Veille des outils de répression

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 27 Nov 2009, 20:35

http://bigbrotherawards.eu.org/Livre-Bleu-du-Gixel-les-BBA-republient-la.html

Le livre bleu

"la sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles, il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles.

Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d'un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l'apport de fonctionnalités attrayantes :

Éducation dès l'école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l'école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s'identifieront pour aller chercher les enfants.
Introduction dans des biens de consommation, de confort ou des jeux : téléphone portable, ordinateur, voiture, domotique, jeux vidéo Développer les services « cardless » à la banque, au supermarché, dans les transports, pour l'accès Internet, ...

La même approche ne peut pas être prise pour faire accepter les technologies de surveillance et de contrôle, il faudra probablement recourir à la persuasion et à la réglementation en démontrant l'apport de ces technologies à la sérénité des populations et en minimisant la gène occasionnée. Là encore, l'électronique et l'informatique peuvent contribuer largement à cette tâche".
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 02 Déc 2009, 21:46

1er décembre 2009
Création de la Force d'Intervention de la Police Nationale

Crée sur papier par un protocole signé le 17 juillet dernier par le ministre de l'Intérieur, la FIPN a inauguré aujourd'hui sa structure opérationnelle. Cette task force, pendant civil du GIGN, sera capable de mobiliser 500 policiers d'élite en cas de nécessité, notamment lors de gros rassemblements de masse, tels que les grands évènements sportifs ou autres sommets du G20. La Force d'Intervention de la Police Nationale intègre sous une même bannière, autour de 120 hommes du RAID (Unité d'élite de la Police Française), les 279 athlètes, tireurs d'élites et logisticiens des brigades anticommandos de Paris ainsi que 200 policiers issus de 10 groupes d'interventions de la police nationale. Cette structure disposera, grâce à un budget propre de plusieurs millions d'euros, d'un attirail impressionant: drones furtifs et espions, détecteurs thermiques, nouvelle génération de radars, plusieurs postes de commandement mobiles bourrés d'électroniques,... Elle pourra également disposer des appareils du groupe interarmées d'hélicoptères, d'autres appareils militaires ou des avions de la police des frontières.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 08 Déc 2009, 20:19

Le projet de loi sur la sécurité intérieure sera débattu en février à l'Assemblée

7 Décembre 2009

Le projet de loi d'orientation et de programmation de sécurité intérieure (Lopsi) sera examiné en première lecture courant février à l'Assemblée nationale, a indiqué le ministre des Relations avec le Parlement, Henri de Raincourt. Cette «Lopsi 2» (après celle de 2002) s'étendra de 2009 à 2013 inclus et prévoit 2,5 milliards d'euros supplémentaires sur cinq ans. Ce texte, promis au départ en 2008 par le gouvernement, avait été maintes fois repoussé avant d'être finalement présenté en Conseil des ministres en mai dernier. Ce projet de loi fixe les grandes orientations stratégiques de la politique de sécurité intérieure pour les années 2009-2013: mutualisation et coopération entre les forces de sécurité (police et gendarmerie), modernisation de leurs moyens par le recours accru aux nouvelles technologies et à la police scientifique et technique, rénovation du management et de l’organisation des services. L’exposé des motifs du texte précise que le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale a mis en exergue la «nécessité d'une politique d'anticipation constamment actualisée pour renforcer la lutte contre les menaces dans un environnement complexe, incertain et toujours plus instable. Les menaces naturelles sont à ce titre prises en compte.» En conséquence, «la nouvelle loi d'orientation et de programmation n'est plus limitée à la police et la gendarmerie nationale; elle intègre aussi la sécurité civile.» Par ailleurs, le texte précise que les objectifs opérationnels prioritaires définis pour les années 2009-2013 concernent les crises de santé publique ou environnementales, les menaces terroristes, la criminalité organisée, les violences intrafamiliales et la délinquance routière. Le texte précise aussi que «la politique de sécurité intérieure ne saurait s'exonérer d'une obligation, continue et dynamique, de performance.»
Telle que détaillée dans le rapport sur les moyens de la Lopsi (en annexe du projet de loi), cette «recherche de performance contribue in fine à mieux définir les responsabilités de tous les acteurs participant à la politique nationale: collectivités territoriales (notamment à travers les polices
municipales et les services départementaux d'incendie et de secours)», mais aussi «entreprises de surveillance, de gardiennage et de transports de fonds ; agents privés de recherche; acteurs du secteur de I'intelligence économique.»
On note aussi que le texte aménage le régime juridique de la vidéoprotection. «Il s'agit de favoriser la réalisation du plan de triplement des caméras installées sur le territoire et de renforcer les garanties de nature à assurer le respect de la vie privée des personnes filmées», précise l’exposé des motifs.

http://www.assemblee-nationale.fr/13/projets/pl1697.asp
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 20 Déc 2009, 16:06

DOSSIER SÉCURITÉ : La sécurité, première des libertés ? (Research*eu n°60)

«Homo homini lupus» (l’homme est un loup pour l’homme), Plaute ne croyait pas si bien dire. Dès les prémices de son histoire, l’humain élabore des palissades, des talus ou des fossés pour se protéger de la faune mais aussi de ses semblables. Vinrent ensuite les douves, les enceintes, leurs gardes, car toutes sophistiquées que soient ces fortifications, il y aura toujours un homme capable d’élaborer une stratégie pour les franchir. S’y ajoutèrent des représentants armés de l’État, car se prémunir des agressions extérieures ne suffit pas: bien qu’issus d’une même famille, tribu ou société, les hommes se lèsent, se combattent, s’entretuent.
Protéger l’État, lui-même chargé de protéger ses citoyens. Un impératif si fondamental que l’Homme y consacre une bonne part de son savoir-faire. Le 20ème siècle marque l’apogée de ce principe. On bâtit des avions, des chars et des sous-marins toujours plus sophistiqués, on met au point des armes, des bombes, des missiles et des substances chimiques toujours plus meurtriers, sans parler des gilets pare-balles, alarmes, serrures blindées, micros espions, écoutes téléphoniques … Le point commun de tous ces outils? Sécuriser, défendre, pour garantir la paix, la stabilité, la liberté des personnes. La sécurité, un droit revendiqué par les citoyens, un devoir endossé par les gouvernements. «La sécurité est la première des libertés.» Cette phrase, leitmotiv du président français Nicolas Sarkozy, recèle sans aucun doute sa part de vérité. Pourvu qu’elle ne légitime pas la primauté de cette liberté-là sur toutes les autres. L’Europe saura-t-elle trouver le bon équilibre?
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 25 Déc 2009, 15:00

Vers une recréation des anciens RG ? AFP 23/12/2009 | Mise à jour : 17:44

Une "réflexion" a été engagée au ministère de l'Intérieur sur la possibilité de créer une nouvelle direction du renseignement, sur le modèle des anciens RG, qui pourrait être composée à parité de policiers et de gendarmes. Selon des sources autorisées parmi les forces de l'ordre police/gendarmerie, dans le cadre d'un audit sur le renseignement actuellement en cours, il y a une "réflexion" sur la possibilité de créer une Direction de l'information générale (Dig) en lieu et place de l'actuelle sous-direction de l'Information générale (Sdig).

La Sdig est chargée du renseignement traditionnel et ouvert, qui ne relève pas du terrorisme ou de l'intelligence économique par exemple du ressort de la Direction centrale du renseignement intérieur, la DCRI (ex-DST). La Sdig est née de la disparition des RG, en juillet 2008 qui ont donné naissance aussi à la DCRI.

Cette Dig, -- un nom provisoire, selon les sources --, serait une nouvelle direction du ministère de l'Intérieur qui pourrait fonctionner "sur le modèle des groupements d'intervention régionaux (GIR)" avec, à parité, des policiers et des gendarmes. Chacun aurait autorité dans ses zones de compétence, les premiers à la ville les seconds en zone rurale, toujours selon les mêmes sources.

Selon elles, les préfets par exemple se plaignent parfois de la disparition des RG traditionnels et de ne plus avoir comme avant d'infos et/ou de prévisions sur les manifestations ou mouvements sociaux de leurs régions.


http://www.lepost.fr/article/2009/11/25/1809644_la-videosurveillance-bientot-imposee-aux-maires-qui-la-refusent.html

La vidéosurveillance bientôt imposée aux maires qui la refusent ?

Par La rédaction du Post le 25/11/2009 à 18:18

Nicolas Sarkozy a annoncé mardi que les préfets pourraient bientôt se "substituer" aux maires pour installer des caméras dans les communes.
En déplacement en banlieue parisienne mardi, Nicolas Sarkozy a tenu une table ronde sur le thème de la sécurité. Au programme, la lutte
contre les trafics de drogue, l'immigration, et... la vidéosurveillance.

Nicolas Sarkozy a souligné que 22.000 caméras de vidéosurveillance ont été installées depuis 2007. Il a d'ailleurs promis de tripler ce chiffre d’ici 2011, mettant en avant la "progression spectaculaire de la sécurité" là où la vidéosurveillance a été installée. Il a également insisté sur le rôle de la vidéosurveillance à l'école, évoquant sa volonté de "sanctuariser" les établissements scolaires.

Un passage du discours de Nicolas Sarkozy est passé plus inaperçu, comme l'a signalé le posteur Marc Louboutin (ancien lieutenant de police, écrivain et photographe) à la rédaction du Post. Dans son intervention, le chef de l'Etat fait part de son intention de permettre aux préfets (les représentants de l'Etat dans les départements et les régions) d'imposer la vidéosurveillance aux maires qui la refusent :

"Le ministre de l'Intérieur va déposer ce qu'on appelle la Loppsi, enfin, la loi d'orientation et de programmation pour la Police et la
Gendarmerie au début de l'année prochaine. Il a prévu, je le soutiens totalement, dans ce texte, que si un maire refuse l'installation de
vidéo-surveillance sur son territoire, le préfet puisse se substituer à ce maire. Je prends mes responsabilités. Ma première responsabilité
c'est d'assurer votre sécurité. Pas d'idéologie avec cela. Des résultats et du pragmatisme."

Voici l'extrait en question:

(Source: Public Sénat)

"Ceux qui sont contre peuvent me demander de retirer les caméras, mais qu'ils le disent aux Français, qu'ils n'hésitent pas, (...) il va y
avoir les élections régionales, (...) on va voir le succès qu'ils auront" déclarait le Président juste avant ce passage.

Un maire à qui les préfets n'auront peut-être pas besoin de forcer la main, c'est Bertrand Delanoë. La majorité socialiste de la capitale a permis mardi le déploiement de mille caméras de vidéosurveillance supplémentaires à Paris.

http://www.lepost.fr/article/2009/11/24 ... video.html

Sarkozy: "Dans tous les établissements où il y a des problèmes de sécurité, on met la vidéo"
Par Public Sénat

En déplacement en banlieue parisienne, Nicolas Sarkozy a tenu une table ronde sur le thème de la sécurité, entonnant un discours connu
dans la bouche du chef de l’Etat sur « la tolérance zéro ».

Le Président a insisté sur le rôle de la vidéosurveillance à l’école, comme il l’avait déjà fait en mars dernier à Gagny. «Dans tous les
établissements où il y a des problèmes de sécurité, on met de la vidéo», a-t-il affirmé. «Nous devons sanctuariser nos établissements
scolaires en matière de sécurité. »

Il a souligné que « depuis 2007, 22 000 caméras de vidéosurveillance » ont été installées. Il promet de tripler ce chiffre d’ici 2011. « Tous
les endroits où la vidéosurveillance a été installée (…) ont vu une progression spectaculaire de la sécurité », a-t-il justifié.

Nicolas Sarkozy a expliqué que la question de la vidéo surveillance pourra être « un élément de débat » pour les élections régionales. «
Si un maire refuse l’installation de la vidéosurveillance », il demande que « le préfet puisse se substituer à ce maire ».

Le Président a aussi profité de son déplacement pour affirmé qu’il ne reviendra « jamais » sur la baisse de la TVA à 5,5% dans la
restauration, et qu’il n’acceptera « jamais » de régularisation massive de sans-papiers.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 26 Déc 2009, 14:32

La guerre des images prend de l'ampleur entre la police et les citoyens
LE MONDE | 23.11.09 | 14h39 • Mis à jour le 23.11.09 | 19h14

La preuve par l'image. La police s'équipe de plus en plus de moyens audiovisuels, fixes ou "embarqués", dans un triple but : identifier des délinquants, dissuader, mais aussi prévenir en cas de litige. Visitant, le 18 novembre, le Salon Milipol à Paris, consacré aux équipements de sécurité, le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, avait insisté sur "le déploiement des outils vidéo". La panoplie, en effet, s'étend.

Aux 60 000 caméras de vidéosurveillance que le ministère de l'intérieur promet d'installer sur la voie publique d'ici à 2011 - et qui ont commencé à transformer les PC de sécurité en murs d'images -, il faut ainsi ajouter de nombreuses autres applications.

Dernières nées, les "caméras-piétons" en cours d'expérimentation dans les compagnies de sécurisation et d'intervention en banlieue parisienne, en Seine-Saint-Denis, dans l'Essonne et les Yvelines. Ces mini-caméras peuvent être portées sur les lunettes de protection, sur le casque ou agrafées sur la poitrine des policiers. Dix à quinze matériels différents, qui enregistrent aussi bien l'image que le son, de jour comme de nuit, sont ainsi testés avant une généralisation prévue en 2010 et 2011. "L'idée est de pacifier la relation police-citoyens, affirme Patrick Guyonneau, chef du service des technologies de sécurité intérieure. C'est enregistré, on ne cache rien."

Ces outils sont en réalité déployés dans une guerre des images qui fait rage.
Les policiers sont de plus en plus confrontés à des vidéos amateurs, parfois tournées depuis un téléphone portable, lors d'interpellations musclées. Sur l'Internet, les sites YouTube et Dailymotion regorgent de ces images, souvent de mauvaise qualité, pas toujours très bien identifiées, mais explicites. On y voit des policiers interpeller un individu "à six contre un", se mêler à des manifestations cagoulés comme les casseurs, ou frapper à terre une jeune femme... A chaque fois, les taux de visionnage battent des records.

Renverser la charge

En utilisant ses propres images, la police espère combattre ce phénomène et renverser la charge en montrant qu'elle est elle-même cible d'agressions physiques et verbales. Mais le coût est prohibitif : 1 000 euros l'unité et, jusqu'ici, les expériences sont mitigées. Les enregistrements sont plutôt de piètre qualité et un responsable de la police s'agace de voir ces systèmes tomber "très souvent en panne". Pas question, cependant, d'y renoncer : les policiers, censés prévenir qu'ils sont en train de filmer, ont constaté l'effet dissuasif de ces caméras.

En France, pour les mêmes raisons, les pistolets à impulsion électrique Taser sont déjà munis d'une minuscule caméra qui se déclenche dès que l'arme est utilisée.

Sept cents caméras embarquées ont été également installées sur des véhicules de police un peu partout sur le territoire. Leur disque dur leur permet d'enregistrer plusieurs heures de suite. Un boîtier supplémentaire a été implanté au niveau des gyrophares des voitures de patrouille, ou banalisées, pour une lecture automatisée des plaques d'immatriculation (LAPI) : onze systèmes différents ont été testés et il ne fait guère de doute que LAPI va être généralisé. Il permet de rapprocher les numéros de plaque avec le fichier des véhicules volés et le système d'information Schengen, mais aussi de prendre en photo les occupants de la voiture.

Tout comme pour le renforcement de la vidéosurveillance, c'est la loi du 23 janvier 2006, relative à la lutte contre le terrorisme, qui a autorisé son utilisation. Selon M. Guyonneau, LAPI a permis de retrouver 400 voitures volées. Dans un avis rendu en juillet, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) avait émis des réserves, notamment sur le délai de conservation des données (huit jours minimum) et souhaité un renforcement des contrôles. Dans le cas des caméras-piétons, la CNIL n'a pas été saisie.

Isabelle Mandraud

La technologie mène l'enquête

Lors de sa venue, le 18 novembre, au Salon Milipol, consacré aux équipements de sécurité, le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, a annoncé que 16 millions d'euros allaient être mobilisés en 2010 pour la police technique et scientifique (PTS), dont il compte "faire un outil essentiel de l'élucidation des crimes et délits". Parmi les nouveautés présentées lors du Salon, figurait par exemple un système de détection et de reconnaissance de visage d'une société taïwanaise, fondé sur des caractéristiques biométriques. Ce système parcourt des images captées par la vidéosurveillance et les comparent avec une base de données. Lorsqu'un individu est reconnu, une alerte est immédiatement émise.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Antigone » 02 Jan 2010, 12:57

De nombreuses villes ont déjà pris commande du système CCTV Samurai qui a pour principale caractéristique d'être "intelligent". Il remplacera le système de vidéosurveillance CCTV de l'ancienne génération dont l'inefficacité était constatée dans de nombreux rapports.

L'Atelier (BNP Paribas group) - 21 dec 2009

Quand les caméras détectent les comportements suspects

Samurai développe un réseau de caméras de vidéo-surveillance capables d'identifier si l'attitude d'une personne au milieu d'une foule est classique ou au contraire suscite des interrogations.

Détecter un comportement anormal au sein d'une foule requiert beaucoup d'attention de la part des agents chargés de cette tâche. Le projet Samurai propose d'automatiser cette veille : il travaille sur un réseau de caméras de vidéo-surveillance fixes et mobiles capables d'identifier et suivre les personnes ayant une attitude suspecte. Et ce, dans des endroits publics très fréquentés comme des aéroports ou des couloirs de métro. Le système étudie les déplacements d'individus et en tire des modèles de comportement types. Le but est de faire comprendre à l'ordinateur comment agissent et se déplacent en général les gens dans un endroit donné. Si un individu se comporte de manière considérée comme anormale, le système déclenche une alerte.

Suivre la personne suspecte

Un opérateur humain prend alors le relais. S'il estime que l'individu épinglé par la caméra n'est pas dangereux, il le signale à la machine, qui intègre les modes de déplacement de la personne à sa base de données. Dès que le système considère un comportement comme anormal, il réalise un zoom sur la personne et la suit. Pour affiner le suivi, les chercheurs apprennent au système à identifier certains éléments caractéristiques de l'individu, comme un chapeau, un sac, ou le nombre de personnes qui se déplacent avec lui. Ils travaillent également sur un système permettant à la machine de prendre en compte les changements de luminosité pouvant survenir entre deux plans.

Reconnaître un comportement suspect au milieu d'une foule

Cela permettra à cette dernière de reconnaître une personne d'une caméra à l'autre. Des capteurs sonores complètent le dispositif. Cela donnera la possibilité au système d'étudier aussi l'empreinte sonore des situations. Selon les chercheurs, de tels systèmes de surveillance existent déjà, mais ils n'étaient pas capables de réaliser cette veille dans des endroits publics bondés. Selon The New Scientist, de premiers essais ont déjà été réalisés par l'équipe de Samurai en utilisant des séquences filmées à l'aéroport d'Heathrow. Selon les responsables, ceux-ci se sont révélés fructueux. Le projet arrivera à terme en 2011.


L'Atelier - 10 mars 2008

E-marketing: Quand la caméra capture l'émotion du consommateur

La caméra ne se contente plus de filmer, elle est capable d'identifier certains des sentiments ressentis par son propriétaire. Du pain béni pour les secteurs du marketing et de la sécurité.

Tester en direct les réactions des e-consommateurs pourrait être à portée de caméra : l'école Polytechnique de Madrid développe un logiciel permettant d'identifier les expressions du visage d'une personne filmée. Le dispositif utilise un algorithme capable de référencer trente images par seconde pour reconnaître en temps réel six expressions différentes : le dégoût, la colère, la peur, la joie, la tristesse et la surprise. Le fonctionnement est simple : chaque image est découpée en plusieurs segments qui sont analysés et confrontés à une base de données. Celle-ci, qui comprend plus de trois cents séquences vidéo, permet d'identifier le sentiment ressenti par la personne située en face de la caméra. Ce, avec un taux de fiabilité estimé à près de 90 %. Encore à l'état de prototype, le logiciel fonctionnerait déjà sur tout ordinateur de bureau ou portable embarquant une webcam.

Visualiser la réaction du consommateur

Selon les responsables du projet, celui-ci permet de reconnaître une expression même si l'image est de mauvaise qualité (faible luminosité, mouvements brusques de la personne filmée, etc.). Les applications marketing de ce logiciel sont évidentes : un tel système pouvant permettre d'observer les réactions du public face à un produit. En matière d'e-commerce, les responsables du projet soulignent la possibilité pour les e-marchands de percevoir les expressions des internautes lors du processus d'achat. Le but étant d'identifier si ces derniers se montrent satisfaits ou pas de la gamme de produits proposés et de la simplicité du service proposé par le site. L'utilisation du système dans le domaine de la sécurité, notamment de la vidéosurveillance, est plus délicate. "Il est difficile de se représenter des cas d'utilisation de cette technologie seule", explique à L'Atelier Paul Welti, responsable de programmes Europe chez Sagem Sécurité.

Améliorer les systèmes de vidéosurveillance

Couplé à des solutions de reconnaissance faciale, l'algorithme pourrait cependant permettre d'améliorer les performances de ces dernières, "en donnant la possibilité de ne pas prendre en compte les images avec des expressions ou des grimaces trop importantes", ajoute Paul Welti. Les déclinaisons les plus intéressantes en matière de sécurité se trouvant plutôt au niveau de la protection des personnes : "le système pourrait permettre de détecter des attitudes dangereuses pour des conducteurs, comme l'endormissement ou la distraction", conclut-il. Dernière application en vue, réservée aux amateurs de jeux et d'environnements virtuels : la création d'avatars capables de reproduire en temps réel l'expression de leur propriétaire.
Mathilde Cristiani
Antigone
 

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 01 Fév 2010, 18:57

http://www.slate.fr/story/16085/des-canons-vomi-pour-eloigner-les-pirates-paparazzi-golfe-aden-monaco-people

Des Ecossais spécialisés dans la sécurité maritime ont développé une arme redoutable pour tenir les pirates du golfe d'Aden à distance: un rayon laser qui fait vomir ceux qu'il atteint. La société ProForm explique qu'il poussera les pirates à abandonner leur assaut et à chercher des proies plus faciles. Selon eux, il pourrait également servir à protéger des installations sensibles comme les aéroports, les centrales nucléaires... Autre application possible, expliquent ses concepteurs, ce rayon pourrait agir comme répulsif à paparazzi pour yachts de milliardaires. Proform vient d'ailleurs d'ouvrir un bureau à Monaco.

D'après le Scotsman, ProForm s'est associé avec la société Arctic Photonics pour former Lasersec, qui a développé le produit. Comment fonctionne-t-il? Leur pistolet utilise en fait trois rayons laser de longueur d'onde différentes — rouge, bleu et vert — qui ne peuvent être filtrés sans des verres protecteurs spéciaux. Il affecte la vision de ses victimes, les rendant «nauséeux et désorientés». Ses concepteurs vantent une portée de 4 km, mais l'efficacité est plus grande à moins d'un kilomètre et demi. Le redoutable «jouet» coûte 55.000 livres (63.000 euros). La société prévoit de l'améliorer en lui ajoutant une caméra infrarouge détectant les intrus.

ProForm Marine, dirigée par des ex-membres des commandos de la Marine Royale et de la police, a déjà livré son SeaLase à un bateau de 500 pieds qui doit traverser le golfe le mois prochain. L'entreprise a expliqué travailler «en étroite collaboration avec des propriétaires de yacht et des armateurs», et précise qu'elle peut fournir une équipe d'anciens commandos pour assurer une sécurité 24h sur 24h.

L'arme n'est pas sans rappeler des rayons à vomi actuellement développés par le Département de la sécurité du territoire américain et la Marine. Mais le Lasersec serait «le seul système de défense laser spécifiquement conçu pour le secteur commercial», et se veut une alternative à la protection militaire. «De plus en plus, la solution pour protéger les intérêts commerciaux est l'utilisation d'escortes militaires, ce qui a inévitablement contribué à augmenter les coûts du transport maritime et des biens livrés, comme par exemple l'aide alimentaire.»

Le dispositif serait légal dans le monde entier d'après ses créateurs, et a été sélectionné pour le «John Logie Baird Award» qui récompense des innovations. Présentée comme une nouvelle arme non létale, comme le Taser, la question de son impact sur la santé n'a pas été évoquée par ces articles.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 07 Fév 2010, 02:07

Neuropolice ! Tes papiers !

2010 FÉVRIER 1
mots-clés : écoutes, big brother, domination, manipulation, police
by numerolambda

Le comportement humain parait insondable et pourtant, la course au détecteur miracle fait toujours fureur. Le sous-ministre aux transports Dominique Bussereau,relayé comme il se doit par Le Figaro, rêve d’envoyer des patrouilles de profilage criminel dans les aéroports pour repérer les futurs terroristes. Conscient sans doute que l’arrivée des nouveaux scanners n’est pas pour demain, le ministre a donc trouvé autre chose pour occuper le terrain: «Il y a certainement une meilleure analyse comportementale des gens à avoir». Un cadre d’Air France est plus précis: «Il faudrait faire du profiling en amont, dans les files d’attente, plutôt que de faire remplir les mêmes questionnaires à tout le monde. Il faut aussi renforcer les contrôles sur le personnel de sûreté.»Problème: ce profilage va sans doute encourager le contrôle au faciès. Ah, pas terrible comme effet second. Alors imaginez l’intérêt d’une machine qui détecterait automatiquement les personnes « à risques »?

Image
Affiche d'une conférence sur le cerveau (Genève, 2009)

Lire la pensée à distance n’est pas qu’un beau sujet de thriller. C’est une discipline de recherche totalement assumée, aux frontières entre l’imagerie cérébrale et les sciences cognitives. La biopolice de Foucault, dépassée. Vive la neuropolice. Pour vous servir.

Le groupe PMO a déjà balisé le terrain dans son ouvrage Pancraticon (2007). Il évoquait des recherches de la NASA, visant à«sonder l’esprit des passagers dans les aéroports pour repérer d’éventuels terroristes».

«La technique ? Un dispositif d’électro-encéphalographie (EEG) et d’électrocardiographie capable d’enregistrer à distance les signaux électriques émis par le cœur et le cerveau. L’agence spatiale aurait même proposé à la compagnie North West Airlines de tester la fiabilité de cet appareil conçu pour réagir à une nervosité excessive d’un sujet trahi par ses organes. Une excitation physiologique révélatrice, selon la NASA, de « coupables pensées » ».

Un laboratoire du CNRS, le LENA, jouait à l’époque les chefs de file en France. Aujourd’hui une vingtaine d’équipes se sont réunies au sein du projet Cogimage, et sa mission est toujours d’intégrer les «neurosciences cognitives, cliniques, intégratives et l’imagerie cérébrale». Un chercheur du LENA rêvait tout haut en 2002, dans Sciences et Vie: «Aucune de ces capacités prodigieuses ne semble définitivement hors de notre portée. Elles renvoient à notre aptitude à accéder aux informations contenues dans le cerveau.»

Aujourd’hui motivée par la recherche de remèdes à la maladie d’Alzeimer, cette discipline a aussi pour objectif d’estimer la probabilité d’un passage à l’acte sur la foi d’un examen fouillé des ondes cérébrales. Les détecteurs de mensonges c’est bien, mais les détecteurs de « mal-pensants », c’est mieux. Plus récemment, PMO nous a mis sur la piste de cette dépêche de CNN.com (17/12/09 — Haaretz en parlait en mai 2008), qui fait la promo déguisée de deux start-up israéliennes spécialisées dans le reniflage des intentions et des émotions humaines.


Little Fuzzy, un roman de 1962 (en ligne en VO)

Tout cela rappelle les délires prédictifs de la nouvelle de K. Dick,Minority Report. Mais le Teheran Times (sic) du 30 janvierdonne une autre référence: Little Fuzzy, un roman de SF de 1962, signé H. Beam Piper, qui met en scène le veridicator, un casque conique bourré d’électrodes capable de révèler les pensées.

Fane turned to Mallin. “Now.” He wasn’t bothering with vocal tricks any more. “Are you going to tell me the truth, or am I going to run you in and put a veridicator on you? (…)
Where are those Fuzzies?” He wondered briefly how a polyencephalographic veridicator would react to some of those statements; might be a good idea if Max Fane found out.

La technologie de WeCU Technologies (prononcer « We See You », charmant) permet de mesurer les réactions corporelles (pouls, respiration, température du corps) d’une personne confrontée à une image ou un message subliminal. Oui, de l’image subliminale: par exemple, suggère l’article, pour afficher les mots « guerre sainte » en arabe ou la photo d’Oussama Ben Laden… De tels messages pourraient être diffusées sur les panneaux ou écrans d’informations qui pullulent dans les aéroports. L’idée est donc de placer les voyageurs, sans leur consentement bien sûr, en situation de cobayes humains: on stimule ne foule entière, en espérant détecter les « ondes négatives » de cerveaux particuliers.

La même compagnie va plus loin en imaginant un détecteur de «démarche suspecte». Un couloir ou un tapis analysera les pas d’une personne, et en déduira si cette démarche présente un danger potentiel. Des système biométrique basés sur la démarche, sorte de « signature pédestre ». Dans le même genre, WeCU a aussi en stock le «siège intelligent», qui serait capable d’analyser la position assise d’un individu et de tirer la sonnette d’alarme en cas de bougeotte trop prononcée.

Pour mieux vendre leurs produits miracles, les fabricants mettent l’accent sur leur conformitépolitically correct: ces tests sont soi-disant anti-discrimination! «Le repérage sélectif des comportements est plus honnête (fair), plus efficace et plus rentable» que les contrôles humains.

Une autre start-up prometteuse citée par CNN: Nemesysco, cherche à capter les émotions — pas encore la « pensée », même si c’est dans le discours marketing — en analysant la voix, la signature vocale. L’important n’est pas ce que l’on dit, mais comment on le dit. L’idée est de trier les menaces en plusieurs niveaux de risque (« high risk, » « medium risk, » « excited », « highly stressed »). Testé à l’aéroport Domodedovo de Moscou, le détecteur de voix rebelles a servi aussi dans des affaires de fraude à l’assurance, mais aussi comme gadget dans un jeu de téléréalité, le « Loft Story » australien, qui se nomme là-bas plus simplement « Big Brother ».

En 2002, poursuit PMO, Science et Vie parlait déjà de mesurer les «empreintes cérébrales» (brain fingerprinting). «A l’inverse d’un détecteur de mensonges classique, le suspect n’a pas besoin de répondre à des questions. Il suffit aux investigateurs de mesurer par EEG l’activité électrique de son cerveau pendant qu’on lui fait écouter une série de mots. Si certains de ces mots stimulent son esprit ; éveillent en lui un écho, plusieurs pics de reconnaissance se distinguent sur son encéphalogramme. L’un d’eux est connu par ailleurs sous le nom de P300. Ces signaux trahiraient des « connaissances coupables » ».

Toutes ces inventions, convenons-en, resteront dans la plupart des cas à l’état de vaporware, de la branlette scientifique sans lendemain. Cela fait des années que la vidéo-surveillance prétend reposer sur des systèmes « experts » de « détection des comportements suspects », sans qu’un seul exemple probant ne soit avancé. Mais la vocation de ces recherches n’est pas vraiment qu’elles aboutissent absolument, c’est aussi de placer la population à en état d’auto-vigilance permanent, à l’habituer à devoir se méfier de ses propres «pensées coupables». La présomption d’innocence ne sera alors plus qu’un vieux souvenir.



Nous sommes sauvés: le Sénat s’est penché un peu sur la question en mars 2008 (rapport .pdf) en organisant des auditions sur le thème «Exploration du cerveau, neurosciences : avancées scientifiques et enjeux éthiques».
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 07 Fév 2010, 12:11

Les «grandes oreilles» amplifient les écoutes par Christophe Cornevin

28/07/2009 | Mise à jour : 10:43 | Commentaires 70 | Ajouter à ma sélection

EXCLUSIF - Alors que les écoutes téléphoniques et interceptions de mails se multiplient, des microsatellites espions tournent en orbite pour les services secrets. La France tente de combler son retard.

Une étude très fouillée tord le cou à l'idée répandue selon laquelle la France serait en proie à un totalitarisme orwellien. Publiée cette année par Claudine Guerrier, enseignante et chercheuse à Télécom et École de management Sud-Paris, elle démontre que les écoutes téléphoniques pratiquées à la demande d'un magistrat sont moins courantes que dans nos pays voisins. Le document, rédigé sur 133 pages, révèle que, selon le ministère de la Justice, «la France est l'un des pays européens qui pratique le moins d'interceptions judiciaires : quinze fois moins que l'Italie, douze fois moins que les Pays-Bas et trois fois moins qu'en Allemagne». L'auteur rappelle qu'«il y a environ 20 000 écoutes téléphoniques judiciaires par an, qui présentent 30 % des interceptions globales» . Les 70 % du reste des demandes portent sur des échanges liés à Internet.

497 euros l'interception
Si la France n'est pas en pointe en matière d'écoutes, les magistrats, et en particulier les juges d'instruction, ont mis les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu. Ainsi, selon les derniers chiffres rendus publics, le nombre des interceptions judiciaires a explosé de plus de 440 % en sept ans, passant de 5 845 en 2001 à 26 000 en 2008 ! De quoi grever le budget de la Chancellerie, sachant que les opérateurs et leurs prestataires critiqués pour leur gourmandise facturent 497 euros hors taxes chaque interception sur une ligne fixe. Le coût du traitement d'un appel sur un téléphone mobile a été limité à 88 euros hors taxes.

Aujourd'hui encore, ces interceptions judiciaires sont pratiquées à travers quelque 200 microcentres dans des locaux de police et gendarmerie disséminés à travers la France. Leur centralisation au sein d'une inédite plate-forme unique, montant en puissance dans un lieu tenu secret en région parisienne, pourrait dégager 45 millions d'économie.

À l'augmentation exponentielle des écoutes demandées par les magistrats, «il convient d'ajouter, note Claudine Guerrier, les 5 906 interceptions administratives » effectuées en 2008. Ces dernières, aussi appelées interceptions de «sécurité», sont pratiquées à la demande même des services spécialisés d'investigation et de renseignements, tels que la DGSE, la DCRI (contre-espionnage) ou encore la Direction nationale de recherches des enquêtes douanières (DNRED). Leur objectif vise à détecter toute atteinte à la sécurité nationale, à prévenir les visées terroristes ou certaines affaires d'intelligence économique. Pour ce faire, une trentaine de techniciens du Groupement interministériel de contrôle (GIC), organisme dépendant du premier ministre, s'activent dans les sous-sols des Invalides. Là encore, dans la plus grande confidentialité.

Exhaustive, l'étude montre par ailleurs que les services secrets ont mis aussi les bouchées doubles pour intercepter à des centaines de kilomètres d'altitude des échanges de mails, de télécopies mais aussi des conversations téléphoniques depuis des postes fixes ou mobiles.

«Frenchelon»
Dès 1995 et 1999, des microsatellites espions, surnommés «Cerise» et «Clémentine», ont été discrètement mis en orbite pour informer les « grandes oreilles » du ministère de la Défense. Véritables « mouchards » de l'espace, ils ont fait figure de pionniers dans le nouveau paysage du réseau d'interception français, fondé sur des requêtes très ciblées. Le système a été complété dès 2004 par le programme Essaim regroupant quatre autres engins de 120 kg, susceptibles de capter des données sensibles sur des bandes de territoire de 5 000 kilomètres de large. Cet univers secret est surnommé avec ironie «Frenchelon» par les Anglo-Saxons, en référence au tentaculaire réseau d'écoute américain Échelon de la National Security Agency (NSA), retranché à Fort George G. Meade, dans le Maryland.

«Menace pour la vie privée»
Selon Claudine Guerrier, deux entités, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et la Direction du renseignement militaire (DRM), sont à la manœuvre. Notamment grâce à ses bases d'interceptions techniques déployées à Alluets-Feucherolles (Yvelines), Domme (Dordogne), Mutzig (Bas-Rhin), Solenraza (Corse-du-Sud), sur le plateau d'Albion ou encore la base aéronavale de Tontouta, en Nouvelle-Calédonie. «Censé servir à collecter des informations pour la Défense nationale, afin de prévenir les conflits, lutter contre le terrorisme et la prolifération des armes nucléaires, ce réseau est soupçonné d'espionnage économique», assure Claudine Guerrier. Soulignant que ces interceptions ne font l'objet d'aucun contrôle émanant d'organisme indépendant, l'étude évoque une «menace pour la vie privée».
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 12 Fév 2010, 19:45

Le site Article 11 a fait paraître une suite de quatre articles de Juliette Volcler sur le thème des armes soniques nouvelles venues dans l'arsenal repressif "non- létal"
http://www.article11.info/spip/spip.php?article676
http://www.article11.info/spip/spip.php?article678
http://www.article11.info/spip/spip.php?article677
http://www.article11.info/spip/spip.php?article680

Chaque jour, un Britannique est filmé 300 fois en moyenne
LE MONDE | 12.11.09 | 13h29 • Mis à jour le 12.11.09 | 14h42 Londres Correspondante

Les caméras de surveillance ont envahi la Grande-Bretagne depuis quinze ans.
Aucun autre pays au monde n'en compte autant. Selon une estimation réalisée, il y a sept ans, à partir d'un comptage du nombre de caméras placées dans deux rues londoniennes, il y en aurait 4,2 millions sur l'ensemble du Royaume-Uni, soit une pour 14 habitants. En moyenne, chaque jour, un Britannique est filmé 300 fois.

Les premières installations remontent aux années 1970, quand des banques ont souhaité se protéger des cambrioleurs. Très vite, certaines communes ont mis des CCTV (Closed Circuit Television) dans leurs rues. Mais il a fallu attendre un rapport du gouvernement en 1994 pour que le système se généralise.
Aujourd'hui, elles sont partout. Dans le métro, dans les rues, dans les centres commerciaux, dans les HLM mais aussi dans les épiceries de quartier, devant les écoles ou à Westminster. Depuis peu, on en voit même dans certains pubs.

Il n'y a rien de plus simple que d'installer une CCTV, la réglementation est minimaliste. Les entreprises ou les communes doivent avertir le quidam qu'il est filmé. Et veiller à ce que leurs cassettes soient entreposées dans un lieu où elles ne peuvent être visionnées par un tiers, si ce n'est par la police, si nécessaire. Il n'y a aucune durée légale de conservation des films. Ils ne doivent "pas être conservés plus longtemps que nécessaire", précise juste le commissariat à l'information, autorité indépendante, assez proche de la CNIL française. Quant aux particuliers qui veulent protéger leur maison, ils échappent à toute contrainte.

Certaines voix dénoncent l'avènement d'une "société de surveillance", à l'image d'un groupe de travail de la Chambre des Lords en mai. Ou de Richard Thomas, le commissaire à l'information. Mais l'opinion publique est largement favorable aux CCTV. Pourtant, leur efficacité dans la lutte contre la criminalité n'est à ce jour pas prouvée, même si la police rappelle régulièrement qu'elles ont été utiles dans les enquêtes sur les attentats terroristes de juillet 2005 ou sur le meurtre par empoisonnement de l'ancien espion russe, Alexander Litvinenko, en 2006.

Ainsi, en septembre, Scotland Yard a reconnu qu'en 2008, à Londres, environ un million de caméras n'ont aidé à résoudre que moins de 1 000 délits. Chaque mois, les CCTV de la capitale aident, en moyenne, à arrêter 8 voleurs sur un total de 269, ce chiffre étant la seule statistique disponible. En mai, une autre étude commandée par le ministère de l'intérieur concluait qu'elles s'avèrent efficaces dans les parkings. Surtout si ceux-ci sont bien éclairés et surveillés par des gardes. Pour le reste, les 500 millions de livres dépensées par les autorités publiques entre 1996 et 2006 pour installer des CCTV n'ont pas servi à grand-chose.

Faire "sortir les policiers"

Depuis dix ans, les trois quarts du budget du ministère de l'intérieur consacré à la prévention de la criminalité vont aux CCTV. Ne vaudrait-il pas mieux faire "sortir des policiers de derrière leurs bureaux et les mettre dans la rue ?", suggère Chris Gayling, ministre de l'intérieur du cabinet fantôme de David Cameron, le leader des tories.

En réalité, il est impossible d'évaluer l'efficacité des CCTV, notamment parce qu'elles ne fonctionnent pas toujours et qu'elles offrent souvent une image de mauvaise qualité. En 2007, la police avait fait savoir que 80 % des films qu'elle visionnait étaient difficilement exploitables. Voilà pourquoi, en mars, les policiers britanniques ont été chargés d'une nouvelle mission : compter le nombre de CCTV et évaluer leur état de marche... Virginie Malingre

Article paru dans l'édition du 13.11.09.


Environ 60 caméras par arrondissement à Paris

Mis au point par la préfecture de police, le plan de 1 226 caméras de vidéosurveillance à Paris, qui seront installées en 2010, prévoit de couvrir
la totalité du territoire de la capitale, soit une moyenne de 60 caméras par arrondissement. Chaque arrondissement aura son réseau : le plus petit, 25 caméras, concerne le 12e, le plus grand, 93 caméras, le 18e. Ce dispositif s'ajoute aux caméras de voie publique (120), aux caméras mobiles embarquées de la préfecture de police (120), aux caméras appartenant à la Ville de Paris (206), aux caméras dans les transports (9 500, RATP et SNCF) et à celles du Parc des Princes (114).
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 13 Fév 2010, 10:23

Loppsi : des fichiers informatiques contre la petite et la moyenne délinquance
LEMONDE.FR | 11.02.10 | 21h10

Les députés ont adopté jeudi après-midi les articles 10 et 11 du projet de loi sur la sécurité intérieure (Loppsi), relatifs aux données personnelles conservées dans les fichiers informatiques des enquêteurs (comme le STIC, fichiers de la police nationale ; Judex, fichiers de la gendarmerie, etc.). La Loppsi ouvre ainsi la voie à de nouvelles procédures concernant la création, l'accès et le recoupement des informations récoltées dans les nombreuses bases de données utilisées par la police et la gendarmerie.


La loi Loppsi prévoit d'étendre l'utilisation de fichiers informatiques pour lutter contre la petite et la moyenne délinquance. Le fichage concernera désormais toute personne citée dans "des enquêtes ou des investigations exécutées sur commission rogatoire et concernant tout crime ou délit, ainsi que les contraventions de la cinquième classe sanctionnant a) un trouble à la sécurité ou à la tranquillité publiques b) une atteinte aux personnes, aux biens ou à l’autorité de l’Etat".

50 % DE TAUX D'ÉLUCIDATION DES PETITS DÉLITS D'ICI À 2013

Eric Ciotti, rapporteur de la loi, a clairement défini en séance le but de ces nouvelles procédures informatiques. "Les faits les moins élucidés sont les faits les moins graves. Le taux d'élucidation des affaires est de 12,5 % pour la délinquance de proximité, 14 % pour les cambriolages, 15 % pour les vols. Notre objectif est d'arriver à 50 % en 2013." Raison pour laquelle il faut, selon lui, "conserver le plus de noms possibles dans les fichiers" et "étendre les domaines qu'ils concernent" afin d'avoir une liste complète des délits commis par la même personne, et faciliter son interpellation.

Le rapporteur s'est en cela opposé à Delphine Batho (député PS) et Patric Braouzec (communiste), qui préconisaient la disparition ou la limitation de l'apparition, dans les fichiers actuels, des témoins et des victimes innocentées.

LOGICIELS ET FICHIERS D'ANALYSES SÉRIELLES

Toujours pour lutter contre la petite et la moyenne délinquance, les fichiers d'analyses sérielles de la police et de la gendarmerie (respectivement Salvac et Anacrim) sont étendus à toutes les "infractions punies d’au moins cinq ans d’emprisonnement". Ces fichiers collectaient tous types d'informations jugées utiles par les enquêteurs (identité, faits, témoignages... recueillis pour des "raisons sérieuses") afin d'élucider des crimes perpétrés en série et/ou avec violence.

Désormais, ils peuvent être utilisés pour des cas de "petite et moyenne délinquance de masse", comme le formule la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). Pourront apparaître dans ces fichiers les vols avec récidive, ou encore les vols commis envers les personnes vulnérables, dont les condamnations doivent passer de cinq à sept ans de prison ainsi que le prévoit un amendement de la Loppsi déposé par Brice Hortefeux.

Le texte encadre également la création de logiciels de type Périclès qui doivent recouper les informations de toutes les bases de données d'enquêtes disponibles (il en existe une cinquantaine). Ces logiciels ne pourront être créés que sur décrets du Conseil d'Etat, qui détermineront la durée pendant laquelle les logiciels conserveront ces données, prévues "anonymes".

La députée PS Delphine Batho a cependant prévenu l'Hémicycle que cet anonymat n'était que "théorique", puisque les logiciels croiseront des sommes de données de provenance et de nature très diverses, selon le fichier dont elles proviennent. Elles établiront au bout du compte le portrait complet de la personne concernée par l'enquête.

MODIFIER LES INFORMATIONS DANS LES FICHIERS POLICIERS

L'article 10 introduit dans la loi la possibilité d'effacer les informations nominatives inscrites dans les bases de données d'enquête : "En cas de décision de relaxe ou d’acquittement devenue définitive, les données personnelles concernant les personnes mises en cause sont effacées, sauf si le procureur de la République en prescrit le maintien pour des raisons liées à la finalité du fichier." Le procureur peut également effacer, compléter ou rectifier ces informations en cas de "requalification judiciaire" : chaque citoyen concerné pourra demander au magistrat la rectification des données enregistrées dans les fichiers policiers.

En revanche, l'opposition n'a pas réussi à étendre ces droits de modification et d'effacement des données en cas de "décisions de non-lieu", d'une "insuffisance de charges" ou d'un "classement sans suite" d'une affaire. Seule une mention apparaîtra dans les fichiers existants. Brice Hortefeux et Eric Ciotti ont justifié ce maintien pour ne pas se priver d'informations potentiellement utiles pour d'autres enquêtes.

Delphine Batho a également défendu des amendements prévoyant "un traitement en temps réel des fichiers" pour les "situations d'urgence". Par exemple, des recherches d'emploi rendues difficiles lorsque le nom du chômeur apparaît dans les bases de données policières, sans qu'il soit pour autant coupable d'un délit. La députée s'est appuyée sur les rapports de la CNIL, qui avait constaté en 2009 un grand nombre d'erreurs dans le STIC. Ses amendements ont tous été rejetés.

Michaël Szadkowski
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 14 Fév 2010, 17:52

[CES Las Vegas 2010]Avec Protector, Taser va s’occuper de vos enfants

Vous connaissiez Taser pour sa jolie gamme de pistolets à eau pour shérifs un peu zélés, dont les meilleures gâchettes sont devenues de vraies centrales électriques ambulantes, distribuant le courant gratuitement sur simple demande.

On en apprend de belles au CES de Las Vegas, ou Taser tient boutique sur un grand stand très high tech : la marque, connue pour ses produits spécialisée dans la sécurité des personnes (et des flics) et la neutralisation sans risque des méchants, fait aussi dans le… logiciel.

Et pas n’importe-quel logiciel puisqu’il s’agit d’une application iPhone plutôt sophistiquée qui a pour vocation d’aider les parents à protéger leurs enfants des dangers que peut représenter leur téléphone mobile.

L’idée de Protector repose sur un fondement simple : vous donnez un mobile à votre ado pour plus de tranquillité d’esprit, faites en sorte qu’il ne constitue pas un souci supplémentaire.

Protector est constitué de deux applications qui qui prétendent apporter une réponse aux deux principaux dangers qui guettent les ados équipés de mobiles : les mauvaises rencontres et les accidents de voiture.

Loup y es-tu ? Qu’entends-tu ?

La première application, Mobile Protector, permet aux parents de prendre complètement le contrôle à distance sur le mobile de leur progéniture afin d’exercer une surveillance (ou un « monitoring ») sur tout ce qui passe par leur téléphone : les parents pourront ainsi écouter et enregistrer les conversations, bloquer ou restreindre les appels à une liste prédéfinie de correspondants, mais également prendre la main sur un appel douteux en répondant à la place de l’enfant, sans compter l’incontournable fonction de géolocalisation qui permet de suivre ses morveux à la trace en temps réel. Ajoutez à cela un ensemble d’outils qui permettent d’identifier la nature des messages écrits à partir d’une analyse des mots-clés contenus dans ceux-ci, et vous avez les relations téléphoniques nettoyées au Kärcher.

Conduite assistée par application

La deuxième application, Driver Protector, visiblement moins intrusive, vise à apporter davantage de sécurité à l’ado au volant, en évitant notamment ce qui semble être devenu un véritable fléau aux USA : les accidents de voiture causés par des personnes qui envoient des messages écrits en conduisant. Les accidents de circulation constituant la première cause de mortalité chez les teenagers américains, Taser propose aux parents de contrôler et restreindre leur usage du mobile en bagnole, avec là encore des outils qui vont quand même assez loin dans le flicage : fonctionnalités du mobile réduites pendant le temps estimé de trajet (programmable), monitoring de l’activité de conduite, localisation par GPS, et, fin du fin pour faire flipper encore un peu plus les parents, envoi d’une alerte (aux parents est aux autorités) quand un airbag se déploie (!) Bonjour l’angoisse en cas de fausse alerte.



Du point de vue technique, si l’application semble facile d’usage pour sa partie monitoring à installer sur l’iPhone, elle ne fonctionnera qu’avec un nombre probablement assez limité de mobiles, et nécessitera le cas échéant l’intervention d’un installateur, et l’ajout d’un module GPS pour la géolocalisation si le mobile à surveiller n’en n’est pas doté.

Pédagogie ou flicage ?

La brochure est bien faite, juste caricaturale et sécuritaire comme il faut pour bien foutre la trouille aux parents (et faire rire les ados, mais là je ne crois pas que ce soit voulu), et si on ne pourra jamais reprocher à des parents de se faire un sang d’encre pour leurs enfants, je ne suis pas certain que leur imposer de tels outils « pédagogiques » (c’est écrit dans la brochure) soit la meilleure façon d’instaurer un climat de confiance ou de les responsabiliser. Bref,certains trouveront ça génial, d’autres abominable.

Et puis j’imagine déjà les plus geeks des ados se faire un malin plaisir à détourner et cracker le système. Pour emmerder leurs vieux, et accessoirement, pour emmerder Taser.

L’application Protector, encore en beta privée, sera disponible courant 2010 pour le marché américain, rien n’étant précisé pour le reste du monde.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 15 Fév 2010, 23:00

Anfass: une organisation de renseignements vous tient à l'oeil

«Devant l'augmentation de la délinquance (...), devant les risques (...) de terrorisme, l'Association Fraternelle des Anciens des Services de Sécurité (Anfass)» a créé une réserve citoyenne.

Voilà un an et demi que s'est créée l'Anfass, rassemblant des personnes de nationalité française dont «la mission est de participer à la défense, à la sécurité et à la justice de la France». Avec au premier rang de ses préoccupations la délinquance et le «terrorisme d'Al Caida (sic) et de l'ETA».

La plupart des personnes qui sont membre de l'Anfass sont des anciens combattants, des anciens militaires des services spéciaux, des
renseignements, des policiers, des magistrats... Bref des gens du métier.
Cela dit, quiconque peut postuler mais devra tout de même montrer «patte blanche». En effet, une enquête sera menée et un casier judiciaire vierge sera demandé.

Avec son siège social situé à Limoges, l'Anfass a pour ambition d'ouvrir une délégation dans chaque département. A l'heure actuelle, plus d'un tiers existe dont une délégation située à Urt.L'association tient tout de même à préciser qu'elle ne met pas en place une milice «car nous ne sommes pas armés» selon Mme Tarraso membre del'association. Il s'agit d'un réseau d'information, basé sur l'observation. Les personnes adhérentes «participent à la défense de la Nation, à la prévention des conflits et à la protection de la population».

Chaque délégué départemental est la personne vers laquelle sont rapatriées les informations et elle est la seule habilitée à entrer en contact avec les Services Officiels (gendarmerie, police, RG...). Le délégué est aussi entouré d'avocats, magistrats et autres conseillers.

L'Anfass se veut «une des réponses au problème de la délinquance», qui fait appel à l'esprit civique. L'association se pose dans un «rôle préventif «, en s'appuyant sur «la vigilance».

Si elle se développe, peut-être aurez-vous la chance d'être «sauvé» par un voisin de l'Anfass...

Sébastien SOUMAGNAS

Le Journal du Pays Basque - 13/02/2010
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Re: Veille des outils de répression

Messagede vdc » 17 Fév 2010, 00:40

La réserve civile de la sarkopol : http://www.nosdeputes.fr/loi/2271/article/37-quater
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