Violence policière - violence d'Etat

Re: Violence policière

Messagede spleenlancien » 06 Sep 2014, 18:57

Un homme meurt après une interpellation avec usage de taser

[quote=" Le MOnde avec Reuters]Il a été victime d'un malaise à l'issue de son interpellation vendredi 5 septembre. Un homme est mort à Paris après que les policiers ont utilisé leur pistolet à impulsion électrique. Les forces de l'ordre ont été appelées vendredi soir dans un hôtel du 2e arrondissement, dans le centre de la capitale, pour tenter de maîtriser l'un de ses occupants qui menaçait de se jeter par une fenêtre du premier étage, selon une source policière.

L'homme, âgé de 34 ans, semble alors en « crise de démence aiguë », « il est transpirant, il bave », a relaté un policier. Les policiers tentent de le raisonner, mais il menace de sauter, se montre « violent » et leur « donne des coups » dès qu'ils s'approchent.

Estimant qu'il « présente un danger pour lui-même et pour autrui », les policiers font alors usage d'un pistolet à impulsion électrique, un Taser. Ce dernier a été « utilisé en mode contact et non pas en tir (à distance) » qui occasionne une décharge plus puissante, précise la source policière.

LES CAUSES DE LA MORT ENCORE INCONNUES

« L'homme ne semble absolument pas réagir » à l'impulsion électrique et parvient à s'échapper par la porte de la chambre. Il est rattrapé devant l'hôtel par les policiers. C'est au moment de lui passer les menottes, que l'homme, « très connu » des services de police pour des faits « graves », est pris de malaise, a ajouté la source policière, précisant que « l'intervention dans et devant l'hôtel s'est faite devant témoins ».

Rapidement pris en charge par les pompiers, l'homme est mort samedi matin. Les causes du décès sont à ce stade indéterminées. Comme à chaque fois qu'un policier est amené à utiliser son arme de service, une enquête a été confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).[/quote]

http://www.lemonde.fr/societe/article/2 ... _3224.html
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Re: Violence policière

Messagede bipbip » 25 Oct 2014, 12:38

Meurtre d’Amine Bentounsi à Noisy-le-Sec: un policier est renvoyé devant les assises
http://atouteslesvictimes.samizdat.net/?p=1351

Les policiers coupables de la mort de Zyed et Bouna à Clichy ( devraient être ) jugés en mars à Rennes
http://atouteslesvictimes.samizdat.net/?p=1362
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Re: Violence policière

Messagede bipbip » 07 Nov 2014, 03:54

Ceci n’est pas une bavure. 2000-2014 : 127 personnes tuées par la police française
Deux articles tirés du dernier numéro de la revue Z sur Venissieux, qui ressort à l’occasion de la mort de Rémi Fraisse tué par la police.
http://paris-luttes.info/ceci-n-est-pas-une-bavure
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Re: Violence policière

Messagede bipbip » 13 Nov 2014, 03:15

CRS, quel beau métier !!!

Les images de la video ci-dessous, prisent lors de la manif de samedi à Toulouse, montrent combien les fonctionnaires « bleu-marine », comme les idées de la majorité d’entre eux, qui sont payés par nos impôts (faut-il le rappeler) sont de vrais professionnels. Tous dévoués à la défense du pouvoir qu’il soit, de droite ou de gôche, voire demain peut-être d’extrême droite ou carrément fasciste, servent l’état avec zèle.

Cette séquence est révélatrice de leur « bravoure », face à une « djihadiste verte » qui déstabilise la république. Le courage de ces « hommes » frise l’abnégation et la solidarité de collègues venus les soutenir, force le respect.

Il faut voir avec quelle délicatesse et maîtrise de soi ils « neutralisent » une « dangereuse » contestataire. Dans le pays des droits de l’homme et des lumières, ce genre de démonstration est excellente pour le commerce extérieur. En effet, partout dans le monde il y a des mouvements sociaux, qui dérangent le bizness ! Donc, les actionnaires des multinationales, avec leurs laquais les politiques se préparent à l’insurrection qui pourrait venir un jour. On peut dés lors constater le suréquipement des forces de répressions et l’utilisation qu’ils en font.

C’est pourquoi, le gouvernement de gôche qui aime l’entreprise, se hisse au hit parade du savoir faire dans la défense de l’ordre capitaliste et par là même en brigue la 1re place.

Pour en revenir à notre soldatesque, on n’imagine pas la tempête sous le casque de ces pauvres hères, confrontés à leur « conscience ? » quand ils doivent choisir sur qui leurs tonfas doit s’abattre et la direction que doit prendre leurs jets de lacrymogènes. Ils optent pour les travailleurs qui occupent leur usine pour défendre leur boulot, aussi sur tous ceux qui freinent le bon développement du commerce économique ou culturel. Normal, on n’a jamais vu ces « républicains » taper sur les patrons voyous qui délocalisent, quant ils ne déménagent les machines à la sauvette pour optimiser leurs profits et leurs impôts.

Bel exemple pour la jeunesse, qui pourrait avoir, à un moment, un effet boomerang !!!

http://www.paroleslibres.lautre.net/spi ... rticle2076



C'est gardes mobiles, gendarmerie, pas CRS, police, mais ça revient au même : force répressive d'Etat.
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Re: +96 % de plaintes contre les bavures policières

Messagede Nico37 » 13 Nov 2014, 15:11

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Re: Violence policière

Messagede niouze » 13 Nov 2014, 18:39



22 v'la les bleus retour sur les violences étatiques qui ont émailler la manif du 22 fevr 2014 a nantes
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Re: Violence policière - violence d'Etat

Messagede Pïérô » 16 Nov 2014, 02:09

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Chronologie de la répression policière suite à la mort de Rémi Fraisse

Au lendemain de la mort de Rémi Fraisse, une réaction spontanée émerge en région parisienne. Manifestations interdites, interpellations en masse, militarisation des quartiers, à Paris comme ailleurs, le pouvoir a très vite mis en place tous les moyens pour tenter de tuer dans l’oeuf ce mouvement qui pourrait devenir très vite ingérable.

Dimanche 26 Octobre
Un rassemblement spontané se tient à la Fontaine de la place Saint Michel. Les 300 personnes présentes partent en déambulation dans les petites rues. Très vite les CRS se déploient et chargent sur le parvis de l’hôtel de ville pour tenter d’encercler le cortège. Une quinzaine de personnes sont faites prisonnières et raccompagnées dans le métro.

Mercredi 29 Octobre – 150 Interpellations – 29 GAV
Un rassemblement est annoncé au parvis de l’hôtel de ville. L’appel à venir casqué est suivi par une soixantaine de personnes. La tentative de partir en cortège est très vite contrée par un important dispositif policier quadrillant tout le quartier. Quelques tags, crachats et pétards plus tard, ce sont près de 200 personnes qui vont se retrouver encerclées de près, gazées, détenues à ciel ouvert pendant plus de 4h pour certaines. Quelques personnes essuient des coups de matraque en tentant de s’extraire de la nasse. Les flics reserrent par la force et extraient un-e par un-e les manifestant-e-s pour les mettre dans les bus à destination du commissariat de l’Evangile. L’opération dure près de 4h.
Au final, environ 150 interpellations. La riposte collective a consisté à refuser de donner son identité et de prétendre individuellement s’appeler Rémi Fraisse. Les 26 premières personnes à avoir tenu cette stratégie se sont faites placer en GAV pour refus d’identité, mais cela a emmerdé les flics qui ont finit par laisser tomber et libérer sans contrôle un grand nombre de personnes toujours détenues dans la cours du comico de l’Evangile.
Si ces personnes se sont vue signifier la fin de leur GAV le lendemain (sans suite pour certain.e.s, avec des menaces orales de suites pour d’autres), 3 autres camarades ont vu leur GAV prolongée et ont été déferrés pour port d’arme prohibé, violence sur agent, outrage ou encore dégradations. Les trois personnes ont obtenu le renvoi de leur procès au 21 novembre sous contrôle judiciaire (pointage au commissariat hebdomadaire ou mensuel).

Dimanche 2 Novembre – 150 Interpellations – 17 GAV
Ce dimanche, c’est initialement une manifestation au départ de Stalingrad qui était prévue. La préfecture décide de l’interdire (des policiers se rendent au petit matin chez les personnes signataires pour leur signifier l’interdiction), les organisations se retirent et préfèrent le sitting au mur de la paix. Sous un dispositif policier énorme (plus de 700 agents mobilisés) 300 personnes parviennent à se rassembler tant bien que mal, sont chargées et gazées à plusieurs reprises en tentant de refluer de la Place de la Rotonde et en reformant des petits groupes sous le pont aérien de Stalingrad. De nombreuses interpellations préventives ont eu lieu. Ainsi, à Montreuil, une trentaine de personne sont interpellées dès la sortie du lieu où elles avaient préparé une banderole. D’autres le sont à l’issue de l’un des multiples contrôles policiers qui quadrillaient tout le nord-est parisien. Au total, à nouveau environ 150 interpellations, 17 personnes sont placées en GAV et 5 seront déferrées pour attroupement non armé en vue de commettre des dégradations ou encore port d’arme prohibée. 4 d’entre elles demandent et obtiennent le renvoi de leur procès (avec contrôle judiciaire pour l personne). La dernière personne ayant accepté la comparution immédiate a écopé d’un mois de prison ferme sans mandat de dépôt pour port d’arme prohibé.

Mardi 4 Novembre
Lors d’une assemblée générale à Montreuil, la présence policière s’est faite sentir (voiture banalisée qui tournent, camionnettes de CRS un peu plus loin, rumeurs de contrôle d’identité sur des gens quittant l’AG)

Jeudi 6 Novembre – 2 GAV
Deux personnes sont interpellées alors qu’elles collaient des affiches appelant aux manifestations du samedi 8 novembre à Toulouse et Paris. Elles font 48h de GAV et sont déferrées le samedi sous les chefs d’inculpations d’ « incitation directe à la rébellion et refus de signalétique ». Elles obtiennent le renvoi de leur procès.

Jeudi 6 Novembre
Les lycéens bloquent une trentaine de lycées en Ile de France. Une manifestation au départ de nation rassemble jusqu’à 3 000 lycéens. La police se fait plus que discrète. Dès le lendemain, les blocages sont perturbés par les chefs d’établissement et la police. Les premières convocations disciplinaires tombent également.

Vendredi 7 Novembre
Au petit matin, des flics déboulent chez une copine et l’emmènent pour un interrogatoire. Ils prétextent une ancienne histoire de refus d’ADN.

Samedi 8 Novembre
Manifestation autorisée par la préfecture. La présence policière est massive mais discrète. Un camarade se fait attraper par des bacqueux et des CRS qui l’emmènent dans une petite rue pour le passer à tabac et effectuer une vérification d’identité caméra au poing. La presse parle d’une interpellation préventive ce jour pour port d’arme. Pas d’autres interpellations relevées.

Mercredi 12 Novembre - 12 Interpellations
Au lendemain d’une matinée d’actions spontanées et déterminées notamment à Saint Denis, les lycéen.ne.s du 93 ont du faire face à la répression policières : 200 flics mobilisés pour certains qui chargent à cheval, militarisation des lycées et des quartiers, hélicoptère de surveillance... Durant cette nouvelle matinée d’action, quatorze interpellations ont eu lieu selon Le Parisien, la voix de la préfecture. Pas plus de nouvelles de notre côté.

Bilan répressif sur deux semaines et demi de lutte à Paris : 48 gardes à vue, 9 personnes en procès, sur près de 330 interpellations

Calendrier des procès :
21.11.2014 : 3 personnes
05.12.2014 : 1 personne
09.12.2014 : 1 personne
16.01.2015 : 2 personnes
Afficheu.ses.rs : date non confirmée.

Si la répression sur le site de Sivens s’est distinguée par sa violence, c’est ici une guerre de basse intensité (Cf Mathieu Rigouste - les Marchands de peur) que mène l’Etat face à celles et ceux qui s’organisent contre la police. Les ponts créés entre lycéen.ne.s, habitant.e.s des quartiers « populaires », et militant.e.s contre la répression sont autant de remparts face à la société sécuritaire qu’on tente de nous imposer.

Nous ne nous laisserons pas faire, nous n’appellerons pas au calme mais à la colère !

L’équipe juridique qui a suivi la mobilisation en région parisienne.


P.-S.
Pour nous contacter, nous envoyer d’autres informations : legal-paris at riseup.net
http://paris-luttes.info/chronologie-de ... ssion-2057


Rouen
Rémi "l'avait bien mérité" - Rouen, 13 novembre 2014

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Re: Violence policière - violence d'Etat

Messagede Pïérô » 15 Déc 2014, 03:00

Argenteuil : non-lieu confirmé pour les flics qui ont tué Ali Ziri

Vendredi 12 décembre, la cour d’appel de Rennes a confirmé le non-lieu, comme l’avait demandé le procureur, pour les policiers responsables de la mort d’Ali Ziri.

En avril 2014, le comité Vérité et Justice pour Ali Ziri dénonçait déjà la farce du procès, où les flics n’ont jamais été inquiétés :

«
Ali Ziri, 69 ans, est décédé, asphyxié, le 11 juin 2009, après son interpellation par la Police Nationale à Argenteuil lors d’un contrôle routier. Le 15 octobre 2012, la Cour d’appel de Versailles a entériné la décision du Procureur de la République du Tribunal de Pontoise qui avait requis un non-lieu, pour les policiers.

Ce non-lieu était injustifiable parce qu’injustifié aux yeux de la famille, des avocats et du comité de soutien. En effet, malgré la succession de trois juges d’instruction sur cette affaire, ni les policiers mis en cause, ni les témoins n’ont été entendus par les juges. Malgré la demande de l’avocat de la famille, il n’y a eu ni reconstitution, ni visionnage de la vidéo montrant l’arrivée au Commissariat de Messieurs Kerfali et Ziri.

Partant de ce constat, la Cour de cassation de Paris a cassé, le 18 février 2014, le non-lieu sur la base de la remise en cause complète du travail des juges. Dans son arrêt, elle répète par 4 fois : « la chambre de l’Instruction n’a pas légalement motivé sa décision ».

«
Wissam est mort, Ali est mort et tant d’autres, mais d’autres encore attendent sans le savoir dans le couloir de la mort sans le savoir, avec une épée de Damoclès sur la tête tant que l’on ne supprimera pas la peine de mort dans les commissariats français.

Farid El Yamni, en juin 2014 lors du rassemblement pour Ali Ziri

http://paris-luttes.info/argenteuil-non ... -pour-2287
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Re: Violence policière - violence d'Etat

Messagede Pïérô » 17 Déc 2014, 01:38

Mort d’Ali Ziri : la cour d’appel de Rennes confirme le non-lieu
La justice française mène une guerre d'usure dans l'enquête sur la mort d’Ali Ziri, 69 ans, décédé par asphyxie le 11 juin 2009, deux jours après son interpellation par la police à Argenteuil. La cour d’appel de Rennes vient de confirmer ce 12 décembre 2014 le non-lieu prononcé le 15 octobre 2012 par un juge d’instruction.
... http://www.mediapart.fr/article/offert/ ... 047a000ac2


La mort d'Ali Ziri: un non-lieu de trop !

Confirmation du non-lieu par la cour d'appel de Rennes dans l'affaire d'Ali Ziri, cette nouvelle sonne comme un coup de marteau dans ma tête, me glace le sang.
Comment recevoir cette nouvelle ? Je ne sais pas, je ne sais plus, ce que je sais c'est que ça me fait mal à moi et à d'autres familles, gronde en moi un sentiment d'injustice une colère obscure qui me fait mal et pourrait faire mal à d'autres.
Est-ce que nos vies n'ont pas plus de valeur que ça ?
Est-ce l'état de droit existe bien en France ?
Vos mensonges, votre hypocrisie, vous tuerons un jour.
La France a tué une partie de moi, une partie de nous, la France sous l'étendard donneuse de leçons, qu'elle ne s'applique pas.
La vérité et que la France est menteuse, hypocrite, vote des lois pour ceux qui peuvent pas se défendre et protège des assassins, des voyous en col blanc, des politiques.
La France le pays des droits de l'homme, républicaine..., des belles paroles qui sonnent fausses.
Il arrivera un jour ou cette France créera le chaos dans la tête des gens.
Vous récolterez ce que vous avez semé et en payerez les conséquences.

Pour toutes ces raisons nous serons là samedi 20 décembre à 15h00, place Stalingrad à Paris, pour dénoncer un deux poids, deux mesures, 8 mois de prison pour un manifestant qui manifeste contre les violences policières et un non-lieu pour des policiers qui tuent.

Collectif urgence notre police assassine

http://www.urgence-notre-police-assassine.fr/
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Re: Violence policière - violence d'Etat

Messagede niouze » 29 Déc 2014, 14:03

Joué-lès-Tours : la version de la police contredite par plusieurs témoins
Terrorisme ou bavure policière ? Deux versions se contredisent à la suite de la mort de Bertrand Nzohabonayo, le 20 décembre. Le parquet antiterroriste de Paris est saisi, la famille de Bertrand Nzohabonayo envisage toutes les voies juridiques possibles.

Bertrand Nzohabonayo – alias Bilal – était-il le terroriste qui nous a été décrit ? Une semaine après les faits qui ont abouti au décès du jeune homme, après avoir blessé trois policiers à coups de couteau au commissariat de Joué-lès-Tours le 20 décembre 2014, deux versions se contredisent. Bertrand Nzohabonayo s’est-il lui-même rendu au commissariat ou a-t-il été escorté par les policiers ? Avait-il en tête de commettre un attentat, ou la situation a-t-elle dégénéré après qu’il eut été sommé de s’expliquer sur une altercation qui aurait eu lieu la veille entre des jeunes de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire) et un policier ayant déjà été condamné pour des faits de violence policière ? Le parquet antiterroriste de Paris privilégie la piste terroriste, la famille de Bertrand Nzohabonayo envisage toutes les voies juridiques possibles.
Samedi 20 décembre, selon la version relayée dans un communiqué du ministère de l’intérieur, il est environ 14 heures lorsqu’un individu armé d’un couteau débarque seul dans le commissariat de Joué-lès-Tours. Il blesse trois policiers dont l’agent de l’accueil au visage. Les agents ripostent avec leur arme de service, ils l’abattent. Une dépêche de l’AFP, envoyée à 16h14, reprend ce récit : « Le ministre de l’Intérieur condamne l’agression brutale d’un policier à l’arme blanche au commissariat de Joué-lès-Tours, peut-on lire. Bernard Cazeneuve salue le sang-froid et le professionnalisme des policiers présents, qui ont fait usage de leur arme administrative. »
La version de la police selon laquelle Bertrand Nzohabonayo serait venu de sa propre initiative au commissariat pour attaquer le personnel à coups de couteau aux cris de « Allah Akbar » est contestée par plusieurs témoins. D’après un article du Point (accessible sur abonnement), le cabinet de Bernard Cazeneuve maintient que « le jeune Bilal s’est rendu à l’antenne de police de sa propre initiative afin de s’en prendre aux forces de l’ordre ». Plusieurs témoins, dont une personne interrogée face caméra par une équipe de l’AFP, disent pourtant l’inverse. « J’ai vu les quatre policiers prendre le monsieur pour le rentrer à l’intérieur, ils lui ont dit calmez-vous et le monsieur il a commencé à crier “Ah” et à se débattre », raconte un des témoins […].
Jusqu’à présent, la version présentée par la police faisait également état d’une scène qui se serait déroulée « au commissariat de Joué-lès-Tours », donc à l’intérieur. Sur les réseaux sociaux circule pourtant une photo où l’on peut apercevoir Bertrand Nzohabonayo, le corps gisant sur les marches du commissariat, entouré de plusieurs policiers.
Selon Ghyslain Vedeux, responsable du conseil représentatif des associations noires d’Indre-et-Loire (CRAN), l’affaire serait en fait liée à une altercation qui a eu lieu le 19 décembre. « Cette affaire pourrait découler de l’histoire d’un policier qui s’est battu avec des jeunes la veille des faits, et qui aurait porté le premier coup, déclare-t-il à Mediapart. Selon plusieurs témoignages, il s’est fait taper dessus. » Le responsable du CRAN s’interroge sur de potentiels liens avec le décès du lendemain. Des membres de l’équipe du policier impliqué dans l’altercation auraient interpellé Bertrand Nzohabonayo afin de le questionner sur l’identité des auteurs des coups : « Les témoins sont formels, c’est bien l’équipe du gardien de la paix impliqué dans l’altercation la veille qui a interpellé Bertrand le lendemain. » Plusieurs personnes s’étonnent par ailleurs que le gardien de la paix impliqué dans l’altercation n’ait pas déposé plainte après l’agression.
Le jeune Bertrand ne se trouvait pas à Joué-lès-Tours le jour de cette altercation. Une équipe de France 3 a reconstitué les faits et affirme qu’il était à Paris, où il accompagnait sa mère qui devait s’envoler pour le Rwanda. « Bilal » ne serait revenu à Tours qu’en fin de matinée le 20 décembre et aurait retrouvé sa sœur autour de midi. Il serait sorti en début d’après-midi pour se rendre dans un kebab situé à proximité du commissariat de police de Joué-lès-Tours. Sur sa route, il aurait été interpellé par des policiers souhaitant connaître l’identité des jeunes de la bagarre de la veille. L’interpellation de Bertrand Nzohabonayo tourne au vinaigre, deux policiers sont blessés et Bertrand est abattu par un agent de police.
Le gardien de la paix impliqué dans l’altercation de la veille est par ailleurs connu dans le quartier pour des faits de violence policière. En juin 2014, il avait été condamné à 1500 euros d’amende […] pour « des faits de violence en plusieurs phases » et un « usage disproportionné » de sa bombe lacrymogène. La scène, qui avait été filmée en août 2013, témoigne d’une rare violence. En plus de multiples coups de matraque, dont un qui vise le visage de la victime, le policier tient des propos à la limite du racisme : « Toujours les mêmes, ils me cassent les couilles. » Pendant de longues minutes, la femme prise à partie reste au sol, inerte, avant d’être traitée de « salope » et de « conasse » […].
D’après un article de La Nouvelle République, le gardien de la paix récemment condamné a été entendu dans le cadre de nouvelles auditions menées le vendredi 26 décembre par la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire. La section antiterroriste du parquet de Paris a affirmé ne négliger aucun élément tout en restant « sur la qualification terroriste ». « À ce stade, il n’y a pas de lien entre les deux affaires », a indiqué la porte-parole du parquet Agnès Thibault-Lecuivre.
La chronologie de l’emballement politique
Pour bien comprendre comment la piste du terroriste et de la radicalisation a été privilégiée, il faut se pencher sur la chronologie des faits et des réactions politiques. Dans la foulée des événements qui ont mené au drame, le ministre de l’intérieur décide de se rendre sur les lieux. Entre-temps, on apprend que Bertrand Nzohabonayo est « connu des services de police pour des faits de droit commun ». À 17h47, le même jour, une nouvelle dépêche de l’AFP informe que la section antiterroriste du parquet de Paris est chargée d’une enquête ouverte « des chefs de tentative d’assassinat et d’association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste ». Une demi-heure plus tard, soit près de quatre heures après les coups de feu qui ont tué Bertrand Nzohabonayo, une source proche de l’enquête affirme que l’agresseur, originaire du Burundi, a crié « Allah Akbar (Dieu est grand en arabe) du moment où il est entré jusqu’à son dernier souffle ». De premiers liens entre les actes de Bertrand Nzohabonayo et l’organisation de l’État islamique en Syrie et en Irak commencent à être pointés par des sources identifiées comme « proches de l’enquête ».
Aussitôt sur les lieux, Bernard Cazeneuve a souligné de la part des policiers « une très grande maîtrise, une très grande compétence, un très grand sang-froid ». Dans un second communiqué, le ministère de l’intérieur réaffirme son soutien aux policiers et condamne une nouvelle fois « cet acte odieux » en prenant le soin de préciser que l’individu tombé sous les balles de la police « ne s’était jamais signalé par des activités à caractère terroriste ». « Le gouvernement est déterminé à combattre toutes les formes de terrorisme qui menacent la sécurité », peut-on lire dans le dernier paragraphe du communiqué qui ne laisse déjà plus beaucoup de place à un scénario autre que terroriste.
Plus tard dans la soirée, Manuel Valls affiche dans un tweet son soutien aux policiers de Tours. « Ceux qui s’en prennent à eux devront faire face à la sévérité de l’État », déclare-t-il. C’est seulement le 21 décembre, soit le lendemain des faits, qu’il est fait mention du profil Facebook de l’agresseur, sur lequel ce dernier aurait affiché le drapeau du groupe djihadiste État islamique le jeudi, soit deux jours avant les événements.
En l’espace d’un week-end, l’implacable mécanique médiatique est en marche. Entre le chauffard de Dijon qui aurait foncé sur plusieurs passants dans le centre-ville en hurlant « Allah Akbar », et l’affaire de Joué-lès-Tours, plusieurs personnalités politiques réagissent. Le président (PS) du conseil général de l’Essonne, Jérôme Guedj, affirme « qu’il y a manifestement l’importation des conflits en Syrie, en Irak sur le territoire national ». Le vice-président du Front national, Florian Philippot exhorte l’exécutif à sortir de sa timidité : « Le pouvoir a de telles pudeurs vis-à-vis de l’islamisme radical qu’il n’ose même pas le nommer. »
Le lundi 22 décembre, soit 48 heures après les faits, alors que François Hollande appelle à une « extrême vigilance », Manuel Valls monte en gamme en affirmant que « jamais nous n’avons connu un aussi grand danger en matière de terrorisme ». « Ce qui nous inquiète, affirme-t-il en marge d’un de ses déplacements à Montpellier, ce sont les phénomènes de très grande radicalisation, très rapide. C’est peut-être le cas pour ce garçon qui a agi comme vous le savez à Joué-lès-Tours. » En parallèle, le frère de Bertrand, Brice Nzohabonayo, a été arrêté au Burundi par les services de renseignement qui déclarent être seuls à l’origine de l’interpellation.
L’avocat de la famille Jérémie Assous préfère attendre les résultats de l’enquête, surtout concernant les bandes de vidéosurveillance du commissariat. « On exercera toutes les voies de droit qui nous sont ouvertes, déclare-t-il. À ce stade il paraît indispensable que les services judiciaires s’expriment sur le contenu des bandes de vidéosurveillance de l’extérieur et de l’intérieur du commissariat pour mettre un terme à cette rumeur. S’ils refusent, ça ne fera que conforter les réserves que les uns et les autres émettent sur la version des policiers. »

Yannick Sanchez, Mediapart, 27 décembre 2014
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Re: Violence policière - violence d'Etat

Messagede Pïérô » 31 Déc 2014, 02:57

Il y a des éléments sur cette histoire aussi ici : viewtopic.php?f=65&t=20&start=75#p189188


Joué-les-Tours : un commissariat sans histoires ?
Lors de sa venue à Joué-lès-Tours le 21 décembre dernier, Jean-Luc Beck, procureur de la République, a déclaré à La Nouvelle République que "le commissariat jocondien ne connaissait « pas de problème majeur ni de problème particulier »".
Pourtant, en août 2013,
... http://larotative.info/joue-les-tours-u ... t-750.html
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Re: Violence policière - violence d'Etat

Messagede bipbip » 21 Jan 2015, 02:33

Un tsigane de 89 ans tabassé par la police, sa plainte classée sans suite

Une fois de plus, une affaire de violences policières classée. En septembre, le dernier survivant du camp d’internement des gens du voyage de Linas-Montlhéry sous Pétain avait été frappé à plusieurs reprises lors d’une descente de flics dans son camp, à Arpajon dans l’Essonne.

... http://paris-luttes.info/un-tsigane-de- ... e-par-2496
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Re: Violence policière - violence d'Etat

Messagede digger » 26 Jan 2015, 13:22

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16-22 février Semaine contre les violences policières
http://22fevrier2015.jimdo.com/
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Re: Violence policière - violence d'Etat

Messagede bipbip » 15 Fév 2015, 02:25

Justice pour Ayoub Boutahra
Tir de Flash-ball : quatre ans de douleur pour un Montbéliardais
Le 7 février 2011, Ayoub, un Montbéliardais de 17 ans, perdait un œil suite à un tir policier. Sa famille attend et espère toujours une réponse de la justice.
... http://juralib.noblogs.org/2015/02/09/l ... -boutahra/
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Re: Violence policière - violence d'Etat

Messagede Pïérô » 22 Fév 2015, 02:49

« Gardien de la paix, mon œil » : de l’impossibilité de dénoncer les violences policières

Une vidéo de Doc du Réel sur la manifestation interdite du 14 février 2015 contre les violences policières à Montreuil. Ou comment l’Etat vante la liberté d’expression d’un côté et envoie les flics empêcher des manifs de l’autre.

... http://larotative.info/gardien-de-la-pa ... l-865.html
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