Convention d’assurance chômage

Re: Convention d’assurance chômage

Messagede bipbip » 11 Aoû 2017, 16:34

Assurance-chômage. Les zones d’ombre de la réforme de Macron

L’Unedic pointe les questions posées par la refonte du régime voulue par le président de la République. Les promesses de nouveaux droits pourraient se traduire par des reculs pour tous.

Pas de répit pour la refonte de l’assurance-chômage. Alors que la réforme du Code du travail est sur les rails, l’exécutif prépare déjà son prochain chantier titanesque de la rentrée, celui du régime d’indemnisation des demandeurs d’emploi. Les services de l’Unedic, organisme de gestion paritaire de l’assurance-chômage, se sont penchés sur les problèmes et les conséquences de ce projet. À la lecture de ces documents de travail remis aux syndicats et au patronat le 12 juillet dernier, le flou demeure sur de nombreux points. Et des questions restent sans réponse. Ainsi, l’élargissement des droits aux travailleurs indépendants, promesse de campagne du président de la République, pourrait s’avérer plus compliqué que prévu, notamment à cause de l’absence de définition juridique desdits indépendants. Rien ne garantit pour l’instant que des travailleurs des plateformes collaboratives, en pleine recrudescence comme Deliveroo ou Uber, puissent y prétendre. Quant aux démissionnaires, dont un million ont été dénombrés en France en 2016, le président de la République envisage d’ouvrir des droits à l’indemnisation seulement une fois tous les cinq ans. L’Unedic pointe les possibles effets pervers de ce dispositif, avec la hausse des démissions plus ou moins consenties à l’approche de la retraite, ce qui reviendrait à faire payer la transition entre emploi et versement de la pension par le régime d’assurance-chômage.

... https://www.humanite.fr/assurance-choma ... ron-640283
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Re: Convention d’assurance chômage

Messagede bipbip » 21 Oct 2017, 14:55

Ibiza, Bali ou Les Maldives ? Et toi où pars-tu avec ton chômage ?

Les déclarations en provenance du patronat, ou du gouvernement, sur les chômeurs profitant du système pour partir en vacances, entourent l’ouverture jeudi 12 octobre du cycle de discussions sur l’assurance-chômage. Elles laissent entrevoir un des enjeux de la réforme à venir : un contrôle accru des privés d’emploi.

« Ce n’est plus possible d’avoir un tel taux de chômage, et de voir des gens qui utilisent le système pour partir en vacances, faire le tour du monde plutôt que de chercher un emploi », a déclaré Pierre Gattaz, le patron du Medef à sa sortie de l’Élysée le 12 octobre. Ce jour-là, pour l’ouverture des discussions sur la réforme de l’assurance-chômage, de la formation et de l’apprentissage, le représentant patronal a réclamé plus de surveillance des chômeurs. Depuis, il a précisé ses idées sur la question en demandant un contrôle sur les recherches des chômeurs. « C’est un contrôle qui est important. Journalier, hebdomadaire ou mensuel c’est un truc qu’il faut débattre », a déclaré le patron des patrons.

Même argument dans la bouche de Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement. Quatre jours après Pierre Gattaz, il a affirmé sur BFMTV « La liberté, ce n’est pas de se dire que finalement je vais bénéficier des allocations chômage pour partir deux ans en vacances. » Un argumentaire commun du côté du patronat comme de l’État, en ouverture du deuxième chantier social de l’exécutif.

« Ces discours réalimentent l’image du chômeur fainéant et profiteur », explique Cécile Hautefeuille. La journaliste anime le blog Minisphère du chômage et est l’auteur du livre La machine infernale, racontez-moi Pôle Emploi. Pour elle, ces propos « sont insupportables pour tous les gens qui sont en détresse, parce qu’au chômage, et qui font tout pour en sortir ». Des tirades ne pouvant être le fruit du hasard à quelques jours d’intervalle. « J’ai rencontré des gens qui ont envoyé des milliers de CV, pour une dizaine de réponses négatives. », se rappelle la journaliste indépendante. « Ces personnes se sentent heurtées par ce genre de discours. Lier dans la même phrase allocation chômage et vacances, c’est scandaleux et humiliant pour les gens ».

Calomnier, calomnier, il en restera toujours quelque chose

Cette suspicion envers les chômeurs ouvre la voie à de probables nouvelles mesures de surveillance des privés d’emploi. Elle justifie par avance une augmentation des radiations. Le nombre de celles-ci atteint pourtant les 48800 entre juin et août 2017. La plupart, pour non-présentations à des rendez-vous souvent causés par des bugs de Pôle Emploi. Mais, dans le programme d’Emmanuel Macron l’extension des allocations chômage aux démissionnaires ou aux indépendants était assortie de contreparties : « Celui qui n’accepte pas une offre d’emploi raisonnable ne sera plus indemnisé. » Pour le moment, le gouvernement n’a pas annoncé ce qu’il considère comme une offre d’emploi raisonnable. Comme lors des discussions sur les ordonnances cet été, le pouvoir n’a pas l’intention de dévoiler son jeu pour le moment. Une méthode qui lui a plutôt réussi jusque là.

... https://rapportsdeforce.fr/classes-en-l ... e-10191005
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Re: Convention d’assurance chômage

Messagede bipbip » 23 Oct 2017, 20:28

AVIS DE DESTRUCTION DE L’UNEDIC !

Chômage en hausse, allocations en baisse !
Depuis plusieurs décennies, les chiffres du chômage sont en augmentation. Malgré quelques hypocrisies de circonstance, cela fait l’affaire du MEDEF et de son exécutant à l’Elysée. La peur du lendemain sert à discipliner l’ensemble des salariés. On licencie même à Pôle emploi ! Mais... on embauche des contrôleurs chargés de débusquer les « faux chômeurs » pour accélérer, sans doute, la vitesse des radiations de Pôle emploi.

Pour augmenter les dividendes des actionnaires, les entreprises réduisent la masse salariale. Les licenciements, souvent, augurent d’une montée des cours des actions… Ceux-là mêmes qui licencient en masse veulent réduire encore les maigres allocations consenties aux privés d’emploi ! (moins de 1000 euros en moyenne, accordés à 42 % seulement des inscrits à Pôle emploi). Le déficit de l’Unedic donne de fausses frayeurs au patronat : il s’effraie de la profondeur du trou qu’il a lui-même creusé ! Le déficit est aussi l’excuse du gouvernement pour commencer le chantier de l’étatisation de l’Unedic !

La volonté nette du gouvernement, sous la fausse étiquette « d’universaliser le régime », est de détruire le concept d’assurance-chômage permettant une indemnisation dont bénéficient encore les personnes qui viennent de perdre un emploi. L’Etat, à n’en pas douter, s’acharnera à détruire ce qui reste des droits des privés d’emploi, en les remplaçant par une aumône au rabais ! C’est le début du passage aux assurances privées, d’un système jusqu’ici solidaire et paritaire.

AC ! ne laissera pas détruire le régime général de l’assurance chômage. Les citoyens que nous sommes demandent dans l’urgence une entrevue à la ministre du travail, Madame Pénicaud et qu’un audit public de la dette de l’Unedic soit réalisé immédiatement.

Une riposte collective doit s’organiser. Chômeurs, salariés, retraités, étudiants il est temps de réagir avec toute la vigueur nécessaire. Agir contre le chômage ! (AC !) est disponible pour contribuer à la nécessaire mobilisation.

Agir ensemble contre le chômage (AC !)
le 17 octobre 2017.

http://www.agirensemblecontrelechomage. ... rticle2401
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Re: Convention d’assurance chômage

Messagede bipbip » 30 Oct 2017, 21:32

1er novembre - Assurance chômage - Les MEDEF, FO et CFDT font les poches des intérimaires et des + de 50 ans

Les "négociations" de l'assurance chômage sont de grands moments de théâtre :
Le MEDEF, qui co-dirige l'UNEDIC avec la CFDT ou FO depuis des années, fait semblant de "négocier" avec l'ensemble des syndicats. En réalité, il se contentera d'un accord avec ses "partenaires" de toujours.
Souvent, la CFE-CGC signe aussi. La CFTC se cale sur la position de la CFDT.

La CGT, seul syndicat qui organise les chômeurs, a une autre analyse que le MEDEF et ses partenaires, qui considèrent que c'est aux chômeurs de payer la crise : Au lieu de baisser les droits des chômeurs, la CGT propose de faire payer ceux qui abusent du système, c'est-à-dire les patrons qui abusent des contrats pourris (interim, CDD, temps partiel avec salaire de misère).

De fait, un salarié en CDI temps plein ne coûte rien à l'assurance chômage tant qu'il est sous contrat.
Il ne coûte à l'assurance chômage que si il est licencié.
En revanche, un salarié sous contrat intérim, CDD, ou temps partiel, va forcément, et rapidement, se retrouver au Pôle emploi, et donc être indemnisé.
Les patrons qui abusent des CDD, intérim, et autres temps partiels payés une misère, devraient donc, vu qu'ils coûtent cher à l'assurance chômage, contribuer plus à l'assurance chômage.

Ce n'est pas le choix qui a été fait par les signataires de l'accord de l'assurance chômage du 14 avril 2017 qui s'applique - en plus grande partie - le 1er novembre 2017. Pour ces signataires, il est urgent de faire quelque chose concernant la dette cumulée de l'assurance chômage, soit 30 milliards d'euros, un an de budget de l'assurance chômage.
Et c'est aux victimes de la crise de payer la note.

Les intérimaires : Une baisse d'allocation jusqu'à -28%

... http://cgtchomeursrebelles56.blogspot.f ... e-les.html
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Re: Convention d’assurance chômage

Messagede bipbip » 01 Nov 2017, 16:58

Chômage La nouvelle convention rabote les indemnités des seniors et précaires

Les perdants seront plus nombreux que les gagnants, à commencer par les « jeunes seniors ».

Les nouvelles règles d’indemnisation du chômage entrent en vigueur à partir du 1er novembre. Les perdants seront plus nombreux que les gagnants, à commencer par les « jeunes seniors ». Jusqu’alors, ils entraient dans cette catégorie dès l’âge de 50 ans et bénéficiaient d’une durée d’indemnisation de 36 mois, au lieu de 24. On deviendra désormais « senior » à 55 ans. Selon l’Unedic, 37 000 demandeurs d’emploi perdront cet avantage. Les salariés les plus précaires vont également voir leurs indemnités baisser. L’Unedic indique que ce sera le cas de 810 000 personnes, soit 21 % des personnes percevant une allocation. 70 000 d’entre elles, les plus mal loties, perdront de 10 % à 30 % de leurs revenus. Les demandeurs d’emploi dont l’allocation est comprise entre 750 et 1 300 euros seront les plus affectés. Enfin, désormais, pour bénéficier de l’assurance-chômage, il faudra avoir travaillé 610 heures au cours des 28 derniers mois ou 88 jours au lieu de 122.

... https://www.humanite.fr/chomage-la-nouv ... res-644759
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Re: Convention d’assurance chômage

Messagede bipbip » 01 Nov 2017, 16:59

Chômage La nouvelle convention rabote les indemnités des seniors et précaires

Les perdants seront plus nombreux que les gagnants, à commencer par les « jeunes seniors ».

Les nouvelles règles d’indemnisation du chômage entrent en vigueur à partir du 1er novembre. Les perdants seront plus nombreux que les gagnants, à commencer par les « jeunes seniors ». Jusqu’alors, ils entraient dans cette catégorie dès l’âge de 50 ans et bénéficiaient d’une durée d’indemnisation de 36 mois, au lieu de 24. On deviendra désormais « senior » à 55 ans. Selon l’Unedic, 37 000 demandeurs d’emploi perdront cet avantage. Les salariés les plus précaires vont également voir leurs indemnités baisser. L’Unedic indique que ce sera le cas de 810 000 personnes, soit 21 % des personnes percevant une allocation. 70 000 d’entre elles, les plus mal loties, perdront de 10 % à 30 % de leurs revenus. Les demandeurs d’emploi dont l’allocation est comprise entre 750 et 1 300 euros seront les plus affectés. Enfin, désormais, pour bénéficier de l’assurance-chômage, il faudra avoir travaillé 610 heures au cours des 28 derniers mois ou 88 jours au lieu de 122.

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Re: Convention d’assurance chômage

Messagede bipbip » 10 Nov 2017, 22:06

Contre-réformes : Après les ordonnances, l’Unédic dans le viseur

Le mouvement contre les ordonnances a montré la difficulté actuelle à construire des convergences. On en aura pourtant plus que jamais besoin contre les prochaines attaques, qui vont subordonner les règles de l’assurance chômage et de la formation professionnelle aux seuls besoins des employeurs.

Les militants syndicaux qui avaient lucidement analysé la difficulté à mettre en grève leurs collègues et à élargir la mobilisation en 2016 attendaient avec inquiétude la séquence ouverte par les ordonnances Macron. Ils ne comptaient pas sur la CFDT, dont il faut mesurer ce qu’indique sa première place acquise dans le privé. Mais ils ne s’attendaient pas à la trahison de Mailly dont la mise en minorité au Comité confédéral national de FO fin septembre ne produit guère d’effets visibles. Quand à la FSU, elle avait clairement tout misé sur l’intersyndicale de la fonction publique en centrant la mobilisation sur les revendications, certes bien réelles, des fonctionnaires.

Dans ce contexte, le choix de la CGT de planter des dates sans les négocier peut se comprendre, mais cette façon de faire n’aide pas à la construction de l’unité. Le refus évident d’un tête-à-tête avec Solidaires finira par se payer aussi. Ajoutons que l’initiative de Mélenchon le samedi 23 septembre et l’arrogance de sa critique contre les syndicats [1] participent à la zizanie ambiante !



Ici l’opération « Chasse aux DRH », consistant à perturber une rencontre de DRH dans un restaurant du bois de Boulogne le 12 octobre trouve une place originale. D’une part parce qu’il est urgent que les patrons, leurs ministres, leurs députés et leurs DRH connaissent, ressentent, un peu de l’insécurité sociale dans laquelle nous plonge leur politique agressive ; d’autre part ­parce qu’il est positif de réussir à faire agir ensemble des syndicalistes et des activistes du cortège de tête, ouvrant un dialogue entre deux générations et deux conceptions politiques. À Nantes, même la CGT a compris l’intérêt de la chose. En mixant actions médiatiques et actions surprises, il est possible avec quelques centaines de militants et militantes de redonner du punch à l’action syndicale. Un retour aux méthodes historiques du syndicalisme révolutionnaire.

Suite à l’intersyndicale large du 24 octobre, l’appel à faire grève le 16 novembre la CGT, FO, Solidaires, l’Unef, l’Unl et la Fidl est le fruit d’un compromis insatisfaisant. Il est faible contre les ordonnances et sur la convergence public/privé. Il nous propose encore une fois une journée sans lendemain. Toutes les équipes syndicales combatives ont bien compris qu’une telle journée ne servira pas plus que les précédentes à faire reculer Macron et les patrons. Alors comment avancer vers un réel élargissement ? En essayant ­d’utiliser la chance que donne cette journée pour construire à la base, avec AG dans les entreprises et les localités, une grève reconductible.

Une période de décrue du mouvement social est propice à tous les règlements de comptes, y compris en interne des organisations. À la SNCF, on frôle la caricature quand SUD-Rail appelle à la grève sans la CGT le 10 octobre, puis la CGT sans SUD le 19. Les difficultés à construire un « tous ensemble » légitiment également le repli corporatiste : chauffeurs, dockers et bientôt raffineries vont chercher à utiliser leur rapport de force professionnel pour se protéger, partiellement, des ordonnances. Mais c’est aussi une période qui favorise toutes les surenchères, qu’elles soient gauchistes ou qu’elles émanent de directions intermédiaires dans la CGT par exemple. Certaines de ces directions, qui refusent habituellement d’agir pour la construction concrète de la grève quand elle est « jouable », semblent à l’aise pour en parler quand elle ne risque pas de les déborder en vrai !

Nous avons aujourd’hui plus d’appels à la convergence que de convergences réelles. L’appel lancé autour de la fondation Copernic, celui lancé autour de Solidaires, celui du Front social. Dans les villes, des militants et militantes se regroupent parfois sous telle ou telle étiquette et tant mieux si ça permet de construire des actions concrètes et des solidarités locales mais cela reste généralement une coquille vide.

Formulons donc une proposition qui n’a pas été tentée : appeler a trois jours de grève générale pour permettre aux intersyndicales locales de se réunir en AG et de décider de manifestations locales et d’actions de blocage massives pour être réussies. Au soir du troisième jour, il sera temps que les AG fassent le point.

Renforcement du contrôle des chômeurs

Organiser une riposte efficace est d’autant plus urgent que les attaques vont continuer. Les concertations avec les confédérations syndicales et patronales ont commencé en vue des prochaines réformes sociales du gouvernement. Elles concernent l’assurance chômage, la formation professionnelle et l’apprentissage.

Si nous avons encore peu d’informations sur leur contenu, les annonces du gouvernement nous permettent d’en identifier certains enjeux. Concernant l’assurance chômage, le paritarisme assuré actuellement par l’Unédic devrait disparaître pour la placer sous la tutelle complète de l’État. C’était pourtant une des conquêtes sociales de l’après-guerre. Pour rappel, l’assurance chômage devait à l’origine relever de la Sécurité sociale. Mais la création de l’Unédic en 1957 avait été pour FO l’occasion de doubler la CGT et de devenir, sur ce champ, l’interlocuteur du patronat. Supprimer l’Unédic et substituer aux cotisations chômage salariales une augmentation de la cotisation sociale généralisée (CSG), c’est-à-dire un impôt, c’est pour le gouvernement un message clair concernant sa volonté d’en finir avec ce qui reste, malgré tout, une conquête du mouvement ouvrier. En arrachant l’Unédic à la gestion paritaire, l’État décidera des montants et des modalités de l’indemnisation chômage. Sa subordination aux intérêts patronaux revient ni plus ni moins à remettre au Medef les clefs de la gestion de l’assurance chômage.

Il est encore trop tôt pour identifier clairement la future assurance chômage qui sortira de cette réforme. Mais il est à craindre une harmonisation du système français sur les modèles anglais et allemand. On peut prévoir une indemnisation forfaitaire minimale financée par la CSG, avec un potentiel complément indemnitaire financé par les cotisations employeur.

Pour le gouvernement, un service public de l’emploi efficace doit avoir pour principale mission d’exercer une contrainte sur les salarié.es privé.es d’emploi pour qu’ils et elles acceptent des boulots de plus en plus précaires et de moins en moins correctement rémunérés. Les déclarations récentes de Pierre Gattaz et du porte-parole du gouvernement Christophe Castaner rejoignent les promesses de campagne d’Emmanuel Macron : les missions de Pôle emploi seront réorientées vers un accroissement des sanctions et du contrôle des chômeurs, notamment en cas de refus d’une offre d’emploi.

Concernant la formation professionnelle et l’apprentissage, c’est là aussi tout un projet de société qui pointe sous les réformes à venir. Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer ont, à plusieurs reprises, qualifié de doublon les lycées professionnels et les centres de formation des apprentis. Leur objectif : supprimer les premiers au profit des seconds. Car en termes de formation initiale, les lycées professionnels sont le résultat de longues luttes pour scolariser, au sein de l’éducation publique, les mineurs recevant une formation professionnelle. Cette scolarisation a permis de mettre en place des formations équilibrées, comprenant des matières générales, plus pérennes et émancipatrices pour l’intégration sociale des individus. Au contraire, l’apprentissage reste sous la tutelle des branches professionnelles, subordonné aux impératifs des employeurs et orienté vers une intégration strictement économique.

Enfin, vouloir réformer la formation continue peut paraître louable, le gouvernement annonçant son souhait de renforcer les critères de labellisation des organismes de formation. Mais le projet se révèle quelque peu fallacieux si l’on se rappelle que les politiques en la matière depuis maintenant quinze ans ont principalement consisté dans le démantèlement des organismes publics – Afpa et Greta – au profit des seules officines privées…

Jean-Yves Lesage (AL 93) et François Molinier (ami d’AL)


[1] En renvoyant les syndicats dans le vieux monde, Mélenchon tente de faire oublier que la démoralisation, la démobilisation, la précarisation des travailleurs et travailleuses est le résultat des politiques libérales menées par un PS dont il est resté membre et caution si longtemps…

http://www.alternativelibertaire.org/~f ... -le-viseur
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Re: Convention d’assurance chômage

Messagede bipbip » 14 Déc 2017, 21:48

Baisse de l’indemnisation, renforcement des contrôles…

Après la loi travail, Macron s’attaque à l’assurance-chômage

Le coup d’envoi des négociations sur la réforme de l’assurance-chômage vient de s’ouvrir ce mercredi avec la réception au ministère du Travail des partenaires sociaux syndicaux et patronaux. Au menu de ce chantier, l’ouverture d’une indemnisation aux indépendants qui pourrait bien masquer une baisse des indemnisations, le renforcement des contrôles des chômeurs par Pôle Emploi mais aussi la reprise en main, par l’Etat, des caisses d’assurances, qui fait grincer des dents les représentants syndicaux et patronaux.

Macron veut en finir avec le modèle assurantiel

Une fois n’est pas coutume, les organisations syndicales (CFDT, CFTC, CFE-CGC, FO et la CGT) et patronales (Medef et la CPME) ont signé conjointement un texte d’interpellation au gouvernement dans lequel ils affirment leur attachement au modèle de cogestion des caisses de l’Unedic. En effet, actuellement et depuis 1950, syndicats et patronats gèrent ensemble l’assurance-chômage et négocient ensemble les conventions Unedics sur les modalités d’indemnisation des chômeurs. L’Etat lui, ne faisait jusque là que valider leurs ententes. Or, dans ses promesses de campagne, Emmanuel Macron avait bien fait savoir qu’il voulait reprendre la main sur les caisses de l’assurance chômage, assurant ainsi à l’Etat un contrôle plus étroit de l’Etat sur la gestion et les modalités d’indemnisations des 6.3 millions d’inscrits à Pôle Emploi.
Cette voie contre laquelle les partenaires sociaux font front est cependant déjà partiellement engagée : en effet, la suppression des cotisations sociales salariées prévue pour janvier 2018 et partiellement compensée par une hausse de la CSG, décision du gouvernement, est une façon de réduire de manière significative les fonds des organismes paritaires Unedic. Au même titre que le budget de la Sécurité Sociale, l’Unedic est dans le viseur du gouvernement qui cherche avant tout à liquider la logique assurantielle de protection sociale. En étouffant les différentes caisses (retraites, maladie, chômage) par le manque de moyen, en générant des déficits qui justifient des baisses dans les montants d’indemnisations, Macron un peu plus vite que ses prédécesseurs, créait aujourd’hui les conditions d’un consentement à la liquidation de la Sécurité Sociale. Reprendre la main sur les caisses de l’Unedic, c’est également ouvrir la possibilité du passage d’un modèle assurantiel d’assurance chômage, basé sur le principe de cotisation mais ouvrant droit à des indemnisations élevées, à un modèle universel, à l’anglo-saxonne, où le versement de prestations minimales est conditionnée au niveau de revenus. En cela, l’opposition conjointe des organisations syndicales associée à celle du patronat, sous la forme d’un texte, parait bien timorée.

... http://www.revolutionpermanente.fr/Apre ... ce-chomage
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Re: Convention d’assurance chômage

Messagede bipbip » 16 Déc 2017, 17:22

Assurance-chômage. L’exécutif fait profil bas contre l’abus de CDD

Au lancement de la concertation sur l’avenir de l’indemnisation du chômage, le gouvernement n’a pas évoqué de taxation des contrats courts.

Signe des désaccords persistants sur le sujet, la question de la taxation des contrats courts était absente du « socle de réflexion » commun signé par toutes les organisations de salariés et d’employeurs à la veille du lancement de la concertation sur le devenir de l’assurance-chômage.

... https://humanite.fr/assurance-chomage-l ... cdd-647321
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Re: Convention d’assurance chômage

Messagede bipbip » 22 Déc 2017, 21:21

La réforme de l’assurance chômage ou la mise à mal du système social français

Au cours de sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait prévenu : sa volonté est de réformer radicalement le système du chômage pour le faire revenir dans le giron de l’Etat. Après avoir mené, sans trop d’encombres il faut bien le reconnaitre, sa réforme du code du travail, le nouveau locataire de l’Elysée prévoit désormais de s’attaquer à l’autre grand dossier de son quinquennat sur le plan économique et social, l’assurance chômage. L’ensemble de ces réformes voulues par le nouvel exécutif s’inscrit évidemment dans une logique plus globale de recul de l’Etat. Au fil de sa campagne, le nouveau président avait mis l’accent sur sa proposition de permettre aux indépendants et démissionnaires de toucher le chômage selon des conditions bien précises. Ce discours avait accroché et pris dans une partie de la population qui se reconnaissait dans les propos sur la start-up nation de l’alors candidat Macron.

Las, ceux qui avaient cru à des lendemains meilleurs sont en train de déchanter face aux réflexions du gouvernement. Pour les indépendants, la cessation de paiement devra être prononcée pour toucher finalement à peine plus que le RSA. Quant au chômage pour les démissionnaires, il sera, s’il voit le jour, conditionné au fait d’avoir un « projet » bien défini derrière – en bref il sera conditionné au fait d’avoir démissionné pour partir ailleurs, ce qui n’a, on le comprend aisément, strictement aucun sens. La réforme voulue par Monsieur Macron à propos du chômage est un changement complet de paradigme du modèle social français. Passer d’un modèle assurantiel et de gestion paritaire (entre les partenaires sociaux) à un modèle contrôlé totalement par l’Etat et n’étant plus du tout assurantiel c’est un rude coup qui serait porté aux politiques sociales de notre pays.

Baisse des cotisations sociales, la grande escroquerie

C’est un changement majeur auquel nous n’avons pas réellement pris garde, celui de la baisse drastique des cotisations sociales payées par les travailleurs. Cette idée n’est certes pas nouvelle dans notre pays – puisque dès 2012, Nicolas Sarkozy et sa fameuse « TVA sociale » (magnifique oxymore) proposait de baisser les cotisations, patronales cette fois, pour restaurer la compétitivité des entreprises – mais Emmanuel Macron a fait de cette baisse l’alpha et l’oméga de sa politique sociale. Il clame en effet à qui veut l’entendre que cette baisse des cotisations sociales redonnera du pouvoir d’achat aux Français. Dans un contexte de marasme économique, la mesure peut paraitre alléchante pour tous les travailleurs (fonctionnaires exclus) qui bénéficieront de cette baisse des cotisations en voyant leur salaire net augmenter.

Ce que ne dit pas le gouvernement par contre c’est que cette baisse des cotisations sociales doit être compensée à l’euro près par l’impôt. C’est inscrit dans la loi et c’est pour cela que le gouvernement a décidé l’augmentation de la CSG pour pallier cette baisse. Au-delà du caractère profondément injuste de cette décision – retraités et fonctionnaires subiront cette hausse de la CSG alors qu’ils ne bénéficieront pas de baisse des cotisations sociales puisqu’ils n’en payent pas – celle-ci remet totalement en cause le modèle social français en cela que les cotisations sociales sont non pas des « charges » comme veut le faire croire la vulgate néolibérale mais bien plutôt du salaire différé permettant d’être couvert lors des périodes de chômage. C’est le fondement même du modèle assurantiel, modèle que Monsieur Macron veut détruire.

... https://marwen-belkaid.com/2017/12/21/l ... -francais/
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Re: Convention d’assurance chômage

Messagede Pïérô » 12 Jan 2018, 12:48

Robert Crémieux : " On réforme l'assurance chomâge sans consulter les chômeurs " [Radio]

Robert Crémieux est membre du mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP)

L'association remet les "Prix des grossiers de l'écran".

En 2017, les chômeurs ont subi une avalanche de déclarations de la part de différents responsables. Ce qui émerge c'est que les chômeurs ont besoin de plus de contrôle.

Le prix du scénario va à Pierre Gattaz, président du Medef qui a dit "il faut contrôler les chômeurs quotidiennement ou de façon hebdomadaire".

Le prix pour l'ensemble de son oeuvre reviendra à Laurent Wauquiez, ex-ministre du travail qui a parlé du "cancer de l'assistanat" au sujet des chômeurs.

Sur la réforme de l'assurance chômage

‘Nous n'avons pas été consultés, et c'est notre principale revendication. Les organisations de chômeurs comme la nôtre, ne sont pas consultées et cela parait impensable. Il y a 6 millions d'inscrits à Pôle Emploi. C'est un déni de droit. ’

Emission à écouter : https://www.franceinter.fr/emissions/l- ... nvier-2018
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: Convention d’assurance chômage

Messagede bipbip » 13 Jan 2018, 18:29

Assurance chômage, quel est l’enjeu des négociations entre patronat et syndicats ?

Jeudi 11 janvier ont débuté les négociations entre partenaires sociaux sur l’avenir de l’assurance chômage. Qu’est-ce qui se négocie et qu’en est-il des droits des demandeurs d’emploi ? En pièce-jointe les propositions de la CGT.

Pour comprendre l’enjeu des négociations sur l’assurance chômage qui se tiennent tous les jeudis jusqu’au 15 février entre les partenaires sociaux, trois choses à savoir :

... https://humanite.fr/assurance-chomage-q ... ats-648629
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Re: Convention d’assurance chômage

Messagede bipbip » 15 Jan 2018, 20:48

Macron met fin à l'assurance chômage - Quelles conséquences pour les travailleurs ?

On ne peut pas reprocher à notre banquier de président de manquer de cohérence.
Macron, en mettant fin au régime assurantiel socialisé de la protection contre le chômage, dont la cotisation est basée sur le salaire, sait très bien ce qu'il fait.
Il est dans la ligne droite de la politique pro-riches et anti-travailleurs qu'il a mise en oeuvre jusqu'à maintenant :

• Ratification d'accords internationaux calamiteux pour les travailleurs et l'environnement (CETA)
• Déconnexion du contrôle juridique de l'action de la police, via l'état d'urgence permanent
• Disparition de nombreux garde-fous contre les patrons voyous, avec la "loi travail XXL" : Disparition du comité hygiène, sécurité et conditions de travail, casse des droits liés au licenciement économique, facilitation des licenciements, exonération de l'obligation pour les patrons de respecter le droit du travail, dérogations pour permettre aux patrons d'imposer le "travailler plus pour gagner moins" en entreprise.
• Suppression des contrats aidés, alors qu'il aurait fallu les titulariser.
• Etrangler financièrement les collectivités locales, la sécurité sociale, les hôpitaux, déjà exsangues.
• Suppression du caractère automatique des critères de pénibilité pour raccourcir les carrières des travailleurs travaillant dans la chimie, le port de charges lourdes, les vibrations mécaniques, les postures pénibles.
• Hausse de la CSG, la taxe la plus injuste.
• Suppression de l'ISF, qui ne concernait que les riches.
• Sélection à l'entrée de l'université, ce qui revient à fermer les portes des facs à de nombreux jeunes issus des milieux populaires.
• Stigmatisation des manifestants, des SDF, des demandeurs d'asiles.
• Stigmatisation des salariés privés d'emploi, via la sempiternelle "chasse aux fraudeurs", alors même que la fraude sociale est dérisoire au regard de la fraude fiscale des riches, et que ce sont bien les actionnaires et les banquiers qui sont responsables de la crise sociale actuelle.

... http://cgtchomeursrebelles56.blogspot.f ... omage.html
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Re: Convention d’assurance chômage

Messagede bipbip » 17 Jan 2018, 19:21

Réforme de l’assurance-chômage : « Les chômeurs ne peuvent pas donner leurs points de vue »

Jacqueline Balsan, la présidente du Mouvement des chômeurs et précaires (MNCP) regrette que les chômeurs ne soient pas consultés lors des discussions sur la réforme de l’assurance-chômage. Son mouvement, le MNCP, dénonce une réforme qui va augmenter la précarité.

« Ce ne sont pas des tricheurs, ce sont des personnes qui cherchent du travail », rectifie la présidente de l’association de chômeurs. Les déclarations de la ministre du Travail sur les fraudeurs, comme celles de Christophe Castaner et de Pierre Gattaz sur les chômeurs profitant de leur allocation pour partir deux ans en vacances, l’ont ulcérée. La mise en avant du chiffre de 300 000 emplois non pourvus, voire 500 000 certains jours, par le patron du Medef pour justifier plus de contrôles, n’est pour elle qu’un effet de propagande faisant porter la responsabilité du chômage aux demandeurs d’emplois. « Même s’il y a 300 000 emplois non pourvus, il y a 3,4 millions de personnes dans la seule catégorie A (personnes n’ayant exercé aucune activité dans le mois) », rappelle Jacqueline Balsan. Pas de quoi donner du travail pour tous et résoudre la question du chômage pour la militante.

Le gouvernement souhaite dans le cadre de la réforme de l’assurance-chômage contrôler davantage les chômeurs et renforcer les sanctions à l’égard des « fraudeurs ». Ainsi, Pôle emploi pourrait réduire de moitié l’allocation pendant deux mois en cas de recherche insuffisante d’emploi, de refus d’une formation ou de deux offres d’emplois raisonnables. La moyenne des allocations chômage était de 1019 € brut en mars 2016. Amputée de moitié, il ne resterait pas grand-chose. Lors des premières discussions avec les représentants du patronat et des salariés, l’exécutif a annoncé sa volonté de porter le nombre de contrôleurs à Pôle emploi à 1000 contre 200 aujourd’hui. Ceci, malgré une réduction d’effectif de 300 postes pour l’opérateur public, votée à l’occasion de la loi de finances 2018.

... https://rapportsdeforce.fr/classes-en-l ... e-01141380
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Re: Convention d’assurance chômage

Messagede Pïérô » 26 Jan 2018, 08:26

Assurance-chômage : « Nous n’avons pas de devoirs, nous n’avons que des droits ! »

Depuis leur arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron et sa majorité multiplient les déclarations contre les chômeurs, qu’ils veulent soumettre à un contrôle renforcé. Entretien avec Jean-Pierre Antoine, secrétaire de la CGT chômeurs rebelles du Morbihan, qui dénonce la stigmatisation des privés d’emploi et s’inquiète d’un possible démantèlement du régime d’assurance-chômage.

Dans l’un de vos tracts, vous écrivez « Macron déclare la guerre aux chômeurs ». Quelle forme prend cette guerre contre les chômeurs ?

J-P. A. : Depuis plusieurs années, médias et politiques rabâchent sans arrêt que les privés d’emploi sont des privilégiés, qui perçoivent des indemnités en restant à la maison. Le point d’orgue de ce discours, c’est la sortie d’un député La République En Marche, qui a suggéré que les chômeurs partaient en vacances aux Bahamas « grâce à l’assurance chômage ».

La deuxième idée qui est martelée, c’est que les privés d’emplois ne cherchent pas de travail : comme ils sont grassement payés, ils n’ont pas envie de chercher du boulot. Et on nous sort des chiffres complètement farfelus sur le nombre d’offres d’emploi non pourvues.

C’est dans ce contexte que le gouvernement a annoncé sa volonté de réorganiser l’assurance-chômage. Aujourd’hui, les conventions d’assurance-chômage sont signées par les partenaires sociaux, les employeurs d’une part et les syndicats réformistes d’autre part [1]. Malgré les désaccords qu’on peut avoir, ces syndicats réformistes représentent les salarié-e-s, ce qui permet de conserver quelques garanties. Ce que souhaite le gouvernement, c’est reprendre la main, notamment pour fixer les modalités d’indemnisation.

Quelle forme prendrait cette reprise en main ?

Depuis le 1er janvier 2018, les salarié-e-s ne cotisent plus à l’assurance-chômage [2]. Pour compenser la suppression des cotisations des salariés à l’assurance-chômage, l’État a décidé d’une hausse de la CSG, qui est prélevée sur tous les revenus d’activité et revenus de remplacement, y compris les pensions de retraite. Comme c’est désormais un impôt qui financera l’assurance-chômage, et non plus les cotisations des salariés, l’État va pouvoir mettre en cause la légitimité des représentants des salariés qui siègent au conseil d’administration de l’Unédic. Puisque les salariés ne cotisent plus pour financer le régime d’assurance-chômage, pourquoi seraient-ils représentés et associés à sa gestion ?

Je suis persuadé qu’on se dirige vers une transformation complète de la gestion de l’assurance-chômage. L’État pourra décider du fonctionnement de l’assurance-chômage sans concertation. Et Emmanuel Macron a déjà annoncé la couleur : deux offres raisonnables refusées, ça se traduira par une suppression de l’allocation versée (bien sûr, la notion d’offre raisonnable n’est pas précisée). En outre, avec la suppression de la cotisation sur les salaires, on peut imaginer que l’allocation versée ne sera plus calculée en fonction des salaires antérieurs. L’État pourrait donc décider de fixer le montant et la durée de versement du revenu de remplacement alloué aux privés d’emplois. On va se retrouver sur un modèle similaire à ce qu’on connaît en Angleterre, avec l’État à la baguette [3].

A propos des offres d’emplois, vous avez mené un gros travail pour montrer que de nombreuses offres proposées par Pôle Emploi étaient illégales.

On a soulevé ce problème pour la première fois il y a sept ou huit ans, mais pendant longtemps il n’a pas été pris au sérieux. Quand on l’a évoqué en comité de liaison national [4], un cadre nous a répondu : « J’aimerais bien que vous soyez aussi exigeant avec Le Bon Coin que vous l’êtes avec le site du Pôle Emploi. » Finalement, c’est remonté dans la CGT au niveau confédéral, et une enquête a été menée, qui a permis de confirmer qu’une offre sur deux publiée n’était pas conforme au Code du travail [5]. De son côté, Pôle Emploi reconnaît qu’il y a environ 10 % d’offres illégales, et 1 % d’offres frauduleuses. Des offres illégales, ce sont des offres qui ne reflètent pas la réalité du contrat de travail proposé. On voit des offres pour des CDD qui sont censés déboucher sur des CDI, des contrats de trois mois qui ont en fait une durée d’un mois seulement, etc. Dans le département du Morbihan, 33 000 offres ont été publiées sur le site du Pôle Emploi l’année dernière. Si l’on prend les chiffres de Pole Emploi, qui reconnaît qu’il y a 10 % d’offres illégales, cela veut dire que 3 000 offres non conformes au Code du travail ont été publiées. C’est énorme.

Emmanuel Macron a également annoncé qu’il voulait renforcer le contrôle des chômeurs. Quelle est votre position sur cette question ?

Pour nous, c’est clair : plutôt que contrôler les chômeurs, ils feraient mieux de contrôler les offres d’emplois. Le site du Pôle Emploi a été largement ouvert, et les employeurs peuvent désormais publier directement leurs annonces, qui ne sont plus contrôlées par des agents du Pôle Emploi mais par des algorithmes. Ils feraient mieux de revenir à un système de contrôle préalable des offres.

Nous sommes opposés au contrôle des chômeurs. L’assurance-chômage, c’est un droit. Quand on nous parle de devoirs, c’est une façon de stigmatiser les privés d’emploi. Nous n’avons pas de devoirs, nous n’avons que des droits ! S’il y a six millions de chômeurs dans ce pays, ce n’est pas parce que les privés d’emploi ne cherchent pas de travail, mais tout simplement parce qu’il n’y a pas de boulot.

Une nouvelle session de négociation entre partenaires sociaux a démarré le 11 janvier autour de l’avenir de l’assurance-chômage. Quels sont les sujets de discussion évoqués ?

Il s’agit notamment de plancher sur la taxation des contrats courts. La dernière convention d’assurance-chômage s’était traduite par une dégradation des conditions d’indemnisation des intérimaires privés d’emplois [6]. Nous, on estime que plus les entreprises mettent de gens au chômage, plus elles doivent payer : celles qui abusent des CDD et de l’intérim devraient être davantage mises à contribution.


Notes

[1] La dernière convention d’assurance chômage a été signée par le Medef, la CPME et l’U2P côté employeurs, la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, et FO côté salarié-e-s.

[2] A compter du 1er janvier 2018, la contribution salariale passe de 2,40 % à 0,95 %. Elle devrait être supprimée totalement à compter du 1er octobre 2018. Source Urssaf https://www.urssaf.fr/portail/home/empl ... -taux.html.

[3] En Angleterre, la durée maximale d’indemnisation est de six mois, et le montant de la prestation chômage est forfaitaire : il ne dépend pas des revenus antérieurs.

[4] Les comités de liaison, créés dans chaque département et au niveau national, sont des instances d’échange entre la direction de Pôle Emploi et les associations de chômeurs ou organisations syndicales.

[5] Lire l’enquête de la CGT sur la qualité des offres d’emploi sur le site de la confédération http://www.cgt.fr/1-offre-d-emploi-sur-2-est.html.

[6] A ce sujet, lire Assurance chômage - Les MEDEF, FO et CFDT font les poches des intérimaires et des + de 50 ans http://cgtchomeursrebelles56.blogspot.f ... e-les.html sur le site de la CGT chômeurs du Morbihan.


https://larotative.info/assurance-choma ... -2600.html
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