flash-ball, LBD

Re: flash-ball

Messagede bipbip » 26 Déc 2013, 11:59

Flashball, peur et mutilation, tribune parue dans Libération
Flashball, peur et mutilation

PAR CLÉMENT ALEXANDRE, FLORENT CASTINEIRA, JOAN CELSIS, JOHN DAVID, PIERRE DOUILLARD, JOACHIM GATTI ET SALIM BLESSÉS ET MUTILÉS PAR LA POLICE FRANÇAISE

Nous avons en commun le fait d’avoir été blessés et mutilés par la police française après avoir reçu un tir de flashball en pleine tête. Etre touché par une de ces armes, c’est s’effondrer, être évacué, hospitalisé et subir par la suite un nombre considérable d’interventions chirurgicales lourdes qui s’étendent sur plusieurs mois. Les lésions sont nombreuses et irréversibles : œil crevé, décollement de la rétine, enfoncement du plancher orbital, multiples fractures, dents cassées, joue arrachée, etc. Pour plusieurs d’entre nous, l’implant d’une prothèse a été nécessaire. Sans parler des migraines, des cauchemars et de la peur chevillée au corps. A Marseille, un homme, Mostefa Ziani, est mort d’un arrêt cardiaque après avoir été touché en plein thorax. Le flashball peut donc tuer à bout portant et il produit des dommages qui ne sont en rien des accidents. Les mêmes causes entraînant les mêmes effets, équiper la police avec ces armes, c’est lui reconnaître le droit de mutiler. Ce qu’elle a bien compris.

S’il n’existe aucune réparation possible, il est difficile de laisser le terrain libre à la violence policière. Plusieurs d’entre nous ont porté plainte contre l’auteur du tir. Sans succès. A Nantes, le policier qui a tiré sur Pierre Douillard en 2007 et dont l’identité est clairement établie bénéficie d’une relaxe : sa responsabilité ne peut être engagée puisqu’il a obéi à un ordre. A Toulouse par contre, pour Joan Celsis, blessé en 2009, le juge ordonne un non-lieu au motif cette fois que l’identité du tireur n’est pas établie. A Montreuil, pour Joachim Gatti, le procureur bloque le dossier depuis maintenant deux ans. Sans surprise, la justice couvre la police. Il y a belle lurette en effet que l’action de la police s’est affranchie du droit. Pour le flashball, les distances de sécurité et les zones autorisées ne sont jamais respectées, pas plus que le tir ne correspond à un état de légitime défense comme le prescrit pourtant la réglementation officielle.

Face aux limites du pénal, nous nous sommes lancés dans une nouvelle procédure. Clément Alexandre, le collectif Face aux armes de la police et leur avocat, Etienne Noel, ont déposé en octobre 2012 une requête au Tribunal administratif qui consiste à attaquer directement la responsabilité du préfet de police et plus seulement le policier qui tire en pleine tête, même si celui-ci mérite tout notre mépris. Pour la première fois, l’Etat a été condamné mercredi, le 18 décembre, à verser une indemnité et sa responsabilité est reconnue, tout comme le lien entre la blessure et le flash-ball. D’autres jugements sont attendus. Nous pensons que sur le terrain juridique, il est capital de multiplier ce type de riposte.

Toutes ces blessures rendent lisible la façon dont la police maintient l’ordre. Chaque fois derrière nos noms propres, il y a des complicités et des amitiés – souvent des luttes. A Nantes, des lycéens et des étudiants occupent un rectorat. A Toulouse, des dizaines d’étudiants sortent d’un Monoprix sans payer pour protester contre la précarité étudiante. A Montreuil, des habitants se rassemblent contre l’expulsion d’un squat. Et des lycéens bloquent leur établissement pour protester contre une énième réforme des retraites. A Notre-Dame-des-Landes, des milliers de personnes résistent à un projet d’aéroport : parmi les centaines de blessés, certains se retrouvent avec des bouts de métal sous la peau. A Strasbourg, des métallos manifestent contre ArcelorMittal. A Montpellier, c’est un groupe de supporteurs qui est visé. Dans les quartiers populaires, le flashball fait partie de la vie quotidienne et intervient systématiquement quand les habitants se révoltent contre la violence de la police. C’est le cas à Trappes pour Salim, qui cet été, a eu le malheur de se trouver à proximité du commissariat où des habitants protestent contre une arrestation musclée. Mais aussi à Montbéliard, Villemomble, etc.

Ce que la langue policière appelle littéralement «neutraliser une menace» désigne de toute évidence la nature réelle du flashball : écraser et faire taire ce qui échappe au pouvoir. C’est là le travail normal de la police. Mais ce qui est nouveau, c’est la méthode utilisée. Le flashball est le nom d’un nouveau dispositif politique qui repose sur la peur et la mutilation – en un mot la terreur. Il s’agit cette fois de frapper les corps mais aussi les cœurs et les esprits en nous marquant dans notre chair et dans celles de nos amis. Présenté comme défensif, le flashball est clairement une arme offensive qui donne à nouveau à la police le pouvoir de tirer sur la foule. Le déploiement de la violence policière, en l’état actuel du rapport de force, ne doit pas entraîner la mort. Mais la police doit être assurée de rester la plus forte pour que l’ordre soit maintenu.

Cette militarisation des opérations de police exprime la vérité d’une époque : le développement de ces armes depuis maintenant dix ans s’explique par le fait qu’elles ont manqué dans certaines émeutes. Qu’en Tunisie, une foule déterminée puisse faire tomber un gouvernement dont la longévité semblait assurée indique assez l’angoisse qui habite le pouvoir à tout moment. Le terrain d’intervention véritable du flashball, c’est la révolte.

En maintes occasions, la police se présente comme un obstacle – à nos mouvements, à nos désirs et à nos luttes. La question de savoir comment le défaire mériterait d’être prise au sérieux. Si les blessures se produisent toujours dans des moments de tension, se défendre et se protéger devient une question pratique dont la nécessité a pu être éprouvée en Grèce, comme à Notre-Dame-des-Landes où des boucliers sont apparus ; de la place Tahrir à la place Taksim, où des milliers de manifestants venaient casqués. Quand Michèle Alliot-Marie propose d’exporter le savoir-faire de la police française en Tunisie, nous pensons plutôt à importer la puissance des révolutions arabes.

C’est parce que nous demeurons attachés à nos luttes et à nos amitiés que nous ne nous laisserons pas terroriser par le flashball. Là où nous sommes attaqués, il y a à riposter collectivement pour être capable de penser et de contrer les pratiques policières. Et ça, on ne le fait pas dans l’enceinte d’un tribunal, mais on l’élabore avec tous ceux qui les subissent. Ici, comme ailleurs, ce qui relève du possible dépend d’un rapport de force. Nous lançons un appel à toutes les personnes blessées avec la certitude que nous avons plus à partager que nos blessures.

Pour Salim, ce sont ses proches qui signent la tribune. Contact : http://faceauxarmesdelapolice.wordpress.com

http://www.liberation.fr/societe/2013/1 ... ion_968441
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Re: flash-ball

Messagede bipbip » 01 Jan 2014, 14:53

Flash-ball
Un pompier perd un œil après des affrontements avec les CRS

Un pompier de l'Isère âgé de 29 ans a perdu un oeil vendredi au cours d'une manifestation pendant laquelle des CRS ont utilisé leur flash-ball. Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances du tir. La famille et l'entourage de la victime ainsi que ses collègues pompiers de l'Isère se relaient à son chevet.

(...) http://www.franceinfo.fr/politique/un-p ... 2013-12-30
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Re: flash-ball

Messagede bipbip » 01 Fév 2014, 03:04

Flash-ball, enfin mis en accusation

Il fallait bien qu’une telle intervention de groupe se produise. La mèche a été allumée au travers d’une tribune libre publiée dans Libération, daté du 23 décembre 2013. Ce texte, signé pas par plusieurs victimes de policiers utilisateurs du flash-ball, sous ses différentes variantes, vaut d’être connu bien au-delà du cercle des lecteurs de ce quotidien. Déjà, pourtant, l’Etat venait d’être condamné, le 18 décembre 2013, suite à la plainte d’une victime de la hargne policière qui avait eu la mâchoire fracturée par un tir de cette arme, le 21 juin 2009. Il faut s’attendre aux réactions indignées des syndicats de policiers, après cette tribune de libre, à moins qu’un silence honteux ne confirme leur peu d’inquiétude à user de ce flash-ball, sans que cela puise poser à ces humanistes en uniforme le moindre cas de conscience. Le témoignage de ces « estropiés » de l’ordre public vient à son heure. En voici quelques extraits des plus significatifs :
« Nous avons en commun le fait d’avoir été blessés et mutilés par la police française après avoir reçu un tir de flash-ball en pleine tête. Etre touché par une de ces armes, c’est s’effondrer, être évacué, hospitalisé et subir par la suite un nombre considérable d’interventions chirurgicales lourdes qui s’étendent sur plusieurs mois. Les lésions sont nombreuses et irréversibles : œil crevé, décollement de la rétine, enfoncement du plancher orbital, multiples fractures, dents cassées, joue arrachée. Pour plusieurs d’entre nous, l’implant d’une prothèse a été nécessaire. »

Faut-il rappeler, une fois de plus, que les règles d’utilisation de cette arme, dite non-létale, précisent que les policiers et gendarmes ne doivent absolument pas tirer à la tête de ceux qui sont censés « troubler l’ordre public », et pas à moins de sept mètres. Il faut être convaincu que, dans bien des cas, il ne s’agit nullement de balles perdues mais tirées de très près, avec la volonté de faire mal. Qu’importe, le policier peut s’attribuer tranquillement le droit de mettre en péril l’intégrité physique de ceux qu’il considère comme des gibiers de potence qu’il convient de mettre à la raison. Poursuivons le témoignage de ces jeunes hommes, qui évoquent le choc subi :
« …Des migraines, des cauchemars et la peur chevillée au corps. A Marseille, un homme, Mostéfa Ziani, est mort d’un arrêt cardiaque après avoir été touché en plein thorax. Le flash-ball peut donc tuer à bout portant, et il produit des dommages qui ne sont en rien des accidents. Les mêmes causes entraînant les mêmes effets, équiper la police avec ces armes, c’est lui reconnaître le droit de mutiler. Ce qu’elle a bien compris… »
Cette tribune libre rappelle que, dans bien des cas, les plaintes portées contre les auteurs souvent connus de ces agressions se sont révélées vaines. Parfois, un juge ordonne le non-lieu, quand ce n’est pas le procureur qui bloque un dossier durant plusieurs années car, bien évidemment, la justice se garde bien de poursuivre des policiers assermentés. D’où ce constat :
« …Sans surprise, la justice couvre la police. Il y a belle lurette, en effet, que l’action de la police s’est affranchie du droit. Pour le flash-ball, les distances de sécurité et les zones sécurisées ne sont jamais respectées, pas plus que le tir ne correspond à un état de légitime défense, comme le prescrit pourtant la règlementation officielle… »

Ces faits que nous dénonçons depuis bientôt vingt ans, dans Que fait la police ?, éclatent enfin au grand jour, au travers de cet authentique manifeste anti-violence. Est visée, au premier chef, la violence aveugle de policiers qui s’attribuent le droit de blesser, voire de tuer, alors qu’ils sont simplement censés rétablir l’ordre dit « républicain ». Est-ce que le fait d’être assermenté peut permettre toutes les dérives qui ne pourraient que conforter un Etat autoritaire dont la police serait le principal pilier ? La religion de l’ordre conduit ses fidèles à considérer comme une émeute le simple fait de manifester pacifiquement contre l’expulsion d’un squat de mal logés, et les manifestants considérés tels de dangereux « individus ». Autre constat indigné des signataires de cette tribune libre :
« …Dans les quartiers populaires, le flash-ball fait partie de la vie quotidienne, et intervient systématiquement quand la population se révolte contre la violence de la police (…) Ce que la logique policière appelle, littéralement, neutraliser une menace, et désigne de toute évidence la nature réelle du flash-ball : écraser et faire taire ce qui échappe au pouvoir. C’est là le travail normal de la police. Mais ce qui est nouveau, c’est la méthode utilisée. Le flash-ball est le nom d’un nouveau dispositif, qui repose sur la peur et la mutilation – en un mot, la terreur. Il s’agit cette fois de frapper les corps mais aussi les cœurs et les esprits, en nous marquant dans notre chair et celle de nos amis. Présenté comme une arme défensive, le flash-ball est clairement une arme offensive qui donne à la police le droit de tirer sur la foule. Le déploiement de la violence policière, en l’état actuel du rapport de force, ne doit pas entraîner la mort… »

Qu’ajouter de plus à ce texte, sinon notre étonnement de constater qu’un gouvernement de gauche, donc supposé humaniste, puisse couvrir de tels comportements de la part de ses fonctionnaires d’autorité ? Après le flash-ball et le pistolet à impulsion électrique Täser, de quel moyen va-t-on doter une police triomphante, qui n’attend que la chute de cette gauche, sécuritaire à souhait, pour user, encore plus violemment, de son pouvoir discrétionnaire ?

http://quefaitlapolice.samizdat.net/?p=477
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Re: flash-ball

Messagede bipbip » 21 Fév 2014, 14:16

Quatre policiers mis en examen pour avoir éborgné un ado
Début février à Saint-Denis de la Réunion, le jeune Steve avait reçu une balle en caoutchouc et perdu un œil. Quatre policiers, dont l'un avait maquillé la scène, ont été mis en examen avec interdiction d'exercer et de porter une arme
... http://www.liberation.fr/societe/2014/0 ... ado_981467
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Re: flash-ball

Messagede bipbip » 25 Mar 2014, 12:14

Que fait la justice ? Ça crève les yeux !
Lettre ouverte à Madame Moisson, Procureure de la République
au Tribunal de Grande Instance de Bobigny.

Madame la procureure,

Voilà maintenant plus de 4 ans que, le 8 juillet 2009, la police nous a
tiré dessus au flash-ball. Nous avons été touchés à l'épaule, au front, à
la nuque et l'un d'entre-nous, Joachim, a eu un œil crevé. À l’époque,
l’histoire a fait grand bruit dans les médias. Ce qui n’est pas habituel.
Combien de blessés par la police ont l’attention des médias ? Fort peu.
Et, quand cela arrive, le service de la communication de la préfecture est
si bien rodé que la culpabilité ne tarde pas à se retourner contre les
victimes. Les adages font le reste : il n'y a pas de fumée sans feu. S'il
a été blessé, c’est qu’il a du le chercher.

Sauf qu’ici, Joachim ne répondait pas tout à fait aux standards. Disons
que son profil socio-économique ne suffisait pas à justifier un bon coup
de Flash-ball dans la gueule. Les médias sont alors entrés dans la danse.
L’histoire a fait scandale. Sous le feu des projecteurs, la police a été
obligée de faire profil bas. Une fois n’est pas coutume, l’IGS a du
enquêter sérieusement. Une instruction a été ouverte. Le juge
d’instruction a mis en examen trois policiers et celui qui a tiré sur
Joachim a été placé sous contrôle judiciaire consistant au retrait de son
port d’arme. Ce qui implique de la part du juge une certaine conviction
concernant la responsabilité des policiers. L’instruction a été close le
1er décembre 2011 et le dossier se trouve sur votre bureau depuis plus de
deux ans.

Plus de deux ans qu’il ne se passe rien. Madame la procureure, vous avez
mis plus de temps à ne rien faire que vos collègues à mener deux enquêtes
successives : celle de l’IGS et celle du juge d’instruction. Sans parler
de l’enquête de la CNDS. Ce qui implique l’audition deux fois répétée de
tous les protagonistes ainsi qu’une reconstitution sur les lieux. De
surcroit, vous êtes tenue de respecter un délai de trois mois pour
présenter votre réquisitoire. Vous l’avez dépassé de deux ans. De ce fait,
le juge d’instruction pourrait renvoyer les policiers devant un tribunal
sans vous attendre. Il ne le fait pas.

Madame la procureure pourquoi faites-vous aussi ouvertement obstruction à
la procédure ? Nous vous avons envoyé une lettre recommandée. Aucune
réponse de votre part. Dans les couloirs du TGI de Bobigny, on dit que
dans les affaires où des policiers sont accusés, c’est la règle.
Bloquez-vous ce dossier de votre propre chef, subissez-vous des pressions
de syndicats de policiers ou encore du ministère de l’intérieur ? Mais
peut-être que non, peut-être faites-vous cela par une sorte de réflexe
conservatoire, un réflexe anti-manifestants, anti-jeunes,
anti-tout-ce-sur-quoi-tire-la- police.

Peu importe, le résultat est là. La justice use du temps comme elle
l’entend. C’est en comparution immédiate qu’elle expédie en prison des
centaines de personnes par jour sans que leur soit laissé la possibilité
de se défendre. Inversement, elle retarde pendant des années des
procédures dans lesquelles des policiers sont mis en cause. Elle opère un
minutieux travail d’enterrement.

Madame la procureure, le temps semble jouer pour vous et vos collègues
policiers. Vous pouvez bloquer la procédure sans que personne ne dise mot.
Et à côté, la police continue de mutiler impunément des personnes aux
quatre coins du territoire. Seulement pour l'année 2014, on compte Steve à
la Réunion, Quentin et Damien à Nantes. Tous les trois ont perdu l'usage
d'un œil suite à un tir de flash-ball.

Nous ne nous offusquerons pas du manque d’indépendance de la justice, ni
de sa lenteur. Cela ferait rire tout le monde. Mais tôt ou tard, vous
devrez vous soumettre à la loi et rendre votre réquisitoire. En attendant,
nous mettons ce temps à profit. Déjà, avec d'autres personnes mutilées par
la police, nous avons lancé des procédures devant le tribunal
administratif. Une première condamnation de l'Etat a été prononcée.

Pour peu que les éborgnés et autres mutilés par la police se rencontrent,
ce temps pourrait servir à autre chose qu'à notre enterrement.

Par Anneric, Gabriel, Igor et Joachim blessés par la police suite à des
tirs de flash-ball, le 8 juillet 2009 à Montreuil.

http://collectif8juillet.wordpress.com/
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Re: flash-ball

Messagede bipbip » 05 Avr 2014, 01:37

Suite,
le parquet requiert le renvoi d'un policier aux assises
Le parquet de Bobigny vient de rendre son réquisitoire définitif dans une enquête portant sur des tirs de flashball qui ont crevé l’œil d’un homme de 34 ans, sur la place du marché à Montreuil (Seine-Saint-Denis) en juillet 2009. Un policier a été renvoyé vendredi devant les assises. Il sera jugé pour «violences volontaires ... http://www.leparisien.fr/seine-saint-de ... 741095.php
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Re: flash-ball

Messagede bipbip » 11 Mai 2014, 15:39

Flashball : plus de vingt blessés graves depuis 2004

Un bilan exhaus­tif des bles­su­res établi par Médiapart, relayé et com­plété par le blog de lutte contre le fla­sh­ball, « Face aux armes de la police ».

http://faceauxarmesdelapolice.wordpress ... -04-12-13/
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Re: flash-ball

Messagede bipbip » 14 Mai 2014, 08:54

Le rapport IGPN 2013 et la question du flashball
http://27novembre2007.blogspot.fr/2014/ ... on-du.html
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Re: flash-ball

Messagede bipbip » 10 Juil 2014, 13:37

Déclaration commune sur l'armement de la police, pour mettre fin à l'emploi du flashball-lanceur de balles de défense, en particulier dans le maintien de l'ordre des manifestations.
http://27novembre2007.blogspot.fr/2014/ ... onale.html
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Re: flash-ball

Messagede Pïérô » 17 Juil 2014, 01:42

Communiqué du collectif huit juillet suite à l’ordonnance de renvoi de la juge d’instruction

"Violence en réunion avec flashball" :
Trois policiers renvoyés devant le Tribunal de Bobigny


Bref rappel des faits : Le soir du 8 juillet 2009 à Montreuil, nous sommes l’objet d’une opération punitive. Nous organisons un repas dans la rue pour protester contre l’expulsion, le matin même, d’une ancienne clinique occupée et transformée en un lieu aux multiples activités sociales et politiques. Alors que nous marchons jusqu’au lieu expulsé, les policiers viennent sans sirène ni gyrophare, se garer près de la clinique. Ils sortent de leurs voitures et s’équipent de leurs flashballs. Alors que nous partons, ils nous tirent dessus, sans sommation et à hauteur de visage. Au total, ils touchent six personnes dont cinq au dessus de l’épaule (front, nuque, œil, clavicule, épaule). Joachim, touché à l’œil, s’effondre devant eux. Ils ne lui portent pas secours et préfèrent nous poursuivre et continuer à tirer.

Cinq ans plus tard, le 4 avril 2014, la procureure avait pointé la gravité des faits en demandant le renvoi du policier qui a tiré sur Joachim devant la cour d’Assises. En revanche, elle avait requis un non-lieu pour les deux autres policiers tireurs initialement mis en examen.

Le 10 juillet, la juge d’instruction a rendu sa décision : elle renvoie devant le tribunal correctionnel les trois policiers mis en examen pour violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique et insiste sur la responsabilité de la hiérarchie.

D’une part, elle admet qu’il ne s’agit pas d’un acte isolé, ni d’une bavure, mais d’un cas avéré de violence en réunion par des policiers armés de flashball. Rappelons-le encore une fois : ce soir-là, six personnes ont été touchées par des tirs de flashball dont cinq au dessus de l’épaule. Si seul Joachim a perdu un oeil, tous les tires auraient pu nous blesser grièvement. D’autre part, en signalant les nombreuses anomalies qui caractérisent cette opération de maintien de l’ordre, elle révèle que la hiérarchie policière est compromise dans les violences de ce soir-là.

Le renvoi de trois policiers devant les tribunaux et la mise en cause de leur hiérarchie est un fait rarissime. Combien de familles endeuillées, de personnes mutilées attendent indéfiniment que la justice reconnaisse le tort qui leur a été fait pour finalement se voir signifier un non-lieu ? Le dernier en date concerne Lamine Dieng, mort étouffé dans un camion de police. Le 25 mai dernier la juge prononçait un non-lieu après 7 ans d’instruction.

À Nantes, le 22 février 2014, lors de la manifestation contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la police a éborgné trois personnes suite à des tirs de flashball et blessé des dizaines d’autres. Alors que les policiers responsables de ces mutilations n’ont toujours pas été identifiés, la justice prolonge et légitime la répression en multipliant les poursuites contre les manifestants, les condamnant à de lourdes peines pour des faits mineurs.

Alors que le gouvernement veut équiper toute la police de nouveaux modèles de flashball (le LBD “Lanceur de balles de défense” 40), le procès qui s’annonce est l’occasion de rappeler la fonction réelle des nouvelles armes de la police, qui repose sur la peur et la mutilation – en un mot la terreur. Et plus généralement de mettre en lumière les violences qu’exerce quotidiennement la police, et l’impunité quasi-systématique qui les accompagne.

Le renvoi de plusieurs policiers devant les Tribunaux est trop rare pour que la partie civile ne s’élargisse, au moins symboliquement, aux autres victimes de la police et laissés pour compte de la justice. Trouvons la force de nous défendre collectivement à l’intérieur comme à l’extérieur des tribunaux.

http://collectif8juillet.wordpress.com

Contact presse : huitjuillet@riseup.net

(Si vous désirez nous joindre téléphoniquement, laissez votre numéro à cette adresse mail.)

http://collectif8juillet.wordpress.com/ ... ommunique/
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: flash-ball

Messagede bipbip » 23 Aoû 2014, 00:48

Tribune du collectif du 8 juillet (Montreuil)

Flash-ball : en plein dans le mille

Quotidien Libération / TRIBUNE / 18 août 2014

Il y a cinq ans, le soir du 8 juillet 2009, à Montreuil, la police nous a tiré dessus au flash-ball. Nous avons été touchés à l’épaule, à la clavicule, à la nuque, au front. Joachim, lui, a perdu un œil. La procureure avait requis le renvoi devant la cour d’assises d’un des trois policiers mis en examen et un non-lieu pour les deux autres. La juge d’instruction a finalement renvoyé les trois policiers devant le tribunal correctionnel.

Si ces derniers vont comparaître devant les tribunaux, ce n’est pas la règle.

Combien de familles endeuillées, de personnes mutilées attendent que la justice reconnaisse le tort qui leur a été fait, pour finalement se voir signifier un non-lieu ou une relaxe ?

Dans les quartiers, tout le monde connaît une ou plusieurs histoires d’une famille qui a perdu un fils et qui n’a reçu de la part de la justice que mépris et humiliation. Combien de personnes mutilées par un tir de flash-ball ont vu leur agresseur comparaître devant les tribunaux ? Deux sur trente-six, exactement. Combien parmi elles ont vu leur agresseur condamné ? Une seule.

Le procès qui s’annonce est trop rare pour que la partie civile ne s’élargisse, au moins symboliquement, aux autres victimes de la police et laissés-pour-compte de la justice.

Ce que certains appellent la hogra, ce mélange de silence et de déni de justice qui entoure les crimes policiers, s’élabore à différents niveaux de la société. Ce sont par exemple les policiers qui produisent de faux témoignages. La police des polices - Inspection générale des services (IGS), Inspection générale de la police nationale (IGPN) - et le juge d’instruction qui enquêtent à décharge des policiers.

Le procureur qui requiert un non-lieu et le juge d’instruction qui le prononce.

Le préfet qui transforme la victime en coupable à travers un communiqué de presse mensonger, et les médias qui le relaient sans contre-enquête.

Le maire qui encourage la famille à ne pas manifester et l’enjoint à s’en remettre à la justice.

L’avocat qui réclame des honoraires ruineux à une famille modeste, et délaisse le dossier pendant des années.

Tout au long de notre procédure, pendant cinq ans, nous avons rencontré de nombreuses personnes en prise avec la police et la justice.

A partir de leurs histoires et de la nôtre, nous voudrions montrer comment un non-lieu s’élabore, mais aussi comment la mobilisation et la médiatisation autour d’une affaire peuvent influer sur le cours ordinaire de la justice.

La police. Dans notre cas, comme à leur habitude, les policiers mis en cause et leurs collègues ont menti sur le déroulement des faits. Malheureusement pour eux, des habitants du quartier ont assisté à la scène. Sous la pression de la rue et des médias, l’IGS a recueilli leurs témoignages. Tous contredisent la version des policiers. A partir de là, il devenait très difficile pour les magistrats de les disculper. Mais, nous le savons, si aucun témoignage n’était venu contredire les policiers, notre parole contre la leur, ils l’auraient emporté et nous aurions accusé un non-lieu.

La police des polices. Si elle n’est pas soumise à une forte pression, elle enquête le plus souvent en faveur des policiers, quand elle ne produit pas des faux.

On peut citer l’exemple de Wissam, tabassé par une dizaine de policiers le soir du 31 décembre 2011 à Clermont-Ferrand. Il décède après neuf jours passés dans le coma. Les photos de Wissam prises juste après les faits vont être frauduleusement remplacées par des photos prises à la fin de sa période de coma. Sur ces photos, les traces de coups et de strangulation sont estompées. La famille s’aperçoit du subterfuge et le signale au juge d’instruction. Quand le juge se décide à saisir l’ordinateur et l’appareil photo de l’IGPN, il s’aperçoit qu’ils ont été reformatés.

Les magistrats. En ce qui nous concerne, une fois le scandale retombé, le second juge d’instruction a discrètement commandé deux expertises techniques visant à disculper les policiers. Lesdits experts se sont employés à démontrer que les traces de flash-ball sur nos corps n’en étaient pas. C’est sur cette base manifestement faussée que le procureur sollicitera un non-lieu pour deux des policiers mis en examen. Au regard de nos observations, la dernière juge d’instruction ne suivra pas les conclusions des expertises. Il faudrait faire l’inventaire des descriptions d’experts, qui mettent en doute les faits et permettent aux juges de prononcer des non-lieux sous couvert de science.

Les magistrats encore. Une décision de justice est fonction d’un rapport de force qui est d’emblée en faveur des policiers.

On peut citer l’exemple de Lahoucine, assassiné, le 28 mars 2013, de cinq balles dans le corps tirées par trois policiers alors qu’il rentrait chez lui. A sa demande, la famille est reçue par le juge d’instruction qui lui dit : «N’attendez rien, il y aura un non-lieu. Pour moi, les policiers étaient en légitime défense car Lahoucine possédait une paire de ciseaux.» Quel rapport entre un homme avec une paire de ciseaux et trois policiers qui lui tirent cinq balles dans le corps à bout portant ? Aucun. Rien de commensurable. Mais sans une forte mobilisation, cette paire de ciseaux suffira à justifier la mort de Lahoucine.

Les faux témoignages des policiers, les enquêtes à décharge de la police des polices, les soustractions de preuves, les expertises partisanes ne sont que quelques exemples de la manière dont l’impunité policière se fabrique et se perpétue.

Dans notre histoire, si la vérité n’apparaît pas dans les témoignages des policiers, elle ressort, banale et répugnante, au détour d’une communication radio entre policiers, enregistrée et portée au dossier. En se rendant sur les lieux, l’un des policiers dit : «On arrive sur le stand de tir.» Il faut se répéter deux fois cette phrase pour y croire et mesurer sa violence au regard des actes qui l’ont accompagnée. «On arrive sur le stand de tir.» Ces quelques mots révèlent l’état d’esprit dans lequel étaient les policiers le soir du 8 juillet, quand ils nous ont tiré dessus au flash-ball.

A quoi font-ils référence ? A une séance d’entraînement, à un concours sportif, à un jeu de fête foraine ?

Tout cela à la fois, sûrement. Qu’étions-nous pour les policiers qui nous ont tiré dessus ? Des silhouettes en carton ? Sauf que les cibles n’étaient pas dessinées sur nos torses mais sur nos visages. Le gagnant du soir partait favori. Le policier qui a éborgné Joachim était champion de France de tir.

En plein dans le mille.

Le procès qui s’annonce touche, lui aussi, en plein dans le mille. Il aura lieu en Seine-Saint-Denis, au tribunal de grande instance de Bobigny. Il nous permettra de mettre en lumière les violences policières dans les quartiers populaires, ainsi que le silence et le déni de justice qui les entourent. Il nous permettra aussi de faire le procès du flash-ball, et de toutes les nouvelles armes dont la police se dote pour frapper, blesser, mutiler les corps.

Le COLLECTIF 8 JUILLET

http://collectif8juillet.wordpress.com/

http://27novembre2007.blogspot.fr/2014/ ... illet.html
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Re: flash-ball

Messagede bipbip » 07 Fév 2015, 18:46

Samedi 14 février 2015

Manifestation à Montreuil contre les violences policières

Pour rappeler que la police mutile et tue en toute légalité,manifestation contre les violences policières et le flashball le Samedi 14 février, 14 h 30 devant le lycée Jean Jaures à Montreuil.

Gardien de la paix, mon œil

Montreuil, 8 juillet 2009, place du marché : alors qu’elles protestent contre l’expulsion d’un immeuble squatté, cinq personnes sont touchées par des tirs de flashball, à l’épaule, à la clavicule, à la nuque, au front ; Joachim perd un œil.

Montreuil, 14 octobre 2010, devant le lycée Jean Jaurès : un large mouvement contre la réforme des retraites secoue le pays, Geoffrey reçoit un tir de flashball dans l’œil alors qu’il bloque le lycée avec ses camarades.

À Noisy le sec en 2012, Amine est tué d’une balle dans le dos par un policier. À Villemomble en 2013, Fatouma perd un oeil suite à un tir de grenade de désencerclement. En 2014, la BAC tire au flashball dans un square du quartier de la Noue à Montreuil. Des histoires comme celles-ci il en existe tant, et nous sommes loin de toutes les connaitre.

Le collectif huit juillet et les proches de Geoffrey appellent à une marche à Montreuil contre le flashball, contre les violences et l’impunité policières . Elle partira du lycée Jean Jaurès pour se rendre à la place du marché. D’une blessure à l’autre, d’une violence à l’autre, c’est le même combat qu’il nous faut mener.

Chaque fois que la police blesse ou tue, politiques et médias reprennent le même scénario. Ils transforment les victimes en coupables a priori : casseur, délinquant, hooligan , clandestin... Ces catégories cibles, sur lesquelles la police peut tirer sans craindre d’être inquiétée, visent à empêcher de se sentir concerné par ces histoires et de se solidariser.

Ces derniers mois, la mort de Rémi Fraisse, tué par une grenade militaire, a résonné avec les mobilisations aux États-Unis suite à l’assassinat de jeunes noirs par la police et à plusieurs acquittements de policiers tueurs. Pendant quelques temps la violence de la police et de l’État était sur le devant de la scène publique.

Les attentats de ce début d’année, ou plutôt l’usage qui est fait de ce drame pour mieux nous gouverner par la peur, risquent de balayer une légitime défiance envers des institutions de plus en plus violentes, et de transformer les victimes de la police en dommages collatéraux de la guerre au terrorisme.

La guerre contre le terrorisme est le récit dans lequel ceux qui nous gouvernent voudraient nous entraîner, dans lequel nous devrions faire corps avec eux, acceptant inconditionnellement leur gouvernement. Ce récit vient recouvrir une politique qui se fait contre la population, et contre tout ce qui y résiste. Il s’ajoute à la petite musique quotidienne jouée par les médias pour nous faire accepter ce monde - sa police, sa violence économique, ses réformes destructrices, ses grands projets absurdes, ses plans de rigueurs, ses inégalités naturelles, ses sacrifices obligés, sa concurrence de tous contre tous.

Ne nous laissons pas diviser. Nous avons d’autres histoires à raconter. À nous de les dire et de les rendre visibles.

Marche contre les violences policières
Samedi 14 février à 14h30 départ du lycée Jean Jaurès,
au début de la rue Dombasle à Montreuil
M° Mairie de Montreuil


En novembre 2014 se sont rencontrés une quinzaine de blessés par flashball et leurs proches, venus de toute la France. De cette rencontre est née l’ Assemblée des blessés, des familles, et des collectifs contre les violences policières.
Le 21 février 2015 - un an après la manifestation contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes où la police avait éborgné trois personnes en une journée - le collectif huit juillet et les proches de Geoffrey se rendront à Nantes avec l’Assemblée des blessés pour participer à la manifestation de solidarité avec les ZAD (zone à défendre) et contre les violences d’État qu’elles soient économiques, sociales ou policières. Plus d’infos sur cette manifestation ici

Le 21 février une manifestation en soutien aux ZAD et contre le monde des bétonneurs aura également lieu à Toulouse http://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/

https://collectif8juillet.wordpress.com ... montreuil/


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Re: flash-ball

Messagede bipbip » 17 Fév 2015, 08:01

Montreuil
Deux personnes ont été arrêtées et placées en garde-à-vue après la manifestation.
Le droit de manifester aboli par la préfecture ?

Deux personnes ont été arrêtées et placées en garde-à-vue après la manifestation. Nous exigeons leur libération immédiate.

Nous étions 200 environ à manifester contre les violences policières ce samedi 14 février à Montreuil.

Au départ, devant le lycée Jean Jaurès, le père de Geoffrey a lu un texte rappelant qu’ici-même son fils avait été gravement blessé au visage et à l’oeil suite à un tir de flashball lors du mouvement contre la réforme des retraites. Ensuite, le collectif huit juillet a rappelé que cette marche s’inscrivait dans une semaine de lutte contre le flashball et les violences policières, initiée par l’Assemblée des blessés, des familles et des collectifs contre les violences policières. D’autres personnes ayant perdu un proche tué par la police s’étaient également jointes à cette initiative.

Vers 15h, le cortège s’est joyeusement ébranlé scandant à tue-tête « Mais que fait la police ? Ça crève les yeux ! ». Il n’a pas fallu attendre 300 mètres pour que la police nous bloque et nous encercle à l’intérieur d’une nasse pendant plus de trois heures. Sur ordre de la préfecture, la manifestation était interdite. À l’interdiction s’est ajoutée l’humiliation, quand trois heures plus tard, chaque manifestant a pu sortir de la nasse moyennant une fouille au corps. Malgré cette démonstration de force nous avons tenu, et c’est là, encadrés par des dizaines de gardes mobiles que nous avons partagé le goûter prévu à cette occasion et que différentes personnes ont témoigné au micro et pris la parole publiquement à propos des violences et de l’impunité policières.

Depuis la mort de Rémi Fraisse, combien de manifestations interdites, combien d’arrestations préventives? L’Etat français a beau se présenter comme le grand défenseur des libertés publiques, il ne se passe pas un jour sans qu’il les remette en cause. Une fois encore, ce samedi 14 février, la possibilité de manifester a été remise en cause.

Cette manifestation posait visiblement problème. Parce qu’elle était portée par les premiers concernés, ceux qui dans leur corps, dans leur famille, dans leur entourage ont subi la violence policière. Parce qu’elle avait lieu dans une ville populaire où, à l’exemple de tant d’autres, cette violence se répète impunément. Parce qu’à rebours des grands appels à l’unité nationale, elle témoignait de la légitime défiance envers des institutions de plus en plus violentes.

Nous continuerons à raconter nos histoires, à les rendre visibles dans les villes et les quartiers où nous vivons. Nous continuerons à nous rencontrer et à nous organiser pour faire face aux violences policières. Nous ne nous laisserons pas gouverner par la peur.

Collectif huit juillet et les proches de Geoffrey.

https://collectif8juillet.wordpress.com ... refecture/
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Re: flash-ball

Messagede Pïérô » 08 Mar 2015, 02:13

Une audience sur le flashball tourne au procès de la police et de ses armes

Procédures piétinées, visée approximative, inconscience du danger d’une arme qui peut tuer, et même mensonges : le procès d’un policier à Bobigny a jeté une lumière peu glorieuse sur l’usage du flashball par la police.

Geoffrey, 16 ans, avait été gravement blessé au visage le 14 octobre 2010, en pleine mobilisation des lycéens contre la réforme des retraites, alors qu’il déplaçait une poubelle devant un lycée de Montreuil, pour tenter, avec d’autres élèves, de bloquer l’établissement.

«Il n’y a pas l’ombre d’une situation de légitime défense dans ce dossier», a souligné le procureur adjoint Loïc Pageot, requérant un an de prison avec sursis pour violences volontaires et faux et usage de faux, contre Jean-Yves Césaire, le policier de 42 ans auteur du tir.

Il s’agirait de l’une des toutes premières condamnations en France pour des faits de ce type.

... http://www.liberation.fr/societe/2015/0 ... do_1214905
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: flash-ball

Messagede bipbip » 22 Mar 2015, 02:39

Première condamnation aux assises d'un gendarme pour usage du flashball

La cour d'assises de Mamoudzou, à Mayotte, vient de condamner un gendarme pour avoir éborgné un enfant en 2011.

Pour la première fois, un membre des forces de l’ordre est condamné par une cour d’assises pour l’usage d’un flashball. L’adjudant Roumiansteff, 38 ans est reconnu coupable de violences volontaires ayant entraîné une mutilation et une infirmité permanente par la cour d’assise de Mamoudzou, à Mayotte. Il est condamné à deux ans de prison avec sursis.

... http://www.liberation.fr/societe/2015/0 ... ll_1225109
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