Coup de gueule

Re: Coup de gueule

Messagede bipbip » 06 Mar 2018, 21:38

L’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration : au mépris des droits

Ce témoignage d’un salarié du secteur de la demande d’asile en Île-de-France fait cas de formes de maltraitance de la part de l’OFII vis-à-vis des demandeurs d’asile. Tous les moyens sont bons pour l’État afin de faire des économies, y compris priver des personnes vulnérables de leurs droits.

Depuis la réforme de l’asile de novembre 2015, c’est l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII) qui gère les aides financières des demandeurs d’asile. Lors de leur premier passage au Guichet Unique (service rassemblant des agents de la Préfecture et de l’OFII), les demandeurs d’asile doivent accepter l’offre de prise en charge qui leur est proposée pour pouvoir bénéficier des Conditions Matérielles d’Accueil (CMA) auxquelles ils ont droit. Celles-ci incluent un hébergement (dans les faits il y a bien trop peu de places disponibles malgré un nombre de logements vacants considérable) et une allocation.

Rebaptisée Allocation pour Demandeurs d’Asile (ADA), le montant de cette aide est forfaitaire et dépend du nombre de personnes composant le ménage. Le fait d’être hébergé ou non au sein d’une structure d’accueil fait également varier ce montant. Une personne seule et hébergée bénéficie de 6,80 euros par jour soit 210,80 euros par mois. Une personne seule et à qui aucune place d’hébergement dédiée n’a pu être proposée bénéficie d’un supplément de 5,4 euros par jour ce qui revient à un total de 378,20 euros par mois. Les demandeurs d’asile sont pour la plupart plongés dans une situation matérielle très précaire. Ces montants mensuels, qui permettent à peine de subsister aux besoins les plus élémentaires, sont pour eux d’une importance cruciale.

Aussi constatons-nous, de la part des différents services de l’État, un déni croissant des droits de ces personnes.

Voici une illustration concrète du mépris que peut exercer l’OFII sur des demandeurs d’asile à travers deux exemples particuliers. Nous pourrions les multiplier. Pour un travailleur social, il est monnaie courante de voir les droits d’un demandeur d’asile être bafoués. Ces cas sont bien réels. Par souci de confidentialité les noms de ces personnes, les dates mentionnées ainsi que les numéros de départements sont modifiés ; seuls les écarts entre les différentes dates sont respectés.

***

Fawad a 21 ans, il est Afghan, né dans la Province de Kaboul. Il a fui les menaces des talibans qui n’ont pas hésité à assassiner son père pour avoir porté secours à un militaire blessé. Il est arrivé en France en juillet 2016. Lorsqu’il a entamé les démarches pour demander l’asile, ses empreintes digitales ont été relevées. Le fichier EURODAC, qui répertorie les mouvements migratoires en Europe, a révélé que ses empreintes avaient été prises en Bulgarie. Conformément à l’accord Dublin III, c’est donc cet État qui est responsable de sa demande d’asile. Un arrêté de transfert lui a été remis afin de lui permettre d’y retourner, document assorti d’une information de placement en Centre de Rétention Administrative (une prison pour étrangers). Le tort qui lui vaut d’être privé de liberté ? Avoir été contraint par la police bulgare de déposer ses empreintes digitales. Les autorités de ce pays ne sont pas réputées pour leur tendresse à l’égard de certaines personnes étrangères qui traversent leur pays. Il est donc plus facile (davantage que pour un renvoi vers l’Allemagne, l’Espagne ou l’Italie par exemple) de déposer un recours contre l’arrêté de transfert, en invoquant les maltraitances dont font l’objet ces personnes. Il s’agit d’arguer que les personnes renvoyées peuvent subir de mauvais traitements en cas de retour en Bulgarie. Aussitôt que les autorités bulgares ont répondu favorablement à la demande de transfert, l’ADA que Fawad percevait a été coupée, conformément aux dispositions légales (notons qu’une absence de réponse de la part de l’État responsable vaut accord tacite). Soit.

Un recours a été introduit. À l’issue de l’audience, le Tribunal Administratif a décidé d’annuler le transfert et a ordonné à la Préfecture de lui remettre un dossier afin qu’il puisse demander l’asile en France. La décision souveraine du TA va plus loin : « Il est enjoint à l’OFII de rétablir M. **** Fawad dans ses conditions matérielles d’accueil et de lui verser l’allocation de demandeur d’asile à titre rétroactif à compter du 1er mai 2017, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir ».

Ce jugement a été notifié à l’OFII début décembre 2017. Il a en effet permis à Fawad de déposer une demande d’asile qui est maintenant en cours de procédure. En revanche, il n’a toujours pas perçu le moindre centime de l’allocation qui avait été coupée (210,80 euros par mois depuis mai 2017). La décision de justice est intervenue il y a plus de deux mois. Fawad n’a reçu aucune information sur ce blocage. Fin janvier, son avocat a pourtant saisi le Tribunal Administratif d’une requête en difficulté d’exécution. Un épais mur de silence et de dédain se dresse face à Fawad. “’il ne meurt pas de faim, c’est uniquement grâce à l’association au sein de laquelle il est hébergé et nourri.

***

Abdallah a 29 ans, il est Érythréen. Il a fui le régime totalitaire tenu d’une main de fer par Isaïas Afwerki depuis 1993. Il a traversé la mer Méditerranée à bord d’une embarcation de fortune et a eu la chance d’arriver sauf sur les côtes européennes. Il est entré en France le 30 juillet 2015.

Sa demande d’asile a pu être enregistrée rapidement, dans le département des Yvelines (78). Il est actuellement en attente de convocation pour une audience à la Cour Nationale du Droit d’Asile, institution qui pourra lui accorder une protection ou bien rejeter définitivement sa demande. Celle-ci étant toujours en cours, il a le droit de recevoir une ADA d’un montant de 210,80 euros par mois.

Abdallah a reçu une orientation en CADA (Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile) au courant de l’été 2016. Alors hébergé par une association, il n’a pas pu honorer ce placement car il était souffrant. Le versement de son ADA a été stoppée. L’équipe éducative qui suivait ses démarches a déposé un recours, expliquant, certificats médicaux à l’appui, qu’il était soigné dans un Centre Médico-psychologique et dans un service de maladie infectieuse. En vain.

Il restait cependant à Abdallah l’espoir de ne pas se voir définitivement radié de l’ADA, les travailleurs sociaux qui l’accompagnaient ayant relancé de nombreuses fois l’OFII afin d’en savoir davantage sur cette suspension. Ce n’est qu’en février 2017 que l’OFII du 78 a notifié à Abdallah un arrêt de versement de l’ADA pour un supposé “refus d’orientation en CADA” datant de l’été précédent. Il aura fallu attendre cinq mois pour que l’OFII communique une décision officielle.

Un nouveau recours gracieux a été effectué, toujours avec des certificats médicaux en appui. De l’autre côté, le même silence a continué. À la suite d’une énième demande d’information, l’OFII du 78 a répondu en avril 2017 par une nouvelle orientation dans un CADA de Seine Maritime (76). Elle se déclare donc désormais incompétente, il faut se tourner vers l’OFII du 76. Abdallah n’a pas perçu d’allocation depuis le mois d’août 2016, soit plus de dix-sept mois.

Cette suspension de droits est profondément injuste. La démonstration en a été faite à plusieurs reprises par des travailleurs sociaux qui ont alerté l’OFII sur cette situation préoccupante. Des dizaines de mails ainsi que des courriers recommandés ont été envoyés, des certificats médicaux attestant de la fragilité de son état de santé ont été versés à ces réclamations. Silence assourdissant des différents services départementaux de l’OFII. Au mieux, celle-ci déclare de manière laconique son incompétence pour des raisons évasives, au pire, elle ne prend même pas la peine de répondre.

En attendant, les droits d’Abdallah sont bafoués en toute impunité alors que sa vulnérabilité est avérée. Normalement, l’OFII aurait dû lui verser depuis août 2016 la somme de 3583,60 euros. Cette somme aurait pu lui permettre d’affronter l’avenir avec plus de sérénité, sa santé psychologique et physique se seraient nettement améliorées. Au final, il est plus fragile et désemparé que jamais. Il ne comprend pas cette injustice dont il est victime, ce qui accentue sa souffrance.

***

L’article L.744-8 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile prévoit pourtant que : « Le bénéfice des conditions matérielles d’accueil peut être : 1° Suspendu si, sans motif légitime, (…) le demandeur d’asile (…) n’a pas respecté l’obligation de se présenter aux autorités (…) / La décision de suspension, de retrait ou de refus des conditions matérielles d’accueil est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. / La décision est prise après que l’intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites dans les délais impartis. / Lorsque le bénéfice des conditions matérielles d’accueil a été suspendu, le demandeur d’asile peut en demander le rétablissement à l’Office français de l’immigration et de l’intégration ».

Les travailleurs sociaux du secteur de l’asile sont confrontés au quotidien à un cynisme étatique sans limites. Très régulièrement, des demandeurs d’asile dont l’état de santé est très alarmant voire des personnes en situation de handicap se voient refuser les Conditions Matérielles d’Accueil pour des raisons infondées. Même lorsque la justice intervient pour rétablir les droits d’une personne lésée, la décision est bien trop souvent non respectée. La « vulnérabilité du demandeur » qui figure pourtant dans les textes de lois est une dimension inexistante dans les critères d’appréciation de l’OFII.

Dans le climat actuel de stigmatisation politique et médiatique des étrangers, il est plus facile pour l’OFII de ne pas respecter les droits des demandeurs d’asile. Ce mépris insidieux et systématique n’est qu’un aspect, parmi d’innombrables, de la violence que l’État exerce sur ces personnes qui comptent parmi les plus vulnérables. Il est profondément ancré dans le fonctionnement routinier des administrations auxquelles les étrangers doivent faire face. Le message est limpide : vous n’êtes pas les bienvenus dans cette Europe qui se façonne progressivement en forteresse.

En tant que travailleurs sociaux, lors de nos dialogues avec les différents services de l’État (OFII et Préfecture), s’il arrive que nous échangions avec des interlocuteurs respectueux et compréhensifs, le plus souvent, nous faisons malheureusement face à un grippage institutionnel, à un verrouillage d’informations, nos mails et courriers restent sans réponses, les appels téléphoniques infructueux. L’indifférence et, pire, la maltraitance croissante de l’État, sont très préoccupantes. Comment ne pas y voir une volonté politique ? Ces abus ne sont pas anodins ou accidentels, ils sont assumés, et d’autant plus facilement qu’aucun responsable ne sera indexé. Au mieux, les différents services de l’État pointeront des dysfonctionnements regrettables ou des pesanteurs administratives, quand il s’agit en fait d’une véritable stratégie de paupérisation et de fragilisation des personnes exilées.


https://paris-luttes.info/l-office-fran ... ation-9634
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Re: Coup de gueule

Messagede bipbip » 10 Mar 2018, 19:50

Des réformes si peu contestées

Je terminais ainsi le billet* qui constatait la satisfaction de nombreux enseignants des mesures de Jean-Michel Blanquer pour l’école.
Je suis inquiète, combien d’enseignants, d’acteurs de l’éducation ont encore une conception émancipatrice de l’éducation ?
Quelle résistance au sein des acteurs de l’éducation et de leurs représentants ?
Quelles propositions au sein de la classe politique ?
Il est vrai que le ministre n’a pas eu besoin de proposer une réforme de l’éducation, juste des mesures qui permettaient de revenir sur la précédente tout en misant sur l’opinion favorable que ce soit celle des enseignants ou celle des parents.
Mais il n’y a pas que l’éducation qui est visée par des réformes guère contestées !
Le manque d’opposition peut interpeler, mais quand on regarde bien chaque réforme proposée, elle reprend toujours une ou plusieurs opinions partagées par la population.
Prenons celle de la réforme institutionnelle, elle propose la baisse d’un tiers du nombre de parlementaires, l’introduction d’une dose de proportionnelle pour les législatives et la fin du cumul des mandats… les sondages montrent 90 % d’approbation. Macron a su simplement rebondir sur quelques-unes des représentations de la population sur les élus. Du coup, la mesure sur le nombre d’amendements selon la taille du groupe d’opposition et qui met le feu au Sénat sera peut-être recouvert par le plébiscite des premières mesures. Cette opinion favorable se retrouvera-t-elle dans le référendum qui pourrait être proposé pour stopper l’opposition du Sénat ?
Comme celle du droit du travail, la réforme de la SNCF sera traitée par ordonnances pour accélérer la procédure et éviter les effets des enquêtes médiatiques sur l’opinion publique qui pour l’instant se nourrit des difficultés quotidiennes de transport et du sentiment d’injustice par rapport au statut des cheminots (dernier sondage : 7 français sur 10 serait favorables à sa suppression).
Ce qui permet au gouvernement de rebondir sur la réforme des retraites. En pointant le statut privilégié des fonctionnaires, il propose un régime unique où chaque euro cotisé garantira à tous les mêmes droits, en privilégiant un système par points.
Et sur celle de l’assurance chômage, puisqu’un fonctionnaire en est encore protégé à vie… Elle sera ouverte aux indépendants et aux démissionnaires, ce qui fait craindre la diminution des allocations pour tous et le durcissement des contrôles avec des sanctions sévères. Mais peu de réactions non favorables… mais ne reposent-elles pas sur des représentations sur les chômeurs qui ne seraient pas tous en recherche de travail et se la couleraient douce ?
Des réformes présentées comme évidentes
Celle de l’apprentissage pour le développer et ainsi réduire le chômage des jeunes tout en réduisant les financements publics avec la privatisation de la formation professionnelle confiée aux entreprises. Une mesure qui à première vue réduira les chiffres du chômage, mais qui précarisera les jeunes apprentis (peu ou pas payés) et indirectement leurs familles. Mais qui le saura à part les personnes concernées ?
Et celle de la formation professionnelle où chacun sera autonome et responsable de son plan de formation. Sous l’apparence de vouloir développer la formation pour tous, qui s’opposera ? Mais n’est-ce pas aussi une manière d’écarter les partenaires sociaux ?
Celle de la sécurité routière où seule la limitation de vitesse à 80 km/h a déchaîné la contestation : une attitude individualiste que les médias ont repris bruyamment !
Celle de la justice perçue surtout comme une réforme de la carte judiciaire inquiète les magistrats et les avocats qui manifestent devant des tribunaux. Mais qui le sait, les médias télévisuels n’en parlent guère.
Pour l’instant, seule une réforme a été vraiment controversée, c’est celle sur l’immigration avec la « Loi sur l’asile et l’immigration » avec un mouvement associatif et populaire qui a su se faire entendre. Un reste d’humanisme qui rassure…
Pourquoi si peu d’opposition ?
Certes pour ses réformes, Emmanuel Macron a su utiliser finement les représentations, les préjugés, pour les rendre satisfaisantes aux citoyens et citoyennes. Mais ce constat n’explique pas tout.
L’opposition politique, syndicale est peu visible. On a l’impression qu’il ne reste plus que les structures, que des militants convaincus, mais que le reste de la population ne les écoutent plus, voire les ignore. L’augmentation de l’abstention électorale en est un des symptômes.
Les manifestations ne font pas le plein et les médias aiment à les ridiculiser…
Les rassemblements comme « Nuit debout » n’ont pas résisté au déclin du politique.
En fait, chaque citoyen, citoyenne ou famille protège ce qui lui reste, même si c’est peu… car ce peu risque de disparaître. De plus, se projeter dans l’avenir est de plus en plus difficile, même pour le rendre meilleur.
Une exception les ZAD qui ne fléchissent pas et forcent l’État à réagir. La défense de l’environnement serait-elle la seule capable à mobiliser des hommes et des femmes de toutes les générations ?
Que faudrait-il pour réveiller la contestation ?
Une autre forme de vie politique ? Quitter les anciens schémas et en inventer d’autres ?
Penser et construire le commun dans des actions de proximité ?
Développer l’esprit critique face aux discours, aux médias par l’éducation de l’enfance à la retraite ?
Exercer la participation citoyenne dès l’enfance, car elle ne s’improvise pas à l’âge adulte au gré des volontés municipales ?
Prendre conscience de la finitude de la Terre ?
Et ?
Cette réflexion individuelle est bien insuffisante, il faudrait prendre en main cette problématique collectivement.
Un mouvement de libération de la politique ?

* Le billet : http://www.catchabrun.com/2017/09/les-f ... ntree.html


https://www.questionsdeclasses.org/?Des ... contestees
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Re: Coup de gueule

Messagede bipbip » 11 Mar 2018, 00:41

93,4 MILLIARDS DE PROFITS POUR L'ANNÉE 2017, TEL EST LE SCORE DES 40 ENTREPRISES PREMIÈRES DE CORDÉE DE LA BOURSE. C'EST POUR CES PROFITS QUE MACRON IMPOSE L'AUSTÉRITÉ À L'HÔPITAL, L'UNIVERSITÉ, L'ENSEIGNEMENT. IL FONCE DANS LE BROUILLARD DE LA PRIVATISATION DE LA SNCF ET DES ENTREPRISES À CAPITAUX NATIONAUX POUR QUE CES MESSIEURS DU CAC 40 EN ENGRANGENT TOUJOURS PLUS. ET IL FAUDRAIT CONSENTIR À LA DESTRUCTION DES EMPLOIS, AU GEL DES SALAIRES, À LA RÉGRESSION DES PENSIONS, ET AU DÉMANTÈLEMENT DE LA PROTECTION SOCIALE ?

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Re: Coup de gueule

Messagede bipbip » 13 Mar 2018, 03:50

Lettre ouverte à mon Assistante Sociale

Chère Madame Machin,

Je voulais vous écrire parce que vous avez été mon Assistante Sociale, mais sachez qu'avant tout, je cherche à toucher l'être humain et pas l'Agente Territoriale en mission. Je vais essayer de ne pas verser dans la condescendance ou le paternalisme, Cependant je voulais tenter de vous expliquer mon point de vue sur l'institution dont vous êtes la dernière représentante en date dans ma vie. Une dernière chose avant de commencer, si j'utilise beaucoup de guillemets, c'est que, sans ça, vos mots ont dans ma bouche un goût exécrable.

Le sujet est vaste, commençons par le sens des mots. "Assistante Sociale RSA". C'est par ces mots que vous vous êtes définie dans le dernier message téléphonique que vous m'avez laissé. Je n'aurais pas voulu commencer par un cours de sémantique, mais il me semble essentiel de commencer par là... De mon point de vue, il y a ces gens, coincés sous les gros sabots de la "Société", comme on dit, et votre métier, qui consiste à les aider à ne pas se faire écrabouiller inlassablement, à faciliter la relation "personne en galère" versus "reste du monde". Il se trouve que vous n'êtes pas juste une "Assistante Sociale", vous êtes "spécialisée" en RSA. En 2007, vous n'auriez pas été "Assistante Sociale RMI", vous auriez juste été "Assistante Sociale", le RMI faisant seulement partie de votre panoplie d'outils, vous l'auriez proposé à vos - tiens, comment s'appellent, dans votre langue, les gens de l'autre côté de votre bureau ? "Patients" ? "Clients" ? "Assistés" ? "Bénéficiaires" ? Passons... Aujourd'hui, votre travail consiste à réduire le nombre d'allocataires du RSA par tous les moyens. Autre note sémantique au passage, on ne fait pas d'épargne, de profit, ou de bénéfices sur le RSA, le mot "bénéficiaire" pour nous désigner me semble de fait peu approprié.

Ce glissement du RMI au RSA, n'a pas eu lieu en une nuit le 31 décembre 2007, il est encore en court... S'il a pu se passer "en douceur" pour vous, de notre côté du bureau, on ne peut le voir que comme un broyeur dont le filtre est sans cesse amélioré. Les différences de traitement suivant le département ou l'AS ne faisant qu'en rajouter à l'arbitraire de la sanction et à la justification permanente auquel on est soumis dans ce pays lorsqu'on est pauvre. Que l’on soit bien d’accord : le RMI n’était pas la panacée, mais le recevoir était un droit. Aujourd’hui, le seul droit que vous nous laissez est celui de demander le RSA.

Une certaine classe de la population "bénéficie" elle-aussi d'assistants. Ils en ont besoin pour aller chercher leurs gosses à l'école, leurs costumes au pressing, leurs courses à Monoprix, faire à bouffer, le ménage, répondre au courrier, voire pour des tâches fichtrement plus fictives que ça... Certains de ces assistants sont même payés avec de l'argent public, c'est dire. Personne ne s'est abaissé à traiter François Fillon d'"assisté", ou même de "bénéficiaire", avec ses 7000 € d'argent public à dépenser mensuellement, à sa discrétion. Moi et mes 500 balles, par contre...

Ce que je veux dire par là, c'est que votre travail ne consiste plus à assister les gens de l'autre côté de votre bureau, il consiste à assister ce monstre appelé "Insertion Sociale", à l'aider à gérer (pas "aider") les gens de l'autre côté de votre bureau.

On a vu fleurir, depuis 2012, des convocations pour mauvais allocataires devant ces "équipes", "conseils" ou "commissions", souvent "pluridisciplinaires" [1], jamais composées de la même façon (suivant le département, notamment), mais fonctionnant toujours sur le même mode : une tripotée de guignoles moralisateurs derrière un grand bureau, dont le discours tourne autour des priorités qu'a ou devrait avoir la personne assise en face d'eux. Il paraît que parfois une personne allocataire du RSA siège auprès d'eux [2], mais rien d'obligatoire dans les faits. Bref, un savant mélange de "Bureau du dirlo", et de "convocation au Tribunal de Police", le tout agrémenté de demande de justification des choix de vie de la personne convoquée, du magasin où elle fait ses courses à son lieu de vie (où et avec qui elle vit, etc.) et de menaces de "riposte graduée" et de suspension plus ou moins définitive de ses allocations [3].

Vous êtes l'assistante de ce conseil de discipline. Pardon, "Conseil Pluridisciplinaire". Un conseil représentatif de tout et de rien, un conseil "consultatif", mais qui décide, un Tribunal où on ne peut se défendre puisque ce n'est pas un procès, une Autorité qui se torche avec le contrat "d'engagement réciproque" que vous m'aviez fait signer. La signature d'un contrat était pourtant le principal motif de cette convocation.

Vous êtes l'assistante de ce sous-directeur du "développement social et de l'insertion". Il vous envoie faire le sale boulot. Il attend de vous que vous "administriez" la vie des gens que vous êtiez sensée "assister", comme on enverrait un administrateur judiciaire gérer une entreprise en dépôt de bilan.

Vous êtes aussi l'assistante de cet "élu de la république", qui vient m'accuser d'avoir "une éthique discutable" et de "presque détourner des fonds publics" parce que je suis bénévole dans une association et que je touche le RSA. Je parle bien de cet élu, fer de lance de la campagne de soutien à la candidature de François Fillon dans son département.

Vous êtes enfin l'assistante de la Grande Amirale de l'Aide Sociale du département, bref, votre cheffe, et qui n'a fait que m'accuser de mensonges quand je lui racontais mon experience de ses services. J'exagère probablement, mais si j'étais un tantinet plus mesquin j'ajouterais "un peu comme un Heinrich Schwarz traitant un Primo Levi de sale petit menteur".

Je ne suis pas naïf, je sais bien le cynisme de cette société. Il n'empêche que, depuis l'intervention de cette (grosse) commission, et malgré votre "assistance", je suis passé du statut de "bénéficiaire du RSA, habitant en colocation dans votre département, avec un projet associatif à moyen-long terme" à celui de "Sans domicile fixe, domicilié administrativement dans un mairie à l'autre bout du pays, en phase de perdre le RSA, sans autre projet ou activité que de trouver un logement abordable avant l'hiver". Dans ce nouveau département, on l'aime bien aussi, le recours à la "commission pluridisciplinaire" : on y est automatiquement convoqué après deux semaines sans "contrat d'engagement réciproque". On y entend, comme partout, des gens (bien) payés pour donner leurs avis éclairé sur les choix de vie de gens dormant dans leur bagnole en hiver, qui ont, quelle audace, décidé que pointer à Pôle-Emploi n'entrait pas vraiment dans leurs priorités.

Voilà. Tout ce que je peux vous souhaiter, si vous avez atterri dans ce métier par volonté d'aider les gens à ne pas se faire écrabouiller, c'est d'en changer, sinon vous finirez de l'autre côté d'un bureau, écrabouillée vous aussi. Je vous conseillerais aussi de vous informer, surtout auprès de celles et ceux qui viennent de l'autre côté du bureau.

Au bonheur de ne jamais vous revoir.


[1] http://www.onvautmieux.fr/2016/06/11/un ... -cest-quoi

[2] https://www.actuchomage.org/20150315265 ... e-rsa.html

[3] http://ccpl59.over-blog.com/cst-les-com ... -combattre


https://nantes.indymedia.org/articles/40434
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Re: Coup de gueule

Messagede bipbip » 14 Mar 2018, 17:45

Capitalistes français : C’est quand ils sont bien gras qu’il faut les plumer

Alors que le gouvernement s’apprête à faire de nouveau cadeaux aux capitalistes en leur cédant des parts dans les sociétés Aéroport de Paris, Engie et Française des Jeux, le CAC 40 renoue avec des profits historiques, les turbulences de la crise de 2008 sont comme effacées. D’ailleurs elles ont été effacées avec l’argent public...

93,4 milliards de profits (officiels) pour les 40 entreprises cotées au CAC en 2017. Soit une augmentation de 24% sur 2016 ! Une annonce qui accompagne dignement la promotion fulgurante de Bernard Arnault parmi les fortunes planétaires. Le patron de LVMH manque d’un rien le podium (quatrième fortune mondiale...) mais il s’arroge la médaille d’or dans la catégorie « homme le plus riche d’Europe » ce qui est une belle consolation tout de même...

Reste à voir comment ces profits records seront utilisés : investissements ou rachat d’actions pour en faire monter le cours ? Augmentation des salaires ou des dividendes des actionnaires ?

Avec Macron en cuisine, il est facile de prédire qu’en 2018 ce sont encore les travailleurs qui passeront à la casserole. A moins que, 50 ans après Mai 68, ils retrouvent le goût des barbecues dans la cour de l’usine !


http://www.communisteslibertairescgt.or ... lumer.html
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Re: Coup de gueule

Messagede bipbip » 07 Avr 2018, 17:38

Cher Sébastien Lecornu

Lettre d’un agriculteur à propos de la ZAD

Cher Sébastien,

Je t’écris aujourd’hui parce-que je suis en colère.

Je suis en colère parce-que j’ai lu les paroles que tu as prononcées sur RTL ce 20 mars dernier.

Je vais les rapporter ici comme l’a fait Europe1 :

« Il reste encore « quinze jours ou trois semaines » à certains qui veulent rester pour « se déclarer exploitant agricole », il a estimé que les « militants de l’ultragauche violente » ne « seront jamais agriculteurs ».

Alors je vais me présenter rapidement : je suis fils d’agriculteur et d’agricultrice. Un « vrai ». Qui déclare tout-bien comme il faut, qui répond aux normes (et même en a co-rédigé parfois), sur une exploitation bien comme il faut. Une exploitation un peu petite, certes, mais largement dans la Surface Minimale d’Installation (SMI).

J’ai moi-même été agriculteur à mon compte. Un peu moins investi, mais je continuais bien à faire dans le cadre des engagements dus à l’État, la Région, la DDA, l’Europe, avec un comptable que je payais. Je faisais tout bien. Je n’étais pas « hors-cadre ».

Et je vivais en gagnant une misère. J’ai d’ailleurs dû faire cesser cette activité agricole pour cette raison. J’ai vécu la transition d’une époque à l’autre. Depuis celle à laquelle, comme mes parents avant moi, on pouvait vivre des ventes de ses produits vers celle où la moitié de mes revenus me venaient des aides, essentiellement européennes, et de ma capacité à remplir des dossiers.

Ces dossiers allaient bien entendu avec des engagements sur la manière dont je devais « mener mon exploitation », comme on dit. Des engagements qui, souvent, ne faisaient pas sens avec ce qui aurait été rationnel économiquement, ou en terme d’insertion dans le territoire.

Je ne vais pas faire l’innocent, hein… mes difficultés venaient aussi de moi, et des circonstances climatiques. Mais pas que.

J’ai donc fini par arrêter le massacre.

Encore maintenant, quand je pratique une activité agricole (salariée, bien dans le cadre et très bien payée), environ 80% de mon salaire est financé par la communauté européenne… pas grâce à la vente des produits de l’agriculture. Bref, l’agriculture je connais. C’est un milieu dont je suis issu, et dans lequel je suis encore une bonne partie de temps.

Je dis une bonne partie du temps parce-que oui, cher Sébastien, l’agriculture conventionnelle et normée, en plus de ne pas payer, elle aigrit une partie des gens. Mais elle peut aussi en rendre d’autres critiques et combatifs.

Et oui, Sébastien. Le temps que ça m’a libéré m’a permis de me documenter, de me politiser plus que je ne l’étais déjà, et de devenir actif. Une activité que tu associerais certainement à celle de ces « militants de l’ultragauche violente ». De ceux que tu voudrais expulser à grands coups de tonfa et de gaz lacrymo’ (savoureusement ironique pour quelqu’un qui les taxe de violence, n’est-ce pas ?). De ceux dont tu dis qu’ils n’auront jamais une activité agricole.

Oui, j’ai été agriculteur. Oui, malgré mes pourtant très modestes contributions politiques, il est très probable que cet État dont tu fais partie m’ait « fiché S », classé comme par une police politique comme « ultraviolent » ou « appelant à la haine ». L’accusation en est tellement ridicule qu’elle en devient terriblement amusante quand j’y songe.

Et je ne doute pas qu’elle amuserait considérablement les gens qui me connaissent.

Alors tu pourrais me dire que je suis une exception, Sébastien. Je tiens à réfuter d’emblée cette affirmation : des gens que je connais personnellement sur cet axe politique et avec un parcours agricole, je pourrais t’en citer une bonne douzaine sans même réfléchir, uniquement dans mon entourage. Et même ailleurs en Europe.

Sébastien, ta lecture du monde et tes cases sont trop étroites pour en saisir la réalité. Un monde sur lequel d’autres incompétents t’ont pourtant donné trop de pouvoirs.

Le monde agricole conventionnel devient tellement difficile à vivre que je ne suis probablement qu’une partie d’une masse qui ne peut que grandir. Une masse contre laquelle il ne sera possible de lutter qu’en continuant à jouer la carte de la division. Démunis contre moins démunis. Salariés du privé contre fonctionnaires. Fonctionnaires contre cheminots… Nervis de la FNSEA [1] contre petite paysannerie.

Mais ce n’est pas tout.

Ce qui suit est écrit avec ce que je connais de la Zad de Notre-Dame-des-Landes que je ne connais qu’indirectement, de loin, depuis une autre région.

Même si une partie des gens présents sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes, en plus de ne pas vouloir rentrer « dans les clous » (une position déjà difficile à tenir, vu la pression qu’on leur fait peser dessus) n’a même pas envie d’avoir un début d’activité agricole j’ai envie de dire : « et alors ? ».

Sébastien, en plus de séparer consciencieusement (et de manière fallacieuse comme écrit ci-dessus) les gentils agriculteurs des vilains-zanarchistes-ultra-violents, ce que tu cherches à faire c’est de faire passer les arrachés de la zad pour une représentation de ce que sont tous les anarchistes.

Des arrachés que je respecte. Qui méritent ce respect. À la fois parce-qu’on à tous droit au respect, certes. Mais aussi parce-qu’ils ont trouvé pendant quelques années dans la Zad, dans ses interstice ou en plein milieu, aux abords de la route des Chicanes, un espace où vivre plus sereinement que dans le reste d’un monde policé, fliqué.

Toi qui a eu la chance − le mérite, diras-tu certainement, niant par là une certain nombre de déterminismes sociaux que tu participes ici à reproduire − de ne pas faire partie des exclus et des marges, tu ne sais peut-être pas ce que c’est que d’avoir un espace d’où on ne soit pas chassé. Tant mieux pour toi. Mais faut-il vraiment participer activement à la traque des autres ?

Sébastien, je vais te faire une fleur et ne pas partir du principe que tu es complètement idiot, même si c’est peut-être le cas. En fait, je pense que tu es volontairement malveillant. Parce-qu’en participant ainsi au débat, tu contribues évidemment à mettre la pression sur les habitants de la Zad.

Sur les uns, les plus exposés et les plus socialement à la marge, tu fais planer la menace de ne plus avoir une petite place au soleil, même si c’est dans la boue d’un bocage où pourtant tu ne travaillerais jamais, y préférant le confort de ton bureau parisien.

Sur les autres, moins à la marge, n’osent plus se manifester pour défendre une zone que certains même, à l’image de ce vendu d’Anthony Meignen (qui a à peu près autant de rapport avec l’agriculture que toi, d’ailleurs) disent qu’elle n’est plus à défendre. Pour conserver leur lopin de terre, pourtant pas bien grand, ils acceptent de se diviser.

Et parfois à cracher sur ceux qui, parce-qu’arrachés, avaient déjà moins à perdre qu’eux. Ceux qui mériteraient pourtant leur plus grand respect car, même socialement à la marge et justement parce-qu’ils avaient moins à perdre, étaient parmi les premiers qui, quand il y en a vraiment eu besoin, osaient aller au contact. Quitte à prendre des coups encore plus violents de gens d’armes toujours mieux équipés qu’eux, toute aussi « ultraviolente » qu’ait pu être la résistance à l’aéroport.

Pour défendre leurs culs à eux, moins opprimés. Eux qui pourtant privent de plus en plus ceux qu’on appelait « arrachés » d’expression publique et, quand ils osent prendre la parole ailleurs malgré tout (ou pire, agir pour défendre encore un peu leur lieu de vie), se font conspuer. Pour un bout de terre ou quelques bulletins de vote aux prochaines élections.

Sébastien, ton jeu de la division, il pue. Et s’il fonctionne à merveille à court terme je peux t’assurer personnellement qu’à plus long terme, il ne fera qu’attiser nos colères à tous.

Je veux dédier ce petit texte aux « marginaux » et aux paysans qui subissent les pressions de l’État même quand, parfois, ils lui cèdent. Et souhaiter qu’à chaque fois, tous, on cède plus difficilement. Pour, un jour, ne plus leur céder du tout.

Que crève l’État. Que crève le type d’économie qu’il soutient. Que crèvent leurs normes.

« Morts aux barons voleurs […] », Tachanka de Makhno, à la tête d’une armée de paysans ukrainiens contre l’armée tsariste.

Ce texte est certainement maladroit en bien des points ; j’espère que vous m’en excuserez : il a été écrit rapidement et sous le coup d’une intense colère. Cette intervention de Sébastien Lecornu a été une goutte de trop pour moi.


[1] Je ne veux d’ailleurs pas mettre tous les membres de la FNSEA dans le même panier, et je conseille à chacun l’écoute de l’excellente série « La fabrique du silence » dans l’émission « Les pieds sur terre », diffusée sur France Culture.


https://lundi.am/Cher-Sebastien-Lecornu
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Re: Coup de gueule

Messagede bipbip » 07 Avr 2018, 20:57

"C'est un menteur"

Cette aide-soignante a refusé de serrer la main d'Emmanuel Macron: "C'est un menteur"

Valérie Foissey, aide-soignante, a refusé de serrer la main d'Emmanuel Macron, jeudi, lors de sa visite au CHU de Rouen. Elle s'est expliqué sur ce refus ce vendredi dans Bourdin Direct.

Elle a refusé de serrer la main d'Emmanuel Macron. En visite hier au CHU de Rouen le chef de l'Etat a été interpellé par une aide-soignante mécontente des nouvelles coupes dans le budget de l'hôpital. Cette aide-soignante, Valérie Foissey, était l'invitée de Bourdin Direct ce vendredi pour s'expliquer sur son geste. "On ne se fait aucune illusion, il était en représentation, explique-t-elle. On s'est senti humiliés, parce que comme par hasard et comme par magie, quand il vient on trouve beaucoup de monde alors qu'on galère au quotidien" avec trop peu de personnel.

"Il nous culpabilise sur l'avenir de nos enfants qui vont payer la dette, mais s'il n'y a pas d'argent pourquoi M. Macron fait-il autant de cadeaux aux riches? Donc je refuse de serrer la main à un responsable de cette situation".

... http://rmc.bfmtv.com/emission/cette-aid ... 13174.html
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Re: Coup de gueule

Messagede Pïérô » 19 Avr 2018, 09:27

Lettre ouverte à Philippe Chalumeau

Combien a pu coûter le déplacement de 2 500 pandores pour bousiller une bergerie, deux boulangeries, des fermes, des logements, des poulaillers ? Fallait-il une force armée pour régler un différent de bail rural ?

Lettre ouverte à Monsieur Philippe Chalumeau,
député LREM de la 1ere circonscription d’Indre-et-Loire,
membre de la commission de la défense nationale et des forces armées.

Monsieur le Député,

Combien a coûté l’opération de Notre-Dame-des-Landes du lundi 9 au samedi 14 avril 2018 ?

Je suis assez perplexe. 2 500 gendarmes avec blindés, armes, hélicoptères, drones, état-major de campagne... et tout ceci pour, au final, détruire deux boulangeries, une bergerie, une place de marché, une ferme, une grange et des potagers. La touche grotesque finale : le déplacement du premier ministre et du ministre de l’Intérieur (à l’école du gaz voisine, ça ne s’invente pas), venus poser dans une mâle attitude, une fois la razzia opérée. Cette sinistre fanfaronnade n’aura vraisemblablement servi à rien, puisque les habitants de la ZAD vont reconstruire, aidés en cela par des milliers de personnes, dont je suis, choquées par l’opération militaire, ou plutôt l’expédition punitive. Toujours est-il, que certains observateurs, parlent d’un budget, à la louche, d’un million par jour pour ces agapes.

« L’ordre règne, le paysage est en ruine »

Votre gouvernement voulait montrer ses biceps, nous n’avons vu qu’une déferlante barbare, destructrice. La majorité à laquelle vous appartenez est en capacité de saccager une zone de production agricole, ruinant ainsi les projets des habitant(e)s. Quel talent ! Quel courage !

Bravo, l’ordre règne, le paysage est en ruine, pollué de milliers de cartouches de grenades diverses, les plantations de printemps sont foutues, les serres défoncées, des centaines de personnes pacifistes sont blessées, certaines gravement. Votre mentor a beau clamer aux marches des églises qu’il faille restaurer le lien avec les tenants du goupillon, il entretient sa popularité au gaz lacrymogène et aux coups de matraque. Chez Jupiter, le vin de messe a une odeur de poudre à canon.

La presse, comme au bon vieux temps de la guerre d’Algérie, n’était pas conviée. Des images clandestines (on en est là) ont heureusement passé la censure militaire. On y voit de fiers pandores gazer de dangereux retraités, tirer à la grenade sur des jeunes gens et raser des bâtiment agricoles avec des blindés.

Les gendarmes n’étaient pas venus les mains vides : fusil FAMAS (arme de guerre), LBD 40 pour tir de grenades, MP5 (pistolet mitrailleur qui tire des balles de parabellum 9 mm). Tout ceci en plus des gazeuses, des flash-ball et autres tonfas. C’était aussi le salon de l’auto-mitrailleuse de Notre-Dame-des-Landes avec, en vedette, le VBRG, véhicule blindé à roues de la gendarmerie, équipé, modestement, de mitrailleuses de 7,62 et de lance grenade [1]. Jupiter est prudent.

Le porte-avions Charles de Gaulle n’a pas fait le déplacement. Aux dernières nouvelles, les gueux auraient perdu la bataille, incapables de protéger leurs maisons devenues ruines sous les brodequins.

Dans le même temps, plusieurs facs de France ont été investies par les CRS qui ont tabassé les étudiants en AG. Pouvez-vous me renseigner ? Les AG sont interdites aujourd’hui ? Un vote à l’assemblée aurait eu lieu en ce sens ? Je concède aussi que votre parti a gagné la bataille du savoir dans les facs, les CRS à coups de lacrymos et de tonfas ont déblayé Nanterre, la Sorbonne, et bien d’autres lieux de la chienlit. Jupiter cire ainsi les pompes du grand Charles.

Est-il nécessaire de pratiquer un tabassage en règle à l’encontre de celles et ceux qui pensent différemment de votre parti ? Vendredi 13 avril, au matin, à Tours, une manifestation de lycéen-nes (enfants de 15 à 18 ans, pour mémoire), était suivie par trois camionnettes de police. Les flics étaient armés, casqués, avec gilet pare-balles ! Pour des lycéen-nes ?

Depuis la mort de Rémy Fraisse (tir de grenade offensive par la gendarmerie, pas de procès, pas de coupable) il y a quatre ans, un déchaînement policier hors norme est d’usage pour toute contestation. Cette politique de junte est en augmentation depuis votre arrivée au pouvoir. Il n’est pas rare que les plus fragiles y laissent leur vie : une migrante nigériane enceinte, refoulée par la gendarmerie en toute illégalité, est morte le 31 mars dernier.

De Calais à la frontière italienne, la police arrête ou harcèle celles et ceux qui témoignent d’humanité envers les migrants. À Calais toujours, la police balance des gaz lacrymogènes pendant les distributions de repas. Lors des manifestations à caractère social, des militant-es sont tabassé-es, arrêté-es, ainsi que des journalistes.

Une violence à géométrie variable

Cette violence barbare est à géométrie variable puisqu’elle ne concerne pas les délinquants fiscaux (60 à 85 milliards par an), ni les fachos des facs de Montpellier ou de Strasbourg, ni la délinquance patronale (l’amiante tue encore 1 700 personnes par an en France).

Le procès de « Tarnac » a confirmé la pantalonnade de pieds nickelés montée par une ministre et un procureur en plein délire sécuritaire. Votre formation politique alimente les livres d’histoire à venir, il faudra se retenir de rire quand on verra que des centaines de blindés ont terrassé des brouettes dans une cour de ferme et que Jupiter parlait de l’État de droit.

À l’heure où nous fermons des hôpitaux, des écoles, des lignes de chemin de fer, des postes et des perceptions, au moment où vous amputez les revenus des retraités, sabrez les allocations logements, je serais heureux de connaître le coût des opérations de maintien de l’ordre, à commencer par celui de Notre-Dame-des-Landes, mais aussi d’une façon globale celui lié au maintien de l’ordre dans les universités et dans les manifestations à caractère social.

Je pense qu’appartenant à la commission de la défense nationale et des forces armées, cette recherche ne devrait pas vous poser de problème(s) particulier(s) et j’espère donc vous lire rapidement.

Pour populariser votre réponse, je mets ce courrier en lettre ouverte dans La Rotative, journal collaboratif de Tours.

Salutations d’usage.

Michel ANCE,
habitant de votre circonscription,
Syndicaliste.

P.-S.
Pour plus d’informations : http://piquetdegreve.blogspot.fr/

Notes

[1] La mitrailleuse fait partie de l’équipement théorique de ces VBRG, mais ils ne semblaient pas en être dotés depuis le début de l’opération contre la ZAD.


https://larotative.info/lettre-ouverte- ... -2747.html
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Coup de gueule

Messagede bipbip » 03 Mai 2018, 21:09

Mort d'Ismaëla Deh, sans-papiers, depuis18 ans en France.

Mort d'un sans-papiers, depuis 18 ans en France.
Il a voulu échapper à la police, car il craignait d'être placé en centre de rétention.
A lui aussi, il faut rendre hommage.

Ismaëla Deh est décédé hier soir, après avoir été écrasé par un fourgon de police à Versailles.

Il avait 60 ans, et 8 enfants.

L'accident qui l'a arraché à la vie est survenu ce dimanche.

Alors qu'il vendait des goodies à l'effigie de la Tour Eiffel et des parapluies à la sauvette, il a été pris en chasse par des policiers qui voulaient l'interpeller. Ismaëla Deh a tenté de les semer.

Parce que malgré ses 18 années passées en France - dont près de 17 à faire la plonge à Cannes - le père de famille était sans papier. En 2008, il avait failli être expulsé après un séjour forcé en centre de rétention. Il ne voulait pas y retourner.

Il a donc couru, avec à ses trousses deux agents à pieds...et un fourgon. En traversant la rue pour changer de trottoir, Ismaëla a été renversé par le véhicule.

Les policiers expliquent que c'est un accident, qu'Ismaëla est arrivé brusquement, que le conducteur n'a pas eu le temps de freiner.

La famille, les proches, et notamment d'autres vendeurs à côté desquels il travaillait, contestent la version des faits.

"Mais ils sont aussi sans-papiers...c'est compliqué" indique le neveu du défunt.

Une enquête préliminaire a été ouverte, une autopsie doit d'ailleurs être réalisée demain.

Ensuite, la famille récupérera le corps pour l'enterrer au Sénégal.
Ils sont déterminés à faire tout la lumière sur cette histoire.

Force à eux & à toutes les familles en lutte qui les ont précédés.


https://www.isere-antifascisme.org/mort ... -en-france
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Re: Coup de gueule

Messagede bipbip » 05 Mai 2018, 11:24

Quand on parle de violence

Quand on parle de violence, autant en parler vraiment

Quand on casse le code du travail, que l’on compte le nombre de décès liés au travail (amiante, suicides...), que l’on envoie régulièrement la police contre la jeunesse, devant les lycées, dans les facs ou dans les banlieues, et plus généralement contre toute contestation sociale ou écologique, que l’on monte des opérations militaires, comme à Notre-Dame-des-Landes, pour briser tout espoir d’alternatives à la société capitaliste… où est la violence ?

Les médias ont diffusé en boucle des images de violence le 1er mai, vitrines cassées, voitures brûlées, venant par là appuyer une communication gouvernementale dénigrant les contestations sociales en général, dans une surenchère sécuritaire.
Évidemment, le besoin du gouvernement de trouver des boucs émissaires qui doivent payer est flagrant : à Paris, le premier mai, la police a arrêté des dizaines de personnes qui regardaient, parfois même étaient assises tranquillement dans un parc, avec comme principal tort d’être jeune et d’avoir de quoi se protéger de lacrymogènes. Le gouvernement célèbre à sa manière mai 68 par sa volonté de réprimer la contestation sociale. Nous ne nous laisserons pas impressionner.

L’Union syndicale Solidaires demande la libération immédiate des personnes arrêtées, dont des membres de notre Union, et l’arrêt de toute poursuite à leur encontre.


https://solidaires.org/Quand-on-parle-d ... r-vraiment
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Re: Coup de gueule

Messagede bipbip » 08 Mai 2018, 21:39

Le changement dans la continuité, par Mickael Wamen

Est ce que à partir du 26 on bloque tout ? On reste dehors ? Devant les entreprises….? Ou allons nous faire un tour dans Paris d’un point À a un point B ? Le système n’a peur que d’une seule chose, l’unité et un mouvement dur qui s’incrive dans le témps, le reste l’amuse au pire et l’arrange au mieux …

Voir le sinistre de l’économie sur une des chaînes du pouvoir pour uniquement venir raconter n’importe quoi sur Air France, démontre s’il en était besoin la totale unité entre le pouvoir et les méfiais de la désinformation en continu ….

Dix fois àu Moins, » nous ne reprendrons pas la dette d’Air France … » mais de quoi il parle ?

Il n’y a pas de dette à Air France, ce groupe fait dès profits et paie des rémunérations insolantes pour les brouettes qui servent de dirigeants ….

Air France se dit même prêt à participer au rachat d’air India.

L’ Augmentation du résultat opérationnel est de 41.6% pour un montant de 1.5 milliards, nous parlons ici du bénéfice NET !!!!

Et il ne s’agit que de la comptabilité affichée, pas la vraie, celle juste obligatoire car le reste Est planqué…

Cômment un ministre même si il ne connaît rien à son job peut il raconter une telle connetie en boucle ???

La haine, oui ils ont la haine que des salarié-e-s aient osé désavoué leur tôlier et par la même confirmer que leurs syndicats étaient Bien leurs représentants !!!!

Ca pique pour toute cette bande de chiens qui ne cessent depuis vendredi de Parler de drame, d’avenir compromis ….

Ils n’ont plus aucune limite, aucune honte et nous, nous devrions faire attention à nos mots, être raisonnables, mais qu’ils aillent se faire foutre ….

Oui il y a de la violence elle est de leur côté, pour le reste nous n’avons pas à condamner quoi que ce soit sauf leur mépris appuyé par des médias qui nous les brisent avec leur désinformation totale, ils sont atteints d’une macronite aiguë …

C’est Juste une question de temps mais ca va péter, nous, nous n’avons pas à entrer dans le politiquement correct et nous excuser de quoi que ce soit !!!

Continuons d’ignorer la colre, continuons à organiser un mouvement qui ne correspond en rien à ce que nous devrions faire, continuions à ne pas Parler de Grève générale…..

Ceux qui aujourd’hui ce félicitent de ne pas voir l’unité des luttes font une grave erreur, celle ci va arriver elle sera de la base y compris non militante, les appareils pour beaucoup sont totalement à côté de la plaque, ce n’est pas une nouveauté, mais cela devient insupportable et explique un tel désamour pour le militantisme …

Parfois, à nous contenter d’être les plus beaux et les meilleurs on en oublie l’objectif concret à aller chercher !!!

Ils sont trop nombreuses et nombreux à ne pas du tout se retrouver dans ce qui est proposé, nous n’avons pas depuis bien longtemps réussi à mettre 1 million de personnes dans la rue au même moment et dans un mouvement de grève et blocage d’entreprises …

Ce qui est dramatique c’est aussi que le fait d’avoir un avis différent apporte la critique, voir plus de la part de certains qui pensent que c’est avec la stratégie actuelle que nous allons gagner contre la finance…

Bien sur le personnage qui actuellement est sur le trône est méprisant et bien plus, mais qu’à t’il de différent avec celui d’avant ???

C’est un mandaté de la finance comme tous les autres depuis 40 ans minimum, ce qu’il faut donc combattre c’est le système qui s’amuse à partager l’alternance et ils ont compris que depuis 40 ans la aussi nous avons perdu le sens de la façon de les combattre ….

Des annonces sont faites pour une première journée d’unité, mais de quelle unité parlent-on???

Quel but est il donné, quelle stratégie, quelle suite???

Pourquoi ce qui était pas bon un Samedi deviendrait II bon un autre Samedi ???

Il va falloir du concret et pas une continuité de ce que nous subissons depuis Bien trop longtemps….

Est ce que à partir du 26 on bloque tout ? On reste dehors ? Devant les entreprises….?

Ou allons nous faire un tour dans Paris d’un point À a un point B ?

Le système n’a peur que d’une seule chose, l’unité et un mouvement dur qui s’incrive dans le témps, le reste l’amuse au pire et l’arrange au mieux …

À suivre…


https://www.anti-k.org/2018/05/08/le-ch ... ael-wamen/
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Re: Coup de gueule

Messagede bipbip » 24 Mai 2018, 21:57

Pour Maxime, mutilé sur la zad le 22 mai 2018 - Lettre de Robin, mutilé à Bure le 15 août 2017

POUR MAXIME, MUTILÉ SUR LA ZAD LE 22 MAI 2018 - LETTRE DE ROBIN, MUTILÉ À BURE LE 15 AOÛT 2017.

Mettre des mots sur l’horreur. Ne pas céder à la résignation. Au terrorisme d’État. Malgré le stylo qui tremble, écrire. Témoigner. Ne pas se laisser écraser par le concert d’opérations sémantiques, de propagande préventive et de censure qui cherche à nous couper de notre empathie et de la révolte qu’elle devrait spontanément engendrer.

Maxime vient de perdre sa main. Sa main droite. Pour toujours. Il rejoint bien plus gravement encore, l’enfer que j’ai vécu durant 9 mois. Le 15 août 2017, à Bure, l’explosion d’une grenade GLI-F4 tirée par les gendarmes mobiles creusait mon pied gauche sur un diamètre de 13cm et jusqu’à 3cm de profondeur arrachant peau, veines, nerfs, muscles et pulvérisant les os. C’était pendant une manifestation contre le projet Cigéo d’enfouissement de déchets radioactifs à 500m de profondeur. Il y a eu 30 blessés dont 4 graves.

Contrairement à ce que leur nom indique, les grenades GLI-F4 contiennent de la TNT et explosent ! Leurs déflagrations font 1m de diamètre et peuvent tuer si elles touchent une partie vitale. Les appellations de « lacrymogènes » ou d’« assourdissantes » que la préfecture et les ministres leur donnent dans les médias servent à masquer la vérité à leur sujet : CE SONT DES ARMES DE GUERRE !

L’État utilise des armes de guerre pour terrasser le peuple. Dans le cas présent, les conséquences sont bien pires qu’un tir à balle réelle.

Déjà, à l’époque, j’avais alerté sur les dangers des grenades explosives en organisant une manifestation pour exiger leur interdiction mais les grandes chaînes ont cantonné l’information à la région Lorraine. La majorité des français ignore encore la vérité sur ce sujet. Il est tombé près de 4000 grenades explosives sur la ZAD depuis le début de son invasion par les gendarmes mobiles. Provoquant des centaines et des centaines de blessés notamment à cause des éclats de métal qu’elles projettent. Où est la violence ?

Maxime est actuellement à l’hôpital.

Outre les intenses douleurs et le fort traumatisme qui le suivront nuit et jour, il devra désormais supporter ce handicap inimaginable : vivre avec une seule main. Cette main, que l’explosion lui a arraché sur le coup, l’État lui a volé pour prix de son combat, pour prix de notre combat. Dans les dernières décennies, la militarisation du maintien de l’ordre a fait couler trop de sang.

Combien d’éborgnés ? Combien de mutilés ? Combien de vies déchirées par l’utilisation criminelle des flashballs et des grenades explosives ? La violence de l’État pour mater toute résistance est extrême. Elle cherche à nous terroriser, à nous acculer à la résignation. Face à cela, la solidarité est notre arme et jamais la peur ne doit nous arrêter.

Proches, moins proches et tous ceux qui croiseront la route de Maxime, prenez soin de lui ! Tenez bon ! Il y a mille et une manières de lui apporter ce qui lui permettra de vivre. Écoutez-le, cherchez, trouvez !

La vie continue, le combat pour elle aussi. Maxime tiens bon !


https://zad.nadir.org/spip.php?article5884
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Re: Coup de gueule

Messagede bipbip » 26 Mai 2018, 20:53

Les vrais radicalisés, c’est eux !

Âges : entre 32 et 70 ans. Professions : ministres et président de la République. Dangerosité : très importante. Depuis maintenant un peu plus d’un an, une bande de radicalisés a pris le contrôle du pays. Santé, transports, éducation, logement, travail, institutions… ils sont là pour tout exploser. Et ne se cachent pas pour exprimer le mépris qu’ils ont pour toute opposition. Tour d’horizon des vrais radicalisés.

L’article a fait l’effet d’une bombe : ajouté en catimini au texte de loi sur la réforme des institutions, il prévoit tout simplement d’amputer de deux ans le mandat de la moitié du Sénat, et ainsi de renouveler totalement la Chambre haute en 2021, histoire de disposer d’un Sénat un peu plus macroniste… La manœuvre, totalement inconstitutionnelle (sauf cas exceptionnel, tout mandat est irrévocable), a choqué l’ensemble de la classe politique, y compris les propres soutiens de Macron : le groupe LREM au Sénat n’avait même pas été prévenu. Le chef du groupe, le sénateur ex-PS François Patriat, cité par « le Canard enchaîné », est « tombé du lustre ». D’autant que c’est avec la Constitution que Macron joue : sa volonté de mettre au pas le Parlement est maintenant une évidence, jusque dans les rangs de la droite. Même François de Rugy, président LREM de l’Assemblée nationale, a tonné qu’il refuserait une « réduction des pouvoirs du Parlement ». On ne peut rien lui cacher : le projet prévoit une remise en cause du droit d’amendement.

Ce court-circuitage de la représentation parlementaire est le versant institutionnel du danger que représentent Macron et son gouvernement. Il s’ajoute à la volonté de contrôler la presse, avec la loi sur le secret des affaires ou bien celle sur les « fake news » – sans aucune définition de ce qu’est une « fausse nouvelle ». Car précisément, le gouvernement est expert en la matière : la campagne de désinformation pour marteler que la CGT a « rejoint la France insoumise » pour la manifestation du 26 mai en est un exemple frappant. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, en a profité pour dénigrer le syndicat, qui « détruit la confiance dans les organisations syndicales ». Alors même que son président, Emmanuel Macron, lors des manifestations contre les ordonnances travail, avait qualifié les militants syndicaux de « fainéants, cyniques et extrêmes », et que le gouvernement méprise les syndicats, au point d’exaspérer y compris ceux dits « réformistes ». Un pouvoir qui traite par l’arrogance toute revendication, fût-elle militaire ! On se souvient de Christophe Castaner, alors porte-parole du gouvernement, traitant le général Pierre de Villiers de « poète revendicatif », lui qui avait le toupet de demander les moyens nécessaires aux missions assignées.

Le vrai mot du radicalisé, le voici : « J’assume. » Prendre aux pauvres, aux retraités, donner aux riches, partir en guerre, casser la SNCF, mépriser le Parlement, réprimer les réfugiés : « J’assume. » Parmi les ministres, Gérard Collomb est clairement celui qui présente le plus de signes de radicalisation. À Calais, il avait enjoint aux associations humanitaires « d’aller exercer leur talent ailleurs » et, après la manifestation du 1er mai, il s’était surpassé : « Celles et ceux qui appellent à l’insurrection doivent être poursuivis et ils le seront. » Un vrai radicalisé, ce Gérard Collomb, qui dénie ainsi toute liberté d’expression. Côté président, accuser des employés en lutte pour leur emploi – en l’occurrence ceux de GM & S – de « foutre le bordel » est révélateur d’une véritable haine. Et les discours de criminalisation de toute opposition, qu’elle soit syndicale ou politique, sont inquiétants. Le macronisme apparaît d’abord comme une radicalisation du libéralisme, qui montre son vrai visage : autoritaire. Ce n’est pas un hasard si 73 % des Français jugent ainsi Emmanuel Macron.

Benjamin Konig


https://www.humanite.fr/les-vrais-radic ... eux-655868
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Re: Coup de gueule

Messagede bipbip » 31 Mai 2018, 21:41

Lettre d’une « mère en colère » au sujet de l’actuelle forte répression menée par le gouvernement sur les mouvements de la jeunesse comme au lycée Arago le 22 mai dernier.

LETTRE À MM MACRON ET COLLOMB

En 1986 j’avais 16 ans et nous étions lycéens, étudiants et fonctionnaires dans la rue comme aujourd’hui. Je n’oublierai jamais que l’un des nôtres est mort sous les coups des gardes mobiles et c’est pour cela que le projet Devaquet de réforme de l’université avait été retiré...
Aujourd’hui c’est ma fille qui a 16 ans. Comme tous les jeunes de son âge elle est terriblement inquiète pour son avenir, dans une société qui laisse sur le côté les plus fragiles et les plus précaires.

Ce qu’il s’est passé le 22 mai au lycée Arago est très grave. Lorsqu’un gouvernement tape sur ses enfants, c’est toujours un aveu d’échec.

Ce déploiement des forces de l’ordre et les événements qui en ont découlé témoignent de votre volonté de casser le mouvement des lycéens et des étudiants désireux d’être acteurs de leur avenir. Le délire judiciaire qui s’en est suivi avec la mise en examen d’élèves mineurs témoignent de votre incapacité à gérer la situation, mais surtout votre volonté d’en faire des exemples afin d’apeurer élèves et parents. C’est réussi !

Ce matin encore, devant le lycée, la police était sur le pied de guerre à 6h du matin pour empêcher une trentaine de jeunes de 15 à 18 ans de se regrouper devant leur établissement et manifester leur opposition à Parcoursup. Le matin du 22 mai, devant ce même lycée, la police gazait enfants et parents, venus en témoins assister au blocus afin de contenir tout débordement.

Pour autant MM Macron et Collomb, dorénavant vous n’aurez plus seulement les lycéens et étudiants à gérer mais également les parents !

Nous ne vous laisserons pas impunément frapper nos enfants et détruire leur avenir.
Nous ne laisserons pas la police les gazer, les charger durant les manifestations qui restent un droit en démocratie, même pour les enfants mineurs, n’en déplaise au ministre de l’intérieur. Et face à cette police qui gaze, charge et matraque sans distinction, nous continuerons de les protéger.

Nous assistons depuis plusieurs années à une criminalisation des mouvements sociaux, qui aujourd’hui atteint son paroxysme en condamnant des gosses qui dans l’euphorie d’une manifestation ont eu la prétention de vouloir se réunir en assemblée générale pour débattre de la suite de leur mouvement.

Aussi, MM Macron et Collomb, entendez bien que vous ne réduirez pas au silence la jeunesse par l’intimidation, la répression et la violence. Et n’oubliez pas que dans 4 ans, nos enfants pourront voter... ou pas, mais cette violence d’État, eux n’oublieront pas.

Une mère en colère

Rejoignez le comité de soutien aux interpellé-e-s du 22 mai au lycée Arago, Comité #Arago22mai
arago22mai@gmail.com
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Re: Coup de gueule

Messagede bipbip » 14 Juin 2018, 16:04

« Pognon de dingue » ? Lettre d’un allocataire du RSA au président Macron

Monsieur le président, Je suis allocataire au RSA depuis deux ans et demi. Ce n’était mon objectif dans la vie, j’ai fait des études, j’ai travaillé pendant plusieurs années mais je me retrouve dans un secteur avec beaucoup de personnes qualifiées et peu de postes à pourvoir, allocataire du RSA comme près de deux millions de personnes en France. Ces 550,93 €, c’est ce qui me permet d’acheter le minimum dont j’ai besoin pour vivre, pour manger, me déplacer… J’ai vu votre vidéo sur Twitter et j’ai été écœuré par votre déclaration sur le « pognon de dingue » que coûte les minima sociaux.

Chômeur, vous ne le savez peut-être pas dans votre château mais c’est un boulot à plein temps. On enchaîne des petits boulots précaires, qui ont tous des statuts différents. Un employeur ne veut vous employer qu’en CDD de très courte durée, un autre n’accepte qu’avec un statut d’auto-entrepreneur… Á chacun de ces changements, il faut le signaler à la CAF, à Pôle Emploi, à la Sécurité Sociale… Récemment, le Conseil départemental m’a écrit pour me menacer de suspendre mon RSA si je ne parvenais pas à avoir un rendez-vous à Pôle Emploi pour actualiser mon Projet Personnalisé d’Accompagnement à l’Emploi (PPAE). Malgré plusieurs relances, je ne parviens pas à obtenir un rendez-vous à Pôle Emploi. Peut-être que c’est à cause des milliers d’emplois que vous avez supprimé à Pôle Emploi que ma conseillère est surchargée de travail et n’a pas le temps de m’accorder un rendez-vous. Un agent de la CAF est venu le mois dernier à mon domicile pour vérifier que je vivais seul, pour contrôler mes comptes en banque et être sûr que je n’ai vraiment pas d’argent. L’ensemble des fraudes aux minimas sociaux représente moins de 300 millions d’euros par an, soit 0,5 % de ce que représente la fraude fiscale que réalisent vos amis fortunés. Ca ne vous empêche pas de renforcer les contrôles contre les chômeurs plutôt que contre les fraudeurs fiscaux.

Vous considérez que je coûte un « pognon de dingue » mais savez-vous, monsieur le Président, qu’il faudrait près de quatre ans de mes 550,93 € pour couvrir votre budget maquillage de vos trois premiers mois à l’Élysée, 7 ans et demi de mon RSA pour payer votre envie de renouvellement de la vaisselle de l’Élysée, plus de 500 000 ans pour payer votre réduction de l’ISF pour vos amis fortunés… Si vous voulez tant faire des économies, faites-les dans ces dépenses futiles, plutôt que de venir nous prendre le minimum dont on a besoin pour survivre.

Vous essayez de nous « responsabiliser » ou pour parler français, de nous culpabiliser de notre situation de chômage, alors que le vrai responsable du chômage, monsieur le président, c’est vous, vous et vos prédécesseurs. Quand vous avez supprimé 120 000 contrats aidés, c’est autant de personnes que vous avez envoyé au chômage. Quand vous avez promis pendant votre campagne présidentielle de supprimer 120 000 fonctionnaires, c’est autant de femmes et d’hommes qui seront aussi au chômage. Quand vous avez facilité les licenciements à travers vos ordonnances détruisant le code du travail, vous avez à nouveau jeté des milliers de personnes au chômage. Quand votre prédécesseur, François Hollande, dont vous étiez à l’époque le conseiller économique, a créé le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE) qui coûte chaque année 40 milliards d’euros par an à l’État et qui a permis de créer qu’autour de 100 000 emplois, (contre le 1 million promis à tout bout de champ par le Medef) combien d’emplois d’infirmières et de professeurs auraient pu être vraiment utiles et sortir des centaines de milliers de personnes du chômage ?

Sachez monsieur le président, que vos déclarations de mépris dans votre château nous révoltent et nous donnent envie de vous faire dégager vous et votre monde. Le jour approche où vous paierez au centuple pour vos provocations minables, de celles qui disent que nous sommes illettrés, de celles où nous n’avons pas d’argent pour nous payer des costards. Le temps de votre arrogance et de votre cynisme est désormais compté…


http://www.revolutionpermanente.fr/Pogn ... ent-Macron
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