Deux textes interessants :
Par AC, Agir contre le Chomage, Champagne-Ardennes ;
"Quand la fraude devient légitime"
Dans une logique électoraliste et de division du monde du travail, les plus nécessiteux sont stigmatisés en les faisant passer pour des présumés fraudeurs. Ce qui est nouveau, c’est que les salariès, fonctionnaires ou pas, se voient pointer du doigt.
En y mettant les formes, le député des Bouches du Rhône, Dominique Tian, dans un très récent rapport, écrit que la fraude aux prestations et cotisations sociales s’éléverait à 20 milliards d’euros pour le moins. Ce qui correspondrait, par ailleurs, au déficit de la sécurité sociale. Il y a ici manifestement un amalgame.
La fraude, quelque millions d’euros en 2010, est marginale. La CNAF est précise sur ce point.
Comme tout un chacun peut le constater tout augmente : les prix, le déficit extérieur, les chiffres du chômage, la pauvreté, les profits. Là est peut-être la raison, mais quand même...
Ce député est coutumier du fait. En 2006, il avançait des chiffres farfelus concernant la fraude à l’assurance chômage. Chiffres aussitôt contestés par l’UNEDIC elle même. Ce député serait plus avisé de se poser cette question : A quoi servent les 90 millions d’euros dépensés par le gouvernement français dans la guerre en Libye depuis 3 mois. Ce député serait plus avisé, préoccupé qu’il est par "les affaires sociales", de savoir comment une personne, une famille peut vivre avec des minima sociaux inacceptables.
De rappeler la déclaration universelle des droits l’homme de 1948, article 25 : « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ».
Oui, monsieur le député, les membres de la majorité et du gouvernement, comme le formule autrement Stéphane Hessel, il nous appartient de nous indigner et de désobéir face à l’injustice, même si telle est la loi.
La solution est simple. Il suffit de garantir un revenu individuel pour toutes et tous, quelle que soit la situation et sans contrepartie, égal au SMIC. Augmenter les salaires - Repartir le travail. La société tout entière y gagnera !
AC ! Champ-Ard.
CNT :
Fraude sociale : commencer par s’en prendre aux vrais bandits !
La droite aime à taper sur les pauvres irrespectueux qui détournent les prestations sociales patiemment amassées par les honnêtes travailleurs. Et Sarkozy et ses acolytes ne manquent jamais une occasion de s’en prendre régulièrement aux « méchants pauvres profiteurs » dont toute une partie vivrait grassement de la fraude sociale. Cette chasse aux pauvres a encore trouvé écho avec les déclarations de Laurent Wauquiez qui promettait d’enfin mettre au boulot ces profiteurs de RSAstes en faisant travailler gratuitement des personnes en recherche d’emploi.
Cette innovation de la droite aurait permis d’instaurer une obligation de travail qui ne soit pas lié à un salaire horaire, ni à aucun contrat de travail. A défaut d’invention, c’était un vrai recyclage du STO ou même de son ancêtre, l’esclavage…
Si la fraude aux prestations sociales existe et représente, d’après différents rapports, un peu moins de 500 millions d’euros annuels, un groupe de travail de députés vient de nous apprendre qu’il en existe une toute aussi illégale qui représente 40 fois plus : la fraude organisée par le patronat. Véritable fuite des fonds sociaux, on apprend avec stupéfaction que plus de 20 milliards d’euros disparaissent chaque année illégalement des cotisations sociales, siphonnés par des entreprises pratiquant le travail au noir.
Un chiffre qu’on ose à peine mettre en relation avec les 80 milliards de bénéfices nets du CAC 40 en 2010 et qu’il serait malvenu de mettre en lien avec les exonérations salariales déjà en place (plus de 26 milliards en 2009), ou avec le trou de la Sécu (22 milliards en 2009).
Face à cette situation, le gouvernement organise-t-il la traque aux plus gros tricheurs ? Non, et pourtant la politique gouvernementale va toujours en intensifiant la chasse aux pauvres. Dans ce contexte, le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, notamment pour les inspecteurs du travail prive l’administration de la possibilité de faire payer les vrais voyous. Des suppressions de postes qui ont trouvé début mai un tragique retentissement à travers le suicide d’un inspecteur du travail dans les locaux mêmes du ministère.
Devant ces tentatives populistes de diviser les travailleurs entre chômeurs-voleurs et honnêtes détenteurs d’un emploi, la CNT rappelle que seule une véritable répartition égalitaire des richesses permettra de sortir de la crise créée par les détenteurs de la finance.
CNT - relations médias
