Un quinquennat Macron-MEDEF

Re: Un quinquennat Macron-MEDEF

Messagede bipbip » 08 Avr 2018, 00:19

Nicolas Hulot (ré)invente l’écologie de marché

En installant le 30 mars dernier le « Comité de l’accélérateur de la transition écologique », l’avionneur d’Ushuaïa jette définitivement le masque et revient à ses premiers amours. L’écologie étant une chose trop sérieuse pour la laisser aux écologistes, on va la confier aux industriels…

L’annonce étant intervenue le 30 mars, nous avons immédiatement pensé, tant c’était énorme, à un poisson d’avril. Sauf que ce n’est pas le genre de beauté du triste sire qui hante les couloirs de l’hôtel de Roquelaure.

... https://www.anti-k.org/2018/04/07/nicol ... de-marche/
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Re: Un quinquennat Macron-MEDEF

Messagede Pïérô » 09 Avr 2018, 11:35

Barrages hydrauliques: nouveau coup de force du gouvernement Macron

La mise en concurrence des concessions des installations et barrages hydrauliques : un nouveau coup de force du gouvernement Macron. Alors que le gouvernement est en marche forcée vers la privatisation des concessions hydrauliques, l'hydroélectricité s'éloigne.

La loi de transition énergétique d’août 2015 a confirmé le principe de la mise en concurrence des concessions hydrauliques exigée par l’UE. Jusqu’à maintenant, cette disposition qui est la négation du service public français de la production hydroélectrique et soulève des oppositions de tous côtés n’a pas été appliquée. Le gouvernement veut la mettre rapidement en place. Contrairement à ce qu'il affirme, cela n'a rien d'obligatoire, ni d'urgent. La Commission européenne n'a fixé aucun calendrier. Il n'y a donc aucune obligation à devancer des exigences que certains pays européens, tels l'Allemagne, l'Autriche et le Portugal, ont refusé d'appliquer.

... https://blogs.mediapart.fr/francois-atg ... ent-macron
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Re: Un quinquennat Macron-MEDEF

Messagede Pïérô » 12 Avr 2018, 19:39

Un Jupiter à l’eau bénite

Le calendrier religieux de l’Église catholique, romaine et apostolique était formel : ce lundi 9 avril était jour de la fête de l’Annonciation. Et question annonce, on ne fut pas déçu. Grâce au président de la République, ce fut un festival.

... http://www.regards.fr/l-humeur-du-jour/ ... eau-benite
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Re: Un quinquennat Macron-MEDEF

Messagede Pïérô » 12 Avr 2018, 20:56

Analyse sommaire et survol du Projet de loi ELAN

Une loi en soutien à la spéculation et au logement cher …

Vers une aggravation de la crise du logement et de la bulle immobilière.


Tandis que les prix de l’immobilier, du foncier et des loyers dans les zones tendues battent des records, le gouvernement, après quelques consultations qui ont modifié à la marge cet empilement très disparate de mesures, présente son projet de loi “ELAN” sur fond d’économie lourdes sur les APL et d’attaques contre les financements du logement social.

Il contient de nombreuses atteintes au droit au logement.
Loin de conduire à une baisse des prix comme le prétend la communication de l’exécutif, ce texte de loi vient lever des protections pour les plus fragiles (ex. normes handicap), fragiliser les moyens de les loger (vente et marchandisation des HLM) et doper encore un peu plus la spéculation immobilière, à coups de grands projets d’urbanisme étatiques (GOU), de métropolisation, de JO, de dérégulation (marginalisation de l’encadrement des loyers et vente en bloc de HLM à des sociétés privées), particulièrement dans les métropoles et en Ile-de-France, où les groupes financiers internationaux investissent massivement (voir le rapport de l’ONU sur la financiarisation du logement : https://www.droitaulogement.org/wp-cont ... ion_fr.pdf )

Manifestement hostile à la régulation du marché, le gouvernement tente donc de faire accréditer l’idée que la production massive de logements fera spontanément baisser les prix de l’immobilier.

Comme on a pu l’observer dans le monde entier, l’augmentation de la construction est tirée par la hausse des prix, c’est-à-dire par la perspective de profits juteux à réaliser. Par exemple, en France on construit de plus en plus depuis 2014 et les prix grimpent… de plus en plus. C’est donc l’effet inverse de celui annoncé par E. Macron : plus on construit, plus les prix montent, jusqu’à la crise1.

L’autre solution consiste à décourager fiscalement la spéculation foncière, encadrer les loyers à la baisse, et réaliser massivement des logements sociaux, à l’inverse de la voie suivie par le gouvernement

Droit Au Logement s’oppose aux dispositions régressives prévues dans ce projet de loi :

• L’instauration d’un bail de 1 à 10 mois, (bail mobilité) menace de morceler la vie des futurs locataires en zones tendues, ménages modestes, jeunes, étudiants, migrants …. La limitation des publics est incontrôlable et devrait déboucher sur une généralisation progressive de cette aubaine pour les bailleurs. Créant une grave précarisation des conditions de vie, cette disposition permettra aux bailleurs privés d’augmenter les loyers au changement du locataire, et d’alterner avec la location touristique. Il s’agit donc d’une mesure inflationniste, à laquelle les bailleurs devraient abondamment recourir pour accroître une rente locative sérieusement affaiblie par l’emballement des prix immobiliers … C’est bien l’objectif du gouvernement, sensible aux doléances des milieux immobiliers.

Les marchands de sommeil devraient aussi profiter de l’aubaine, car les mal logés faute de mieux se replieront alors vers cette solution, qui permet au bailleur de louer de courte durée, sans risque d’être dénoncé et poursuivi.

Désormais, ce n’est plus le locataire qui choisira la date de son départ, c’est le bailleur. Ce dispositif taille en pièce le droit à un logement stable, indispensable pour se reposer, se soigner, vivre en famille, constituer des liens sociaux. Le bail d’un mois, c’est déjà la rue et c’est moins que les baux du 19e siècle ! En lieu et place du bail mobilité, DAL demande l’interdiction des cautions solidaires, pour pallier aux difficultés d’accès, et encourager les bailleurs à limiter leurs exigences.
• Détricotage de l’encadrement des loyers : là encore, la rente locative obtient gain de cause, l’encadrement des loyers devient expérimental, facultatif et ne s’appliquerait qu’à la demande d’un EPCI (Etablissement public de coopération intercommunale) ou d’une métropole, devenant ainsi une mesure d’exception. L’encadrement des loyers dérange, mais est populaire. Le ministère du Logement, hypocritement, nie bien sûr vouloir son extinction, c’est pourtant ce qui se dessine. Qui est dupe ?

Il suffisait de recadrer le décret dont la rédaction trop prudente a permis l’annulation de l’encadrement à Paris et à Lille, afin d’imposer sa mise en œuvre dans toutes les agglomérations tendues, comme prévu par la loi ALUR. Il serait cohérent d’introduire aussi des sanctions contre le non respect du gel des loyers à la relocation dans les zones tendues.
• Vente de logements sociaux au secteur spéculatif : après avoir décidé d’assécher la trésorerie des bailleurs sociaux (1,5 milliard par an dès 2019) le gouvernement leur impose de vendre 1% de leur parc (minimum), soit plus de 40 000 logement HLM. De nombreuses mesures pour faciliter ces ventes sont prévues, notamment la vente en bloc à des sociétés de droit privé, y compris pour des HLM récents et ce au prix fixé de gré à gré ; l’autorisation préalable du maire est supprimée. De nombreuses dérives sont donc possibles car cette réforme construit des ponts entre le secteur privé spéculatif et le secteur social.

De plus cette mesure livre les locataires PLS protégés, à des spéculateurs dont l’objectif sera de les évincer pour faire des profits. Enfin, elle peut produire des copropriétés dégradées en grand nombre.

Ces ventes imposées aux bailleurs sociaux et facilitées, conduisent à permettre de faire du profit avec un patrimoine dont la réalisation a été financée par la collectivité publique nationale.
• Ventes de HLM dans les communes en déficit de LLS (logement locatif sociaux), une atteinte à la loi SRU : Ces ventes seront encouragées dans les communes en déficit (moins de 25% de LLS), car les logements vendus « au plus offrant ou aux petits copains » seront comptés pendant 10 ans comme des HLM… Pas la peine de se presser à en construire de nouveaux, d’autant qu’une bonne partie de la droite veut la peau de l’article 55 … Comme un HLM à Neuilly se vendra mieux et plus cher qu’à Gennevilliers, les bailleurs sociaux devraient vendre les plus attractifs. La cohérence aurait voulu que la vente HLM soit totalement interdite en secteur loi SRU, au lieu d’être soutenue.

• Concentration des bailleurs sociaux : sans qu’il soit démontré que la concentration produit des économies d’échelle, le projet de loi pousse à la disparition des bailleurs locaux, et éloigne les organismes HLM du terrain. Des bailleurs nationaux siégeant à Paris ayant la main sur plusieurs centaines de milliers de logements décideront du sort des locataires de Roubaix, Lyon, Perpignan, Brest, ou Guéret … : vente, démolition, report des réhabilitations, limitation de l’entretien et de l’encadrement de proximité, seront décidés loin des intérêts des locataires, des salariés locaux et des communes. Que reste-t-il aux locataires pour se défendre ? La grève des loyers ?

• Fixation des loyers HLM en fonction des revenus des locataires : cette disposition facultative annonce de nouvelles économies sur les APL, et donc une hausse importante des loyers pour les locataires HLM qui ont des revenus moyens. Elle promet aussi de fortes tensions entre les locataires.

• L’examen de la situation du locataire tous les 6 ans, prélude au bail HLM en CDD : Tandis que les sous statuts se développent en HLM (sous location, bail glissant, intermédiation locative …) et que des entorses au maintien dans les lieux on été introduites dans la loi (locataires dont les revenus dépassent de + de 50% les maximas des ressources pour accéder à un HLM, et locataires en sous peuplement) cette mesure révèle la volonté de mettre un terme au droit au maintien dans les lieux. Ce serait donc une nouvelle attaque contre le droit à un logement stable.

• La quasi suppression des normes handicap dans la construction neuve remet en cause le droit à l’accessibilité, en limitant cette obligation à 10% des logements neufs dans les immeubles avec ascenseur (4 étages et plus), ce qui revient à passer largement sous le seuil des 5%. Les associations du handicap relèvent que cette disposition revient aussi à sacrifier le maintien à domicile des personnes âgées, priorité pourtant annoncée par le même gouvernement.

• La baisse des normes, au détriment des habitants et des architectes : Les architectes qui constatent une dégradation de la qualité des logements produits (baisse des surfaces et de l’éclairage naturel, de la qualité générale de la production … ), conséquence du climat spéculatif, sont aussi visés par des mesures dites de « simplification », qui vont en fait accroître les désordres observés, aussi bien dans le neuf que dans les réhabilitations lourdes ou thermiques. La protection du patrimoine assurée par les architectes des bâtiments de France (ABF) est fragilisée, puisque la décision finale reviendra au préfet. En bout de course, c‘est aux habitants de supporter les mal façons et cette dégradation de la qualité des logements neufs, ainsi que la baisse générale des surfaces.

• Suppression de la fonction disciplinaire du CNTGI censé encadrer les professions immobilières: Le « conseil national des transactions et de la gestion immobilière » réduit à un rôle consultatif, perd sa fonction essentielle, celle d’encadrer un tant soit peu les professions immobilières, sujettes à des pratiques peu recommandables (blanchiment, escroquerie, mal façons, complicité avec des marchands de sommeil, et de manière plus répandue, non respect des réglementations protégeant les usagers, particulièrement les locataires (gel du loyer à la relocation, normes de décence, encadrement des frais d’agence …). Une aubaine pour les petits et gros requins de l’immobilier, une mauvaise nouvelle pour les pigeons et les locataires.

On mesure ici l’influence du secteur immobilier dans les sphères du pouvoir. N’oublions pas que les responsables des secteurs logement et politiques de la ville de la campagne d’E. Macron étaient des promoteurs.
• Durcissement à l’égard des locataires les plus modestes en situation d’impayé : Il faudra avoir repris le paiement des loyers pour bénéficier des droits créés par la procédure de surendettement : délais de paiement, apurement de la dette, suspension de l’expulsion, signature d’un nouveau bail à l’issue du protocole de cohésion sociale. Or les ménages les plus pauvres, dans l’incapacité de reprendre le paiement du loyer d’autant plus difficilement que l’APL est coupée, seront jugés de mauvaise foi et donc sanctionnés et expulsés, sans même une chance de relogement. Il y a lieu de redouter que cette conception de la mauvaise foi déjà en usage dans certaines instances, se généralise aux CCAPEX (Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions locatives), aux commissions DALO, ou pour l’obtention du FSL (Fonds de Solidarité pour le Logement).

• Transparence dans l’attribution des HLM ne veux pas dire justice : Sans même attendre le résultat des expérimentations de la cotation de la demande HLM instaurée par la loi Egalité et Citoyenneté du 27 janvier 2017, le gouvernement la généralise. Le DAL émet de sérieuses réserves sur ce dispositif, compte tenu des résultats pour le moins médiocres observés à Paris en matière de relogement des mal logés, des sans logis et des prioritaires DALO. Il est vraisemblable que cette mesure a été décidée à l’emporte pièce.

• Rien de neuf pour les victimes des marchands de sommeil : si les sanctions contre les marchands de sommeil sont durcies, au risque d’entraîner des représailles sur les occupants, leurs victimes ne voient pas leur situation s’améliorer en matière de protection, de diligence des autorités, d’activation rapide des procédures d’insalubrité, de mise hors de danger et de relogement, ou de facilitation des procédure sur le logement indécent. Il est vrai que l’objet de ce projet de loi n’est pas d’agir contre la crise du logement en soulageant ceux et celles qui la subissent …

• Absence de mesures pour les sans abris, hormis une baisse de la durée de la réquisition (2 à 4 ans, contre 6 à 12 ans) de bureaux, selon la procédure de « réquisition avec attributaire » issue de la loi de lutte contre les exclusions (1998). Cette procédure n’a d’ailleurs jamais été appliquée, car elle permet aux propriétaires d’échapper à la mesure en invoquant un projet futur …

Droit Au Logement est donc opposé à la plupart des mesures présentées dans ce projet loi car elles vont à l’encontre de l’intérêt des mal logés et des sans logis.

L’association regrette que le Gouvernement ait choisi de défendre les intérêts à court terme des milieux de l’immobilier, de la spéculation et de la finance, plutôt que ceux des locataires, des mal logés et des sans toit.

Plusieurs mesures dans le projet de loi soutiennent la propagation de l’inflation immobilière, et aucune mesure n’est prévue pour éteindre la flambée spéculative.

DAL se mobilisera contre ces propositions et ce projet de loi qui portent des atteintes graves et irrémédiables au droit au logement.

L’association manifestera également avec les salariés, contre les attaques gouvernementales et les projet de marchandisation des services publics comme le logement social, la santé, l’éducation, les services sociaux, la justice, la SNCF, la poste …

Un toit c’est un droit !


[1] Les cycles immobiliers en dent de scie caractérisent les marchés immobiliers dans les pays riches, fruits de la dérégulation des rapports locatifs, de la libéralisation des marchés, des politiques d’urbanismes de gentrification. Motivés par la réalisation de profits immédiats et rapides, les milieux immobiliers et les investisseurs construisent, spéculent, produisent une bulle et l’alimentent jusqu’à la crise et la chute brutale des prix. Il s’ensuit des pertes bancaires qu’il faut alors éponger avec des aides publiques, des expulsions massives, une hausse conséquente des logements vacants, du chômage, des faillites, des politiques de rigueur et d’économies sur la protection sociale des populations … Cela vaut-il la peine d’en arriver là ?


https://www.droitaulogement.org/2018/04 ... -loi-elan/
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Re: Un quinquennat Macron-MEDEF

Messagede bipbip » 13 Avr 2018, 12:22

Opération de propagande en bonne et due forme

Entre calinothérapie et mépris. Macron au JT de 13h sur TF1

Au journal de 13h, sur TF1, Emmanuel Macron est monté au front face à la gronde qui se généralise. Avec un Pernaut plus que jamais aux ordres, le président jupitérien a avant tout chercher à apparaître comme un homme fort, prêt à aller jusqu'au bout, en affichant un mépris à toute épreuve, sans oublier une « touche de social », pour montrer qu’il n’est pas (tout à fait) le président des riches.

... http://www.revolutionpermanente.fr/Entr ... 3h-sur-TF1
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Re: Un quinquennat Macron-MEDEF

Messagede bipbip » 15 Avr 2018, 13:45

Les raisons derrière les matraques

Il a peur de quoi, le Macron ?

Quand on sort la matraque pour taper comme un sourd, c’est soit la démonstration que l’on a suffisamment les coudées franches pour tout se permettre, soit le symptôme d’un état de très grande nervosité, tension et inquiétude. Macron relève davantage de la seconde que de la première catégorie.

... http://www.revolutionpermanente.fr/Il-a ... -le-Macron
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Re: Un quinquennat Macron-MEDEF

Messagede Lila » 15 Avr 2018, 19:16

Tribune

La régression sociale en cours touche d'abord les femmes

Par Fatima Benomar, Co-porte-parole des effronté-es , Huayra Llanque, Commission Genre d'Attac , Christiane Marty, Fondation Copernic , Céline Piques, Porte-parole d’Osez le féminisme ! et Suzy Rojtman, Porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes

Quand il supprime plus de 120 000 postes dans le secteur public, où les femmes représentent 60% des effectifs, ou quand il réforme la fiscalité sur les retraites, Emmanuel Macron affaiblit concrètement l'égalité entre les sexes.

à lire : http://www.liberation.fr/debats/2018/04 ... es_1640995
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Re: Un quinquennat Macron-MEDEF

Messagede bipbip » 17 Avr 2018, 09:15

Interview président de la république : Renforcer nos luttes face à un pouvoir qui ne veut rien entendre

Macron a pris la parole lors de deux longs moments de communication dont nous retiendrons son message principal : sa détermination à ne rien changer de sa politique (droit dans ses bottes comme Juppé en 1995…). Que dit-il ?

J’ai été élu pour faire ce que je fais aujourd’hui.

Un score faible à la présidentielle au premier tour, une importante abstention au second tour dans une situation particulière face à l’extrême-droite, des député-es élue-s avec là aussi une abstention massive : non, il n’y a pas eu de soutien majoritaire à son programme. Par ailleurs et heureusement, la démocratie ne se limite pas à un simple bulletin de vote tout les 5 ans ...

Ayez confiance, la SNCF restera 100% publique.

Nous avons l’expérience de ce qui a été fait en terme de privatisations d’ouvertures à la concurrence d’autres services publics.

Par exemple France Télécom devenue Orange, et passée de 100% publique à 50%, 30%… au gré des changements de gouvernements. De nombreux emplois ont été détruits, les politiques de rentabilité liées à la concurrence et à la dette ont conduit à une véritable crise des suicides tant la pression sur les personnels a été importante.

Par exemple la Poste, toujours 100% publique mais où la dégradation des statuts des personnels amène des emplois aux conditions dégradées, y compris en auto-entrepreneurs et des salaires misérables.

Dans tous les cas il n’y a aucun progrès pour les usagers ni en terme de coût ni en terme de service !

Les étudiant.es sont des professionnel.les du désordre

Pas de réponse aux inquiétudes concernant un renforcement de la sélection à l’entrée de l’université dont les enfants des quartiers populaires sont les premières victimes. Et la légitimation d’une politique du tout répressif en agitant les vieux oripeaux des manipulations n’a rien de bien nouveau.

Notre Dame Des Landes

En ce qui concerne la situation à Notre Dame des Landes, le caractère massif, violent et disproportionné de l’intervention policière et militaire a amené une très grande solidarité avec tous ceux et celles qui dans la lutte ont inventé des modes de vie et de travail alternatifs. Inventer, construire, revendiquer c’est légitime, c’est même indispensable dans une démocratie !

Droit d’asile

Là aussi, sans surprise le président appuie le texte du ministre de l’intérieur qui va restreindre le droit d’asile et accentuer la criminalisation des migrant-es et de leurs soutiens.

Pour l’hôpital et les Ehpad, une ouverture ?

Macron sait combien la lutte des travailleuses et travailleurs de la santé est populaire, il annoncera des mesures... La première que nous avons entendu dans la bouche de la ministre de la santé consisterait à décréter une deuxième journée de solidarité, soit supprimer un jour férié ! A ce rythme, les jours de congés de ceux et celles qui travaillent vont financer la santé pendant que les milliards de la fraude et de l’évasion fiscales continuent à augmenter, que les dividendes très élevés créent une classe de rentiers. Tout cela en prétendant ne pas augmenter la fiscalité…

Encore et toujours les riches

Rien de nouveau sur la répartition des richesses : pour Macron, la richesse est créée par ceux et celles qui la possèdent déjà ! Éventuellement il pourront si la situation économique le veut en donner des miettes aux autres.

Nous continuons nos luttes :
• en défense des services publics, nos biens communs, notre richesse, nos zones à défendre,
• pour nos salaires et nos pensions, dans les entreprises et les services où se créée la richesse,
• pour la liberté d’expression, de lutter, de revendiquer, d’agir et de créer notre avenir.

Et tous et toutes nous serons au côté des cheminot-es lors du vote à l’assemblée le 17 avril et dans la grève et dans la rue le 19 avril, toutes et tous ensemble.

Paris, 16 avril 2018


https://www.solidaires.org/Interview-pr ... ouvoir-qui
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Re: Un quinquennat Macron-MEDEF

Messagede bipbip » 18 Avr 2018, 08:34

Une attaque sous couvert de « solidarité »

14 ans après Raffarin, vers une seconde journée de « solidarité » non payée ?

Décidément, la « nouvelle politique » du gouvernement Macron est riche en recyclage. 14 ans après la loi Raffarin, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, envisage la mise en place d'une seconde de journée de solidarité, en lieu et place d'un jour férié, afin de financer la prise en charge des personnes âgées dépendantes.

« Jean-Pierre Raffarin avait inventé la journée de solidarité active, le lundi de Pentecôte […] on pourrait imaginer avoir deux lundis de Pentecôte travaillés » a annoncé ce vendredi 13 avril, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn. Le principe est simple : Faire travailler les salariés un jour férié, ne pas les payer, et ainsi financer en partie la prise en charge des personnes âgées dépendantes. Après avoir raboté les pensions des retraités, le gouvernement fait une proposition pour se parer d’un « aspect social », un projet qui consiste tout de même à faire bosser gratis, alors que 6 millions de personnes sont actuellement au chômage et 9 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France.

Dans le même temps, l’ISF se porte au mieux, lui qui a été vidé de sa substance pour les riches. En somme, le « président des riches » tente à tout prix de maquiller ses contre-réformes. Ainsi, si la manœuvre se pare des plus beaux habits de l’amélioration de la qualité de vie des personnes âgées dépendantes, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une attaque directe envers les travailleurs, qui aboutit par du travail gratuit au profit direct du patronat.

La méthode pour imposer l’idée est pour le moins cynique. Devant l’augmentation, réelle, du nombre de personnes âgées dépendantes, les hautes sphères réduisent le champ du possible. En réalité, ce sont trois option qui sont posé sur la table : La prise en charge par des assurances privées, ce qui ouvrirait un marché fort lucratif, et qui est à terme l’objectif inavoué du gouvernement, non seulement en ce qui concerne les personnes âgées dépendantes mais plus largement l’ensemble des classes populaires et des travailleurs. La prise en charge par la sécurité sociale, qui est dans le viseur des gouvernements successifs depuis des décennies, gouvernement Macron inclus, et qui apparaît comme inenvisageable puisque la casse de la sécurité sociale est orchestrée de longue date, comme en atteste les multiples baisses de charge sur le sujet pour les plus aisés et le patronat. Et donc, le jour de solidarité non payé, qui a l’avantage, pour les classes dominantes, de rogné petit à petit sur l’ensemble des temps de repos des travailleurs, sous couvert d’annonces grandiloquentes sur les déficits publics et du discours dominant du serrage de ceinture en ces temps de crise.

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Re: Un quinquennat Macron-MEDEF

Messagede Pïérô » 19 Avr 2018, 19:18

Les syndicats ne veulent pas d’une seconde journée de solidarité

Le chef de l’Etat a confirmé dimanche soir sur BFM et Mediapart, la piste de l’instauration d’un deuxième lundi de Pentecôte travaillé pour financer la dépendance

Alors que les relations entre les syndicats et Emmanuel Macron ne sont pas au beau fixe, l’évocation d’une possible seconde journée de solidarité - un nouveau jour férié travaillé mais non payé — promet de mettre encore le feu aux poudres ! Dans un communiqué, la CFDT a réagi dès ce lundi pour annoncer son refus. Pour la centrale de Laurent Berger, pas question d’accepter que « l’effort de financement nécessaire ne soit supporté exclusivement que par les actifs ». La CFDT demande au gouvernement « d’arrêter les bricolages sur le financement de la protection sociale ». Attachée aux repos dominicaux et aux fêtes religieuses, la CFTC promet de faire de même. Tout comme la CGT, irritée que l’on demande aux salariés de travailler plus sans être payés… Quoiqu’en dise le chef de l’Etat, cette mesure s’apparenterait à des prélèvements supplémentaires qui pèseraient sur tous les travailleurs.

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Re: Un quinquennat Macron-MEDEF

Messagede Pïérô » 19 Avr 2018, 21:55

Macron renvoyé dans ses cordes par un député européen belge

bon évidemment cela reste du même monde, mais ça fait du bien. :D

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Re: Un quinquennat Macron-MEDEF

Messagede bipbip » 21 Avr 2018, 16:08

Réforme. Top départ d’un big bang des retraites

Le haut-commissaire à la réforme des retraites a commencé à recevoir patronat et syndicats en vue d’une prochaine réforme qui pourrait être votée en 2019.

Après les annonces, la mise en musique. Le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a lancé, hier, les premières consultations avec les organisations syndicales et patronales. La CFDT a ouvert le bal, ce lundi. Force ouvrière, l’Unsa (qui est représentative dans la fonction publique) et la FNSEA (qui représente les agriculteurs) seront reçues cette semaine ; la CFTC, CFE-CGC, CGT, CPME, Medef et U2P, la semaine prochaine. L’objectif a été défini par le président de la République, dimanche soir, lors de son interview télévisuelle. Et comme annoncé durant la campagne, il s’agit là d’un véritable big bang. « Nous devons avoir un système plus transparent. Dans le cadre de cette négociation, tous les régimes spéciaux auront vocation à converger, à dix ans », a précisé Emmanuel Macron, afin d’aboutir à un système où « chaque euro cotisé ouvre les mêmes droits », sans différence entre le public et le privé. Voyant dans les acquis sociaux une « injustice » qu’il serait tenu de « réparer ». Alors que « cela fait vingt-cinq ans que les pouvoirs publics grignotent les retraites des salariés du privé comme du public, dans cinq ans, tous les régimes auront convergé. C’est de l’affichage pour diviser les salariés entre eux et imposer cette réforme », note Philippe Pihet, secrétaire confédéral FO, en charge des retraites, qui sera reçu aujourd’hui par Jean-Paul Delevoye. Une réforme aux contours encore flous, si ce n’est qu’elle vise à en finir avec le système de retraite par annuités, fondé sur le nombre de trimestres cotisés. Charge à la « concertation » conduite par le haut-commissaire de définir le cadre du nouveau système d’ici à la fin de l’année. Parmi les pistes, deux sont à l’étude du côté de l’exécutif. La première : la retraite par points, où chacun choisirait le moment de la prendre en fonction des sommes qu’il a cotisées. Un système à la carte, indexé sur les capacités contributives de chacun. « Une méthode faussement équitable qui risque de créer des inégalités supplémentaires et qui sera le reflet de la carrière », explique le syndicaliste, évoquant le cas des femmes, celui des accidentés du travail ou ceux ayant des carrières incomplètes. Surtout si l’on modifie la règle des 25 meilleures années, ajoute-t-il.

... https://www.humanite.fr/reforme-top-dep ... tes-653803
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Re: Un quinquennat Macron-MEDEF

Messagede bipbip » 21 Avr 2018, 21:17

Une offensive générale contre les institutions protectrices des salariés

Les reculs que le gouvernement Macron tente d’imposer sont l’aboutissement brutal d’une longue succession d’attaques, stratégiquement opérées par le patronat pour obtenir la mise à bas du système de protection sociale issu des conquêtes du milieu du 20e siècle.

Caisse d’assurance universelle, encadrement des contrats par la loi et les conventions, justice prud’homale élue, représentation dans l’entreprise, protection de la santé et corps d’inspection : ce tour d’horizon permet de voir le caractère englobant de ces institutions salariales. On pourrait discuter à l’infini de leur caractère contradictoire d’acquis sociaux ou d’instrument de domestication du mouvement ouvrier. Toujours est-il que dans les conditions de leur mise en place en France, assises sur une forte légitimité et se soutenant mutuellement, elles ont constitué un sérieux frein aux velléités du capital d’y mener la contre-offensive libérale.

Accusant du retard sur les autres bourgeoisies, le patronat français, réorganisé en 1998 derrière le Medef, a déclaré la « refondation sociale » pour « sortir du pacte national de la Résistance ». L’attaque n’était pas destinée à rester verbale : externalisations, politiques de fait accompli dans les entreprises, offensives juridiques, propagande pro-flexibilité et frénésie de réformes, tous les moyens seraient bons dans la contre-offensive pour neutraliser, sous couvert de reformatage, ces institutions salariales.

Le patronat comptait à juste titre sur l’inertie, voire la coopération des organisations syndicales, et il a effectivement su les cantonner à négocier les reculs en échange de contreparties. Dans l’esprit des directions syndicales, il s’agissait surtout de garantir l’essentiel – les postes dans les gros établissements du privé et la fonction publique, condition du maintien des appareils syndicaux. Mais leur résistance posait encore un frein considérable aux projets du patronat. Avec la position commune CGT/CFDT/Medef/CGPME de 2008 sur la « démocratie sociale », l’Etat bourgeois obtint enfin les moyens de sa politique. Ce pacte dont le caractère faustien fut révélé dès sa traduction sarkozyste dans la loi d’août 20081, et qui conditionne l’existence d’un syndicat à la mesure de son audience électorale ou autorise la négociation d’accords sans délégué syndical, jetait les bases d’une généralisation des accords dérogatoires.

Que ce soit un gouvernement socialiste (?!) qui se mette aux ordres du Medef pour déclencher l’offensive finale ne surprit même plus. La mise au pas de la justice prud’homale débuta et en 2016, ce gouvernement supprimait par ordonnance (déjà !) une élection au suffrage universel vieille de plus de 160 ans, en « contrepartie » d’une élection TPE bidon, insignifiante mesure électorale.2 Non seulement la bourgeoisie réussissait à substituer, sans heurts, à une justice gratuite et accessible une autre semblable à la justice civile, c’est-à-dire l’exact contraire, mais avec la suppression de l’élection prud’homales, dernière mesure non faussée de l’audience syndicale, la porte était grande ouverte à un favoritisme éhonté vis-à-vis des partenaires privilégiés, notamment la CFDT. Sans surprise celle-ci vit sa représentativité monter. Ainsi, contre la promesse de représentativité à quelques syndicats clients, le contrôle sur la mesure de cette dernière ainsi que sur les moyens de tous les syndicats, de la confédération à la branche, a été remis à un consortium composé de l’exécutif et des sommités des syndicats que le pouvoir lui-même avait déclarés représentatifs et majoritaires.

Les institutions protectrices de la santé des salariés furent aussi attaquées. L’inspection du travail, affaiblie par les restructurations de toute la fonction publique3 dans le cadre de l’austérité, déstructurée et mise sous tutelle par la réforme managériale de Sapin en 2014, est aujourd’hui-même menacée d’asphyxie totale, les suppressions de postes s’accompagnant du gel des recrutements.

Autre méfait de la loi Travail 1, celui d’avoir neutralisé la médecine du travail et rendu inaccessible la protection en cas d’inaptitude ; également d’avoir domestiqué le CHSCT : plus encore que les autres instances (dont le tour allait venir de toute façon), il fallait tordre le cou à cet importun doté de la personnalité morale, capable d’engager des expertise et d’ester en justice en défense des conditions de travail et de la sécurité des salariés. Les enjeux financiers pour le patronat étaient trop forts pour en rester là. Le CHSCT devait mourir.

Hiérarchie des normes : le coup de grâce

Avec les ordonnances de 2017, la fusion dans une instance unique, le « comité social et économique »,de l’ensemble des institutions représentatives du personnel, de simple possibilité ouverte deux ans plus tôt4 devient désormais la règle. Dans ce processus, la disparition du CHSCT est probablement ce en quoi les syndicats et les salarié-e-s ont le plus à perdre. La commission (rarement obligatoire) du CSE qui le remplacerait disposera d’un budget de fonctionnement en baisse, puisqu’elle devra prendre à sa charge, sur ce budget, 20 % des coûts de la plupart des expertises. Le rôle déterminant qu’ont pu jouer les CHSCT ces dernières années, dans la lutte contre les organisations de travail pathogènes et les réorganisations d’entreprise est donc particulièrement mis à mal.

L’affaiblissement de ces institutions n’était qu’un amuse-gueule. Dans la restructuration engagée, un autre des objectifs à long terme, et ce dans toute l’Europe, est la destruction de la hiérarchie des normes, afin de neutraliser les mécanismes égalisateurs et protecteurs de la loi et des conventions collectives, entraves à la maximisation des profits. Après la loi El Khomri qui permettait déjà à l’accord d’entreprise de déroger, sauf exceptions, à la branche, les ordonnances Macron viennent porter le coup de grâce, en ouvrant à la branche la possibilité de modifier des règles qui auparavant relevaient la loi, tel que le renouvellement des contrats à durée déterminée. La branche peut déroger presque en tout à la loi, et l’entreprise presque en tout à la branche. C’est la hiérarchie des normes à l’envers.

Ces négociations se feront sans négociateurs syndicaux dans les petites entreprises sur tous les sujets ouverts à la négociation collective, voire sans élus du tout, par référendum. Partout, le référendum à l’initiative de l’employeur devient possible pour valider un accord d’entreprise signé par des organisations syndicales représentatives minoritaires, avec un faible droit d’opposition syndicale. Et si cela ne suffisait pas, un mécanisme d’accords d’entreprise spécifique peut aménager la durée, l’organisation et la répartition du travail, la rémunération (salaires, minima, primes et avantages) ou la mobilité interne dans l’entreprise.

Avec ces combinaisons, ce n’est pas qu’il n’y ait plus de hiérarchie des normes. C’est qu’il n’y a plus du tout de loi qui ne puisse être réécrite dans l’entreprise, sous pression de l’employeur, et sans égalité dans les moyens des parties contractantes.

Et il faut voir les conditions dans lesquelles seront validés de nombreux accords : par un simple vote à la majorité des suffrages exprimés, sans condition de participation minimale. Sans problème, l’employeur pourra faire passer ses décisions unilatérales pour des accords. Cerise sur le gâteau, les « accords » doivent impérativement être contestés dans un délai de deux mois, faute de quoi ils demeureront en vigueur même s’ils sont complètement illégaux.

Si l’accord modifie les contrats de travail (augmentation de la durée du travail par exemple), les salariés sont tenus de l’accepter… ou d’être licenciés. Le cas échéant, le licenciement repose sur un motif sui generis, réputé intrinsèquement valable. Plus fort que le règlement ou la loi : même illégal, l’accord s’applique, ou c’est le licenciement sec. Le monde de l’entreprise devient le royaume d’Ubu.

Il va sans dire que tout cet assemblage ne profitera en rien aux petites et moyennes entreprises auxquelles il prétend être destiné. En tireront bénéfice comme toujours les grands groupes, dont les sous-traitants seront sommés de déroger à toute convention pour obtenir les marchés. Le délit de marchandage, après une interdiction de plus de 160 ans, est vidé de sa substance.

En faisant adopter ses ordonnances, nul doute que Macron a remporté une victoire importante, dont nous ne mesurerons que progressivement les conséquences (bureaucratisation accrue des syndicats dans l’entreprise, éclatement supplémentaire des conventions et garanties collectives, multiplication des chantages à l’emploi…). Et il ne s’arrêtera pas là : la destruction de l’assurance chômage, celles de la Sécu et du statut de la fonction publique sont prévues à court ou moyen terme.

Autant d’occasions de prendre notre revanche, car ces institutions constituent encore des repères largement partagés et soutenus par les travailleurs. Autant d’occasions de préparer correctement ces batailles et de populariser des revendications susceptibles d’unifier notre camp social par-delà les différences de secteurs, de contrats, de statuts...

L’abrogation des ordonnances et de la loi El Khomri sont incontournables, mais ne règlera pas la question tant le droit du travail était déjà une protection percée avant même leur adoption. L’interdiction des licenciements et des contrats précaires, la réduction du temps de travail à 32 heures dans un premier temps, l’augmentation du salaire minimum à 1700 euros, la création d’un million d’emplois publics constituent des mots d’ordre simples autour desquelles pourraient converger les mobilisations sectorielles qui se multiplient ces dernières semaines.

Cela nécessite également de contraindre les centrales syndicales à cesser de se prêter à la farce des concertations, comme celle que Macron a initiée sur la réforme des retraites, pour au contraire préparer résolument les batailles à venir. Les militant-e-s anticapitalistes ont un rôle à jouer en ce sens dans les prochains mois.

Comité Inspection du Travail


https://npa2009.org/idees/entreprises/u ... s-salaries
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Re: Un quinquennat Macron-MEDEF

Messagede bipbip » 22 Avr 2018, 13:16

Parcoursup, Loi ORE, reforme du lycée : le néoliberalisme au service des classes dominantes

Les réformes en cours à l’université doivent être remises dans un contexte plus large de transformations du savoir. Il ne s’agit plus de fournir des connaissances au plus grand nombre mais de construire des profils et des étudiants uniquement motivés par l’amélioration de leur capital humain. Le savoir n’est pas une marchandise, les étudiants le deviennent. Là est la grande victoire.

... https://paris-luttes.info/parcoursup-lo ... e-du-10005
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Re: Un quinquennat Macron-MEDEF

Messagede bipbip » 24 Avr 2018, 07:58

Logement

Augmenter les loyers, privatiser les HLM : Macron va-t-il aussi exaucer les vœux des gros propriétaires immobiliers ?

Emmanuel Macron prétend incarner une politique résolument moderne. Pourtant, les réformes économiques et sociales que le gouvernement mène au pas de charge, sont à bien des égards issues de « l’ancien monde ». C’est ce que décrypte l’ouvrage collectif « L’imposture Macron » coordonné par l’association Attac et la fondation Copernic et publié ce 18 avril par les éditions Les liens qui libèrent. Dans le domaine du logement, comme dans les autres, le pouvoir actuel favorise les plus riches, sur le dos des moins fortunés. C’est le fonctionnement régulier du marché immobilier, et non sa pseudo-crise, qui génère des pénuries et les galères qui vont avec, en même temps que d’incroyables profits. Extraits.

... https://www.bastamag.net/Augmenter-les- ... -les-voeux
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