Contrats aidés, plus que la misère

Re: Contrats aidés, plus que la misère

Messagede bipbip » 11 Sep 2017, 10:25

Lancement d’une carto-crise sur les contrats aidés

Le gouvernement vient d’annoncer une baisse drastique des contrats aidés qui vont passer de 459 000 contrats signés en 2016 à 310 000 en 2017 avec des conséquences sociales et humaines dramatiques. Pour 2018, c’est pire encore, on parle de 200 000 contrats aidés seulement. Aujourd’hui 130 000 salarié.e.s associatifs sont en contrats aidés, leurs emplois sont tous menacés quand ils n’existent d’ores et déjà plus.

Ces contrats, financés en grande partie par l’Etat, permettent principalement à des associations et à des collectivités territoriales d’embaucher des personnes éloignées de l’emploi pour des missions d’intérêt général : animateur/animatrice socio-culturelle, coordinateur/coordinatrice d’association, formateur/formatrice, auxiliaires de vie scolaires auprès d’élèves en situation de handicap, secrétaire de Mairie, etc.

Bien que précaires et critiquables, ces contrats sont l’unique source de revenus de centaines de milliers de personnes et leurs disparitions vont avoir un impact considérable pour les personnes salarié.e.s dont bon nombre de salarié.e.s associatifs engagé.e.s, mais aussi pour tous les citoyens et citoyennes qui bénéficient indubitablement du travail de ces personnes. Le secteur associatif, les collectivités territoriales, les services publics ont besoin de financement pérenne et d’un emploi de qualité, ils sont le terreau de notre société et de sa vitalité.

La carte que nous proposons de remplir a toutes et tous a pour objectif de mesurer et de mettre en lumière l’ampleur de la perte que constitue cette annonce brutale.

Le lien vers la carte : http://www.syndicat-asso.fr/cartocrise/

https://www.solidaires.org/Lancement-d- ... rats-aides
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Re: Contrats aidés, plus que la misère

Messagede bipbip » 14 Sep 2017, 16:13

110 000 emplois d’intérêt public supprimés, les coûteuses exonérations aux grandes entreprises maintenues

Le ton monte contre la suppression de 110 000 emplois aidés. Leur disparition mettra en péril l’accueil périscolaire, l’accompagnement des personnes âgées et les activités proposées par les associations. Ces emplois subventionnés coûtent pourtant vingt fois moins cher que les exonérations accordées aux grandes entreprises sous prétexte de maintien et de création d’emplois dans le secteur marchand.

... https://www.bastamag.net/110-000-emploi ... ations-aux
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Re: Contrats aidés, plus que la misère

Messagede Pïérô » 17 Sep 2017, 01:47

Et voilà, on comprend mieux dans quel plan d'ensemble la suppression des CAE s'inscrit

Offensive libérale sur les associations

Grâce à des montages financiers « innovants », des fonds d’investissement entendent tirer profit des difficultés du secteur associatif, aggravées par la chute des contrats aidés.

C’est une crise existentielle que traverse le mouvement associatif. Déjà fragilisé par dix ans d’effritement des subventions publiques, il doit faire face désormais à la baisse brutale des contrats aidés, qui représentent un sixième de l’emploi du secteur (130 000 personnes). L’arrêt partiel de ces contrats durant l’été a déjà contraint beaucoup d’associations à renoncer à certaines activités.

Mais là n’est pas le seul motif d’inquiétude. Le gouvernement envisage pour 2018 une cure d’austérité jamais égalée (20 milliards d’euros d’économie), à laquelle les associations payeront un lourd tribut. À cela s’ajoutent la suppression des réserves parlementaires, qui profitaient aux petites associations, la baisse déjà annoncée des crédits pour la politique de la ville et la chute des dotations de l’État aux collectivités (13 milliards en cinq ans), alors qu’elles sont les premiers bailleurs des associations. Sans compter qu’en 2016, déjà, les subventions versées par les collectivités locales enregistraient une baisse moyenne de 6 %, selon le dernier rapport de l’Observatoire des finances locales.

Pour ne rien arranger, le poste de secrétaire d’État à la vie associative a disparu de l’organigramme du gouvernement, et, si Emmanuel Macron vante allégrement les bienfaits de l’économie sociale et solidaire, c’est avant tout pour louer sa frange « business », représentée par les « entreprises sociales ». C’est d’ailleurs sous le seul angle de l’efficacité en termes d’insertion professionnelle que le gouvernement a défendu la diminution des contrats aidés, omettant l’utilité sociale de ces dizaines de milliers de professionnels.

Pourtant, Emmanuel Macron a bien un projet pour le secteur associatif… mais c’est précisément ce qui inquiète les intéressés. Avec le désengagement progressif de l’État et le boom des délégations de service public depuis le début des années 2000, s’ouvrent des marchés potentiels énormes. Et l’heure est à l’offensive libérale sur le terrain associatif, qui représente entre 5 et 6 % de l’emploi salarié en France.

Depuis une dizaine d’années, sur des recommandations de Bruxelles suivies avec zèle par les gouvernements français successifs, les subventions directes aux associations s’effacent progressivement au profit des appels à projets et des appels d’offres. Une logique de mise en concurrence qui écarte les petites structures. « Cela demande d’être vraiment costaud, car les conditions des appels à projets sont très strictes », soupire Isabelle Boyer, coordinatrice du Collectif des associations citoyennes (CAC).

C’est tout le tissu des petites organisations locales et citoyennes qui subit une chute de ses ressources, au profit de grands groupes associatifs qui grossissent et fusionnent comme le feraient des firmes capitalistes, en absorbant leurs concurrentes plus petites. « C’est la prime aux plus grosses associations, qui sont dans une logique d’entreprise », observe Guillaume Chocteau, délégué général du site Ressources solidaires, portail de l’économie sociale et solidaire.

Avec ces géantes, c’est la pensée managériale qui colonise le secteur associatif, avec l’émergence de ce que certains appellent la « génération Macron », biberonnée à l’idéologie gestionnaire dans les écoles de commerce, qui n’a cure de l’ambition émancipatrice inscrite dans l’ADN de l’éducation populaire. « On se heurte culturellement à des murs. Ce sont des gens qui sont inaccessibles à tout ce qui se passe dans la société. Il y a un risque de destruction du lien social », estime Jean-Claude Boual, président du CAC.

« Nos réseaux connaissent peu à peu un changement sémantique. Nous sommes en train d’adopter un langage entrepreneurial, de singer une pratique dans laquelle il n’y a pas de place pour la pensée. Tout doit être “efficace”, mais de quelle efficacité parle-t-on ? », s’inquiète aussi Bérénice Dondeyne, coprésidente de l’Agence de développement et de promotion de l’économie solidaire en Midi-Pyrénées.

Depuis la loi de 2014 sur l’économie sociale et solidaire, les sociétés commerciales (ou « entrepreneurs sociaux ») sont reconnues comme partie intégrante du secteur. Effet immédiat : le nombre de ces entreprises labélisées « sociales et solidaires », quoique à but lucratif, a explosé en 2016 [1]. « Les associations d’aide à domicile, par exemple, sont désemparées. Elles sont désormais concurrencées par des enseignes privées, parfois cotées en Bourse, qui s’appuient sur des micro-entrepreneurs ou de très petites entreprises », explique Bérénice Dondeyne. Beaucoup de crèches et de -maisons pour personnes âgées, potentiellement rentables, attisent par exemple l’appétit de ces entreprises.

Depuis un an et demi, le secteur privé est également invité à financer directement l’action sociale. Copiant un montage financier imaginé au Royaume-Uni, la France a créé les « contrats à impact social » (social impact bonds, en anglais). Le principe en est simple : une entreprise ou un fonds -d’investissement finance un programme social. Des objectifs de « rationalisation » lui sont fixés par l’État, qui fait plancher pour l’occasion des cabinets de consultants comme KPMG, « cost killer » bien connu parmi les soldats du « lean management », la chasse au coût dans les entreprises. Si les objectifs sont atteints, l’État rembourse l’entreprise privée avec des intérêts pouvant grimper jusqu’à 15 %, selon le modèle anglais. L’opération reste donc lucrative pour « l’investisseur » – sauf dans l’hypothèse improbable où les objectifs ne seraient pas atteints – et coûteuse pour l’État, à l’image des partenariats public-privé dans la construction.

Le tout se fait au nom de la rationalité et de l’« innovation », qui causent des maux de tête aux acteurs du monde associatif. « Le public va forcément en pâtir, alerte Isabelle Boyer. Si une structure qui fait de l’insertion est soumise à des objectifs, elle va se mettre à trier les profils à l’entrée. » Le Haut Conseil à la vie associative et l’OCDE ont rendu des rapports très critiques sur ce qui s’apparente à une spéculation sur le social. Cela n’a pas empêché le lancement, en novembre 2016, d’une « expérimentation » ayant abouti à la signature de quatre contrats de ce type.

Ces derniers devraient rapidement faire des petits, grâce à des appuis haut placés. François Hollande et sa nouvelle fondation, La France s’engage, financée par Total, la BNP et Andros, se sont donné pour mission d’investir dans ce nouveau business. Emmanuel Macron, qui a œuvré en faveur de la légalisation du procédé lorsqu’il était ministre de -l’Économie, vient de nommer l’un des principaux lobbyistes de ces montages financiers au poste de haut-commissaire à l’Économie sociale et solidaire. Christophe Itier, directeur général de l’association Sauvegarde du Nord, a été le premier à signer un contrat avec la BNP, avec pour objectif de diminuer de 1 % le nombre de placements d’enfants en difficulté en famille d’accueil dans le département du Nord. Si les objectifs sont atteints, le conseil général remboursera les sommes investies, plus 6 % d’intérêts.

Tous ces mouvements induisent progressivement une segmentation du monde associatif. D’un côté, toutes les activités potentiellement lucratives sont abandonnées à la logique managériale et au secteur privé, au détriment de l’esprit de service public. « Le reste est laissé au caritatif, soupire Jean-Claude Boual. Mais la philanthropie ne remplacera jamais les subventions. Elle ne représente que 4 % du financement des associations, et les montants ne bougent pas. » Les donateurs sont de plus en plus sollicités, y compris par les universités, les hôpitaux et les collectivités locales, qui cherchent à faire face à leurs propres difficultés financières en sollicitant la générosité des citoyens. Dans le même temps, les besoins, eux, continuent de grandir sous l’effet du creusement des inégalités.

[1] Il a été multiplié par 2,8, pour atteindre le nombre de 236 sociétés commerciales en avril 2017, selon l’Insee.


https://www.politis.fr/articles/2017/09 ... ons-37557/
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Re: Contrats aidés, plus que la misère

Messagede bipbip » 27 Sep 2017, 13:27

Baisse des contrats aidés Partie 1 : À quoi servent-ils ?
Annoncée dès le début de l’été, la fin du financement par l’État des contrats aidés commence à se faire sentir. Plus de 470 000 personnes sont en ce moment employées par ces contrats aidés. Mais qui est réellement concerné ? Comment fonctionnent ces contrats aidés ? Et surtout qu’est-ce que cela veut dire concrètement pour le futur de ces travailleurs parmi les plus précaires ?


Baisse des contrats aidés Partie 2 : mouvement social ou Uberisation ?
Dès le début de l’été, les annonces gouvernementales se sont succédé sur le non-renouvellement des contrats aidés. L’excuse avancée est un budget précédent trop faible pour la politique de signatures réalisé par le précédent gouvernement. En effet, les contrats aidés ont toujours été utilisés par les gouvernements socialistes, à l’approche des élections pour faire baisser les chiffres du chômage (voir première partie). Même si le prétexte semble donc vrai, décider de ne pas effectuer une rallonge budgétaire pour permettre le renouvellement des contrats fait partie du plan d’austérité d’ampleur visant à faire 20 milliards d’euros d’économie par an.
... http://www.19h17.info/2017/09/18/baisse ... erisation/
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Re: Contrats aidés, plus que la misère

Messagede bipbip » 30 Sep 2017, 18:18

La réduction des contrats aidés, une vraie menace pour les radios libres
A la fin de l’été, le gouvernement a annoncé une réduction des contrats subventionnés, applicable dès le second semestre 2017. Les effets de cette décision se font déjà sentir sur les radios associatives, dont beaucoup basent leur fonctionnement sur ces emplois.
« Une ineptie », « sidérant », « inquiétant »… De Radio Nord Bretagne dans le pays de Morlaix à Radio Grenouille la Marseillaise, en passant par les stations indépendantes parisiennes, la réduction des contrats aidés n’était pas attendue, et fait l’effet d’une douche froide. Prise cette été, la décision du gouvernement touche de plein fouet le secteur associatif culturel – dont font partie ces radios, nées pour la plupart dans les années 1980.
... http://www.telerama.fr/radio/la-reducti ... 233166.php


Plan social à l’Éducation Nationale
Licenciement massif des personnels en contrat aidé dans les écoles, les lycées et les collèges
Aux emplois aidés s’ajoute le recrutement de plus en plus important de personnels sous un statut encore plus précaire que celui des CAE-CUI, les « Services Civiques » comme l’a annoncé M. Blanquer.
Les emplois aidés restants dans l’Éducation Nationale sont destinés, selon le gouvernement, à « assurer l’accompagnement des enfants handicapés ». En attendant, des milliers d’enfants, à chaque rentrée, attendent de pouvoir être aidés car l’administration n’y consacre pas les moyens nécessaires. Les collègues assistant les personnels chargés de direction, chargés des BCD dans les écoles primaires, affecté-e-s à la vie scolaire dans les établissements du second degré constatent sur tout le territoire que leur contrat de travail n’est pas renouvelé.
Il s’agit d’un vaste plan de licenciement qui ne dit pas son nom : des milliers de personnels, après avoir subi des conditions de travail déplorables (temps partiel subi, multiplicité des tâches, absence de reconnaissance, de formation et salaire au rabais) sont remerciés parce qu’un Président de la République estime qu’ils et elles coûtent trop cher. Ces personnels (AED, CUI-CAE, services civiques…) assurent pourtant des missions essentielles.
SUD éducation revendique le réemploi des personnels qui effectuent ces missions sous un statut de titulaire qui les protège, assure leur stabilité dans les équipes ainsi qu’un véritable droit à la formation.
http://www.sudeducation.org/Plan-social ... ation.html
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Re: Contrats aidés, plus que la misère

Messagede Lila » 01 Oct 2017, 17:25

Contrats aidés : "J'aidais des femmes en difficulté. J'ai perdu mon job"

Ghania, 57 ans, va perdre son emploi dans un mois à cause de la suspension de l'aide aux contrats aidés, décidée par le gouvernement d'Edouard Philippe. En baissant leur budget alloué de 41 %, des dizaines de milliers de contrats ne sont pas renouvelés. Pour Ghania, c'est retour à la case chômage avec peu de perspective d'avenir : "A mon âge c'est très difficile de trouver un emploi", explique la secrétaire. Quant à son association, qui s'occupe de l'intégration des femmes à Saint-Denis, c'est "la clef sous la porte, fin décembre" par manque d'effectifs. Voici son témoignage.

vidéo : http://tempsreel.nouvelobs.com/videos/r ... n-job.html
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Re: Contrats aidés, plus que la misère

Messagede bipbip » 30 Oct 2017, 20:25

Les grandes manœuvres antisociales de la Macronie

Des contrats vraiment pas aidés

Macron a raison, les CUI‐CAE, c’est bidon. Mais ce qui vient est bien pire. À commencer par la brutalité du méga‐plan social que suppose la suppression de dizaines de milliers de ces emplois « aidés ». « Si on était correctement subventionnées, on n’aurait pas eu besoin d’avoir recours à ces contrats de merde ! », s’emporte Sophie, responsable associative. Petite balade marseillaise dans un paysage dévasté par un ouragan pas tropical.

... http://cqfd-journal.org/Des-contrats-vraiment-pas-aides
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Re: Contrats aidés, plus que la misère

Messagede bipbip » 29 Nov 2017, 08:40

Fin des contrats aidés : après la précarité organisée, l’aberrante destruction d’emplois utiles

En plein cœur de l’été, le gouvernement a annoncé un plan de licenciement de 150 000 salariés embauchés en contrats aidés ! Mais malgré les vacances, cette annonce n’a pas pu être passée sous silence. Elle a permis de révéler le scandale organisé depuis presque 40 ans autour de ces « contrats aidés ».

Les premiers contrats aidés sont apparus dans le milieu des années 1970. Au fil des années et des gouvernements, ces contrats ont connu des dizaines d’appellations : contrat d’orientation, de professionnalisation, d’avenir, contrat jeune, contrat initiative-emploi… Aujourd’hui, ils sont connus sous le nom de « Contrat unique d’insertion » (CUI). Leur point commun : ce sont des contrats de travail pour lesquels une partie des cotisations sociales et du salaire des employés est financée par l’État et les collectivités territoriales. La justification de la bourgeoisie a toujours été la lutte contre le chômage, tant elle est parvenue à ancrer profondément dans les esprits que s’il y a du chômage, c’est parce qu’embaucher un salarié coûte trop cher à un patron. Si l’État assume ainsi une partie du « coût du travail », le patron peut embaucher plus facilement… Ces contrats étaient d’ailleurs réservés aux catégories de la population les plus touchées par le chômage : les jeunes, les vieux, les chômeurs de longue durée.

Des contrats au seul bénéfice des patrons

Mais cessons ici les faux-semblants. Les « contrats aidés » ont toujours servi de variable d’ajustement pour camoufler les chiffres réels du chômage, et ils sont aussi l’un des meilleurs moyens d’organiser la précarité sans avoir à s’attaquer directement au Code du travail.

Comment peut-on prétendre que ces emplois permettent de lutter contre le chômage quand tous ces contrats sont à durée déterminée et/ou à temps partiel ? En réalité, ces contrats renvoient périodiquement des salariés au chômage. Ils ne sont pas un remède au chômage, mais une véritable aubaine pour les patrons : l’opportunité économique des contrats aidés est d’offrir aux entreprises un emploi à prix réduit et à contraintes allégées. Les contrats aidés permettent de remplacer indéfiniment un salarié à un poste qui devrait être pourvu de façon durable, ce qui renforce la flexibilité. L’employeur s’exonère ainsi de toutes les garanties collectives offertes par le droit du travail.

Le Président des riches voit plus grand…

Macron, pour sa part, a décidé de s’attaquer directement au Code du travail. À ses yeux, les petits arrangements discrets pour déroger aux contraintes des contrats, conventions et autres garanties collectives, deviennent donc obsolètes. Voilà pourquoi, il n’a plus besoin de ces contrats aidés.

Mais dans son plan, il a sans doute oublié que ces salariés « jetables » remplissent des fonctions indispensables. Aujourd’hui, 75 % des contrats aidés sont utilisés dans le secteur « non marchand », les services publics et les collectivités territoriales, en premier lieu dans l’Éducation nationale ou le périscolaire. Les salariés changent mais la fonction, elle, est pérenne. C’est clairement ce qu’a permis de mettre en lumière l’annonce de la suppression de 150 000 contrats aidés. Dans certaines communes, l’arrêt des contrats aidés a signifié la fin de la cantine ou du centre de loisirs ; dans certains lycées, elle s’est traduite par une pénurie d’agents de nettoyage ou de surveillants !

Par la lutte, il est possible de gagner

Face à ce plan de licenciement inégalé, la réaction des directions syndicales a été en-dessous de tout. Aucune initiative nationale n’a été prise, aucune bataille sérieuse n’a été engagée pour empêcher ces suppressions d’emplois. Plusieurs milliers de salariés se sont déjà retrouvés sur le carreau à moindre frais : inutile de prévoir le versement d’indemnités de licenciement, il suffit juste d’attendre que leurs contrats précaires prennent fin…

En revanche, le gouvernement a dû faire face à plusieurs conflits locaux. D’abord à La Réunion et en Martinique, où la mobilisation déterminée des salariés et des usagers du service public, la grève et le blocage de la rentrée scolaire, ont permis d’obtenir des victoires et de conserver ces contrats. En France, plusieurs collèges et lycées se sont aussi lancés dans des grèves reconductibles quand, à la rentrée, ils se sont retrouvés dans l’incapacité de faire tourner les établissements sans la présence des salariés qui occupaient les emplois aidés. Dans la plupart des cas, la lutte a payé. Cela prouve qu’il est possible d’organiser un combat à plus large échelle. Il existe une occasion d’engager une contre-offensive non seulement contre le licenciement massif de 150 000 salariés, mais aussi pour la titularisation de l’ensemble de ces salariés qui occupent des fonctions pérennes.

Rien ne peut justifier que ces emplois soient précaires, à durée déterminée et à temps partiel. Par exemple, comment justifier qu’un enfant en situation de handicap, scolarisé 24 heures par semaine pendant toute sa scolarité de la maternelle au collège, soit accompagné par une auxiliaire de vie scolaire seulement durant 20 h par semaine ? Comment justifier que le contrat de cette AVS ne soit signé que pour un an ? Il faut stopper ce plan de licenciement indigne et titulariser l’ensemble de ces personnels. Les contrats aidés préfigurent sans doute le type d’emplois qui pourront être le lot de n’importe quel travailleur après l’adoption de la loi Travail : des salariés précaires, flexibles et jetables à tout moment. La lutte contre la suppression des contrats aidés pourrait servir de fer de lance à la mobilisation plus générale contre les ordonnances de Macron sur la loi Travail.

Juliette Stein

http://www.anti-k.org/2017/11/28/fin-co ... is-utiles/
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Re: Contrats aidés, plus que la misère

Messagede bipbip » 07 Déc 2017, 11:27

À Paris, bientôt 7 000 emplois perdus par les associations

Coupes budgétaires. Plusieurs grands réseaux d’éducation populaire viennent d’alerter sur les conséquences de la suppression massive des contrats aidés dans les petites structures de la capitale. Les centres sociaux et d’animation sont en première ligne.

Le plus grand plan social en cours en France se poursuit sans faire de bruit. Depuis l’annonce cet été de la diminution drastique du nombre des contrats aidés, 140 000 de ces emplois sont en voie de disparition jusqu’à la fin de cette année ; 120 000 partiront en fumée en 2018. Et partout les mêmes répercussions. Un contrat supprimé par-ci par-là dans les associations employeuses, qui a pour effet de déchirer le tissu associatif et dénouer le lien social.

« Sur nos 89 centres, 14 sont touchés »

Aucune commune n’est épargnée. Même pas Paris, pourtant parmi les plus richement dotées. C’est le constat qu’ont tiré les organisations locales de la Ligue de l’enseignement, de la Fédération des centres sociaux et socioculturels et de la Fédération des acteurs de la solidarité en Île-de-France. Dans un appel récemment publié, ces réseaux soutenus par le Mouvement associatif et le Collectif des associations citoyennes tirent le signal d’alarme quant à l’avenir des personnes jetées hors de ce dispositif sans accompagnement, dont le renvoi fragilise un peu plus les organisations, les services que celles-ci proposent et les publics à qui elles sont destinées. Ces réseaux associatifs sont bien placés pour faire ce constat, puisqu’ils gèrent une bonne partie des centres sociaux de la capitale. « Sur nos 89 centres, 14 sont touchés, explique Nicolas Oberlin, délégué de la Fédération des centres sociaux de Paris. Une vingtaine de postes dans l’animation, l’accueil et l’entretien n’ont pas été reconduits. Pour 2018, 7 autres postes vont disparaître. Mais la suppression des contrats aidés touche surtout les petites associations qui proposent des activités et animations dans nos centres. C’est ici l’espace numérique qui s’arrête. Là une mission d’apprentissage du français qui se finit abruptement. Ailleurs un atelier poterie qui ferme. »

Les centres se retrouvent donc face à un arbitrage impossible. « Qui dit moins de moyens dit augmentation du prix de l’activité, ou suppression de cette activité. Mais dans nos centres sociaux, il est impensable de répercuter cette baisse de moyens dans le prix des activités, tant nos publics sont précaires. Ce que payent les gens est symbolique. Et nos autres financeurs – la Mairie de Paris ou la Caisse d’allocations familiales – ne peuvent pas prendre le relais de la diminution des moyens de l’État, puisqu’ils sont eux aussi sommés par l’État de faire des économies », reprend Nicolas Oberlin.

Les centres d’animation ne sont pas les seuls à pâtir du désengagement de l’État. La Ligue de l’enseignement le note au quotidien. Son délégué général de la fédération parisienne, Stéphane Alexandre, prend l’exemple des crèches associatives. « Elles vont forcément devoir répercuter la suppression de contrats aidés. Soit en diminuant l’amplitude de leurs heures d’ouverture, ce qui exclut des familles dont les parents travaillent très tôt ou très tard. Soit en augmentant les frais de garde, ce qui exclut les familles moins aisées. Les associations sont des opératrices de services publics qui leur sont délégués sous une forme ou une autre. C’est donc le service public que l’on met en danger. »

... https://www.humanite.fr/paris-bientot-7 ... ons-646483
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