Retour au service national obligatoire ?

Retour au service national obligatoire ?

Messagede bipbip » 16 Juil 2017, 15:14

Vers un retour au service militaire obligatoire ?

Si l’idée d’un retour au service militaire obligatoire n’est pas nouvelle, faisant suite à la vague d’attentats qui se sont déferlés en France ces dernières années, l’idée revient à grand pas. Quasiment tous les bords politiques sont d’accords à quelques mots et chiffres près pour la mise en place d’un régime de militarisation au sein de la jeunesse.

« Renforcer le lien armée-nation », améliorer la « solidarité » et la « cohésion nationale », voire une « sensibilisation » aux enjeux de défense et « sécurité nationale », ou encore de vivre une expérience personnelle et collective de la citoyenneté, voici les arguments utilisés pour « mieux vendre » son projet auprès de la population par le biais des médias. Mais voyons comment s’articule vraiment ce projet de loi. La formation se divise en deux grands volets, le premier consiste à passer trois mois de « classe républicaine » pendant la période estivale du 1er juillet au 1er octobre dès l’âge de 18 ans, le second volet est une période pendant laquelle on va travailler dans des missions successives d’intérêt public ou national pendant 6 mois, avec une rémunération de 470€ sans aucune cotisation ni protection sociale. En gros passer 9 mois de notre vie à solde de l’état ; les vacances si méritées après le bac seront remplacées par trois mois d’éducation républicaine plus six mois de travail contre son gré.

Nous pouvons imaginer déjà ce qui se cache derrière cet endoctrinement idéologique de la jeunesse. Ce dispositif permettra en outre de déboucher sur l’instauration d’un service militaire obligatoire d’une soit disant courte durée et qui a comme permettra la création d’une réserve mobilisable en cas de crise, complémentaire à la garde nationale.

... http://www.revolutionpermanente.fr/Vers ... bligatoire
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Re: Retour au service national obligatoire ?

Messagede bipbip » 01 Oct 2017, 12:20

Un service militaire obligatoire d'un mois expérimenté dès 2019 ?

ARMÉE. Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, le service national universel pourrait être expérimenté "en 2019", a déclaré samedi la secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq.

Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait annoncé qu'il rétablirait un "service national" obligatoire d'une durée d'un mois. Élu en mai dernier, le président de la République avait annoncé la création d'une commission le 14 juillet, sans détailler le calendrier. L'idée se précise néanmoins, a révélé samedi 30 septembre la secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq.

... https://actu.orange.fr/france/un-servic ... PdL4n.html
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Re: Retour au service national obligatoire ?

Messagede bipbip » 25 Jan 2018, 14:17

Une jeunesse au pas

Service militaire obligatoire : Macron confirme sa promesse de campagne

Après l’instauration du plan étudiant dont un des aspects est de museler une jeunesse, jamais suffisamment docile, Macron a confirmé sa promesse de campagne lors de ses vœux aux armées : l’instauration d’un service national universel obligatoire.

Macron en chef des armés

Depuis qu’il a été élu, Macron n’a cessé de réaffirmer son statut de chef des armées, se plaçant en figure d’autorité, image forgée par la multiplication de décisions tendant à instaurer une politique de plus en plus sécuritaire. Chacun a le souvenir d’un Macron, tout juste élu, défilant sur les chars militaires après sa cérémonie d’investiture. A l’exception de la crise ouverte l’été dernier lorsque le chef d’état-major des armées avait démissionné en dénonçant les coupes budgétaires, Macron a fait un sans-faute dans son main-dans-la-main avec l’armée, commençant par augmenter de 16 milliards d’euros le budget en septembre dernier, faisant rentrer l’état d’urgence dans le droit commun, et dont la dernière offensive était lors de ses vœux aux armées la semaine dernière dans lesquels il a annoncé l’augmentation à 2% de la part du PIB le budget de la Défense ainsi que l’accroissement du budget pour les opérations extérieures d’ici 2025. C’est dans ce contexte qu’il a aussi garanti l’introduction prochaine d’un service national universel, plus communément appelé service militaire obligatoire. Les modalités exactes de sa mise en œuvre n’ont pas encore été révélées, à l’exception qu’il devrait durer près d’un mois pour tous les jeunes entre 18 et 21 ans.

La volonté d’une jeunesse docile et patriote

A travers ce service militaire, le gouvernement souhaite en réalité soumettre une jeunesse qui lui échappe encore bien trop à son goût à un embrigadement idéologique. Car Macron n’a pas encore de véritable encadrement de ce secteur dont il a conscience qu’il peut être l’étincelle qui déclenche des mobilisations, et compte bien y remédier. C’est ce qu’il s’attache à faire depuis le début de son mandat construisant des relais dans le mouvement étudiant, ainsi qu’une implantation de militants LREM dans les universités. Mais surtout, ce contrôle passera par le plan étudiant et l’instauration des fameuses « fiches avenir » qui donneront la possibilité aux professeurs de décider de l’orientation de chaque élève, tandis qu’à l’université ce seront les directeurs d’études qui auront la charge de surveiller individuellement de près les étudiants.

... http://www.revolutionpermanente.fr/Serv ... e-campagne
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Re: Retour au service national obligatoire ?

Messagede bipbip » 01 Fév 2018, 21:05

National ou civique ou militaire : en arrière-plan du service obligatoire, la militarisation des élèves

Un service militaire obligatoire et universel d’un mois ? Au départ, un projet ubuesque et totalitaire, totalitaire dans son principe, ubuesque dans ses modalités pratiques. En cours de route, le projet Macron de rétablir le service militaire, depuis quelques mois aux mains de l’Assemblée nationale, contraint par des réalités budgétaires, vise toujours le même objectif.

Dans sa première version, pendant la campagne électorale, le principe retenu était celui d’un encasernement général de 600 000 jeunes d’une même génération, entre 18 et 21 ans, sur une durée d’un mois. Objectif affiché : « l’inculcation de la discipline, de l’autorité, des priorités stratégiques de la France (…), des activités physiques et sportives pour permettre la cohésion » (Serge Lepeltier, conseiller de Macron). Pendant un mois, donc, les jeunes qui, au cours de leur quinzaine d’années de scolarité, n’ont manifestement acquis aucune notion de discipline, d’autorité, de cohésion, se les verraient miraculeusement transmettre par la magie du verbe de l’adjudant. Prodige de la discipline militaire… Il s’agirait également de détecter les difficultés en lecture (ce que font normalement les enseignants de CP…) mais surtout de « faciliter l’accès aux métiers de la défense ». Aux yeux des promoteurs, les questions pratiques ne semblent soulever aucun obstacle insurmontable : si les infrastructures militaires existantes devaient s’avérer insuffisantes, cas le plus probable, on pourrait toujours faire appel aux internats des lycées ou aux résidences du CROUS inoccupées pendant l’été. A ce stade, la réquisition des bacs à sable des maternelles (par exemple pour s’entrainer à la guerre de tranchées) n’a pas été envisagée. Bien sûr, comme c’est toujours le cas lorsqu’il s’agit de l’armée on ne regardera pas à la dépense : 15 à 20 milliards d’euros pour les infrastructures, un budget annuel de fonctionnement estimé à 2 ou 3 milliards d’euros, la dépense totale s’élevant à 30 milliards d’euros pour la durée du quinquennat, étant entendu par ailleurs que cette somme ne serait pas prélevée sur le budget des armées (à titre d’information, 36 milliards d’euros pour la seule année 2018) mais, en toute logique, sur ceux de l’éducation, de la santé, de la recherche, de l’environnement, considérés comme secondaires par rapport à cet objectif grandiose : mettre au pas pendant un mois, toute la jeunesse du pays.

L’ivresse électorale passée, les parlementaires se sont mis au travail pour donner corps au projet, plus spécialement les membres de la commission de la défense nationale dont le rapport, finalisé à la fin du mois, laisse percer, avec un réel scepticisme sur la faisabilité et le coût du projet, de solides illusions et des intentions pour le moins discutables.

La nouvelle mouture ne concernerait plus la tranche d’âge 18-21 ans, mais les élèves âgés de 10 à 16 ans, jugés sans doute plus réceptifs, plus « malléables » comme le souhaitait un ancien ministre de la défense. Dans une première étape, en milieu scolaire, une semaine serait consacrée à la défense (déjà dans les programmes scolaires), aux gestes qui sauvent (déjà dans les programmes scolaires), aux droits et devoirs (déjà dans les programmes scolaires), à la mémoire (déjà dans les programmes scolaires). Une seconde étape, aux contours encore mal définis, consisterait en une « semaine d’immersion » dans des associations œuvrant à la mixité sociale. Une semaine de mixité sociale dans une système scolaire discriminatif et sélectif ? Cherchez l’erreur. Enfin, une dernière phase, en fin de seconde, verrait l’élève recevoir un « passeport citoyen » dont on ne sait pas grand-chose sinon qu’il permettrait à son heureux détenteur de s’inscrire à moindre coût au permis de conduire.

Bref, si le projet parlementaire se différencie sensiblement de l’intention initiale, il n’en conserve pas moins une marque d’origine révélatrice de l’intention des auteurs. Remarquons d’emblée que si le service envisagé perd une partie de sa dimension purement militaire, son organisation s’est vue confiée à la commission de la défense nationale là où celle des affaires sociales paraissait a priori plus légitime. Pire même : il est prévu que les parlementaires remettent leur rapport à « une commission indépendante de haut niveau » (sic), … nommée par l’armée. Autrement dit, dans la définition d’un service obligatoire, à vocation universelle, l’armée reste le maître d’œuvre, s’arrogeant, en matière de citoyenneté, des compétences qui ne sont pas de son ressort, entretenant par là une confusion des genres et des valeurs plus qu’ambiguë. De fait, on n’est guère surpris de voir le projet s’appuyer sur l’éducation à la défensequi a permis à l’armée, depuis 1982, de se faire dans les programmes scolaires et le cursus des élèves, une place exorbitante et peu légitime. Selon les termes du dernier protocole signé entre l’Education et la Défense, l’éducation à la défense « vise à faire comprendre [aux élèves] que les militaires servent la Nation […]. Pour remplir pleinement ces missions, les militaires ont besoin du soutien de l’ensemble de la Nation. » Un véritable endoctrinement, peu propice à l’émergence d’un regard critique sur des questions où le libre arbitre et la confrontation des idées devraient être la règle.

Dans l’ébauche retenue par les députés, la confusion entretenue entre « défense » et « sécurité », gestes qui sauvent, droits et devoirs, aboutit en fait à une militarisation de l’engagement civique, à une corruption des notions de citoyenneté, de solidarité, de cohésion sociale, toutes choses qui, dans leur principe, ne relèvent pas d’une défense militaire ou guerrière. Et de la même manière, la référence insistante des députés à la « mémoire », comprise comme un devoir civique – l’improbable devoir de mémoire – renforce en réalité l’instrumentalisation de l’histoire dans un sens patriotique et militaire comme le montrent par exemple la commémoration de la Première guerre mondiale en milieu scolaire ou encore les récurrentes déplorations autour du roman national perdu.


Mise à jour :
La remise du rapport parlementaire évoqué ci-dessus, prévue à l’origine pour le 31/01, a été reportée... sine die. Signe de l’embarras des politiques sur la question, coincés entre les contraintes matérielles et budgétaires qu’implique le projet de service national et l’obligation de suivi d’une "promesse électorale" du prince. Le prince, précisément, qui promet un nouveau rapport pour le mois d’avril...


https://www.questionsdeclasses.org/?Nat ... gatoire-la
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Re: Retour au service national obligatoire ?

Messagede bipbip » 14 Fév 2018, 08:58

Service national universel : Emmanuel Macron veut une partie "obligatoire" d'au moins trois mois

Durant sa campagne, le chef de l'Etat avait promis de rétablir un "service national obligatoire et universel" d'un mois.

Les contours de sa promesse se précisent. Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, a dit souhaiter, mardi 13 février, que le futur service national universel soit "obligatoire" et dure "autour du trimestre", voire de "3 à 6 mois". "Il ne s'agit pas de recréer des casernements massifs", a-t-il ajouté, estimant que le coût de cette mesure ne sera pas "prohibitif"

Cette déclaration intervient à la veille de la présentation d'un rapport parlementaire sur le service national universel. Le dossier a déjà provoqué une certaine cacophonie au sein du gouvernement, obligeant, mardi, le porte-parole du gouvernement à s'exprimer. Ce service "sera universel, il concernera toute la classe d'âge et il sera obligatoire", a assuré Benjamin Griveaux.

... https://www.francetvinfo.fr/economie/em ... 09214.html
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Re: Retour au service national obligatoire ?

Messagede bipbip » 15 Fév 2018, 18:56

Après les 295 milliards pour renforcer l’armée
Service national obligatoire : 30 milliards pour mieux embrigader la jeunesse ?
Alors que le gouvernement veut encore couper dans les budgets d’hôpitaux sous perfusion, remettre en cause le statut de cheminots, supprimer 120 000 postes de fonctionnaires, rien n’est jamais trop pour le budget de guerre, et un patriotisme exacerbé. Aux 295 milliards qui seront dépensés pour l’armement pourraient s’ajouter quelques 30 milliards pour un service national obligatoire… ou comment mieux embrigader une jeunesse potentiellement révoltée ?
http://www.revolutionpermanente.fr/Serv ... a-jeunesse

Service national Macron : une France qui a peur de sa jeunesse
Avec l’annonce d’un service obligatoire de 3 à 6 mois, quelque part entre les Chantiers de jeunesse et la caserne de grand-papa, entre une fixation irrationnelle sur la conscription et une méfiance bien réelle pour la jeunesse, la France de Macron fait un grand bond en arrière et surtout montre un sinistre visage.
... https://www.questionsdeclasses.org/?Ser ... a-jeunesse
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Re: Retour au service national obligatoire ?

Messagede bipbip » 27 Fév 2018, 23:29

Les députés et le service national : l’école en première ligne

Pressée par les circonstances, la commission de la Défense à l’Assemblée nationale a dévoilé son rapport sur le service national universel (SNU), un rapport dont les grandes lignes étaient en réalité connues depuis plusieurs semaines. Au cours de la séance, les parlementaires ont beaucoup parlé endoctrinement, encadrement militaire, enfermement.

S’écartant sensiblement du projet initialement prévu – mais finalement repris par Macron – d’un enfermement d’une durée limitée pour les 18-21 ans, les parlementaires optent pour un « parcours citoyen » visant principalement la tranche d’âge 11-16 ans et tout spécialement les collégiens jugés plus influençables, plus « malléables », comme le disait un ancien ministre de la Défense, que des lycéens ou des étudiants. De fait, il s’agirait, pour les années collège, de reprendre et de renforcer les principes de l’éducation à la défense : « renforcer l’esprit de défense » est bien l’objectif prioritaire mis en avant par les deux rapporteures. L’enseignement comporterait « des ateliers pratiques » (entraînement au lancer de grenades ?), des « visites de sites », une participation aux cérémonies patriotiques, ce que les rapporteures appellent un « lissage des pratiques pédagogiques » (sic). Innovation majeure : une semaine annuelle obligatoire de « défense et de citoyenneté » au cours de laquelle les établissements verraient débouler des militaires, des pompiers, des gendarmes, des anciens combattants, missionnés pour apprendre aux collégiens comment devenir citoyens.

Pour la seconde étape (à 16 ans), les points de vue de la commission divergent : certains envisagent une semaine en internat, consacrée à faire du sport, des exercices de confinement, évaluer la maîtrise de la langue française etc (oui, ce passionnant programme a bien été élaboré par la représentation nationale, réputée sérieuse), alors que d’autres seraient plutôt partisans d’ « une semaine d’immersion au sein d’une structure à choisir parmi une liste d’acteurs publics et associatifs agréés, afin de vivre concrètement l’engagement ». Ne resterait alors qu’à trouver la liste des acteurs en question, susceptibles d’accueillir d’un coup 800 000 jeunes mais aussi d’obtenir l’accord des parents, les parlementaires s’étant rendu compte que le public concerné était constitué de mineurs.

Enfin, la dernière étape (16-25 ans) serait « incitative » : comprenez que les jeunes seraient poussés à s’engager dans « les préparations militaires, les jeunes sapeurs-pompiers, les engagements associatifs, le service civique ou encore la garde nationale. » Si, pour cet âge, la commission s’avoue « convaincue que les contraintes seraient contre-productives », cette référence au libre choix est par contre totalement écartée pour les plus jeunes, le collège se voyant d’office réquisitionné pour faire passer un message principalement militaire. Un endoctrinement rampant du cursus scolaire en germe depuis de nombreuses années dans l’éducation à la défense.

Pour loufoque et malgré tout brutal que paraisse ce projet, son idéologie sous-jacente n’en est pas moins chaudement approuvée par l’ensemble des membres de la commission, avec toutefois, une réserve largement partagée : ces jeunes, finalement, ne pourrait-on pas les enfermer davantage ?

Par exemple, pour « faire renaître le sens du devoir et de l’autorité », Christophe Blanchet (LRM) ne manque pas d’idées : « il faut donc instaurer un service national obligatoire en deux temps, reposant d’une part sur une période de douze jours en internat, sous encadrement militaire » – ce que le député appelle un service « émancipateur » - afin de développer chez les intéressés une liste impressionnante de qualités - « cohésion, courage, bienveillance, liberté, respect, devoir de mémoire, exemplarité, humilité, probité, dévouement, solidarité, responsabilité, sens du devoir, résilience, goût de l’effort » - qualités qui font tellement défaut aux jeunes alors qu’elles sont tellement développées chez les parlementaires…

Jean-Christophe Lagarde (UDI), lui, voudrait voir se multiplier des interventions militaires dans les lycées ainsi qu’un service obligatoire de deux mois.

Pour Jean-Michel Jacques (LRM), « une imprégnation militaire dès le début du parcours paraît indispensable ». Sous forme de bataillons scolaires, par exemple, ou encore d’enfants-soldats ?

Louis Aliot (FN) regrette de son côté « un déficit d’aspect militaire » et demande un service militaire obligatoire.

Enfin, dans la surenchère, le représentant de la France dite « insoumise » (Bastien Lachaud), fait également très fort en rappelant la préférence de son parti pour un service obligatoire d’une durée de 9 mois, destiné à rappeler « le lien indissoluble entre l’armée et la nation. » Insoumis ?

Au cours de cette séance, l’une des seules interventions un peu raisonnables est à mettre au crédit – c’est un comble – d’un député LR (Damien Abad), pas spécialement motivé par des considérations pacifistes mais financières : une « hérésie budgétaire », lance-t-il au président de la commission qui n’a d’autres réponses que de lui couper grossièrement la parole. Même au sein de la commission de la défense de l’Assemblée nationale, les dépenses militaires sont un sujet tabou…

En fin de séance, pourtant, un député (Didier Baichère, LRM) s’interroge sur la notion même de service obligatoire : « Il n’en demeure pas moins qu’on ne pourra pas l’imposer à la jeunesse, du moins sans courir un risque. Au cours de vos auditions, avez-vous pu entendre les organisations représentatives de la jeunesse pour mesurer leur perception d’un tel service ? » A cette interrogation pourtant légitime, il ne se trouve personne pour répondre…

De toute façon, ce rapport parlementaire a déjà été enterré par Macron, avant même sa publication, nouvelle illustration du mépris du prince-président pour le débat public, un débat tenu de s’effacer à chaque fois qu’est mentionnée une « promesse » du président. Une gouvernance infantile pour un pays qui se laisse trop facilement infantiliser. Mais quelle que soit la forme retenue pour le SNU – enfermement généralisé pour Macron, « parcours citoyen » pour les députés – on retrouve dans les deux options les mêmes illusions, le même système de pensée, les mêmes mensonges dès lors qu’il est question de citoyenneté et de défense. Illusion qui consiste à penser la construction de la citoyenneté comme une leçon de morale qu’on adresse aux jeunes et à eux seuls pour mieux se dédouaner de ses propres responsabilités. Confusion constamment entretenue entre citoyenneté et défense, entre défense et armée, cette dernière n’ayant jamais été (ou alors très exceptionnellement) au service des citoyens dans leur ensemble. Imposture autour du « brassage social » revendiqué par les défenseurs d’un service obligatoire, mais un brassage qui ne concernerait que les jeunes sans avoir à remettre en cause les fondements d’une société profondément inégalitaire. Profonde méfiance pour un système éducatif, une école, qu’il faudrait étayer, prolonger par un dispositif de coercition et de contraintes où l’enfermement tient une place de choix (internat, caserne). Incapacité à reconnaître que, sur certains sujets, le regard critique puisse s’exercer : sur l’armée, sur la guerre, sur la citoyenneté, l’endoctrinement l’emporte sur la liberté de conscience.

Reste une dernière interrogation : à travers les différents projets de service obligatoire, c’est bien une classe d’âge qui est visée mais aussi l’école. Pourquoi, dans ces conditions, les acteurs de l’école restent-ils aussi obstinément silencieux devant ce qui s’annonce comme un recul majeur des libertés publiques ? « Le monde enseignant – affirme Emilie Guerel, une des rapporteures de la commission - nous a paru très enclin à participer au futur dispositif, dont les acteurs perçoivent bien toute l’utilité. » C’est vrai, ça ?


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Re: Retour au service national obligatoire ?

Messagede bipbip » 14 Mar 2018, 16:29

Renforcer le lien armée-nation ?

J’ai depuis plusieurs jours dans ma boîte académique ce courrier qui m’encombre et que j’aimerais essayer de penser. Pour comprendre en quoi il m’inquiète.

Ce nouveau "délégué académique à la mémoire à l’histoire et à la citoyenneté en charge de promouvoir l’éducation à la citoyenneté, la transmission de la mémoire entre les générations et de renforcer le lien armée-nation" qui organise des conférences dont la première a pour titre " La dissuasion militaire au XXIe siècle : quelle place pour l’arme nucléaire ? " me pose question. Que l’idéologie néolibérale se présente chaque jour de plus en plus comme la seule vérité "réelle", moderne et réaliste, dans les médias comme dans les programmes et jusque dans l’organisation même de l’école, je m’y suis habituée. Je croyais cependant obsolète d’attribuer à l’école la valorisation de l’armée et de la guerre.

Mais ce qui m’interroge le plus, je crois, c’est le titre du nouveau site académique : Mémoire, citoyenneté et défense, issu de la fusion entre le site "commémoration" et le site "éducation à la défense". Je ne vois pas ce que la citoyenneté viens faire au milieu de tout ça. Où est l’évidence ? Un bon citoyen se doit-il de commémorer le glorieux passé et de respecter son armée ? Serait-on en train de nous enjoindre à former de futurs soldats ? Mais peut-être que j’interprète mal le terme de citoyen ; peut-être n’entend-on pas, ici, une personne qui fait partie du monde, qui s’y comporte de façon éthique et solidaire. Alors, ici, un citoyen signifierait un Français, jouissant de ses droits civiques. Certainement pas un étranger, par exemple, sans droits (de vote, d’asile...), qui ne fait pas partie de notre belle communauté dans laquelle bientôt, de nouveau, on entendra peut-être chanter la Marseillaise au petit matin dans les cours d’école au lever des drapeaux.

Si citoyenneté et nationalisme deviennent des quasi synonymes, si la valorisation de l’armée en est indissociable, est-ce bien la paix que l’on prépare ? A l’extérieur du pays mais aussi à l’intérieur. Est-il bien judicieux de glorifier l’identité française et de réveiller son caractère belliqueux alors que la nationalité et tous les droits qui y affèrent est refusée à tant d’entre nous ? En tant qu’enseignants, notre travail ne devrait-il pas s’attacher à aider les enfants à fonder une identité humaine, plurielle et solidaire ?

On pourrait nommer un nouveau "Délégué académique à la mémoire à l’histoire et à la citoyenneté en charge de promouvoir l’éducation à la citoyenneté, la transmission de la mémoire entre les générations et de renforcer le lien interculturel". A la place du lien armée-nation. Ça aurait une autre gueule, non ?

Solène

https://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p2_810020/accueil

https://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p2 ... ete-damhec


https://www.questionsdeclasses.org/?Ren ... mee-nation
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Re: Retour au service national obligatoire ?

Messagede bipbip » 30 Avr 2018, 20:27

Les contours d'un service national universel obligatoire d'un mois se précisent

Selon le Journal du Dimanche, le groupe de travail chargé de réfléchir à ce "SNU" a rendu son rapport jeudi. Une phase obligatoire d'un mois, en internat, est envisagée.

C'était une promesse du candidat Emmanuel Macron, l'idée d'un service national universel (SNU) fait son chemin. D'après le Journal du Dimanche (JDD), le rapport définitif du groupe de travail chargé de plancher sur le sujet a été rendu à l'Elysée jeudi. Cette nouvelle obligation devrait concerner tous les jeunes d'une même classe d'âge à partir de 16 ans. Le général Ménaouine qui pilote ce projet, prévoit que le dispositif comportera une phase obligatoire d'un mois qui s'effectuera en internat.

... http://www.bfmtv.com/politique/les-cont ... 32434.html
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Re: Retour au service national obligatoire ?

Messagede bipbip » 06 Juin 2018, 07:22

Service national universel : des organisations de jeunesse dénoncent un projet "démagogique" et "contraignant"

Dans une tribune publiée par "Le Journal du dimanche", syndicats étudiants et lycéens et organisations de jeunesse s'attaquent à la promesse d'Emmanuel Macron et son application à venir.

Ils demandent au gouvernement de revoir sa copie. Les principales organisations lycéennes, étudiantes et de jeunesse fustigent les "incohérences" et le caractère "contraignant" du projet de service national universel du gouvernement ainsi que sa logique "démagogique", dans une tribune parue dimanche dans Le Journal du dimanche.

"La jeunesse ne peut plus être tenue à l'écart des projets qui la concernent par des politiques paternalistes, soupçonneuses et systématiquement pensées dans la défiance", écrit ce collectif où figurent notamment les deux premiers syndicats étudiants (Fage et Unef), des syndicats lycéens (UNL, SGL...) et des organisations de jeunesse (Jeunesse ouvrière chrétienne, Les Jeunes Écologistes...).
Contre le caractère obligatoire du dispositif

Un groupe de travail mandaté par l'Elysée a récemment remis ses propositions sur ce nouveau service national universel, promesse de campagne d'Emmanuel Macron, qui pourrait prendre la forme d'un mois obligatoire entre 15 et 18 ans suivi d'une phase d'engagement citoyen de "trois à six mois avant 25 ans". Les ultimes arbitrages sont attendus dans les prochaines semaines mais les signataires de la tribune dénoncent d'ores et déjà l'idée d'un service "obligatoire".

... https://www.francetvinfo.fr/politique/e ... 83655.html
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Re: Retour au service national obligatoire ?

Messagede bipbip » 28 Juin 2018, 20:35

Jeunesse Un service national universel toujours aussi flou et contesté

Après la décision… la consultation. Hier, Édouard Philippe a annoncé devant le Conseil des ministres les grandes lignes du service national universel (SNU) destiné aux jeunes de 16 ans, validant le rapport remis à l’exécutif en avril dernier. Le SNU devrait comporter deux phases :

... https://www.humanite.fr/jeunesse-un-ser ... ste-657491
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Re: Retour au service national obligatoire ?

Messagede Pïérô » 29 Juin 2018, 11:36

MAC40 veut embrigader la jeunesse

Les réformes liberticides de Blanquer ne sont encore rien. MAC40 entend discipliner la jeunesse avec un service national universel qui commencerait sur leurs vacances dès l'été prochain. Puis les surexploiter dans des tâches d'intérêt "national", autrement dit faire des jeunes les derniers de corvée au seul bénéfice des premiers de cordée. La rentrée s'annonce riche en révoltes.

Je viens d'écouter la conférence de presse annonçant le SNU. Réaction à chaud. Il serait utile que des jeunes et moins jeunes commencent à décortiquer les détails et dénoncer ce projet liberticide.

1) c'est manifestement, comme annoncé par Macron dans la campagne, la volonté de "discipliner la jeunesse". Il s'agit, comme vient de le dire Blanquer de "refaire Nation". On le comprend. Le gouvernement a besoin de souder la nation au dessus des classes, car les inégalités explosent et chacun comprend que la nation n'existe pour les premiers de cordée, fraudeurs impunis, que pour leur fournir du travail exploité.

2) Il n'a pas manqué d'indiquer qu'une partie de l'encadrement des deux fois 15 jours obligatoires, pris sur les vacances, pourrait être assuré en par tie par des militaires ou militaires en retraite, et l'hébergement assuré en partie par les militaires. Pour ceux qui ont fait leurs "classes" pendant deux mois dans l'enfer militaire, ils savent ce qu'est l'esclavage abrutissant des militaires.

3) avec la suite "à la carte", jusqu'à un an, c'est une façon de recruter encore plus de militaires ou gendarmes, en préparation des guerres internationales et civiles qu'annoncent les désastres économiques, sociaux et écologiques liés à l'accumulation capitaliste dont le MAC40 n'est que l'instrument.

4) c'est aussi, avec cette suite à la carte, pouvant durer un an, une façon de profiter d'une main d'oeuvre surexploitée dans diverses tâches.

5) le coût est estimé dans le rapport présenté par Geneviève Darrieussecq secrétaire d'état auprès de la ministre des Armées, à 1 ou 1,5 milliards d'Euros. C'est sans doute sous-estimé, mais peut importe, car Blanquer vient d'affirmer qu'il s'agit d'une "priorité présidentielle", et que "l'intendance suivra". Mais pourquoi se suit-elle pas pour les besoins sociaux ? Le gouvernement impose une austérité à tous les services publics et réduit les prestations sociales. Par contre il n'entend pas compter pour aboutir à "discipliner la jeunesse".

Geneviève Darrieussecq, qui a présidé le groupe de travail, va entamer des consultations, en vue d'une adoption par la loi du projet avant la fin de l'année, et du démarrage de l'encasernent dès l'été suivant. Les organisations de jeunesse ont déjà exprimé leur opposition. Mais on sait ce que valent les consultations d'un gouvernement au service de l'accumulation capitaliste.

Il reviendra dès lors aux lycéens, avec l'appui de tous les défenseurs de la liberté et de la justice, dès la rentrée puisque les consultations commenceront à l'automne, d'informer sur les objectifs liberticides de MAC40 tout en dénonçant la sélection sociale inscrite dans Parcoursup.


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Re: Retour au service national obligatoire ?

Messagede Pïérô » 02 Juil 2018, 11:11

14 organisations de jeunesse s'opposent à un service national universel obligatoire

Alors que le gouvernement suit les propositions du groupe de travail qui a recommandé la mise en place d'un service national (SNU)d'un mois obligatoire pour tous les jeunes, 14 organisations de jeunesse avaient déjà mitraillé cette proposition dans un tribune parue le 2 Juin dans le JDD.

S'engager, c'est surtout choisir. Faire le choix de s'engager, de donner du temps à une cause ou à un projet, c'est aussi faire le choix de se trouver et de se construire, en s'assumant en tant qu'individu et en tant que citoyen. Choisir l'engagement est tout aussi important, si ce n'est plus, que l'engagement lui-même. C'est ce choix qui donne tout son sens à l'expérience citoyenne qu'est l'engagement, car il matérialise le libre arbitre, la liberté d'action citoyenne et conduit au développement de l'individu et par conséquent à celui de la société. Nous, organisations de jeunes, sommes les exemples concrets de cette expérience d'engagement. Dans notre diversité, de l'école au monde du travail en passant par l'université, dans les grandes métropoles comme dans les communes rurales, notre dénominateur commun est cette volonté d'engagement au service de la construction d'une société plus juste et solidaire. Nous sommes des citoyens engagés, et nous le sommes parce que cette citoyenneté active s'est construite par nos choix.

Il est de notre responsabilité de mettre en évidence les incohérences et les décalages de la proposition d'établir un service national universel obligatoire

De par l'expérience quotidienne de leurs membres, les organisations de jeunes ont une expertise de l'engagement. Aussi, étant donné les conséquences pour la jeunesse qu'aurait un tel dispositif, il est de notre responsabilité de mettre en évidence les incohérences et les décalages de la proposition formulée par l'exécutif d'établir un service national universel (SNU) obligatoire.

Ce projet souffre d'un premier décalage majeur entre d'un côté la volonté des jeunes qui, comme nous l'observons au quotidien, font le choix de s'engager de façon souple et diverse dans une recherche de sens comme d'épanouissement et, de l'autre, le cadre obligatoire, rigide et contraignant que le projet semble faire émerger. Rappelons que les principales formes d'engagement, militaires comme la garde nationale, ou civiles tels que le service civique et le bénévolat associatif, ne s'appuient pas sur un principe d'obligation. Au contraire, ils se caractérisent par leur flexibilité tout en s'inscrivant dans un cadre promouvant la diversité des formes d'engagement.

Le SNU, tel qu'il semble se dessiner, souffre d'un second décalage entre l'objectif affiché de mixité sociale et ses effets présagés. Il n'est pas question pour nous d'ignorer ou de minimiser les enjeux d'une plus grande mixité sociale en France. Cependant, il nous semble utopique voire dangereux de la faire reposer sur un tel dispositif.

La France ne doit pas mettre les jeunes face à une dette, mais les encourager dans leurs contributions futures

La mixité sociale ne se décrète pas, elle se construit en même temps que le citoyen en devenir, à l'école de la République. C'est au sein de celle-ci que tout peut être fait pour offrir à tous la possibilité de s'engager, sans distinction d'aucune sorte. Si la mixité sociale est une préoccupation majeure, ce ne doit pas être simplement un aveu d'échec de l'école publique et laïque : elle doit être prise en compte par toutes les politiques publiques. Ce décalage nous interpelle d'autant plus que, au regard des moyens financiers importants nécessaires à la mise en place d'une telle mesure, il serait regrettable que les objectifs ne soient pas atteints alors que de nombreuses initiatives portées par l'Éducation nationale et les associations offrent des solutions adaptées aux réalités. Mais il est à craindre, au vu des annonces récentes, que le dispositif réponde davantage à une logique démagogique qu'à celle de la coconstruction fondée sur l'expertise des acteurs.

La France ne doit pas mettre les jeunes face à une dette, mais les encourager dans leurs contributions futures. Nous refusons de penser un dispositif d'engagement pour la jeunesse comme un devoir, un service que les jeunes auraient à rendre à la nation dans le but d'obtenir un statut de "bon citoyen". À nos yeux, si un tel investissement doit être fait, il doit s'orienter vers l'application et le renforcement des politiques publiques à l'adresse des jeunes. Cet investissement pourrait par exemple être consacré à l'accompagnement des jeunes en difficulté, à la prévention des risques, au passage du code de la route, à des formations sur l'égalité femmes-hommes, sur les enjeux climatiques, sur la découverte d'autres cultures, etc.

La jeunesse est vécue de façon très différente selon que l'on est étudiant, jeune travailleur, en recherche d'emploi, parent, en situation de handicap, selon notre origine sociale, en territoire urbain ou en territoire rural. La présentation des enjeux et de la diversité des instances militaires de la République doit être enseignée au même titre que les instances civiles : par l'école publique et laïque, incubateur de savoir et de mixité.

Les politiques publiques de jeunesse doivent changer de logiciel. La jeunesse ne peut plus être tenue à l'écart des projets qui la concernent par des politiques paternalistes, soupçonneuses et systématiquement pensées dans la défiance. Pour cela, renforçons d'abord la confiance des jeunes envers une nation capable d'orienter sans imposer et de conseiller sans contraindre."

* Animafac, Coexister, Fédération des associations générales étudiantes (Fage), Jets d'encre, Les Jeunes Écologistes, Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), La Mutuelle des étudiants (LMDE), MAG Jeunes LGBT, Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), Promotion et défense des étudiants (PDE), Syndicat général des lycéens (SGL), Union nationale des étudiants de France (Unef), Union nationale lycéenne (UNL), Union nationale lycéenne – syndicale et démocratique (UNL-SD)


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Re: Retour au service national obligatoire ?

Messagede bipbip » 16 Juil 2018, 14:27

Service national : internement obligatoire confié à l’Education nationale

C’est une confirmation : le service national universel (SNU) tourne à la farce mais elle ne fait rire personne. Après des mois de tergiversation et plusieurs rapports contradictoires, le gouvernement semble tenir son projet, annoncé en grande pompe par… Blanquer, qui rajoute là un nouveau fleuron à sa panoplie déjà chargée de grand communicant, de grand manipulateur. De fait, comme on le pressentait, dans cette entreprise de surveillance renforcée des jeunes, c’est bien l’école qui est en première ligne.

Seraient concernés au premier chef les lycéens, les 16-18 ans, sans doute jugés plus malléables que les plus âgés. Le service se décomposerait en deux périodes d’internement obligatoire de 12 jours chacun, pris sur les vacances scolaires. Les internats des lycées et les centres de vacances (qu’on ne savait pas si spacieux pour accueillir 700 ou 800 000 jeunes…) seraient mis à contribution pour l’hébergement.

Au programme des réjouissances : une première période consacrée à un bilan de santé (il faudra d’abord pour cela dénicher des médecins scolaires, car il n’y en a plus guère), détection de l’illettrisme (attendre 16-18 ans pour ce faire, est-ce bien raisonnable ?), du décrochage scolaire (on n’y avait jamais pensé), gestes de premier secours (déjà dans les programmes scolaires). Une seconde période sera réservée à un stage dans différents domaines (parmi lesquels la défense, bien sûr), suivie éventuellement d’un service volontaire.

Pour encadrer ce petit monde, il est prévu de faire appel à des intervenants reconnus pour leurs grandes compétences éducatives comme d’anciens militaires ou des stagiaires issus des grandes écoles.

Sur le coût estimé de cette plaisanterie, les chiffres varient : un, deux ou trois milliards d’euros par an, allez savoir ; le SNU, c’est un peu comme l’EPR de Flamanville, il faut compter avec les dépassements. Mais le premier projet envisagé pendant la campagne électorale montait jusqu’à 30 milliards d’euros sur la durée du quinquennat. La France est un pays riche… Comme il n’est pas question de toucher aux dépenses militaires, sanctuarisées (quelque 300 milliards d’euros pour la loi de programmation militaire), ce sont bien évidemment les budgets civils et, singulièrement, celui de l’Education nationale, qui seront chargés de mettre la main à la poche et de financer la « promesse du candidat Macron », le caprice du président.

Pourtant, la fermeture de centaines de classes est programmée à la rentrée prochaine ; de nombreux établissements se trouvent dans un état de délabrement avancé (les écoles de Marseille défrayent régulièrement la chronique mais elles ne sont pas les seules). Pour cette rentrée, le sous-encadrement des élèves sera encore patent, des postes non occupés, les élèves handicapés inscrits si l’on a l’argent pour faire les travaux). Mais d’argent il n’y a pas. D’autres priorités, comme le SNU.

Dans ces conditions, se demandera-t-on, pourquoi ce projet, de quoi ce projet est-il le nom ? Il importe de se souvenir que, lors de la campagne présidentielle, Macron avait mis en avant l’impératif d « inculquer la discipline aux jeunes », par un encadrement s’inspirant du service militaire, vieux fantasme d’une large partie de la classe politique, toutes tendances confondues. Inculquer la discipline aux jeunes mais rien qu’aux jeunes, les plus âgés étant dispensés de cette obligation. Autre argument mis en avant : l’apprentissage du « vivre ensemble », comme si, arrivés à l’âge de 18 ans, deux périodes de quinze jours allaient utilement compléter ce qu’ils ont vécu ensemble, à l’école et ailleurs, pendant une quinzaine d’années.

On aura du mal à prendre au sérieux la rengaine sur la nécessité du « brassage social » à laquelle répondrait le SNU. Parce qu’évoquer le brassage social dans un pays dévoré par ses inégalités institutionnelles, sociales, ethniques, c’est refuser de voir la réalité des choses. Le brassage social miraculeusement réalisé par l’enfermement obligatoire de sa jeunesse, c’est une escroquerie. Le brassage social mis en œuvre par un ministre dont toute la politique consiste à conforter les discriminations sociales , c’est tout simplement se moquer du monde.

En réalité, ce que confirme ce SNU, c’est la profonde méfiance qu’entretiennent les politiques (et sans doute une partie des adultes) pour la jeunesse, qu’il faudrait surveiller toujours plus, enfermer, et dont on se refuse à voir qu’elle fait déjà partie de la société, du monde, depuis sa naissance. C’est aussi, en renforçant l’intervention de l’armée à l’école, en germe depuis trop longtemps dans l’éducation à la défense, confirmer la dérive militaire et identitaire de la formation civique scolaire. Que l’Education nationale puisse se charger, sur temps scolaire, dans des locaux scolaires (sous encadrement scolaire ?) de cette tâche d’internement, de dressage, qui était traditionnellement celle de l’armée, est plus qu’un simple dérapage.


https://www.questionsdeclasses.org/?Ser ... -nationale
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Re: Retour au service national obligatoire ?

Messagede bipbip » 21 Juil 2018, 07:46

L’Assemblée vote l’inscription du « service national » dans la Constitution

Le futur service, détaillé fin juin par le gouvernement, consistera en un mois obligatoire aux alentours de 16 ans, suivi d’un engagement sur la base du volontariat.

L’Assemblée nationale a voté dans la nuit de mercredi 18 à jeudi 19 juillet l’inscription du « service national » dans la Constitution, afin de permettre la mise en œuvre du service national universel (SNU) voulu par Emmanuel Macron.

La loi fixera les règles concernant les sujétions imposées par le service national, en vertu d’un amendement des rapporteurs au projet de révision constitutionnelle. La garde des sceaux Nicole Belloubet a défendu cet « ancrage constitutionnel » nécessaire, après « analyse juridique ».

... https://www.lemonde.fr/politique/articl ... 23448.html
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