dans une interview donnée à Marianne au sujet du réseau allemand.

Comment assurer une sécurité optimale des rails et des trains avec un personnel insuffisant et devant travailler dans des cadences infernales ?

La privatisation du rail est responsable de catastrophes mortelles

L’accident qui vient de se produire n’est pas isolé en Allemagne. Dernièrement, en décembre 2017, un conducteur de train de passagers a freiné d’urgence pour tenter d’éviter un train de marchandises à l’arrêt. Cet accident a fait 50 blessés. En 2016, une collusion entre deux trains sur la ligne entre Rosenheim et Holzkirken a fait 11 morts et une centaine de blessés. Nous pourrions multiplier les exemples d’accidents de ce type en Allemagne mais aussi dans les pays où la privatisation a été mise en place notamment en Grande Bretagne ou en Italie. En effet, les accidents mortels à répétition sont inévitables quand les travailleurs sont soumis à des cadences infernales, à des pressions et lorsque la recherche de profit prime sur la sécurité.
Dans les pays où elle est appliquée, la privatisation n’a rien apporté si ce n’est dégradation des conditions de travail pour les cheminots, augmentation des accidents sur les voies ferrées et de l’argent pour les actionnaires. C’est pourquoi, gagner la « bataille du rail » en France est essentiel pour toute la population en France.


http://www.revolutionpermanente.fr/Acci ... 14-blesses
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Re: SNCF service public en abandon

Messagede bipbip » 12 Mai 2018, 14:22

SNCF. 300 millions : « coût de la grève » ou coups du gouvernement et des cadeaux de Pépy ?

Pépy annonçait récemment une estimation des pertes de gains de la SNCF avec les journées de grève perlée, estimation qui dépasserait les 300 millions d’euros. Un coup de com’ pour toucher le cœur du contribuable qui continue à soutenir les grévistes, sachant qu’il faut aussi inclure dans cette somme les offres que Pépy réserve aux usagers.

« La grève coûte beaucoup d’argent » : Nous ne pouvons que remercier Pépy sur ces éclaircissements. Bloquer l’économie ça fait que certains font moins (voire pas) de profit qui s’élevait à 1,33 milliards en 2017 pour la SNCF. Des déclarations solennelles et éclairées qui annonce le nouveau, mais habituel, moyen de pression sur les grévistes : faire peser sur eux la responsabilité d’une perte de gain pour l’entreprise.

Les chiffres sont lancés : 300 millions d’euros de perte pour la SNCF avec la grève perlée. Alors que Pépy s’insurge et craint pour la SNCF, ces pertes sont moindres face à ce que la réforme du rail ferait véritablement perdre aux usagers et aux cheminots. Augmentation certaine des billets avec la privatisation (une augmentation de 117% en Grande-Bretagne entre 1995 et 2015, par exemple), et une perte de salaire considérable pour les cheminots avec la casse du statut.

L’incrimination des cheminots qui n’ont que la grève pour faire entendre leur voix et faire reculer le gouvernement laisse plus que songeur quand ce même gouvernement affiche une volonté de fer pour mettre en œuvre cette casse programmée de tous les services publics, et de tous les acquis sociaux.

... http://www.revolutionpermanente.fr/SNCF ... ux-de-Pepy
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Re: SNCF service public en abandon

Messagede bipbip » 13 Mai 2018, 00:12

Dette de la SNCF: l'argent des banques et de la BCE pour les services publics, pas pour la finance !

Un appel d’économistes, de sociologues, de syndicalistes et de personnalités diverses a été lancé mercredi 9 mai. « La reprise de la dette par l'État doit s'accompagner d'une renégociation et d'une conversion en une dette à très long terme et à taux très bas, proche de 0 %, sinon cela reporte la charge sur les contribuables, c'est-à-dire, pour l'essentiel, sur les salariés et retraités », réclament-ils.

... https://blogs.mediapart.fr/les-invites- ... pas-pour-l
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Re: SNCF service public en abandon

Messagede bipbip » 13 Mai 2018, 17:22

Nous, cadres dirigeants, syndiqués cgt ou non, retraités ou actifs.

Nous, cadres dirigeants, syndiqués CGT ou non, retraités ou actifs, tenons à apporter un témoignage dans le débat sur quelques points qui mettent en cause l’avenir du service public à la SNCF.

Depuis les années 1970, l’État, aménageur constitutionnel du territoire, oblige la SNCF à investir dans la construction de lignes à grande vitesse sans en assurer le moindre financement (sauf TGV Atlantique, en première étape), créant ainsi de toutes pièces «  la dette  ». Ainsi, depuis des décennies, celle-ci obère de manière exclusive la politique de l’entreprise et, pour en assurer la charge, SNCF supprime 2 500 à 3 000 emplois par an en fermant des services, des gares et des lignes. C’est la seule politique d’entreprise constante qui a marqué des générations de cheminots.

En conséquence, cette situation fragilise tous les services de l’entreprise et interdit toute politique ambitieuse de développement.

... https://www.humanite.fr/nous-cadres-dir ... ic-face-au
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Re: SNCF service public en abandon

Messagede bipbip » 13 Mai 2018, 19:00

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Messagede bipbip » 13 Mai 2018, 21:18

Réforme de la SNCF : le document qui sème le trouble

Alors que la 9e séquence de grève commence ce dimanche, une note de travail interne que nous avons consultée ouvre une brèche pour une possible privatisation de l’entreprise. La SNCF et le ministère des Transports démentent.

A quoi joue la direction de la SNCF ? Dans le compte rendu interne d’une réunion de travail qui s’est tenue le 4 mai entre des cadres de la compagnie et le cabinet du ministère des Transports, que nous avons pu consulter, on apprend que la compagnie ferroviaire a demandé au gouvernement de limiter l’incessibilité des titres de l’entreprise publique à la seule holding. Une petite phrase qui fait l’effet d’une bombe.

« Si seule la holding est protégée, rien n’empêchera la direction de céder ou d’ouvrir le capital de SNCF Mobilités (qui gère les trains) ou de SNCF Réseau (qui gère l’infrastructure), s’agace Fabien Villedieu, délégué syndicat de SUD Rail. Concrètement, cette demande ouvre la voie à une privatisation de l’entreprise publique alors que depuis des semaines le gouvernement et la direction nous répètent en chœur que cette réforme ferroviaire n’est pas la privatisation de la SNCF. »

Les responsables syndicaux « tombent de l’armoire »

En effet, vendredi, dans une interview accordée à notre journal, Guillaume Pepy, président du directoire de la SNCF, avait répété : « il n’y a pas UN élément dans la réforme qui rend possible une privatisation totale ou partielle de la SNCF. C’est même l’inverse ». Contactés, plusieurs responsables syndicaux, qui participaient encore aux négociations sur les amendements, vendredi, au ministère des Transports, n’en reviennent pas. « Je tombe de l’armoire, confie l’un d’eux.

... http://www.leparisien.fr/economie/refor ... 1481423554
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Re: SNCF service public en abandon

Messagede bipbip » 17 Mai 2018, 08:14

« Incessibilité » de la SNCF ? Le nouvel écran de fumée du gouvernement

A peine trois jours après la fuite d’un document qui laisse clairement entrevoir les velléités de privatisation de la SNCF par sa direction, Elizabeth Borne, ministre des transports, annonce que l’incessibilité du groupe sera inscrite dans la loi. Une tentative de désamorcer la bombe ?

Ce mardi, Elizabeth Borne annonçait sur les ondes de France Inter que « si ça doit servir, au Sénat, [elle] proposera de rajouter ce terme incessible ». Avant d’ajouter : « Si c’est la façon de se faire comprendre, pas de problème, on peut le mettre dans la loi. »

Cette annonce, reprise dans tous les médias, intervient trois jours après la fuite d’un document particulièrement compromettant pour la direction de la SNCF, qui indique clairement quels sont leurs projets pour le groupe : privatisation de l’entreprise, filialisation des TER, transfert des ateliers et matériel roulant au privé, fermeture des petites lignes... Cette déclaration de la ministre des transports semble donc tomber à pic pour calmer les mécontents.

Et l’un des premiers à répondre était, sans grande surprise, le PDG de la SNCF Guillaume Pépy, affirmant que « c’est une bonne annonce, […] « la SNCF est 100% publique aujourd’hui, elle le restera ». Car s’il y a un point sur lequel s’accordent les représentants du gouvernement et les dirigeants de la SNCF dans leurs déclarations, c’est bien l’idée que la privatisation n’a jamais été à l’ordre du jour.

La SNCF est 100% publique, martelait Elizabeth Borne ce mardi. SNCF Mobilités et SNCF Réseau aussi, et c’est inscrit dans la loi. Ce n’est pas une promesse que je suis en train de faire, c’est inscrit dans la loi. » Pourtant, la ministre de Macron, protagoniste central du dézingage du code du travail, est bien placée pour savoir que les lois, ça se modifie… pour satisfaire les patrons.

Et c’est bien l’un des principaux enjeux de la réforme du rail. En regroupant sous un même statut de société nationale à capitaux publics les actuels EPIC SNCF réseaux et mobilités, l’objectif est évidemment d’ouvrir l’entreprise à la concurrence. Et la prochaine étape est on ne peut plus claire : la privatisation.

... http://www.revolutionpermanente.fr/Ince ... uvernement
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Re: SNCF service public en abandon

Messagede bipbip » 18 Mai 2018, 13:07

Statut des cheminot·e·s, dette de la SNCF, ouverture à la concurrence, privatisation, et ailleurs

Statut des cheminot.e.s

Ce qu’on entend :

« ce statut est trop rigide et trop cher par rapport à la concurrence. »

Ce que nous disons :

#1  La SNCF n’est pas un cas isolé, le fameux statut des cheminots n’est qu’un accord de branche plus favorable que le Code du travail comme il en existe déjà ailleurs (Airbus). Cette volonté de niveler chaque statut spécifique vers le bas au lieu de l’étendre à l’ensemble du Code du travail peut toucher tous les secteurs d’activité. À terme, chaque salarié·e pourra voir ses “privilèges” remis en question par cette logique, prouvant bien qu’on est tous le cheminot de quelqu’un.

#2  Ce statut résulte des spécificités du secteur, et s’avère plus défavorable que le Code du travail sur certaines dispositions (travail de nuit…) Sa suppression pourrait donc coûter plus cher à la SNCF.

#3  Selon la Cour des Comptes, le coût du statut serait de 430 millions d’euros / an. Il semble peu élevé si on le rapporte au 1,3 milliard d’euros de bénéfices engrangés par la SNCF. Dans le même temps, le budget communication de la SNCF s’élève à 200 millions d’euros / an pour compenser la mise en concurrence du rail avec les autoroutes et le transport aérien, résultant de choix politiques, au lieu de privilégier un mode de transport plus écologique.

#4  Enfin, la fin du recrutement au statut montre une volonté de division entre statutaires et nouveaux·elles arrivant·e·s, pour diviser en son sein l’un des secteurs le plus combatif du mouvement social, et de stigmatisation abusive de ce secteur aux yeux de la société pour faciliter la réforme dans l’opinion publique.

Dette de la SNCF

Ce qu’on entend :

« La SNCF traîne une dette de 50 milliards d’euros, (1,5 milliard d’intérêts / an) preuve de sa mauvaise gestion, manque de performance. »

Ce que nous disons :

#1  Pour commencer rappelons que l’actuelle ministre des transports est la précédente directrice de la stratégie à la SNCF. Après avoir causé le problème elle prétend à présent pouvoir y répondre. Comment ne pas y voir une défaillance préparée de la SNCF en vue de son démantèlement.

#2  L’endettement de la SNCF provient en partie du développement des lignes à grande vitesse (1 km de rails grande vitesse coûte 22 millions d’euros, et le réseau français en compte 2 600 km), pour que chaque grande agglomération y soit raccordée. Il s’agit donc d’un investissement résultant de choix politique de l’État, mais que la SNCF assume seule en tant qu’exploitante du réseau qu’elle développe, alors qu’on ne demande pas aux routiers de financer les autoroutes, ni aux compagnies aériennes de construire les aéroports.

#3  Dans une logique qui vise à privatiser les profits et socialiser les pertes, l’entretien du rail (filiale SNCF Réseau déficitaire), restera à la charge de l’État tandis que seules les filières rentables sont vouées à être privatisées.

#4  Malgré l’utilité sociale du transport ferroviaire l’État refuse de récupérer cette dette. Pourtant il ne s’est pas privé de racheter la dette de certaines banques lors de la crise financière de 2008 (50 milliards d’euros de recapitalisation en France sur la seule période 2008 à 2009).

Ouverture à la concurrence/privatisation

Ce qu’on entend :

« La privatisation n’aura pas lieu. »

Ce que nous disons :

#1  Quel crédit donner à la parole de nos politiciens  ? On se souvient de l’intervention de Nicolas Sarkozy qui assurait le 6 avril 2004 à Chinon «  Il n’y aura pas de privatisation d’EDF et de Gaz de France, c’est clair, c’est simple et c’est net  !  » Aujourd’hui, ce sont plus d’une dizaine de fournisseurs qui se disputent le marché français de l’énergie au détriment des recettes publiques.

#2  La SNCF semble suivre le même processus qu’EDF. Pour se préparer à la concurrence, l’entreprise publique a généré sa propre concurrence interne, en créant des filiales dans le fret, dans le transport routier et de marchandises, dans le transport de voyageurs, dans les sociétés de maintenance. Un portefeuille d’entreprises qu’il sera plus facile de distribuer petit bout par petit bout.

#3  Autre indice de cette volonté  : le passage pour la SNCF d’un statut d’EPIC (l’État est propriétaire et peut emprunter à bas taux) à Société Nationale à Capitaux Publics (l’État est actionnaire et peut emprunter sur les marchés financiers, ce qui fera augmenter la dette). Rien ne pourra alors empêcher la vente des parts de marché, sinon pourquoi opérer ce changement  ?

#4  La gestion par des acteurs privés va faire passer la logique de rentabilité avant la logique de satisfaction des besoins sociaux, et ce contre l’intérêt des usager·e·s.

Ouverture à la concurrence/privatisation

Ce qu’on entend :

« Ouvrir à la concurrence permettra de diminuer les tarifs et amènera de nouvelles idées. »

Ce que nous disons :

#1  D’abord concernant cette nouveauté, rappelons que les nouveaux acteurs opéreront sur le même réseau avec le même matériel, mais avec un objectif de rentabilité (une partie des bénéfices, jusque-là réinvestis, sera gelée sous forme de capitaux), et une complexification de sa gestion proportionnelle au nombre de compagnies (correspondances, billetteries…) Les usager·e·s peuvent déjà ressentir cet effet depuis l’instauration d’une tarification par la demande qui a fait exploser la variété de prix pour un même trajet.

#2  Concernant les tarifs, le prix du billet ne représente que 30 % de son coût réel grâce aux subventions publiques. Avec des acteurs privés qui n’en bénéficieront pas, les tarifs sont donc voués à augmenter fortement.

#3  Il faut aussi relativiser la portée de cette concurrence qui ne s’intéressera pas à toutes les lignes. Les acteurs se positionneront uniquement sur les 2 lignes TGV rentables (Paris/Lille et Paris/Lyon), et aux horaires les plus fréquentés, alors que ces lignes participent à l’équilibre de toutes les autres.

#4  Dans ce contexte, comment ne pas évoquer la disparition à rebours des petites lignes (9 000 km sur un réseau de 30 000 km) qui, après retrait de l’État, seront financées et gérées par les régions déjà enlisées dans un contexte de baisse de dotations, et qui devront prendre la décision de leur fermeture à la place de l’État.

Et ailleurs ?

Ce qu’on entend :

« La concurrence est bénéfique, il suffit de regarder des pays où elle a déjà eu lieu  ! »

Ce que nous disons :

#1  Dans le fret français, où la concurrence existe depuis 2003, les chiffres sont assez accablants. Entre 2003 et 2018, le volume de marchandise a été divisé par deux. En dix ans, les effectifs ont été ramenés de 15 000 agents à 7 400. Preuve de sa schizophrénie, le fret SNCF est directement concurrencé par sa filiale Geodis, désormais le premier transporteur routier en France et sur le point d’être privatisé. Des choix qui nous impactent tous quand on sait qu’un train de fret émet dix fois moins de CO2 que le nombre de poids lourds nécessaires pour transporter la même quantité de marchandises.

#2  En Allemagne, la compagnie des chemins de fer Deutsche Bahn AG, toujours détenue par l’État, mais transformée en société privée par actions il y a plus de vingt ans, affiche de très bons résultats. Cependant, l’ouverture du marché des trains grandes lignes à la concurrence privée ne concerne pour l’instant qu’à peine 1 % des parts de marché. Dans ce contexte de faible apport du privé et par soucis écologique, la tendance est plutôt à la reprise en main étatique de l’entreprise.

#3  En Italie, la compagnie privée NTV dessert 19 gares sur le seul axe rentable entre Paris et Milan, tout le reste du réseau est toujours exploité par la société ferroviaire nationale.

#4  Au Royaume-Uni, plus de 20 ans après la privatisation des chemins de fer, une majorité de Britanniques veut faire machine arrière. Exploité par vingt entreprises privées, le réseau ferroviaire est l’un des plus chers d’Europe pour les passager·e·s. Il est également fortement subventionné. L’entretien du réseau ferroviaire, toujours à la charge de l’État, coûte deux fois plus cher aujourd’hui qu’au moment de la privatisation. Niveau efficacité, en décembre 2016, seuls 56 % des trains gérés par la compagnie privée Southern Railway sont arrivés à l’heure. Là aussi, la tendance est à la renationalisation.

Quel est l’intérêt pour une entreprise publique de faire 1.3 milliards d’euros de bénéfices annuels  ? Pourquoi le débat ne porte pas plutôt sur l’opportunité de réinvestir cet argent pour couvrir les 30 % restant du coût des billets, et ainsi proposer un transport ferroviaire socialisé et accessible à tous  ?

De manière plus large, le gouvernement prépare le grand bradage du patrimoine national (aéroports régionaux, ports, barrages, française des jeux…), en confiant tout ce qui peut constituer une rente au privé, et entraînant un assèchement des recettes publiques.


http://alsace.alternativelibertaire.org ... article905
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Re: SNCF service public en abandon

Messagede bipbip » 18 Mai 2018, 20:27

SNCF. Borne finit par avouer que des cheminots seront forcés d’accepter des transferts vers le privé

Ce mercredi, Elisabeth Borne, était auditionnée devant les membres de la commission de l’Aménagement du territoire du Sénat au sujet de la réforme du ferroviaire. Et la ministre des transports a lâché une petite bombe : même s'ils ne le souhaitent pas, des cheminots seront contraints et forcés d'être transférés dans des entreprises privées.

Ce mercredi, Elisabeth Borne était auditionnée devant la commission de l’Aménagement du territoire du Sénat, ou la réforme du ferroviaire sera étudiée le 29 mai prochain. Interrogée sur divers sujets, notamment sur la question de l’ouverture du service public du rail à la concurrence, la ministre des transports a, pour la première fois, avoué que des cheminots seront, même s’ils y sont opposés, forcés d’être transférés dans des entreprises privées. Il s’agit là d’une nouveauté dans le discours du gouvernement, qui assume plus ouvertement sa politique de casse du statut pour tous.

“ Dans le cadre d’un changement d’opérateur, il ne sera pas possible de se baser uniquement sur le volontariat. Nous souhaitons y recourir de la façon la plus large possible. Mais des transferts obligatoires d’agents pourront parfois être mis en place, au nom de l’impératif de continuité du service public.”

... http://www.revolutionpermanente.fr/SNCF ... s-le-prive
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Re: SNCF service public en abandon

Messagede Pïérô » 19 Mai 2018, 13:06

Retour en arrière en Angleterre :siffle:

Grande-Bretagne : le gouvernement nationalise des lignes ferroviaires déficitaires

Le gouvernement britannique a annoncé mercredi qu'il allait reprendre sous son égide des lignes de train dans l'Est qu'il avait privatisées il y a trois ans, face à l'incapacité de l'entreprise exploitante à rentrer dans ses frais.

"Je vais mettre fin aux contrats de Virgin Trains East Coast le 24 juin 2018", a déclaré le ministre conservateur des Transports Christopher Grayling à la Chambre des Communes.

Cette franchise ferroviaire exploite plusieurs lignes extrêmement fréquentées qui longent la côte Est du Royaume-Uni entre Londres et Edimbourg et desservent plusieurs villes anglaises historiques comme York, Leeds, Durham ou encore Newcastle.

Cette décision du gouvernement implique que l'exploitation de ces lignes de transport ferroviaire de passagers sera réalisée sous l'égide des autorités publiques à partir du 24 juin, en tant qu'"exploitant de dernier ressort" et sous le nom de London and North Eastern Railway.

... https://finance.orange.fr/actualite-eco ... 2XMdf.html
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Re: SNCF service public en abandon

Messagede Pïérô » 20 Mai 2018, 04:26

Les jours de repos des cheminots grévistes seront-ils rémunérés ? La SNCF remporte la première manche

La demande d'urgence des grévistes a été rejetée vendredi. Une audience sur le fond aura lieu le 31 mai.

La direction de la SNCF va-t-elle remporter son bras de fer ? Les grévistes de la compagnie ferroviaire ont en tout cas été déboutés de leur demande en référé, vendredi 18 mai, par le tribunal de grande instance, ont indiqué les avocats de la direction de la compagnie ferroviaire. Avec cette mesure d'urgence, les cheminots contestaient la méthode de calcul des retenues sur salaire de la SNCF, qui souhaite ne pas payer certains jours de repos des grévistes (ceux pris dans l'intervalle des trois jours entre deux périodes de grève). "A la SNCF, il y a des jours de repos payés (...) quand il y a des jours travaillés, avait expliqué Guillaume Pepy, le PDG de la compagnie ferroviaire. Quand les jours ne sont pas travaillés, les jours de repos qui sont attachés à ces jours de travail ne sont pas payés."

... https://www.francetvinfo.fr/economie/tr ... 58493.html
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Re: SNCF service public en abandon

Messagede bipbip » 21 Mai 2018, 22:50

La libéralisation du fret : un cas d’école

Il est assez « étonnant » que les adeptes de la déréglementation du chemin de fer soient aussi silencieux sur l’expérience de la libéralisation du fret (le transport de marchandise sur rail) commencé en France entre 2003 et 2006.

Il faut dire que l’expérience est édifiante : c’est un fiasco sans nom. Alors que l’arrivée d’entreprises concurrentes devait « booster le secteur », « faire baisser les prix », « créer de l’emploi », « prendre des parts de marché sur la route »… c’est tout le contraire qui s’est passé !

En 2006 le train transportait l’équivalent de 41,2 milliards de tonnes kilométriques contre 32,6 aujourd’hui. Soit une baisse de 20 % en dix ans, avec tout ce que cela induit : fermetures de plus de 200 gares fret, suppression de près de 9000 postes…

Désastre économique, social et environnemental

Les quatre principales entreprises qui sont venues se positionner sur le marché sont ECR (filiale de la Deutsche Bahn), Colas Rail, Europorte (Eurotunel) et enfin VFLI… filiale 100 % SNCF. Elles détiennent 40 % du marché, contre un peu moins de 60 % pour la SNCF. Et elles sont toutes en déficit, pour un total de 300 millions d’euros en 2014. ECR a licencié 300 salariéEs en 2016, soit 25 % des effectifs. Pour les créations d’emplois, il faudra donc repasser.

Le fret SNCF est lui aussi en déficit (120 millions en 2017), et le gouvernement vient d’annoncer sa filialisation d’ici 2020. Pour les cheminotEs qui ont de la mémoire, le SERNAM (messagerie de la SNCF) avait été filialisée en 2002, avant d’être privatisée en 2005, puis intégrée à Geodis Calberson en 2012, avec 6 560 postes supprimés sur les 8 000.

De l’autre côté, les transporteurs routiers se frottent les mains. Un train de fret en moins, c’est 50 camions en plus sur les routes. Le transfert de marchandise rail/route correspond à près de 1,5 million de camions supplémentaires par an. Là aussi, pas besoin de commentaires sur l’impact de cette politique sur l’environnement.

Mais au total, c’est la SNCF elle-même qui tire son épingle du jeu de cette catastrophe.

En effet, sa filiale Geodis (intégrée à SNCF Logistics, dont elle assure 80 % des revenus) est le premier opérateur logistique, principalement routier, en France. SNCF Logistics connait un chiffre d’affaires en constante augmentation. De 7,4 milliards d’euros en 2009, il est passé à 10,2 milliards en 2017.

C’est donc le groupe SNCF qui récupère, sur la route, les parts de marché perdues… sur le rail, assurant ainsi ⅓ de ses revenus.

Voilà où mène une politique de rentabilité à court terme. Voilà le modèle que le gouvernement et la holding SNCF veulent pour le transport de voyageurs de demain.

Basile Pot


https://npa2009.org/actualite/services- ... cas-decole
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Re: SNCF service public en abandon

Messagede bipbip » 21 Mai 2018, 23:05

Les britanniques renationalisent les lignes déficitaires !

On privatise les profits, on collectivise les pertes !

L’ouverture au privé du transport ferré en France tant vantée par le gouvernement Philippe et par le PDG de la SNCF comme un modèle idéal d’efficience économique est aujourd’hui contredit par la renationalisation engagée par le gouvernement de la Grande-Bretagne d’une partie de l’exploitation du réseau Est du pays.

La franchise britannique Virgin Trains East Coast responsable de l’exploitation de lignes pourtant très fréquentées s’est avérée incapable de développer un modèle économique viable. En conséquence, étant déficitaire, c’est l’État qui reprendra l’exploitation au moi de juin. Nous sommes dans la logique mainte fois dénoncer par SUD-Rail du « on privatise les profits, on collectivise les pertes ».

On privatise les profits, on collectivise les pertes !

C’est la même logique qui en France, conduira les entreprises ferroviaires privées à se jeter sur les lignes les plus rentables pour ne laisser qu’à la seule SNCF les lignes déficitaires. Le gouvernement français actuel a passé son temps au cours des pseudo négociations du futur pacte ferroviaire, à nous exhiber les modèles étrangers déjà soumis au dictat libéral et idéologique européen de la concurrence comme le modèle à suivre. Il doit donc tenir compte de ce qui vient de se passer en GB et renoncer à l’ouverture à la concurrence et donc retirer son pacte ferroviaire.

L’ouverture à la concurrence dans le transport ferré n’améliore pas la qualité de service, coûte plus cher aux usagers et aux contribuables et conduit à la fermeture des lignes les moins fréquentées.

La Fédération SUD-Rail dénonce l’ouverture à la concurrence du rail français qui ne vise qu’à répondre au dogme des libéraux et va à l’encontre de l’intérêt général.


https://sudrail.fr/Les-britanniques-ren ... ficitaires
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