Françafrique

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Messagede Pïérô » 07 Avr 2016, 19:36

Dossier d’analyse "Elections en Françafrique"

Survie publie aujourd’hui un rapport intitulé "ELECTIONS EN FRANCAFRIQUE - CONGO, DJIBOUTI, TCHAD, GABON. LA COOPERATION MILITAIRE FRANCAISE AU SERVICE DES DICTATURES".

A l’approche des élections, ces dictatures s’illustrent par un regain des violences à l’égard d’opposants politiques et de manifestants pacifiques. Dans ce contexte, ce rapport met en regard les pratiques de ces régimes clés de la Françafrique, avec une composante essentielle et souvent méconnue et minimisée du soutien de la France, à savoir la coopération militaire et policière.

Pour chaque pays, il présente les caractéristiques de ces régimes dictatoriaux soutenus de longue date par la France et examine en détail le contexte préélectoral puis analyse d’une part les dispositifs de l’armée française, présents de façon permanente à Djibouti, au Gabon et au Tchad et d’autre part la coopération militaire et sécuritaire déployée avec chacun de ces quatre régimes. Le rapport révèle par exemple que jusqu’à aujourd’hui, des coopérants militaires français opèrent sous uniforme tchadien ou congolais en qualité de conseillers des responsables des armées, directions et services des ministres de la Défense de ces pays ; ou encore que l’armée française délivre des formations depuis des décennies à des forces armées dont les méthodes habituelles confinent aux actes criminels.

Ce rapport montre que la France est impliquée au moins indirectement dans les exactions actuelles de ces régimes, du fait du maintien de sa coopération militaire et sécuritaire. Et pointe aussi le fait que la politique de la France envers ces dictatures est liée à leur rôle central dans le dispositif militaire français en Afrique ; ainsi au nom de la lutte contre le terrorisme ou de la nécessaire « stabilité », la France fait fi des espoirs démocratiques et des droits humains des populations réprimées.

Le rapport conclut sur le nécessaire départ de l’armée française du sol africain, et dans l’immédiat, sur la demande de suspension immédiate de la coopération militaire et sécuritaire avec ces régimes dictatoriaux, à la veille d’élections qui confinent à la mascarade.

Doc pdf : http://survie.org/IMG/pdf/Dossier_elect ... le_web.pdf

http://survie.org/publications/article/ ... ns-en-5100
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Messagede bipbip » 15 Avr 2016, 07:52

Françafrique : toujours plus de coopération militaire, toujours pas de démocratie

Ces élections sont passées relativement inaperçues dans l’actualité. Dimanche 10 avril, les Tchadiens se rendaient aux urnes pour élire leur président. Le 8 avril, c’était à Djibouti. Le 20 mars, au Congo Brazzaville. Les électeurs gabonais éliront leur président en août. Partout, ces élections sont loin de se dérouler dans un climat serein d’alternance démocratique. Au Congo, Denis Sassou Nguesso, déjà au pouvoir depuis 1979, avec une interruption entre 1991 et 1997, a été réélu à la tête du pays dans des circonstances largement contestées. En novembre, il avait modifié la constitution qui limitait le nombre de mandats successifs. À Djibouti, le président Ismaïl Omar Guelleh, au pouvoir depuis dix-sept ans, a été réélu pour un quatrième mandat.

Au Tchad, Idriss Deby, au pouvoir depuis vingt-six ans, brigue un cinquième mandat. Les résultats du vote ne sont pas encore connus. Déjà, des premières contestations sur la légalité du scrutin se font entendre. Avant le vote, plusieurs leaders syndicaux et de la société civile tchadienne ont été arrêtés. Au Gabon, la longévité du pouvoir est dynastique. C’est le fils d’Omar Bongo, Ali Bongo, qui brigue un nouveau mandat pour les élections prévue à l’été. Son père a gouverné le pays pendant quanrante-deux ans, de 1967 à 2009.

Bases militaires et accord de coopération

Or, dans ces quatre pays, la France entretient toujours d’étroites relations de coopération militaire, rappelle l’ONG Survie dans un rapport publié le 4 avril. « Djibouti, Tchad, Congo-Brazzaville, Gabon, ces dictatures africaines jouent un rôle central dans le dispositif militaire français en Afrique, dont l’importance stratégique a été réaffirmée depuis 2012 et les « guerres africaines » de François Hollande. », dénonce l’association.

... http://www.bastamag.net/BREVE-L-ONG-Sur ... caise-dans
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Messagede Pïérô » 08 Sep 2016, 19:43

Gabon : la France appelle au calme après 50 ans de soutien au régime Bongo

Le vote de l’élection présidentielle au Gabon a eu lieu ce Samedi 27 août. Alors qu’Ali Bongo semble avoir perdu l’élection, d’après les résultats produits par l’opposition à la sortie des urnes, celui-ci a décidé, comme en 2009, de s’imposer par la force. Depuis mercredi soir, différentes manifestations sont violemment réprimées par les forces militaires et policières. Si le nombre de mort est impossible à déterminer pour l’instant du fait des restrictions de déplacement couplés à la coupure d’internet, il est avéré qu’Ali Bongo ne se limite pas au gaz lacrymogène mais fait bien tirer sur sa population à balles réelles, ainsi qu’à l’arme lourde et via des hélicoptères.

Le gouvernement français appelle aujourd’hui à la fin des violences, ainsi qu’à la publication des résultats bureau par bureau, adoptant une posture de soutien à la démocratie. Survie rappelle que la France n’a pourtant fait que soutenir, depuis 50 ans et jusqu’à aujourd’hui, le régime du clan Bongo. En 2009 déjà, Ali Bongo n’aurait jamais pu réussir son passage en force sans l’intervention zélée de différents acteurs français [1]. La France a continué à soutenir le régime, lui octroyant de nombreuses marques de reconnaissance diplomatique (réceptions à l’Elysée, déplacements de ministres français). Ce soutien s’exerce notamment via la coopération militaire et sécuritaire auprès de l’armée et la police gabonaise, celles-là même qui tuent actuellement les civils gabonais. En 2014, le gouvernement français se vantait d’avoir formé prêt de 4000 militaires gabonais, qui utilisent notamment du matériel français.

Encore aujourd’hui, de nombreux coopérants français sont présents au sein des forces de sécurité gabonaises, notamment auprès de la garde présidentielle, clé de voute du système sécuritaire du clan au pouvoir. Le commandant en chef de la police nationale gabonaise, Jean-Thierry Oye Zue a annoncé ce matin à l‘AFP que plus de 200 personnes ont été arrêtées depuis hier soir. Celui-ci est, par exemple, encore aujourd’hui, assisté par un conseiller spécial qui se trouve être un commandant de police français, Christophe Blu. De plus, d’après certains témoignages, l’armée gabonaise utiliserait des armes françaises, notamment des fusils d’assauts de type Famas, pour tirer actuellement sur les civils gabonais.

Comme le soulignait Survie dans son rapport "Elections en françafrique" http://survie.org/publications/article/ ... ns-en-5100, publié en avril 2016, ce soutien français s’est maintenu alors même que de nombreux éléments indiquaient une reprise en main sécuritaire du régime depuis plusieurs années (recrutements dans la police et l’armée, sur une base "ethnique", achat d’armes, etc.), qui s’est accentuée à l’approche du scrutin présidentiel.

Survie ces dernières semaines a par ailleurs plusieurs fois interpellé le gouvernement sur l’augmentation de la répression des militants d’opposition par le régime, ainsi que sur de nombreux cas d’arrestations arbitraire [2], et prévenu contre le risque qu’Ali Bongo tenterait de nouveau un passage en force pour cette nouvelle élection. La France n’a jamais condamné ces répressions, ni suspendu sa coopération militaire et sécuritaire comme nous l’avions demandé à de nombreuses reprises.

« Partenaire inconditionnel du régime Bongo depuis 50 ans, la diplomatie française, qui s’est illustrée par son silence dans d’autre scrutins de reconduction de régimes dictatoriaux ces derniers mois (Djibouti, Congo, Tchad) peut difficilement apparaitre comme un avocat du vice et de la vertu » a déclaré Thomas Bart, porte-parole de Survie. « Les gesticulations diplomatiques actuelles demeureront des postures opportunistes tant que le gouvernement français n’annoncera pas l’arrêt de sa coopération militaire et policière, ce qu’il aurait dû faire depuis bien longtemps ».


[1] voir notamment le rapport de Survie," Élections en Françafrique. Congo, Djibouti, Tchad, Gabon." p.50 avril 2016 http://survie.org/publications/article/ ... ns-en-5100.

[2] Voir notamment nos deux lettres ouvertes, la première adressé à F. Hollande et publié le 22 juillet : "Coopération sécuritaire française et répressions au Gabon " http://survie.org/francafrique/gabon/ar ... rault-5146 et la seconde le 13 août,"Gabon : Lettre ouverte à Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères http://survie.org/francafrique/gabon/ar ... lande-5147. Coopération militaire et sécuritaire avec le Gabon" accessible sur notre site http://www.survie.org

http://survie.org/francafrique/gabon/ar ... calme-5148
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Messagede bipbip » 15 Jan 2017, 17:14

Afrique. Les adieux françafricains de François Hollande

L’hôte de l’Élysée participe à son dernier sommet Afrique-France, qui s’ouvre aujourd’hui à Bamako, quatre ans presque jour pour jour après le déclenchement de l’opération Serval au Mali.

Le sommet Afrique-France qui s’ouvre vendredi à Bamako est-il, quatre ans presque jour pour jour après le déclenchement de l’opération Serval au Mali, un « coûteux monument éphémère à la gloire du renouveau de l’interventionnisme militaire français » ? Ce jugement revient à l’association Survie, qui brosse, dans un rapport intitulé « Cinq guerres pour un empire », un bilan sévère de l’ingérence militaire française en Afrique.

... http://www.humanite.fr/afrique-les-adie ... nde-630321
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Messagede Pïérô » 26 Mar 2017, 04:34

Soldats français accusés de viols en Centrafrique : le parquet demande un non-lieu

L'affaire avait été révélée en avril 2015 quand "The Guardian" avait fait état d'une note interne de l'ONU relatant les auditions d'enfants qui dénonçaient des abus sexuels commis par des militaires français en Centrafrique.

Les graves accusations de viols d'enfants portées contre des soldats français en Centrafrique avaient terni la réputation de l'armée en 2015. L'affaire devrait finalement se solder par un non-lieu, comme l'a requis, mardi 21 mars, le parquet de Paris. Il appartient donc désormais aux juges d'instruction d'ordonner un procès ou de confirmer le non-lieu.

Dans ses réquisitions, le parquet a estimé qu'"il ne peut être affirmé à l'issue de l'information qu'aucun abus sexuel n'a été commis", mais que les éléments recueillis et "la variation des témoignages ne permettent pas d'établir des faits circonstanciés et étayés à l'encontre des militaires" entendus, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.

... http://www.francetvinfo.fr/monde/centra ... r=CS2-765-[twitter]-
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Messagede bipbip » 15 Avr 2017, 19:32

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Franc CFA. A Abidjan, opération de verrouillage de la monnaie françafricaine

Ce vendredi 14 avril se tenait à Abidjan, capitale de la Côte d'Ivoire, la réunion biannuelle des Ministres des finances et des gouverneurs des deux banques centrales de la zone Franc CFA, en présence de leur homologue français Michel Sapin. Un sommet particulièrement important...pour la françafrique et ses acteurs, alors que la monnaie directement héritée de la période coloniale est depuis plusieurs mois au cœur de multiples contradictions économiques et politiques.

Le Franc CFA, qu’est- ce que c’est ? Décryptage d’un dispositif (néo)colonial

Qui, en France, connaît le mécanisme néocolonial incarné par Franc CFA, et qui le dénonce ? Quasiment personne, alors même qu’il s’agit d’un des pivots de l’impérialisme hexagonal, avec la présence et les interventions militaires, ou encore la mainmise sur les matières premières africaines. En quelques mots (pour creuser, voir par exemple cet entretien avec l’économiste Ndongo Samba Sylla : le Franc CFA, à l’époque « des colonies françaises d’Afrique », tient son origine du dispositif mis en place par le gaullisme pour utiliser les colonies comme réservoir de ressources pour la résistance. Cette monnaie indépendante a en effet permis de commercialiser les matières premières issues des colonies auprès des alliés, dans le cadre d’un pillage particulièrement violent, pour financer l’effort de guerre puis de reconstruction. Mais c’est au moment de la décolonisation qu’il prend sa forme contemporaine, celle d’un outil monétaire destinée à avantager les capitalistes français en Afrique, tout en bridant tout développement économique des pays concernés.

... http://www.revolutionpermanente.fr/Fran ... cafricaine
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Messagede bipbip » 17 Avr 2017, 16:30

Ndongo Samba Sylla : « Le franc CFA est la preuve de la survivance des liens coloniaux »

Samedi 7 Janvier 2017 : des manifestations ont lieu dans plusieurs grandes villes africaines et européennes. De Dakar à Paris, en passant par Abidjan, Bamako, Kinshasa ou Bruxelles, un front commun se mobilise pour exiger la fin du franc CFA. Un fait inédit qui questionne de nouveau les enjeux politiques et économiques autour de cette monnaie : les billets du franc CFA sont imprimés en France, à Chamalières, petite ville du Puy-de-Dôme ; son cours est fixé sur celui de l’euro ; 50 % des réserves de change des Banques centrales des États de l’Afrique de l’Ouest et Centrale sont déposées sur un compte du Trésor français. Le franc CFA — qui signifiait, à son origine en 1945, franc des colonies françaises d’Afrique — est le nom des deux monnaies communes à plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique Centrale. Pour l’économiste sénégalais Ndongo Samba Sylla, le franc CFA demeure une « monnaie coloniale ». Nous le rencontrons pour discuter répression monétaire, Françafrique et pistes de sortie de la zone franc.

... http://www.revue-ballast.fr/ndongo-samb ... franc-cfa/
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Messagede Pïérô » 18 Mai 2017, 19:38

Néo-impérialisme vert

Comment, au nom du climat, la France cherche à imposer ses intérêts et ses entreprises à l’Afrique

L’Initiative africaine pour les énergies renouvelables, lancée lors de la COP21, devait être un projet exemplaire porté par les Africains pour les Africains, permettant d’assurer l’accès de tous à l’électricité sur le continent tout en préservant le climat. Mais la Commission européenne et la France cherchent aujourd’hui à s’approprier l’Initiative pour lui faire financer des projets énergétiques douteux, qui répondent davantage aux intérêts de leurs entreprises qu’aux besoins des populations. Responsables africains et société civile dénoncent un passage en force.

... http://multinationales.org/Comment-au-n ... ets-et-ses
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Messagede Pïérô » 21 Mai 2017, 03:34

Emmanuel Macron en chef militaire au Mali : le symbole d’une Françafrique toujours en marche

En se rendant auprès des troupes françaises déployées au nord du Mali la semaine de son investiture, Emmanuel Macron assume l’interventionnisme militaire qui a marqué le quinquennat de François Hollande et de son ministre Jean-Yves Le Drian. Un symbole de plus, en quelques jours, de la perpétuation d’une politique africaine faite d’ingérence et de soutien aux dictateurs.

Le nouveau Président de la République, qui cherche à aligner les images symboliques depuis son élection [1], se rend aujourd’hui au Mali pour illustrer son soutien aux forces militaires françaises déployées au Sahel et affirmer ainsi au nom de la "lutte contre le terrorisme" une totale continuité avec François Hollande. Le "bilan africain" de ce dernier étant en grande partie celui de Jean-Yves Le Drian, passé de la Défense aux Affaires étrangères à la faveur du "renouvellement" à la tête de l’État, Emmanuel Macron met ainsi en oeuvre un des piliers de "sa" politique africaine, la prolongation de l’ingérence militaire. Celle-ci n’est toujours pas questionnée, alors même que la situation actuelle au nord du Mali, mais aussi en Libye, en Côte d’Ivoire et en Centrafrique, fragilise chaque jour la vitrine d’un interventionnisme étranger victorieux fournie par Le Drian au nouveau locataire de l’Elysée.

Le refrain de la fin de la Francafrique, brandi successivement par Sarkozy puis par Hollande, n’a pas été repris dans cette campagne présidentielle, à l’exception de la grossière tentative d’instrumentalisation de Marine Le Pen [2]. Mais les déclarations du candidat Macron à certains médias spécialisés et les premiers choix politiques lourds de sens ne laissent guère d’illusion. Celui qui a promis de faire passer le business franco-africain et la stabilité des régimes en place au nom de la lutte contre le terrorisme avant le respect des droits humains, a choisi un Premier ministre grand défenseur des intérêts d’Areva sur le continent [3] et un ministre des Affaires étrangères qui était déjà le "ministre de l’Afrique" s’affichant volontiers avec certains des pires dictateurs du continent lors du quinquennat précédent. Le Tchadien Idriss Déby peut continuer à faire emprisonner des militants, le Congolais Sassou Nguesso peut laisser pourrir la crise humanitaire dans la région d’un opposant, le Gabonais Ali Bongo peut réprimer sans fin la contestation populaire : ils ne craignent aucune condamnation publique, et encore moins le gel de l’aide bilatérale ou la suspension des relations de coopération militaire et policière qui les unissent à la France. La nomination d’une ministre des Armées interroge quant à elle, avec un tel intitulé de sa fonction, sur la feuille de route donnée à cette juriste de formation face au pouvoir discret mais croissant de la Grande Muette sur la politique africaine de la France, alors même que l’opération Barkhane, déployée depuis 2014, n’a jamais été approuvée par le Parlement, en violation de l’article 35 de la Constitution.

Consciente qu’en matière de politique africaine, plus encore que dans les autres domaines, les vieilles recettes resteront de mise sous ce quinquennat, l’association Survie continuera son travail de décryptage, d’information et de mobilisation pour mettre enfin un terme aux mécanismes tant institutionnels que mafieux de la Françafrique.

Mis à jour le 20 mai 2017 [4]


[1] Concernant son soutien à l’armée, le nouveau Président avait déjà choisi de parader dans une voiture de commandement militaire sur les Champs Élysées le jour de son investiture, puis de mettre en scène médiatiquement sa visite à des soldats français blessés en opération.

[2] "Marine Le Pen fait la promotion de la Françafrique dans son tract de campagne", communiqué de Survie, 4 mai 2017

[3] Comme le signalait le Réseau Sortir du Nucléaire dans son communiqué le 15 mai http://sortirdunucleaire.org/Edouard-Ph ... arche-vers, Edouard Philippe, qui a été Directeur des affaires publiques d’Areva de 2007 à 2010, "avait notamment joué un rôle de lobbyiste auprès des élus de l’Assemblée Nationale au sujet des mines d’Areva au Niger."

[4] Dans une précédente version, nous avions écrit par erreur que le Président avait également choisi "un Secrétaire général de l’Elysée issu de l’Agence française de développement" : une erreur liée au fonctions précédemment exercées par Alexis Kohler comme adjoint de Rémi Rioux - devenu depuis Directeur général de l’AFD - mais c’était au cabinet de Pierre Moscovici, alors ministre de l’Economie et des Finances. Cette collaboration a indubitablement créé une proximité entre les deux hommes, mais Alexis Kohker n’a en fait à notre connaissance pas directement travaillé à l’AFD.


http://survie.org/francafrique/article/ ... taire-5232
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Re: Françafrique

Messagede bipbip » 22 Juin 2017, 20:38

Radio. La Françafrique en marche 20/06/2017

Petit tour des premiers signes françafricains du quinquennat Macron. Antiterrorisme, soutien aux dictatures et business, le "grand renouvellement" de La république en marche a des airs de déjà-vu.

Emission à écouter : http://www.canalsud.net/?La-Francafriqu ... rche-20-06
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Re: Françafrique

Messagede Pïérô » 15 Juil 2017, 00:31

Le despote tchadien reçu à l’Elysée : Macron poursuit son initiation à la Françafrique

C’est par un simple tweet accompagné d’une vidéo [1] que l’Elysée a annoncé qu’Emmanuel Macron avait reçu Idriss Déby ce mardi 11 juillet, à l’occasion d’une « visite privée » d’après la présidence tchadienne. Celle-ci a immédiatement saisi l’occasion de communiquer sur ce soutien, en évoquant un échange « sur toutes les questions d’intérêt commun liant le Tchad à la France » [2].

... http://survie.org/francafrique/tchad/ar ... u-a-l-5250
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Re: Françafrique

Messagede bipbip » 30 Juil 2017, 14:58

Macron et la « Françafrique » : un racisme et un néo-colonialisme décomplexés

Le président Emmanuel Macron est né après la période du colonialisme, mais sa façon de penser n’en reste pas moins coloniale.

En ce moment, à Dakar, à Bamako et ailleurs en Afrique francophone, tout le monde parle du président français Emmanuel Macron.

Le président Macron, qui est né longtemps après l’indépendance des colonies françaises, affiche un modernisme ostensible et, du moins en apparence, attaque les appareils politiques obsolètes qui, selon lui, nuisent à la vitalité de la société française. En conséquence, peut-être trop naïvement, de nombreux Africains s’attendaient à ce qu’il réforme l’ancienne « Françafrique », à savoir les relations de la France avec ses anciennes colonies en Afrique.
Mais la réalité est plus que décevante. Jusqu’à présent, Macron a non seulement insisté sur la continuité de la domination économique de la France dans la région en tant qu’ancienne puissance coloniale, mais il a également souligné son soutien à la présence militaire française sur le continent. Au cours des premières semaines de sa présidence, il a clairement prouvé que sa vision de l’Afrique et des Africains est tout aussi raciste et colonialiste que celle de ses prédécesseurs.

La monnaie coloniale

Au début de ce mois-ci, au sommet du G5 au Mali, Macron a fait la réponse suivante aux dirigeants de plusieurs pays de la zone franc (le franc de la communauté française d’Afrique) qui considèrent cette monnaie comme une des causes de leurs problèmes économiques :

« Si vous n’êtes pas contents de faire partie de la zone franc, vous pouvez en sortir et créer votre propre monnaie, comme la Mauritanie et Madagascar », a déclaré le président de 39 ans. « Si vous y restez [dans la zone franc], alors il faut arrêter les déclarations démagogiques qui font du franc CFA le bouc émissaire de vos échecs politiques et économiques et de la France, la source de vos problèmes ».

Cette déclaration, comme on pouvait s’y attendre, a déclenché un flot de protestations en Afrique et a relancé le débat sur la viabilité de l’héritage colonial qui constitue le franc CFA.

Le franc CFA, le franc des colonies françaises d’Afrique, a été créé le 26 décembre 1945 dans le cadre de la conférence de Bretton Woods, au cours de laquelle les pays alliés ont décidé de l’ordre financier international après la Seconde Guerre mondiale. Selon les autorités françaises à l’époque, le but principal de ce nouveau système monétaire était de protéger les colonies d’une forte dévaluation du franc.

En 1958, pour répondre aux mouvements d’indépendance qui gagnaient du terrain dans toute l’Afrique coloniale, une nouvelle constitution a été adoptée à Paris, transformant l’Union française en Communauté française : une fédération d’états avec leur propre gouvernement autonome. Dans le cadre de ce nouveau système de gouvernance, le franc CFA est devenu la monnaie de la Communauté française d’Afrique. Mais ce statu quo n’a pas duré longtemps, car la quasi-totalité des États de la « Communauté française d’Afrique » nouvellement constituée ont déclaré leur indépendance au cours des deux années qui ont suivi ce changement constitutionnel.

Le franc CFA, cependant, a réussi à survivre aux déclarations d’indépendance.

Après l’indépendance, plusieurs pays ont choisi de quitter la zone franc, la Tunisie en 1958, le Maroc en 1960, la Guinée en 1959, l’Algérie en 1964, Madagascar et la Mauritanie en 1973. Mais, 14 pays, dont 12 anciennes colonies françaises, ont décidé de continuer à utiliser le franc CFA comme monnaie officielle.

Actuellement, le franc CFA est la monnaie officielle de la Communauté financière africaine, composée de huit pays de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA), et de six pays de la Coopération financière d’Afrique centrale.

Le franc CFA est garanti par le Trésor français. Il avait un taux de change fixe au franc français jusqu’en 1999, et maintenant à l’euro, dans le cadre d’accords qui forcent les pays de la zone franc à déposer 50% de leurs réserves en devises étrangères dans le Trésor français.

Cette monnaie, qui est fabriquée en France, suit les fluctuations de l’euro, privant ainsi les pays qui l’utilisent de leur souveraineté monétaire. Il est clair que le franc CFA nuit aux économies des 14 pays qui l’utilisent. Un pays ne peut pas se frayer un chemin économique indépendant vers le développement s’il n’a pas le contrôle de ses politiques monétaires.

Les plaintes des dirigeants africains sont justifiées et, absolument pas « démagogiques ». Macron a fait cette déclaration en sachant très bien que la configuration coloniale du franc CFA est un carcan dont il est très difficile de sortir unilatéralement compte tenu des coûts élevés que cela impliquerait.

La présence continue de l’armée française en Afrique

Macron a fait sa première visite officielle en Afrique au Mali, un pays qui est considéré comme le symbole éclatant du retour triomphant de l’armée française sur le continent.
La France a lancé une intervention au Mali en 2013 pour chasser les combattants liés à Al-Qaïda qui avaient pris les principales villes du nord. Cette mission s’est développée jusqu’à aboutir au déploiement actuel de l’opération Barkhane lancée en 2014 avec un mandat élargi pour des opérations de « contre-terrorisme » à travers le Sahel. Actuellement, plus de 4 000 soldats français participent à l’opération dans cinq pays du Sahel aux côtés des troupes maliennes et des troupes des Nations Unies.

De Serval à Barkhane, les opérations militaires françaises en Afrique ont prétendument pour objectif de « lutter contre le terrorisme », et plus précisément de « rendre au Mali sa souveraineté sur Tombouctou et Kidal ». Mais, bien sûr, l’objectif, sans doute principal, de ces opérations militaires est de protéger les intérêts économiques et géostratégiques français dans la région, comme l’exploitation de l’uranium nigérian et de l’or malien. En outre, tout le monde sait que la France est derrière la création du Sahel G5 (un cadre institutionnel pour la coopération régionale dans le développement et les politiques de sécurité, qui intègre la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad). Le G5 permet à la France de sceller l’influence de son armée dans la région, et le président Macron semble déterminé à maintenir le statu quo actuel.
Pendant sa visite au Mali, le nouveau président français a réaffirmé l’engagement de la France dans la lutte contre le terrorisme en Afrique et a assigné un rôle de quasi-subalternes aux pays du Sahel du G5, en indiquant qu’ils pouvaient former des armées autochtones, « pour lutter contre la traite des drogues et des êtres humains » dans les zones frontalières.
Pendant la même visite, Macron a également réussi à offenser l’Algérie, le médiateur de la crise malienne. Lors d’une conférence de presse conjointe avec le président malien Ibrahim Boubacar Keita, Macron a déclaré : « Je vais avoir des exigences plus fortes envers les états du Sahel et l’Algérie », avant de souligner que « nous ne pouvons pas montrer de faiblesse à l’égard des groupes terroristes, indépendamment des enjeux de politique nationale. »
Macron voulait laisser entendre que l’Algérie permettrait aux terroristes liés à Al-Qaïda de se déplacer librement sur son territoire.

Les « problèmes de civilisation » de l’Afrique

Mais les mots durs sur le franc CFA et les accusations insidieuses contre l’Algérie n’étaient rien en comparaison de ses commentaires au sommet du G20 à Hambourg concernant le soi-disant « problème civilisationnel » de l’Afrique.
Bien qu’il n’occupe ses fonctions que depuis peu de temps, le jeune président français a réussi à faire, sur l’Afrique, plusieurs déclarations stigmatisantes qui réduisent les Africains à quelque chose comme des sous-hommes. Ses déclarations rappellent celles qui servent, depuis l’esclavage, pour justifier le pillage des ressources africaines.
Lors d’une conférence de presse au sommet du G20 à Hambourg, en répondant à une question sur la nécessité d’un « plan Marshall pour l’Afrique », Macron a fait sa déclaration la plus insultante, à ce jour, sur l’Afrique.
« Le défi de l’Afrique, il est totalement différent aujourd’hui… Il est beaucoup plus profond ! Il est civilisationnel, » a déclaré Macron à un journaliste d’une ancienne colonie française, la Côte d’Ivoire.

« Quels sont les problèmes ? Les États faillis, les transitions démocratiques complexes, la transition démographique qui est … l’un des défis essentiels de l’Afrique… » Il a déclaré que bien que la France ait accepté d’aider l’Afrique en matière d’infrastructure, d’éducation et de santé, un « simple transfert d’argent » n’était pas la réponse.

« C’est par le biais d’une gouvernance plus rigoureuse, de la lutte contre la corruption, d’une lutte pour la bonne gouvernance, d’une transition démographique réussie, quand des pays ont encore aujourd’hui, sept à huit enfants par femme… », a ajouté M. Macron.

Les mots de Macron s’apparentent à de la provocation délibérée, d’autant plus que l’indignation causée par le discours de Nicholas Sarkozy, à Dakar, il y a dix ans, est encore fraiche dans les mémoires.

« Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire… Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir », a déclaré Sarkozy dans ce discours prononcé en juillet 2007.
« Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles, » a-t-il dit. « Dans cet imaginaire … il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. »
Comme Sarkozy et les innombrables autres leaders français devant lui, Macron ne voit l’Afrique que par le prisme du colonialisme et de la suprématie blanche. Il est imprégné, comme un malade atteint d’une maladie fatale, du profond sentiment européen collectif de supériorité civilisationnelle et de la peur collatérale de la puissance démographique de l’Afrique.
Les colonialistes ont longtemps cherché à contrôler la fertilité des femmes africaines, parce que les maîtres coloniaux craignaient d’être dépassés en nombres et de ne plus pouvoir maîtriser les malheureux qu’ils asservissaient et opprimaient. Mais peut-être que c’est justement la puissance démographique de l’Afrique qui lui a permis de survivre à des siècles d’abus et de colonialisme.
Ce qu’il faut que M. Macron et l’élite politique de la France comprennent, c’est que notre problème n’est ni démographique, ni civilisationnel. Notre problème, c’est le colonialisme et le système bien enraciné de corruption et d’exploitation que l’Europe a bâti et maintient en Afrique.

Pour l’Europe et l’Amérique du Nord, le continent africain n’est rien d’autre qu’une source de richesses à pomper et ils refusent de traiter les dirigeants africains comme des égaux. L’histoire montre que ceux qui leur ont résisté, ont été soit corrompus soit assassinés.

Ce que M. Macron et cie doivent comprendre, c’est que les temps ont changé et même si l’ancien système est profondément enraciné, les Africains en sont désormais bien conscients, et ils sont prêts à y résister. Et ils n’accepteront plus d’être insultés sans riposter.


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Re: Françafrique

Messagede Pïérô » 28 Aoû 2017, 00:37

Coopération sécuritaire avec un régime criminel

En août 2010, une vidéo avait fait le buzz sur les réseaux sociaux d’Afrique francophone (cf. Billets n°194, septembre 2010). On y voyait le lieutenant­-colonel Romual Létondot, coopérant militaire français, s’en prendre violemment à un journaliste togolais fautif de l’avoir photographié auprès de gendarmes togolais, une scène heureusement filmée par un autre journaliste : « Je m’en fous que tu sois de la presse. Tu enlèves ça. Tu enlèves la photo s’il te plaît, sinon c’est moi qui le prends ! Alors tout de suite ! (...) Tu veux qu’on te donne un coup sur l’appareil ou quoi ? (...) [S’adressant aux gendarmes togolais] Tu le mets en taule s’il part, tu le mets en taule. [Au journaliste] Tu sais qui je suis ? Je suis le conseiller du chef d’état-­major de l’armée de terre, OK ? Est­-ce que tu veux que j’appelle le RCGP pour foutre un peu d’ordre là­-dedans ? ». Le RCGP, c’est le Régiment des Commandos de la Garde Présidentielle. Rien de plus évident pour ce militaire alignant plus de vingt années de service, dont plusieurs en coopération et deux au Togo, que de mobiliser le cœur de l’appareil sécuritaire. Le déballage dans les médias africains a poussé le ministère de la Défense, qui « ne se reconn[aissait] absolument pas ni dans les propos ni dans le comportement de cet officier français » (LExpress.fr, 11/08/10) à rappeler précipitamment son coopérant – dont la mission se terminait officiellement 2 semaines plus tard – et à lui infliger, ô sanction, une mise à pied de 10 jours, pour avoir « porté atteinte au renom de l’armée ».

L’arbre qui cache la forêt

En France, où ce sont surtout les dénégations et les propos du militaire selon lesquels il se serait « fait piéger » qui ont été repris, « l’incident » a été vite oublié, et le lieutenant­-colonel poursuit sa carrière, aujourd’hui en Nouvelle Calédonie. Si le dédain colonial du propos a pu chatouiller quelques oreilles sensibles, le fait qu’un gradé français conseille les plus hautes autorités militaires d’une dictature n’a finalement pas choqué. On peut soutenir un appareil répressif, mais discrètement s’il vous plaît. Et au Togo, où le photographe s’est fait copieusement tabasser par les gendarmes 15 jours plus tard, la coopération sécuritaire a pu suivre son cours. Le nouvel accord de défense France­-Togo, signé en 2009, est entré en vigueur en septembre 2011. Débarrassé des clauses secrètes autorisant la France à intervenir directement pour sauver le régime, il prévoit tout de même, à son article 4, des activités d’« organisation, équipement et entraînement des forces, le cas échéant par un soutien logistique et des exercices conjoints » et d’« organisation et conseil aux forces mettant en œuvre des actions de formation, de soutien technique et la mise à disposition de coopérants militaires techniques français ». L’avis parlementaire (n° 3291) rédigé par le député Christophe Guilloteau en 2011, précise qu’il s’agit d’« une coopération de défense classée prioritaire, puisque ce pays occupe le troisième rang des partenaires de la France, avec 3,6 millions d’euros inscrits pour 2011 » avec, entre autres, « la mise à disposition de 14 coopérants permanents » et un « budget total des actions de formation de défense menées au Togo (...) de 631 788 euros » (p. 15). Sans compter les retraités de l’armée française : le général Raymond Germanos, ex­-chef de cabinet du ministre de la Défense Charles Millon et ex­-conseiller militaire de Paul Biya au Cameroun (et condamné en 2010 pour les milliers de photos pédophiles en sa possession), œuvre depuis octobre 2013 comme conseiller militaire de Faure Gnassingbé (Lettre du Continent, 31/12/13).
Mais le « savoir­-faire français » vanté par Michèle Alliot­-Marie en pleine révolution tunisienne en 2011, ne suffit pas : il faut aussi de l’argent. En 2010, à la veille de la dernière mascarade d’élection présidentielle, la France avait ainsi co-financé à hauteur de 500 000 €, avec l’Union européenne, l’achat d’équipement sécuritaire pour la police et la gendarmerie togolaises (auprès d’entreprises françaises, bien sûr). En novlangue parisienne, on appelle cela « sécurisation des cycles électoraux au Togo » (Lettre du Continent, 7/01/10). Et combien pour cette année ?

http://survie.org/billets-d-afrique/201 ... ec-un-5256
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Re: Françafrique

Messagede bipbip » 02 Sep 2017, 15:00

Le Centrafrique, pays fantôme et invention française

Fin 2016, les militaires français plient bagages. Trois ans plus tôt, dans le cadre de l’opération Sangaris, ils ont débarqué à Bangui, la capitale d’un pays oublié, le Centrafrique, pour lui éviter de connaître « un scénario à la rwandaise ». C’était la septième intervention française depuis l’indépendance dans ce pays aux allures de fantôme où sept habitants sur dix vivent dans une pauvreté extrême et où l’espérance de vie a reculé de dix ans. Pays fantôme, le Centrafrique — baptisé Oubangui-Chari par le colonisateur français — l’a peut-être toujours été. Certes, il a une capitale et un nom — il en a changé à six reprises. Il possède quelques kilomètres de routes goudronnées, une langue nationale et des ambassades. Un temps, dans les années 1970, l’empereur Bokassa, un autocrate délirant et sanguinaire, lui a conféré une triste notoriété. Mais que cache le décor ?

L’Oubangui-Chari est une invention française. À la fin du XIXe siècle, une poignée d’explorateurs et d’aventuriers — des militaires jeunes et exaltés, des missionnaires sans états d’âme, l’Évangile dans une main, le drapeau français dans l’autre — se sont élancés à la conquête du « dernier blanc de l’Afrique ». De ce vaste et lointain territoire ont hérité des sociétés concessionnaires qui se sont payées sur la bête. Mais la bête n’était pas grasse et lorsque, au début des années 1960, « la Cendrillon de l’Empire » s’est vu octroyer l’indépendance, le pays avait tout pour se déliter, sous l’œil de l’ancienne puissance coloniale, qui n’a cessé depuis de peser sur les hommes et les événements.

... https://reporterre.net/Le-Centrafrique- ... -francaise
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Re: Françafrique

Messagede bipbip » 19 Sep 2017, 11:59

Rassemblements anti-franc CFA en Afrique

Monnaie commune pour environ 155 millions d’habitants, le franc CFA est accusé par ses détracteurs de favoriser les intérêts de la France, ex-puissance coloniale.

vidéo http://www.lemonde.fr/afrique/video/201 ... AEJ0M77.99
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